Speaker #0Est-ce que ton entreprise pourrait continuer à tourner si tu disparaissais deux semaines, par exemple ? Bon, t'es pas mort, t'es pas malade non plus, mais juste de prendre des vacances, vraiment. Eh bien, si la réponse honnête, c'est non, c'est peut-être parce que tout ce que tu sais faire, c'est encore dans ta tête, puis nulle part d'autre. Alors, si c'est ton cas... Bien, cet épisode est fait pour toi. Aujourd'hui, on parle de ce que ça coûte vraiment de ne pas documenter. Et comment tu peux, cette semaine, commencer à quitter la scène ? Pas tout d'un coup, là, mais en commençant par poser ta partition quelque part où les autres peuvent la lire. Ton entreprise fonctionne, mais en coulisses. c'est le vacarme. Si tu avances à l'intuition, dans l'urgence et dans le bruit, alors cette émission est faite pour toi. Je suis Christian Généreux et j'aide les entrepreneurs débordés à retrouver cadence, clarté et direction. Ici, on transforme la cacophonie en vraie symphonie entrepreneuriale. Pas de recette magique, mais en reprenant la baguette pour que tu deviennes toi aussi le chef d'orchestre de ton entreprise. Bienvenue à l'effet crescendo. Il y a un mythe tenace dans le monde des entrepreneurs, le mythe que si tu es indispensable, eh bien tu es précieux, que ta présence constante, c'est une preuve de leadership. Mais ce que personne ne dit à voix haute, c'est que si tout repose sur toi, ce n'est pas parce que tu es irremplaçable, c'est plutôt parce qu'il n'y a rien d'écrit. Il n'y a pas de processus clair, il n'y a pas de méthode documentée, il n'y a pas de partition que quelqu'un d'autre pourrait suivre sans toi. Juste toi. Encore et tout le temps. Et tant et aussi longtemps que ça reste comme ça, ben, tu ne travailles pas sur ton entreprise. Tu joues dedans, sans jamais pouvoir poser la baguette. Alors aujourd'hui... On change de posture, pas juste dans les mots, dans les gestes. Et il y a une couple de mois, j'ai eu une conversation avec une femme d'affaires qui est brillante, et reconnue en plus de ça, elle a une vraie réputation. Elle a des clients qui sont fidèles, bien sûr, elle a une équipe compétente. De l'extérieur, tout roulait. Puis à un moment donné, elle a dû pour... raison familiale, un deuil familial, elle a dû s'absenter une dizaine de jours. Ça, c'était non négociable. Il fallait qu'elle quitte. À son retour, il y avait des courriels qui n'avaient pas eu de réponse, des décisions qui étaient en attente, des clients qui commençaient à s'impatienter, des dossiers qui se taignaient. Et ce n'est pas parce que son équipe est incompétente, c'est plutôt parce que ce qu'elle savait faire... Elle n'avait jamais pris le temps de l'écrire. Comme par exemple, gérer des clients qui sont mécontents, son processus pour évaluer un mandat par exemple, sa façon de prioriser quand il y a cinq choses qui semblent urgentes qui arrivent en même temps. Tout ça, c'était dans sa tête, c'était intact, c'était précis, mais nulle part ailleurs. Et elle m'a dit une phrase que j'ai... pas oublié. Elle m'a dit « J'ai compris que j'avais bâti une entreprise autour de moi, pas pour moi. » Et dans cette phrase-là, il y a toute la différence entre un entrepreneur qui joue sur scène et un chef d'orchestre qui dirige depuis la bonne place. Et imagine, disons, un... premier violon, qui a 20 ans de métier, il connaît les pièces par cœur, il improvise avec grâce et avec tout son beau doigté, bien sûr, et il guide aussi les autres musiciens depuis la scène, et ça, tout à fait naturellement. Mais le soir où il est absent, il n'y a personne qui sait comment jouer sa partition à lui. Parce que... Il n'a jamais écrit sa partition. Puis, elle existait magistralement. seulement dans ses mains, dans ses réflexes à lui et dans sa mémoire. Autrement dit, t'es indispensable, mais pas parce que t'es le meilleur. C'est plutôt parce que t'es le seul à savoir jouer ta partition. Et un chef d'orchestre qui reste sur scène pour boucher des trous, ben, c'est plus un chef d'orchestre. C'est un musicien qui a trop peur de poser son archet. Et j'ai une bonne idée du pourquoi t'as pas encore commencé à documenter. Et je vais pas te faire sentir coupable, parce que si c'était simple, ben tu l'aurais probablement déjà fait. Mais la première raison, c'est