Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast Le Yoga en Vous. Je suis Bérangère, professeure de yoga à Cranc et en ligne chez Béry Yoga. Ici, je vous propose des réflexions et des conseils pratiques pour intégrer le yoga à votre vie quotidienne, mieux comprendre ses bienfaits et vous reconnecter à vous-même avec bienveillance. Bonne écoute ! Hello et bienvenue dans ce nouvel épisode du Yoga en vous. Aujourd'hui on va parler d'un sujet qui me semble vraiment important, quand le yoga devient une contrainte. Et oui, il peut arriver que ce qui est censé nous apaiser, nous faire du bien, eh bien devienne une source de stress. Si ça t'est déjà arrivé, si ça t'arrive peut-être encore, cet épisode est pour toi. Je me souviens d'une période où je me disais Il faut que je fasse ma pratique tous les jours, sinon je vais perdre le rythme. Et si je ne la faisais pas, je me sentais coupable. Au lieu de me détendre, j'étais en fait tendue. Et là, je me suis rendu compte que le problème n'était pas le yoga, mais la façon dont je le vivais. Donc aujourd'hui, on va explorer ensemble comment le yoga peut devenir une contrainte, comment le repérer et surtout comment y mettre fin. Alors le yoga, à la base, c'est censé nous apaiser, nous soutenir, nous aider à habiter notre corps un peu plus confortablement. Et pourtant, il arrive que cette pratique devienne lourde, pesante, parfois même oppressante. Ça commence souvent de manière très subtile, par des pensées comme « il faut que je pratique sinon je ne vais pas progresser » ou « je devrais être plus régulière » . Ou les autres y arrivent mieux que moi. Ou enfin, par exemple, je n'ai pas pratiqué cette semaine, c'est vraiment pas sérieux. Et petit à petit, le yoga glisse d'un espace de soutien vers une injonction de plus. On se fixe alors des objectifs irréalistes. Pratiquer tous les jours. Alors je ne dis pas que pratiquer tous les jours, c'est un objectif irréaliste. Mais ça peut l'être pour certaines personnes quand ça devient... trop compliquées, ça devient une charge mentale. Autre exemple, faire des séances longues, complètes, comme il faut. Parfois, une séance longue, ça ne nous convient pas. On a besoin de séances courtes. Ou autre exemple, ne pas interrompre le rythme, quoi qu'il arrive. Et quand la réalité de la vie s'invite, la fatigue, le travail, les émotions, le manque de temps, au lieu de s'adapter à tout ça, on se juge. Et d'ailleurs, parlons-en aussi de la comparaison du jugement. Parce qu'il y a la comparaison aussi qu'on fait avec les autres. Celle qu'on fait par exemple en regardant les réseaux sociaux. On voit des corps souples, des postures impressionnantes, des pratiques qui ont l'air fluides, maîtrisées, parfaites. Et sans même s'en rendre compte, on commence à croire qu'il existe une bonne façon de pratiquer le yoga. Une bonne durée, un bon rythme, une bonne intensité, une bonne séance. Et si ce qu'on fait ne rentre pas dans cette case, alors on a l'impression que ça ne compte pas. Leur résultat, c'est que le yoga devient une tâche, une obligation, une charge mentale de plus sur une liste déjà bien remplie. Et donc certaines personnes finissent même par éviter leur tapis de yoga, non pas parce qu'elles n'aiment plus le yoga, mais parce que le tapis est devenu un rappel de ce qu'elles n'ont pas fait. J'aimerais te dire quelque chose d'important. Si ta pratique te fait culpabiliser plus qu'elle ne t'apaise, il y a quelque chose à ajuster. Je la répète. Si ta pratique te fait culpabiliser plus qu'elle ne t'apaise, il y a quelque chose à ajuster. Je t'invite à observer simplement comment cette phrase résonne en toi. Beaucoup de personnes pensent qu'elles manquent de discipline. Mais en réalité... Peut-être qu'elle manque surtout de permission. La permission de faire moins, la permission de faire autrement, la permission de ne pas pratiquer et de ne pas se sentir fautif si c'est le cas. Et c'est souvent là que le yoga est mal compris, alors que lui ne demande pas spécialement de l'exigence. Alors j'aimerais qu'on voit ensemble, mais pourquoi on se met autant la pression ? D'où vient ce sentiment de contrainte ? Merci. Alors les quelques causes que j'ai notées, ça pourrait être, comme je le disais un peu plus tôt, les images idéalisées qu'on voit sur les réseaux sociaux, ces corps parfaits, ces postures parfaites, la comparaison avec les autres ou avec soi-même, les programmes aussi trop rigides, du style tu dois pratiquer tous les jours à toi-même, telle heure, ou l'idée qu'il faut tenir une pratique parfaite. Le yoga, ce n'est pas un objectif à atteindre, mais c'est un espace à habiter. J'ai enregistré à ce sujet un épisode, en fait, avec mes profs Kat et Serge, Catherine Bélière et Serge Gatineau, sur comment intégrer le yoga dans sa vie, au quotidien, sans pression. Ils expliquent dans cet épisode comment le yoga peut devenir une vraie habitude de vie simple et joyeuse. Je te mettrai le lien de cet épisode dans la description. C'est important de comprendre une chose. S'engager dans une pratique ne veut pas dire se forcer à aller contre soi. Il y a un point à