Speaker #0Tu t'excuses quand quelqu'un te marche sur les pieds, tu dis « ça va » alors que t'as envie de hurler, et tu trouves toujours la meilleure répartie, trois jours plus tard, bienvenue sur Légitime, le podcast des ex-petites filles sages qui ont été formatées bien trop tôt à sourire, être sages, et sauver le monde avant leur premier café. Ici, on démonte les injonctions, on balance des « non » fermes mais respectueux, et on réapprend à prendre sa place. Pas en criant plus fort que tout le monde, juste en arrêtant d'être silencieuse. Moi c'est Clémentine, Je suis coach en affirmation de soi. Et si t'en as marre de te plier en quatre pour m'hériter 3 mètres de reconnaissance, retrouve-moi chaque semaine dans tes oreilles pour te partager des punchlines, des clés concrètes et des réflexions sans filtre pour t'aider à reprendre ta place. Et promis, je vais te prouver que poser tes limites, ça ne te fera pas perdre ton empathie, ni tous tes amis. Bonne écoute. Il y a un truc que je pensais pendant des années, à chaque fois que j'étais dans un groupe et qu'un sujet arrivait sur la table, et c'était toujours... Est-ce que j'ai quelque chose d'intéressant à dire là-dessus ? Est-ce que je vais être assez intéressante ? Et si la réponse était non, si j'avais l'impression, parce que c'est vraiment une impression, que je n'allais rien avoir d'intéressant à dire, je disparaissais. Donc évidemment pas physiquement, je ne m'éclipsais pas forcément de la pièce, mais j'étais là sans être là. Et à l'intérieur, c'était un peu un malaise. assez intense, si je dois être honnête. Et pendant longtemps, j'ai juste cru que c'était moi, ma manière d'être, que j'étais comme ça, que je n'avais rien d'intéressant à apporter sur plein de sujets, que c'était un fait et presque un trait de personnalité. Je suis quelqu'un qui n'a pas grand-chose à dire, qui n'est pas très intéressante. Et puis, je me trouvais plein de raisons et de preuves que les gens ne s'intéressaient pas à moi. Ou alors que quand j'exprimais quelque chose, ce n'était pas méga bien reçu ou au contraire, limite, on me regardait chelou. Sauf que le jour où j'ai gratté un petit peu, je me suis rendu compte que ce n'était pas du tout un trait de personnalité, que ce n'était pas du tout ça le problème. Et aujourd'hui, j'avais envie de te parler justement de comment je suis passée de « je dois tout comprendre pour avoir le droit de parler » et « je dois tout comprendre, je dois tout connaître » à « t'auras la suite dans l'épisode » . Donc je te pose un petit peu le décor de ma réflexion que j'ai eu récemment à ce sujet-là. Et je me suis rendue compte que j'avais une espèce de règle non dite, une règle un petit peu inconsciente, que je n'avais jamais formulée jusqu'à présent, mais qui gouvernait à peu près toutes mes prises de parole en public, en groupe. Et la règle, c'était si je parle, déjà ce n'était pas forcément évident, mais si je parle, il faut que ce soit intéressant. Et intéressant pour moi, ça voulait dire une chose bien précise qui était, il fallait que j'apporte de la valeur ajoutée à ce qui était déjà en train de se dire. Donc il fallait que j'apporte une info que personne d'autre n'avait ou une info qui paraissait intelligente, qui paraissait cultivée. Un avis qui montrait que je maîtrisais le sujet. Sinon, autant se taire. Et du coup, t'imagines bien... que sur des sujets que je ne maîtrisais pas à fond, c'était silence radio, parce que c'était un petit peu la panique. Ou alors, ce n'est pas vrai, ce n'était pas forcément silence radio. Ce qui se passait parfois, c'est que... Alors, j'étais en écoute active, du coup, je passais en mode, j'écoute, je remue la tête, j'acquiesce, ah oui, oui, super, petit sourire