- Speaker #0
Mais j'aurais été à sa place, moi j'aurais chialé, j'aurais tout arrêté, tu vois.
- Speaker #1
On les voit explorer le monde, on les entend parler de climat, de nature, d'espoir et de solutions. On ressent leur engagement, mais connaît-on vraiment le couple derrière l'aventure Rise ? Aujourd'hui, dans un nouvel épisode du Deep Dive, on plonge avec Nicolas Plain et Charlotte Martin, explorateurs, documentatrices et fondateurs de Rise, la série disponible sur Prime Vidéo qui met en lumière celles et ceux qui réinventent notre lien à la planète. Bienvenue dans le Deep Dive, Charlotte et Nicolas, je suis ravi de vous accueillir. Est-ce que vous pouvez vous présenter un petit peu tous les deux, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas ?
- Speaker #0
Oui, moi du coup c'est Charlotte, je travaille pour la fondation Rise, notamment en tant que chef op. J'ai 29 ans, avant j'étais infirmière, donc c'est une reconversion. Je suis vraiment heureuse de cette reconversion.
- Speaker #2
Trop cool. Et moi, Nicolas Plein, je suis à la base scientifique, ingénieur. en sciences du climat et de l'environnement. Ensuite j'ai fait une thèse entre économie et sciences du climat. Et puis j'ai vraiment à cœur de montrer toutes les solutions qui existent pour lutter contre le dérèglement climatique. Et donc l'idée c'était de créer différentes collections de documentaires qu'on a fait avant pour TF1 ou Shoya. Et là maintenant avec Rise, aller plutôt à l'échelle internationale et montrer de nouvelles façons de pouvoir agir sur le climat, la biodiversité et l'urgence sociale.
- Speaker #1
Ok, trop chouette. On va parler de Rise après. Peut-être qu'on peut parler de toi déjà Charlotte, ta reconversion professionnelle. Tu étais infirmière. pendant combien d'années ? 7 ans ok et bah raconte-nous alors comment ça t'est venu un petit peu de passer parce que du coup on parlait donc on avait eu la chance de déjeuner ensemble avant tu me parlais tu me disais que tu faisais beaucoup de photos quand t'étais jeune ouais c'est ça en fait j'étais passionnée de photos et je passe énormément de temps dans mon jardin à prendre des petites bêtes en photo et
- Speaker #0
puis après petit à petit mes parents on a fait pas mal de voyages ils regardaient beaucoup de livres de Yann Archer-Bertrand Olivier Folmy des choses comme ça Et je trouvais ça vraiment trop beau, les portraits du monde. Et je me suis dit, j'arrête trop faire ça. Sauf que mes parents m'ont dit, non, mais photographe, c'est pas hyper... Enfin, fais autre chose si tu peux, parce que c'est difficile d'en vivre. Donc, c'est ce que j'ai fait, mais j'ai toujours gardé cette passion à côté. Et du coup, j'ai créé un statut d'auto-entrepreneur à côté d'un charmière. Ah, tu faisais ça à côté déjà pour avancer ? Ouais.
- Speaker #1
Ok, trop.
- Speaker #0
Et du coup, c'est comme ça que petit à petit... J'ai eu de plus en plus de contrats, de choses comme ça. Je me suis rendu compte qu'après, j'avais envie de faire ça de manière un peu plus à temps plein.
- Speaker #1
Parce qu'au début, tu faisais que des photos, donc pas de vidéos ?
- Speaker #0
Plutôt des photos, oui.
- Speaker #1
Et c'était quoi comme type de photos ?
- Speaker #0
Plutôt des trucs outdoor, nature, portrait, des choses comme ça. Voyages,
- Speaker #1
voilà. Et par rapport à la jo visuelle, comment tu t'es formée sur l'aspect plus vidéo ?
- Speaker #0
Après, je me suis formée... un peu toute seule avec YouTube, des choses comme ça. Après, j'ai fait une formation avec mon CPF pour me former vraiment en vidéo, montage, etc. Et après, j'ai été faire deuxième cam sur des tournages de manière bénévole ou gratuite en échange d'une formation. Et en fait, c'est ce qui m'a le plus appris.
- Speaker #1
Et comment tu as trouvé, par exemple, les tournages pour être deuxième cam ?
- Speaker #0
Avec des gens que je connaissais, par exemple sur les réseaux sociaux, des vidéastes qui font de la vidéo, je demandais est-ce que Je pourrais venir éventuellement sur un tournage. Voilà. Et je ne demande rien, juste si ce n'est de pouvoir apprendre quelques trucs. Et en fait, c'est comme ça que j'ai appris énormément de choses. Et en fait, il y a plein de contenus sur Internet qui est génial pour apprendre. Mais si on ne pratique pas, en fait, c'est difficile de vraiment pratiquer.
- Speaker #1
Et les contenus, je ne sais pas. à conseiller pour ceux qui voudraient faire une reconversion, qui veulent se lancer dans l'audiovisuel ou autre ? Ouais,
- Speaker #0
carrément. Moi, j'ai regardé pas mal de vidéos de l'école Grin. Ils proposent une formation aussi, qui est bien. Après, je sais qu'il y a aussi JC Pierry qui fait une formation de vidéos. Je ne l'ai jamais suivie, mais il y a beaucoup de gens qui l'ont faite. Donc, je pense que ça doit être bien. Et puis après, il y a plein, vraiment beaucoup de contenu sur YouTube. Je ne me souviens plus exactement des chaînes, mais en fait, il y a plein de choses différentes pour faire du montage, de la colorimétrie. Après, il y a beaucoup de contenu, du coup, il faut un peu... On peut y passer des heures. Mais en fait, le truc qui est pas mal, je trouve, c'est par exemple, je veux faire un truc particulier, un effet particulier en montage que je ne sais pas faire. Du coup, je cherche du contenu pour cet effet et du coup, j'apprends petit à petit quelque chose. Et un jour, je veux apprendre comment faire un travelling particulier en film, vidéo. Et du coup, je vais chercher sur YouTube ce contenu associé. Et petit à petit, ça fait plein d'outils différents.
- Speaker #1
C'est chouette. D'ailleurs, moi, j'ai lu un super bouquin aussi. Parce que sur l'audiovisuel, je suis autodidacte comme toi. Et de Ludoc. Je le mettrai. On le mettra. Son bouquin, il est vraiment top. Avec des clercodes pour apprendre tout le cinéma, tout l'audiovisuel. C'est vachement intéressant.
- Speaker #0
C'est un livre bleu, non ? Oui, la couverture. Il est trop bien. Il est vraiment top. Je ne sais plus le titre exact.
- Speaker #1
On l'a là au bureau, mais j'ai oublié le titre. intéressant pour comprendre tout le métier. Oui, carrément. Il est top. Et toi Nicolas, raconte-moi un petit peu. Tu étais polytechnicien, si je ne me trompe pas.
- Speaker #2
Oui, c'est ça, j'ai fait l'école polytechnique. Je me suis spécialisé en sciences du climat, donc c'était avant la COP21. Donc on était une dizaine d'étudiants à se spécialiser dans cette formation. Là maintenant, ils sont plus de 200.
- Speaker #1
C'était une formation de polytechnique du coup ?
- Speaker #2
Oui, c'est une formation à l'IX, en troisième année de l'école polytechnique. Tu choisis ta spécialité. Et c'est la première année où ils ouvraient une spécialité sciences et défis pour l'environnement. On avait la chance d'avoir des super climatologues comme Jean Jouzel. Hervé Le Treut qui venait, qui nous faisait des cours sur ces sujets-là. Et en fait, tu te rends compte qu'il y a un gros problème autour de ces questions-là. Aujourd'hui, ça paraît évident. Moi, à l'époque, c'était en 2012. Donc la COP21, c'était quelques années après. Et donc en 2012, ce n'était pas aussi évident que ça. L'idée, c'était de se dire, quand tu te rends compte qu'il y a un problème, tu te dis comment tu peux essayer d'arriver à trouver les bonnes solutions pour contribuer à la résolution de ce problème.
- Speaker #1
Ok, trop cool. Et juste dans ton parcours, j'ai vu qu'aussi ça c'est obligatoire à Polytechnique de faire une année en tant que militaire ?
- Speaker #2
Ouais c'est ça, je pensais pas que c'était autant militaire après la prépa, et puis il y en a beaucoup qui pensaient pas que c'était autant militaire, donc il y en a beaucoup qui ont... En fait, tu arrives à l'X, tu as une semaine d'intégration sur le campus, on te donne un uniforme, tu vas faire des pompes, tu vas faire plein de trucs différents.
- Speaker #1
Je ne savais pas qu'on te rasait les cheveux.
- Speaker #2
Oui, c'est assez sympa parce que tu finis ta prépa et tout le monde est mis sur le même pied d'égalité. Peu importe si tu viens de Versailles, si tu viens de Clermont-Perrant, de Grenoble, on a tous le même uniforme. Ça te permet vraiment d'avoir tout le monde à égalité. Tu as trois semaines où tu es dans la Creuse. En plein milieu de la Creuse, c'est début septembre. Tu travailles à 5 heures du mat, tu dois faire ton lit au carré. Il fait zéro degré, je ne sais pas comment ça se fait que tu sois aussi froid dans la Creuse. Mais bon voilà, ce qui est vraiment bien c'est que ça te fait une cohésion de fou au début de ton année et ensuite après tu choisis, après ces trois semaines d'intégration, tu veux aller dans l'armée de terre, dans l'armée de l'air, dans la marine.
- Speaker #1
Et t'as fait de l'armée de l'air du coup, c'est ça ?
- Speaker #2
Moi je voulais faire pilot de chasse.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
En fait donc j'ai passé les concours de l'armée de l'air, j'ai passé les concours de l'X et ensuite à l'armée de l'air ils m'ont dit va à l'X et ensuite tu reviens en pilot de chasse après tes quatre années de formation.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Et au final, j'ai fait un an de formation dans l'armée de l'air. Je me suis rendu compte que ce n'était pas forcément le métier que j'avais idéalisé et je me suis tourné vers ma deuxième passion qui était les sciences du climat.
- Speaker #1
Et du coup tu as pu piloter un petit peu dans l'armée de l'air ? Oui,
- Speaker #2
on a fait des vols en Mirage 2000, en Alpha Jet et tout ça. Bien sûr, tu ne fais pas tout parce que quand tu veux décoller un avion à Mirage 2000 et le faire atterrir, il te faut 10 ans de formation. En tout cas, ils te filent les commandes et puis je me rappelle, on a fait des missions à 4 avions en partant d'Orange et en faisant un combat en basse altitude dans les Pyrénées. Et le gros jeu c'était le mec qui était devant, enfin le pilote qui était devant, il voulait te faire vomir quoi. Et donc toi t'allais essayer de résister et tout ça. Et je me rappelle j'avais, t'as un petit, t'as un masque, t'as un masque. En fait tu peux mettre de l'oxygène pur dans ton masque mais faut pas trop en abuser. J'ai perdu le bouton, j'ai enclenché et après j'arrivais plus à l'enlever tu vois. T'en avais mis trop du coup. T'en avais mis trop.
- Speaker #1
C'est l'inverse de l'hypoxie du coup.
- Speaker #2
En fait t'es euphorique, un truc de fou.
- Speaker #1
Parce qu'on va en parler, mais sur Rise, tu es en parapente la plupart du temps. Toi aussi, du coup, Charlotte, tu fais du parapente, tous les deux. Et toi, Nicolas, j'ai vu que tu as commencé, j'ai lu ça, si tu me dis, si je me trompe, à faire du planeur avec ton père quand tu étais jeune.
- Speaker #2
Alors, mes parents, ils ne volent pas du tout. Moi, ce que j'ai fait, c'est en troisième, j'avais fait un stage dans un aérodrome. Je faisais mes canots pour les avions. Du coup, il y avait un mec qui m'avait emmené en vol, un ancien pilote de chasse. Et ça m'a donné vraiment l'envie, le goût du vol. Mais ce que j'ai trouvé, c'est qu'en avion, tu avais déjà trop le bruit du moteur. Après, j'ai fait du planeur. Je me suis formé en planeur.
- Speaker #1
Et tu as ton brevet de planeur ?
- Speaker #2
Oui, j'ai le brevet de planeur. Mais ce que je trouvais, c'est que tu avais encore la verrière. Tu n'étais pas vraiment dans ton élément. J'ai couvert le parapente et là, j'ai appris que c'est incroyable. C'est ça que je veux faire.
- Speaker #1
Et le planeur, tu voles toujours ?
- Speaker #2
Le planeur, non, je n'en fais plus.
- Speaker #1
J'en fais aussi. Je suis en train de passer le brevet.
- Speaker #2
ouais je me suis mis un peu par hasard tu vois c'est génial c'est à Ben donc c'est plutôt en thermique ouais ouais
- Speaker #1
En montagne, ça va être magnifique. Pour ceux qui ne connaissent pas, pour vulgariser un peu le planeur, c'est que tu n'as pas de moteur. Le but, c'est de prendre des ascendances thermiques, ce qu'on appelle des pompes. Une ascendance thermique monte de 3 mètres secondes. Si le planeur descend de 1 mètre seconde, en spiralant, on monte de 2 mètres secondes. On peut, comme en parapente, faire des longues distances. En parapente, c'est le même principe. C'est des thermiques à prendre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est un peu pareil. Si tu veux faire de la longue distance, tu prends des thermiques, tu montes, tu chemines de vallée en vallée, tu reprends des thermiques et ainsi de suite.
- Speaker #2
C'est juste que tu ne vas pas très vite en plan. Tu vas à 5 km heure, 40 km heure. En planeur, tu peux aller à 100 km heure. Donc, quand tu es en planeur, tu as l'impression que le parapente est à l'arrêt. Les planeurs ou les mecs qui font de l'avion, ils les appellent les méduses volantes. C'est vrai que tu voles comme ça et tu flottes. C'est une façon de ne pas avancer.
- Speaker #1
Et par rapport aux parapentes, du coup, vous avez fait, si je ne me trompe pas, je crois que vous avez traversé, vous avez fait des trucs en parapente ?
- Speaker #2
Eh bien, on a fait plein de choses à Charlotte. C'était la première femme, par exemple, à voler au Kenya, par rapport à Biplas. Pilote pour le premier tournage de Rise.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #2
c'était quelque chose.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair. En fait, les conditions étaient tellement fortes au Kenya. C'était vraiment un challenge de faire les deux. Il y a beaucoup de vent. Il y a énormément de thermique. En altitude, ça ne porte pas très bien l'air. Donc, tout est compliqué. Les atterrissages, c'est difficile d'atterrir doucement.
- Speaker #2
Un rhinocéros à l'atterrissage ? Ouais. Donc, il faut que tu changes d'atterrissage, parce que sinon, il va te foncer dessus. C'est vrai ? Tu peux vraiment... Ouais, ouais.