que... C'est la vitesse. Tu as toujours eu l'impression que c'est plus vite de le faire toi-même, que ça va prendre des heures à l'expliquer ce que toi tu fais en 20 minutes. Et dans le moment présent, tu as probablement raison, c'est plus rapide, c'est plus vite. Mais le problème, c'est que tu refais toujours la même explication la semaine prochaine, puis l'autre d'après, puis l'autre encore. puis l'autre encore, et tu ne gagnais pas vraiment du temps. Tu le repoussais. La deuxième raison, c'est le standard. Tu as peur que les autres ne le fassent pas comme toi, que la qualité baisse, par exemple. Et que si ce n'est pas toi qui le fais, bien, ce n'est pas vraiment bien fait. Je sais qu'il y en a plusieurs qui écoutent. qui font le lien. Alors, tu gardes la main, tu gardes le contrôle pour protéger ce que tu as bâti. C'est une intention qui est tout à fait noble, évidemment, mais dans les faits, c'est une cage que tu t'es construite toi-même. La troisième raison, et la plus honnête, c'est souvent le... T'as pas le temps, vraiment. Y'a toujours une urgence qui est plus pressante que de t'asseoir pour documenter. Pour toi, là, documenter, c'est un luxe pour quand que ça va se calmer. Pour la semaine tranquille, qui arrive jamais. Pour le mois de janvier moins chargé, mais qui l'est quand même. Alors, ben, tu continues à... être la pièce centrale de ta propre machine. Tu es le système. Tu continues à tout tenir, à tout vérifier, à tout valider. Et plus ton entreprise grossit, plus la machine devient lourde. Plus tu livres, moins tu as d'espace pour penser. C'est un cercle. Et le seul moyen d'en sortir... c'est de le briser intentionnellement. Et ce n'est pas un manque de discipline. C'est une posture qu'on n'a jamais remise en question jusqu'à aujourd'hui. Et la vérité, c'est que ne pas documenter, ce n'est pas un manque de temps, c'est un choix. Inconscient, souvent. Mais un choix quand même. Et comme tout choix, comme chaque décision, il y a des conséquences. Et tant et aussi longtemps que ta façon de faire reste dans ta tête, ton entreprise a une dépendance directe à ta présence. Elle ne peut pas grandir plus vite que toi. Elle ne peut pas absorber un nouveau client si tu as déjà les... deux mains pleines. Si ton assiette déborde. Elle ne peut pas non plus récupérer si tu tombes, par exemple. Et elle ne peut jamais vraiment te libérer parce que tu n'as jamais vraiment écrit la clé. C'est vraiment la posture du musicien qui veut rester sur scène. Et pas que sur scène. Tu es visible. t'es utile, t'es en mouvement T'as vraiment l'impression de contribuer et de faire avancer des choses. Et c'est réel. T'es efficace et t'es compétent. Mais t'es en train de confondre être utile et être libre. Un chef d'orchestre, lui, il va se placer en retrait. Il va écrire la partition, il va la transmettre, bien entendu. Et il fait confiance au cadre qu'il a créé. Il ne joue pas chaque note. Il s'assure que chaque note est bien jouée. Et c'est là que l'orchestre peut continuer à jouer, même quand il sort de la salle. Documenter, ce n'est pas bureaucratique. Ce n'est pas non plus une perte de temps. C'est un acte de leadership. qui est souvent le plus sous-estimé en entrepreneuriat. Parce que c'est ce qui, enfin, te libère de ta propre entreprise, qui te permet de grandir sans t'épuiser. C'est ce qui transforme, en fin de compte, ton expertise en actif réel. Il y a quelques années, j'ai vécu quelque chose de vraiment inconfortable. Tu sais, un de ces moments-là qui te forcent à regarder en pleine face ce que tu évites. Et puis, j'étais dans une période, disons, particulièrement chargée. J'avais plusieurs mandats en parallèle. J'avais des clients, bien entendu, exigeants, des échéanciers qui s'entrechevauchaient. Et j'ai dû passer un dossier à quelqu'un d'autre. Un dossier que je maîtrisais. parfaitement, que j'aurais pu même livrer les yeux fermés. Sauf que, quand j'ai voulu expliquer comment je travaillais ce type de mandat-là, j'ai réalisé une chose, que je ne savais pas comment le dire. C'est pas parce que c'était compliqué, et c'est pas non plus parce que la personne à qui je déléguais n'était pas capable non plus de comprendre. Mais c'est parce que... Je ne l'avais jamais vraiment formalisé, jamais nommé, je n'avais jamais mis sur