poli. Sourire poli, mais qui, je pense que tu connais, c'est le sourire gêné de ouf. Tu es en train de te liquéfier de l'intérieur. Et justement, à l'intérieur de moi, il y avait cette... Cette petite voix qui tournait en boucle. Tu n'y connais rien. Tu vas te taper la honte. Donc, tu la fermes. Et puis derrière, de toute façon, qu'est-ce que tu fous là ? Mais je n'ai rien à faire ici. Donc, tu vois déjà le cercle vicieux qui s'entamait sur des sujets que je ne connaissais pas forcément. On partait d'un sujet. Je ne connais pas, je ne maîtrise pas. J'ai rien à faire ici. Je n'ai pas ma place. C'est d'une violence. Quand j'y repense, c'est assez terrible. Et donc, cette voix. elle avait différentes manières de gérer la situation, selon les jours, selon le sujet. La première, comme je te le disais, c'était un peu le retrait silencieux. Je me mets en retrait, je me mets en écoute, en mode spectatrice, avec ce bruit de fond permanent dans ma tête qui me dit « surtout tais-toi » . La deuxième manière, c'était ce petit acquiescement gêné. « Ouais, ouais, ah ouais, carrément, ouais, grave, ah ah ah » . Comme si j'avais un avis, alors qu'en vrai, j'en avais aucun. Ou en tout cas, pas construit, puisque je ne connaissais pas le sujet. Et la troisième manière, c'était en vrai la pire. pour mon estime de moi, la pire pour mes sensations, pour mes ressentis intérieurs, dans le sens où c'était celle qui me mettait vraiment mal à l'aise, mais où je le sentais dans tout mon corps, et pourtant je ne pouvais pas m'en empêcher, c'était de faire comme si je savais de quoi en parler. J'agissais, je parlais, j'ossessais la tête comme si je maîtrisais le sujet, alors que ce n'était pas le cas du tout. Je rebondissais sur les trucs, genre « Ah ouais, je suis d'accord avec toi » . Oui, carrément. Et puis, je pense que moi aussi, c'est mon film préféré ou moi non plus. Je n'ai pas aimé quand il a parlé comme ça. Alors qu'en fait, je n'avais pas de retour là-dessus. Et là, justement, gros aparté, mais qui est important. Tu vois, mon corps, il savait à ce moment-là que j'étais en train de mentir. Parce que c'est du mensonge de faire semblant. C'est du mensonge. Et j'ai testé encore et encore. Et j'ai vu. À chaque fois, j'ai essayé de me... me raconter des mythos, j'ai essayé de faire style. Mon corps, lui, il savait me rappeler que, meuf, on n'est pas à l'aise là. On ne sait pas. Et c'est ça le truc, c'est que tu peux dire les bons mots, tu peux avoir l'air à peu près crédible en surface. C'est un peu le fake it until you make it. Et si tu suis le podcast depuis le début, tu sais que je pense que le troisième épisode était sur ce sujet-là. Pourquoi je n'aime pas ce fake it until you make it. Parce que oui, tu peux faire semblant. Et sur certaines choses, à court terme, oui, ça va aider, parce que ça va montrer à ton cerveau que regarde, on peut agir de telle manière. Mais les choses comme les affirmations positives, par exemple, tu peux te les répéter tant que tu veux. Si au fond de toi, tu n'y crois pas, ton corps, il va rester tendu. Ton corps, il ne va pas se relâcher. Ton corps, il ne va pas être souple et fluide comme quelqu'un qui serait assuré et en confiance. Donc oui, tu peux faire semblant, mais si derrière t'as les épaules qui sont complètement crispées, complètement remontées, les épaules en boucle d'oreille, j'ai entendu l'autre jour et j'aime bien cette expression. Si t'as ta mâchoire qui est serrée, si t'as cette sensation d'être pas vraiment là, d'être là mais de pas être là, bah même dans cette stratégie, ce mensonge, ce faire semblant qui est censé être la plus safe, qui me faisait me sentir un minimum... intégrée, en fait, j'étais méga mal à l'aise. Juste l'inconfort, en fait, il