- Speaker #0
Qui fait la différence entre quelqu'un qui va réussir et une entreprise qui ne va pas réussir ? C'est qui va le plus vite, tout simplement, parce que plus vite on exécute, plus vite on fail, plus vite on adapte. Et donc le temps parfois que quelqu'un lance quelque chose, nous on a déjà lancé, on a déjà appris, on a déjà corrigé, etc. Je dirais que ça c'était un conseil qui est essentiel.
- Speaker #1
Le Mouton à 5 Pattes.
- Speaker #0
Donc Jennifer ?
- Speaker #1
Si quelqu'un vient cliquer sur ce podcast pour l'écouter, parce qu'il a trouvé le titre et la miniature évidemment ultra intéressants, peux-tu me dire pourquoi il devrait rester et écouter cette conversation ?
- Speaker #0
Écoute, ce qui était génial dans notre conversation, c'est qu'on a décomposé comment on devient entrepreneur et par quelle phase passe et quelle trajectoire et quels sont les meilleurs choix, quelles sont les erreurs à éviter. Donc c'est un peu le mode d'emploi de l'entrepreneur.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans le Mouton à 5 pattes. Aujourd'hui, j'ai l'honneur d'accueillir Jennifer Cohen-Solal. Jennifer, bonjour.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Jennifer, cofondatrice et CEO de Hushday, startup e-commerce basée à Dubaï, pensée, j'ai l'impression, pour la nouvelle génération digitale, mais aussi les moins nouvelles. On va plonger dans son parcours, découvrir ce qui l'a poussé à lancer EHD, ses défis, sa vision pour le retail et l'e-commerce, mais aussi ce que ça implique quand on conjugue ambition, leadership et vie de femme mère. J'ai entendu que tu dormais beaucoup en ce moment. Donc, si vous êtes curieux, curieuse de comprendre ce que réussite. pivot résilience et audace signifie dans l'entrepreneuriat aujourd'hui cet épisode est fait pour vous allez on va démarrer tout de suite jennifer raconte nous un petit peu ton parcours et comment est venue l'idée de jeudi alors
- Speaker #0
je suis un pur produit du e-commerce j'ai fait une école de commerce classique et j'ai démarré directement par du e-commerce j'ai accompagné énormément d'entreprises dans leur stratégie digitale marketing et e-commerce au tout début où il y avait peu d'experts sur ce sujet. Et donc, je suis très vite arrivée, même à très jeune âge, à des postes à responsabilité au sein de maisons de mode, de cosmétiques, etc. Donc, je crois que je dois battre le record du nombre d'entreprises par an. Je crois qu'en 15 ans, j'ai dû faire 15 entreprises. Un petit côté job-upper, comme on dit en règle. Je suis quelqu'un d'assez impatient et qui adore les défis. Un peu compliqué qui s'ennuie vite, mais c'est génial parce que j'ai pu apprendre beaucoup, beaucoup de choses. J'avais commencé ma carrière chez Vipi et chez Brandalé. Donc, je connaissais déjà un petit peu le modèle des ventes privées, mais je préférais être côté marque pour réfléchir à des stratégies vraiment long terme et comment développer cette partie digitale. J'ai fait aussi du conseil où j'ai accompagné énormément de marques aussi, pareil, sur leur stratégie digitale e-commerce. Et petit moment intéressant dans mon parcours. j'avais créé en 2019 la première dnvb de pâtisserie donc il s'appelle dnvb digital native vertical brand ok c'était la grande mode dans les années 2017 2018 2019 et c'était la première dnvb de pâtisserie donc j'avais créé un concept qui s'appelait le meilleur gâteau du monde. Rien que ça. Sauf pas.
- Speaker #1
Allez, non.
- Speaker #0
Et j'avais réuni pour la première fois plusieurs chefs pâtissiers pour créer un gâteau qui était le gâteau qui répondait aux besoins et aux envies de tous les Français, livré en une heure dans tout Paris. Et donc, c'était la première fois que des chefs travaillaient en collaboration. Ça a été un énorme succès médiatique et commercial, puisque c'était la première fois aussi qu'on pouvait commander un gâteau et être livré en moins d'une heure dans tout Paris. Il y a eu le Covid, six mois après, ça s'appelle un mauvais time to market.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Et après, j'ai rejoint des entreprises dans la tech en tant que CMO, notamment Padsie Robotics où je les ai accompagnées, pareil sur toute la direction marketing et digitale, c'était les premiers restaurants robotisés au monde.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et j'ai ensuite rejoint CookEye en tant que CMO, où je les ai aidées sur la partie redressement judiciaire. Donc j'étais CMDO, mais pendant cette période aussi qui est très challenging. Donc j'aime bien quand c'est un peu compliqué. Certains m'appellent le chat noir, mais moi au contraire, je suis très attirée par les boîtes qui sont en difficulté parce qu'il y a des vrais sujets stratégiques à mettre en place, des plans de relance, du cost-killing, de la réflexion sur où mettre l'énergie et les... et les dépenses au bon endroit, et c'est des choses qui m'animent. Et en arrivant à Dubaï, je n'avais pas du tout l'ambition de créer une entreprise. J'avais été un peu, je ne dirais pas traumatisée par mon expérience entrepreneuriale, mais voilà, je sais ce que c'est, c'est dur. Et j'avais bien envie de trouver un poste intéressant dans un groupe. Mais la réalité m'a rattrapée. Déjà, je ne suis pas faite pour les grands groupes. Ça, je l'ai su quand même il y a quelques années. Et en discutant avec des distributeurs et des marques aux Émirats. Donc nous, on est venus, c'est un projet purement personnel, familial. On n'a pas du tout déménagé à Dubaï pour une opportunité professionnelle. On adore le lifestyle. On