retenir, c'est que la discipline ne veut pas dire la violence. Et l'engagement ne veut pas dire l'auto-contrainte. Donc tu peux t'engager à pratiquer, mais je t'invite vraiment à écouter ton corps. Si aujourd'hui il a besoin de lenteur, uniquement de respiration ou même de ne rien faire, écoute-le. C'est ça en fait, s'engager avec bienveillance. Maintenant j'aimerais t'inviter peut-être à te tourner vers ton corps. Parce que quand le yoga devient une contrainte, on a souvent tendance à croire que le problème vient de nous. Donc qu'on manque de motivation, qu'on n'est pas assez discipliné. Mais pourquoi on ne prendrait pas plutôt un instant pour écouter notre corps, écouter vraiment ce qu'il essaie de nous dire ? Et souvent le corps il ne dit pas je ne veux plus de yoga, il dit autre chose, il dit je suis fatigué ou je suis surchargé mentalement, j'ai besoin de lenteur ou j'ai besoin de sécurité. Et quand on continue à pratiquer comme avant sans tenir compte de ces signaux, le corps il ne se sent pas écouté, il se protège, il se ferme, il résiste. Le corps ne refuse pas le yoga, il refuse la violence, même subtile. Je t'invite maintenant à prendre une grande expiration, tu laisses l'inspiration se faire et demande-toi simplement qu'est-ce que mon corps essaie de me dire là maintenant. Peut-être qu'aujourd'hui ton corps n'a pas besoin d'une séance complète, peut-être qu'il a juste besoin de 5 minutes de pratique ou peut-être juste... de quelques respirations profondes ou même de rien du tout. Et ça aussi, c'est une forme d'écoute et donc une forme de pratique. Après tout ce qu'on vient de dire, une question se pose naturellement. Qu'est-ce que ça veut dire au fond pratiquer le yoga ? Parce que souvent quand on pense pratique, on pense automatiquement à bouger, dérouler son tapis, enchaîner des postures, peut-être transpirer. Et tout ce qui ne ressemble pas à ça, on a tendance à ne pas le compter. Mais le yoga ne s'est jamais limité au mouvement, et heureusement. D'ailleurs, dans la tradition du yoga, aux origines du yoga, le yoga était une pratique spirituelle. Donc pratiquer, ce n'est pas forcément bouger. Pratiquer, c'est ressentir. Et même parfois, la pratique la plus juste, c'est d'écouter que ce n'est pas le moment. Donc j'aimerais te donner quelques exemples concrets pour t'aider à sortir de la contrainte. Donc peut-être déjà arrêter temporairement parce que tu es fatigué. Réduire la durée de la séance. Changer de format aussi, par exemple, faire des micro-mouvements ou simplement revenir au souffle ou pratiquer de la méditation. Ça peut aussi être retirer les objectifs qui nous brident, qui nous limitent. Faire une pause, ce n'est pas abandonner, c'est prendre soin. Pratiquer ça peut être s'asseoir quelques minutes et observer sa respiration. Pratiquer ça peut être reconnaître qu'aujourd'hui le corps a besoin de calme, pas de sollicitation. Et ça demande parfois plus de présence que de faire une séance complète. Redéfinir sa pratique c'est aussi accepter que le yoga change avec nous, selon les périodes de notre vie, selon l'état de notre corps, selon notre charge mentale. Il n'y a pas une bonne pratique universelle, il y a une pratique juste, ici et maintenant. Et c'est exactement pour ça que j'aime parler de yoga au quotidien. Pas d'un yoga parfait, mais d'un yoga vivant. Un yoga qui s'adapte à la vraie vie et pas l'inverse. Et si tu as envie de redécouvrir... Une pratique douce mais structurée pour intégrer le yoga dans ta vie au quotidien. Je te reparlerai bientôt de mon programme « Vis le yoga au quotidien » qui revient fin mars. C'est une belle façon de pratiquer sans culpabiliser et à ton rythme. Et donc quand on commence à voir la pratique comme un espace d'écoute plutôt que comme une performance, et bien c'est là que le yoga redevient un soutien au lieu d'une contrainte. Donc en conclusion, j'aimerais te dire que le yoga n'est pas une performance ni une to-do list. Le yoga c'est une relation, un dialogue avec ton corps et ton esprit. Le yoga, il redevient vivant quand il redevient libre. Quand tu cesses de te forcer, tu reviens au plaisir de ressentir. Tu reviens à la rencontre de ton corps et de ton souffle. Les trois points principaux que j'ai développés aujourd'hui, c'est d'abord que le yoga devient une contrainte à cause d'objectifs irréalistes, d'injonctions et de comparaisons. Et puis je t'invitais à écouter ce que ton corps essayait de te dire, la fatigue, la surcharge mentale, le besoin de sécurité. Et puis je t'invitais ensuite à redéfinir ta pratique. Pratiquer, ce n'est pas toujours bouger, c'est ressentir et parfois s'arrêter. Donc la prochaine fois que tu dérouleras ton tapis, essaie de te souvenir que tu n'as rien à prouver, tu as juste à être. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode. Si tu l'as aimé, si tu veux me soutenir et m'encourager à continuer, ce serait super que tu prennes deux minutes pour mettre une note 5 étoiles et un commentaire sur ta plateforme d'écoute, notamment Apple Podcast et Spotify. D'avance, un très grand merci pour ça. Et je te dis à la semaine prochaine. Bye !