était déplacé. Là où j'étais dans l'inconfort de je connais pas, j'ai pas ma place, là j'avais l'impression puis c'est pas vraiment une vraie impression, de me créer une espèce de petite place, mais qui était fausse. Donc en fait, j'étais en train de me créer un syndrome de l'imposteur fois un million. Et surtout, il y a un truc qui venait renforcer tout ça. Et je pense que tu dois connaître aussi cette situation. Tu vas voir de quoi je parle. Dans quasiment tous les groupes, tous ces moments-là où je n'étais pas à l'aise, il y avait toujours, toujours une copine qui avait l'air plus charismatique que moi, qui avait l'air plus à l'aise, plus joviale, plus solaire. Elle avait l'air de connecter naturellement avec tout le monde, sans effort. Tu vois, elle ne disait pas forcément grand-chose de plus intéressant que moi. Je veux dire, on pouvait dire la même chose, mais pour elle, ça avait l'air facile. Les gens avaient l'air comme attirés. C'était un magnète, la meuf. Et ce contraste-là, ça me mettait une pression supplémentaire monstre. Genre, regarde, toi, tu n'as clairement pas cette aisance-là. Les gens y connectent facilement avec elle. Toi, ce n'est pas aussi simple. Alors qu'avec le recul, tu vois, aujourd'hui, je peux te dire que... Ces personnes-là, alors évidemment, il y en a qui sont totalement à l'aise et ça se voit et ça se sent, mais beaucoup de ces personnes-là, en les connaissant mieux derrière et en voyant un petit peu tous les mécanismes, je me suis rendue compte qu'elles manquaient aussi beaucoup d'assurance et que c'était un type de masque aussi. C'était pas le même que moi, mais c'était un masque aussi. Donc je sais pas, est-ce que toi t'as déjà eu ça, cette copine, ce collègue, cette personne dans un groupe qui a l'air de savoir faire un truc que toi t'arrives pas à faire ? et que ça a l'air en plus sans effort, genre hyper facile, genre cette personne n'a aucune difficulté, et que du coup ça te renvoie à cette image de « putain mais je dois vraiment être couillonne pour pas réussir à être comme ça moi non plus » . Donc viens me dire sur Insta si ça résonne. Mais bref, tout ça c'était pas le pire moment de toute cette dynamique, le pire moment en fait c'est quand on me demandait mon avis directement, parce que là évidemment, stress supplémentaire, parce que pour moi c'était ça le vrai cauchemar. Quand j'étais entrée dans cette dynamique de... Je fais semblant, j'avais qu'une peur, c'était qu'on me pose une question directement, qu'on me demande mon avis directement. Et toi t'en penses quoi ? Ah ouais t'as aimé le film, c'était quoi ton passage préféré ? Cette phrase-là sur un sujet où je me sentais pas légitime, mais pour moi ça déclenchait encore une fois quelque chose de très très physique. J'avais les joues qui se chauffaient, limite j'avais l'impression d'avoir les gouttes qui coulent. coulait sur mon visage, j'avais vraiment l'impression de me liquéfier sur place. À l'intérieur, c'était un malaise qui se diffusait dans tout mon corps, mais vraiment, je le sentais un peu monter comme ça, comme un poison un peu. Enfin, c'était horrible. Et pour moi, cette sensation à ce moment-là, c'était vraiment une sensation d'humiliation. C'était vraiment cette sensation d'humiliation. Genre, merde, je suis démasquée. Comme si tout le monde venait de voir que clairement je ne savais pas. Et le truc vicieux, c'est que ce moment-là, il venait nourrir la honte encore plus. Cette peur de la honte et la honte encore plus. Et plus j'avais honte, plus je me repliais la fois suivante. Et plus je me repliais, plus la prochaine question directe me faisait peur. Et plus je me disais, j'ai pas ma place, tais-toi. La dernière fois, ça ne s'est pas bien passé. Et donc, un vrai