Description
« Tout stress n’est pas lié au travail, mais il faut déceler les failles organisationnelles avant que le burn-out n’arrive. »
Dans ce 33e épisode du SAV des CSE, Alexis Maes reçoit Laure Etienney, ancienne avocate en droit du travail devenue préventrice en entreprise et fondatrice de La Fabrique du Bien-être au Travail.
Comment repérer les risques psychosociaux avant qu’une situation ne dégénère ? Quels signaux faibles doivent alerter les managers et les élus ? Et comment transformer une situation individuelle de souffrance en véritable démarche de prévention ?
Laure a passé dix ans comme avocate en droit du travail, notamment sur des dossiers de harcèlement, de discrimination et de burn-out.
Elle explique avoir changé de métier parce qu’elle intervenait souvent trop tard : le salarié était déjà fragilisé et l’entreprise ne comprenait pas toujours ce qu’elle aurait pu faire différemment.
Aujourd’hui, elle travaille donc en amont.
Son objectif : identifier les failles de l’organisation, aider les entreprises à détecter plus tôt les situations à risque et transformer les obligations de prévention en actions concrètes.
🧠 REPÉRER LES SIGNAUX FAIBLES
Tout stress n’est pas nécessairement provoqué par le travail.
Un salarié peut traverser une difficulté personnelle, une période de fatigue ou simplement une mauvaise journée.
Mais cela ne signifie pas qu’il faut ignorer les changements de comportement.
Désengagement, baisse brutale des résultats, retards, isolement, troubles physiques ou changement d’attitude peuvent être des signaux qui méritent qu’on pose des questions.
Laure compare ces signaux à des « détecteurs de fumée » : ils ne prouvent pas qu’il y a un incendie, mais ils permettent de vérifier ce qui se passe avant que la situation ne s’aggrave.
👥 LE RÔLE DES MANAGERS ET DU CSE
Dans une grande entreprise, la direction ne peut pas être en contact permanent avec tous les salariés.
Les managers de proximité ont donc un rôle essentiel, à condition d’être formés à détecter les signaux faibles, comprendre le burn-out, le harcèlement et les comportements à risque.
Les élus du CSE ont eux aussi une place importante.
Ils peuvent recueillir des remontées, alerter lorsqu’ils identifient une situation préoccupante et contribuer à faire évoluer la prévention dans l’entreprise.
Laure insiste notamment sur l’intérêt de continuer à se former au-delà des formations initiales du mandat.
💡 3 CONSEILS POUR LES ÉLUS CSE
- Soyez curieux.
Intéressez-vous aux RPS, aux signaux faibles, au burn-out et aux outils de prévention. Plus vous comprenez ces sujets, plus vous serez à l’aise pour agir. - Osez utiliser vos moyens d’alerte.
Si une situation vous semble dangereuse ou préoccupante, ne restez pas bloqué par le doute. Cherchez les faits, échangez avec les personnes concernées et utilisez vos prérogatives lorsque c’est nécessaire. - Continuez à vous former.
Une formation SSCT ne peut pas couvrir en profondeur tous les risques psychosociaux. Ateliers, ressources de l’INRS et formations complémentaires permettent de consolider vos compétences tout au long du mandat.
🎙️ L’INVITÉE
Laure Etienney est ancienne avocate en droit du travail et fondatrice de La Fabrique du Bien-être au Travail.
Elle accompagne entreprises, managers, salariés et CSE sur la prévention des risques psychosociaux, les audits RPS, les enquêtes harcèlement et la construction d’une culture de prévention plus durable.
👉 LE SAV DES CSE
Dans votre entreprise, qui est aujourd’hui capable de repérer les premiers signaux d’une situation de souffrance au travail ?
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