trouve que c'est le paradis pour les enfants, pour les entrepreneurs, etc. Et donc, c'est en arrivant ici, en discutant, que j'ai découvert qu'il y avait un véritable besoin. Donc, j'ai demandé à plusieurs marques et distributeurs comment ils géraient leurs inventaires. Donc, moi, pendant toute ma carrière en e-commerce, ça faisait partie de mon scope de gérer aussi les invendus. Ça permet d'améliorer le PNL. Quand on travaille pour une société en redressement, c'est aussi un moyen d'aller chercher du cash facilement. Donc, on transforme l'inventaire en cash immédiatement. Et quand je suis arrivée, j'ai vu qu'il n'y avait pas de plateforme de vente privée premium. Donc, il y a des outlets. on connaît tous les outlets qu'on peut trouver dans tous les malls, qui distribuent un peu toutes les marques. Mais pour les marques de luxe, qui ne peuvent pas se permettre de s'afficher en promotion toute l'année, il n'y avait pas d'offres. Et je leur ai demandé comment vous faites ? Et ils m'ont tous répondu la même chose. On galère. Donc c'est là où je me suis dit... Donc opportunité ! Il y a peut-être quelque chose à faire. J'ai visité des entrepôts et j'ai vu des milliers de produits qui dormaient dans les entrepôts, parfaitement neufs. qui avait seulement six mois parce que voilà toutes les marques de mode de luxe d'accessoires tous les six mois doivent renouveler leur collection en magasin c'est normal même les marques les plus successful elles ont 20% d'un vendu au minimum à la fin d'une saison qu'est ce que deviennent ces invendus voilà soit ils atterrissent dans un outlet soit ils sont en promo sur un site mais nous c'est quelque chose qu'on ne recommande pas il vaut mieux passer par par un partenaire. Puisque si un client arrive sur un site e-commerce et voit les produits parfois similaires, parce qu'il faut se dire les choses d'une collection sur l'autre, c'est souvent les mêmes produits, les mêmes modèles, mais de couleurs différentes. Il y en a un à moins 60, l'autre full price. En fait, ce qui se passe, c'est que ça va dégrader l'image de la marque et ça va tuer la collection full price. Ça va vraiment cannibaliser cette nouvelle collection. Donc nous, notre rôle, c'est justement de nous occuper de cet inventaire passé. et de recréer de la valeur. Donc quand j'ai échangé avec ces marques, j'ai vu qu'il y avait un besoin. J'avais travaillé dans le milieu un peu des ventes privées. J'avais travaillé aussi côté marques et je sais quelles sont les problématiques que les brand managers peuvent rencontrer ou les directeurs marketing, notamment de ne pas faire de promo toute l'année pour ne pas dégrader l'image de marque, de ne pas cannibaliser les clients ou les magasins. C'est des sujets que je connais et c'est comme ça qu'est née l'idée de créer la première plateforme de vente privée pour le Moyen-Orient. uniquement accessibles aux membres pour aider les marques premium et luxe à déstocker. Donc cette plateforme qui s'appelle Hushday et qu'on a lancée en mai de cette année.
- Speaker #1
Le futur du recrutement, c'est Wiggly. Vous en avez sûrement entendu parler, le monde du recrutement change vite.
- Speaker #0
Avec Wiggly, l'idée n'est pas de remplacer le recruteur, mais de l'aider à aller plus loin. C'est une plateforme qui combine AI et intelligence humaine pour trouver les bons talents plus vite et plus juste. Franchement, si vous recrutez sans Wiggly, vous ratez une longueur d'avance.
- Speaker #1
Génial. Et donc pour rebondir, parce qu'il y a plus... Alors déjà, j'ai un million de questions, il va falloir que je les structure. À quel moment tu as senti que c'était le bon moment pour te lancer ? À quel moment tu te dis, OK, là, il faut que j'y aille, j'ai eu toutes ces discussions, je vois la problématique et je vois l'opportunité, je me lance ?
- Speaker #0
En fait, ça s'est fait assez naturellement. Je dirais que ça s'est fait en l'espace même pas de quelques semaines. En fait, on commence par échanger avec des distributeurs locaux, des marques qui confirment tous... certaine... un sentiment. Je sentais qu'il y avait un besoin mais il a été confirmé que chacun avait des millions de dollars de stocks qui dormaient dans les entrepôts. Je me suis dit il y a un besoin. Est-ce qu'il y a la demande en face ? Donc, j'ai fait une étude de marché aux Émirats. Qu'est-ce que les gens recherchent ? Est-ce qu'il y a cette vraie appétence pour avoir accès à des deals, à des promotions, etc. ? Donc, je fais toute cette étude de marché auprès d'un échantillon.
- Speaker #1
Et là, on est en quelle année ? En 2025. Ah oui, d'accord. On est déjà en 2025.
- Speaker #0
Non, pardon. On est en 2024.
- Speaker #1
On est en 2024.
- Speaker #0
En 2024. Voilà, parce que j'avais oublié que j'avais bossé un peu avant de lancer.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Donc on est en 2024 et je crois qu'on est autour de mars 2024 quand je fais cette étude de marché que je parle avec évidemment des gens qui sont installés là depuis longtemps, qui connaissent bien le retail ici. Pour information, moi je me suis installée ici en août 2023. Donc à peine quelques mois après, je n'avais pas non plus une forte expertise sur le marché. Donc fort de ces retours. J'ai réfléchi à une stratégie, à une approche, à un projet qu'on a déroulé avec, ok, quel est le business model, quel est le besoin, quelle est la demande, comment on y répond. Et à force d'en parler, à force de présenter ça à des gens, j'ai vu que ça répondait à un véritable besoin et qu'on avait quelque chose d'assez gros.
