Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Journal d'une agoraphobe. Dans ce podcast, je partage mon parcours d'ancienne agoraphobe. Je ne suis ni médecin, ni thérapeute, mais si mon humble expérience peut ouvrir quelques pistes à certains d'entre vous et contribuer à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de personnes, eh bien, mission accomplie ! Ça va être un peu compliqué de reprendre le cours de ce podcast. Pourquoi ? À cause des différents sauts dans le temps que j'ai fait ces derniers mois. Bon, allez, je reprends. Je pense que le mieux, c'est que je reprenne à rebours. Lors du dernier épisode, j'expliquais pourquoi j'ai arrêté ce podcast durant plusieurs mois. Rien de grave, mais une accumulation de soucis familiaux et professionnels. Une vraie accumulation, croyez-moi. La majorité des soucis que je ruminais ne dépendaient pas de moi. C'est en majorité des facteurs extérieurs pour lesquels je n'y peux pas grand-chose. Dans un premier temps, l'impression finalement d'avoir les pieds et mains liés. Donc, je ruminais, je stressais et surtout, j'angoissais. Comme maintenant je me connais assez bien, je me suis rapidement rendu compte que dans cette situation, Je me sentais en danger. Et donc, qu'est-ce qui se passe quand une ancienne agoraphobe se sent en danger ? Je vous le donne dans le mille. Elle s'arrange pour rester chez elle et ne pas en sortir. Je vous rassure, ça a duré deux semaines l'histoire. Je me suis vite rendu compte de ce qui était en train de se passer. Donc, retour, pas sur les bancs de l'école, mais sur celui du psy. Et aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Je consolide une fois encore, ma guérison. En parlant de consolider sa guérison, c'est un peu l'objet du podcast du mois d'octobre, le dernier que j'ai enregistré avant cette petite pause. Donc cette fois, nous remontons des années en arrière. Je vous avais dit que retrouver le fil de l'histoire n'allait pas être simple. On reprend donc des années en arrière. Sous médoc et sous thérapie, j'ai l'impression que tout va bien. Très bien même, puisqu'entre temps j'ai déménagé. On peut penser qu'un déménagement pour une agoraphobe, c'est la fin du monde. Eh bien, pas du tout. Tout s'est passé sans accroc, sans angoisse, zéro attaque de panique. Mon impression était vraiment que j'allais très bien. Nous avons emménagé dans cette nouvelle maison. Plusieurs sentiments, uniquement positifs se mélangeaient. Heureuse d'avoir pu accéder à cet objectif, cette maison représente vraiment un idéal auquel on aspirait. Très occupée par cette maison, mais dans le bon sens du terme, des travaux, des aménagements, que des choses pour se faire plaisir et être encore mieux dans cette maison que ce qu'on était déjà. Un vrai sentiment de plénitude et de gratitude. Là où on vivait avant, c'était sympa. C'était un appartement avec un jardin. Mais... Qui dit appartement avec jardin dit également rez de chaussée. Je ne m'en étais jamais rendu compte, mais une fois dans l'appartement, on ne voyait plus le ciel. Dans cette nouvelle maison, c'était complètement différent. La première chose que je vois quand j'ouvre les yeux le matin, c'est généralement un ciel bleu magnifique. Et oui, je ne suis pas du tout quelqu'un qui se lève tôt, donc quand j'ouvre les yeux, il fait déjà bien jour. Quand on va se coucher, de la fenêtre, on voit la lune. Quand c'est la pleine lune, c'est magnifique. Dans la journée, on entend régulièrement des chants d'oiseaux. La vie est belle. Comme je vous le disais précédemment, vraiment une myriade de sentiments positifs. Comment pouvais-je penser que ma facette agoraphobique couvait ? Plus que couvait d'ailleurs, elle avait déjà bien éclos. Eh bien, un dimanche matin. Je devais aller au tabac. Je retardais. Je retardais encore le moment d'y aller. Puis finalement, j'ai demandé à ma fille, qui n'était même pas majeure à l'époque, donc qui n'était même pas censée pouvoir avoir le droit d'acheter des cigarettes, d'y aller à ma place. Je lui demande d'y aller. Je ferme la porte derrière elle, je m'assieds sur le canapé et je revois différentes scènes de ces derniers mois se dérouler devant mes yeux. Cela fait des mois. que j'évite toute sortie seule de la maison. Pour le tabac et la boulangerie qui ne sont même pas à 10 minutes à pied, mais encore pire, les poubelles, vous savez ce truc du quotidien, elles sont à l'autre bout de mon lotissement. Il faut franchir le portail du lotissement pour y accéder. Une sortie donc de ma zone de confort au sens propre comme au sens figuré. Eh bien, assise sur mon canapé, je me rends compte que ça fait des mois que j'évite d'y aller. Je m'arrange constamment pour que... quelqu'un y aille à ma place. Et oui, vous avez bien entendu, cela fait des mois. Je prends des médicaments. Je suis suivie par un psychiatre et par un psy. Bon, j'avoue, le psy, Ca fait un moment que j'y vais plutôt en dilettante. Mais