- Speaker #0
Être fière de soi, pour moi, c'est quelque chose qui est très compliqué. Et c'est vraiment une quête, mais ça je pense que c'est purement féminin. Et je ne suis jamais vraiment satisfaite de moi.
- Speaker #1
Révélée à la télévision au début des années 2000, elle s'est depuis faite une place sur scène et dans la comédie. Avec son spectacle Bonne, elle parle avec humour des étiquettes qu'on colle aux femmes et de tout ce qu'on attend d'elle. Aujourd'hui, dans un nouvel épisode du Deep Dive, on plonge avec Ariane Brodier, humoriste, comédienne et autrice. Bienvenue dans le Deep Dive, Ariane, ravi de t'accueillir.
- Speaker #0
Je suis hyper contente d'être là. De même,
- Speaker #1
c'est super cool de te recevoir. Pour les gens qui te découvriraient aujourd'hui, comment tu te présenterais ? Ce serait quoi ton parcours de vie ?
- Speaker #0
Tu l'as tellement bien fait. J'ai bien résumé en quelques lignes. Moi, j'ai eu la chance de commencer la télé très jeune, un peu par hasard. À l'époque, il y avait des émissions sur M6 de... de télé-réalité, mais c'était pas encore vraiment de la télé-réalité, et moi je m'étais retrouvée sur un casting sauvage, ça se fait plus, mais voilà, et on m'avait proposé une émission qui s'appelait Opération Séduction, où on était juré, on devait élire le mec de l'été, donc on lui faisait passer des espèces d'épreuves, fait le tour de bateau, fait 10 pompes, écrit-nous un poème, ça n'a pas marché, ça n'a pas hyper bien marché, ça n'a pas marché,
- Speaker #1
ça a fait le buzz à l'époque, je me rappelle ça,
- Speaker #0
alors en fait, non, parce que Tu vois, c'est la première année de la télé-réalité. Sache que le loft n'existait pas, tu vois. Donc, nous, on était en tournage, c'était diffusé, tu ne savais pas ce que c'était. Et nous, on n'était pas vraiment candidates, on était plus animatrices jurées. Donc, tu vois, on avait des plateaux. Bonjour à tous, aujourd'hui, les garçons. Et c'était un peu lisse, c'était un peu joli. La version telle qu'on l'a faite et telle qu'elle a été diffusée, en fait, a été beaucoup modifiée pour que... en face sur TF1, alors pas à la même heure, mais il y avait l'île de la tentation qui était beaucoup plus trash, etc. Nous, c'était du 20h50, très fleur bleue, très l'élection du mec de l'année, de l'été. Et du coup, les versions qui ont suivi, l'année d'après, c'était les mecs sur un bateau avec plein de gonzesses et un animateur. Je pense qu'on ne devait pas être terribles. Et l'année suivante, il y avait les parents qui regardaient pour rendre le truc encore plus trash. Mais nous, notre version, on en compte. telle qu'elle a été faite la première fois, était un peu trop fleur bleue, je pense, pour la télévision française de l'époque. Mais moi, c'était cool, ouais.
- Speaker #1
Donc, totalement par hasard, Casting Sauvage, parce qu'à la base, en plus, tu faisais des études de lettres.
- Speaker #0
Ouais, voilà. Alors, moi, je voulais être prof, auteur, enfin, voilà. Et en fait, la chance que j'ai eue, parce que très vite après cette émission, M6 m'a gardée dans les locaux. J'ai fait mes armes sur Fun TV, qui était la petite soeur d'M6. Je me rappelle mon premier jour, Sébastien Joseph, quitté Le boss m'a dit « tu vas prendre une bêta, tu vas en bande des rushs et tu me notes tous les TC in et les TC out pour ton sujet » et je ne me suis même rien compris à cette phrase, j'ai dit oui. Voilà, en fait j'ai eu cette chance-là d'apprendre beaucoup sur le tas. M6 c'était vraiment une super école pour ça, j'ai appris à faire des sujets, à monter et je donnais de l'écriture donc c'est sûrement pour ça qu'ils m'ont gardée parce que j'ai pu exercer mon métier d'auteur.
- Speaker #1
Et tu avais quand même un peu de base dans l'audiovisuel ou zéro ?
- Speaker #0
Non, alors de théâtre, beaucoup, parce que j'avais fait beaucoup de théâtre, petite, jeune, je pense que je caressais au fond de moi le rêve d'être comédienne, mais ce n'est pas un truc que tu dis, et puis moi, tu sais, ma maman, elle est agricultrice, mon papa, il est ouvrier, ce n'est pas un truc qu'on dit, ce n'est pas un truc qu'on rêve. Oui, il venait me voir sur mes pièces de théâtre d'école, avec les compagnies, tout ça, mais il y avait un côté très terre-à-terre, très... terrien et je n'aurais pas pu leur dire que c'était le rêve de ma vie.
- Speaker #1
Parce que tu viens d'où à la base ?
- Speaker #0
Je suis née dans le 77 à la Nuit sur Marne.
- Speaker #1
Ça marche et donc beaucoup de télé, raconte-moi un petit peu comment tu as été amenée à faire du stand-up.
- Speaker #0
Alors en fait dès que j'ai commencé à être animatrice, j'ai toujours été dans des places qui étaient dans l'humour, j'ai toujours, la chance qu'on a et surtout quand on travaille sur des chèmes comme N6, c'est de mettre sa patte et j'ai toujours... Tu vois j'ai fait la météo, j'ai écrit des trucs rigolos dessus, j'écrivais beaucoup pour les autres, j'avais une émission de call la nuit où j'écrivais tout et c'était vraiment mon terrain de jeu. J'ai commencé à écrire beaucoup pour les autres, aussi des vannes et tout. Et puis un jour j'ai un producteur qui venait présenter des sketchs pour des filles, il m'a dit bah écoute ce serait peut-être pas mal que ce soit toi qui monte sur scène. C'était mon rêve absolu. Je faisais déjà aussi, je tournais dans des séries, en parallèle, je jouais un petit peu. Mais en tout cas, le seul en scène, j'avais déjà fait des pièces et tout, mais le seul en scène, c'était... J'avais envie, mais je ne me l'avouais pas trop. Et puis, il m'a un peu poussée, mais qu'elle m'ait tout dit que j'embrasse et que j'adore.
- Speaker #1
C'était combien de temps, ça ?
- Speaker #0
Il y a tellement longtemps, mon pauvre Etienne !
- Speaker #1
Il n'y avait pas trop de solence, il n'y avait pas trop encore... Si,
- Speaker #0
si, bah si, avec Jamel Comedy Club et tout, mais tu vois, je... Non, si, voilà. Et donc, il m'a produite, et puis Arthur a racheté mon spectacle. Je l'ai un peu modifié avec l'aide de Jarry, qui était mon metteur en scène sur mon premier spectacle.
- Speaker #1
Comment il s'appelait ce spectacle ? J'avais vu, ouais, c'était Mytho ? Il s'appelait Mytho, c'était sur la mythologie grecque,
- Speaker #0
parce que je suis absolument fanatique de la mythologie grecque, et que, en fait... Je me racontais à travers la mythologie grecque parce que je m'appelle Ariane, comme Ariane, la fille de Minos. Et je racontais l'histoire d'Ariane qui avait aidé Thésée à sortir du labyrinthe du Minotaur et qui avait été abandonnée sur une île et qui était morte de chagrin. Et je m'étais dit, voilà pourquoi je suis célibataire et que ma vie c'est de la merde, parce que j'ai cette malédiction de mon prénom. Et voilà, je parlais de ma vie. de parisienne célibataire de plus de 30 ans à travers la mythologie etc. Et voilà, ce spectacle il a tourné 7 ans et c'était un bonheur de le jouer. Il était en plus très physique puisque Jarry m'avait dit « Bon, pour la mise en scène on va faire un truc un peu physique comme tes sportives, on va faire du tissu acrobatique. » J'ai fait « Mais bien sûr, c'est super, c'est le truc qu'elle fait, Pink, en arrivant sur scène. » Je ne l'avais jamais fait, tu vois. Donc c'était un spectacle un peu ouf.
- Speaker #1
Et Jarry, tu le vois toujours d'ailleurs ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, c'est vraiment partie de mes amis. En fait, moi j'ai eu la chance, je suis la génération qui a connu Jarry, qui ne jouait pas dans des Zéniths. Donc voilà, mais ce mec est tellement brillant, bosseur.
- Speaker #1
Je le trouve touchant.
- Speaker #0
Il est à la place qu'il doit être. Il est touchant. Avec les handicapés aussi. Il est brillant.
- Speaker #1
Il fait beaucoup de vidéos avec eux, etc. Oui, mais en avant,
- Speaker #0
la différence, c'est cool, mais c'est l'image de ce qu'il est lui, en fait. Puis c'est un vrai copain qui est là si on a besoin. Donc c'est un super homme. Oui,
- Speaker #1
c'est chouette. Je vais te montrer quatre badges. Je vais te laisser en choisir un. Et il se cache quelque chose en dessous. Et on va en discuter. Tiens, je te laisse cliquer sur le badge que tu veux. On aura un de tes posts Insta. D'accord. Donc là, en l'occurrence, je te laisse dire ce que c'est pour ceux qui n'ont pas le retour. Alors,
- Speaker #0
c'est un post Insta avec mon conjoint. C'est un challenge de sport qu'on a fait il n'y a pas trop longtemps.
- Speaker #1
Et du coup, par rapport à ton conjoint, j'ai vu que vous faites beaucoup de vidéos ensemble. Est-ce que tu peux nous parler un peu de lui ? Donc, lui était rugbyman professionnel. Beaucoup, non,
- Speaker #0
parce que je t'assure que faire une vidéo avec lui, c'est une tannée.
- Speaker #1
À quel niveau ?
- Speaker #0
Parce que... Parce que lui, il le fait pour me faire plaisir. Ça le fait chier un peu. Ouais, un peu,
- Speaker #1
je crois. Parce que lui, il était rugbyman pro.
- Speaker #0
Alors oui, lui, c'est un ancien rugbyman international. Donc, il a fait toute sa carrière au MHR à Montpellier. Et du coup,
- Speaker #1
vous avez commencé un peu le contenu ensemble. Comment ça s'est fait ? J'ai vu que tu impliquais aussi tes enfants. Tu as deux enfants, c'est ça ?
- Speaker #0
Alors oui, on fait du contenu. Tu sais, les réseaux sociaux, c'est quand même le reflet de ta vie. Donc forcément, il est dans mes vidéos et on adore se challenger sur des choses, etc. Alors mes enfants sont dans les vidéos de dos, puisque c'était notre choix depuis leur naissance de ne pas montrer leur visage. C'est beaucoup plus compliqué aujourd'hui que quand ils étaient bébés, parce qu'ils bougent. et puis qu'ils ne veulent pas, ils ne comprennent pas, mais pourquoi tu ne veux pas nous montrer, on n'est pas beau.
- Speaker #1
J'ai vu des vidéos, ils étaient floutés, d'autres on les voit un petit peu, ça ne va pas être évident.
- Speaker #0
Quand ils sont trop de face, je les floute, quand ils sont de profil, ça va, ce que je veux c'est qu'on ne puisse pas les reconnaître, qu'on ne puisse pas utiliser leur visage sur internet, ou avec de l'IA, etc. Avec les deepfakes, et que tu fais gaffe, il y a des codes là-dessus, après je ne peux pas du tout mettre de côté cette... part de ma vie parce qu'aujourd'hui tu vois je parlais de mon spectacle mytho où j'étais célibataire et scellé aujourd'hui ma vie c'est ma famille et voilà je comme vraiment ce que je poste est vraiment ce que je suis tu vois il ya vraiment une espèce de véracité j'ai pas mettre ça de côté mes enfants en plus je vis seul à montpellier avec mon mec on n'a pas de famille autour extra donc on est vraiment vraiment une tribu donc donc ils font partie ils ont quel âge et 7 et 9 7 et 8, ils ont que 15 ans à l'écart. Ouais,
- Speaker #1
trop cool. Trop cool,
- Speaker #0
trop cool, ça se voit que tu les as pas au quotidien.
- Speaker #1
J'en ai deux qui sont intenses aussi.
- Speaker #0
Je peux te dire qu'un an d'écart, c'est compliqué. Un an d'écart, ça va être chaud.
- Speaker #1
Moi, les miennes, elles ont 3 ans et demi. Je trouve que c'est déjà... Nous, on voulait un peu d'écart entre... les deux.
- Speaker #0
Parce que tu les as eu jeunes, mon pauvre, j'ai pas eu le choix. À un moment donné, il faut se dépêcher. Après, c'est sympa pour eux.
- Speaker #1
Ils s'entendent bien, ils sont proches. Ils s'entendent très bien,
- Speaker #0
ils sont hyper proches, ils sont dans la même classe. 15 mois,
- Speaker #1
tu peux vraiment être pote entre frères et sœurs.
- Speaker #0
Ils vivent vraiment dans leur monde à eux, ils ont leur dialogue, parfois ils ne nous calculent pas. Mais vraiment, ils se tapent dessus aussi. Mais là, cette année, pour la rentrée, ils sont dans la même classe parce que c'est une classe à double niveau. Et pour le prof, le pauvre. Parce que mes enfants, ils sont un peu... Ils sont sportifs, quoi, on va dire.