- Speaker #1
Et c'est marrant parce que nouveau pays, nouvelle boîte, on est vraiment dans un... Un nouveau cycle, une nouvelle histoire. Quand tu commences à penser à Hush Day, est-ce que directement, parce que tu t'es associée avec Jean, au moment où tu as cette idée de Hush Day, est-ce que directement tu te dis je dois m'associer à quelqu'un ou au début tu penses le lancer toute seule ?
- Speaker #0
Alors, c'est une très bonne question. Merci. J'ai créé une entreprise, comme je te disais, en 2019, que j'ai fermé fin 2021. Et voilà, comme je te disais, c'était un super succès médiatique, mais ça n'a pas été un succès financier, commercial. Là, j'ai appris plusieurs choses. La première chose, c'est que si je venais à créer une nouvelle entreprise, je ne me lancerais pas seule. Puisque pour cette première entreprise, j'étais seule et j'ai souffert de cette solitude d'entrepreneur qui n'est pas tant... En termes de compétences, puisque j'ai supervisé multiples départements et donc j'étais membre de comité de direction, donc j'ai un peu piloté de nombreux départements, mais on ne peut pas monter une boîte seule et on a besoin d'avoir quelqu'un avec qui ping-ponger aussi en permanence. Donc ça, c'était ma première certitude, c'était de ne pas me lancer seule. La deuxième, c'était que si je me lançais, je ne me lancerais pas sans fond. parce que J'ai un peu cet adage, là, cette fois-ci, c'est go big or go home, comme beaucoup parfois se disent. Mais quand on sent qu'il y a un vrai besoin, la démarche, elle n'était pas du tout la même que je développe un nouveau produit, je ne sais pas si ce produit va fonctionner, car je ne sais pas si les gens en ont besoin ou s'ils en ont envie. Là, j'avais les deux, j'avais l'équation en face de moi, et je savais que pour réussir, c'était une question de moyens.
- Speaker #1
Et de temps aussi, il fallait aller vite.
- Speaker #0
et fallait aller vite. Le time to market est essentiel. Donc c'était mes deux prérequis. Et moi, j'ai vraiment la casquette marketing, communication digitale et tech. Et les piliers pour ce type d'entreprise, en fait, il y en a trois. Il y a trois piliers. Le premier, c'est faire croître la base de membres, avoir une base de membres solide. Donc ça, c'est du marketing, c'est de la data. Le deuxième pilier, c'est d'avoir les plus belles marques. Donc ça, c'est de l'achat. Et le troisième pilier, c'est d'avoir la meilleure tech. Donc, je savais d'emblée que l'équipe idéale, c'était marketing, achat, tech. Et donc, après, c'est au fil du hasard. J'avais déjà en tête ce profil que je recherchais. Parce que moi, je suis très bitoussie. passionnée de B2C, de Consumer Experience, j'ai toujours été connectée au client. Je n'avais pas cette fibre négociation. Et en fait, Jean, je le connaissais déjà depuis longtemps. J'étais très amie avec sa femme Chloé, que je passe le bonjour. Et quand j'ai dit, je cherche justement ce type de profil d'acheteur, elle m'a dit, pourquoi pas Jean ? En fait, ça faisait plus de dix ans qu'il était acheteur chez Carrefour. Il n'y a pas meilleure école que la grande distribution. Et puis voilà, ça a tout de suite matché et il m'a rejoint.
- Speaker #1
Alors, pour les auditeurs qui nous écoutent et qui veulent peut-être se lancer, quels sont tes conseils pour choisir le bon associé ? Parce que moi, du coup, effectivement, je me retrouve pas mal dans les choses que tu dis, puisque nous, on s'est associés à quatre au départ. On a racheté l'un... l'un des trois autres il y a deux ans et de l'autre côté parenthèse mais quand tu parles de la solitude de l'entrepreneuriat donc nous on a une boîte de 650 personnes et je peux te dire que souvent je me suis sentie seule et que heureusement que j'avais mes associés pour parler des bons et des moins bons moments et pour partager parce que je crois que tout seul à un moment donné où je crois que tu ton cerveau explose mais donc quels sont tes conseils pour choisir le bon associé parce qu'on sait que c'est comme un mariage c'est quelque chose de très très compliqué sur papier.
- Speaker #0
Alors, je ne peux pas dire que j'ai la recette idéale. Ce qui est sûr, c'est que déjà, il faut se baser évidemment sur son instinct. Il faut être en confiance avec cette personne et ne pas juste choisir une liste de compétences parce que l'humain, ça fait énormément, c'est avant tout de l'humain. Mais la deuxième chose, c'est aussi de ne pas se précipiter. C'est un défaut ou je ne sais pas comment on peut appeler ça, mais moi j'ai tendance à être quelqu'un de très méfiante. Donc j'ai tendance à me méfier avant, de donner ma confiance. Et donc il y a toujours un peu cette phase de travaillons d'abord ensemble et si ça fonctionne bien, ok, on peut en discuter. Ce qui est parfois, par le passé, ça a été très embêtant, même avec les gens de l'équipe aujourd'hui. Quand ils rejoignent l'entreprise, je suis comme... Je fais un clin d'œil à Cyril qui travaillait pour moi chez Kouka et qui disait « je suis sur ses côtes en permanence » . Je ne connaissais pas cette expression avant. Je vais être sur leurs côtes à vouloir... C'est être sur le dos de quelqu'un, version Gen Z.
- Speaker #1
Sur les côtes.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ah ben on retient.