malgré cette haute surveillance, je ne me suis absolument pas rendue compte que j'étais totalement retombée dans cette fameuse stratégie d'évitement. Pas de sortie. Pas de tabac, pas de boulangerie, même pas de poubelle. Avant d'emménager dans cette maison, j'étais vigilante parce que formée par ma psy à repérer les comportements d'évitement. Mais là, ça fait plus de six mois que nous avons emménagé et peut-être cinq mois que je ne suis pas allée jeter une poubelle. Et je n'ai absolument rien vu. Pas d'angoisse, pas de panique. Mais... Suite à cette prise de conscience, je suis tout de même restée tétanisée sur mon canapé jusqu'au retour de ma fille du tabac. Alors là, ça a été compliqué sans l'être. Je venais de comprendre que je n'allais peut-être pas aussi bien que je pensais aller, mais d'un autre côté, ça allait bien. J'étais super heureuse dans cette nouvelle maison, avec le ciel bleu lumineux le matin au réveil, le chant des oiseaux... Un paysage qui donne du baume au cœur, une vue sur la lune le soir en allant se coucher, une impression d'avoir uniquement des émotions et des sentiments positifs. De quoi pouvais-je me plaindre ? Quelle raison avais-je de me plaindre ? Est-ce que j'allais mal ? Non, pas du tout. Alors j'ai laissé courir. Maintenant que je savais que je n'allais pas, ne serait-ce que jeter la poubelle, la chose logique... aurait été de reprendre mes exercices d'exposition progressive. Y aller, quand il y a quelqu'un à la maison par exemple, pourquoi pas avec mon téléphone dans ma poche, reprendre le protocole de TCC que j'avais suivi en première instance et qui m'avait tout de même fait bien avancer. Je vous renvoie au cinquième épisode de ce podcast dans lequel je parle en détail de ce protocole. Je vais même faire mieux, je vous mets un lien vers cet épisode dans les notes de l'épisode. Après cet aparté, donc, le plus judicieux aurait été de reprendre ce protocole juste histoire de me refamiliariser avec le concept, m'exposer progressivement aux choses que j'évite parce qu'elles m'angoissent, pour petit à petit reprendre une vie autonome. Eh bien, je n'ai pas du tout fait ça, bien au contraire. Dans un premier temps, j'ai évité le psy. En ce qui concerne mon traitement, eh bien, le plus simple, c'était de ne pas aller voir le psychiatre. qui aurait posé des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre. Donc, direction le généraliste qui, lui, renouvelait l'ordonnance sans poser de questions. Ça a duré des mois comme ça. Je savais, en mon fort intérieur, que j'évitais toute sortie seule, que j'avais donc perdu de nouveau mon indépendance. Mais je n'ai absolument rien fait pour la retrouver. La conclusion la plus simple serait, quand on veut guérir, il faut déjà le vouloir. Sans cette décision de vouloir guérir, rien n'est possible. Mais je pense que cette conclusion est assez restrictive. J'avais bien conscience que de ne pas être capable d'aller jeter une poubelle à l'autre bout du lotissement, ce n'était pas quelque chose de normal. Bon, je mets 200 guillemets au mot « normal » car là de suite, je ne trouve pas d'autres mots. Je sentais donc que ce n'était pas tout à fait normal. Mais je me sentais bien, je me sentais... ni anxieuse ni angoissée. J'étais heureuse et reconnaissante de vivre dans cette maison et ce nouvel environnement. Je n'ai donc pas cherché plus loin. Je m'y suis retranchée, ayant de nouveau perdu mon indépendance sans aucune intention de la récupérer. Je dis intention, mais c'est peut-être raison de la récupérer qu'il faut dire aussi. Donc, sans cette intention, sans cette raison, aucun psy ni aucun traitement ne pouvait faire le travail à ma place. Je suis donc restée comme ça des mois, pas malheureuse. Pas plus anxieuse que ça non plus d'ailleurs, juste ce statu quo de ne pas demander plus que ce que j'étais reconnaissante d'avoir. Ne pas chercher plus que ce que j'avais. Jusqu'au jour où, seul quelques jours à la maison, j'étais dans l'obligation d'aller jeter les poubelles. Ça a été une torture, mais j'y suis allée. Et là, je me suis dit que si j'avais envie de rester chez moi, pas de problème, mais qu'au moins ce soit un choix, un vrai choix. que si j'avais envie de rester chez moi, ça n'empêche pas que je sois capable d'aller jeter une poubelle sans me poser mille questions. Je devais reprendre les choses en main. Donc, retour chez le psy. Mais ça, c'est une histoire pour le prochain épisode. Sur ces quelques mots, je vous laisse et je vous remercie pour votre écoute. Si mon histoire vous parle, si vous vous êtes reconnu même un tout petit peu, dites-le moi. Laissez un commentaire, une évaluation. Abonnez-vous à ce podcast, ça m'aide énormément et ça donne vie à ce podcast. Ce podcast qui est aussi le vôtre. Vos messages, vos retours, vos histoires me nourrissent et me donnent envie de continuer à partager avec vous. A très vite pour la suite du journal d'une agoraphobe .