- Speaker #0
Là, il y avait un endroit où on volait. Il y avait tout le temps des animaux, quoi, en bas. Mais il n'y avait pas des animaux. Des éléphants. Des rhinocéros, des marmots. Ouais, il y avait tout. C'était incroyable.
- Speaker #2
Donc, c'était en pleine jungle ?
- Speaker #0
C'était comme une savane. Ouais, dans la savane.
- Speaker #2
En fait, on arrivait super tôt le matin, parce que dès que le soleil se lève, le vent était hyper fort et on pouvait décoller. Et en fait, le matin, quand on arrivait, c'était de nuit à la frontelle. Il fallait faire gaffe qu'il n'y ait pas des buffalo déco, parce qu'ils aimaient bien se mettre au déco. C'est des grandes prairies. C'était un peu le stress.
- Speaker #0
Après, c'était incroyable. On a survolé des éléphants en parapente.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #0
C'est dingue. On a emmené des gens voler. Les rangers qui gardaient un peu l'entrée du safari, ils n'avaient jamais volé. C'était incroyable.
- Speaker #1
Ce qui est incroyable, c'est que vous faites découvrir le parapente pour des gens qui n'ont jamais volé.
- Speaker #0
Ouais, et en plus de ça aussi, c'est de faire découvrir un peu... L'endroit où les gens habitent, ils buvent du ciel. Ils sont jamais vus,
- Speaker #1
donc c'est une perspective incroyable.
- Speaker #0
Ouais, c'est dingue. Et en fait, c'est là aussi qu'ils peuvent se rendre compte, justement, enfin là, c'était sur la Seychelles, de l'effet, on survolait des anciennes rivières, il n'y avait plus du tout d'eau dedans. Ouais, tu vois vraiment là. Vraiment. Enfin, c'est flagrant, quoi.
- Speaker #2
Et j'ai volé la première femme ranger du Kenya. Et donc, si tu veux, c'était une Maasai, donc elle était vraiment en mode, « Non, moi, je n'ai pas peur de ça. » Et dès qu'on a décollé... Après, vu qu'il n'y avait plus personne et qu'elle n'avait plus besoin de faire... Elle a fait le drap ? Ouais, elle a montré qu'elle avait vachement peur et ça a fait une vidéo. C'était hyper cool. Ouais,
- Speaker #0
c'était marrant.
- Speaker #2
Donc tu peux faire ça et après on a fait par exemple traverser les Alpes en marchant et en volant. Donc ça c'est par exemple sur 10 jours, tu essaies de voler le plus longtemps et quand tu ne peux pas voler, tu marches et tu fais beaucoup de dénivelé. Ou par exemple des choses où on atterrit au sommet du Mont Blanc. Ça j'ai vu,
- Speaker #1
justement vous avez atterri au sommet du Mont Blanc.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
J'ai fait décoller du coup, quand je te disais, quand j'avais fait l'ascension il y a trois mois. Ça, ça doit être incroyable. Donc, tu arrives, boum, et tu repars du haut du Mont-Blanc. Donc, toi, vous êtes arrivés tous les deux ou c'était toi, Nicolas ?
- Speaker #0
Non, je ne faisais pas encore parapente de parking.
- Speaker #1
Et c'est chaud, du coup, d'atterrir en haut du Mont-Blanc ?
- Speaker #2
En fait, tu as une journée qui est comme ça tous les 10 ans, parce que c'est interdit en juillet-août de faire ça. Donc, il faut des journées en juin. Et il faut des journées où tu as des grosses canicules qui permettent d'avoir des plafonds. Ah, d'accord. On a monté jusqu'à 6 000 mètres d'altitude. Ah ouais c'est incroyable On a décollé à 2000 mètres Et après on a pris des ascendances et avec des copains on s'est retrouvé à 150 personnes au sommet du Grand Blanc Ah mais j'avais vu une vidéo où il y avait plein...
- Speaker #1
C'était nous avec... Non !
- Speaker #2
Elle avait trouvé sur l'équipe et tout ça J'ai vu plein d'articles sur ça,
- Speaker #1
on voit une photo je sais pas avec genre une dizaine de...
- Speaker #2
Ah bah pourtant il y en avait 150 de voile et en fait pour te dire tellement Nous on a serré au sommet du Grand Blanc avec les copains Tu retrouves des copains que tu savais même pas qui étaient là donc tu leur dis bonjour Mais c'est passé partout dans la classe, c'était... Bah ouais c'était bizarre Et t'arrives là-haut et en fait, moi, j'avais posé mon parapente et j'arrivais même plus à le retrouver tellement il y avait de voile, tu vois.
- Speaker #1
C'est trop drôle.
- Speaker #2
Et puis les alpinistes qui arrivaient ce jour-là, tu vois, ils étaient en mode, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Ah ouais,
- Speaker #1
c'est très marrant. Bon, du coup, racontez-moi, alors, Rise, si vous devez résumer ce que c'est exactement, dites-moi, et comment c'est venu.
- Speaker #0
Vas-y, si tu veux.
- Speaker #2
Ouais, alors, Rise, en fait, c'est une fondation. L'idée c'est de se dire aujourd'hui comment on peut influencer les décideurs publics et privés à mettre en place des solutions qui sont innovantes à la fois pour les urgences climatiques, l'urgence de la biodiversité et sociale. Et en fait quand on parle de solutions innovantes, c'est des solutions qui mixent à la fois des connaissances ancestrales, les sciences et les technologies. Parce qu'auparavant on avait fait des trucs plutôt en France, et après moi j'avais fait ma thèse en Afrique subsaharienne sur comment amener l'accès à l'électricité dans des zones très reculées. Et en fait ce qu'on se dit c'est qu'aujourd'hui dans les pays du Nord on a beaucoup de technologies, on les amène dans les pays du Sud pour faire face à des problèmes. Par exemple le manque d'accès à l'électricité Mais aussi dans les pays du sud il y a énormément de solutions Qui mettent en place eux avec des connaissances ancestrales Et un peu du bon sens Et l'idée c'est de se dire en combinant les deux On arrive à avoir des super solutions Qu'on peut mettre en place partout dans le monde Et avoir un énorme impact à la fois sur les océans Sur les forêts, sur le pastoralisme Sur vraiment plein de sujets différents
- Speaker #1
Trop chouette Et là si vous avez des exemples par rapport A des techniques que vous avez utilisées ancestrales Justement ce serait quoi Si vous deviez en raconter une ou deux là.
- Speaker #0
Bah là peut-être du coup, ce soir il y a la projection de Rais Perou là donc... Pour pas trop spoiler ! Ouais pour pas trop spoiler ! Paradoxe ! Mais quand même, du coup, eux pour le coup ils ont une solution qui est hyper ancestrale, ils réhabilitent des anciens canaux d'infiltration 1K pour essayer de récupérer l'eau de pluie. des glaciers et essayer de la garder plutôt qu'elle parte tout d'un coup quand il y a la fonte et pouvoir s'en servir plus tard et en fait ça c'est eux leur solution elle est vraiment incroyable et le travail qu'ils font c'est dingue et on peut vraiment s'en inspirer nous parce que ça les glaciers fondent aussi chez nous c'est
- Speaker #2
génial de pouvoir s'inspirer de solutions déjà existantes auprès d'autres cultures ce qui est génial aussi c'est que du coup ils réhabilitent ces solutions ancestrales parce qu'ils sont et héritées de la civilisation pré-1K ou 1K. Donc ça fait des millénaires qu'elles sont en place. Et en fait, aujourd'hui, avec les effets du dérèglement climatique, on a des sécheresses qui sont de plus en plus fortes. Du coup, ils sont obligés de les remettre en place. Et ils utilisent les technologies d'aujourd'hui comme des petits capteurs pour mesurer le débit ou pour mesurer... Ils mettent des colorants aussi pour savoir où est-ce que l'eau ressort. Et donc, en fait, aujourd'hui, avec les nouvelles technologies et avec les connaissances ancestrales, on arrive à trouver des solutions qui nous permettent de faire face aux effets du dérèglement climatique. Donc pour vous,
- Speaker #1
vraiment allier les deux, c'est vraiment l'idéal, le côté technologie et connaissance ancestrale ?
- Speaker #0
Oui, je pense aussi qu'en fait, dans tout ça, ce qu'il y a, c'est allier la technique et les choses ancestrales, mais aussi un peu l'humain dans tout ça. Et voir que finalement, il y a des solutions qui peuvent paraître simples, mais qu'on a parfois oubliées et que finalement, elles ont un impact énorme. et dont on peut s'inspirer. Eux, ils n'ont pas forcément... tout ce qu'on a nous en France. Ils n'ont pas toutes ces technologies des fois aussi avancées et pourtant, ils ont des solutions qui marchent. Et comment on peut justement s'inspirer des technologies, nous, de tout ce savoir qu'on a avec les avancées qu'on a et tout ça et s'inspirer aussi de choses plus... plus un retour à la nature aussi pour prendre soin de tout ça et faire une synergie de choses qui fonctionnent bien.
- Speaker #2
Et mixer ça aussi avec les sciences. Donc vraiment revenir à la science et se dire concrètement qu'est-ce qu'on peut faire en ayant en tête les chiffres et quantifier qu'est-ce que ça apporte ces solutions et quels sont les effets concrets
- Speaker #1
Ok, et vous avez un autre exemple Nicolas, sur Rise d'une technique ancestrale qui t'a marqué
- Speaker #2
Sur la technique ancestrale, on a par exemple là ce qu'on a vu à Madagascar sur les plantations de mangroves et comment ils arrivent à protéger les différentes habitations des cyclones et ça en fait c'est quelque chose qu'ils font depuis très longtemps qu'ils remettent en place aujourd'hui parce qu'ils ont beaucoup de problèmes de déforestation des mangroves pour faire du bois de chauffage ou pour faire du charbon de bois et là c'est quelque chose qui marche super bien et aujourd'hui ils arrivent à le combiner avec des images satellites, des algorithmes d'intelligence artificielle aussi pour savoir quel type de poisson ils ont pêché, pour savoir quand est-ce qu'ils peuvent fermer la pêche de tel type d'espèce ou tel type d'espèce et ça en fait ça marche vraiment bien sur le terrain quoi mais à la base c'est ce que dit Charlotte, c'est que ça parle vraiment de l'humain Avant que ça parte de l'humain et du local, ensuite après aller au niveau global et après revenir au niveau local.
- Speaker #1
Avant d'entrer dans le vif du sujet, le Deep Dive est un podcast bienveillant où l'on va à la rencontre d'invités au parcours inspirant. Chaque semaine, je vous emmène avec moi pour explorer la partie immergée de l'iceberg. Le concept est simple, un invité, trois niveaux de discussion. A chaque niveau, l'invité choisit un ou deux badges parmi quatre animaux polaires directement sur la table. On commence en surface avec la partie émergée de l'iceberg,
- Speaker #2
des questions plus légères pour apprendre à mieux connaître l'invité. Ensuite, on passe en mode deep dive. Direction la partie immergée de l'iceberg, puis dans les abysses, pour des échanges de plus en plus deep. On vous laisse découvrir, c'est parti, l'exploration commence ici.
- Speaker #1
Je vais vous faire choisir le premier badge. Donc là, Charlotte, je te laisse choisir un des 4 badges, je te laisse cliquer dessus. C'est sur Nicolas celui-là. Tu peux dire pour ceux qui n'ont pas le retour image ce que c'est et parler un peu plus du coup de ce poste ?
- Speaker #0
Alors c'est Nico qui est en parapente et au Sénégal j'ai l'impression alors je pense que c'était en 2018 donc on n'était pas encore ensemble il avait l'air de bien s'amuser et il a dit il va y avoir plus de vidéos bientôt
- Speaker #2
Tu t'en rappelles ce poste du coup Nico ? Ouais c'était un moment, c'était quand j'étais en thèse on était au Sénégal pour mettre en place un micro-réseau d'électricité solaire Ok. Parce que dans beaucoup de pays en Afrique subsaharienne, on n'a pas un réseau national qui est très développé. Donc les personnes, pour avoir de l'électricité, elles mettent en place des panneaux solaires avec des batteries et des générateurs diesel pour pouvoir avoir une continuité de service et pouvoir faire des usages très basiques de l'électricité, comme lancer un business, par exemple des frigos pour vendre des cocas froids ou des choses comme ça. Et là, l'idée, c'est que j'en profitais dans ma valise, j'avais des costards pour travailler. et à côté une voile de parapente pour un petit délouis. Donc là c'était l'idée quand on était au Sénégal de sortir un peu la voile. Ça sert de sac de couchage aussi. C'est vrai,
- Speaker #1
tu utilises vraiment un sac de couchage. C'est une matière,
- Speaker #2
comme ça t'as pas besoin de sac. Je te laisse choisir un autre badge. Merci, à dessus. C'est un peu ce qu'on avait fait avec Charlotte. Ce qu'on aime bien avec Charlotte, en plus de faire des vidéos, c'est vraiment le côté sportif. Charlotte est super forte en trail, en vélo, en sport. Moi, j'aime bien aussi. Ce qu'on avait fait, c'était une des premières fois où on faisait des aventures à deux en parapente. On prend un parapente bi-place, un parapente pour deux, et on va dans notre jardin. Ce qu'on aime bien dire, c'est dans le massif de la Chartreuse. Et en fait, on part de la maison à pied et on essaie d'enchaîner plein de sommets à la journée. On décolle d'un sommet.
- Speaker #1
Quand tu dis vous pouvez partir en parapente de chez vous directement ?
- Speaker #2
De chez nous, on peut partir en parapente.
- Speaker #1
Il y a un... Voilà,
- Speaker #2
on habite juste à côté de la décor. On part de chez toi en parapente.
- Speaker #0
On habite là-bas un peu pour ça aussi.
- Speaker #2
On a déménagé là-bas pour ça.
- Speaker #1
Ton jardin, tu pars en parapente quand tu veux. C'est exceptionnel.
- Speaker #2
On est à 1000 mètres d'altitude et soit on part en parapente, soit on part directement en marchant pour aller au sommet un peu plus haut. et en fait l'idée c'était on voulait rejoindre les 4 sommets de Chartreuse donc faire à peu près 4000 mètres de dénivelé dans la journée Et en fait on monte 1000 mètres de dénivelé, on déplie la voile, on choisit qui pilote, ça c'est Charlotte qui pilote, ça c'est moi, et puis après on atterrit à un endroit le plus proche possible de l'autre sommet qu'on peut, et ensuite on plie le parapente, on remonte au sommet, on redécolle.
- Speaker #1
Et dans la journée vous avez fait combien tu m'as dit ?
- Speaker #2
On a fait 4 sommets, on avait fait 4000 mètres de dénivelé.