papier. C'était surtout de l'instinct, de l'expérience accumulée, bien sûr, sur des années, mais qui était invisible pour tout le monde, sauf pour moi. Alors ce jour-là, j'ai compris que mon expertise était... était captive. Et tant qu'elle resterait là, mon entreprise va toujours dépendre de moi. Et non pas parce que je l'avais nécessairement décidée, mais parce que je n'avais jamais fait le travail de la libérer. Alors, j'ai commencé à écrire des étapes simples, des décisions clés, des critères que j'appliquais, en fin de compte, sans nécessairement m'en rendre compte. Des genres, si ça, ça arrive, voilà comment je gère ça. Tu vois le genre. Et quand j'ai commencé à faire ça, il y a quelque chose qui s'est allégé pour moi. Parce que pour la première fois, je voyais mon propre système, mais de l'extérieur. Et je pouvais enfin décider quoi garder. Quoi changer et quoi déléguer pour vrai ? Voici quelques effets concrètement qui se passent quand tu commences à documenter. Premier effet, tu reprends de la clarté sur toi-même. Mettre par écrit ce que tu fais, c'est souvent la première fois que tu le vois vraiment. Tu découvres des étapes. que tu répètes sans même t'en rendre compte. Des choses que tu pourrais déléguer demain matin si elles étaient écrites en quelque part. Deuxième effet, eh bien, ton équipe ou tes collaborateurs ou même tes clients peuvent avancer sans t'attendre. Les questions vont diminuer, les allers-retours aussi, parce qu'ils savent enfin ce qu'être bien fait... Ça ressemble à quoi dans ton entreprise ? Le troisième effet, lui, c'est que tu peux enfin commencer à travailler sur ton entreprise. pas juste dedans. Tu prends de la hauteur, tu vois les angles morts que tu ne voyais plus nécessairement et tu penses à la prochaine étape au lieu de gérer le feu du mouvement. Et une des raisons aussi pourquoi c'est important, surtout avec la venue de l'intelligence artificielle, c'est que quand tes processus sont écrits, c'est facile après ça d'utiliser des outils numériques. à notre disposition l'intelligence artificielle pour exécuter des tâches. Donc, que ce soit pour déléguer, quand on parle de déléguer, ça peut être de déléguer à quelqu'un. Ça peut déléguer aussi à un agent IA, par exemple. Mais pour ça, il faut que tu prennes le temps d'écrire. Et en écrivant comme ça, c'est que tu redeviens chef d'orchestre. Celui qui n'a plus besoin d'être sur scène pour que la musique joue, mais plutôt celui qui dirige depuis la bonne place. Celui qui a le temps de penser aussi à la prochaine saison. Donc, voici 7 signes que tu joues encore sur scène. 1. Tes collaborateurs ou ton équipe te posent les mêmes questions tout le temps en boucle et évidemment tu réponds à chaque fois. 2. Quand tu pars quelques jours par exemple, Les dossiers s'accumulent et attendent ton retour. Trois, tu expliques chaque fois au lieu de pointer vers un document qui existe déjà qui explique tout ça. Tu vérifies aussi tout avant que ça sorte, même les choses les plus simples. Cinquièmement, tu refais ce que les autres ont commencé parce que c'est plus vite. de le finir toi-même. Sixièmement, tu n'as pas vraiment pris de vraies vacances depuis que tu t'es lancé. Et dernièrement, l'idée de passer la main à quelqu'un d'autre, ça te stresse. Même sur les plus petites choses. Alors, si tu te reconnais dans au moins trois de ces points-là, Eh bien, tu es encore le musicien dans ta propre entreprise et il est peut-être le temps de monter sur le podium. Et pour y parvenir, voici trois étapes assez simples, mais qui peuvent changer la donne et qui peuvent t'aider à élever ta posture. Étape numéro un, on va composer. Donc, tu vas choisir... Un seul processus. Le plus répété, le plus récurrent, celui que tu fais au moins deux, trois fois par semaine sans même y penser. Écris-le comme si tu expliquais à quelqu'un de compétent qui n'a pas le droit de te poser des questions. Après ça, l'étape 2, on va accorder, donc structurer en étapes simples et lisibles. Donc, pas de jargon, pas de flaflas, des actions claires, dans l'ordre, dans le bon ordre, avec les critères de décision, évidemment, si ça s'applique. Et si ça se tient sur une page, c'est parfait. Si ça prend 10 pages, bien, simplifie avant d'écrire. Et la troisième étape, c'est d'interpréter... Donc, prends