Speaker #0Bonjour et bienvenue dans le podcast Le Sport comme Thérapie. Je vous emmène avec moi sur le chemin de la guérison. Ici on parlera de sport mais aussi de blessures invisibles, de résilience et de ces petits pas qui changent tout. Courir est devenu ma manière de me sauver, de transformer mes douleurs en force, de prendre soin de moi, d'être fière à chaque effort et et de me reconstruire un peu plus à chaque folie. Au début, j'ai commencé à courir pour fuir mes excès, pour fuir la vie que j'étais en train de me créer. Parce que oui, je sais, il aurait été plus simple de me limiter ou tout simplement d'arrêter de boire, mais le petit démon en moi était super fort. Quand je commençais à boire, seul le sommeil pouvait mettre fin à ces moments d'ivresse. Et encore. Alors courir, c'était ma façon d'équilibrer un peu la balance, de compenser, de me dire « Ok, tu bois beaucoup, tu manges super mal, mais au moins tu cours. C'est bien, tu prends soin de toi. » Après chaque sortie, je ressentais une fierté, comme si malgré tout, j'arrivais à reprendre un peu de contrôle sur moi, sur ma vie, sur mon esprit. Mais je voyais bien que le point de rupture n'était jamais loin. Quand mon corps s'épuisait, que je le maltraitais, il tenait bon, oui, mais... Je ne savais pas comment et jusqu'à quand. C'est ce paradoxe qui m'a marquée. Donc je courais pour me réparer, mais je continuais à me détruire. Très étrange. Assez vite, j'ai compris que derrière cette fuite, il y avait bien plus. Courir ne m'a pas seulement permis de mettre de la distance avec mes excès, non. Ça m'a vraiment permis de trouver autre chose. De la confiance, de la clarté et même une forme d'amour de moi. Dans cet épisode, j'aimerais te parler de ça. de ce qu'on suit quand on court, mais surtout de ce qu'on finit par découvrir. Au début, je pensais que ma consommation était seulement festive. Comme beaucoup, c'était pour les anniversaires, les soirées, entre copains, etc. Et puis des fois, j'allais chercher des infos sur le net pour me rassurer. pour voir si j'étais dans la norme. Mais plus je lisais et plus je me rendais compte que non, je ne m'y retrouvais pas. Quelque chose clochait. Petit à petit, c'est devenu un usage problématique. Ces moments n'étaient plus du tout festifs. Ils étaient devenus une manière de gérer mes émotions, de combler envie et d'échapper à ce que je ne voulais pas voir. De boire, toujours plus, toujours plus vite. Puis, il y a une forme de dépendance psychologique. pas au point d'avoir besoin d'un verre pour démarrer ma journée, mais assez pour que ce soit ma manière automatique de gérer mon stress, ma fatigue et mes angoisses. L'alcool était devenu un refuge, mais aussi une prison. Et c'est là que la course est rentrée en scène. Chaque sortie avait ce double rôle. D'un côté, je courais pour fuir les excès de la veille, la culpabilité, fuir cette vie que j'étais en train de me créer. Je fuyais aussi la sensation de vide. Cette impuissance qui m'envahissait quand je réalisais que je reproduisais tout le temps les mêmes erreurs. Pour vraiment pour oublier et pour pas faire face à la honte. La honte de ne pas réussir à arrêter, la honte de mettre dans ses états jusqu'au blackout, la honte des sommes astronomiques dépensées, la honte de tout ce que j'ai perdu, tout ce que j'ai fait en soirée. Et surtout, la honte de me mettre en danger, la honte de m'oublier et la honte de recommencer encore et encore. Courir, c'était une façon de repousser la réalité de mes choix. Comme si transpirer pouvait effacer mes excès, comme si les kilomètres parcourus pouvaient racheter mes nuits d'ivresse. Mais on le sait très bien, ce schéma ne pouvait pas durer. Il y a trois ans, j'ai rencontré l'amour, le vrai. Celui qui te donne des ailes, celui qui te pousse à vouloir être la meilleure version de toi-même. Bon, au début, ce n'était pas simple. À cause de l'alcool, il y a eu beaucoup de situations problématiques. Des fins de soirée qui se terminent en disputes, des incompréhensions. des mots qui dépassaient la pensée. Ces moments m'ont fait prendre conscience, encore une fois, de ma consommation problématique. J'ai donc commencé à mieux la gérer. Les excès