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Journal d'une agoraphobe. Dans ce podcast, je partage mon parcours d'ancienne agoraphobe. Je ne suis ni médecin, ni thérapeute, mais si mon humble expérience peut ouvrir quelques pistes à certains d'entre vous et contribuer à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de personnes, eh bien, mission accomplie ! Ça va être un peu compliqué de reprendre le cours de ce podcast. Pourquoi ? À cause des différents sauts dans le temps que j'ai fait ces derniers mois. Bon, allez, je reprends. Je pense que le mieux, c'est que je reprenne à rebours. Lors du dernier épisode, j'expliquais pourquoi j'ai arrêté ce podcast durant plusieurs mois. Rien de grave, mais une accumulation de soucis familiaux et professionnels. Une vraie accumulation, croyez-moi. La majorité des soucis que je ruminais ne dépendaient pas de moi. C'est en majorité des facteurs extérieurs pour lesquels je n'y peux pas grand-chose. Dans un premier temps, l'impression finalement d'avoir les pieds et mains liés. Donc, je ruminais, je stressais et surtout, j'angoissais. Comme maintenant je me connais assez bien, je me suis rapidement rendu compte que dans cette situation, Je me sentais en danger. Et donc, qu'est-ce qui se passe quand une ancienne agoraphobe se sent en danger ? Je vous le donne dans le mille. Elle s'arrange pour rester chez elle et ne pas en sortir. Je vous rassure, ça a duré deux semaines l'histoire. Je me suis vite rendu compte de ce qui était en train de se passer. Donc, retour, pas sur les bancs de l'école, mais sur celui du psy. Et aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Je consolide une fois encore, ma guérison. En parlant de consolider sa guérison, c'est un peu l'objet du podcast du mois d'octobre, le dernier que j'ai enregistré avant cette petite pause. Donc cette fois, nous remontons des années en arrière. Je vous avais dit que retrouver le fil de l'histoire n'allait pas être simple. On reprend donc des années en arrière. Sous médoc et sous thérapie, j'ai l'impression que tout va bien. Très bien même, puisqu'entre temps j'ai déménagé. On peut penser qu'un déménagement pour une agoraphobe, c'est la fin du monde. Eh bien, pas du tout. Tout s'est passé sans accroc, sans angoisse, zéro attaque de panique. Mon impression était vraiment que j'allais très bien. Nous avons emménagé dans cette nouvelle maison. Plusieurs sentiments, uniquement positifs se mélangeaient. Heureuse d'avoir pu accéder à cet objectif, cette maison représente vraiment un idéal auquel on aspirait. Très occupée par cette maison, mais dans le bon sens du terme, des travaux, des aménagements, que des choses pour se faire plaisir et être encore mieux dans cette maison que ce qu'on était déjà. Un vrai sentiment de plénitude et de gratitude. Là où on vivait avant, c'était sympa. C'était un appartement avec un jardin. Mais... Qui dit appartement avec jardin dit également rez de chaussée. Je ne m'en étais jamais rendu compte, mais une fois dans l'appartement, on ne voyait plus le ciel. Dans cette nouvelle maison, c'était complètement différent. La première chose que je vois quand j'ouvre les yeux le matin, c'est généralement un ciel bleu magnifique. Et oui, je ne suis pas du tout quelqu'un qui se lève tôt, donc quand j'ouvre les yeux, il fait déjà bien jour. Quand on va se coucher, de la fenêtre, on voit la lune. Quand c'est la pleine lune, c'est magnifique. Dans la journée, on entend régulièrement des chants d'oiseaux. La vie est belle. Comme je vous le disais précédemment, vraiment une myriade de sentiments positifs. Comment pouvais-je penser que ma facette agoraphobique couvait ? Plus que couvait d'ailleurs, elle avait déjà bien éclos. Eh bien, un dimanche matin. Je devais aller au tabac. Je retardais. Je retardais encore le moment d'y aller. Puis finalement, j'ai demandé à ma fille, qui n'était même pas majeure à l'époque, donc qui n'était même pas censée pouvoir avoir le droit d'acheter des cigarettes, d'y aller à ma place. Je lui demande d'y aller. Je ferme la porte derrière elle, je m'assieds sur le canapé et je revois différentes scènes de ces derniers mois se dérouler devant mes yeux. Cela fait des mois. que j'évite toute sortie seule de la maison. Pour le tabac et la boulangerie qui ne sont même pas à 10 minutes à pied, mais encore pire, les poubelles, vous savez ce truc du quotidien, elles sont à l'autre bout de mon lotissement. Il faut franchir le portail du lotissement pour y accéder. Une sortie donc de ma zone de confort au sens propre comme au sens figuré. Eh bien, assise sur mon canapé, je me rends compte que ça fait des mois que j'évite d'y aller. Je m'arrange constamment pour que... quelqu'un y aille à ma place. Et oui, vous avez bien entendu, cela fait des mois. Je prends des médicaments. Je suis suivie par un psychiatre et par un psy. Bon, j'avoue, le psy, Ca fait un moment que j'y vais plutôt en dilettante. Mais