- Speaker #0
Donc je vais avoir tendance à vouloir tout contrôler. C'est un énorme défaut, je l'assume, je le dis aujourd'hui. Je suis contrôle fric, donc je vais... contrôler tout ce que la personne elle fait, je vais passer derrière, je vais relire, etc. Je vais forcément manquer un peu de confiance au début. Et quand je sens en fait que la personne elle maîtrise vraiment le sujet et qu'elle est totalement à l'aise sur le poste, je peux enfin me reposer et moi passer à autre chose. Et donc en fait, la manière dont j'ai choisi les associés, bon premièrement donc il y a l'humain, deuxièmement il y a les compétences. Moi je ne crois pas au fait qu'on s'associe parce qu'on est potes. Ça, ça ne fonctionne pas. Il faut que les compétences soient complémentaires et qu'on couvre chacun une area of expertise. Vraiment, ça, c'est essentiel de pouvoir chacun couvrir un domaine. Donc, j'avais un besoin très précis. Donc, il faut que les compétences soient complémentaires. Après, il y a un troisième élément, mais c'est lié à l'humain, c'est l'ego et la personnalité. Moi, je suis quelqu'un qui a une personnalité assez forte. On n'a pas remarqué. Merci.
- Speaker #1
On n'a pas remarqué,
- Speaker #0
je le cache. Non, mais des personnes... J'avais échangé un moment avec des personnes qui avaient des caractères très forts ou de l'ego. Et je savais d'emblée que ça risquait d'être compliqué. Et Jean, en fait, c'est quelqu'un qui est hyper facile à vivre, avec qui on a plaisir à travailler ensemble, on est toujours alignés sur la vision. Moi, je suis un peu le feu. Lui, il est très calme, donc ça permet de vraiment toujours un peu contrebalancer et rassurer aussi les gens avec qui on travaille. Mais en fait, après, ça s'est fait naturellement. Mais je dirais que la recette... c'est de sécuriser au maximum la personne morale avant de penser à la personne physique. Donc techniquement, d'abord on se teste, on passe du temps ensemble, on se pousse dans les retranchements. Je faisais des réunions où je faisais exprès de contredire, de dire n'importe quoi pour voir comment la personne réagissait si on entrait en conflit, si on arrivait à résoudre les conflits. Donc d'abord on se teste. vraiment comme un mariage, on travaille un mois, deux mois, trois mois ensemble. Et ensuite, on signe un accord qui est étalé dans le temps, parfois vesté, etc. Parce que le but, c'est aussi d'avoir un engagement sur la durée. Voilà, à peu près. Mais quand c'est évident, ça se passe hyper bien. Et je dis aussi souvent, quand il y a un loup, c'est que... Quand il y a un doute, il n'y a pas de doute. Quand il y a un doute, il n'y a pas de doute. et on a eu euh On a eu précédemment quelqu'un qui devait nous rejoindre en tant qu'associé. Finalement, ça ne s'est pas fait. Donc là, il y a quelqu'un d'autre qui nous a rejoint. Mais ce n'est pas grave. J'avais entendu une fois dans un podcast, mais cette phrase, je la trouve très vraie. C'est valable pour associés, mais comme pour des employés, surtout pour les employés. L'adage, c'est « hire slow, fire fast » . Et ça, je le fais en permanence. Ça doit être un livre de 5 minutes. Voilà. Ça arrive de se tromper, mais il faut le savoir vite et il faut agir très vite.
- Speaker #1
Je pense que, premièrement, dans ce que tu dis, dans l'association, un jour, quelqu'un m'a dit que les décisions doivent toujours se prendre sans égo, égolesse. Et nous, en tout cas, c'est vraiment ce qui nous a guidés dans notre chemin, c'est de chaque fois se dire « je mets mon égo de côté » . Par exemple, quand il y a des décisions avec lesquelles je n'étais pas du tout d'accord, de me dire « ok, est-ce que c'est une décision où je ne suis pas d'accord ou une question d'égo ? » Ou bien est-ce que je ne suis pas d'accord ? Parce que vraiment, je ne suis pas d'accord. 80% des cas, si pas 90, c'est une question d'ego, tu vois, pour être tout à fait honnête. Donc ça, je suis complètement d'accord avec toi. Et ensuite, je pense que les entrepreneurs souvent sous-estiment le fait de garder les mauvaises personnes trop longtemps, sous-estiment l'investissement financier, mais également l'impact que ça peut avoir sur nous-mêmes ou sur l'ensemble des équipes. Donc je suis tout à fait d'accord avec toi.
- Speaker #0
Alors pour rebondir aussi, parce qu'il y a deux autres éléments qui sont importants pour moi dans l'association, puisque je suis passée par plusieurs mois de discussions avec plein de monde, et avant d'arriver justement à ce modèle qu'on a aujourd'hui, le premier prérequis que j'avais, c'était que je ne voulais que des personnes qui soient prêtes à jumper et à prendre le risque avec moi. Puisque moi, j'étais dédiée à 100%, pour ne pas dire à 1000% à ce projet, donc c'est pas quelque chose qui fonctionne, mais c'est personnel et peut-être que je me trompe. Mais pour moi, ça ne fonctionne pas de lancer une entreprise en side project.
- Speaker #1
Non, non, à moitié, non.
- Speaker #0
Voilà. Et beaucoup de personnes m'ont dit, j'adore, j'ai envie de m'investir, j'ai envie de bosser avec toi là-dessus, mais je garde mon boulot à côté parce que je veux la sécurité financière. Et ça, je lui ai dit, non, pour moi, ça ne fonctionne pas. C'est soit, c'est all-in, et il n'y a que comme ça qu'on fait décoller une entreprise. soit c'est pas la peine et je continuerai d'avancer sans. Donc ça, c'était le prérequis, partager le risque, que chacun soit skin in the game. Et la deuxième chose, c'est basé sur un peu le système du galion. Je suis quelqu'un de très pragmatique. On n'a pas fait du 50-50, on est copains, on s'associe, parce qu'il y a une grille avec chaque compétence. qui a un coefficient par rapport à l'importance que ça a sur le projet en question. Et ce calcul permet de déterminer le nombre de parts de manière très pragmatique et très rationnelle. Et ça, ça permet aussi, encore une fois, d'enlever toute cette partie qui est émotionnelle et de regarder les choses en face, de qui apporte quoi à l'entreprise. Donc vous n'êtes pas à 3,33, quoi.
