Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du Journal d'une agoraphobe. Dans ce podcast, je partage mon parcours d'ancienne agoraphobe. Je ne suis ni médecin ni thérapeute, mais si mon humble expérience peut offrir quelques pistes à certains d'entre vous et contribuer à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de personnes, eh bien, mission accomplie. Je suis vraiment heureuse de vous retrouver. Aujourd'hui, cela fait quelques mois que vous n'avez pas eu de mes nouvelles. Depuis octobre, pour être précise. Pas parce que je n'aime pas faire ce podcast, bien au contraire, mais parce que j'avais besoin de ne pas avoir cette charge mentale supplémentaire le week-end. J'avais besoin de me concentrer sur autre chose. Et aujourd'hui, je veux vous expliquer pourquoi. Début septembre, ma fille part faire ses études ailleurs. Ma N plus 1 se fait virer du jour au lendemain. Des ingrédients qui réactivent mon anxiété. De l'anxiété au quotidien, des réveils nocturnes... Puis, une fois de plus, je me rends compte que cela fait trois fois que j'évite de sortir de chez moi. Et bim ! Un peu plus de stress que d'habitude. Et bonjour ce vieux réflexe d'évitement que je croyais avoir laissé derrière moi. Je ne vous cache pas que sur le coup, c'est les boules. Rappelez-vous mon dernier épisode, celui du mois d'octobre, qui s'intitulait « Pourquoi consolider sa guérison n'est pas négociable » . J'abordais le fait que j'étais en pleine stratégie d'évitement sans m'en rendre compte. Mais là, ce n'était pas pareil. À l'époque, je n'étais pas guérie. Mais comme ça allait considérablement mieux, je voyais uniquement le côté plein du verre, celui où ça va mieux. je ne voyais pas que quand même J'évitais un certain nombre de choses et quand je dis un certain nombre, là encore, je vois le verre à moitié plein. Mais quand j'ai recommencé cette fameuse stratégie de l'évitement au mois de septembre, ce n'était pas pareil. Cette fois, j'étais guérie depuis des années. J'avais consolidé ma guérison avec mon psy, donc normalement, je me voyais complètement sortie d'affaire. Je ne pensais pas que ça pouvait reveni par une autre porte. Ça m'a ramené quelques années en arrière, cette sensation désagréable de voir revenir quelque chose qu'on pensait avoir vaincu. Mais, restons positifs, cette fois, il y avait une différence. Cette fois, je savais. Je savais ce que c'était. Je savais ce que ça signifiait. Et surtout, je savais que je ne devais pas laisser ça s'installer. On ne doit pas se mentir, il est imprudent de faire face seul à ce type de problème. Alors, armée de mon iPad et de ma connexion Wi-Fi, mon premier réflexe a été de chercher un psy. Étant déjà passée par là il y a dix ans, je savais exactement ce que je voulais. Pas question de tâtonner et d'essayer différentes approches. Droit au but, je voulais une thérapie cognitive et comportementale. Je sais qu'il existe un certain nombre de thérapies, mais étant une scientifique dans l'âme, j'aime autant me diriger vers une thérapie dont les effets thérapeutiques sont scientifiquement prouvés. Une thérapie cognitive et comportementale. Et là, bonne surprise, je tombe sur un site internet d'un cabinet composé de différents psychiatres et psychologues proposant même des groupes de parole. Banco. Les choses ont vraiment changé depuis ma première attaque de panique il y a 10 ans. Ce type de cabinet n'existait pas à l'époque. En tout cas, pas dans la petite ville où je vis. Je prends rendez-vous. Je vous avoue que je n'étais pas enchantée. Pas du tout. Devoir recommencer ce processus, avoir l'impression de repartir à zéro, c'était frustrant. Après tout ce chemin parcouru, me revoilà face à un nouveau psychologue à qui il va falloir de nouveau tout raconter. Ceci dit, la bonne nouvelle, c'est que je suis déjà passé par là. Donc, quoi qu'il arrive, je ne repars pas de zéro. Mais me voilà donc reparti pour quelques séances. Une fois de plus, j'ai eu de la chance. Je suis tombée sur une psy avec laquelle je me suis tout de suite sentie à l'aise. et en confiance. Dans son cabinet, plusieurs livres sur les thérapies cognitives et comportementales sont en évidence. Ça a bien changé depuis ma première thérapie. Même si les exercices étaient des exercices proposés en thérapie cognitive et comportementale, jamais ma première psy n'a prononcé le mot devant