cercle vicieux qui ne faisait que se renforcer encore et encore et encore. Et pendant longtemps, je n'ai pas cherché à comprendre ce mécanisme, parce que ce n'était pas le sujet. Je ne connaissais rien au développement personnel. J'étais trop jeune. Bref, je l'ai juste subi en me disant, c'est comme ça, je ne suis pas à l'aise en groupe. Heureusement, j'ai des copines qui sont plus, donc ça me permet quand même de créer des liens. Sauf qu'un jour, on grandit, on prend en maturité, on se pose des questions quand même. Et j'ai fini par gratter. Et ce que j'ai trouvé, ça a quand même été un sacré déclic. Parce que je me suis rendu compte que le vrai driver de tout ça, la vraie peur qui était cachée derrière tout ça, c'était pas « j'ai rien d'intéressant à dire » . Parce qu'au final, quand j'y réfléchis, j'avais toujours plein de choses à partager, j'avais toujours un avis ou une curiosité sur des choses. Donc c'est pas que j'avais rien d'intéressant à dire, c'est que... Ma vraie peur derrière tout ça, c'était j'ai peur d'avoir l'air conne, j'ai peur de me taper la honte devant les autres, j'ai peur de ressentir la honte. C'était ça le vrai sujet. J'avais même pas vraiment peur du résultat, de ce qu'on penserait de moi. Finalement, c'était très très personnel de j'ai peur de ressentir la honte. Parce que comme je t'en parlais tout à l'heure, c'était un truc très très physique. C'est quelque chose qui me prenait tout le corps. qui était très très inconfortable pour moi. Et du coup, j'avais tellement peur de ressentir ça, c'était tellement... Je le redis, c'était plus que de la honte, c'était l'humiliation pour moi. Et si tu l'as déjà ressenti, et je pense que c'est le cas parce que c'est le cas de beaucoup de petites filles sages, tu vois ce que ça fait dans le corps, tu vois ce que ça te fait à toi. Et moi, c'était vraiment ça en fait qui me bloquait. Et tu vois bien que c'est complètement différent. Parce que j'ai rien à dire, ça, ça condamne à se... terre à vie. C'est une identité fixe. De toute façon, quoi que je dise, c'est chiant. Alors que j'ai peur d'avoir l'air conne, j'ai peur de ressentir de la honte, c'est une peur. Et une peur, ça se travaille. Ça se traverse. Et c'est pas la même chose du tout. Et donc une fois que j'ai vu cette vraie peur derrière l'excuse du « j'ai rien à apporter » , j'ai plus pu faire comme si de rien n'était. Et un déclic... qui a vraiment aidé à changer quelque chose. C'est venu d'un endroit qu'à cette époque, auquel je ne m'attendais pas du tout. C'était de la colère. Bon, maintenant, tu sais que la colère, c'est quelque chose que j'aime beaucoup, mais pas parce que j'aime m'énerver, mais parce que c'est une émotion qui a plein de choses à nous apprendre. Mais bref, un jour, j'ai remarqué un truc qui m'a mise hors de moi. J'observais des gens dans des groupes qui ne savaient clairement pas de quoi y parler. Genre, vraiment pas. Ou voir qu'ils balançaient des dingueries. Donc ça veut dire que j'étais capable de reconnaître quand quelqu'un racontait de la merde. Et qui pourtant balançaient leur avis, leur connerie avec un aplomb. Mais waouh ! Le culot, l'audace. Aucune peur visible, qu'une honte de leur côté. Juste l'aisance de parler. L'autorisation de parler. Et là je me suis dit... Non mais attends ! Si eux, ils s'autorisent à parler comme ça sans tout maîtriser et surtout en racontant des conneries, pourquoi moi je m'interdis de le faire sur des sujets que je maîtrise ou ne serait-ce que sur ma propre personne ? Parce que l'idée, ce n'était pas de commencer à raconter n'importe quoi, voir si les gens me croyaient avec autant d'aplomb. Ce n'est pas mon genre, ce n'est pas l'idée. Et je pense que ce n'est pas ton idée non plus. Mais