- Speaker #1
C'est ça. Ok, d'accord. Justement, l'autre sujet dont tu parlais, c'était le levée de fonds. Donc, vous avez levé dès le début ou vous avez... Dès le début.
- Speaker #0
Dès le début.
- Speaker #1
OK. Donc, pour ceux qui sont en pleine levée de fonds ou qui vont se lancer dans les levées de fonds, quelle est un peu, toi, ton histoire et tes conseils à ce sujet ?
- Speaker #0
Alors, quand j'ai eu l'idée de Hush Day, évidemment, c'était un projet qui était très ambitieux. Donc, j'avais tout de suite vu où on pouvait aller. et la meilleure des stratégies c'était d'avoir... la meilleure équipe, la meilleure tech et de pouvoir s'étendre très rapidement dans la région. Donc, il fallait des fonds. Et en plus de ça, à Dubaï, on a beau avoir énormément d'avantages, le sponsor pour... L'emploi n'existe pas ici, donc on a aussi besoin quand même de, c'est bien de recruter des gens, il faut les payer. Donc d'emblée, il y avait l'ambition de lever avant même d'avoir de l'attraction. Donc j'ai fait ce qu'on appelle une levée en précide, ce qui correspond à une levée de fonds auprès de Business Angel sur un projet, une vision, une équipe ou traduction sur un PowerPoint.
- Speaker #1
Un beau pitch.
- Speaker #0
Voilà, un beau pitch. Donc, c'est ce qu'on a fait. Ça a duré à peu près six mois. On a levé 600 000 dollars à date auprès que de Business Angels et de certains family offices pour pouvoir exécuter cette vision. Et en fait, la trajectoire classique des startups, c'est on lève en précide, on met le plan à exécution, on démontre. Donc, on fait le POC, le Proof of Concept. Donc on démontre qu'il y a bien... un market fit, un besoin du marché ici, maintenant. Et ensuite, on va lever en seed. Donc ça, c'est ce qu'on va faire en Q1 2026. Lever en seed pour scaler, développer. Et puis après, sky the limit, peut-être revendre, développer, on verra. Mais c'est l'ambition qu'on avait. Ce n'était pas de créer un petit projet, de voir si ça marchait ou pas. voir plus tard. Dès le début, j'avais vraiment confiance que c'était le bon moment et au bon endroit avec la bonne idée.
- Speaker #1
Est-ce que le réseautage est un pouvoir puissant dans les levées de fonds ?
- Speaker #0
J'ai envie de dire que l'essentiel, c'est 100% de la levée. C'est que par du réseau. Je n'ai pas réussi à lever en allant à des événements out of the blue. En pitchant, ça je n'ai jamais réussi. Évidemment, encore une fois, c'est très personnel. Ça ne marche que par le réseau, puisque à ce stade, en tout cas en précide, je ne dis pas que c'est vrai pour les stades d'après, mais en précide, les gens n'investissent que sur une seule chose, c'est sur l'équipe. Donc ça marche par le réseau. Et une personne qui en présente une autre, etc. Mais je ne dis pas que c'est forcément un réseau personnel, ça s'entretient. J'ai aussi fait du cold call, du cold mail. et qui m'ont amené des investisseurs.
- Speaker #1
On parle beaucoup d'automatisation, mais au fond, le recrutement reste une histoire de personne. Et c'est exactement ce que fait Wigli.
- Speaker #0
Rapprocher la tech et l'humain. Une AI qui aide à mieux comprendre les gens, pas à les remplacer.
- Speaker #1
J'allais te demander, parce que c'était ma prochaine question, si maintenant quelqu'un ne considère pas qu'il a un réseau, est-ce que le cold call ou le cold mail, comme tu dis, peuvent vraiment apporter des réussites à ce niveau-là ?
- Speaker #0
Alors, premièrement, pour répondre à la question, oui. Mais deuxièmement, ce n'est pas inné le réseau, ça se travaille. Donc il faut se faire violence et il faut aller à des événements. Nous, on a de la chance d'être à la French Tech. On fréquente aussi la CCI, il y a des French Founders, il y a d'autres réseaux aussi qui sont tablons, etc. Il existe une multitude de réseaux. Donc ce n'est pas inné, ce n'est pas j'ai un réseau et moi je n'en ai pas. C'est accessible à tous, il faut juste sortir. se forcer un peu à parler et targetter les bons réseaux, ceux qui ont aussi une clientèle qui est, on va dire, qui est très quali. Donc c'est important, mais le call d'email, ça fonctionne aussi en tout cas. Moi, ça a marché, j'ai rencontré plusieurs investisseurs de cette manière. Et puis après, c'est aussi simplement sauter sur des opportunités. le fait de dire effectivement qu'on est ouvert à faire entrer des investisseurs et de suffisamment montrer qu'on est ambitieux et qu'on tient quelque chose de gros ça suffit à aiguiser l'appétit de certains investisseurs qui m'ont dit ça m'intéresse que tu dis j'aimerais beaucoup en savoir plus alors que je les connaissais pas une heure avant ok en fait le les gens auprès de qui on a levé c'est des gens qui ont parti du réseau mais qui n'en faisait pas partie avant et que et que je ne connaissais pas avant d'avoir créé HD
- Speaker #1
Est-ce qu'ouvertement, tu mentionnes plusieurs organisations de networking dans lesquelles je suis membre aussi, donc voilà, on va se revoir. Quand on lève des fonds, parce que moi je n'ai jamais levé de fonds, on a tout fait en bootstrap comme on dit, est-ce que quand on lève des fonds, c'est quelque chose qu'on communique de manière assez transparente ?