malgré cette haute surveillance, je ne me suis absolument pas rendue compte que j'étais totalement retombée dans cette fameuse stratégie d'évitement. Pas de sortie. Pas de tabac, pas de boulangerie, même pas de poubelle. Avant d'emménager dans cette maison, j'étais vigilante parce que formée par ma psy à repérer les comportements d'évitement. Mais là, ça fait plus de six mois que nous avons emménagé et peut-être cinq mois que je ne suis pas allée jeter une poubelle. Et je n'ai absolument rien vu. Pas d'angoisse, pas de panique. Mais... Suite à cette prise de conscience, je suis tout de même restée tétanisée sur mon canapé jusqu'au retour de ma fille du tabac. Alors là, ça a été compliqué sans l'être. Je venais de comprendre que je n'allais peut-être pas aussi bien que je pensais aller, mais d'un autre côté, ça allait bien. J'étais super heureuse dans cette nouvelle maison, avec le ciel bleu lumineux le matin au réveil, le chant des oiseaux... Un paysage qui donne du baume au cœur, une vue sur la lune le soir en allant se coucher, une impression d'avoir uniquement des émotions et des sentiments positifs. De quoi pouvais-je me plaindre ? Quelle raison avais-je de me plaindre ? Est-ce que j'allais mal ? Non, pas du tout. Alors j'ai laissé courir. Maintenant que je savais que je n'allais pas, ne serait-ce que jeter la poubelle, la chose logique... aurait été de reprendre mes exercices d'exposition progressive. Y aller, quand il y a quelqu'un à la maison par exemple, pourquoi pas avec mon téléphone dans ma poche, reprendre le protocole de TCC que j'avais suivi en première instance et qui m'avait tout de même fait bien avancer. Je vous renvoie au cinquième épisode de ce podcast dans lequel je parle en détail de ce protocole. Je vais même faire mieux, je vous mets un lien vers cet épisode dans les notes de l'épisode. Après cet aparté, donc, le plus judicieux aurait été de reprendre ce protocole juste histoire de me refamiliariser avec le concept, m'exposer progressivement aux choses que j'évite parce qu'elles m'angoissent, pour petit à petit reprendre une vie autonome. Eh bien, je n'ai pas du tout fait ça, bien au contraire. Dans un premier temps, j'ai évité le psy. En ce qui concerne mon traitement, eh bien, le plus simple, c'était de ne pas aller voir le psychiatre. qui aurait posé des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre. Donc, direction le généraliste qui, lui, renouvelait l'ordonnance sans poser de questions. Ça a duré des mois comme ça. Je savais, en mon fort intérieur, que j'évitais toute sortie seule, que j'avais donc perdu de nouveau mon indépendance. Mais je n'ai absolument rien fait pour la retrouver. La conclusion la plus simple serait, quand on veut guérir, il faut déjà le vouloir. Sans cette décision de vouloir guérir, rien n'est possible. Mais je pense que cette conclusion est assez restrictive. J'avais bien conscience que de ne pas être capable d'aller jeter une poubelle à l'autre bout du lotissement, ce n'était pas quelque chose de normal. Bon, je mets 200 guillemets au mot « normal » car là de suite, je ne trouve pas d'autres mots. Je sentais donc que ce n'était pas tout à fait normal. Mais je me sentais bien, je me sentais... ni anxieuse ni angoissée. J'étais heureuse et reconnaissante de vivre dans cette maison et ce nouvel environnement. Je n'ai donc pas cherché plus loin. Je m'y suis retranchée, ayant de nouveau perdu mon indépendance sans aucune intention de la récupérer. Je dis intention, mais c'est peut-être raison de la récupérer qu'il faut dire aussi. Donc, sans cette intention, sans cette raison, aucun psy ni aucun traitement ne pouvait faire le travail à ma place. Je suis donc restée comme ça des mois, pas malheureuse. Pas plus anxieuse que ça non plus d'ailleurs, juste ce statu quo de ne pas demander plus que ce que j'étais reconnaissante d'avoir. Ne pas chercher plus que ce que j'avais. Jusqu'au jour où, seul quelques jours à la maison, j'étais dans l'obligation d'aller jeter les poubelles. Ça a été une torture, mais j'y suis allée. Et là, je me suis dit que si j'avais envie de rester chez moi, pas de problème, mais qu'au moins ce soit un choix, un vrai choix. que si j'avais envie de rester chez moi, ça n'empêche pas que je sois capable d'aller jeter une poubelle sans me poser mille questions. Je devais reprendre les choses en main. Donc, retour chez le psy. Mais ça, c'est une histoire pour le prochain épisode. Sur ces quelques mots, je vous laisse et je vous remercie pour votre écoute. Si mon histoire vous parle, si vous vous êtes reconnu même un tout petit peu, dites-le moi. Laissez un commentaire, une évaluation. Abonnez-vous à ce podcast, ça m'aide énormément et ça donne vie à ce podcast. Ce podcast qui est aussi le vôtre. Vos messages, vos retours, vos histoires me nourrissent et me donnent envie de continuer à partager avec vous. A très vite pour la suite du journal d'une agoraphobe .