- Speaker #1
4000 mètres dans la journée ouais c'est pas mal.
- Speaker #2
Ouais on est bien, après t'as 4000 mètres positifs mais t'as pas les 4000 mètres négatifs.
- Speaker #1
Ouais
- Speaker #2
Ouais, c'est ça, tu t'entends à Mont-Blanc, t'as pas l'habitude de te quitter.
- Speaker #1
Parce que quand tu dis que vous êtes sportif, t'es quand même modeste, vous êtes très sportif. J'aime bien ça, ouais. En vélo, t'es une machine de guerre quand même, tu fais des sorties à 160 km. Non,
- Speaker #0
après, j'ai pas une machine de guerre. Non, mais bon,
- Speaker #1
t'en fais beaucoup.
- Speaker #0
Oui, j'en fais beaucoup, ouais. Bah, les fesses,
- Speaker #1
c'est parce que moi, j'arrive pas à la suivre en vélo. Raconte un peu ce que tu fais par rapport au vélo, au défi sportif.
- Speaker #0
En fait, quand j'étais petite, mes parents, ils faisaient énormément de triathlon.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Yeah Et ils voulaient partir en vacances à vélo avec mes frères, on est trois. Et du coup, on faisait... T'as deux frères du coup ? Deux frères, ouais, qui sont plus petits que moi, mais on est hyper rapprochés tous les trois. Et donc, on partait faire des voyages à vélo... En famille ? En famille. Et ça s'appelait les Martin-Turier à vélo.
- Speaker #1
C'est vrai, vous les appelez comme ça, c'est mignon. Du coup, Charlotte-Martin, pour ceux qui... Voilà,
- Speaker #0
je sais pas. Et en fait, on a commencé, on avait fait... La première fois, on avait fait le tour de la Corse en vélo. Et moi, j'ai fêté mes dix ans. En Corse, donc on était vraiment petit et on faisait 80 km de vélo par jour sur notre petit vélo, tous les trois avec nos bagages. Oui, mes frères étaient encore plus petits. Et en fait, je ne sais pas, du coup, on a adoré le vélo, ça a départi un peu de notre vie. Et puis après, je me suis remise un peu, quand j'ai grandi, à faire ça et à en faire de plus en plus. Et voilà, j'adore les aventures à vélo.
- Speaker #1
Vous vous êtes bien trouvés du coup, tous les deux.
- Speaker #2
Oui, c'est ce qu'on dit chaque jour. C'est bien.
- Speaker #1
Et du coup, pour entrer plus dans l'intimité, vous vous êtes fiancés il y a un an, c'est ça ?
- Speaker #0
Ouais, quasi un an. Ouais,
- Speaker #1
j'ai vu ça sur votre Insta. En janvier dernier, ouais. Et vous vous êtes rencontrés comment ? Comment vous vous êtes rencontrés et comment vous vous êtes amenés à bosser ensemble ? Ça, ça fait comment ?
- Speaker #0
Bah du coup, la rencontre... Moi,
- Speaker #1
t'es pas obligée de raconter ! Non,
- Speaker #0
non ! Oh, pardon ! On se bagarre toujours un peu sur qui raconte la rencontre. Non, en fait, on s'est rencontrés... Moi, à l'époque, j'étais en Haute-Savoie. le trail du coup j'étais partie là-bas et du coup je faisais souvent les allers-retours pour aller voir mes parents en blabla car et un jour Nico il m'envoie un message en me disant est-ce que tu pourrais prendre ma sellette mais moi je sais pas ce que c'est une sellette c'est dans quoi on s'assoit pour faire du parapente vous
- Speaker #1
connaissez d'où alors ?
- Speaker #0
on se connaissait pas ça rejoint l'anecdote de tout à l'heure parce que quand je disais que j'avais fait le Mont Blanc en partant de 2000 mètres et en arrivant à 6000 en fait à 6000 mètres je...
- Speaker #2
pousse un truc dans ma sellette et je l'arrache complètement. Donc j'étais à 6000 mètres et j'avais ma sellette qui était cassée. Et après, en fait, je partais 10 jours après pour faire la traversée des Alpes en parapente. Et sauf que le constructeur de parapente est là où habitaient les Charlottes. Et donc il fallait que je trouve un moyen d'emmener ma sellette de parapente de Grenoble à... On sent bien,
- Speaker #1
je comprends. Pour bien comprendre ce que c'est qu'une sellette parce que j'ai pas le truc en tête.
- Speaker #2
Alors une sellette, c'est comme si t'étais un... bah comme un cadavre, c'est un siège. C'est un arnais. C'est un arnais d'escalade mais un peu amélioré pour que tu sois au niveau. Ouais, je vois. Ouais, je vois. Ouais, ouais.
- Speaker #0
Et ouais donc il m'envoie ça mais moi je comprends rien parce que je sais pas ce que c'est le parapente et je me dis non mais il peut pas réserver une place comme tout le monde et voilà tiens. Puis bon il réserve pas donc je dis aux personnes qui étaient dans ma voiture vous en pensez quoi c'est un peu bizarre non je sais pas si j'y vais. Puis bon j'y vais quand même et il était tout je me souviens quand il avait un t-shirt jaune plus haut dégueulasse. Il était tout excité et il me dit oui est-ce que tu pourrais déposer ça à tel endroit quelqu'un t'attend et je me suis dit que je pouvais t'emmener faire un bi-place plutôt que de payer le blabla carré. Et moi je me suis dit mais qu'est-ce que c'est que ce type ? Et en fait je me suis dit le croissant. C'est génial. Le croissant.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Et finalement...
- Speaker #1
Il a raté son blabla caravec.
- Speaker #2
Un mille plaies pour toi. Bon après t'es gagnant, t'es un, bah du coup t'as un petit peu en démarrement.
- Speaker #0
Bah ouais, mais bon j'y croyais pas trop. Et t'avais jamais fait ? Si, une fois j'avais fait, j'avais déjà demandé ça à mes parents. Ouais,
- Speaker #2
ok.
- Speaker #0
Et euh, mais bon j'étais quand même chouette d'en refaire un. Et du coup il m'ajoute sur Facebook le soir, il m'envoie un message, il me dit ouais c'était dispo, mardi on peut faire le bi-place, et voilà quoi.
- Speaker #2
Ouais très sympa.
- Speaker #0
Ouais c'était cool.
- Speaker #2
Et puis après on s'est mis ensemble rapidement. Ouais. Après on a pas commencé à bosser ensemble tout de suite ouais. Ouais et du coup vous avez bossé ensemble au bout de combien de temps ?
- Speaker #1
Comment ça s'est fait ?
- Speaker #2
En fait, on faisait quelques trucs ensemble, on s'aidait mutuellement, etc. Et puis après, vraiment, c'était quand on a lancé Rise.
- Speaker #0
Oui, c'était trois ans et demi.
- Speaker #1
Tu faisais déjà de l'audiovisuel, du coup ?
- Speaker #0
Oui, en auto-entrepreneur. J'en ai toujours fait, même avant qu'on soit avec nous, j'en faisais déjà un peu. Et après, j'avais mon travail d'infirmière, ça me prenait déjà beaucoup de temps. Puis j'avais des horaires un peu décalés avec tout le monde. Donc de temps en temps, on faisait des vidéos ensemble, mais quand ça correspondait à mes horaires. J'étais en temps plein, voire... plus à la fin en infirmière j'étais en libéral donc on faisait beaucoup d'heures et jusqu'au jour où j'ai décidé d'arrêter de faire infirmière pour vivre cette expérience et c'était cool parce qu'en fait infirmière c'est un métier qui me permet aussi de pouvoir faire
- Speaker #2
ça justement de faire une pause derrière je pourrais retrouver facilement du travail donc voilà c'était l'occasion de vivre ça à deux et ça a pas été facile il fallait vraiment qu'on trouve des nouveaux repères et t'as ce que... toujours en train de travailler ensemble, tu as toujours un peu ce problème. On a déjà eu le cas en parapente un peu où c'est compliqué quand tu as une relation de couple. J'ai hâte de savoir, on va en parler après.
- Speaker #1
Et justement, avant qu'on rentre en mode deep dive, on demande à chaque invité de nous ramener un objet qui est important pour eux, que ce soit personnellement ou professionnellement. Vous avez chacun ramené un objet, donc je te laisse peut-être, Charlotte, dire ce que tu as ramené.
- Speaker #0
Moi, j'ai ramené ma caméra. Ta fameuse caméra. Je l'ai quasiment tout le temps avec moi. Et puis, c'est ce qui me permet du coup de raconter des histoires, de faire retransmettre des émotions. Enfin, voilà. Et c'est mon petit objet fake niche.
- Speaker #1
Donc ça, c'est avec celle-là que tu as commencé vraiment ?
- Speaker #0
Non, ce n'est pas celle-là. J'en avais d'autres avant un peu moins bien, on va dire. Mais celle-là, j'y fais très attention. C'est la prunelle de mes yeux.
- Speaker #1
Tu l'amènes sur Rise, du coup, celle-là ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Elle a bien voyagé.
- Speaker #2
elle a bien ouais elle en a vu passer trop cool on l'a mis dans le tournage en alpinisme en parc en vélo et est-ce que du coup de temps en temps tu l'apprends en photo toi ?
- Speaker #1
tu fais un peu de photos ?
- Speaker #2
ouais ouais carrément l'idée c'est de pouvoir un peu c'est Charlotte qui gère toute la vidéo et les photos tu ouais les photos j'aime bien aussi et puis on en fait ensemble parce qu'on a les deux cams en fait quand on va faire les tournages donc c'est Charlotte qui gère les deux cams et tout ça mais des fois quand il y a besoin de tourner un truc je lui demande un peu les réglages
- Speaker #1
et puis c'est parti tu fais des belles photos Charlotte ça va ils se débrouillent bien ils se débrouillent plutôt bien ce que j'ai vu on va mettre vos insta à l'image mais vous avez franchement les photos les vidéos sans parler de rise on en parlera plus en détail après mais ouais c'est canon franchement bah
- Speaker #2
on essaie ça fait plaisir merci et toi Nicolas du coup tu m'as donné quelque chose qui est en charge parce que t'avais plus de batterie ça va nous dire ce que c'est ton petit objet et bah en fait c'est pas une cigarette électronique c'est ce que j'ai créé à la base bon Tout à l'heure c'est un petit capteur de pollution en fait, c'est assez intéressant parce que c'est des capteurs de pollution qu'on emmène en parapente. Et en fait c'est pour mesurer la pollution dans toutes les couches de l'atmosphère, vraiment en trois dimensions. Et c'est avec ça qu'on avait commencé la collection de documentaires Il faut sauver qu'on avait fait sur TF1 ou Shoei, donc avant Rise. Et l'idée c'était de se dire comment avec des petits capteurs comme ça on peut rendre ce qui est invisible visible. Et en fait c'est relié à mon téléphone et je peux savoir exactement en temps réel quelle est la pollution ici. donc là pour l'instant c'est rouge donc c'est souvent parce que c'est rouge c'est pas le pire, il y a vraiment d'autres couleurs après violets et tout ça, et c'est souvent parce qu'en fait t'as aussi de la vapeur d'eau et tout ça en intérieur, et en fait je trouve que c'est un super symbole, on l'avait par exemple à 6000 mètres au sommet du Mont Blanc, à ton avis la qualité de l'air, elle était comment au sommet du Mont Blanc ?
- Speaker #1
On dit qu'elle est très bonne, mais j'imagine qu'il n'y a pas tant que ça ?
- Speaker #2
Et bien là en fait c'était très particulier puisqu'on avait beaucoup de vent qui venait du nord-est de l'Europe. Et en fait, il y a beaucoup de charbon. Ah oui, d'accord. Et du coup, ce qu'on avait, c'est qu'on avait beaucoup de particules fines qui arrivaient et qui étaient transportées.
- Speaker #1
Ça voyage autant les particules fines.
- Speaker #2
Ça voyage super.
- Speaker #1
Comme les trucs de Sahara, un peu le sable qu'on avait à Paris.
- Speaker #2
Le Sahara, oui. Et puis comme quand il y a des feux de forêt au Canada ou aux US, trop de feux de forêt, tu peux avoir des effets jusqu'à...
- Speaker #1
En fait, il y a vraiment une interdépendance, une interconnection entre tous les pays. Voilà.
- Speaker #2
Et c'est un super outil pour montrer en fait... Quelles solutions tu peux mettre en place pour le dérèglement climatique ? Parce qu'en fait, les personnes sont beaucoup plus sensibles à la santé de eux, de leurs proches, de leur famille. En fait, elles vont beaucoup plus être à même de mettre des solutions.
- Speaker #1
C'est très smart.
- Speaker #2
Tu mets des solutions à court terme pour être mieux dans ta santé. Et après, c'est des solutions qui ont aussi des effets positifs sur le climat et l'environnement.
- Speaker #1
C'est drôle parce que moi, je n'ai jamais pensé à la qualité de l'air. Et là, avec Chad, j'ai pété. Je lui ai demandé comment améliorer un petit peu mon bien-être, ma santé, etc. Et il me parlait justement d'améliorer la qualité de l'air. par rapport au sport etc bref et il conseillait tu vois d'avoir un purificateur d'air comme les Dyson avec les filtres au charbon etc donc en tout cas la qualité aussi qu'on a tu vois même dans les appartements même là tu me dis que c'est rouge que ce soit Paris ou autre, le vent elle est mauvaise.
- Speaker #2
Et parce qu'il est hyper important même quand tu es en contexte urbain c'est d'aérer, d'aérer le matin, d'aérer le soir quand tu n'as pas trop de...
- Speaker #1
Même si tu as de la pollution à l'extérieur, ouais il faut toujours...
- Speaker #2
Même si tu as de la pollution à l'extérieur parce qu'en fait tu as beaucoup... meubles qui sont assez neufs et de ça vont relarguer des composés en volatiles et qui sont très mauvais pour ta santé. Donc le mieux même quand t'es en pic de pollution c'est quand même d'aérer 15 minutes par jour ton logement et c'est vraiment ça qui aura un impact positif sur ta santé.
- Speaker #1
Et ça les purificateurs d'air ça marche aussi ?
- Speaker #2
Alors ça j'ai pas trop regardé mais parce qu'une solution très low tech c'est d'aérer la maison quand t'as pas trop de circulation dans les rues et voilà c'est quelque chose qui marche bien en tout cas.
- Speaker #1
Ok trop cool bel objet j'ai jamais vu du coup.
- Speaker #2
Voilà ça c'est un petit capteur donc ça a plutôt une tendance Et après, tu as vraiment des plus gros capteurs qui sont plus chers, mais qui permettent d'avoir des mesures de qualité d'air qui sont beaucoup plus précises.