- Speaker #1
Ils aiment bien la même classe, d'ailleurs.
- Speaker #0
Euh... ça dépend. Mon fils, pas trop parce que c'est sa petite soeur, c'est chiant. Le col... et du coup à l'école il la calcule pas trop. Une fois à la maison il veut jouer avec elle et elle, elle est rancunière donc elle joue pas avec lui. Bon après, là c'est bon, c'est commencé depuis quelques jours l'école, ça va, on verra dans six mois.
- Speaker #1
Ouais, yes. Je te laisse choisir un deuxième badge.
- Speaker #0
Ça c'est une superbe photo vidéo de Guilhem Canal qui est un ami à moi, qui est un super photographe. En fait il m'est arrivé un truc qui a changé, qui a bouleversé ma vie fin novembre. J'ai été agressé et de cette agression mon agresseur m'a fait une fracture du nez et j'ai dû me faire opérer du nez. Et... Et je suis allée voir Guilhem à son bureau pour quelque chose. J'ai mes bureaux à la clique, ma community manager est là-bas, dans ce bureau il y a des photographes. Il m'a dit j'aimerais bien, j'avais mon plâtre et je ne le montrais pas trop, il m'a dit j'aimerais bien immortaliser ce moment où tu l'enlèves et tout. Et du coup sur le vif il m'a pris en photo à ce moment-là.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui s'est passé sans rentrer trop dans les détails ? Tu peux en parler un petit peu de cet accident ?
- Speaker #0
Oui, parce que je faisais partie des femmes qui n'avaient peur de rien. Et je ne sais pas si c'est de la lucidité aujourd'hui ou si je deviens plus méfiante. Je ne sais pas s'il faut le voir de manière positive ou non. Mais moi, je faisais partie de ces femmes qui... qui court depuis toujours la nuit, je me lève à 5h je vais courir qui n'a pas eu peur de l'autre il y a beaucoup de femmes qui ont peur de courir on en parle de plus en plus maintenant justement j'ai toujours essayé de me tenir loin de ça, moi je cours depuis que j'ai 11 ans, le matin avant d'aller en cours etc c'était vraiment quelque chose qui rentrait en moi tout le temps et que j'ai fait tout le temps, comme ça fait partie de mon quotidien de mon plaisir, je pouvais concevoir qu'on ait peur mais Mais tu peux... peux avoir peur en montant dans une voiture. Clairement, je n'allais pas me priver de ça. Je n'ai jamais eu peur. J'ai déjà eu des mecs qui m'ont sifflé. Mais pas d'agression réelle. Et là, ce qui s'est passé, c'est que sur une sortie trail, le matin en plus, le matin tard, puisque je partais jouer mon spectacle, donc je ne travaillais pas le matin.
- Speaker #1
Tu faisais une sortie où ?
- Speaker #0
À côté de chez moi, dans une sortie trail, sur une monotrace. Je vous explique tout ça parce que c'est important. Il était 10-11h du matin, donc tard. Normalement, les gens sont partis bosser. Moi, je partais à midi faire ma date en province. Et du coup, je me suis fait charger par un chien. Moi, j'ai toujours eu des chiens et j'adore les chiens. J'ai eu des gros chiens. Et j'ai bien vu que le chien me chargeait et qu'il allait mordre. En fait, c'était une meute de chiens. Il y avait trois chiens.
- Speaker #1
J'avais vu ta vidéo.
- Speaker #0
Un barouge, un pite et un autre chien. Et quand j'ai vu qu'il me courait dessus, c'était d'ailleurs juste au moment où je sortais mon téléphone pour faire une story et le chien me court dessus. Donc, mon comportement a été de « Oh, les gentils chiens ! » etc. D'essayer d'être douce pour l'apaiser. Et le chien, il m'a mordu, il m'a mordu à la main. Et à la jambe aussi, non ? J'avais vu. Ouais, et à la jambe, où j'ai dû porter un drain, etc. C'est un chien qui sortait de la SPA. eu peur de quelque chose, n'a pas aimé mon comportement je sais pas quoi mais en tout cas il y a quelque chose qui l'a déplu puisque c'est un chien qui m'a mordu mais c'est pas un chien qui faisait du mordant c'est à dire c'est pas un chien qui a mordu et m'a arraché c'est un chien qui a fait crrrr je connais pas la différence la différence c'est qu'un chien qui veut mordre pour une grosse agression il te tire vraiment il t'arrache lui C'est un chien qui m'a mordu C'était une mise en garde Non parce que j'ai eu quand même la main complètement explosée Et la jambe aussi C'est pas pour me mettre du côté du chien, tu vois, mais je pense que c'est un chien qui avait un passif, d'ailleurs c'est ce que m'a dit sa maîtresse. La seule erreur, c'est que c'était un chien qui était en longe, donc c'est un chien qu'il fallait garder en laisse. Et la chance que j'ai eue, c'est qu'effectivement, ce chien m'a mordu, et moi j'avais très peur que l'autre chien, le pit, m'attaque aussi. Les maîtresses étaient très loin et du coup quand il a commencé à mordre, moi j'étais là « Oh le gentil chien ! » etc. Et j'ai vu le pit me regarder en disant « Il n'y a pas de danger en fait, je n'ai pas besoin de l'attaquer. » Et voilà, donc c'est clôturé comme ça. Et en fait, ça m'a fait beaucoup travailler parce que je n'ai jamais eu peur des chiens. Et quand on court dans la rue, quand on fait la course classique sur du bito... bitume on en croise des chiens mais souvent ils sont en laisse sur les trottoirs tout ça mais en trail tout le temps parce que c'est normal t'as un chien bah non ils sont pas attachés t'as un chien t'as envie qu'il kiffe qu'il court dans les montagnes etc et ça je le conçois totalement sauf que c'est interdit et que bah tu vois les chiens ils doivent être aptes à revenir quand on les appelle etc ça veut pas dire que tous les chiens attaquent mais potentiellement ce chien là il n'y a pas de raison qu'il attaque tu vois On va dire oui, mais c'est parce que c'était un bas rouge, etc. Non, il n'y a pas de race qui attaque plus que d'autres. Il y a un truc qui ne lui a pas plu. Bref. Et du coup, trois jours après, je me suis dit, bon, il ne faut pas que j'ai peur des chiens. Parce que c'est me priver d'un des trucs que je préfère dans ma vie, moi, d'aller courir.
- Speaker #1
Ah oui, c'est sûr. Tu fais beaucoup de trail, d'ailleurs ?
- Speaker #0
Je fais de tout, moi. Je fais tous les sports possibles et imaginables. Mais j'habite à Montpellier. Il y a plein de trails sympas. Il y a un côté vraiment très nature, du trail de la rando. Être en extérieur, je préfère courir en extérieur quand il n'y a personne que sur la route ou sur une salle de sport. Donc, trois jours après, j'ai décidé de sortir avec mon chien pour ne pas justement nourrir une peur des chiens. Et du coup, il y a un monsieur qui m'a agressé parce que j'étais avec mon chien en laisse. Et je lui ai demandé si je pouvais attacher mon chien, s'il vous plaît, parce que son chien est arrivé sur moi en courant. Je ne pense pas qu'il était méchant, mais j'étais... pas prête psychologiquement à avoir un chien qui me saute dessus etc. Et puis j'avais mon chien en laisse, j'avais mon drain avec le fil qui... Bref, je n'étais pas prête à avoir un chien, même si c'était un chien qui me faisait la fête. Et ça s'est mal passé, la personne n'a pas vraiment compris ma demande. Et en fait, il a été agressif et il m'a cassé la gueule. En gros, pour te la faire... voilà. Donc évidemment...
- Speaker #1
Tu as une fracture du nez, j'ai vu. Oui,
- Speaker #0
j'ai une fracture ouverte du nez, le nez ici. Je me suis fait opérer par une ORL qui a essayé de me remettre le nez. Bon là, j'ai encore la cloison qui est complètement écrasée. Ça m'engendre des problèmes respiratoires. Il va falloir que je me refasse opérer. Ils vont devoir découper mon nez, le remettre, casser la cloison. C'est une grosse opération que je repousse parce que c'est... au moins trois semaines d'arrêt. Je n'ai pas trois semaines.
- Speaker #1
C'était il y a dix mois, du coup ? Oui,
- Speaker #0
c'était au mois de novembre. C'était au mois de novembre 2025.
- Speaker #1
Et tu l'as retrouvé, du coup ? Il y a des procédures en cours, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui, le procès est en cours. Oui, je l'ai retrouvé. Il n'y a pas eu de problème là-dessus. Et la justice va faire son travail, tu vois. Après, c'est... même si c'est très bien, il faut que ça soit fait parce qu'il ne faut pas que ça se reproduise, etc. Moi, le traumatisme aujourd'hui est quand même hyper important. J'ai peur des hommes. J'ai mis vachement de temps à sortir.
- Speaker #1
C'était dur après ?
- Speaker #0
Oui, parce que pour moi, c'était ovnisque de me faire attaquer. Je demandais de l'empathie en disant « Vous pouvez attacher votre chien. » J'ai peur. On vient de me... Je viens de me faire mordre et le comportement de la personne a été autre, ça n'a pas été empathique du tout.
- Speaker #1
J'ai vu les photos, c'était violent.
- Speaker #0
Et encore, je n'ai pas tout montré justement. J'ai montré mon visage au bout de plus d'une semaine parce qu'un nez pété, tu as les yeux comme ça, etc. Et puis même mes enfants, psychologiquement, deux agressions en trois jours, leur expliquer. mes enfants ont peur des gens c'est quand même incroyable d'avoir peur des gens de croiser un mec dans la rue et d'avoir peur comment t'as raconté ça à tes enfants ?
- Speaker #1
qu'est-ce que tu leur as dit ?
- Speaker #0
c'est pas moi qui ai raconté grand chose puisque un voisin est venu chercher mon mec pour aller me chercher il a cassé mon téléphone aussi avant de me... Avant de me casser la foudure. Quand tu voulais appeler les secours, il t'a pété le téléphone. Il m'a pété le téléphone. Donc, je ne pouvais pas appeler mon mec. J'étais au milieu de la pampa. Donc, j'ai arrêté une voiture. On a été chercher mon conjoint. Mon conjoint, il a dû laisser les enfants à la maison. Ce n'était jamais arrivé. Enfin, tu vois, c'était juste à côté. Mais voilà. Et il leur a expliqué après que j'étais tombée en courant. On leur a dit la vérité plus tard. Aujourd'hui, ils sont au courant. Mais on a demandé l'avis à une psychologue. Mais ça faisait beaucoup d'agressions en deux jours. En deux jours, les enfants, ça psychote beaucoup. Et puis, ils voient leur maman avec un plâtre, avec la main en sang, avec le plâtre, le nez ici, les yeux bleus. C'est compliqué. Donc, voilà.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
C'est pas très gay tout ça C'est pas très gay tout ça
- Speaker #1
Je pensais à l'objet On demande à chaque invité Transition un peu brute Un objet qui a été symbolique pour eux Dans leur vie pro, vie perso Tu nous as ramené un objet Je te laisse peut-être nous en parler Je t'ai ramené un ruban Je t'ai ramené un ruban
- Speaker #0
Je parle encore de mes enfants La première fois que j'ai fait un marathon C'était le marathon des JO Le fameux marathon pour tous. qui était ouvert au public où tu pouvais courir le même parcours que les athlètes olympiques. Et pour courir, mes enfants m'ont fait un ruban avec 42 cœurs et des petits mots. Pour les kilomètres du coup ? Ouais, t'es la meilleure, etc. Exactement. Et du coup, que j'ai entouré, c'est vrai que c'est long un marathon, c'est dur physiquement. et quand j'ai eu un coup de... de mou, je le regardais. Tu l'avais sur toi. Sur les vidéos, je l'ai. C'était important. Et j'ai trouvé que c'était tellement joli de se dire, waouh, c'est cool de passer une épreuve. Et puis, c'est long. J'essayais de lire, etc. Quand je courais. Je me suis dit que c'était cool. Je peux regarder ? T'es la meilleure, je t'aime. C'est ma fille qui disait ça. J'ai trouvé l'idée tellement cool que je l'ai reproduite. Malheureusement, depuis deux ans, j'ai encore beaucoup trop de copines qui doivent se battre contre des cancers. Et lorsque tu vas en traitement, en chimio, etc., malheureusement, tu ne peux pas mettre tes bijoux. Et du coup, j'ai trouvé que cette idée d'avoir un ruban que tu peux porter sur toi et mettre des messages d'encouragement et tout, je trouve ça cool. Et puis c'est un truc que tu peux garder après.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, par rapport au sport, grande sportive, du coup, Ariane, raconte-moi. Tu as commencé la course, tu avais 11 ans, tu me disais.
- Speaker #0
Oui, je fais du sport depuis toujours, tu vois. Et j'ai commencé la course très, très tôt. J'ai commencé la course très très tôt.