- Speaker #0
Oui. En fait, si on ne le dit pas, personne ne va le savoir.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
et en fait il suffit de le dire à la bonne personne quand j'ai des personnes que je connais qui investissent eux mêmes dans des start up qui ont une appétence pour la tech et que on dit voilà je lance ça et en ce moment on a une safe note si ça t'intéresse si on le dit pas la personne va pas le deviner et il faut aussi y aller un peu au culot et dire les choses de manière très transparente on cherche le temps voici les conditions tu en es ou pas.
- Speaker #1
C'est ça. OK. Et dernière question à ce sujet pour ensuite passer à autre chose. Beaucoup disent qu'il faut absolument lever aux US. D'après ce que je comprends ici, ça a été plutôt local, on va dire régional. Quelle est un petit peu toi, ta vision à ce niveau-là ? Est-ce qu'ici, au Moyen-Orient, il y a vraiment moyen de lever des fonds ou bien est-ce qu'ils ont quand même la réputation, de manière générale, la région a la réputation d'être quand même risque averse ? Est-ce que ça a été ton même ressenti ou bien pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, c'est un très bon point. Alors, d'un point de vue VC, ils sont clairement risque averse. Les VC répondent tous, c'est génial. Mais quand il y a de l'attraction, on se reparle. Donc, c'est très bien. C'est des contacts qu'on garde pour plus tard. En revanche, on n'a pas levé aux US du tout parce que notre marché, il n'est pas aux US. J'ai un de mes investisseurs qui m'avait poussé, s'il écoute, il se reconnaîtra, à ouvrir une Delaware aux États-Unis en me disant qu'on va exploser la valo en allant aux US versus Moyen-Orient. Mais il s'avère que parler d'un projet qui résonne, au business angel parce que les gens ils investissent quand ils y croient et quand ça les concerne et quand ils ont envie de voir le projet grandir localement, ils sont basés aux émirats donc nous tous les investisseurs qu'on a réunis sont basés aux émirats pour la plupart certains en france ils sont tous français Pourquoi ? Parce que tout simplement, finalement, ils connaissent déjà ce business model. Ce n'est pas tant que... Alors évidemment, le réseau joue, on a un réseau particulièrement français, mais c'est des gens qui connaissent le business model des ventes privées et ils ont vu l'exemple de Vipi, de Showroom Privé, qui font des milliards. Donc, comme on duplique un modèle qui existe en l'adaptant un peu au marché local, c'est vachement rassurant pour eux. Et les investisseurs, on va dire locaux, il y en a. Je sais qu'il y a une énorme demande parce que finalement, le flot entrant, il n'est pas si important que ça par rapport aux moyens disponibles. Mais oui, ils sont risques averses. Donc, les conditions, c'est qu'il faut de l'attraction, il faut adresser le marché local et en particulier avoir une vision GCC avec la Saoudi en ligne de mire. Et là, on débloque beaucoup plus facilement des fonds localement.
- Speaker #1
Ok. Alors du coup, comment tu imagines l'évolution de Hush Day ?
- Speaker #0
Alors déjà... entre le moment où on a créé HD et aujourd'hui, ça a énormément évolué.
- Speaker #1
Je peux imaginer.
- Speaker #0
Au tout début, on avait comme ambition de créer le VP du Middle East. Et finalement, aujourd'hui, on est plutôt le Arletty du Middle East parce qu'on fait des événements online et des ventes privées offline. Et en fait, on s'est rendu compte que pour ce marché, le physique était primordial. Le besoin de connecter, de voir les produits, et c'est le meilleur moyen d'en baser. Donc, notre modèle, il a évolué. Et en plus, on propose aussi... des staff sales pour les marques de luxe qui ne veulent pas faire de vente privée, on leur propose soit vous faites des ventes privées auprès de notre communauté de membres, soit auprès de vos employés, mais dans les deux cas, on est capable de vous accompagner. Donc déjà, ce modèle, il a évolué. Notre plateforme e-commerce, on a commencé par là, va évidemment évoluer vers une app. Donc on est en train de travailler dessus. Elle devrait sortir d'ici juin 2026 maximum. Et les prochaines étapes, ça va être de développer toutes les verticales. Donc aujourd'hui, on fait mode accessoire pour hommes, femmes, enfants. On va développer la beauté, on va faire de l'électronique, du FMCJ, du laser. En fait, on peut devenir le one-stop-shop pour avoir accès aux meilleurs deals dans la région. Toujours sur ce même dénominateur commun qui ne sont que des marques désirables et des marques premium. Donc il y a l'app, il y a l'expansion internationale, enfin en tout cas... au sein du GCC déjà, donc avec Oman, Qatar, Koweït, Bahreïn, puis Saoudi. La Saoudi, c'est vraiment le gros du marché. C'est un marché de 45 millions d'habitants. Donc nous, on prend notre temps avant d'y aller. On veut d'abord être très solide ici pour y aller avec des moyens et un business model solide.
- Speaker #1
Mais aussi des ventes offline là-bas ? Oui,
- Speaker #0
on va rentrer par le offline clairement, puisque sur la partie e-commerce, il y a encore un peu de retard. Il y a beaucoup d'éducation encore à faire et techniquement aussi, il faut traduire le site, etc. Donc, on va probablement rentrer plutôt par le offline. C'est ce qui fonctionne. Là-bas, il n'y a pas d'outlet. Il y a encore plus de besoins qu'aux Émirats. Et après, il y aura énormément d'évolution. Nous, à la base, même si on fait un métier qui est vieux comme le monde, on est une boîte tech. Donc, il va y avoir évidemment énormément d'innovation. On va intégrer de l'IA, on va intégrer de tout ce qui est recommandations, automation, etc. Pour offrir toujours, c'est le même but, c'est offrir la meilleure expérience client et offrir une solution complète aux marques. Donc voilà, à court terme, un peu les ambitions. Et à long terme, c'est de devenir le leader des ventes privées au Middle East.