- Speaker #1
Ok, trop chouette. Charlotte, je te laisse appuyer sur la petite flèche qui appuie en bas pour passer au mode.
- Speaker #0
Bienvenue à notre deep dive, Nicolas, Charlotte. Merci Etienne. Avec plaisir. Je vais vous faire choisir un badge du coup. Donc là, on passe sous l'iceberg. Charlotte, je te laisse choisir un badge et je te laisse re-cliquer.
- Speaker #1
Salut, j'avais une petite question. Est-ce qu'il y a une rencontre qui vous a marqué pendant votre exploration ?
- Speaker #0
Donc une rencontre qui vous a marqué pendant votre exploration ? Donc j'imagine que oui, mais du coup peut-être laquelle vous a le plus marqué ? Et s'il y a une histoire un peu autour de ça ?
- Speaker #2
Eh ben, moi je dirais une rencontre qui m'a énormément marquée, c'était avec Dambar au Népal. C'était un des leaders de l'épisode là. Et en fait, on a créé une relation avec lui qui est... Enfin, encore aujourd'hui, je trouve, il prend énormément des nouvelles de nous tout le temps. C'est mignon. enfin vraiment on a créé un truc on hésitait même à aller le voir en vélo en partant d'ici ouais on s'est marié chez lui ouais on a réussi à ça en fait il nous a accueillis vraiment enfin je sais pas c'était incroyable quoi ouais et il est tellement impliqué dans tous ces sujets et tout que du coup et c'est ça aussi qui nous motive dans les moments difficiles c'est de rencontrer des gens comme ça où tu te dis ah ouais mais c'est en fait c'est pour ça aussi qu'on fait tout ça pour rencontrer des gens ouais mais moi je trouve c'est le côté le plus beau c'est vraiment le côté humain
- Speaker #0
Je vais vous donner un exemple, mais à beaucoup plus petite échelle. Moi, un de mes films préférés, je ne sais pas si vous l'avez vu, c'est Into the Wild. Vous ne l'avez pas vu ? Oui. Et c'est l'histoire d'un mec qui sort de la fac aux US et qui coupe sa carte bleue parce qu'il est anticapitaliste. Il part en Alaska, c'est une histoire vraie. Et du coup, il rencontre des gens. Il est à côté humain. Bon, là, ça reste aux US. Mais du coup, c'est vrai qu'il faut rencontrer le côté humain et de voyager. J'imagine qu'en plus, dans les documentaires, etc., Vous devez vraiment vous attacher, passer du temps avec les gens et tout.
- Speaker #1
C'est clair et puis le côté humain ça a tout ce qui est beau Et aussi toutes les complexités qu'on a avec l'humain Toutes les difficultés que ça implique Tu vois par exemple si on faisait du documentaire animalier Tu as des complexités parce que tu dois Avoir le tigre du bengal Et attendre énormément de temps pour le voir Le côté humain ça t'ajoute vraiment de la complexité Mais aussi c'est ça qui est beau Et c'est ça qui nous fait avoir des hauts, des bas Et surtout qui nous remotive Quand on croise les bonnes personnes C'est comme en parapente quand on fait du stop Merci. Tu fais du stop pour remonter parce qu'il faut remonter à ta voiture ou remonter au décollage. Tu fais du stop, tu n'as personne qui te prend. Et là, tu as un mec qui te prend qui va te raconter une histoire incroyable. Ça va te redonner foi en l'humanité. Et là, cette rencontre avec Dambar, effectivement, c'était quelque chose qui était vraiment fort. Et on arrive vraiment à créer un lien très fort avec lui. Et tu vis des émotions super fortes. Avec Dambar, on a volé en parapente d'un des sommets en Himalaya. Et ça me montrait que c'était fou.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, je me suis demandé, vous avez un interprète à chaque fois où il parle anglais la plupart du temps ? Parce que la spécificité, c'est que toi, tu réponds en français de ce que j'ai vu. Je ne sais pas si c'est ça dans tous les épisodes et que la personne parle dans sa langue natale ou en anglais.
- Speaker #1
Oui, on a essayé vraiment de garder les versions originales de chaque langage. Et donc, en fait, à chaque fois, c'est quelque chose qui est très complexe. Là, Dambar, il parle en anglais. Donc, à chaque fois, je posais les questions en français, puis en anglais. Puis, il me répondait en anglais et on cutait la question en anglais. Parce qu'on voulait garder vraiment notre version originale, notre voix native. Et après, en fait, ce qu'on a par exemple avec Eufronio qui parle espagnol ou quand on a à Madagascar les personnes qui parlent en malgache, je pose ma question en français. Ensuite, le traducteur traduit du français au malgache et la personne doit répondre en malgache en me regardant. Et c'est ça qui est complexe. Là, on est à trois, on se parle comme ça. Mais tu peux imaginer que par exemple, Charlotte, cette fois, la traductrice, je te pose une question en ayant conscience que toi, tu ne comprends pas ce que je te raconte. Mais en faisant que tu dois bouger la tête Et le pire moment c'était quand on était dans une pirogue Avec un pêcheur à Madagascar Et donc là moi j'étais avec la personne Charlotte était sur un autre bateau avec le traducteur Et tout ça parce qu'on pouvait mettre que deux personnes dans la pirogue Et en fait nous en pirogue on a réussi à aller à un endroit Où il y avait des coraux qui étaient A peu de profondeur mais on passait avec la pirogue Et eux ils passaient pas avec le gros bateau Et donc moi j'étais tout seul avec lui Je comprenais pas ce qu'il me disait donc je faisais comme si je comprenais de ça Et en fait et J'ai vraiment découvert ce qu'il voulait me dire au montage six mois après. Ça n'a rien à voir avec ce que je pensais qu'il disait. C'est compliqué, mais ça ajoute...
- Speaker #0
Et la plupart, ils parlent anglais quand même ?
- Speaker #2
Pas tant, oui. En fait, dans les communautés reculées, pas forcément.
- Speaker #1
Et puis, ils parlent des fois même des dialectes de langage de malgache, par exemple. Et donc, il faut qu'on trouve un traducteur.
- Speaker #0
Vous galérez pour les interprètes ?
- Speaker #1
Ça dépend des fois. Ça dépend,
- Speaker #2
oui. Mais là, par exemple, au Pérou, c'est un peu un mix entre de l'espagnol et du quechua. C'était cool d'avoir... Là, on avait trouvé une traductrice qui était géniale. Elle est française. En fait, elle a vécu 16 ans dans le village où on a tourné. C'était improbable de la rencontrer la veille du tournage.
- Speaker #1
Je pense que c'est la probabilité du truc. Mais c'était quoi ? Et en fait,
- Speaker #2
elle était vraiment... Trop bien quoi ! Et en fait, elle nous a dépatouillé aussi plein d'autres trucs parce qu'elle connaissait les gens du village.
- Speaker #1
Elle s'appelle Hélène et là, elle revient en France parce qu'elle est française à l'origine. Elle revient en France pour Noël et donc elle va passer à la maison. Donc on a créé des liens. C'est chouette,
- Speaker #0
on peut garder contact. Et c'est quoi les épisodes qui vous ont le plus plu personnellement ? Qui vous a le plus marqué ? Quelle rencontre ? Quel paysage que vous avez vu ?
- Speaker #2
Je dirais qu'ils ont tous leurs particularités. Après, ils ont aussi tous leurs difficultés. Du coup, tu te souviens des choses aussi, des fois, qui ont été dures, etc. Des exemples,
- Speaker #0
justement, de choses un peu dures ?
- Speaker #2
Un tournage pour moi qui était hyper difficile, c'était Madagascar. Parce qu'on a quasiment tous été malades juste avant de commencer le tournage. Donc, on a commencé, on était épuisés. Et il faisait hyper chaud, hyper humide. C'était très compliqué. En fait, tu leur dis, là, il faut qu'on fasse ça. Mais du coup, ils ont une autre idée. Donc, ils veulent d'abord que tu ailles faire un autre truc. Alors que toi, tu as prévu de filmer ça. Donc, c'est tout le temps un peu... Puis, on faisait des journées hyper longues. Des fois, on se levait à 3h du matin. Et le soir, après, tu as encore des rushs à faire. Tu ne dors quasiment pas. Et il y a énormément de fatigue, quoi.
- Speaker #0
Je te raconte comment ça se passe sur un tournage. Tu me disais que vous êtes une dizaine de... Il y a combien de caméramans ? Combien de... Comment ça se passe ?
- Speaker #2
Eh bien, ça dépend un peu des épisodes. par exemple au Kenya on était euh on était quasiment 10 personnes sur le tournage du coup on était 2 caméramans il y avait un droniste du coup parce qu'on ne pouvait pas faire le drone nous c'était pas autorisé et après il y avait une coréale avec Nico il y avait les traducteurs les traducteurs des fixeurs etc les véhicules ça fait beaucoup de personnes euh... Et donc voilà, il faut un peu gérer tout ça. Et toi, ton job,
- Speaker #0
Charlotte, du coup, c'est de gérer tout ça ? Eh bien,
- Speaker #2
ça a un peu évolué au fil aussi des documentaires, etc. Et en fait, là, on s'est rendu compte que, en fait, déjà, plus on est, plus il y a d'inertie et plus c'est difficile aussi d'être efficace, etc. Et donc après, là, le but, c'est aussi d'essayer de... prendre un peu plus des gens aussi en local pour limiter un peu les déplacements de la France aux endroits, etc. Et de gérer un peu les journées, aussi faire comprendre aux personnes parce que c'est un peu long pour toi par exemple, pour Dambar, les leaders des communautés, en fait des fois on leur fait répéter vachement des scènes où on leur dit, là il faut reprendre la scène parce qu'on va filmer sous cet angle. C'est ce que je me disais. Des fois on est dans des endroits tout...
- Speaker #0
Il y a plein d'angles. Une fois, je me demandais est-ce qu'il y a six caméramans ?
- Speaker #2
Pas du tout. Là, c'est un peu aussi le truc au Pérou. J'ai filmé toute seule les séquences. Donc là, c'est un énorme travail. Il y a pas mal de stress aussi parce que je me disais si il y a un problème, c'est de ma faute. Mais du coup, c'est caler des caméras. En caler deux cams, moi, j'en gérais une où j'étais tout le temps dessus. L'autre, il fallait être sûre. Et des fois, tu as la personne qui bouge. Du coup il vient dans ton champ Donc il faut arrêter de remettre la cam Mais ouais c'est tout un
- Speaker #0
Mais ça fonctionne bien Et si par malheur il y avait un rush qui disparaissait
- Speaker #2
Comment ça se passe la vie de couple quand on bosse ensemble J'ai jamais eu trop trop de problèmes Il y a jamais eu un gros bug ou un gros problème Une fois j'ai oublié de filmer En fait j'avais passé ma cam A une fille qui venait filmer avec nous Qui voulait faire seconde caméra et en fait moi j'ai pris la cam que j'avais le moins habituée de tourner et c'est pas du tout pareil d'habitude j'ai un écran rouge qui se met et là c'est juste un petit point qui clignote mais en tout petit et j'ai pas vu que ça filmait pas du coup et en fait là je me rends compte au bout de 20 minutes d'interview que j'ai pas filmé et là je me dis non mais comment je vais leur dire ça que j'ai pas filmé en plus le mec qui parle pas dans notre langue on va pas tout refaire quoi et en fait bah là tu bidouilles un truc parce que t'as quand même une autre cam qui a filmé donc bah ça va tu vois
- Speaker #0
c'est pour ça que c'est cool d'avoir des cams pour rattraper un peu avec des plans parce que c'est un problème et comment ça se passe alors la vie de couple quand on bosse ensemble full time parce que vous êtes tout le temps ensemble que ce soit le loisir ou le pro vous êtes tout le temps ensemble j'ai l'impression parce que moi je connais pas cette vie là ma femme elle bosse dans sa boîte on se retrouve le soir le week-end comment ça se passe quand on est tout le temps ensemble Euh...
- Speaker #2
Bah, en fait, depuis le début, on a été quand même vachement fusionnels à faire énormément de trucs ensemble. Après, quand on a commencé à bosser ensemble, c'est encore différent que faire des activités. Du coup, il y avait un petit temps un peu d'ajustement qui n'était pas facile au début parce que chacun a ses idées, chacun voit le truc, voilà, t'as ta fatigue, etc. Et des fois, t'arrives pas trop à communiquer. enfin sur ce qui ne va pas et en fait, ça a été aussi ça. Ce que ça nous a appris Rise aussi, c'était à faire énormément de communication parce que des fois, vu que c'est un projet que tu portes à deux, qui est quand même difficile au début et tout ça, tu as forcément des moments où tu te dis pourquoi on fait tout ça et en fait, tu as vite fait de t'engueuler avec la fatigue et tout et de partir dans des trucs qui sont démesurés par rapport au problème.
- Speaker #1
Les dramas un peu. Ouais, les dramas. En fait, c'est un peu comme notre bébé. Ton bébé, il te fatigue et tout ça, tu y penses tout le temps. et Et du coup, au début, c'était compliqué de trouver un peu sa place. Maintenant, du coup, le secret, ça fait un peu cliché, mais c'est vraiment la communication. On en parle toujours et on se dit à la fois, est-ce que… On sait que le plus important, c'est quand même notre relation, notre couple et tout ça. Donc, on se dit, voilà, ça, c'est le plus important. Et ensuite, on essaie de mettre cette force-là au sein d'un projet professionnel qui nous permet de faire bouger des choses auxquelles on croit. Et l'idée, c'est de se dire, voilà, il faut réajuster. Des fois, on se parle, on réajuste des trucs et tout ça. Et il faut vraiment pas tomber dans le fait que, bah là ça fait par exemple trois ans qu'on a pas vraiment pris de vacances, parce qu'en fait tu prends... Là les personnes croient qu'on prend des vacances quand on va tourner, tu vois, tu reviens avec ton film, et t'as l'impression que les personnes ont passé dix jours à Madagascar sur la plage, tu reviens, tu claques des doigts et t'as ton film qui est prêt, tu vois. Du coup là c'était pas l'idée, t'as tout un travail derrière, et puis le truc c'est de se dire aussi qu'il faut qu'on arrive à trouver une position. Et Sharon par exemple, des fois on est dans le lit le soir en train de s'endormir, elle me fait... à l'air Mais au fait, tu as pensé à ce truc-là dans le montage de machin et tout ça ? Et tu fais... Enfin, du coup, il faut vraiment qu'on essaie de déconnecter.
- Speaker #2
C'est un peu la lâcher prise, j'avoue.
- Speaker #1
Et c'est un projet comme ça, en fait, c'est hyper intense. Tu as des hauts et des bas qui sont super intenses. Il faut vraiment apprendre à lâcher prise et à se dire, bon, OK, là, c'est bon, je déconnecte et puis je pose mon cerveau.