moi. Jamais elle ne m'a dit que pour ma guérison, nous allions suivre une méthode. Je vous renvoie aux premiers épisodes de ce podcast où j'explique bien, que même si ma psy m'apportait beaucoup de choses, j'avais tout de même l'impression de naviguer à vue. Là, ce n'est pas le cas. Pas du tout pareil. Rien que la prise de rendez-vous est différente. Il y a 10 ans, j'avais pris rendez-vous et basta. Là, non. C'est un premier rendez-vous? Dans ce cas, ce sera plus long et le tarif sera différent des autres séances, comme chez le dentiste ou le dermatologue. Première séance donc, une heure. J'explique la problématique, simple, directe. Pour la deuxième séance, elle me demande de venir avec un cahier format A4. J'arrive avec mon cahier. Elle, elle avait préparé un polycopié. deux pages de symptômes. Nous les avons lus ensemble. À chaque ligne, Je hoche la tête . Oui, oui, oui encore. À la fin de cette deuxième séance, étant tout à fait d'accord sur le fait que ces symptômes étaient les miens, le diagnostic était posé. Trouble anxieux généralisé. Il y a dix ans, le diagnostic de trouble anxieux généralisé n'a jamais été clairement posé. Le terme a juste été utilisé au détour d'une conversation. avec ma psy. Cette fois, lors de la deuxième séance, le diagnostic est là. Et en plus, comme c'est moi qui lis le polycopier proposé par la psy, comme c'est moi qui acquiesce plus ou moins à chaque symptôme, c'est comme si quelque part, c'est moi qui le posais ce diagnostic. Une impression, à l'inverse de ma première thérapie, de savoir où je vais et comment j'y vais. Aujourd'hui encore, je continue cette thérapie. Rappelez-vous. Consolider sa guérison, ce n'est pas une option, c'est une nécessité. Donc, je suis en phase de consolidation. Et ça va beaucoup mieux. Vraiment. Parfois, j'ai encore envie d'éviter cette petite voix qui me dit « Reste chez toi, de toute façon, il fait froid dehors. » Mais maintenant, je ne le fais pas. Je sors quand même, je fais face. Ce n'est pas magique, ce n'est pas encore parfait, mais c'est en cours. Vous savez donc maintenant pourquoi le podcast a pris une pause. Voilà pourquoi. j'avais besoin de me concentrer sur moi, sur ma santé mentale, sans avoir cette pression supplémentaire de produire du contenu chaque semaine. D'ailleurs, en parlant de chaque semaine, je pense que je vais effectuer cette reprise de manière progressive. Ce ne sera pas un épisode par semaine, mais un tous les 15 jours. Quel message contenir de cet épisode de podcast ? Si vous êtes atteint d'un trouble anxieux généralisé, ou si vous accompagnez une... personne qui s'ouvre d'un trou blanc que se généraliser, je ne veux surtout pas que vous vous inquiétiez. Il se peut qu'une fois guéri, il y ait des réminiscences d'anciens réflexes anxieux, des situations où l'évitement qui n'arrange rien, voire qui aggrave la situation est plus facile. Eh bien, vous savez quoi ? Ce n'est pas grave. La guérison, ce n'est pas une inouïe. C'est comme ça. Il faut l'accepter. Mais soyez-en certains, ce n'est pas un retour à la case départ. Ce n'est pas un départ à zéro. C'est juste une nouvelle étape. d'autant plus facile à franchir que nous sommes déjà passés par là. Donc, on sait, on comprend. À mon avis, il ne faut surtout pas essayer de résoudre cela seul. Un psy va donner les outils et l'élan nécessaire pour que ça aille mieux rapidement. Je répète donc ce message par les anxieux et les accompagnants anxieux. Pas d'inquiétude. C'est une nouvelle étape qui, si on est suivi, se franchit rapidement. Raison pour laquelle, aujourd'hui, je me sens prête à revenir vers vous, à continuer à partager ce chemin avec vous. Parce que c'est ça aussi le combat contre les troubles anxieux généralisés. Témoigner pour que les personnes atteintes sachent qu'elles ne sont pas les seules à vivre cela et que des solutions existent. Sur ces quelques mots, je vous laisse et je vous remercie pour votre écoute. Si mon histoire vous parle, si vous vous êtes reconnus, même un tout petit peu, dites-le moi. Les Saintes... commentaire, une évaluation, abonnez-vous à ce podcast. Ça m'aide énormément et ça donne vie à ce podcast. Ce podcast qui est aussi le vôtre, vos retours, vos messages, vos histoires me nourrissent et me donnent envie de continuer à partager avec vous. Alors à très vite pour la suite du journal d'une agoraphobe.