- Speaker #1
Et là j'ai vu, ouais, donc t'as fait par exemple un IROX, je me suis inscrite dans 3 mois là, c'est sympa ou pas ? Ah ouais, bah ouais c'est très sympa, j'en ai fait plusieurs. Bah ouais je sais, j'ai vu.
- Speaker #0
Ouais écoute, bah quand t'es coureur c'est cool. En fait j'aime bien, ce que j'aime dans le sport c'est vraiment le débassement et les sensations que tu peux avoir, le partage que tu peux avoir avec d'autres. Moi à la base, quand j'ai rencontré mon conjoint, je faisais de la boxe thaï, je passais beaucoup de temps en Thaïlande, je faisais 3 mois. à Paris, trois mois en Thaïlande, etc. Je vivais dans mon camp il y a une dizaine d'années.
- Speaker #1
Je ne savais pas que tu en faisais beaucoup comme ça. Beaucoup,
- Speaker #0
beaucoup. Ma vie tournait autour de la boxe.
- Speaker #1
Tu en as fait longtemps ?
- Speaker #0
Oui, j'en ai fait pendant huit ans et j'ai arrêté quand je me suis mis avec mon conjoint.
- Speaker #1
Tu as fait de la compétition ?
- Speaker #0
Oui, tu sais en Thaïlande, il y a beaucoup de compétitions. Oui,
- Speaker #1
c'est sympa. Et tu as fait en plein contact du coup. Oui, c'est sympa. Moi, j'ai fait 10 ans de kickboxing aussi. J'ai fait de la compète et tout. C'est comme la boxe thaï sans les coups de coude et les coups de genoux. C'est chouette. Par contre, je n'ai jamais fait de camp en Thaïlande ou autre. C'est sympa. Maintenant,
- Speaker #0
c'est très en vogue. Je me rappelle, je parlais avec une copine à moi qui, elle, fait de la boxe depuis quelques années. Ses enfants en font aussi. Je lui disais, va voir mon camp. Elle me disait même... Ma pauvre, ton camp, c'est devenu un truc hyper touristique.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est plus du tout le truc thaïlandais que t'as connu. Parce qu'en plus, ils font beaucoup d'MMA là-bas et tout. Il y a des piscines et tout. Alors que nous, on dormait sur le sol. Il y avait des cafards. Ils étaient gros comme ça. C'était des Ausha. Ouais, c'est pas la même. Mais c'était un très bon moment de ma vie. J'ai écrit mon spectacle en Thaïlande, d'ailleurs. Parce que... Ah, c'est chouette. Tu vois, j'allais faire mes vacances toute seule. Et j'allais m'entraîner. Et voilà. Et voilà donc oui ce que j'aime moi dans le sport c'est les aventures, les expériences et en fait j'étais longtemps seule avec la boxe c'est ce que je voulais te dire et maintenant ce que j'aime c'est le partage. J'ai fait beaucoup d'athlétisme où j'étais seule aussi et j'aime le partage donc j'ai adoré faire des raids. avec ma binôme, des iRocks, avec ma binôme. En fait, ce que j'aime, c'est être avec quelqu'un que j'aime, me dépasser, mais me mettre dans le mal par amour pour la personne. Tu vois, c'est vraiment mon trip de dingue. Et du coup, c'est ce que j'ai fait avec Lucie, ma binôme, sur les iRocks que j'ai fait.
- Speaker #1
Ça doit être sympa. Moi, je le fais avec un de mes meilleurs potes aussi. J'ai hâte de partager ça à deux.
- Speaker #0
C'est quand même sympa. Tu ne peux pas lâcher pour l'autre quand il y a des sentiments. Alors là, cette année, j'ai des IROX prévus avec une nouvelle binôme parce que ma binôme, à moi, elle a 30 ans. Et donc, je vais prendre une binôme de ma génération, de mon âge. Et du coup, j'ai hâte de la rencontrer. Tu as des classements par âge aussi ? Oui,
- Speaker #1
j'ai des classements par âge.
- Speaker #0
Et nous, on était hors classement à chaque fois parce qu'on a 17 ans d'écart. Donc voilà, l'IROX, c'est cool. C'est sympa. Mon rêve absolu, c'est d'en faire un avec mon mec. Bon, lui, il ne veut pas du tout.
- Speaker #1
En mix, c'est génial.
- Speaker #0
Ouais. Ça ne chauffe pas lui ?
- Speaker #1
Pas du tout. Ce serait une machine de guerre lui. Déjà j'ai vu la vidéo où il te porte avec un bras.
- Speaker #0
Et d'ailleurs souvent j'ai des mecs, des potes qui me disent « Ouais, tu veux faire un Irox avec nous ? » Et non, je préfère attendre et me dire que peut-être un jour il changera d'avis et on fera un Irox.
- Speaker #1
Et pourquoi il ne veut pas du tout refaire ?
- Speaker #0
C'est pas son délire.
- Speaker #1
Il fait de la muscu et tout, il est quand même très musclé.
- Speaker #0
Je pense que quand tu as été sportive, sportif de haut niveau il ne veut pas se remettre dans une compétition je pense que l'attrait du challenge de la compétition il l'a eu toute sa vie il est rentré en équipe de France il était tout jeune il l'a fait toute sa vie je ne pense pas qu'il ait encore besoin de se faire mal mais ce n'est pas grave je ne lâche pas, peut-être qu'un jour il va s'aider et ça casse un peu,
- Speaker #1
j'ai vu une story de toi ce matin tu disais que tu avais des problèmes d'articulation maintenant c'est pas l'Irox qui fait ça Merci.
- Speaker #0
Merci. Il y a deux ans, déjà j'ai fait du sport toute ma vie, beaucoup. À 11 ans, je me tapais 10 km matin et 10 km le soir. C'était vraiment un côté...
- Speaker #1
À 11 ans ? Tu te faisais 20 dents dans la journée ?
- Speaker #0
Oui, mais j'ai eu un problème avec le sport. C'était vraiment une... Je parle de la bigorexie dans mon spectacle, j'en parle beaucoup. C'est fabuleux.
- Speaker #1
Bigorexie, c'est le fait de compenser le sport pour...
- Speaker #0
C'est alors une addiction au sport, en fait. J'avais clairement une addiction au sport. Je faisais du sport tout le temps. Et je pense que le corps, il a la mémoire de ce qu'on fait. La boxe, c'est hyper impactant. La course, c'est hyper impactant. Et en fait, depuis deux ans que j'ai passé 45 ans, j'ai beaucoup plus de mal à me remettre. J'ai beaucoup plus de tendinite, etc. Et du coup, j'ai été voir un rhumatologue et j'ai une maladie inflammatoire. C'est pas la... C'est pas la polyarthrite, c'est une autre maladie inflammatoire, mais ce que ça engendre chez moi, c'est beaucoup d'inflammations, beaucoup de tendinites. Là, aujourd'hui, j'ai une grosse tendinite à la hanche, j'ai une tendinite au coude, etc. Et c'est des tendinites qui changent d'endroit. J'ai aussi des ischios. J'ai fait le Grand Palais avec une tendinite aux ischios où je boitais comme Geoffrey de Perracq d'Angélique. Non, vraiment, j'ai ce truc-là. J'essaie justement de continuer les défis sportifs en ayant mal. C'est un truc, j'essaie d'ancrer, d'accepter la douleur permanente. Mais parfois, tu vois, comme aujourd'hui, j'en ai marre. J'en ai marre d'avoir toujours mal, d'arriver en boitant, de mettre ça de côté, de dire OK, il faut que je mette la douleur de côté. On fait quand même le défi sportif en ayant mal. J'aimerais bien pouvoir aller faire une course sans me dire j'ai mal, Il faut que je travaille sur le mal. On me dit souvent, les femmes, il y a le passage de 40 ans. Mais à 40 ans, j'étais au prime. Je n'avais pas mal par rapport à maintenant. Je me lève le matin, j'ai vraiment mal.
- Speaker #1
Tu as vu le sport que tu fais aussi ?
- Speaker #0
Oui, mais...
- Speaker #1
J'ai l'impression que tu fais énormément de sport.
- Speaker #0
Oui, j'en fais énormément. Moins que ce que je voudrais. Cette année, j'ai rendu plein de dossards. J'ai plein de courses que j'ai annulées Des marathons
- Speaker #1
Et t'as des gros temps de récup et tout ?
- Speaker #0
Bah non mais moi je suis pas sportive J'ai 10 000 trucs à côté J'ai des émissions animées J'ai mon one J'ai la pièce de théâtre J'ai des enfants
- Speaker #1
Oui mais tu fais du sport tous les jours j'ai l'impression
- Speaker #0
J'essaye
- Speaker #1
Tu vois ton corps à n'importe quel âge Même à 30 ans Faut de la récup aussi J'en ai plus maintenant de la récup mais j'essaye
- Speaker #0
Mais j'espère que ça reviendra. Mais c'est pour ça aussi que je fais plus d'aérox, je fais plus de choses comme ça, c'est à l'intérieur.
- Speaker #1
Mais non,
- Speaker #0
il n'y a rien de plus... Il n'y a rien de plus ressourçant pour moi que de faire du sport dehors. Enfin, tu vois, je me sens réellement en vie. Et pour le coup, tu vois, on parle beaucoup de sport, de trucs, de machins, de ce qu'on fait, de ce que c'est dur et tout. Mais moi, vraiment, je suis consciente de quelque chose. C'est la chance de pouvoir le faire. C'est pour ça que j'ai mal, j'y vais, mais tu vois, d'avoir ces deux jambes, ces deux bras, pouvoir le faire, c'est une chance de dingo, vraiment. Du coup, j'ai pas le droit de me priver de ça. Parce qu'il y a des gens, ils rêvent de faire ça. Et du coup, vraiment, tu vois, au-delà du fait que j'adore ça, je me dis, mais je... j'ai pas le droit de pas faire ça, en fait. J'ai la chance de pouvoir le faire.
- Speaker #1
Je vais te laisser cliquer sur la petite flèche du bas, on va rentrer en mode deep dive. Générique
- Speaker #0
Bienvenue en mode deep dive, du coup là on est sous l'iceberg, encore 4 badges, je te laisse en sélectionnaire.
- Speaker #1
Ah ouais mais là il y a des requins et tout, tu vas faire des... Il est où le requin ? Ah il est pas là, prendre un petit dauphin. Bonjour Ariane,
- Speaker #0
j'ai une question pour toi, aujourd'hui qu'est-ce qui te rend vraiment fière ?
- Speaker #1
Ce qui me rend vraiment fière, comme toutes les mamans, j'ai fait un truc hyper bateau, les enfants, c'est quand même un truc de dingue, de créer ça, au-delà du fait qu'ils sont insupportables, que j'en peux plus, moi j'ai vécu la grossesse comme ça, de me dire je suis capable de fabriquer... un truc vivant. C'est un truc de dingue. Je suis trop jaloux. J'adorais pouvoir en compter. Mais pour le coup, ça m'a vraiment réconciliée avec le fait d'être une femme. Je n'étais pas vraiment contente d'être une femme. Je trouve que c'est très dur sur plein de choses. À quel niveau ? La place des femmes dans la société. Vraiment, j'ai eu une adolescence très difficile où j'étais mal dans ma peau. justement à l'écran, et c'est pour ça que j'ai arrêté la télé pour faire que du one, c'est que souvent c'était un rôle de faire valoir à côté du mec, moi j'ai fait de la télé à une époque où c'était un endroit un peu différent, mais je trouvais que c'était toujours un second plan, c'était pas la fille qui pouvait faire des trucs rigolos, c'était plus jugé sur son physique et autres, Et du coup... C'était assez dur pour moi d'accepter ça. C'est pour ça que j'ai arrêté la télé, que j'ai commencé à faire que du one et tout, parce que je me dis, moi, qu'on m'écoute et pas qu'on me regarde. Du coup, mes enfants, c'est une fierté. Ils m'ont réconciliée avec ça, mais je suis fière de plein de trucs, en fait. Je suis fière de me réinventer, parce que moi, j'avais ma vie là, à Paris. avec mon milieu, etc. Parisiens, mes potes, tout ça. Et puis, j'ai débarqué à Montpellier sans connaître personne. Alors évidemment, j'avais mon conjoint, mais je n'avais pas ma famille, tout ça. Donc, se réinventer, faire des choses, faire des projets. Je suis fière de moi aussi quand je réussis à aller au bout des choses. Et pour tout te dire, je suis très honnête avec la jeune fille qui me... Ce qui me pose cette question, c'est qu'en fait, être fière de soi, pour moi, c'est quelque chose qui est très compliqué. Et c'est vraiment une quête, mais ça, je pense que c'est purement féminin. Et je ne suis jamais vraiment satisfaite de moi. Et d'ailleurs, c'est sûrement pour ça que je fais autant de sport, parce que je fais un métier où tout est de l'ordre du subjectif. Savoir si une comédienne est bonne, si ça, ça te fait rire. plus que ça. Enfin, on est tous très différents. On a une sensibilité tous très différente face à ce type de choses. Alors que le sport, c'est factuel. C'est des chiffres. Tu cours en tant de temps, tu gagnes ou tu perds un combat, c'est factuel. Et en fait, c'est pour ça que j'ai toujours eu besoin... Après,
- Speaker #0
tu peux l'objectiver quand même sur un spectacle, sur la télé, les audiences...