- Speaker #0
Vous avez des moments où vous dites, par exemple, genre, OK, aujourd'hui, on ne parle pas boulot. Ça arrive ou pas ?
- Speaker #2
On essaie de plus en plus, mais c'est vraiment pas évident, parce que... Tout tourne un peu autour de ça, tu vois. Et dans notre maison, du coup, vu qu'on bosse pas mal dans la maison, en fait, c'est notre lieu de travail comme notre lieu de vie. Donc, c'est un peu difficile, des fois, de faire la part des choses. Mais on essaye de plus en plus de se dire qu'il faut vraiment qu'on ait des temps où c'est les loisirs, où notre couple, où nos activités différencient du travail. Parce que sinon, en fait, après, ça prend trop de place, quoi.
- Speaker #1
Et je pense que le sport, nous êtes vachement là-dedans. On se dit on fait un break de 2h On va aller faire un vol Dans le jardin ça saute Tu as une heure Tu voles tu fais 10 minutes
- Speaker #0
Non non j'y vais tout seul
- Speaker #1
C'est clair Du coup ça nous permet Mais en fait ce qu'on s'est vraiment rendu compte C'est qu'il faut qu'on se prenne Là par exemple pendant 3 ans on était à fond sur la saison 1 Et après on s'est dit On est vraiment sorti des trucs On était vraiment dans une période hyper intense On a pris 3 semaines on est parti en Corse en van et on s'est dit, là, on déconnecte. On ne répondait plus à WhatsApp, même à la famille. Et on s'est dit, là, trois semaines, on déconnecte. Et en fait, au bout des trois semaines, on a les idées hyper fraîches. On est revenus.
- Speaker #0
Vous arrivez à ne pas parler de boulot, du coup ?
- Speaker #2
Là, on a réussi à bien. La première semaine, c'était un peu dur. Et après, c'est bon, on a enfin réussi à lâcher prise. Et ça fait trop du bien, quoi.
- Speaker #1
Et les trajets en vélo, on aime bien aussi. Parce qu'on arrête vraiment à déconnecter.
- Speaker #2
Se mettre en mode dur, en fait.
- Speaker #0
Et du coup, je ne voulais pas vous poser la question, que je voulais vous poser pendant le podcast. Est-ce que vous voulez des enfants ?
- Speaker #2
Ben ouais, on en veut tous les deux.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Et... Pas tout de suite, tout de suite. Mais on en veut.
- Speaker #0
Et ça vous fait peur par rapport aux pros, du coup, au voyage ?
- Speaker #2
Alors, pas du tout. On n'a pas trop de... Non. On n'est pas trop stressés d'avoir des enfants. En fait, on a plutôt envie d'en avoir. Mais je pense que c'est juste que... En fait, on est tous les deux un peu à se dire qu'est-ce qu'on a envie de faire avant d'avoir des enfants encore, tu vois ? Et c'est de réaliser ses objectifs et puis...
- Speaker #1
Parce qu'on se dit, on le voit un peu comme un projet, enfin comme un peu tout le monde quoi. Mais là on a fait la saison 1 de Rise, on a fait plein de projets un peu sport. Là on se laisse encore 3 ans, on fait la saison 2 de Rise et des projets un peu sportifs qu'on a envie de faire. Et après on le voit comme une espèce de saison 3 de Rise. Si ça va jusqu'à saison 15 Rise. Et bah ça, après tu peux vraiment l'adapter. Tu vois on a vraiment plein de façons de s'adapter. Et ce qui est assez marrant c'est que... Moi j'ai 34 ans, Cheryl a 29 ans, et en fait on a plein de potes autour de nous qui ont des enfants. Et en fait ce qui est génial c'est qu'on voit un peu les différentes façons qu'ils ont de les éduquer. Après on sait que c'est tellement différent des personnes. Après les enfants même de les prendre sur les tournages ça doit être exceptionnel de vivre ça avec les parents.
- Speaker #2
En fait le truc c'est que moi je vois pas, après pour l'instant on a pas eu d'enfants, mais je vois pas le truc comme notre vie d'avant les enfants s'arrête tu vois. C'est plus on va s'adapter Si ça se trouve notre gosse il dormira pas du tout On sera épuisé et je dirais plus ça Mais c'est plutôt d'essayer quand même Globalement essayer de continuer notre vie Un peu comme on est tu vois
- Speaker #0
Quand tu me dis ouais tu fais des gros tripes en vélo Tous les deux vous faites des belles excursions Etc
- Speaker #2
Ton gamin tu peux le prendre comme tu faisais Comme je fais avec mes parents C'est vraiment pas impossible Tu peux encore faire des trucs Je pense que tu peux tout faire pour juste... s'adapter voilà c'est ça et puis après peut-être que tu as des périodes où c'est un peu plus difficile ton enfant il va pas très bien mais après ça va mieux enfin voilà mais là on a deux bons potes
- Speaker #1
Jo et Elise qui sont guides de haute montagne et en fait si tu veux leur gosse il l'emmène quand ils vont faire un coup de ski de fond de la grimpe et donc c'est sûr il faut s'adapter et il faut être ok sur le fait de s'adapter et de faire les choses comme avant mais de les faire différemment quoi
- Speaker #0
Et par rapport à l'écologie, la planète, etc., est-ce que vous avez des craintes, le fait d'avoir des enfants ? Parce que, je sais pas.
- Speaker #2
Un peu, moi, à un moment, je me posais des questions, quand même. Je me demandais, tu vois, est-ce que c'est pas égoïste d'avoir des enfants dans un monde comme aujourd'hui et tout ça ? Et donc, des fois, c'est un peu... C'est pas évident, en fait, parce que c'est un peu en lien avec Rise aussi, mais il y a des périodes où je vais être un peu déprimée, tu vois. Je vais me dire, mais pourquoi on fait tout ça ? Enfin, tu vois, c'est...
- Speaker #1
Vous êtes toujours vraiment avec Rise ?
- Speaker #2
Oui, c'est quand même un sujet, surtout en ce moment.
- Speaker #1
Tu éponges tout au bout. C'est dur en disant que les choses n'avancent pas assez vite. Quand tu regardes l'actualité au niveau global, c'est Ausha. C'est toujours la seconde roue du carrosse. Tu te dis aussi que tu as des portes qui se ferment. Tu as les premières avant-premières qu'on a mises en place. Tu avais 10 inscrits. 5 jours avant la première alors que c'était un ciné de 170 places et tu vois là aujourd'hui c'est complet genre 2 semaines à l'avance la salle est remplie mais par contre t'as d'autres coups durs qui arrivent et en fait du coup c'est vraiment un projet qui est en denti mais c'est ça qui fait qu'on aime bien le truc aussi quoi et le truc c'est que c'est vraiment l'humain ça te permet de d'avoir
- Speaker #2
des côtés très positifs aussi et puis en fait pour en revenir un peu aussi à ce qu'on disait tout à l'heure sur le couple c'est que tous les moments qui sont difficiles dans le projet ou dans ta vie de couple ou autre C'est aussi ce qui te permet de te remettre en question, de t'améliorer. Ouais, c'est ça. Par exemple, avant, on avait un problème, on s'engueulait. Maintenant, on va essayer de se dire... Ça nous arrive encore des fois de nous engueuler 5 minutes. Au bout de 5 minutes, on va se dire dans le matin, on ne va pas s'engueuler pour si peu. D'essayer de comprendre plutôt le truc. Et puis,
- Speaker #1
il y a un autre truc qui fait que c'est... En fait, c'est vrai, quand tu regardes, tu allumes les infos, tu te dis, putain, mais le monde, c'est un désastre et tout ça. et après tu sors juste de chez toi, tu vas discuter avec le... le boulanger du coin ou le berger du coin, en fait, ça ne va pas si mal. En fait, le truc, c'est vraiment avec Rise, c'est ce qu'on montre, c'est quand tu reviens au local, tu te dis, voilà, comment au local, tu peux faire concrètement bouger les choses. Et dans ce contexte-là, d'avoir des enfants...
- Speaker #0
Ça ramène positif, en fait. Même si tu vois du négatif, tu essaies de...
- Speaker #1
Ça ramène vachement de positif. Et puis, tu dis, il y a le climat, c'est sûr, il y a l'atténuation du climat, mais il y a aussi la biodiversité, le social et tout ça. Et dans ce contexte-là, d'avoir des enfants et te dire en fait tes enfants tu les éduques pour qu'ils contribuent aussi à avoir un monde meilleur Bah ça je trouve que ça fait sens quand même aujourd'hui Ouais c'est sûr,
- Speaker #0
moi je suis d'accord Et les infos c'est vrai Moi j'ai dû faire une diète des infos Il y en a plein qui disent que c'est impactant Tantôt il faut couper, tantôt j'ai essayé de passer À format papier plutôt de la déjeter le soir Mais c'est vrai que c'est ouais Si t'éponges un peu, tout ce que tu vois autour de toi Ça doit pas être évident Il y a plein de positifs avec tous les paysages que vous voyez Les gens aussi, donc en fait Une sorte de balance j'imagine
- Speaker #2
Après aussi je trouve des fois ce qui est pas évident C'est que Et... On est dans un monde où on aime bien parler des choses négatives parce que ça nous fait des émotions. Par exemple, je ne sais pas, sur des incendies. Mais en fait, le problème, c'est que du coup, des fois, c'est tellement énorme l'ampleur que ça prend que tu es un peu en mode, non mais là, en fait, on est vraiment foutu. Et du coup, tu te mets dans une position où tu te dis... Non mais de toute façon là il n'y a plus rien à faire. Quoi que je fasse c'est fichu. Il y en a plein qui disent ça maintenant.
- Speaker #0
Gen Z je pense, c'est les plus jeunes.
- Speaker #2
Mais du coup c'est un peu dommage parce que si on part de ce principe là, bah du coup oui effectivement on est tous fichus et ça sert à rien de faire des gosses. Et c'est quand tu rencontres les gens de partout dans le monde où tu te rends compte qu'en fait il y a plein de gens qui pensent des choses positives, qui veulent faire des choses et qui marchent tu vois. Et en fait c'est qu'il y a plein de petites choses que tu mets en place. bout à bout qui aboutissent à d'autres choses et c'est un peu ce qui est dur avec l'écologie aussi c'est que avec tous ces sujets c'est que t'as l'impression qu'il faut un énorme changement tout de suite pour que ça ait vraiment un impact alors qu'en fait c'est pas si simple tu claques des doigts et hop les émissions de tout le monde passent à 2 tonnes c'est bien plus complexe mais je trouve justement que vous dans vos documentaires
- Speaker #0
Vous essayez de montrer quand même le côté positif, justement, c'est pas culpabilisant, il y a une bonne vibe de ce que...
- Speaker #1
C'est vraiment ce qu'on essaie de montrer, en fait, on essaie de montrer aux spectateurs qu'il y a plein de façons d'agir sur le climat, la biodiversité et le social, et qu'en fait, certes, nous on n'est pas du tout exemplaires, tu vois, parce qu'on prend l'avion pour aller faire nos tournages, après on essaie de réduire nos déplacements en avion, de réduire le nombre de personnes qui se déplacent, de compenser ensuite à la fin toutes les émissions qu'on a, avec de la plantation de mangroves sur des projets qu'on a vus, et donc qui sont pas bullshit, etc. Mais par contre, le truc, c'était vraiment de se dire, aujourd'hui, comment des jeunes, des générations entières qui sont déprimées et qui disent, Moi je peux rien faire pour le climat, comment on arrive à leur redonner envie d'agir et de dire bah voilà en fait toi t'es dans un BTS électrique et bah en fait demain tu peux très bien aller installer des panneaux solaires au fin fond du Kenya et avoir un impact énorme en fait sur énormément de populations à la fois pour bien vivre là où elles habitent mais aussi pour le climat et pour la biodiversité quoi. Et c'est vraiment ce qu'on veut transmettre avec RISE c'est que on parle beaucoup de climat, de pas prendre l'avion, de trucs hyper négatifs mais là l'idée c'est de se dire bah voilà en fait le champ des possibles quand tu regardes il est énorme. On a créé un serious game de Rise qui est un peu comme la fraise du climat. On fait jouer des jeunes pendant trois heures. On l'a animé à HEC, à Grenoble École de Management ou dans plein d'endroits différents. Au début, tu as un peu des étudiants qui sont en mode « qu'est-ce que c'est que ce truc-là ? » Ils vont prendre trois heures, ils sont un peu en mode « ouais, ça fait un peu chier » . Et en fait, tu te rends compte, au bout de 15 minutes, ils accrochent. Et à la fin du jeu, ils sont à… En fait, on peut vraiment faire plein de trucs sur le climat.
- Speaker #0
C'est quoi le jeu ?
- Speaker #1
En gros, c'est hyper simple. Nous, on a cinq communautés qu'on va avoir dans la saison 1 de Rise. Imaginons qu'on a 30 étudiants. Les 30 étudiants sont répartis dans les cinq différentes communautés. La communauté des Boranas, des Sakalaves, des Quechua. Et en fait, chacun a un tour de rôle. Ils vont présenter le contexte aux autres équipes. Et ils vont leur dire, vous arrivez au Kenya. On vous présente quel est le problème avec les Boranas qui ont des grosses sécheresses, des grosses canicules. Et les quatre autres équipes vont tirer des cartes sciences et technologies pour brainstormer ensemble et essayer d'apporter des solutions au Kenya.
- Speaker #0
C'est vous qui l'avez créé ce jeu ?
- Speaker #1
C'est créé avec des étudiants d'HEC et différentes personnes.
- Speaker #0
C'est chouette.
- Speaker #1
Et ça marche super bien. Les étudiants d'HEC l'ont élu comme le meilleur jeu qu'ils ont fait dans leurs trois semaines de rentrée, devant la presse du climat, l'atelier d'automne ou d'autres conférences qu'ils ont eues. Parce qu'ils sont vraiment acteurs du truc et se rendent compte à la fin des trois heures que la technologie est intéressante, mais à elle seule, elle ne peut pas résoudre les problèmes qu'on a actuellement dans le monde.
- Speaker #2
Et ouais aussi le jeu Après ils découvrent la vraie solution Avec des extraits du documentaire Et du coup c'est aussi cool pour eux Parce qu'ils sont mis dans la peau d'une communauté Qui voit pour de vrai En vidéo après quoi
- Speaker #1
Et du coup c'est ça aussi qui est sympa Et ça leur apprend à pitcher et tout ça Par exemple je sais on avait Sur la solution du Kenya On a une équipe qui dit peut-être que les Borana Ils ont mis en place des panneaux solaires Et ils ont changé leur vache qui ont des troupeaux de dromadaires Mais ils l'ont pitché en mode Ouais mais c'est sûrement pas ça quoi Merci. Ils ont été élus comme la moins bonne solution. Après, dans le documentaire, ils découvrent que c'était ça qui était en place. En fait, on a récupéré avec plus d'entrain. C'est sympa. Ça développe plusieurs compétences et ça ouvre vraiment le champ des possibles.