- Speaker #1
Très ambitieux.
- Speaker #0
Non, réaliste.
- Speaker #1
Et du coup... Alors... D'abord, c'était Vipi. Maintenant, c'est Arletty. Besoin de la région. J'étais présente au H-Edit. Entre-temps, il y a déjà eu deux ventes. Quel est ton retour d'expérience sur ces premières ventes ?
- Speaker #0
En fait, ce qui est passionnant, c'est de voir l'impact des événements physiques. Parce qu'en fait, on avait lancé le site H-D.com en mai. Et on avait fait des belles ventes. Ça a progressé. Months on months, très content. Mais le jour où on a lancé les événements physiques, on a fait 2000% de croissance. Vraiment, ça a été raz-de-marée. Exactement. En termes d'embasement, en termes d'attraction des marques aussi, puisque avant, c'était nous qui allions voir les marques pour leur demander de nous confier leurs inventaires. Là, maintenant, c'est les marques qui viennent nous voir et qui nous relancent. Donc c'est un rêve, seulement quelques mois après avoir lancé. Donc il y a vraiment, et en fait, et surtout en termes de potentiel de vente, quand on passe en physique, on parle en millions, c'est absolument... incroyable.
- Speaker #1
Mais je trouve que, alors je ne sais pas, c'est toi l'experte dans la matière, moi je ne suis qu'une petite consommatrice, mais personnellement, donc j'ai été au H-Edit et je peux te dire avec certitude que je n'aurais jamais dépensé ce que j'ai dépensé, enfin ce que je dépense en ligne et ce que je dépense en touchant les matières et les produits, c'est deux mondes différents, c'est-à-dire que j'aurais sans doute jamais acheté ce que j'ai acheté.
- Speaker #0
C'est tout le concept des ventes privées. En fait, nous, on est une plateforme premium. Donc, on essaye de trouver cette balance parfaite entre on offre une expérience qui est smooth, qui est luxe, qui est agréable pour le client, mais tout en ayant ce faux mot. Parce que c'est ça, le principe des ventes privées. Ça ne dure que trois jours et les prix doivent être dingues. Il faut que les gens se disent, c'est complètement fou. et c'est first come, first serve. Si je ne l'achète pas maintenant, il n'y en aura plus. Et c'est d'ailleurs ce qui se passe à chaque fois en vente privée. Quand on a fait la vente Longchamp de la semaine dernière, ça passera plus tard, mais parmi les événements, le premier jour, on fait 70% de notre chiffre d'affaires. Et il y a la queue parce que les gens, ils savent que s'ils ne sont pas là le premier jour, après, il n'y a pas de restock. C'est le modèle. On display l'intégralité et c'est premier arrivé, premier servi. Donc, il y a ce côté un petit peu chaotique qu'on essaye d'éviter, mais qui, en même temps, est la beauté du modèle. Et ça crée cette urgence, ça crée ce besoin d'avoir accès maintenant. Et puis après, c'est simplement le prix. À la fin, qu'est-ce qu'on fait ? Pourquoi les gens achètent ? Parce qu'on a les plus belles marques à des prix qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Donc, lorsque tu étais venue au H&D, tu avais vu qu'on était entre moins 70 et moins 90 % sur des marques de luxe qui ne sont jamais en promo. Non, mais c'était des marques... Et c'est notre modèle.
- Speaker #1
Voilà. typiquement c'est ce que j'allais dire c'est qu'il ya marques de luxe et marques de luxe c'est à dire que ici enfin moi pour te dire j'ai vu des chaussures j'ai vu des loups boutins où j'avais presque envie de les acheter alors que c'était pas ma taille quoi tu vois je te la faisais pas possible je peux pas passer à côté de ça tu vois les sacs à main on est arrivé pour les sacs à main les sacs étaient déjà partis il y avait plus rien j'ai quand même un petit roger vigné mais non franchement c'était scandaleux cette vente dans le bon sens du terme dans le sens où on ça a dépassé nos attentes aussi dans le sens où moi je m'attendais à avoir un, alors vraiment c'est pas méchant mais je veux dire un petit Tom Hill figure un petit truc comme ça mais là on était vraiment dans d'autres niveaux de marques mais c'est vraiment notre position en fait nous on va proposer que des marques qu'on dit curated on est on va dire,
- Speaker #0
je dirais pas l'inverse parce qu'ils font un travail qui est incroyable et je me souhaite leur réussite mais on est pas brands for less on va justement aller chercher les marques qui ne sont pas dans les outlets classiques. C'est celles qui ont peur, justement, d'abîmer leur image de marque. Je ne peux pas les citer, je ne veux pas avoir de problème avec elles. Mais c'est les marques qui ne sont d'habitude jamais en promo, jamais en outlet. Et c'est elles à qui on apporte une solution, finalement, parce que sinon, elles n'ont pas besoin de nous. Donc, ces marques-là qui nous disent « Moi, je ne peux pas faire de promo parce que je veux faire hyper attention à mon image de marque, on est une marque hyper désirable, etc. » Ils nous confient leur inventaire parce qu'on le fait dans un cadre qui est confidentiel. qui est uniquement vendu auprès de nos membres. Donc en fait, si les gens ne sont pas membres de Hushday.com, qui n'ont pas leur raconte, etc., ils ne peuvent pas avoir accès aux ventes, ils ne peuvent pas voir quelle vente il y a en ligne, ou voir les prix, etc. On garde la chose de manière strictement confidentielle. Si on tape la marque, on ne trouvera pas les produits sur Google. Le site n'est même pas indexé. On n'indexe pas les fiches produits. Donc c'est ça qui nous permet de garantir cet environnement premium pour les marques. et du coup forcément on compense par avoir les marques les plus belles marques à des prix défiant toute concurrence mais parce qu'aussi on est en construction de notoriété donc on a besoin de créer le buzz et le buzz on le fait par l'offre c'est
- Speaker #1
ça et est-ce que ça t'est déjà arrivé de refuser des marques tous les jours tous les jours en réalité tous les jours mais est-ce que en fait c'est un peu comment je vais dire c'est un problème de luxe c'est-à-dire que tu peux faire ta sélection en fait
- Speaker #0
Oui et non. Et en même temps, c'est frustrant parce que parfois, il y a des produits qui sont beaux et qui sont vraiment canons, mais la marque n'est pas assez connue. Et aujourd'hui, je ne dis pas que ça va être tout le temps le cas, mais sur les conseils de nos advisors, on a la chance d'avoir des advisors exceptionnels qui ont confondé VP, showroom privé, etc.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
On est en construction de marques, donc on doit être hyper sélectif pour que nos membres se disent qu'il n'y a que des marques extraordinaires. Et les marques que nous, on trouve superbes, mais qui ne sont pas connues et qui ne nous permettent pas d'en baser davantage de membres, aujourd'hui, effectivement, on dit non.