Share
Embed
You may also like
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Journal d'une agoraphobe. Dans ce podcast, je partage mon parcours d'ancienne agoraphobe. Je ne suis ni médecin, ni thérapeute, mais si mon humble expérience peut ouvrir quelques pistes à certains d'entre vous et contribuer à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de personnes, eh bien, mission accomplie ! Ça va être un peu compliqué de reprendre le cours de ce podcast. Pourquoi ? À cause des différents sauts dans le temps que j'ai fait ces derniers mois. Bon, allez, je reprends. Je pense que le mieux, c'est que je reprenne à rebours. Lors du dernier épisode, j'expliquais pourquoi j'ai arrêté ce podcast durant plusieurs mois. Rien de grave, mais une accumulation de soucis familiaux et professionnels. Une vraie accumulation, croyez-moi. La majorité des soucis que je ruminais ne dépendaient pas de moi. C'est en majorité des facteurs extérieurs pour lesquels je n'y peux pas grand-chose. Dans un premier temps, l'impression finalement d'avoir les pieds et mains liés. Donc, je ruminais, je stressais et surtout, j'angoissais. Comme maintenant je me connais assez bien, je me suis rapidement rendu compte que dans cette situation, Je me sentais en danger. Et donc, qu'est-ce qui se passe quand une ancienne agoraphobe se sent en danger ? Je vous le donne dans le mille. Elle s'arrange pour rester chez elle et ne pas en sortir. Je vous rassure, ça a duré deux semaines l'histoire. Je me suis vite rendu compte de ce qui était en train de se passer. Donc, retour, pas sur les bancs de l'école, mais sur celui du psy. Et aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Je consolide une fois encore, ma guérison. En parlant de consolider sa guérison, c'est un peu l'objet du podcast du mois d'octobre, le dernier que j'ai enregistré avant cette petite pause. Donc cette fois, nous remontons des années en arrière. Je vous avais dit que retrouver le fil de l'histoire n'allait pas être simple. On reprend donc des années en arrière. Sous médoc et sous thérapie, j'ai l'impression que tout va bien. Très bien même, puisqu'entre temps j'ai déménagé. On peut penser qu'un déménagement pour une agoraphobe, c'est la fin du monde. Eh bien, pas du tout. Tout s'est passé sans accroc, sans angoisse, zéro attaque de panique. Mon impression était vraiment que j'allais très bien. Nous avons emménagé dans cette nouvelle maison. Plusieurs sentiments, uniquement positifs se mélangeaient. Heureuse d'avoir pu accéder à cet objectif, cette maison représente vraiment un idéal auquel on aspirait. Très occupée par cette maison, mais dans le bon sens du terme, des travaux, des aménagements, que des choses pour se faire plaisir et être encore mieux dans cette maison que ce qu'on était déjà. Un vrai sentiment de plénitude et de gratitude. Là où on vivait avant, c'était sympa. C'était un appartement avec un jardin. Mais... Qui dit appartement avec jardin dit également rez de chaussée. Je ne m'en étais jamais rendu compte, mais une fois dans l'appartement, on ne voyait plus le ciel. Dans cette nouvelle maison, c'était complètement différent. La première chose que je vois quand j'ouvre les yeux le matin, c'est généralement un ciel bleu magnifique. Et oui, je ne suis pas du tout quelqu'un qui se lève tôt, donc quand j'ouvre les yeux, il fait déjà bien jour. Quand on va se coucher, de la fenêtre, on voit la lune. Quand c'est la pleine lune, c'est magnifique. Dans la journée, on entend régulièrement des chants d'oiseaux. La vie est belle. Comme je vous le disais précédemment, vraiment une myriade de sentiments positifs. Comment pouvais-je penser que ma facette agoraphobique couvait ? Plus que couvait d'ailleurs, elle avait déjà bien éclos. Eh bien, un dimanche matin. Je devais aller au tabac. Je retardais. Je retardais encore le moment d'y aller. Puis finalement, j'ai demandé à ma fille, qui n'était même pas majeure à l'époque, donc qui n'était même pas censée pouvoir avoir le droit d'acheter des cigarettes, d'y aller à ma place. Je lui demande d'y aller. Je ferme la porte derrière elle, je m'assieds sur le canapé et je revois différentes scènes de ces derniers mois se dérouler devant mes yeux. Cela fait des mois. que j'évite toute sortie seule de la maison. Pour le tabac et la boulangerie qui ne sont même pas à 10 minutes à pied, mais encore pire, les poubelles, vous savez ce truc du quotidien, elles sont à l'autre bout de mon lotissement. Il faut franchir le portail du lotissement pour y accéder. Une sortie donc de ma zone de confort au sens propre comme au sens figuré. Eh bien, assise sur mon canapé, je me rends compte que ça fait des mois que j'évite d'y aller. Je m'arrange constamment pour que... quelqu'un y aille à ma place. Et oui, vous avez bien entendu, cela fait des mois. Je prends des médicaments. Je suis suivie par un psychiatre et par un psy. Bon, j'avoue, le psy, Ca fait un moment que j'y vais plutôt