- Speaker #0
Par rapport à toi, Nicolas, parce que tu me parlais d'énergie au Kenya, rappelle-moi, c'est ton mémoire que tu as fait ce projet ?
- Speaker #1
Un PhD, oui. Une thèse sur… Moi, le sujet de ma thèse, c'était l'accès à l'électricité dans les zones reculées du continent africain, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. L'idée, c'est de se dire comment aujourd'hui, les 1 milliard de personnes qui n'ont pas encore accès à l'électricité, ça représente des émissions qui sont considérables si elles ont accès à l'électricité avec des centrales à charbon, par exemple. Et là, l'idée, c'est de se dire comment on peut amener l'électricité en ayant des innovations en termes de technologie, mais aussi en termes de business model. Et de se dire, mettons qu'on est un village de 100 habitants qui sont au fin fond de la Tanzanie. Et bah concrètement comment on peut ramener l'électricité à un coût abordable avec des panneaux solaires, des batteries et des générateurs diesel pour avoir une bonne qualité de service. Et donc je faisais des modèles économiques et des modèles en sciences du climat. Donc c'était entre économie et sciences du climat. Et avec Schneider Electric aussi qui est une entreprise qui a beaucoup d'équipes sur ces sujets là.
- Speaker #0
Ok, trop cool. Et c'est ça qu'à partir de quand justement tu avais envie de bosser là dedans avec Rise, la fondation etc ? C'est nul par rapport à ton PhD ?
- Speaker #1
En fait, même avant, je travaillais aussi au Boston Consulting Group ou dans l'équipe COP21 au cabinet de Ségolon-Réal, qui était ministre de l'Environnement. C'était la partie non politisée. Et dans ces expériences-là, j'ai beaucoup travaillé avec les pays du Sud. Et en fait, ce que je trouve génial sur ces sujets-là, c'est qu'on mixe à la fois des solutions pour le climat, l'atténuation et l'adaptation, mais aussi pour le social et la biodiversité. Moi, je trouve que c'est un peu ce que disait Aurélien Barraud aussi, qu'on connaît bien avec Grenoble, l'astrophysicien. qui parle beaucoup de ça, lui ce qu'il dit c'est que même si demain tu trouves une énergie qui est 100% propre, tu continueras de transformer la planète en un parking géant. Et il a raison, tu dis que le problème uniquement d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre, si tu le prends uniquement lui, ça n'a pas de sens d'apporter des solutions uniquement à ce problème-là. Et donc là l'idée c'est de montrer comment tu peux mixer toutes ces solutions, et avec toutes ces solutions avoir un impact positif sur la planète et ses habitants.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
trop cool.
- Speaker #0
Je vais vous laisser choisir un autre badge. Ouais. Hop, tiens.
- Speaker #1
Allez, commencez. Je vais te choisir avant, je te laisse double clic.
- Speaker #2
Bonjour, alors j'avais une petite question, de quoi êtes-vous le plus fier ?
- Speaker #1
Ouais, c'est une bonne question. Tu veux que j'y réponde ? Oui,
- Speaker #2
s'il vous plaît.
- Speaker #1
Je pense que le plus fier, c'est ce qu'on se disait en venant justement pour enregistrer ce podcast avec vous, c'est vraiment de toutes les rencontres qu'on aura fait grâce à ce projet et de toutes les personnes qu'on a embarquées dans l'aventure et toutes les solutions qu'on arrive à mettre en place au fil de toute cette aventure. Parce qu'on est parti il y a quatre ans et demi, on tournait le... Le teaser de Rise, on était aux Etats-Unis pour faire des partenariats de recherche avec Berkeley et Stanford. Et en fait, on en a profité pour tourner le teaser de Rise et on était à Monument Valley, le truc qu'on connaît bien, qui est vraiment super beau. Et donc Charlotte, elle me filmait en train d'essayer de parler anglais pour faire le teaser. Elle se prenait en même temps des cactus et tout ça parce qu'elle reculait avec la cam.
- Speaker #2
T'es solo, Nico !
- Speaker #1
Vraiment, on a réussi à faire un truc sympa, mais en fait, on était un peu fous. On a fait 50 prises du truc. Ouais c'était quelque chose quoi. Et du coup grâce à ça on a réussi à... En fait on s'est pris tellement de portes fermées et tout ça, ça on le faisait, si tu te rappelles, parce qu'on avait une boîte de prod qui voulait qu'on fasse un truc ensemble et tout ça, et en fait on a avancé pendant quatre ans avec eux et ça n'a jamais marché. Et donc ouais voilà c'est vraiment le secret du truc, c'est vraiment de... Aussi je pense qu'on peut le faire, c'est de jamais avoir lâché le projet.
- Speaker #0
Parce que du coup ça a cinq ans Rise ? Ça fait combien de temps ?
- Speaker #1
On a lancé officiellement la COP 27 en Egypte. Donc là on est à la COP 30 du Brésil donc trois ans. Mais en fait, avant de le lancer, tu as toute une démarche de mettre en place les vidéos, les présentations. Donc, c'est un camp à peu près.
- Speaker #0
Et toi Charlotte, tu as plus grande fierté ?
- Speaker #2
Je dirais un peu pareil que Nico. Et après aussi, peut-être tout ce qu'on a réussi à créer entre nous aussi. Parce qu'on est hyper complémentaires. C'est ce que je me disais,
- Speaker #0
vous avez l'air grave complémentaire.
- Speaker #2
Oui, ça c'est cool aussi d'avoir réussi. un peu à amener chacun nos différents trucs. Après, au début, c'était plus le projet de Nico, un peu. Parce que moi, j'étais dans autre chose. Et petit à petit, c'est un peu devenu plus notre projet. Et aujourd'hui, je trouve qu'on arrive bien à mixer nos idées, à essayer de réfléchir à la suite ensemble. C'est cool. C'est vraiment cool que ça a évolué.
- Speaker #1
C'est ce qui fait la force aussi, après, de ce qu'on arrive à construire.
- Speaker #0
C'est sûr que d'être complémentaire dans une équipe ou dans un couple, ça crée une force j'imagine. Et vous prenez le rôle de l'autre de temps en temps ? Est-ce que toi ça t'arrive de prendre la caméra ou autre, ou la partie audiovisuelle ? Et toi plus la partie, je sais pas, est-ce que vous échangez de temps en temps ?
- Speaker #2
Nico de temps en temps il prend la cam parce que des fois j'ai une bande qui m'aide pour des trucs, du coup il sait un peu faire. Donc voilà.
- Speaker #1
Tu prends aussi la partie là sur... Avec Madagascar, on va faire quelque chose sur les herbiers de Posidonie. Par exemple, pour essayer de mettre en place des mouillages écologiques pour avoir un impact vraiment très concret sur défendre les herbiers de Posidonie. C'est quoi un mouillage écologique ? Alors en fait, les herbiers de Posidonie, ce ne sont pas des algues, ce sont des herbiers qu'on a sous l'eau dans la Méditerranée. Le mouillage,
- Speaker #0
c'est-à-dire en bateau pour ne pas casser le... Et voilà, en fait,
- Speaker #1
ce qui est à 30% de la déconstruction de ces herbiers. C'est à cause des enclos qui arrivent, qui mettent leurs encles. Et en fait, quand ils partent, quand ils tirent l'encre, ça détruit énormément d'herbiers. Et en fait, les herbiers, ils sont très lents à pousser. Et l'idée, c'est de se dire, en fait, on peut sauver 30% de ces herbiers sur la côte méditerranée. Et en faisant ça, on arrive à compenser les émissions de 50 000 foyers français. C'est énorme. Le mouillage écologique, c'est de se dire, en fait, au lieu que les bateaux mettent leurs encles, tu viens percer au fond de l'eau, tu viens mettre un petit tube qui va te permettre d'avoir une bouée. et en fait le bateau va juste venir s'accrocher à cette bouée Comme ça, ça évite qu'il ait son encre.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est chouette.
- Speaker #1
Ouais, et donc là, c'est Charlotte qui a fait toute la partie. Elle a regardé tous les rapports scientifiques et tout ça pour se dire concrètement comment tu peux agir là-dessus.
- Speaker #0
Ok, trop cool. Et juste pour revenir par rapport justement à Rise, donc là actuellement on peut le voir en streaming sur Prime Vidéo, c'est ça ?
- Speaker #1
Les premiers épisodes sont dispos sur Prime, il y a Népal, Madagascar et là Pérou. Depuis aujourd'hui.
- Speaker #0
Ça se fait il y a quelques jours, non ?
- Speaker #2
Il vient de sortir.
- Speaker #0
Il vient de sortir.
- Speaker #1
Et des autres qui sont disponibles déjà, Népal ça fait déjà un an.
- Speaker #0
Ça s'est fait assez facilement avec Prime, comment vous avez eu le contrat ?
- Speaker #2
C'est compliqué, c'est des choses qui sont très long terme. Nous, on avait déjà fait des documentaires pour TF1, donc ça nous permettait d'avoir des portes d'entrée.
- Speaker #0
Tes premiers documentaires, rappelez-moi le titre.
- Speaker #2
Il faut sauver.
- Speaker #0
Et à chaque fois, vous changez d'endroit.
- Speaker #2
Il faut sauver les Alpes, ensuite il faut sauver les volcans d'Auvergne et il faut sauver la Provence. C'était que en France. C'est parti en 2015, j'avais créé une association. On faisait ces courtes vidéos pour vulgariser des sujets autour du dérèglement climatique. Et de là ça a bien marché, on a une boîte de prod de Paris qui est venue nous voir pour nous dire Bah en fait vos trucs c'est intéressant, on pourrait peut-être en faire une collection de documentaires Donc on a mis longtemps à créer une collection de documentaires de là Qui a été prise par Ushuaïa et TF1 Et ensuite bah après tu rentres un peu dans le milieu Et puis c'est un milieu qui est un peu fermé donc c'est difficile d'y rentrer Et puis après il faut avoir les bons contacts, les bonnes relations Et puis il faut jamais lâcher parce qu'en fait tu te prends tellement de porte-parfaits T'as tellement de désillusions Tu connaissais un peu ce milieu ?
- Speaker #0
Pas du tout,
- Speaker #2
ouais Moi j'ai peut-être personne dans ce milieu dans ma famille Et le truc, c'est qu'en fait, ce qu'il faut se dire maintenant, ce qu'on se dit, c'est que nous, on trace notre route. On trace notre route, on embarque les personnes qu'il faut. On essaie de mettre en place des trucs, de faire des trucs concrets, de sensibiliser des personnes, de donner envie aux personnes, aux gens, d'avoir un impact positif concret. Et à côté de ça, on se dit peut-être que ça marchera avec aussi d'autres boîtes de prod, d'autres diffuseurs et de ça. Mais voilà, on fait notre truc.
- Speaker #1
C'est aussi la force de Nico, c'est qu'il a une idée en tête, il va à fond. En lui disant 15 fois, il va quand même essayer de trouver quelqu'un qui va lui dire oui. Et moi des fois, j'entendais les discussions qu'il a, les visios qu'il faisait, des gens qui lui disaient non, mais j'aurais été à sa place, moi j'aurais chialé, j'aurais tout arrêté. Et lui, il est toujours... Il lâche rien ! Non mais vraiment, et ça c'est cool, parce que moi je suis pas du tout comme ça, je suis plutôt en mode, on me dit non, ton projet c'est nul, je vais me dire ah non mais c'est vraiment nul mon projet, tu vois. Alors que...
- Speaker #2
Tu te rappelles aux US ?
- Speaker #1
Ouais aux US, je me souviens, c'était même pas moi en visio, il y avait quelqu'un qui...
- Speaker #2
On n'avait pas beaucoup de réseau On avait pas de moyens Donc on avait une voiture avec une tente Donc on se déplaçait et tout ça et on dormait dans le temps en tant qu'un pique sauvage. On avait un spray à ours pour être sûr de ne pas se faire attaquer après la nuit. Et après on avait loué juste une nuit d'hôtel parce que j'avais calé toutes mes visios avec des partenaires pour pitcher Rise une matinée. Et donc je pitchais derrière le PC et Charlotte a été derrière.
- Speaker #1
Un peu cachée quoi.
- Speaker #2
Un peu cachée pour attendre et tout ça. Et en fait t'avais plus de chance.
- Speaker #1
Fermec était pas du tout sympa et en fait moi je me disais mais comment il fait pour garder la face visio quoi. Et moi je suis en train de chialer derrière en me disant Autant de violence Et ouais en fait il arrive trop bien
- Speaker #0
Moi je suis pas du tout comme ça Donc c'est cool d'avoir Par rapport à une complémentarité cool C'est cool ça Qui bossent ensemble et avec qui ça marche bien C'est les plus redoutables C'est quand même une complémentarité énorme
- Speaker #2
Mais faut faire attention que ça bouffe pas non plus La vibration Nous ce qu'on dit c'est vraiment ça la priorité Et puis après on fait l'air projet a coûté un équilibre entre preneur aussi bossant cool je pense que si on bossait pas en couple ce serait compliqué tu vas d'avoir des tournages et de vie des trucs aussi fort c'est incroyable ce que vous vivez ensemble et après aussi ce qu'on se dit c'est peut-être que c'est juste une partie de notre vie face et on a fait tellement truc à deux c'est que ça fait peut-être qu'un jour on aura envie d'autres choses et puis on aura vécu ça ce sera assez bien et
- Speaker #1
on verra bien nous mène la vie quoi.
- Speaker #0
C'est pas génial hein. quand je regardais vos insta quand je voyais tous les trucs que vous faites à deux c'est super inspirant c'est très beau ça donne envie de partager autant c'est vraiment cool nous on a un peu du mal à ne pas être ensemble comment vous faites pour être tout le temps ensemble il y a des couples comme ça qui sont très passionnés vous pourriez pas partir en vacances séparément genre deux semaines chacun t'es froid on fait des trucs quand même
- Speaker #1
on fait quand même des trucs je peux même parler avec des copines ça fait du bien aussi on est trop content d'être ensemble de partager des trucs faire nos petites aventures moi comme je dis souvent c'est le meilleur partenaire tout
- Speaker #0
est tellement fluide dans l'ensemble c'est trop bien c'est chouette et par rapport au vélo t'as eu un accident de vélo pour un nouvel an j'avais lu ça Merci.
