Description
« Ce que la loi ne précise pas laisse aussi de l’espace pour créer un dialogue social de qualité. »
Dans ce 23e épisode du SAV des CSE, Alexis Maes reçoit Jean-Yves Ottmann, sociologue du travail, chercheur et formateur CSE.
Comment construire un dialogue social durable ? Comment distinguer ce qui relève du cadre légal de ce qui peut être négocié ? Et à quel moment faut-il continuer à dialoguer… ou passer au rapport de force ?
Jean-Yves part d’un principe classique de la sociologie du travail : il existe toujours un écart entre le travail prévu et le travail réel.
Une procédure peut sembler parfaite sur le papier. Puis la réalité impose des ajustements : imprévus, contraintes, évolution de l’activité ou organisation mal conçue.
Pour lui, le mandat d’élu fonctionne de la même façon.
La loi fixe un cadre indispensable. Mais elle ne prévoit pas tout. Et c’est justement dans les espaces qu’elle laisse ouverts que CSE et direction peuvent inventer des façons de travailler adaptées à leur entreprise.
Cela suppose de connaître le droit, mais aussi de savoir identifier ce qui peut encore être discuté, négocié ou amélioré.
🤝 5 IDÉES POUR CONSTRUIRE UN DIALOGUE SOCIAL DURABLE
- Il faut être deux pour construire un dialogue.
Une seule partie peut suffire à créer du conflit. Mais un dialogue de qualité demande une volonté des deux côtés. - Regardez aussi les bonnes volontés.
Si l’employeur accepte de discuter mais présente des limites, ne vous concentrez pas uniquement sur ce qu’il refuse. Regardez aussi ce qu’il est prêt à construire. - Considérez le dialogue social comme une ressource.
Une relation de confiance se construit dans le temps et peut devenir précieuse quand arrive une négociation difficile. - Sachez reconnaître le moment où dialoguer ne suffit plus.
Un bon élu ne cherche pas le conflit systématiquement, mais il doit aussi savoir quand un rapport de force devient nécessaire. - Commencez par le dialogue.
Testez d’abord les possibilités de discussion, de compromis et de négociation. Si elles échouent, le rapport de force reste un outil possible.
📌 TRAVAIL RÉEL, TRAVAIL PRESCRIT… ET MANDAT RÉEL
Jean-Yves rappelle aussi que les élus les plus investis sont souvent déjà très engagés dans leur travail.
Le mandat vient alors s’ajouter à une charge existante, avec un risque de surinvestissement et de burn-out militant.
Cela montre pourquoi une formation CSE ne peut pas être totalement standardisée : chaque entreprise possède son histoire, son organisation et son propre équilibre de dialogue social.
Comprendre le contexte réel permet de mieux utiliser les outils juridiques et les marges de manœuvre disponibles.
🧠 PRÉVENIR LES RPS PAR LE DIALOGUE
Jean-Yves intervient aussi sur les risques psychosociaux.
Il réalise notamment des diagnostics RPS indépendants et insiste sur l’importance de produire des résultats compréhensibles par les deux parties, pour permettre ensuite de transformer le diagnostic en actions.
L’objectif n’est pas seulement d’identifier ce qui ne va pas, mais de créer une base commune à partir de laquelle CSE et direction peuvent travailler.
🎙️ L’INVITÉ
Jean-Yves Ottmann est sociologue du travail, docteur et chercheur en sciences de gestion.
Il intervient auprès des CSE et des organisations sur le rapport au travail, les risques psychosociaux, l’accompagnement du changement et le dialogue social.
Vous pouvez le retrouver sur LinkedIn : Jean-Yves Ottmann.
👉 LE SAV DES CSE
Dans votre entreprise, le dialogue social est-il une vraie ressource… ou seulement quelque chose qu’on utilise quand un conflit éclate ?
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