l'idée, ça a été de retourner complètement ma règle de départ. Et ça a été de passer de « je dois tout comprendre, je dois tout connaître avant de pouvoir parler » à « j'ai la curiosité d'essayer de comprendre, j'ai la curiosité des autres, j'ai la curiosité » . de voir où ça va me mener une conversation. Ce qui fait qu'il y a une grosse nuance là-dedans. Dans le premier cas, la légitimité de parole dépendait de ma maîtrise du sujet. Et en plus, c'est tellement... Enfin, c'est impossible de maîtriser un sujet en vrai. Et c'est généralement pas ce que les gens te demandent en plus. Dans le deuxième cas, ma légitimité de parole, elle dépend juste de ma curiosité. Et la curiosité, contrairement à la maîtrise totale, C'est un truc que tu peux avoir sur tout, même sur un sujet, et surtout sur un sujet que tu ne connais pas du tout. Et je ne sais pas, personnellement, ça m'a libérée. Parce que concrètement, aujourd'hui, dans un groupe, quand il y a un sujet qui m'échappe, je vais avoir tendance à dire, avec humour toujours, parce que c'est ma manière de faire, mais ne dire « putain, mais alors là, tu m'as perdue, honnêtement, je n'y connais rien du tout » . Mais par contre, je veux bien que tu m'expliques. Je veux bien que tu m'en dises plus. Et je l'assume à 100%. J'essaye plus de faire semblant, parce qu'en fait, faire semblant, ça me protégeait de rien du tout. J'étais tout autant dans l'inconfort. Et c'était de pire en pire. Là, au moins, avec de l'humour en plus, ça m'aide à rester détendue. Et en plus, ça crée une conversation. Parce que les gens aiment parler d'eux. Les gens aiment parler de leur passion. Aiment te dire, t'expliquer pourquoi ils aiment le foot, la cuisine, la peinture, ou peu importe. Ou les joints de culasse. Ils aiment parler d'eux et ils aiment qu'on les écoute. Et plus ça avance, plus je me rends compte que j'adore écouter des gens passionnés. Parce que tu peux me parler de n'importe quoi, si j'arrive à comprendre pourquoi toi t'aimes ça. Qu'est-ce que t'aimes là-dedans ? Je trouve ça super riche. Et récemment, c'est ce que j'ai vu avec un pote. Lui, il adore le foot. Moi, je déteste ça. Je ne regarde pas vraiment, mais bon, ce n'est pas un sujet qui me fait kiffer. Mais je lui ai dit, écoute, moi, j'y connais rien, les stratégies de foot, j'y connais rien. Tu vois, la preuve, je ne sais même pas comment on parle de tout ça. Je lui ai dit, par contre, je veux bien que tu m'expliques. Quand est-ce qu'il y a un bon jeu ? À quoi on reconnaît un bon jeu, une bonne passe, une bonne tactique ou que sais-je ? Et j'ai vu sur son visage qu'il était assez surpris et assez content que je demande ça sincèrement, plutôt que de juste critiquer le foot. que je fais aussi, mais par principe, parce que je préfère le rugby. Mais il était assez surpris que je pose la question, sincèrement. Donc ça veut pas dire que je me passionnerais pour le foot. Mais au moins, c'est intéressant de savoir, ah ok, y'a ça, peut-être que je connaissais pas, que j'avais pas vu. Et derrière, c'est pareil pour tous les sujets. Je garde totalement le droit de ne pas être d'accord après, ou de ne pas apprécier, de ne pas valider, de ne pas aimer ce qu'on m'explique. C'est juste la démarche de base qui a changé. C'est plus une démarche de retrait, c'est une démarche de curiosité. Et je trouve que ça enlève un sacré poids sur les épaules de se dire « Ouais, j'ai pas besoin de tout maîtriser, au pire je poserai des questions. » Parce que si t'as un peu peur de aussi montrer ta vulnérabilité, de t'exposer un petit peu, parce que je sais que souvent c'est le cas, ben l'avantage de la curiosité, c'est que déjà tu vas parler à l'autre, tu vas poser des questions à l'autre, et ça va peut-être te