ce processus-là et confie-le à quelqu'un d'autre et observe. Observe là où il bloque, là où peut-être qu'il t'envoie un message pour clarifier. Et c'est exactement là que ta partition n'est peut-être pas encore complète. Ce n'est pas un échec, c'est une information. Alors, affine, peaufine et recommence. De cette manière-là, c'est que ça va t'aider à construire tes processus. Donc, tu en fais un par semaine, par exemple. Tu en fais juste un par semaine. Et imagine-toi dans 18 mois, si tu en fais un par semaine. Ça, c'est pas loin de 75 processus que tu peux déjà avoir décrits, qui est clair, qui va te permettre de déléguer, qui va te permettre aussi d'utiliser ces documents-là dans des outils numériques, par exemple. Alors, cette semaine... Comme je l'ai mentionné, une seule chose, une là, pas cinq, pas douze, juste une. Prends le processus que tu répètes le plus souvent. Celui que tu as probablement déjà expliqué trois fois à des gens différents, mais sans jamais l'avoir mis par écrit. Et écris-le. Pas pour être parfait, mais simplement pour commencer à sortir ta partition de ta tête. ça va te libérer de la charge mentale. Puis pour que la prochaine fois aussi, que quelqu'un qui te pose la question, tu puisses pointer vers un document au lieu de réexpliquer depuis le début. Parce que le jour où cette partition-là va être sur papier, tu vas pouvoir commencer à enfin quitter la scène et recommencer à diriger. depuis la bonne place, celle où tu entends la musique d'ensemble. Donc, tes processus clés, qui sont documentés, qui sont clairs et accessibles, ça, ce n'est pas 100 documents, c'est juste ceux qui comptent vraiment. Mais au moins, ils existent et ils fonctionnent. Donc, tu peux en avoir seulement trois, tu peux en avoir peut-être juste cinq, peut-être juste dix, peut-être une soixante-quinze, peu importe. Fais-le un par semaine. Donne-toi un par semaine, un par mois si tu préfères, à ta guise. Parce qu'en ayant ces processus-là, que ce soit ton équipe, tes collaborateurs ou même avec des clients avec qui tu collabores, ils vont avancer sans t'attendre toujours à chaque carrefour. Les décisions de routine vont se prendre sans toi et l'énergie que tu dépensais à boucher les trous, tu vas pouvoir la mettre sur ta croissance, sur des clients plus stratégiques, sur ta vision et aussi de prendre du temps pour toi. Parlant de prendre du temps pour toi, en faisant ça et en te libérant de cette... charge mentale là c'est que cet été tu vas pouvoir prendre deux semaines de vacances pour vrai tu sais le téléphone qui est à off la tête ailleurs puis que tu es complètement présent là où tu es et c'est pas parce que parce que tu te fous de ton entreprise mais c'est parce que tu lui fais confiance et à ton retour ben Ta business a continué à jouer juste. Une partition bien écrite, un orchestre qui n'avait plus vraiment besoin de chef à chacune des mesures ou à chaque pratique. Et sache que cette version-là de toi, elle existe déjà. Elle attend juste que tu écrives ta première partition cette semaine. Un processus, une page, un pas. dans la bonne direction. Car quitter la scène, ce n'est pas d'abandonner ton entreprise, c'est de lui faire confiance. C'est de décider consciemment que ce que tu as bâti mérite d'exister sans que tout passe par toi à chacun des instants. Et ton expertise... elle, elle mérite d'être transmise. Parce qu'elle a trop de valeur pour rester enfermée dans ta tête. Et le meilleur service que tu peux rendre à ton entreprise, c'est de la rendre capable de tourner sans toi. Pas parce que tu vas être absent, mais parce que tu pourrais l'être. Et cette liberté-là, ça commence par une... partition écrite et ton talent de leader c'est de diriger c'est pas de tout jouer ta place c'est le podium et non la scène et le chemin pour pour y arriver ou pour y revenir dépendant ben ça commence toujours par le même geste écrire ce que tu sais faire pour que les autres puissent enfin le faire avec toi ou pour toi. Un chef d'orchestre qui reste sur scène pour combler les trous, c'est plus un chef d'orchestre, on le dit, il devient le problème qui l'essaie. de résoudre. Alors cette semaine, écris ta première partition, un processus, une page, un geste concret pour commencer enfin à travailler sur ton entreprise.