en dilettante. Mais malgré cette haute surveillance, je ne me suis absolument pas rendue compte que j'étais totalement retombée dans cette fameuse stratégie d'évitement. Pas de sortie. Pas de tabac, pas de boulangerie, même pas de poubelle. Avant d'emménager dans cette maison, j'étais vigilante parce que formée par ma psy à repérer les comportements d'évitement. Mais là, ça fait plus de six mois que nous avons emménagé et peut-être cinq mois que je ne suis pas allée jeter une poubelle. Et je n'ai absolument rien vu. Pas d'angoisse, pas de panique. Mais... Suite à cette prise de conscience, je suis tout de même restée tétanisée sur mon canapé jusqu'au retour de ma fille du tabac. Alors là, ça a été compliqué sans l'être. Je venais de comprendre que je n'allais peut-être pas aussi bien que je pensais aller, mais d'un autre côté, ça allait bien. J'étais super heureuse dans cette nouvelle maison, avec le ciel bleu lumineux le matin au réveil, le chant des oiseaux... Un paysage qui donne du baume au cœur, une vue sur la lune le soir en allant se coucher, une impression d'avoir uniquement des émotions et des sentiments positifs. De quoi pouvais-je me plaindre ? Quelle raison avais-je de me plaindre ? Est-ce que j'allais mal ? Non, pas du tout. Alors j'ai laissé courir. Maintenant que je savais que je n'allais pas, ne serait-ce que jeter la poubelle, la chose logique... aurait été de reprendre mes exercices d'exposition progressive. Y aller, quand il y a quelqu'un à la maison par exemple, pourquoi pas avec mon téléphone dans ma poche, reprendre le protocole de TCC que j'avais suivi en première instance et qui m'avait tout de même fait bien avancer. Je vous renvoie au cinquième épisode de ce podcast dans lequel je parle en détail de ce protocole. Je vais même faire mieux, je vous mets un lien vers cet épisode dans les notes de l'épisode. Après cet aparté, donc, le plus judicieux aurait été de reprendre ce protocole juste histoire de me refamiliariser avec le concept, m'exposer progressivement aux choses que j'évite parce qu'elles m'angoissent, pour petit à petit reprendre une vie autonome. Eh bien, je n'ai pas du tout fait ça, bien au contraire. Dans un premier temps, j'ai évité le psy. En ce qui concerne mon traitement, eh bien, le plus simple, c'était de ne pas aller voir le psychiatre. qui aurait posé des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre. Donc, direction le généraliste qui, lui, renouvelait l'ordonnance sans poser de questions. Ça a duré des mois comme ça. Je savais, en mon fort intérieur, que j'évitais toute sortie seule, que j'avais donc perdu de nouveau mon indépendance. Mais je n'ai absolument rien fait pour la retrouver. La conclusion la plus simple serait, quand on veut guérir, il faut déjà le vouloir. Sans cette décision de vouloir guérir, rien n'est possible. Mais je pense que cette conclusion est assez restrictive. J'avais bien conscience que de ne pas être capable d'aller jeter une poubelle à l'autre bout du lotissement, ce n'était pas quelque chose de normal. Bon, je mets 200 guillemets au mot « normal » car là de suite, je ne trouve pas d'autres mots. Je sentais donc que ce n'était pas tout à fait normal. Mais je me sentais bien, je me sentais... ni anxieuse ni angoissée. J'étais heureuse et reconnaissante de vivre dans cette maison et ce nouvel environnement. Je n'ai donc pas cherché plus loin. Je m'y suis retranchée, ayant de nouveau perdu mon indépendance sans aucune intention de la récupérer. Je dis intention, mais c'est peut-être raison de la récupérer qu'il faut dire aussi. Donc, sans cette intention, sans cette raison, aucun psy ni aucun traitement ne pouvait faire le travail à ma place. Je suis donc restée comme ça des mois, pas malheureuse. Pas plus anxieuse que ça non plus d'ailleurs, juste ce statu quo de ne pas demander plus que ce que j'étais reconnaissante d'avoir. Ne pas chercher plus que ce que j'avais. Jusqu'au jour où, seul quelques jours à la maison, j'étais dans l'obligation d'aller jeter les poubelles. Ça a été une torture, mais j'y suis allée. Et là, je me suis dit que si j'avais envie de rester chez moi, pas de problème, mais qu'au moins ce soit un choix, un vrai choix. que si j'avais envie de rester chez moi, ça n'empêche pas que je sois capable d'aller jeter une poubelle sans me poser mille questions. Je devais reprendre les choses en main. Donc, retour chez le psy. Mais ça, c'est une histoire pour le prochain épisode. Sur ces quelques mots, je vous laisse et je vous remercie pour votre écoute. Si mon histoire vous parle, si vous vous êtes reconnu même un tout petit peu, dites-le moi. Laissez un commentaire, une évaluation. Abonnez-vous à ce podcast, ça m'aide énormément et ça donne vie à ce podcast. Ce podcast qui est aussi le vôtre. Vos messages, vos retours, vos histoires me nourrissent et me donnent envie de continuer à partager avec vous. A très vite pour la suite du journal d'une agoraphobe .