- Speaker #1
Bien sûr, mais... Oui, sur la télé, les audiences, souvent, on n'est pas tributaire de ça. Moi, je parle plus de... tu passes un casting, pourquoi tu vas fonctionner ou pas, tu peux bosser comme une tarée, c'est le coup de cœur qu'un réalisateur va avoir pour une comédienne. C'est quand même beaucoup plus compliqué que d'autres milieux. Et du coup,
- Speaker #0
ça te frustre et le sport permet de...
- Speaker #1
C'est compliqué à vivre, je ne suis jamais satisfaite et le sport, c'est factuel. Il y a un côté, un chiffre, etc. C'est pour ça, pour m'acheter un petit peu d'amour propre, j'ai besoin de faire du sport.
- Speaker #0
parce que je suis quelqu'un qui est un peu mal dans sa peau mais mes enfants me rendent justement très fière parce que c'est pas dépendant de moi ce qu'ils font eux c'est très fière et je peux dire c'est moi qui l'ai fait et du coup dans le sport ce qui est important aussi c'est les objectifs les courses oui
- Speaker #1
voilà ça te rend fière de te fixer des objectifs mais au delà de ça ça te rend fière c'est factuel quand il y a un côté chiffre qui est... tu peux pas discuter là-dessus.
- Speaker #0
Ouais, donc c'est un côté très important dans ta vie, le sport. Je pensais pas que t'avais toute cette dimension aussi importante pour ton... J'allais dire l'estime de soi, non, mais la confiance... Ouais, ouais, non,
- Speaker #1
moi c'est vraiment... C'est vraiment que je m'achète de la confiance en moi, je m'achète de l'amour propre.
- Speaker #0
Ouais, non, c'est intéressant.
- Speaker #1
Mais comme beaucoup de monde, faire du sport, c'est... Se sentir vivant, réapprendre à aimer son corps, à être bien dans son corps, à être fière de lui... Moi, je suis fière. Quand mon corps arrive à faire un truc comme ça, je me dis que c'est dingue. Je ne pensais pas que j'arriverais à faire ça. Il y a ce truc-là.
- Speaker #0
C'est chouette. Je vois vraiment ce que tu veux dire. Moi aussi, je vois les moments où je ne fais pas de sport et quand je fais du sport. Quand je fais du sport, j'ai l'impression que c'est un cercle vertueux où tu es bien, tu dors bien, tu manges bien. Tu es fière de toi.
- Speaker #1
Tu vas prendre du temps pour toi, pour faire des choses. C'est surtout pour contrebalancer les... Moi, j'ai vécu toute ma vie dans un milieu où on donnait son avis. Elle est trop grande, elle est trop petite, elle est trop blonde, elle est trop grosse, elle a trop de poitrine, j'aime pas tes cheveux, j'aime pas tes yeux. Et en fait, t'es pas forcément prêt à accepter ça. Non, mais moi, en fait, j'ai bossé, je suis venue, j'ai écrit ça. Ah oui, mais j'aime pas trop tes cheveux. Non, tu vois, c'est... Dans le milieu de la télé, ouais, c'était très... La télé, la fiction, le théâtre, tout ça, en fait. T'es jugé et jaugé pour ton enveloppe aussi. Lorsque tu passes un entretien, ça se fait moins en moins. On enlève les photos sur les CV, etc. C'est sur tes compétences. Là, ça m'est arrivé, comme toutes les comédiennes, de bosser un casting à mort, de prendre un coach, d'arriver d'être béton. Et en fait, tu le sais dans le regard de la directrice de casque, elle ne va même pas t'écouter parce que tu n'es pas du tout la personne qu'elle cherche. Et ça, tu ne peux rien faire. Tu ne ressembles pas au personnage qu'elle a imaginé. Et du coup, c'est apprendre à vivre avec ça. Au fait d'être... de ne pas correspondre à ce qu'on attend de toi. Et en plus, avec la médiatisation, les réseaux sociaux, tout le monde donne un avis sur toi que tu n'as pas demandé aux gens.
- Speaker #0
Comment tu as vécu, toi ? Parce que j'ai vu que tu es vachement suivie. Tu as près d'un million de personnes sur Insta. La vie avant réseau et après réseau ? Moi,
- Speaker #1
je pense que les gens... les réseaux donnent la parole à des personnes qui ne devraient pas forcément l'avoir. Moi, j'ai eu la chance d'avoir une communauté qui est hyper bienveillante. Ma communauté, je l'ai surtout créée quand je suis tombée enceinte. Parce que... Donc, c'est beaucoup de femmes. Je pense que je suis à plus de 70% de femmes. Et du coup, c'est une communauté qui a grandi, même vieilli, avec moi et qui me ressemble. Donc, elle est plutôt cool. Mais effectivement, j'étais... Pendant longtemps sur Twitter qui n'existe plus Mais en fait j'écrivais des vannes tous les jours Pour m'entraîner Et voilà Sur Facebook aussi Les pires commentaires c'est sur Facebook C'est marrant Les commentaires sur Facebook Moi j'ai même plus Facebook J'ai fermé l'application Mais ce que je poste sur Insta Et en fait les gens
- Speaker #0
T'as plus de haters sur Facebook En règle générale les gens sont plus durs tu trouves sur Facebook ?
- Speaker #1
mais parce que je pense qu'il n'y a pas aussi le second degré je sais pas mais non en règle générale j'ai quand même pas mal de chance via mes réseaux sociaux nous on a essuyé des problèmes sur des sites etc racistes et tout du fait qu'on soit un couple mixte qui nous a posé des problèmes au début de notre relation qui était un peu hardcore c'est quoi c'est des gens qui disaient que ça commence à se manifester enfin voilà Écoute, en fait, je ne savais même pas que ça existait encore, les sites nazis. Il y a un truc qui est un peu violent. Je ne savais même pas encore que les gens pouvaient s'offusquer d'un couple mixte. Enfin, je veux dire, c'est même bizarre de dire couple mixte. Même le mot ne va pas du tout. Mixte en quoi ? Parce que c'est une fille et un garçon. Il y a vraiment un truc bizarre. Et si en fait, et ouais nous on a eu des menaces de mort, enfin des trucs vraiment hardcore quand j'étais enceinte, on va tuer le bébé etc, t'aider à l'extinction de la race, enfin des trucs où tu te dis mais heureusement, il ne faut pas continuer avec des gens comme ça, oulala, ne vous reproduisez surtout pas. Donc voilà, on a eu affaire à ça de manière très violente, c'est d'ailleurs ce qui a penché dans notre décision de ne pas montrer nos enfants. Et voilà. donc à la base c'était ça mais si de temps en temps t'as des messages un peu étranges sur les réseaux sociaux plus ouais mais et ça tu réagis bien aux commentaires tu vois de haters franchement j'ai vachement de chance j'en ai pas beaucoup Je vais avoir plus des commentaires bizarres, tu vois, des demandes de photos de mes pieds, ça c'est... ouais voilà.
- Speaker #0
Tu m'as dit comment t'es bizarre, j'imagine des photos de pieds. Ouais c'est plutôt ça. C'est fou ce truc quand même.
- Speaker #1
Parce qu'entre nous, est-ce qu'un pied c'est beau ?
- Speaker #0
Moi je le comprends pas.
- Speaker #1
Y'a rien de plus dégueulasse qu'un pied.
- Speaker #0
Je comprends pas.
- Speaker #1
On est d'accord ?
- Speaker #0
Je comprends pas.
- Speaker #1
Surtout un pied de sportif. Mais c'est fou hein,
- Speaker #0
parce que tu vois, genre moi dans mes équipes et tout, quand on a des stagiaires qui ont 20 ans, des alternantes, tu vois, y'en a 2 sur 3. qui ont déjà reçu des demandes de DM de mecs inconnus qui veulent payer des photos de pieds.
- Speaker #1
Dans mon spectacle, j'ai tout un skate sur la podophilie, puisque les mecs sont podophiles. Et ouais, je trouve ça assez bluffant, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, c'est fou. D'ailleurs, par rapport à ton spectacle, donc le spectacle Bonne, c'est ça le titre ? Raconte-moi un petit peu pourquoi ce titre ? T'as une histoire un peu autour. Ouais,
- Speaker #1
je trouve que ce mot est horrible. Moi, je fais partie de cette génération où on a commencé à dire qu'une fille était bonne. un des premiers à avoir sorti cette phrase c'est Dadou dans un morceau avec Vita beaucoup plus bonne que la plus bonne de tes copines qui a été reprise par Joey Star dans La fièvre etc et voilà on disait d'une fille qu'elle était bonne ça veut dire quoi bonne ? tu vois à quel moment le mot bonne il a changé de sens parce qu'un homme bon c'est pas une femme bonne ça n'a rien à voir et du coup ce mot que je trouve horrible euh Alors que c'est un mot plutôt positif, je me suis dit, ouais, mais on a cette pression déjà d'être bonne physiquement, c'est ridicule, et en plus c'est un mot qui n'a pas lieu d'être, mais on a aussi cette pression d'être une bonne mère, d'être une bonne épouse, d'avoir la bonne répartie, d'être à la bonne place, d'être de bonne humeur, d'être une bonne amie. Donc on a une espèce de pression que vous avez aussi les mecs, mais beaucoup moins. d'être bonne partout. Ça va être horrible, c'est une femme. Excellente partout.
- Speaker #0
On en demande tellement maintenant qu'il y ait deux petites filles. C'est vrai que vous avez une exigence, surtout des injonctions.
- Speaker #1
Alors que le but en soi, c'est juste d'être une bonne personne.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
C'est sûr. Et du coup, mon spectacle, il parle de ça. Et en plus, c'est une pression que les femmes, on se met nous-mêmes et c'est peut-être pour ça que tu me parlais de fierté tout à l'heure. Qu'est-ce qui te rend le plus fière ? Le problème, c'est qu'on n'est jamais satisfaites puisqu'on a une espèce de pression permanente pour être bonne dans tout. Tous les réseaux sociaux, tu te dis « Mon Dieu, mais moi, ma pâte, je la fais pas toute seule, je l'achète chez RTA ! » Ah ouais, tu fais pas ta pâte à tarte !
- Speaker #0
Tu dois avoir tellement sur les réseaux de gens qui font leur propre...
- Speaker #1
Oui, voilà, mais c'est de recherche de perfection, c'est du fait maison, c'est du truc... Comment ça, tes enfants ne font pas de solfège ? Enfin... Une espèce de compétition permanente qui te laisse penser que t'es pas assez bonne, parce que toi tu fais moins bien. Et c'est très difficile de se libérer de ça et de se dire ok, je fais de mon mieux. Même les situations, on a tous à penser à un moment donné, ok il m'a dit ça, j'ai répondu ça. Est-ce que c'était la bonne répartie ? Est-ce que j'ai eu la bonne répartie ? J'aurais pu lui dire ça. Peut-être que ce serait passé ça. Tu vois, donc voilà, être toujours dans... Dans l'excellence. Et voilà, donc ça me touchait et je trouve qu'on en demande beaucoup aux femmes.
- Speaker #0
C'est sûr. Et ce spectacle, du coup, raconte-moi, tu l'as lancé l'année dernière. Oui, j'ai lancé,
- Speaker #1
j'ai été un peu arrêtée par mon agression, mais je l'ai lancé en fin d'année dernière. Et j'ai repris en début d'année parce que, tu vois, je me suis arrêtée deux mois avec l'agression. Mais ouais, c'est tout nouveau et du coup, je suis en tournée et ça y est, je fais mes premières dates parisiennes parce que moi, là-bas, je vis à Montpellier, mais je suis parisienne. Je fais mes premières dates parisiennes le 5 octobre à la Comédie Paris et le 2 novembre. C'est un peu des exceptionnels. Avec des enfants, c'est compliqué d'avoir des résidences à Paris, tu vois. Mais voilà, je suis partout en France et je fais des exceptionnels et je suis hyper contente de retourner sur scène. Ça a été très long. pour moi, de retourner sur scène, après mon premier spectacle, parce que c'était compliqué de laisser mes enfants, parce que t'écris pas une émission comme t'écris un spectacle d'humour, une émission où tu peux, tu bosses sur la bio de quelqu'un, tu peux faire autre chose, tu reviens, la bio elle a pas changé, voilà. Te mettre en, bah tu vois, en mode, j'écris d'humour et tout, c'était plus compliqué, c'était plus long, tu vois, depuis que mes enfants sont nés, ça fait partie de mes goals, et j'ai repoussé, et en fait, L'année dernière, je devais être sur un projet télé, une série et tout, et finalement ça s'est pas fait. Et justement, je me suis dit, putain j'en ai marre d'attendre et d'être déçue parce que j'étais pas la bonne personne pour eux au dernier moment, alors que t'espères, faut que je remonte sur scène, fais un truc où tu te choisis toi.
- Speaker #0
Et ils t'ont déjà vu les petits sur scène ?