étaient moins extrêmes, moins fréquents, un peu plus réfléchis. Et je me suis rendu compte que je n'avais plus besoin, aussi souvent, de cet échappatoire. J'avais trouvé autre chose, une sorte d'apaisement. Pourtant, derrière cette amélioration apparente, un autre mal rôdait. Un problème de santé mentale invisible de l'extérieur, silencieux et sacrément puissant. On va dire qu'il y a eu deux explosions. La première explosion avait déjà eu lieu en mars 2025. En fait, je ne m'en étais pas rendue compte, elle était silencieuse, presque invisible, mais elle m'a entraînée doucement vers le fond. Je pensais que ça allait passer, mais non, ça n'est pas passé du tout. Et là, quelques mois plus tard, en juillet 2025 toujours, le burn-out est arrivé dans toute sa violence, dépression, sentiment d'être perdue, pleurer sans fin, tout remettre en question. Et là, avec du recul, je me rends compte que ce n'était pas seulement une crise de travail. C'était vraiment l'addition de toutes ces années à contenir mes émotions, à ignorer mes besoins, à vouloir tout gérer toute seule comme une grande, à refuser de m'arrêter. J'étais épuisée, vidée. Et ouais, j'ai explosé. En regardant en arrière, je vois bien que ça ne date pas d'hier. Petite, je n'avais pas vraiment de place. Un papa souvent absent, une maman fatiguée, beaucoup de cris à la maison. J'ai grandi en apprenant à me faire petite, à encaisser et à ne pas déranger. Alors forcément, à l'âge adulte, ma fuite a pris une autre forme, l'alcool. Lors de cette période de burn-out, j'ai commencé à réfléchir à ma vie dans son entièreté, dans son ensemble. J'ai commencé à réfléchir à ma relation à l'alcool, mon rapport au sport, mes habitudes, mes valeurs. J'ai écrit beaucoup, beaucoup, beaucoup. J'ai lu, j'ai observé mes émotions, j'ai pris du recul, j'ai pris du repos. J'ai essayé de ralentir et surtout de vraiment me connecter à moi-même. Je serais contente de dire que ce podcast fait partie de ce chemin. Mettre des mots, partager et chercher du sens. Et c'est là que j'ai commencé à entrevoir autre chose. Non pas seulement ce que je fuyais, mais aussi ce que je trouvais en chemin. Au début, courir, c'était ma stratégie de survie. Une façon d'éviter d'affronter mes excès, ma culpabilité, mes blessures. Mais avec le temps... J'ai découvert que la course n'était pas seulement une fuite. La course était devenue un révélateur. Elle m'a montré mes forces, mais aussi mes fragilités. Et j'ai appris que fragilité ne rimait pas avec faiblesse. C'est savoir poser ses limites, défendre ses valeurs, et dire quand quelque chose est injuste. Mais c'est aussi rester sensible, pleurer devant un film et être dans l'hyper-empathie. Cette sensibilité est une richesse, une part profondément humaine de moi. Petit à petit, cette transformation s'est étendue à toute ma vie. Ma relation à l'alcool a changé, mes choix professionnels et personnels aussi. J'ai appris à dire non à ce qui me détruisait et oui, à ce qui me nourrissait. J'ai accepté de demander du soutien auprès de professionnels de santé, classiques ou alternatifs, et de m'entourer de personnes inspirantes. Un cercle vertueux s'est installé. Plus je prenais soin de moi et plus j'avais d'énergie, de faire des choix alignés. Quitter cette entreprise toxique a été un déclic. Ça m'a forcé à me poser les vraies questions. Où est ma place ? Qu'est-ce que je veux ? Et surtout, qu'est-ce que je ne veux plus ? Ces réflexions m'ont menée vers une reconversion alignée avec mes valeurs. La nutrition, qu'elle soit globale, sportive, avec un pan VG, le sport, la naturopathie. En fait, ce n'est pas seulement un nouveau métier, c'est vraiment une recherche de sens. Un métier sur ce que je veux vraiment apporter au monde et sur ce qui me nourrit profondément. Pour m'aider à clarifier ma voix, j'ai donc beaucoup lu, j'ai beaucoup écrit, mais je me suis aussi tournée vers le concept japonais de l'aikigai. L'aikigai, c'est identifier ce que j'aime, ce dans quoi je suis douée, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi je peux être payée. Parce que oui, il faut des sous ! Et en fait, ce carrefour m'a permis de dépasser les pressions et les attentes extérieures