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Journal d'une agoraphobe. Dans ce podcast, je partage mon parcours d'ancienne agoraphobe. Je ne suis ni médecin, ni thérapeute, mais si mon humble expérience peut ouvrir quelques pistes à certains d'entre vous et contribuer à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de personnes, eh bien, mission accomplie ! Ça va être un peu compliqué de reprendre le cours de ce podcast. Pourquoi ? À cause des différents sauts dans le temps que j'ai fait ces derniers mois. Bon, allez, je reprends. Je pense que le mieux, c'est que je reprenne à rebours. Lors du dernier épisode, j'expliquais pourquoi j'ai arrêté ce podcast durant plusieurs mois. Rien de grave, mais une accumulation de soucis familiaux et professionnels. Une vraie accumulation, croyez-moi. La majorité des soucis que je ruminais ne dépendaient pas de moi. C'est en majorité des facteurs extérieurs pour lesquels je n'y peux pas grand-chose. Dans un premier temps, l'impression finalement d'avoir les pieds et mains liés. Donc, je ruminais, je stressais et surtout, j'angoissais. Comme maintenant je me connais assez bien, je me suis rapidement rendu compte que dans cette situation, Je me sentais en danger. Et donc, qu'est-ce qui se passe quand une ancienne agoraphobe se sent en danger ? Je vous le donne dans le mille. Elle s'arrange pour rester chez elle et ne pas en sortir. Je vous rassure, ça a duré deux semaines l'histoire. Je me suis vite rendu compte de ce qui était en train de se passer. Donc, retour, pas sur les bancs de l'école, mais sur celui du psy. Et aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Je consolide une fois encore, ma guérison. En parlant de consolider sa guérison, c'est un peu l'objet du podcast du mois d'octobre, le dernier que j'ai enregistré avant cette petite pause. Donc cette fois, nous remontons des années en arrière. Je vous avais dit que retrouver le fil de l'histoire n'allait pas être simple. On reprend donc des années en arrière. Sous médoc et sous thérapie, j'ai l'impression que tout va bien. Très bien même, puisqu'entre temps j'ai déménagé. On peut penser qu'un déménagement pour une agoraphobe, c'est la fin du monde. Eh bien, pas du tout. Tout s'est passé sans accroc, sans angoisse, zéro attaque de panique. Mon impression était vraiment que j'allais très bien. Nous avons emménagé dans cette nouvelle maison. Plusieurs sentiments, uniquement positifs se mélangeaient. Heureuse d'avoir pu accéder à cet objectif, cette maison représente vraiment un idéal auquel on aspirait. Très occupée par cette maison, mais dans le bon sens du terme, des travaux, des aménagements, que des choses pour se faire plaisir et être encore mieux dans cette maison que ce qu'on était déjà. Un vrai sentiment de plénitude et de gratitude. Là où on vivait avant, c'était sympa. C'était un appartement avec un jardin. Mais... Qui dit appartement avec jardin dit également rez de chaussée. Je ne m'en étais jamais rendu compte, mais une fois dans l'appartement, on ne voyait plus le ciel. Dans cette nouvelle maison, c'était complètement différent. La première chose que je vois quand j'ouvre les yeux le matin, c'est généralement un ciel bleu magnifique. Et oui, je ne suis pas du tout quelqu'un qui se lève tôt, donc quand j'ouvre les yeux, il fait déjà bien jour. Quand on va se coucher, de la fenêtre, on voit la lune. Quand c'est la pleine lune, c'est magnifique. Dans la journée, on entend régulièrement des chants d'oiseaux. La vie est belle. Comme je vous le disais précédemment, vraiment une myriade de sentiments positifs. Comment pouvais-je penser que ma facette agoraphobique couvait ? Plus que couvait d'ailleurs, elle avait déjà bien éclos. Eh bien, un dimanche matin. Je devais aller au tabac. Je retardais. Je retardais encore le moment d'y aller. Puis finalement, j'ai demandé à ma fille, qui n'était même pas majeure à l'époque, donc qui n'était même pas censée pouvoir avoir le droit d'acheter des cigarettes, d'y aller à ma place. Je lui demande d'y aller. Je ferme la porte derrière elle, je m'assieds sur le canapé et je revois différentes scènes de ces derniers mois se dérouler devant mes yeux. Cela fait des mois. que j'évite toute sortie seule de la maison. Pour le tabac et la boulangerie qui ne sont même pas à 10 minutes à pied, mais encore pire, les poubelles, vous savez ce truc du quotidien, elles sont à l'autre bout de mon lotissement. Il faut franchir le portail du lotissement pour y accéder. Une sortie donc de ma zone de confort au sens propre comme au sens figuré. Eh bien, assise sur mon canapé, je me rends compte que ça fait des mois que j'évite d'y aller. Je m'arrange constamment pour que... quelqu'un y aille à ma place. Et oui, vous avez bien entendu, cela fait des mois. Je prends des médicaments. Je suis suivie par un psychiatre et par un psy. Bon, j'avoue, le psy, Ca fait un moment que j'y vais plutôt en dilettante. Mais malgré