- Speaker #1
Alors, ils demandent énormément à me voir sur scène, mais je veux pas. C'est très compliqué, même mon mec, c'est très compliqué. Il n'est toujours pas venu voir mon spectacle. Je lui ai interdit au début. Parce qu'en fait... Même mes parents, ils viennent alors que je n'ai pas envie qu'ils viennent. En fait, quand tu aimes vraiment quelqu'un, c'est son avis qui compte. Et en fait, ça me procure un stress supplémentaire. Je parle de ma vie, etc. Donc si ma mère est venue, là déjà, elle reviendra à Paris. Mon mec n'est pas encore venu. Mais mes enfants, c'est juste parce que mon spectacle, ce n'est pas un spectacle pour enfants. Déjà, quand il y a des enfants, des autres, je fais la remarque, je vanne un peu dessus et tout. Ce n'est pas pour emmener les miens. Ils ne sont pas aptes à comprendre du stand-up, ils vont se faire chier, déjà, ils vont s'ennuyer. Et en plus, j'ai un autre projet où je suis sur scène qui s'appelle Les Amazones, qui est une pièce qui a été remontée, qui s'est jouée il y a 25 ans, et là j'ai eu la chance d'être sur scène avec Enora Malagré, Jeanne Savary, Terence Tell, Thomas Villan et Camille Durand, et c'est une mise en scène d'Olivier Massé, et ça c'est plus une comédie de boulevard. pas vraiment de boulevard, une comédie on va dire et pour le coup oui même s'il y a quelques gros mots tout ça je serais moins gênée de les emmener voir ça où je joue un personnage plutôt que ça soit leur mère qui dévoile ses failles sur sa vie sur sa vie de mère etc c'est très gentil et tu veux les amener du coup pour les Amazones ?
- Speaker #0
c'est quand d'ailleurs les Amazones ?
- Speaker #1
les Amazones on commence la tournée fin septembre en même temps que t'as eu ouais donc on est en répétition des deux merde comme on dit je prends je prends c'est cool et puis là les amazones c'est vraiment cool c'est que des copains partir en tournée avec des gens que tu connais déjà que t'apprécies ça va être très sympa et raconte moi un petit peu tes premières scènes comment ça s'est fait qu'est-ce que t'aimes le plus c'est l'adrénaline c'est le public c'est l'écriture je pense que c'est un peu comme un combat de boxe t'es seule face à toi même t'es vraiment seule face à toi même On en parlait tout à l'heure.
- Speaker #0
Il faut être super courageux.
- Speaker #1
Oui, il faut être super courageux. Mais je pense que c'est inhérent. J'ai besoin de me sentir vivante. Je n'ai pas besoin d'aller sur scène. Je travaille, j'ai plein de trucs à côté, etc. Mais ça me manquait viscéralement de me mettre en danger, d'écrire, d'exister, d'être écoutée. J'ai fait l'école du bout quand j'ai décidé de monter sur scène. Quand mon producteur, Mickaël, lui, m'a dit « C'est bien ce que tu as écrit, mais ce serait peut-être bien que toi, tu montes sur scène. » Je lui disais, ouais, mais moi, j'ai fait que du théâtre classique et tout. J'ai fait l'école Blanchalent. Enfin, pas du tout une école de stand-up, tu vois. Et il y avait cette école qui s'appelait l'école Dubou. Où il y a eu plein de comédiens qui sont passés. Bérangère Crièves, Baptiste Le Caplin, tout ça. Et du coup, j'ai fait cette école aussi. Et à l'époque, même ma prof d'écriture, c'était Christine Béroux. qui est une pote, qui est une humoriste et du coup après avoir moi j'avais déjà ma carrière de télé et tout j'ai tout arrêté, j'allais à mon petit théâtre et je jouais devant 10 personnes je me rappelle il y avait des scènes ouvertes à l'époque où si c'était bien les gens ils t'envoyaient des chaussettes pour que tu continues ton sketch c'est vrai, si je connaissais pas ce truc là c'est génial je sais pas s'ils le font encore parce que c'est quand même un peu un truc de ouf donc tu reçois rien,
- Speaker #0
tu dégages c'est l'inverse des tomates c'est fou
- Speaker #1
Et voilà, donc je me rappelle, j'avais fait ça, j'avais fait ce truc-là de scène ouverte. Et puis j'avais pas mal de scènes, j'avais fait des festivals et tout. J'avais gagné un truc à Saint-Etienne, j'étais contente pour le spectacle et tout, pour me donner un peu confiance en moi, tu vois, parce que...
- Speaker #0
Ça t'a aidée, ouais ? T'avais un vrai problème de confiance en... Moi,
- Speaker #1
je l'ai toujours. Mais je pense que c'est parce que je monte sur scène, c'est pour ça, c'est pour me faire mal. Je pense que vraiment, clairement, c'est pour me faire mal.
- Speaker #0
À quel niveau, c'est-à-dire ?
- Speaker #1
Parce que si t'as besoin de te confronter comme ça tout le temps aux autres, c'est que t'aimes quand même ce truc. Parce que le spectacle vivant, c'est vivant. T'as des vraies personnes en face. Donc tu peux vivre des soirées de ouf, où vraiment t'es en haut, c'est mortel. Et tu rentres et t'as pris plein d'amour. C'est un truc de dingue. Et puis des soirs où ça se passe moins bien, et tu rentres chez toi et t'es au plus bas. T'as l'impression d'être une merde.
- Speaker #0
Et tu kiffes ça, ce côté up très haut et down très bas ?
- Speaker #1
Je sais pas !
- Speaker #0
Tu dois le rechercher forcément, mais c'est...
- Speaker #1
Je sais pas pourquoi je fais ça !
- Speaker #0
Ça doit être addictif, c'est excitant ! Ouais,
- Speaker #1
c'est hyper addictif !
- Speaker #0
Bah ouais, c'est ça !
- Speaker #1
Mais voilà, mais en tout cas, c'est le soir où ça se passe pas bien, et pour l'instant, franchement, ça va, je trouve du bois ! Bah en fait, tu remets tout en question, tu travailles, tu... Et voilà, donc... Donc ouais, mais en tout cas, tu te sens vivante, moi j'avais besoin de me sentir vivante, je sais pas si demain je serai là, ça se trouve... On enregistre ce podcast et demain, je ne serai plus là. Donc, tu vois, j'ai besoin de me sentir vivante. Je ne veux pas attendre. Je ne veux pas être une paramécie dans un verre d'eau à végéter. Voilà. Non, je veux faire des choses.
- Speaker #0
Et c'est quoi, tu penses, la raison un peu cachée de ça ? Tu vois, c'est te sentir vivante parce que tu as peur de la mort, parce que tu as besoin d'adrénaline, parce que c'est pour toi-même des choses. Oui,
- Speaker #1
je pense que j'ai peur de la mort. J'ai envie de marquer, de faire des choses. Il y a aussi beaucoup de frustration. Moi j'ai commencé la télé, j'étais encore à l'école. T'avais 23 ans c'est ça ? Ouais, j'avais même... J'ai pas pu terminer de cursus, j'ai aucun diplôme. Parce que j'ai commencé la télé, ce qui est génial, j'aurais peut-être pas pu faire tout ce que j'ai fait aujourd'hui. Mais il y a cette frustration de... Mince, tu vois, je... Mince, j'ai pas de diplôme, tu vois, aujourd'hui. Au-delà du bac, voilà, j'ai pas... J'ai même pas un bac plus 2, tu vois, j'étais en bac plus 2, donc voilà. Ouais,
- Speaker #0
mais t'étais en études de l'aide, c'est ça ? Ouais, mais sauf que j'ai pas terminé mon année ! Oui, t'as pas terminé.
- Speaker #1
Donc j'ai rien, tu vois. Aujourd'hui, si je dois montrer ce que j'ai, bah j'ai rien. Mais en fait, j'ai tout.
- Speaker #0
Avec le CV que t'as, tu vois, tu fais de vos 43 ans à la télé. Mais en fait, j'ai tout, je sais monter, je sais tourner. Oui,
- Speaker #1
mais tu vois, il y a cette frustration dans cette scène de fille qui était bonne à l'école. Ouais. Et puis voilà, il y a aussi le truc de me dire, peut-être que j'aurais dû être sportive de haut niveau, c'est ce que j'aime le plus. T'aurais aimé ça aussi, ouais. Bien sûr. Peut-être que... Je pense qu'on a tous des désirs, des rêves, des choses, etc. Et moi, j'essaie de les nourrir. J'essaie de les nourrir chez mes enfants et j'essaie de moi les réaliser, tu vois.
- Speaker #0
Mais là, tu le vis avec le stand-up, non ?
- Speaker #1
Je le vis avec le stand-up. Je le vis quand j'ai écrit mon livre. J'essaie vraiment de me faire des trucs qui me font kiffer, ouais.
- Speaker #0
Ton livre, attends, le titre, rappele-moi. Ça s'appelait Rock Mama. Rock Mama, ouais.
- Speaker #1
En fait, j'ai écrit un...
- Speaker #0
Donc sur la maternité, la parentalité.
- Speaker #1
En fait, j'ai écrit un blog, un vlog, à l'époque où j'étais enceinte, qui a cartonné. Où je travaillais avec une illustratrice, j'écrivais des vannes et elle les illustrait, etc.
- Speaker #0
C'est l'illustratrice du livre, justement ? J'ai vu quelques pages, c'est très joliment fait.
- Speaker #1
Et en fait, même ces illustrations ont été reprises sur tous les sites, sur tout Internet, parce qu'évidemment, nous, on ne les a pas protégées. Donc, il y avait mon avatar partout. Et du coup, oui, c'était un livre sur la maternité, sur tout ce que ça engendrait, tout ça. Et voilà. Et aujourd'hui, j'aimerais bien encore écrire. À la base, c'est ce que je voulais faire. donc je me dis
- Speaker #0
Écrire en tant qu'autrice ? T'écris là ? Ouais j'écris,
- Speaker #1
j'écris, mais tu vois, écrire d'autres livres, écrire des romans, tout ça. Tu le referas. Après c'est une question de temps.
- Speaker #0
Ouais, enfin du temps, j'imagine.
- Speaker #1
Mon vrai problème avec moi, c'est la boulimie quoi. C'est la boulimie, cette envie de faire plein de choses tout le temps, de me nourrir.
- Speaker #0
T'arrives à te chiller tentant à te poser ? Pas du tout. Impossible ?
- Speaker #1
Pas du tout. Pas du tout du tout et c'est un vrai problème.
- Speaker #0
Genre ça t'angoisse ou ?
- Speaker #1
J'y arrive pas en fait, vraiment quand je suis à l'arrêt c'est parce que je suis blessée et que je peux pas. ne peux pas faire autrement. Et c'est une horreur absolue.
- Speaker #0
Oui, donc quand tu es blessé, c'est une horreur.
- Speaker #1
Mais je vois même le dimanche où ma famille, ils sont vachement... On regarde un film tous les quatre. Moi, je n'y arrive pas. Je me lève. J'ai vraiment une hyperactivité. Je me lève. Je vais faire le ménage. Je vais ranger. Je vais vite. Tu vois, dès le matin, je me réveille. Je suis à fond. Et ce n'est pas...
- Speaker #0
très très fatigant pour les gens qui m'accompagnent pour mon mec c'est une horreur ah ouais le pauvre c'est une horreur moi j'ai ça à la maison aussi moi je suis un peu hyper active ma femme elle est très posée elle m'a dit je t'aime mais tu me fatigues tant en tant ah ouais moi je sais qu'il est content que je parte en tournée de temps en temps c'est vrai ça lui mon
- Speaker #1
coeur part de moi un peu là en tournée je suis insupportable mais il est beaucoup plus posé lui ? ouais Beaucoup plus calme, beaucoup plus posé, beaucoup plus terrien.
- Speaker #0
Et très ordonné, si j'avais vu une vidéo où tu parlais des caleçons, tu rigolais. Tu disais qu'il y avait rien qui dépassait.
- Speaker #1
Il y a toutes ces...
- Speaker #0
Toutes ces vidéos un peu humoristiques.
- Speaker #1
Ouais, tous ces clichés qu'on a sur les mecs. Ouais, ils ne rangent pas, ils mettent leurs caleçons à côté de la bannière. Mais moi, je ne peux rien dire. C'est-à-dire que le mec est parfait. Je ne peux pas lui reprocher quoi que ce soit, c'est parfait. Même, je l'écrase un peu parce que je pensais être bien rangé. Mais c'est lui qui me reprend surtout.
- Speaker #0
Il fait quoi d'ailleurs maintenant, par curiosité ?
- Speaker #1
Il travaille toujours pour le club. Il s'occupe de développer la marque. Lui, il adore le rugby.
- Speaker #0
Il aimerait être entraîneur ?
- Speaker #1
Pas du tout. Il n'est pas sur le sportif, il est plus sur la marque, sur le club, sur développer les clubs, sur la direction sportive que sur le terrain.
- Speaker #0
Il est petit d'ailleurs, j'imagine qu'il fait du sport.