pour vraiment trouver ce qui résonne en moi. Mais pour trouver sa place, il n'y a pas que l'Aïkigai. Ça implique aussi l'expérimentation, tester des métiers ou des activités pour sentir si ça résonne, l'introspection, écrire, méditer, observer des émotions pour détecter ce qui nous inspire vraiment, l'échange, s'entourer de mentors, de pairs ou professionnels pour élargir sa perspective. et la prise de recul, analyser les expériences pour distinguer ce qui donne du sens de ce qui nous épuise. Le sport, qui au départ était ma fuite, est devenu mon guide. Il m'a appris la patience, la persévérance et l'écoute de mon corps et de mes envies. A chaque sortie, je retrouvais la confiance pour oser construire une vie alignée avec moi-même. Les hormones du bien-être, l'énergie retrouvée, la clarté mentale, tout ça, ça m'a permis de passer de la survie à la création. Aujourd'hui, ma reconversion n'est pas seulement un projet professionnel, non. C'est une manière de vivre en cohérence avec moi-même, en respectant mes valeurs, mon rythme. et ce qui me fait vraiment vibrer. Le sport continue de m'accompagner, m'offrant énergie, clarté et motivation pour transformer mes aspirations en actions concrètes. On croit souvent courir pour fuir quelque chose. L'alcool, la culpabilité, le vide, la peur. Au départ c'est vrai, la fuite c'est une stratégie de survie, c'est une réponse naturelle face au stress ou à un danger. A ce moment-là, le cerveau libère du cortisol, active le système limbique et nous pousse à attaquer, rester figé ou fuir. La fuite n'est donc pas un signe de faiblesse non ? La fuite peut devenir un point de départ, un espace pour respirer, prendre du recul et observer ce qui se passe au plus profond de nous. Parfois, ce petit pas de côté est tout ce dont on avait besoin pour commencer à se reconnecter à soi-même. Alors, je te propose un petit exercice. Prends un instant pour t'arrêter. Respire profondément, sens ton corps, tes émotions et les tensions qui remontent. Observe sans juger tes pensées, tes émotions, tes comportements. Quel schéma se répète sans que tu comprennes vraiment pourquoi ? Ensuite, mets un peu de distance, même symbolique. Quelques pas en arrière, une marche, un temps de respiration ou d'écriture. Commence par de petits gestes, bouger quelques minutes, écrire ce que tu ressens, méditer, respirer consciemment. Ces actions simples ont un impact réel sur le cerveau et sur le corps. Elles régulent le cortisol, stimulent la dopamine et l'endorphine et aident à clarifier l'esprit. L'objectif ici n'est pas de trouver toutes les réponses immédiatement, non. C'est d'observer, comprendre et agir en conscience. Chaque petit pas, chaque petit geste, aussi simple soit-il, te rapproche de toi-même. Et c'est là la beauté de la fuite. Derrière ce mouvement de recul se cache la possibilité de te retrouver, de te reconstruire et de découvrir ta force intérieure. La fuite devient alors un outil de transformation, une manière d'apprendre. à te connaître et à t'écouter. Pour résumer, oui, j'ai clairement commencé à courir pour fuir l'alcool, pour mettre un peu de distance avec la culpabilité et mes excès. Mais si aujourd'hui je continue, c'est plus pour ce que j'ai fui. C'est pour tout ce que j'ai trouvé un chemin. La confiance, l'amour de moi-même, la liberté et la capacité de prendre soin de moi, de mon corps, de mon esprit. Et aussi et surtout, parce que j'adore ça. Le sport m'a montré que chaque mouvement, chaque effort peut être un acte d'écoute et de soin et qu'il y a toujours derrière chaque fuite une chance de se reconnecter à soi-même. Dans le prochain épisode, on continuera ce chemin. Trouver le sport qui fait vraiment du bien. Pour ça, pas besoin de courir un marathon ou de se fixer des objectifs impossibles, non. Il s'agira d'explorer, de tester et de découvrir ce qui nourrit vraiment ton corps et ton esprit pour que le mouvement devienne un vrai plaisir, un allié de ton équilibre. Parce que ouais, c'était quand ta dernière première fois ? Quand as-tu vraiment essayé quelque chose faite juste pour toi, sans savoir ce que ça allait donner ? Vraiment juste comme ça, pour essayer, pour avancer, pour te retrouver.