- Speaker #1
C'est un accident un peu à la con, j'étais avec des potes, on voulait faire une sortie pour Noël un peu longue, aller manger des crêpes en Suisse. Et en fait, on était trois, on roulait dans les roues et celui qui était devant connaissait par cœur la route, il n'a pas dit qu'il fallait tourner. Du coup, il a tourné, mais moi je ne savais pas, je suis allée continuer tout droit, donc je lui ai foncé dedans, du coup j'ai valdingué au-dessus de mon vélo. Et en fait... J'étais inconsciente pendant 30 minutes, mon casque s'est fissuré en deux, du coup ça m'a vraiment sauvé la vie pour le coup.
- Speaker #0
Ça c'est important aussi.
- Speaker #1
Ouais, c'est vraiment, moi je ne peux plus faire de vélo sans casque. Ouais,
- Speaker #0
pareil.
- Speaker #1
Quand tu vois à quel point, et puis je ne roulais pas hyper vite, donc tu es à 25 sur du plat, c'était pas hyper vite, mais ça suffit pour te péter la tête en deux et toi tu meurs, toi tu es paraplégique ou tétra ou autre. Et ouais, du coup je me suis cassé les coudes, les cervicales, enfin des trucs un peu. Voilà, et c'était un peu une période où j'étais déjà pas bien. Je pense que c'était un enchaînement un peu de plein de trucs. Et voilà, j'ai passé Noël à l'hôpital. C'est pas très cool, mais...
- Speaker #0
Et t'as réussi à reprendre le vélo après ou t'as pas eu d'appréhension ?
- Speaker #1
Si, j'ai pas... Après ça, j'ai quasiment plus fait de vélo jusqu'à ce que je me remette un peu avec Nico. Enfin, un peu deux... Un ou deux ans après qu'on soit ensemble, j'ai voulu m'y remettre. Mais au début, j'avais trop peur, quoi, vraiment.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
c'était trop traumatisant.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est sûr. Je trouvais ça dangereux. Mais petit à petit, j'ai réussi à reprendre confiance. Mais ça prend du temps, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. On va passer, on dit, dans les abysses. Tu aurais une petite question qui va s'afficher.
- Speaker #1
Si vous pouviez parler à votre vous d'avant, qu'est-ce que vous diriez ? Alors, si je pouvais parler à mon moi d'avant... Ben, très franchement, je pensais pas du tout en arriver là dans ma vie. Déjà, je pensais même pas arriver à cette période de ma vie. Je pensais... Enfin, quand j'étais plus jeune, j'étais vraiment pas bien. J'ai eu une période d'anorexie, j'étais hyper déprimée et tout ça, et je voulais vraiment mourir. Du coup, pour moi, la vie avait peu de sens, et j'imaginais jamais avoir 30 ans, j'imaginais jamais avoir... Pas de rembrassement,
- Speaker #0
là, ouais.
- Speaker #1
Ouais, vraiment, j'étais vraiment pas bien. Je pensais jamais avoir une histoire comme avec Nico, tout ce qu'on a construit et tout. Je pouvais me dire un truc, c'est vraiment de ne pas lâcher, d'y croire pour s'en sortir quand ça ne va pas. C'est vraiment possible d'aller mieux, de s'en sortir. Je n'aurais jamais cru qu'aujourd'hui, j'en arrive là, que je sois heureuse, que j'aime la vie et tout ça.
- Speaker #0
Et quand tu me dis justement j'aime la vie, je crois que c'est le titre de ton livre que tu as écrit, Après l'anorexie, il y a la vie.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en parler un peu de ce livre ? Oui, il y a 4-5 ans, je crois.
- Speaker #1
Je l'ai sorti en 2019, il me semble.
- Speaker #0
Vous étiez ensemble ou pas ? Oui,
- Speaker #1
je suis unité de l'écriture quand on était ensemble. Et oui, j'ai sorti ce livre parce que quand j'étais anorexique, en fait, c'est un sujet qui est quand même globalement très tabou. enfin de moins en moins quand même on entend plus en plus parlé des TCA, etc. Mais à l'époque, c'était vraiment hyper tabou. Et il y avait peu de... Les troubles du comportement alimentaire, ouais. Et il y avait peu de choses à ce sujet, hormis des livres sur le fait que on te dit que l'anorexie, c'est souvent lié à une relation trop fusionnelle avec la mère. Et donc, même à l'hôpital, les médecins que j'ai vus, ils ont un peu fait culpabiliser la mère en mode c'est votre relation avec votre petit-papa. si énormément ça s'est avéré la plupart du temps moi c'était pas du tout le cas par exemple il y a plein de cas où c'est pas que ça c'est juste que c'est vieux c'est des choses qui existent depuis longtemps et on est resté là dessus parce qu'il n'y a pas trop de recherche et du coup j'ai vraiment voulu écrire un livre pour aider les personnes déjà à montrer que c'était possible de s'en sortir parce que souvent quand tu lis des livres on peut pas s'en sortir on a un orexique toute sa vie euh Et du coup, c'est un peu déprimant. C'était vraiment... Je ne m'en sortirai jamais, de toute façon. Et voilà, c'était vraiment pour essayer de montrer que c'était possible. Après, ma situation est différente de plein d'autres situations. On n'a pas toutes les mêmes histoires, ou tous, parce qu'il y a aussi des garçons qui ont des problèmes, des troubles du comportement alimentaire. Mais voilà, de montrer que c'est possible. Et après aussi, il y a énormément de volonté et tout ça. En fait, des fois, moi, j'étais bien à mon confort d'être pas bien, finalement. C'est un peu bizarre de dire ça, mais... En fait, on est dans une situation où quelque part, c'est tellement dur d'essayer de s'en sortir, de faire des efforts, ça demande de l'énergie, que finalement, on se complaît dans notre mal-être un peu. Et donc des fois, j'avais un peu du mal à me dire « Non mais allez là, j'essaie vraiment de faire quelque chose pour m'en sortir. » Et puis vu que je voyais que des trucs négatifs sur le sujet, en mode « Je ne vais pas m'en sortir » , c'est aussi difficile de se mettre dans une dynamique. Les médecins, ils étaient un peu tous… Enfin… J'ai été hospitalisée parce que j'étais vraiment tombée hyper bas et j'étais vraiment pas loin de mourir. Mon cœur était à 30 bâtons par minute, j'avais plus de tension et tout. Et en fait là on m'a dit si tu manges pas tu vas vraiment mourir. On m'apporte une assiette avec du poulet.
- Speaker #2
patates et vraiment je pouvais pas enfin c'est trop compliqué pour moi le manger et quand on met ça bas enfin je me suis dit mais en rien compris c'est pas possible en fait c'est compliqué de trouver enfin de prendre mois début c'est que je comprends pas avant d'avoir en fait tu dis bah c'est bon mange pas compliqué quoi voilà tu as juste à ouvrir la bouche et j'ai fait c'est sûr en fait c'est vrai qu'on veut
- Speaker #0
le truc tu te rends compte que c'est pas aussi évident que ça quoi ouais parce qu'en fait donc c'est si on explique un peu l'anorexie c'est que c'est la perception de se dire qu'on a On se sent en surpoids ? Oui,
- Speaker #1
en fait, moi, ça a un peu commencé. Déjà, j'ai toujours été grande et maigre depuis toute petite. Et j'étais en internat au lycée. Et par exemple, j'étais avec une copine, je mangeais n'importe quoi et je ne grossissais jamais. Elle me disait, mais comment tu fais ? Ce n'est pas possible. Et je ne sais pas, j'étais comme ça. Et en fait, après, je me suis mis à faire vachement de sport, un peu en grandissant. Et un jour, je me suis blessée en course à pied. Je me suis mis au vélo et j'ai pris du poids, mais plutôt du muscle. J'étais pas du tout grosse pour ma taille, enfin juste c'était normal quoi. Mais sauf que dans ma famille, il y a quand même un peu un truc avec le sport, le corps, c'était déjà un peu voilà. Et mon père m'a fait une réflexion un peu en mode de « ah mais fais gaffe t'as grossi » , mais en rigolant un peu tu vois. Sauf qu'il me l'a fait deux, trois fois, mes frères aussi en déconnant. Et en fait un jour moi je me suis dit « mais c'est vrai que j'ai un peu grossi et ça m'a plus fait trop rire tu vois » . Je me suis dit « bah je fais un régime pour perdre 3 kilos » , ce qui est pas non plus énorme tu vois, c'est correct. Sauf que mon régime s'est transformé en un régime qui a duré hyper longtemps. Et en fait, petit à petit, ça, plus plein d'autres trucs qui n'allaient pas à côté dans ma vie aussi. Que j'ai vécu des situations, par exemple, au lycée, je me suis fait harceler pour que je me suicide. Et je n'ai jamais vraiment réglé le problème. J'ai fait énormément de crises d'angoisse et tout ça. Et j'étais déjà pas bien. Et en fait, pour moi, le truc avec mon père, les réflexions et tout ça, c'était juste un peu le symptôme de tout ce que j'ai vécu avant, qui là, s'est montré avec ça. Et là, je ne me sentais pas bien dans mon corps. Je me sentais grosse. Je voulais disparaître alors que je n'étais pas du tout grosse. Mais je me pesais 50 000 fois par jour. Après, faire les courses, c'était un enfer. Je restais une heure et demie dans ce magasin et je n'achetais rien. Je lisais tous les ingrédients, les calories. Il fallait que je fasse du sport pour me dépenser. Mais en fait, c'était infernal. Ma vie était contrôlée autour de tout ça. En fait, c'est juste que je n'allais pas bien. Et ça me permettait de ne pas être en contrôle.
- Speaker #0
Tu sais comment ça arrivait ou parce qu'au début, tu avais un objectif ? de perdre 3 kilos, et après, c'est là que ça a dégringolé. Comment tu analyserais la chose ?
- Speaker #2
Tu as aussi le truc avec le sport ?
- Speaker #1
Oui, j'avais... Tu as malgré tes perfs ? Oui, oui, voilà. Ah,
- Speaker #0
plus tu maigrissais, plus tu marquais, plus tu malgré tes perfs. En vélo, ils sont très maigres. Oui,
- Speaker #1
mais surtout en course à pied. J'étais plus sur la course à pied. Le vélo, c'était juste parce que j'étais blessée, mais après, j'ai repris la course à pied.
- Speaker #0
Tu faisais beaucoup de courses aussi ? Oui,
- Speaker #1
je faisais surtout de la course à pied.
- Speaker #0
Tu faisais des marathons et tout ?
- Speaker #1
Pas des marathons, plutôt... Au début, je faisais de l'athlétisme, plutôt des trucs courts. Et après, j'ai commencé à faire des trucs plus longs et du trail. mais plutôt des trucs 30 km j'étais plutôt sur des courses comme ça 20-30 et et Et en fait, pour mon père, c'était très important, la compétition, etc. Il a toujours valorisé ça. J'ai un frère qui est en équipe élite de vélo de route et qui a aussi eu des problèmes. Mais en fait, pour mon père, moi, je me souviens que la première fois qu'il m'a dit qu'il m'aimait, c'est quand j'ai gagné une course, tu vois. Et du coup, pour moi, j'ai associé la performance à la reconnaissance de mon père. Et ça a été tout un engrenage comme ça où... Du coup, plus je perdais du poids, plus je gagnais. J'ai eu un jour où ça ne marchait plus. Mais voilà, je voulais que mon père soit fier de moi. Du coup, après, j'étais dans un club où il y avait beaucoup de gars. Et en fait, c'était un peu comme mes papas. On était fiers de moi parce que je gagnais des courses. Et voilà, j'avais vraiment un manque de confiance en moi. Tout plein de trucs, des situations que j'ai vécues, un peu des relations toxiques, etc. qui font que j'ai été dans ce truc là, j'avais un énorme besoin de reconnaissance, que je me sentais pas bien et du coup pour moi c'était une façon de... bah un peu de... ouais je sais pas de... d'exister tout en essayant de disparaître de ce monde que je trouvais... enfin vraiment j'avais pas trop d'objectifs tu vois je... enfin j'étais vraiment... après j'étais...
- Speaker #0
T'avais des pensées noires à toi c'était très dur cette époque là ?
- Speaker #1
Ah bah j'avais grave de... ouais ouais j'étais... enfin vraiment moi je... en fait pour moi l'anorexie c'était un peu un suicide lent tu vois ? Ou euh... Je me nourrissais plus, je me faisais du mal à longueur de journée. Et en fait, parce que je trouvais que c'était... Enfin, je n'arrivais pas à avoir de bonheur dans la vie. Et je faisais énormément de crises d'angoisse aussi, et c'est beaucoup de tétanie. Et en fait, c'est hyper angoissant. Enfin, tu as l'impression un peu que... Je ne sais pas, tu es enfermée dans un truc que tu ne peux pas contrôler. Et je n'avais plus du tout envie de vivre ça. Et je me disais, mais si la vie, c'est être aussi mal tout le temps, je n'ai pas envie que ça dure comme ça pendant des années. Et voilà.
- Speaker #0
Et comment tu as fait alors pour t'en sortir ?
- Speaker #1
Bah après j'ai eu un peu un déclic En fait à côté de tout ça mes parents divorçaient aussi C'était une situation très compliquée Et en fait j'ai eu un peu un déclic Bah déjà quand j'ai été hospitalisée Où ils m'ont dit que là j'allais mourir etc Ça m'a un peu fait J'ai un peu réfléchi parce que j'ai été pas mal toute seule dans une chambre Et tout ça Et là je me suis dit Est-ce que j'ai un rêve Et en fait à cette époque là mon rêve c'était de partir faire de l'humanitaire Parce que j'étais en études d'infirmière
- Speaker #0
Ah c'est là que t'es partie j'ai vu t'es partie en Inde Ouais
- Speaker #1
Et en fait, on m'a dit « Ok, mais si tu reprends du poids. » Et du coup, ça a été un peu ma carotte. Et je n'ai pas du tout repris le poids qu'on m'avait demandé de prendre, mais j'en ai repris. Et du coup, on m'a quand même laissé partir. Et donc, ça m'a un peu mis dans une dynamique où, ok, déjà, je peux réussir à en reprendre et à un peu m'en sortir et avancer. Et à vivre des trucs. Là-bas, j'ai rencontré des gens, puis ils ont une philosophie un peu de la vie qui est... aussi t'aide un peu à voir les choses autrement et ça m'a vachement aidée aussi à essayer de m'en sortir, d'aller vers l'avant et puis après en fait je suis partie un jour j'ai pété un plomb et j'ai décidé de partir avec ma petite voiture, toutes mes affaires et de quitter l'environnement familial qui était un peu devenu... T'as fait une to the wild alors ? Tu l'as vu ou pas ? C'est vraiment ça, c'est vraiment qu'il divorce qu'il s'embrouille et ouais en fait ça m'a fait du bien après c'est sûr, ça a pris du temps ça a pris des années ... J'ai vu, je ne sais pas, quand même deux psys. Enfin, voilà. Mais après, aujourd'hui, c'est aussi ce qui m'a fait grandir.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Enfin, tu vois, ce qui me permet d'être ce que je suis. Et c'est sûr, si je pouvais ne pas le revivre, je ne le reverrais pas. Mais maintenant que je l'ai vécu, enfin, je suis obligée de faire avec.