- Speaker #1
Alors figure-toi que ma fille n'aime pas le sport, mais je pense qu'on l'a tellement... Dégoutée ? Mais ouais. À mon grand désarroi, je me dis mais comment c'est possible que j'ai fait une fille qui n'aime pas le sport ? Après ses propos sont assez logiques, je lui dis pourquoi t'aimes pas le sport ? Parce que ça fait transpirer. Et je peux pas... Elle a raison. Mais elle est excellente, c'est-à-dire qu'elle gagne tous les cross. Elle faisait de la...
- Speaker #0
Tu l'avais mis à l'athlétisme ? Pas du tout,
- Speaker #1
elle est juste très forte. Je pense que... elle a une capacité à être forte et surtout elle a un mental tellement c'est tellement une guerrière je me rappelle pour le croche, j'essaye maintenant de pas dire à mes enfants parce que je travaille sur moi avant j'en disais allez-y vous allez gagner hein t'es une maman lionne et maintenant pour pas leur créer de frustration j'ai appris qu'il fallait pas dire ça donc j'ai dit allez vous faites de votre mieux je suis fière de vous c'est bien parce que sinon les pauvres ils y aident pas et ils n'osent pas me le dire voilà donc j'ai dit ça à ma fille le matin tu fais ton mieux, je suis très fière de toi elle ne veut pas gagner, elle ne court jamais elle s'était un peu entraînée avec moi elle dit mais maman je vais gagner et oui elle a gagné concours d'anglais pareil tu fais ton mieux mais maman je vais gagner donc elle a une espèce de truc de confiance qui est bien il ne faut surtout pas qu'elle perde ça c'est pas moi qui lui ai inculqué ça et du coup c'est tellement une richesse d'avoir confiance en soi c'est ce qui te manque du coup tu penses Oui, c'est ce qui manque à beaucoup de gens.
- Speaker #0
Tu parlais des défis sportifs.
- Speaker #1
Je pense qu'on est entre deux. On a tous une envie et une peur. C'est ces deux forces qui se battent continuellement. On a tous envie de faire quelque chose et on a peur de ne pas réussir à le faire. On est toujours dans ces deux eaux-là. Et moi, c'est vrai que je me nourris beaucoup de ça.
- Speaker #0
Je vais te laisser choisir un deuxième badge. Tu auras une deuxième question. Tu cliques où tu veux.
- Speaker #2
Coucou Ariane, moi je me posais une question te concernant, c'était quelle est la plus grande leçon que la vie t'a apprise ?
- Speaker #1
Oh, la plus grande leçon que la vie m'a apprise... Euh... que rien n'est acquis. Enfin, tu vois, c'est horrible de dire ça. Mais, tu vois, par exemple, on parlait de l'agression. J'étais vraiment persuadée, pas qu'il ne m'arriverait pas ça, mais tu vois, en plus, t'imagines la confiance que je peux avoir physiquement. J'ai fait de la boxe, j'ai pas peur des autres. Tu vois, je me suis fait agresser, j'ai perdu toute confiance en moi. Que, que voilà, que tout peut s'écrouler du jour au lendemain, que, Euh... que c'est pas parce que ça marche aujourd'hui que ça marchera demain, que si tu nourris pas de l'amour et de l'amitié, ça peut aussi s'effriter. Et voilà, donc je pense que la vie, ce qu'elle m'apprend au quotidien, c'est qu'il ne faut pas lâcher. Alors le problème que j'ai, c'est qu'il faudrait que j'arrive à mettre un peu de douceur là-dedans. moi je suis très Sur une énergie de guerrière, faut pas lâcher, rien n'est acquis, un peu de douceur, un peu de miel, un peu de facilité, d'amour. Envers les autres ou envers toi-même ? Envers moi-même, envers moi-même et peut-être que j'aurais moins peur du reste, mais je pense que ça c'est aussi dû à la vie que j'ai pu avoir, tu vois, où je suis vraiment en mode protection. Mais rien n'est acquis, mais on peut tout atteindre. Ça c'est vraiment un truc... Il n'y a rien qui est inatteignable.
- Speaker #0
Avec du travail, tu peux tout faire. C'est un mindset super. Tu es très dur avec toi-même.
- Speaker #1
Ouais, c'est très dur.
- Speaker #0
Très exigeante, quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Après, c'est grâce à ça aussi que tu te dépasses. Mais c'est sûr qu'un peu de douceur, c'est bien aussi. Peut-être,
- Speaker #1
je sais qu'un peu de douceur, c'est bien d'être un peu satisfait de soi. J'essaie de l'être, de ne pas transmettre ce truc-là à mes enfants. Parce que sinon, t'es toujours déçue.
- Speaker #0
Ouais. Et t'es fière, du coup ? T'es arrivée à l'être, maintenant ?
- Speaker #1
Fière de mes enfants ou de moi ?
- Speaker #0
De toi, de toi.
- Speaker #1
Oui, oui, il y a des choses qui me rendent fière, ouais. J'essaie, ouais. Mais... Oui, il y a des choses qui me rendent fière. Je suis fière, par exemple, tu vois, mine de rien, les réseaux sociaux. Je suis fière des gens qui me suivent, de la communauté que j'ai créée, de savoir que les femmes qui me suivent sont des femmes fortes, qui bossent, autant de femmes comme moi. Je suis fière de savoir que plus le temps passe, et plus la femme n'est pas un ennemi. En fait, quand on a 20 ans, on a l'impression que c'est difficile avec les autres filles, qu'on est toutes un peu en concurrence les unes avec les autres.
- Speaker #0
Je ne connais pas ça. Malheureusement, oui.
- Speaker #1
Je pense que chez les mecs, c'est pareil. Mais aujourd'hui, je me rends compte que plus ça va, et plus les générations avancent, et plus il y a une solidarité féminine. J'espère.
- Speaker #0
J'ai l'impression aussi.
- Speaker #1
Du coup, je suis assez fière de ça, assez fière du chemin que les femmes prennent. J'ai une community manager. qui a 24 ans et j'adore l'écouter parler j'adore son mindset j'adore ça, j'adore ma fille qui...
- Speaker #0
qui, il y a 5 ans, me dit... Ils se disputaient avec mon fils, ils se bagaraient même. Et je disais, non mais attention ! Je disais à mon fils, qu'est-ce que tu fais ? Tu te rends pas compte ? T'es beaucoup plus fort qu'elle, je pourrais lui faire du mal. Mon fils est immense, il est très grand, etc. Et c'est ma fille qui a été vexée en me disant, écoute maman, je suis pas moins forte qu'un homme. J'ai juste adoré, j'ai tout gagné là. C'est un truc... Me dire que, ouais, la nouvelle génération de femmes, elles prennent leur place.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, en parlant de... tu me parlais de jeunesse, etc. J'avais vu dans une interview que tu avais eu du mal, toi, à grandir en tant que femme à partir de 13, 14 ans, 15 ans. C'était difficile ?
- Speaker #0
Oui, moi, j'ai fait beaucoup d'anorexie. J'en ai parlé dans mon livre. J'en parlais dans mon premier spectacle. Oui, j'ai eu beaucoup de mal à vivre dans mon corps de femme, les formes, etc. J'ai eu beaucoup de mal avec les formes. Et à partir du moment où j'ai eu un corps de femme, j'ai arrêté de manger pour disparaître. C'est pour ça que j'ai commencé à beaucoup courir, que je courais tout le temps. L'anorexie, elle est avec l'addiction au sport. En fait, j'arrêtais de manger.
- Speaker #1
Et l'addiction au sport, tu me dis, c'est la bigorexie.
- Speaker #0
La bigorexie, oui. Ok. Je l'ai appris plus tard, mais je me suis rendu compte. En fait, être malade quand tu ne peux pas faire de sport, tu vois, vraiment.
- Speaker #1
Et c'est lié au physique ? C'est considéré comme une TCA, comme un trouble de comportement alimentaire, la bigorexie ? Non,
- Speaker #0
pas alimentaire, mais c'est une addiction. C'est une addiction qui se produit. On entend beaucoup parler en ce moment avec la course à pied, ce besoin d'aller courir. parce que t'as des chutes d'endorphine, et voilà, c'est cool. Moi, ça fait bien longtemps que j'en ai entendu parler, puisque, ayant été suivi pour des troubles de comportement alimentaire, c'est souvent inhérent à ça. C'est très, très, très commun que les filles atteintes d'anorexie ou de boulimie aient aussi une addiction au sport, pour justement réguler leur compulsion alimentaire.
- Speaker #1
Mais je crois que le fil est très mince, dans le sens où... effectivement le sport peut être un trouble de comportement interne si c'est effectivement pour compenser quand on mange etc et toi par rapport à l'anorexie est-ce que tu veux en parler un petit peu ?
- Speaker #0
oui je peux en parler à partir de 12-13 ans mais moi je viens d'une génération où on est de la tréquette mosse c'était vraiment je suis pile poil dans cette génération là moi je voulais être Maigre, être un petit chat, j'avais beaucoup de poitrine, j'avais des fesses, c'est pas possible quoi, c'était pas du tout... J'assumais pas du tout cette sexualisation de mon corps. J'étais très grande, très jeune, à 9 ans je faisais déjà 1m69, j'étais immense. Et très fine, et j'ai été formée, j'ai eu des formes, et je l'ai très très mal vécue parce que c'est pas du tout ce que je voulais...
- Speaker #1
Parce que c'est quoi ?
- Speaker #0
Parce que je voulais pas être bonne.
- Speaker #1
En fait t'es sexualisée pour toi ? Ouais,
- Speaker #0
parce que je voulais pas être une meuf bonne moi. Moi je voulais être... Moi je voulais être une meuf belle, je voulais être une meuf jolie, je voulais être quête-mosse, je voulais être un petit chat fragile et je voulais pas être une meuf avec de la poitrine et des seins.
- Speaker #1
C'est fou ça parce que nous on connaît pas du tout. Je discutais aussi avec une fille que j'ai rencontrée qui a 30 ans cet été et qui me parlait effectivement qu'elle avait très mal vécu le fait d'avoir de la poitrine parce qu'elle avait détesté être sexualisée très jeune en fait.
- Speaker #0
Mais quand t'as 12 ans, que tu veux jouer au barbie et que t'as les mecs dans la rue qui te regardent parce que justement t'as les formes d'une femme, en fait moi je l'ai très très très mal vécu ouais. et voilà ça doit être tellement étrange parce qu'en fait t'as un babe quoi 12-13 ans et là tu vois des mais en fait c'est même par rapport à la génération actuelle c'est même étrange parce que la génération actuelle on peut voir des jeunes filles habillées très féminines se maquiller ce truc ce machin moi on était très loin de ça moi je faisais partie de la génération on mettait des sweats Et aussi inscrite autour de ses fesses, etc. Fallait se cacher. On n'avait pas du tout envie de faire ça. On n'avait pas envie de se montrer. On voulait être... Au contraire, on promenait le fait d'être un peu androgyne. Moi, je voulais être androgyne. Et malheureusement, tu n'as pas une maîtrise sur ta morphologie. La seule manière de maîtriser, c'est d'arrêter de manger. Donc, se laisser mourir progressivement pour ressembler à... Pour disparaître, quoi. Donc voilà, c'est pour ça que j'ai dit plusieurs fois que pour moi, être une femme, ça n'a pas été une grande facilité. Parce que j'ai dû me battre contre tout ça, ça a engendré beaucoup de problèmes dans ma famille, c'était très dur pour mes parents, très dur pour ma sœur. C'est compliqué d'avoir quelqu'un qui a des gros troubles dans sa famille.
- Speaker #1
Et tu as réussi du coup, est-ce qu'on réussit d'ailleurs à... combattre ses troubles totalement ou c'est toujours un peu ancré en nous toute sa vie ?
- Speaker #0
Je pense que c'est toujours ancré en nous toute sa vie. Mon conjoint m'a énormément aidée de se sentir aimée et comme on est, ça change beaucoup de choses, mes enfants aussi, mais quand même, je suis quelqu'un qui fait toujours très très attention à ce qu'elle mange, qui mange de manière très saine, etc. Donc... certains pour me dire, ouais, tu te lâches pas. Mais non, en fait, c'est même pas un côté de lâchage. C'est que je suis faite comme ça, tu vois. Tu vois, tu m'as proposé des chocolats, j'en ai mangé. Peut-être qu'il y a 20 ans, j'aurais pas fait ça. Mais du coup, non, j'arrive à doser mon plaisir, mais je vais pas aller manger un fast-food parce que je vois aucun intérêt.
- Speaker #1
J'avais vu sur l'interview, ça fait 10 ans que t'as pris des frites, par exemple. Ouais, t'avais dit ça, je crois.
- Speaker #0
Eh ben, j'en ai mangé 7-10 des frites que mon mec avait fait. Et je me suis fait la réflexion. Mais tu vois, j'avais des trucs comme ça. Mais je n'ai pas mangé 10 frites, j'ai mangé 3 frites.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu vois, j'ai...
- Speaker #1
Tu sais un peu plus ce qu'il fait, mais tu es quand même dans la raison, quoi.
- Speaker #0
C'est même pas dans la raison. Ouais, c'est même pas dans la raison. C'est, tu vois, un petit pas par un petit pas.
- Speaker #1
C'est déjà ça, tu vois, effectivement.
