Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Journal d'une agoraphobe. Pour ceux qui me découvrent, dans ce podcast, je partage mon parcours d'ancienne agoraphobe. Je ne suis ni médecin ni thérapeute. Mais si mon humble expérience peut offrir quelques pistes à certains d'entre vous et contribuer à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de personnes, eh bien, mission accomplie ! Alors, dans le dernier épisode, je vous parlais du départ de ma psy. Après des années de bons et loyaux services, elle a décidé de prendre un poste en institution et de fermer son cabinet. Ce qui signifiait qu'elle arrêtait de suivre ses patients. Est-ce que le dossier psychologique d'un patient se transmet comme un dossier médical ? Dans mon cas, pas du tout. Elle allait arrêter de me suivre. Elle n'était pas en mesure de me conseiller un autre praticien. Et pour être tout à fait honnête, je ne savais même pas en quoi consistait mon dossier. Je ne la voyais jamais prendre de notes. Je ne sais même pas si me concernant il existait un dossier qu'il soit numérique ou papier. Son départ me laisse donc peu d'options. Allais-je devoir tout recommencer à zéro ? Raconter à nouveau mon histoire à un nouveau psychologue ? Et pourquoi je formule ça comme une question d'ailleurs ? Ce n'en est pas une, c'est un fait. Alors, allons-y gaiement ! Non, je plaisante. Je n'avais aucune envie d'y aller gaiement. Et cette impression de tout recommencer à zéro m'était particulièrement pesante. Je n'ai donc pas cherché de nouveau psy. Je suis restée plusieurs semaines dans l'inaction totale. Et puis un jour, j'ai repris mon carnet dans lequel je notais tout. Je lis. Je lis, je lis, puis d'un coup je m'arrête sur un passage. Quelques années auparavant, j'étais tombée sur une émission qui s'appelait « C'est-à-dire » présentée par Axel de Tarlé, journaliste de France Télévisions. Il interrogeait une jeune autrice et coach, Lilou Macé. Elle présentait son concept, le défi des 100 jours, cahier d'exercices pour une vie extraordinaire. Accrocheur le nom, vous ne trouvez pas ? c'est quoi ce truc ? C'est un cahier de plusieurs centaines de pages. Et pourtant, on ne le lit pas, on le vit jour après jour pendant 100 jours. Le principe est simple. Chaque jour, on remplit ce cahier en suivant une trame proposée. On commence par noter l'intention du jour, un concept très important que je n'aborderai pas dans cet épisode de podcast aujourd'hui. Puis, on choisit trois pratiques pour la journée. Faire de l'exercice, lire, se promener, tenir un journal, tout est permis pour prendre soin de soi. Chaque jour, un exercice guidé invite également à s'introspecter sur un concept particulier. Et en fin de journée, on note ce pourquoi on est reconnaissant, ses observations et ses résultats. Suite au visionnage de cette émission, je suis allée voir le site de Lilou Macé. Les 100 premières pages du carnet étaient disponibles gratuitement en version d'essai. Je me suis lancée, mais à l'époque, je n'étais pas tout à fait mûre pour ça. Scientifique dans l'âme, un certain nombre de concepts me semblaient un peu perché. Ayant laissé mon adresse mail pour cet essai, j'ai tout de même reçu environ un an plus tard un mail annonçant la sortie d'un nouveau cahier. 100 jours pour trouver sa mission de vie et se réaliser pleinement. Vu ma première expérience, une partie de moi disait non. Mais dans la situation où je me trouvais sans psy et sans plan B, je vous rappelle, je me suis dit que je n'avais absolument rien à perdre. Quelques jours plus tard, le cahier arrivait dans ma boîte aux lettres. J'ai quand même mis quelques semaines avant de l'ouvrir. Certains appellent ça de la procrastination de manière assez péjorative. D'autres lui donnent un sens et estimen qu'elle n'est pas là sans raison, qu'elle serait même là pour nous protéger. Dans mon cas, c'était probablement un peu des deux. Et puis un jour, j'ai sauté le pas. J'ai tout de suite accroché. Il y a en début de cahier un questionnaire très graphique et très bien conçu, assez édifiant. Beaucoup de choses m'ont sauté de suite aux yeux grâce à ce questionnaire. C'est donc avec enthousiasme que tous les jours pendant 100 jours, j'ai effectué les exercices d'introspection proposés par ce cahier. Je me suis régalée. Pour la première fois, je faisais ce travail