cette haute surveillance, je ne me suis absolument pas rendue compte que j'étais totalement retombée dans cette fameuse stratégie d'évitement. Pas de sortie. Pas de tabac, pas de boulangerie, même pas de poubelle. Avant d'emménager dans cette maison, j'étais vigilante parce que formée par ma psy à repérer les comportements d'évitement. Mais là, ça fait plus de six mois que nous avons emménagé et peut-être cinq mois que je ne suis pas allée jeter une poubelle. Et je n'ai absolument rien vu. Pas d'angoisse, pas de panique. Mais... Suite à cette prise de conscience, je suis tout de même restée tétanisée sur mon canapé jusqu'au retour de ma fille du tabac. Alors là, ça a été compliqué sans l'être. Je venais de comprendre que je n'allais peut-être pas aussi bien que je pensais aller, mais d'un autre côté, ça allait bien. J'étais super heureuse dans cette nouvelle maison, avec le ciel bleu lumineux le matin au réveil, le chant des oiseaux... Un paysage qui donne du baume au cœur, une vue sur la lune le soir en allant se coucher, une impression d'avoir uniquement des émotions et des sentiments positifs. De quoi pouvais-je me plaindre ? Quelle raison avais-je de me plaindre ? Est-ce que j'allais mal ? Non, pas du tout. Alors j'ai laissé courir. Maintenant que je savais que je n'allais pas, ne serait-ce que jeter la poubelle, la chose logique... aurait été de reprendre mes exercices d'exposition progressive. Y aller, quand il y a quelqu'un à la maison par exemple, pourquoi pas avec mon téléphone dans ma poche, reprendre le protocole de TCC que j'avais suivi en première instance et qui m'avait tout de même fait bien avancer. Je vous renvoie au cinquième épisode de ce podcast dans lequel je parle en détail de ce protocole. Je vais même faire mieux, je vous mets un lien vers cet épisode dans les notes de l'épisode. Après cet aparté, donc, le plus judicieux aurait été de reprendre ce protocole juste histoire de me refamiliariser avec le concept, m'exposer progressivement aux choses que j'évite parce qu'elles m'angoissent, pour petit à petit reprendre une vie autonome. Eh bien, je n'ai pas du tout fait ça, bien au contraire. Dans un premier temps, j'ai évité le psy. En ce qui concerne mon traitement, eh bien, le plus simple, c'était de ne pas aller voir le psychiatre. qui aurait posé des questions auxquelles je n'avais pas envie de répondre. Donc, direction le généraliste qui, lui, renouvelait l'ordonnance sans poser de questions. Ça a duré des mois comme ça. Je savais, en mon fort intérieur, que j'évitais toute sortie seule, que j'avais donc perdu de nouveau mon indépendance. Mais je n'ai absolument rien fait pour la retrouver. La conclusion la plus simple serait, quand on veut guérir, il faut déjà le vouloir. Sans cette décision de vouloir guérir, rien n'est possible. Mais je pense que cette conclusion est assez restrictive. J'avais bien conscience que de ne pas être capable d'aller jeter une poubelle à l'autre bout du lotissement, ce n'était pas quelque chose de normal. Bon, je mets 200 guillemets au mot « normal » car là de suite, je ne trouve pas d'autres mots. Je sentais donc que ce n'était pas tout à fait normal. Mais je me sentais bien, je me sentais... ni anxieuse ni angoissée. J'étais heureuse et reconnaissante de vivre dans cette maison et ce nouvel environnement. Je n'ai donc pas cherché plus loin. Je m'y suis retranchée, ayant de nouveau perdu mon indépendance sans aucune intention de la récupérer. Je dis intention, mais c'est peut-être raison de la récupérer qu'il faut dire aussi. Donc, sans cette intention, sans cette raison, aucun psy ni aucun traitement ne pouvait faire le travail à ma place. Je suis donc restée comme ça des mois, pas malheureuse. Pas plus anxieuse que ça non plus d'ailleurs, juste ce statu quo de ne pas demander plus que ce que j'étais reconnaissante d'avoir. Ne pas chercher plus que ce que j'avais. Jusqu'au jour où, seul quelques jours à la maison, j'étais dans l'obligation d'aller jeter les poubelles. Ça a été une torture, mais j'y suis allée. Et là, je me suis dit que si j'avais envie de rester chez moi, pas de problème, mais qu'au moins ce soit un choix, un vrai choix. que si j'avais envie de rester chez moi, ça n'empêche pas que je sois capable d'aller jeter une poubelle sans me poser mille questions. Je devais reprendre les choses en main. Donc, retour chez le psy. Mais ça, c'est une histoire pour le prochain épisode. Sur ces quelques mots, je vous laisse et je vous remercie pour votre écoute. Si mon histoire vous parle, si vous vous êtes reconnu même un tout petit peu, dites-le moi. Laissez un commentaire, une évaluation. Abonnez-vous à ce podcast, ça m'aide énormément et ça donne vie à ce podcast. Ce podcast qui est aussi le vôtre. Vos messages, vos retours, vos histoires me nourrissent et me donnent envie de continuer à partager avec vous. A très vite pour la suite du journal d'une agoraphobe .
Share
Embed
You may also like