mettre suffisamment en confiance. pour après être capable, toi, de tout ouvrir un petit peu. Donc, je refais une petite parenthèse sur ma copine solaire, sur mes copines solaires du début. Ce que j'ai compris avec le recul, c'est que cette aisance, parfois, c'était aussi un masque, c'était aussi une manière de se protéger et une manière de, voilà, si je suis très avenante, très solaire, très assurée, etc., ça connecte vite. Mais au fond, je sais que certaines avaient une estime d'elles-mêmes aussi à les pâquerettes. Mais surtout, ce que je me suis rendue compte par rapport à ça, c'est que moi, je ne connectais pas de la même manière qu'elle. Parce que même à cette époque-là, ma manière à moi, c'était plus l'humour. Parfois un petit humour un peu cinglant, un peu noir. Mais c'est cet humour-là qui a toujours été une façon de connecter avec les gens pour moi. Y compris avec ses copines solaires. Parce que si on était copines, ce n'était pas pour rien non plus. Et donc, arrêtez de me comparer à sa manière de faire à elle. et commencez à observer la mienne. Ça a aussi été une bascule énorme, parce qu'on avait des similitudes, on avait des choses très différentes, mais au final, ça arrivait à connecter avec des personnes quoi qu'il arrive. Juste, au lieu de mettre mon focus sur elle, et de me dire « j'aimerais bien être comme elle, être comme si, et essayer d'être quelqu'un que je n'étais pas » . Et d'ailleurs, c'est assez drôle, parce qu'on m'a souvent dit que j'étais solaire. Du coup, ça me fait un peu rire de me dire que ben... C'est aussi peut-être quelque chose que je ne voyais pas chez moi. Comme quoi, j'ai focus sur moi. C'est quoi ma manière de connecter ? Celle pour laquelle, en tout cas, je suis consciente. Et après, peut-être que je découvrirai d'autres choses, mais ça a été une sacrée bascule. Donc, si je devais résumer tout ça en une phrase, t'as pas besoin de mériter ta place dans une conversation. T'as juste besoin d'avoir la curiosité d'y être. Et je sais que c'est pas facile quand on a eu en plus des environnements où on nous laissait pas trop d'espace, où on nous faisait comprendre que c'était pas intéressant, parce que ça vient pas de nulle part non plus. Mais ok, peut-être à une époque on t'a interdit, on t'a pas laissé la place. Aujourd'hui t'es adulte. Aujourd'hui tu peux laisser place à la curiosité. Et au moins la curiosité de laisser de la place à la curiosité. Et si t'as des sujets sur lesquels tu te... t'es depuis des années parce que t'as peur d'avoir l'air con, peut-être que c'est pas le sujet le problème. Peut-être que c'est juste cette vieille règle, celle qu'il faut mériter sa place, sa parole avant de l'utiliser, que tu dois tout comprendre, tout connaître, qui est encore en trame de fond. Et ça, c'est quelque chose qui se travaille. Dans tous les cas, je serais ravie d'avoir ton retour sur le sujet, si t'as vécu ça, si tu te reconnais là-dedans, et sinon je te dis à la semaine prochaine sur Légitime. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode et s'il t'a aidé, s'il t'a intrigué, si tu te poses des questions, je suis curieuse, viens me le dire sur Instagram. Promis, je m'en repars et c'est toujours un régal d'échanger avec vous. Et si tu veux soutenir le podcast, m'envoyer du love ou aider d'autres petites filles sages qui en ont marre de passer leur temps à sauver le monde, tu peux laisser un avis à des étoiles sur Apple Podcasts et Spotify. Ça me fera très plaisir et puis ça aidera les JT à se faire connaître et aller encore plus loin. Encore une fois, merci pour ta confiance. Je te dis... A la semaine prochaine, et n'oublie pas, prendre sa place, c'est pas crier plus fort que tout le monde, c'est juste arrêter d'être silencieuse.