- Speaker #0
Mais non, j'ai plus de... Franchement, aujourd'hui, je pense que c'est derrière moi. Ouais, c'est un peu... Mais quand pendant des années, depuis que tu as 13 ans, tu manges hyper sainement... C'est compliqué aussi. Ça devient une habitude.
- Speaker #1
Tu avais été hospitalisée jeune ? Oui. C'est ce que j'avais cru. Ça n'a pas dû être évident.
- Speaker #0
Oui, mais regarde, ça n'a pas été évident, mais ça va, tu vois. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont obligée à être hospitalisée.
- Speaker #1
Ils ont pris la bonne décision, je pense, c'est sûr. Ça doit être dur pour les parents, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est hyper dur pour mes parents.
- Speaker #1
Ça doit être... J'imagine, moi, avec mes filles, on doit se sentir tellement...
- Speaker #0
En fait, tu te sens impuissant parce que tu ne comprends pas.
- Speaker #1
Oui, ça doit être tellement dur. Mais qu'est-ce que tu dirais, toi, à quelqu'un qui est dans cette situation ? Comment, toi, tu as un peu combattu ces troubles ?
- Speaker #0
C'est marrant parce que je le vois souvent. Enfin, tu vois, on se sent avec des personnes qui ont eu des troubles de l'alimentation ou qui en ont. T'arrives à catcher direct ? En fait, c'est très compliqué parce que je sais que moi, on pouvait me dire quoi que ce soit, je m'en fous. Très dur de raisonner. Tu peux pas raisonner puisque c'est quand même assez addictif au début, parce que moi j'ai fait de l'anorexie longue pendant des années et des années. C'est très addictif au début de te dire moi je peux maîtriser mon corps. J'arrive à maîtriser. Il y a un truc de maîtrise qui est incroyable. Je maîtrise mon corps.
- Speaker #1
En fait, c'est un peu comme quand tu me parlais du sport, tu es dans les chiffres. Tu maîtrises ton corps.
- Speaker #0
Jusqu'à un certain point, malheureusement, puisque après, ça engendre aussi des maladies et tout ça. Et souvent, dans la plupart du temps, et ce qui a été mon cas, c'est qu'après des années d'anorexie, à un moment, tu craques et tu deviens boulimique. Et là, c'est un autre délire qui arrive.
- Speaker #1
Tu peux expliquer ? Je connais la différence, mais pour ceux qui ne connaissent pas forcément.
- Speaker #0
La boulimie, c'est le fait de... d'ingérer une quantité astronomique de nourriture, de se faire vomir ou non, tu vois. Ça peut être la boulimie vomitive ou non, pour se combler, tu vois. Ne pas manger et manger des...
- Speaker #1
Et l'hyperphagie, du coup, c'est un peu comme la boulimie ?
- Speaker #0
Ouais, mais tu ne te fais pas vomir.
- Speaker #1
Il n'y a pas un geste après, ok, d'accord. C'est l'or,
- Speaker #0
parce que l'hyperphagie, c'est un terme qui est apparu après, moi, à mon époque, on parlait de boulimie, de... Hyperphagie, c'est à Paris. Plus, je pense, pour parler de la boulimique et non-vomitif.
- Speaker #1
Oui, d'accord.
- Speaker #0
Et en fait, chaque repas devient une épreuve.
- Speaker #1
Et tu me disais, pour une fille ou un garçon dans cette situation, qu'est-ce que tu lui dirais ? Qu'est-ce qui t'a aidé, toi ?
- Speaker #0
Moi, vraiment, c'est l'amour qui m'a aidée. Parce qu'on apprend à s'aimer. de manière beaucoup plus évidente dans le regard de celui qu'on aime. C'est ce qui aide plus fort. Après, moi, ce qui m'a aidée, c'est de me dire qu'il faut que je sois capable, tenir mon corps en bonne santé, vivre sur le long terme. C'est le regard de mes parents, tout ça. Franchement, c'est très compliqué parce que j'imagine moi, si on avait tenu ce discours à 15 ans ou 16 ans, etc. Tu ne te projettes pas à 30 ans que tu vas avoir mal aux articulations, que tu vas perdre tes dents ou perdre tes cheveux. Ce n'est pas grave. Toi, tu vois là à l'instant T, tu as 8 kilos en moins et on voit tes os et ça, c'est super. Donc voilà, la seule manière d'être aidé, c'est effectivement avec un entourage. C'est les autres qui doivent être là. Il faut en parler autour de soi. Parce que c'est très dur pour une anorexique. qui déjà souffrent forcément de dysmorphie, toutes les anorexies, qu'elles ne se voient pas aussi minces qu'elles le sont.
- Speaker #1
Donc la dysmorphie, c'est quand on a une...
- Speaker #0
En fait, tu te vois grosse. Tu peux être rachitique, tu te vois grosse. Et du coup, c'est compliqué de dire à une fille qui est malade et qui ne se voit pas telle qu'elle est, il faut que tu prennes du poids pour ta santé, etc. Alors qu'elle, elle se trouve bien comme ça, elle voudrait être encore plus maigre. C'est compliqué.
- Speaker #1
Et t'as peur pour tes enfants toi ?
- Speaker #0
J'ai peur de plein de choses mais pas d'anorexie. Parce que je pense que justement moi j'avais pas le caractère de ma fille et que moi j'étais vraiment... Ouais j'avais pas le caractère de ma fille, j'étais vraiment... Moi j'étais très très très bébé à 12 ans dans ma tête. J'avais le corps d'une femme mais j'étais très très enfant et du coup il y avait vraiment un écart. Je parlais peu avec mes parents, ma mère elle est agricultrice, on parlait pas de choses. Moi je savais pas comment on faisait des enfants à 12 ans ou 13 ans. Donc, tu vois, il y avait... J'ai été réglée, je ne savais pas ce que c'était. Personne ne m'avait expliqué. Il y avait aussi un manque de communication qui disait que je connaissais mal mon corps et que je ne comprenais pas bien. J'espère que je ne vais pas reproduire ça avec mes enfants. Ma fille... C'est mignon,
- Speaker #1
jolie d'absence.
- Speaker #0
Ma fille a la chance d'avoir un grand frère. J'espère que ça va l'aider pour ça. J'espère qu'elle va se sentir en protection. Ma fille a beaucoup de caractère. J'essaierai de lui parler d'un maximum de choses pour pas qu'elle ait de... En tout cas, de problèmes de ce type, je pense que la vie va la confronter à des problèmes, parce que c'est la vie, mais j'espère faire celui-ci.
- Speaker #1
Ma fille,
- Speaker #0
elle aime trop manger, donc j'espère qu'elle va garder ça.
- Speaker #1
C'est sûr. On va passer dans les abysses, on redescend d'un niveau. Je te laisse choisir encore un badge, derrière un badge, une question. Je te laisse lire.
- Speaker #0
De quoi tu as le plus peur aujourd'hui ? Ma plus grande frayeur, c'est qu'il arrive quelque chose à mes enfants. Mais c'est maladif. Je pense que t'apprends la peur quand tu deviens parent. T'as peur de certaines choses. Mais de te réveiller la nuit avec des sueurs froides parce que t'as peur qu'on touche à tes enfants. Ça, ça t'arrive quand tu deviens parent. sur les réseaux sociaux et dans les actualités, on voit tellement d'histoires horribles que forcément, on est un petit peu dans cette ambiance-là de se dire, mon Dieu, s'il arrivait ça à mes enfants. Donc, c'est vraiment quelque chose qui me fait peur au quotidien, c'est qu'il puisse arriver quelque chose à ceux que j'aime. Alors, comme tous, on a des frayeurs. De quoi sera fait demain ? Est-ce que je vais continuer à réussir à travailler ? Est-ce que je vais gagner de l'argent ? Est-ce que je vais être en bonne santé ? Ça, forcément, ça nous traverse tous l'esprit à un moment donné, mais ce qui me fait le plus peur, c'est que mes enfants souffrent et qu'on leur fasse du mal.
- Speaker #1
Vraiment, au quotidien presque ? Oui, j'y pense tout le temps.
- Speaker #0
Malheureusement, je suis plein de cycles d'actualité, plein de choses sur la dénonciation des pédophiles, etc. Anxiogène, mais nécessaire. Parce que si tu peux faire quelque chose, si tu peux aider, etc., je pense que c'est important. Oui, je sais pas si c'est anxiogène, mais je veux être très lucide là-dessus. Et je te dis, rien n'est acquis, rien n'arrive aux autres. Enfin, tu vois, il y a vraiment ce truc-là de... Voilà, et du coup, je...
- Speaker #1
Faut faire attention. On entend tellement d'histoires avec la pédophilie, etc. Moi, je suis...
- Speaker #0
Je pense que t'es aussi terrorisé.
- Speaker #1
On fait gaffe, ouais. Mais ma femme fait encore plus attention, tu vois. Il y a un truc bête, par exemple. Moi, je cherchais un baby-sitter et on m'a conseillé un jeune baby-sitter. Moi, ma femme, elle m'a dit, un jeune, elle m'a dit, non, je veux une baby-sitter. Du coup, maintenant, c'est vrai que je fais vraiment attention. Et c'est vrai que même dans le sport, elle a peut-être été amenée à faire des colos, des stages Waldorf.
- Speaker #0
Tu penses à plein de choses qui, malheureusement, on ne devrait pas y penser, mais on est obligé.
- Speaker #1
On est au courant de tout. Avec l'actualité, les informations, etc. On entend tellement de trucs.
- Speaker #0
Moi, toute ma vie, j'ai couru le matin de bonne heure. et un jour j'ai fait une sortie chez moi à 6h du matin et tout, je suis partie courir et le lendemain il y a eu cette histoire horrible de la petite Estelle qui a disparu à Conches et c'était juste à côté de chez moi, juste à côté de chez mes parents on a su là depuis quelques années que c'était Fourniret qui malheureusement l'avait... Elle l'avait attrapée alors qu'elle allait à l'école et qu'elle avait juste sa rue à traverser. Quand il s'est passé ça, le lendemain, mes parents m'ont interdit d'aller courir, alors que je courais tous les matins, j'étais en plus très très au summum de mon anorexie, j'avais envie de courir tout le temps, et mes parents ont eu très peur. Et pendant plus de 20 ans, j'ai vu le papa d'Estelle, on l'a su parce qu'il habitait à côté, etc., chercher sa fille. c'est de trouver le corps de sa fille et d'expliquer et en fait j'y pense tout le temps et tu vois là en ce moment je dors chez mes parents et je suis allée courir et je repense à cette route je repense, je vois le truc et je me dis que c'est horrible que je... En un instant, il y a une personne qui peut briser ta vie. Et puis la souffrance, imaginez tes enfants souffrir. C'est horrible.
- Speaker #1
Je n'arrive pas à imaginer de perdre un enfant. Je ne sais pas comment tu peux te remettre. Ou même de la souffrance, un enfant qui se fait agresser. Puis en vitamine, tu as une société de fous. Ma femme, elle m'a dit, « Etienne, toi, t'as fait de la boxe. J'aimerais que tu leur apprennes à se défendre en tant que femme. »
- Speaker #0
C'est complètement illusoire. J'en ai fait et je me suis fait agresser. On m'a pété la gueule. La première chose que j'ai dit, que mes potes m'ont dit, « Putain, tu t'es battue. » Mais non, je ne me suis pas battue. J'étais terrorisée. J'avais un drain et un truc. Je me fais agresser par un homme à 15h, un dimanche après-midi. Non, je ne me suis pas battue. Et même si je m'étais battue, et même si je suis forte et que j'ai les coups, une femme, physiquement n'a pas la même puissance qu'un homme la meilleure chose c'est fuir quand même c'est sûr, c'est ce qu'il faut faire et puis un enfant, la candeur d'un enfant enfin voilà c'est vraiment ce qui me fait peur aujourd'hui, j'ai moins peur de ma mort que qu'on me fasse du mal à mes enfants voilà c'est sûr je te laisse choisir un deuxième badge Est-ce qu'aujourd'hui tu as encore quelques choses à prouver ? Mais bien sûr que oui ! Mais si on arrête de devoir se mettre des challenges, ma vie est terminée. Bien sûr, j'ai plein de choses à prouver.
- Speaker #1
Sans challenge, c'est compliqué pour toi. Mais en fait,
- Speaker #0
réfléchis. Ta vie, c'est pas un challenge tout le temps ?
- Speaker #1
Ma vie, c'est un challenge. Mais moi, je m'en rajoute en plus. Moi, j'ai besoin de ça, tu vois. Pour être discipliné, il me faut des challenges sportifs, professionnels, personnels.
- Speaker #0
Mais je pense qu'on est tous comme ça.
- Speaker #1
T'as des gens, ils ont pas besoin d'avoir un challenge.
- Speaker #0
Je pense qu'on vit tous avec des choups. d'adrénaline, de bien-être, de trucs, de machins et voilà, mais déjà la vie est un challenge, être parent c'est un truc de dingue, être parent personne ne nous l'apprend, personne ne m'a dit que ça serait aussi compliqué c'est le plus gros challenge de ma vie c'est tellement difficile,
- Speaker #1
je ne savais pas que ça allait être un challenge comment tu l'as vécu toi du coup le premier enfant t'as eu un vrai avant-après nous on a galéré pour avoir un enfant donc on était déjà content de l'avoir et petit aparté, je trouve ça bien que t'en parles tu vois les choses T'as eu des fausses couches, c'est ça ? Oui, j'ai eu des fausses couches. Parce qu'il y en a tellement en fait dans notre entourage qu'on en parle, mais les gens, avec la vie Instagram tout parfaite, on n'en parle pas. Et en plus, j'ai l'impression que c'est de plus en plus difficile d'avoir des enfants.