- Speaker #0
Tu en fais une forte après. Et du coup,
- Speaker #1
j'essaye de m'en servir. Et aussi, maintenant, tu vois, j'ai plus envie de profiter de la vie. En fait j'ai l'impression d'avoir une deuxième vie maintenant et du coup j'ai envie de la vivre à fond parce que j'ai l'impression qu'on m'a un peu volé des années c'est moi au final qui me les suis volées mais j'ai envie de rattraper ce temps perdu où tout le monde dit ah moi les années lycées j'aimerais trop y retourner,
- Speaker #0
moi pas du tout mais du coup j'ai envie d'en profiter maintenant et du coup toi Nicolas quand t'as connu Charlotte t'avais vaincu cette anorexie est-ce qu'on dit d'ailleurs est-ce qu'on peut la vaincre on est toujours un peu je pense que T'as un chou
- Speaker #1
plus du tout de problèmes de par exemple de me priver de boulimie ce qu'après j'ai eu de la boulimie ouais mais j'ai encore des fois où par exemple c'est quoi la différence entre la boulimie l'hyperphagie ouais en fait par exemple l'anorexie c'est tu manges plus donc ça ouais la boulimie c'est tu vas te remplir et normalement tu vomis enfin tu manges énormément et après tu vas vomir pour te délester de tout ce que tu as mangé moi c'était plutôt le sport je me faisais pas au mien mais j'allais faire du sport aux trans mais vraiment aux trans et après Enfin voilà, c'est un gros... Tu dis que tu as un hyperphagie,
- Speaker #0
c'est pareil, c'est manger sans te promener du coup ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, tu fais que de manger. Ce que je disais, c'est que j'ai plus de problèmes comme ça par rapport à l'alimentation. Par contre, ce que je vais avoir des fois, c'est surtout dans les périodes avant que j'ai mes règles, ou dans les syndromes prémenstruels où tu es un peu plus déprimé, où des fois je vais avoir l'impression que tout d'un coup je suis grosse, tu vois, alors que c'est faux, je ne suis pas grosse, je n'ai pas grossi en un jour ou en deux jours.
- Speaker #0
c'est toujours avant c'est vraiment c'est un peu
- Speaker #1
J'ai un peu du mal à... J'ai souvent cette période où des fois, j'ai envie de pleurer pour rien.
- Speaker #2
Il faut qu'on l'apprenne à la gérer aussi. Voilà.
- Speaker #1
Et en fait, des fois, ça va me faire ça. Mais comme j'en parle avec des copines, j'ai plein de copines qui, de temps en temps, n'aiment pas leur corps et ne se sentent pas bien. Et en fait, ce n'est pas parce que un jour dans le mois ou deux jours dans le mois, on n'est pas bien dans notre corps qu'on est anorexique ou qu'on a un problème. Mais c'est juste aussi, après, d'apprendre à gérer. Je dirais que c'est des pensées négatives sur notre corps. il y a plein de femmes qui en ont et c'est pas pour ça qu'on a un problème c'est aussi la société qui fait que les réseaux sociaux et tout on a l'impression que il faut être parfait et en fait c'est pas vraiment le cas et moi aujourd'hui vraiment je me dis vu que j'ai plus de problème avec l'alimentation tu vois particulier j'ai vraiment l'impression de m'être sortie de cette période mais après je pense que oui peut-être que si un jour je vis un truc hyper dur dans ma vie peut-être que ça reviendra j'en sais rien
- Speaker #0
Et t'as peur que ça revienne ?
- Speaker #1
Bah des fois c'est un peu le truc qui me fait un peu plus peur c'est si un jour on a des enfants j'ai peur qu'ils aient la même chose tu vois parce que ça m'a fait tellement de mal que ça me fait un peu peur mais en fait...
- Speaker #0
Les troubles alimentaires souvent c'est héréditaire ou ?
- Speaker #1
Bah ça peut, enfin t'es pas héréditaire dans l'ADN mais quand t'en as eu dans ta famille c'est possible qu'il y en ait dans chez tes enfants ou voilà mais après je pense aussi que le truc c'est important d'en parler et... peut-être d'évoluer dans un... Tu vois, moi, mes parents, on n'en parlait pas trop de tout ça. Et c'était vraiment... Ils étaient vachement là-dedans, en fait, mais sans qu'on en parle. Et je pense que si t'en parles... Nous, on n'en parle pas mal ensemble. On en parle beaucoup, tous les deux.
- Speaker #0
Et Nicolas, ça t'arrive de... de faire attention à Charlotte, de dire... Que t'es peur qu'elle puisse retomber dans l'anorexie ?
- Speaker #2
Comment tu le dis à toi ? On en parle beaucoup ensemble et puis on se dit, quand ça ne va pas, quand ça ne va pas, ce que tu dis aussi avec tout ce qui est en lien avec les règles, on essaie déjà de les identifier, de dire peut-être que là c'est pour ça, mais c'est de comprendre pourquoi et d'essayer ensuite de voir comment on peut le régler et puis en tout cas mieux vivre avec. Et ça c'est quelque chose qui est hyper important. Et puis, c'est toujours en lien avec la communication.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
De dire comment on peut avancer et trouver les bonnes solutions.
- Speaker #0
Parce que du coup, Nicolas, tu me disais, quand vous êtes connu, tu étais donc sorti de cette phase.
- Speaker #1
J'étais plutôt dans une phase de boulimie quand on s'est connu, pendant la fin de la boulimie.
- Speaker #2
On se faisait super petit déj.
- Speaker #1
Oui. Énorme. Mais en fait, c'était un peu difficile au début, parce qu'on a habité rapidement ensemble. Et moi, j'avais l'habitude de faire mon petit truc dans mon coin. Et là, c'était... En plus, c'était un endroit que je connaissais pas. Moi, j'étais pas de Grenoble, donc j'avais pas trop d'amis et tout. Du coup, c'était un peu dur au début de s'adapter à tout ça. Mais finalement, ça s'est fait petit à petit. Après, c'est juste que ça prend énormément de temps de sortir des trucs du comportement alimentaire et de trouver un équilibre. Et aussi de réussir à savoir ce qui est normal et pas normal. Parce que des fois, je me faisais des réflexions sur mon corps et j'étais hyper dure avec moi-même. Je me disais, ah non, mais là, c'est reparti, je suis retombée dedans. Alors que quand t'en parles autour de toi, il y a plein de personnes qui peuvent avoir des moments où tu te sens un peu moins bien, etc. Et c'est dur de savoir quand c'est dans le dur sort de t'es vraiment malade, c'est un problème. Ou ça va passer dans un jour, tu sais que... Là, des fois, je me dis, aujourd'hui, je suis pas bien dans mon corps, mais je sais qu'il n'y a rien qui a changé depuis hier. Et demain, ça ira mieux. Et j'arrive à me le dire, à savoir que là, c'est pas grave et que ça arrive à tout le monde. Et des fois, j'en parle avec Nico quand je suis pas bien et du coup, ça va mieux. Et voilà quoi.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu pourrais... Quels seraient les conseils que tu pourrais donner à des jeunes filles ou des jeunes garçons ? J'imagine qu'il y a plus de filles qui sont touchées par le problème de l'endoragie ou des troubles de comportement alimentaire. Qu'est-ce que tu pourrais recommander comme conseil ?
- Speaker #1
Le truc le plus important, je pense déjà, c'est d'en parler. C'est vraiment hyper... Enfin, de dire ce qui ne va pas, qu'on n'est pas bien, qu'on a l'impression qu'il y a un problème, même si peut-être que ce n'est pas si grave finalement, mais ça permet vraiment déjà d'extérioriser le truc et que une personne soit au courant, entendre notre mal-être et puisse éventuellement nous rediriger vers d'autres personnes. Et après, il y a pas mal de trucs aussi maintenant qui existent. Par exemple, il y a un site qui s'appelle Anorexie Boulimie où il y a des numéros gratuits pour pouvoir... Pour pouvoir appeler si on sent que... Enfin, si on ne se sent pas d'en parler à nos proches parce que c'est aussi un peu difficile des fois. Enfin, ça touche vachement notre intimité, le corps, etc. Et... Et voilà, je pense que c'est le plus important. Et après, de... de se dire que c'est pas une fin en soi, que c'est pas parce qu'on a une période qui dure même quelques années, moi ça a duré quelques années, qu'on peut pas s'en sortir et vivre une vie qui est bien, belle, normale, qu'on aime bien et tout ça quoi.
- Speaker #2
Et puis d'avoir un projet aussi comme l'Humanitaire en Inde. Ouais,
- Speaker #1
d'avoir des projets ouais. En fait ouais, d'avoir des projets peu importe ce que c'est, mais d'avoir des motivations quoi et des trucs...
- Speaker #0
En plus toi t'étais dans le médical, t'étais infirmière. Bah oui. Donc comment t'as fait, t'as pas eu ce truc où t'as... Tu prenais soin des autres, mais pas de toi-même. Comment tu faisais ?
- Speaker #1
D'ailleurs, j'étais en troisième année d'études et je l'ai arrêté. En plus, dans la troisième année de ces études, on me parlait de l'anorexie. C'était dans la psychiatrie. Pour moi, j'étais folle. J'étais anorexique, j'étais folle. C'était hyper dur parce qu'en plus, il y avait le regard des gens dans ma classe. J'étais vraiment maigre, donc ça se voyait. Je ne sais pas si j'étais maigre, c'était maladif. Du coup, tu me voyais, tu voyais que ça n'allait pas.
- Speaker #0
J'ai vu des photos, ouais. Et du coup, bah... Des vidéos, effectivement. Ouais,
- Speaker #1
et c'était compliqué, quoi. Moi, je me disais, je peux pas prendre soin des autres, alors que moi, je suis pas bien. Et en fait, ce qui est trop bizarre, c'est que dans un certain sens, je savais super bien prendre soin des autres. Alors que moi, je le faisais pas pour moi, quoi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et euh...
- Speaker #0
Souvent, les cordonniers sont le plus malchanceux. Bah ouais, c'est ça, quoi. Il y a beaucoup de personnes qui sont pas bien, des gens qui prennent soin de... Merci pour ce témoignage.
- Speaker #1
Bah non, rien.
- Speaker #0
Je vais te laisser Nicolas choisir un deuxième badge.
- Speaker #2
Alors, est-ce qu'il y a des moments où vous vous sentez impuissant face à ce que vous observez dans le monde et comment rebondissez-vous dans ces moments-là ? C'est une bonne question. C'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure dans le podcast. C'est que des fois, quand tu vois l'actualité au niveau global, tu te dis comment tu peux faire face à Trump, par exemple, qui sort de l'accord de Paris ou à plein d'autres sujets comme ça. Et en fait, je trouve que c'est un peu ce qu'on se dit avec Christ, c'est que quand tu reviens au niveau local, tu vois vraiment le pouvoir de tes actions. Et tu vois que le pouvoir de tes actions au niveau local, elles peuvent avoir aussi un... gros effet au niveau global. Et donc, c'est vraiment ça qu'on a envie de montrer avec RISE, c'est de redonner confiance dans le local, et de remontrer comment concrètement nous qui habitons où on habite, on peut avoir un effet au niveau local, et ensuite, cet effet au niveau local, il peut faire effet boule de neige ou effet colibri pour vraiment avoir un impact positif à grande échelle.
- Speaker #0
La sortie de documentaire ce soir, c'est quoi ? C'est l'avant-première du prochain documentaire ? Oui, c'est ça. C'est l'avant-première de Rise au Pérou sur le sujet de l'eau et les glaciers.
- Speaker #2
On est super content parce que c'est un peu un Paris documentaire. C'est l'idée, enfin cet épisode, c'est le quatrième qu'on a tourné. Et l'idée, c'était de se dire, on part avec une équipe un peu réduite et après, on embauche pas mal de personnes au niveau local. pour contribuer à la formation et aussi qu'on limite nos émissions de CO2. Et donc, on a vraiment réussi à faire quelque chose dont on est super fier. Et en plus, on a pu tourner dans la communauté qui est assez reculée. On a pu aussi faire plein d'autres images à droite à gauche pour mixer avec de l'alpinisme, des sommets, du parapente et de ça. Et donc, c'est quelque chose dont on est assez fier.
- Speaker #0
Et puis,
- Speaker #2
on a hâte de voir les... D'avoir les feedbacks du public. Parce qu'à chaque fois,
- Speaker #0
on va faire une petite projection au bureau, on va regarder ça.
- Speaker #2
Et puis en fait, à chaque fois, on est étonné. Des fois, il y a des passages où les moments vont rire, où les personnes vont rire. Et en fait, on ne pensait pas que c'était à ce moment-là. Il y en a d'autres où il y a une question. Et puis, ce qui est bien, c'est qu'on fait des projections, échanges, débats. Donc, des fois, il y a des scientifiques qui viennent, il y a des décideurs. Il y a nos partenaires qui sont là aussi. Donc, l'idée, c'est de se dire, comment on peut profiter de cette projection. pour influencer les personnes qui sont dans la salle, pour qu'elles mettent elles en place aussi ces solutions-là, des rencontres quotidiennes. Il y en a des personnes qui viennent de cabines ministérielles, de grandes entreprises et de ça, et donc ça, on est assez content de l'impact qu'on arrive à avoir, et la diversité des personnes qui assistent aux avant-premières.
- Speaker #0
Du coup, donc disponible sur Prime Vidéo depuis aujourd'hui, du coup. C'est l'épisode,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Depuis le, on est combien aujourd'hui ? 3 novembre. Il n'y a pas qu'à sortir un peu plus tard. Et qu'est-ce qu'on vous souhaite par la suite ?
- Speaker #2
plein d'autres rise qu'est ce que vous souhaitez quelques années c'est ça puis plein de belles aventures et de belles rencontres c'est ça qui est assez bien avec ses documentaires les rencontres et puis aussi d'avoir un impact positif ouais je pense ouais au cool bon en tout cas c'était génial j'ai kiffé cet échange avec vous on
- Speaker #0
vous souhaite beaucoup d'années de dizaines d'années ensemble c'est trop cool de faire way le perso le pro qu'on partage autant de choses ensemble trop chouette donc merci Nicolas merci Charlotte merci à toi à bientôt ciao merci de nous avoir écouté retrouvez le Deep Dive tous les jeudis sur notre chaîne YouTube et sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer, Apple Podcast et Amazon Music pensez à vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes d'ici là prenez soin de vous et à la prochaine