sur moi-même, non pas dans le cabinet d'un psy dans le cadre d'une maladie et donc de ce fait d'une guérison, mais uniquement dans celui du développement personnel. Et c'est ainsi que j'ai appris à me connaître autrement. Tous les jours, je commençais donc par poser une intention. Pour ce premier carnet, je l'avoue, j'ai confondu l'intention avec une tâche à accomplir. Raison pour laquelle, en ce début de podcast, je n'ai pas souhaité vous expliquer ce que c'est que poser une intention. Trop peur de ne pas être assez précise. Mais peu importe, ça m'a quand même été bénéfique. Ces tâches que je m'étais fixées, je les aurais très certainement procrastinées si je n'avais pas été engagée dans ce défi. Ensuite, les trois pratiques quotidiennes. Là aussi, sans cet engagement, je ne me serais pas accordée ce temps pour moi. Et quel bien ça fait de prendre du temps pour soi. Puis, chaque jour un thème différent. Tous ne m'ont pas emballé de la même façon, mais beaucoup m'ont ouvert de nouveaux horizons. Chaque exercice m'invitait à réfléchir sur la vie, sur mes comportements, mes croyances, et à remettre en question celles qui me limitaient. J'ai compris que la science pouvait parfois laisser certaines choses importantes dans l'angle mort du rétroviseur. Vous notere que pour une fille qui ne conduit plus depuis des années, j'ai un goût prononcé pour les métaphores automobiles. Quoi qu'il en soit, je me suis vraiment ré-ga-lée. Et puis en fin de journée, le bilan. Les observations sur la journée, les succès, petits ou grands, et les motifs de gratitude. Ces deux pratiques sont absolument précieuses. Sans ce recul quotidien, on ne réalise pas à quel point une journée est riche. Des succès, on en a plein sans même s'en apercevoir. Et la gratitude, se rendre compte chaque soir qu'on a tant de raisons de se réjouir. Tant de gens nous donnent un coup de main ou simplement un sourire qui, sans cette attention portée, passerait inaperçu. Ce moment de bilan était souvent une vraie prise de conscience et me donnait hâte d'aborder le lendemain. Qu'allais-je aprendre ? Qu'allais-je comprendre ? Et voilà, tout cela pendant 100 jours. 100 jours plus tard, j'étais loin d'être guérie, mais j'étais devenue une autre personne. J'avais effectué un travail sur moi que je n'avais jamais fait auparavant. Et c'était transformateur. Soyons clairs, je ne dis absolument pas qu'un cahier d'exercices peut remplacer un psychologue. Ce n'est pas le sujet. Mais le message que j'aimerais faire passer est simple. Dans notre quotidien, entre le travail, la famille, la maison, les obligations, on finit souvent par avancer en pilote automatique. On enchaîne les tâches, on coche des cases, et petit à petit, on met de côté nos envies, nos émotions, nos besoins profonds. Et honnêtement, je pense que c'est une énorme source de burn-out aujourd'hui. Ce type de cahier, justement, nous oblige à ralentir un peu, à prendre du recul, à nous retrouver. Le fait de travailler sur soi régulièrement, même quelques minutes, permet de remettre de la conscience dans notre vie. Et ça, c'est essentiel si on veut se sentir aligné avec soi-même. Prendre ce temps chaque jour, ce n'est pas une perte de temps. Au contraire, c'est nécessaire. Arrêtons de vivre comme des robots. Essayons de vivre pleinement notre vie. et ça passe forcément par une forme d'introspection régulière. Que ce soit avec un cahier, comme le défi des 100 jours, du journaling, de la méditation, ou simplement quelques minutes de réflexion au calme, ces moments de recul peuvent vraiment faire la différence. Et je suis convaincue que si davantage de personnes prenaient ce temps pour elles, beaucoup de burn-out pourrait être évité. Bien sûr, si vous sentez qu'une anxiété devient plus forte que d'habitude ou que quelque chose déborde intérieurement, n'hésitez surtout pas à consulter un professionnel avant que le vase ne déborde complètement. Ce cahier m'a permis de continuer à travailler sur moi en l'absence de ma psy et d'avancer considérablement sur un certain nombre de sujets. Mais comme je vous le dis depuis le début, la guérison est loin d'être une ligne droite. La maladie n'est pas simple et certaines choses nous rappellent à l'ordre. Nous verrons dans le prochain épisode l'une de ces choses. 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