- Speaker #0
Parce qu'on les fait de plus en plus tard, etc. Mais après, on le disait, c'est tellement magique d'avoir un enfant. L'extrême de magie, ça ne marche pas à chaque fois. Mais pour une femme, on banalise les fausses couches. Voilà, une fausse couche, voilà. Et d'ailleurs, ce terme de fausse couche, c'est horrible ce mot. Mais oui, à partir du moment où tu tombes enceinte, tu te projettes, tu te vois maman. Donc c'est très compliqué. Et oui, forcément, mon fils...
- Speaker #1
Après quand ça marche, ça rend encore le moment encore plus beau. Ouais,
- Speaker #0
ouais. Le fait d'être maman, moi je fantasmais ça depuis toujours. J'ai eu mes enfants tard parce que j'avais pas le papa, pas parce que j'avais pas l'envie. Alors oui, toujours, j'ai toujours des choses à prouver, des choses à me prouver, des choses à prouver aux autres. Mais je pense que c'est mon fonctionnement. Mais on est beaucoup comme ça. Je veux prouver à mes enfants que je suis une bonne maman. Je veux prouver à mon conjoint que je suis une bonne compagne. Je veux me prouver à moi-même que je suis capable de faire les choses. Parce que c'est tellement satisfaisant. Mais même les petits trucs au quotidien. Tu sais, on a tous des coups de satisfaction ridicules. Par exemple. Tu payes tes impôts, t'as terminé ta déclaration, t'es content ! Ouais c'est sûr,
- Speaker #1
c'est sûr.
- Speaker #0
C'est pourri mais t'es content !
- Speaker #1
Ouais c'est sûr.
- Speaker #0
C'est une tannée, faut le faire, t'es content.
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Donc en fait juste prouver que tu es capable Donc bien sûr A partir du moment où j'arrête De me prouver des choses, j'arrête de vivre Et ça sera pas les mêmes challenges à 80 ans Si j'ai la chance d'arriver jusqu'à 80 ans Ça sera peut-être plus juste d'aller faire une balade Ou lire un chapitre de mon livre Mais si je me mets pas des challenges quotidiens Bon bah non En tout cas c'est comme ça que je construis les choses Et du coup
- Speaker #1
C'est important quand même pour toi De te challenger sur beaucoup d'axes de ta vie
- Speaker #0
Bah en tout cas d'être... essayer de faire le mieux possible. Le fait d'être une bonne mère, mais moi, je pensais pas du tout être une mère comme ça. Moi, je pensais être une mère sympathique, dans l'écoute. Tu es comment, du coup ? Je crie tout le temps. J'ai des enfants qui sont très durs. Je m'en veux. Je me prends la tête. Pourquoi j'ai crié ? Pourquoi j'ai fait ça ? C'est hyper dur d'être parent. Il n'y a pas de mode d'emploi. Je ne savais pas que ça allait être un challenge permanent, un challenge pour mettre l'enfant dans le bain, un challenge pour sortir l'enfant du bain. Tout est, en fait... On ne se rend pas compte du quotidien, du quotidien d'être parent et je salue encore plus l'exploit de mes parents de m'avoir élevée. Tu as des frères et soeurs ? Oui, j'ai une grande soeur.
- Speaker #1
Vous étiez proches ?
- Speaker #0
On a trois ans d'écart, on est proches, elle a grandi aux Etats-Unis et voilà, mais on est très proches. Elle n'a pas d'enfants, c'est une super tata pour mes enfants, elle est génialissime.
- Speaker #1
Elle arrive à les voir quand même ? Oui,
- Speaker #0
elle vient au maximum pour les voir parfois même. Elle avance son billet d'avion de 10 jours pour venir garder mes enfants. Elle est la tata gâteau. J'ai des choses à me prouver tout le temps. À leur prouver. À me prouver à moi-même et à leur prouver.
- Speaker #1
Il y a un petit dernier badge. Je vais te laisser cliquer dessus. On a un petit mot. Ariel Brodier,
- Speaker #2
t'entends ? Des cigales ? T'entends pas ? Normal, y'en a pas. Je te fais un gros bisou. On m'a demandé de te faire un petit message. Donc, comme j'étais en train de courir, j'essaye de faire comme toi, mais j'y arrive malheureusement pas aussi bien que toi. Te dire que je te le crois, que t'es une femme fantastique, extraordinaire, d'un courage incroyable, d'un talent phénoménal. C'est un honneur de te connaître, je t'embrasse très fort. Gros bisous. Et on se voit vite de toute façon, parce que tu joues à Paris, et que tu vas déchirer. Gros bisous.
- Speaker #0
C'est Kevin Levy, c'est le metteur en scène de mon spectacle. C'est une très belle histoire avec Kevin, parce que Kevin, on s'est rencontrés à Avignon, je jouais mon spectacle et il jouait avec Tom Lebb et ils avaient un... un duo, tous les deux. Et du coup, j'avais été les voir en spectacle. J'étais venue voir mon one, mon bref, voilà, et tout. Et quand il est arrivé à Montpellier, parce que du coup, Aurore, sa femme, qui est une amie que j'adore, était prise comme comédienne dans Ainsi Grand Soleil. Donc, ils arrivent à Montpellier tous les deux. Et un jour, il m'appelle. Il me dit, ouais, j'ai commencé mon spectacle, tout ça. Moi, j'avais une émission récurrente sur France 3, tournée sur la paillote d'Ainsi Grand Soleil. Et je dis, viens, on va faire la promotion de ton spectacle. Donc il vient, il fait la promotion de ton spectacle, ça se passe super bien. Je dis, tu ne peux pas rester, tu deviens chroniqueur et tu fais des sketchs. Il me dit, vas-y, feu. Comme ça, on est voté. Et il s'est mis vraiment dans un mode de ouf, parce que c'était une quotidienne, qu'il écrivait exprès des sketchs sur les personnes que je recevais. C'est un excellent chanteur, compositeur. Il a vraiment des talents incroyables. Il chante. Il est très marrant.
- Speaker #1
Je ne savais pas qu'il chantait.
- Speaker #0
Non, mais il chante. C'est un truc de dingue. Vraiment. À la base, d'ailleurs, avec Aurore, ils se sont rencontrés à l'école, dans une école de comédie musicale. Ah, ok. D'accord, d'accord. Un niveau de chant qui est flippant. Jamais tu ne te dis un soir un peu bourré, « Eh, on s'en baffe, on chante ! » Et il chante à côté de toi parce que tu es ridicule. Vraiment, le mec, il en voit. Et elle aussi. Et du coup, il a commencé à faire des chansons, des sketchs, tout ça. pieds. Il a été pris sur DNA, de « Moi, nous appartiens » . Et puis, et puis, et puis, et puis, voilà. On est voisins. J'aurais dit, mais mets ton fils dans l'école de mes enfants. Enfin, vraiment, on est potes. Et je te disais, moi, quand je suis arrivée à Montpellier, je ne connaissais personne, en fait. J'avais toutes mes amies, toutes mes connaissances, même au niveau de la comédie, du spectacle vivant à Paris. Et du coup, j'ai demandé à Kevin, tu ne veux pas me mettre en scène ? Parce que c'était ma seule attache. Il m'a dit oui, et voilà. Et du coup... Du coup, il me met en scène. En fait, c'est un comédien de dingue. C'est ce que je veux qu'il apporte chez moi. C'est apporter du jeu, que ce ne soit pas que du stand-up et qu'il y ait beaucoup de jeux. Je sais qu'on va entendre parler de lui dans quelques années. Ses vidéos cartonnent avec sa femme. Il est très drôle. Il est très marrant. Je sais que c'est tellement un bon comédien. On va le voir partout. en fait il y a des personnes comme ça qui ont une aura particulière Jari était comme ça, je te l'ai dit moi je l'ai vu vraiment dans des petites scènes au début et c'était une évidence qu'il allait percer le talent, le travail et Kevin il est un peu pareil le talent, le travail c'est pas que le talent, c'est beaucoup de travail et c'est des besognures ça doit être un taf Ouais, c'est un taf de dingue.
- Speaker #1
C'est raconter un peu entre l'écriture, le fait de jouer...
- Speaker #0
Le fait de te remettre en question, d'essayer, tu vois. C'est quand même un peu étrange quand tu dis le processus, t'es dans ta chambre, t'écris des vannes, et tu dis, bon allez, je vais les dire à des gens que je connais pas, pour qu'ils rigolent. Tu vas te faire mal quand même à la base. C'est sûr. Mais c'est orgasmique en fait. Ouais, j'imagine. Quand le truc que t'as écrit, machin, machin... C'est le truc traditif. Et voilà, donc j'ai la chance qu'ils me mettent en scène. Ouais. Et ouais, je le vois jeudi. Je le vois bientôt parce que je joue bientôt à Paris. Il va me faire bosser. C'est difficile de se croiser. Parce que maintenant, il a vraiment un emploi du temps de dingue. Et que moi, j'écris beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et il arrive, je lui joue mon spectacle. Il me dit, t'as tout refait. Ok, qu'est-ce qu'on fait ? Donc voilà, c'est top.
- Speaker #1
Tu peux me rappeler du coup les dates du spectacle ?
- Speaker #0
Mon spectacle, j'ai joué à Paris le 5 octobre à la Comédie de Paris et le 2 novembre à la Comédie de Paris. Ce sont les deux seules dates parisiennes, c'est un peu des exclusivités. En tout cas pour 2026, 2026 je sais pas, mais là oui on m'a proposé. Donc c'est dès lundi soir, y'a personne d'autre qui joue. C'est trop bien, c'est à 19h en plus, c'est parfait, et je suis en tournée partout en France, je ne suis pas qu'à Paris, je suis en tournée partout en France, donc je passe forcément à côté de chez vous, et en plus c'est le tout début, donc je vais le jouer encore quelques années.
- Speaker #1
Trop cool. Question un peu bateau, mais sur les 10 ans à venir, ou les 5 ans, qu'est-ce qu'on te souhaite le plus ? One man show ? Ah alors ! One man show ou one woman show maintenant ?
- Speaker #0
On dit one woman show. Ouais,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
Ouais, mais... Alors oui, j'aimerais tu sais, un de mes rêves, mon premier One Woman, je l'ai terminé à la Cigale, c'était trop bien. Et je rêve de jouer à l'Olympia. Si je peux faire une date à l'Olympia, je serais hyper contente. Ça, je l'aurais coché sur ma wishlist. Après, dans les 10 ans, qu'est-ce que je voudrais faire ? Je voudrais faire le marathon de New York, parce que je fais que d'annuler des marathons parce que je suis tout le temps blessée. Ça fait partie des trucs que je veux faire pour mes 50 ans. et dans 10 ans comment je me vois j'espère que je serai toujours sur scène j'espère que je jouerai toujours j'espère que j'aurai eu le temps d'écrire un livre en plus ou même deux j'espère que mes enfants seront en bonne santé et voilà j'espère que je serai toujours là tu sais j'ai beaucoup de chance j'ai commencé la télé j'avais 22 ans 23 ans j'en ai 47 j'ai fait plein de choses J'ai toujours été là Tu fais jeune Franchement
- Speaker #1
Merci Parce que t'es grave active
- Speaker #0
Non mais c'est vrai Alors je fais jeune peut-être Mais tu vois l'état de mon corps Il a quand même les 47 ans Tu m'as vu arriver là en boitant Attends T'as l'impression
- Speaker #1
Que t'as 25 ans T'as un corps de meuf de 25 ans Tu vas pas te plaindre Tu m'as vu arriver en boitant ou pas ?
- Speaker #0
Ouais Les gens chez eux Ils le voient pas Mais là j'ai arrivé Oh j'ai une tendine J'ai un Irox dans une semaine Comment je vais faire ? Voilà Ouais non Bah peut-être parce que Euh... Peut-être que je vieillis pas parce que je prends pas le temps de me poser. J'ai pas le temps, moi, de vieillir, mec. J'ai des choses à faire.
- Speaker #1
Bah ouais. C'est peut-être ça, le secret. Bon, en tout cas, j'espère que je te ressortirai ce petit passage de ton goal de vie dans 5-10 ans, que t'auras réalisé tout ça. Bon, en tout cas, c'était trop cool. Merci beaucoup. Bah, plaisir partagé. Merci d'être venue. Super intéressant d'avoir parlé de tous les sujets. Franchement, c'était passionnant.
- Speaker #0
Eh ben ouais. Eh ben, t'as intérêt à venir à mon spectacle ?
- Speaker #1
Bah ouais, je serai là. Promis.
- Speaker #0
Le 5 août 2, tu es le bienvenu.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Bon, plein de bonnes choses pour la suite et puis à très bientôt. Salut.