- Speaker #1
Ok, franchement. Je reviens juste parce que tu parles d'advisor. Est-ce que tu peux rapidement nous dire un mot ? Quel est le concept des advisors et aussi comment tu les as choisis ?
- Speaker #0
Alors, le principe d'un advisor, c'est quelqu'un qui va passer du temps... pour nous aider à réfléchir, à peaufiner la stratégie, à nous confronter à des questions qui sont parfois existentielles pour le projet, mais qu'on ne peut pas partager avec nos investisseurs.
- Speaker #1
Tes advisors ne sont pas forcément tes investisseurs ?
- Speaker #0
Non, non. Et d'ailleurs, volontairement, on n'a pas d'adviser investisseur, on a des investisseurs et on a un board of advisors. Puisqu'en fait, on veut pouvoir tout dire à nos advisors, vraiment poser les questions de qu'est-ce que je devrais faire à ce moment-là, etc. Sachant qu'à un investisseur, on va plutôt essayer de lui montrer le côté positif ou lui montrer qu'on sait où on va, etc. Donc on a besoin aussi parfois de ping-ponger. et on a besoin aussi de personnes qui soient objectives. Typiquement, qu'est-ce qui est le mieux pour la boîte ? Pas qu'est-ce qui va me permettre de valoriser au mieux, qu'est-ce qui va me permettre de défendre mon investissement, mais qu'est-ce qui est le mieux pour la société ? Et ça, c'est grâce à ce profil d'advisor qui peut-être plus tard, quand on aura un VC au board, contrebalancera ce pouvoir en disant « Non, c'est cette direction qu'il faut prendre. » même si ça ne va pas dans votre intérêt en tant qu'investisseur, parce que c'est ce qu'il faut faire pour scaler, pour la société. Donc pour moi, c'était essentiel d'avoir des gens qui ne soient pas partie prenante et qui puissent vraiment nous conseiller sur comment défendre la personne morale et comment développer l'entreprise. Donc le concept, c'est quoi ? Donc c'est des personnes qu'on a choisis pour des compétences très spécifiques ou un réseau, soit du réseau, soit une expertise retail. Soit une expertise vente privée, soit une expertise tech. Et on a essayé justement d'avoir toutes les expertises pour confronter un peu les opinions. Et régulièrement, on les sollicite dès qu'on a des sujets importants. Et simplement, ils ont des parts qui sont vestées dans le temps, en échange de temps qui est passé sur de l'advisory.
- Speaker #1
Alors, advisor ou pas advisor, quel a été, à part Ayer Slow, Firefast ? Quel a été pour toi le meilleur conseil que tu as reçu et le pire ?
- Speaker #0
Dans la vie ou pour HD ?
- Speaker #1
On va dire dans la vie professionnelle, oui.
- Speaker #0
Je ne l'avais pas préparé. On va réfléchir. Non, le pire conseil, ça ne se fait pas parce que c'est un de mes investisseurs.
- Speaker #1
Il ne le saurait que l'instant.
- Speaker #0
C'est se concentrer que sur la tech. Et pas sur le produit en lui-même. C'était, je me souviens, c'était un des conseils qui n'est pas si mauvais, mais qui n'est pas adapté à nous, c'était concentre-toi sur la tech, la tech, la tech, la tech. Et en fait, parfois, il ne faut pas oublier qu'on vend des vêtements. On vend des vêtements à des humains, tout simplement. Et qu'en fait, si ça, on n'est pas capable de le faire correctement, ça ne sert à rien d'avoir de l'IA, de... Voilà. Il faut parfois revenir à l'essentiel. On est des destockers. En fait, on récupère des inventaires et on les vend à des gens. Et ça aurait pu démarrer par un groupe WhatsApp. Il s'avère que ça commence en e-commerce. Mais c'est bien d'avoir la meilleure tech, mais il faut d'abord focusser le business. C'est d'abord du business avant toute chose. Après, le meilleur des conseils... C'est dur, j'en ai eu tellement. Mais en tout cas, là, ce qui me vient à l'esprit pour Rush Day, c'est déjà ce qui fait la différence entre quelqu'un qui va réussir et une entreprise qui ne va pas réussir. Parfois, ça tient à peu de choses. Et très souvent, c'est qui va le plus vite, tout simplement. Parce que plus vite, on exécute. Plus vite, on fail. Plus vite, on adapte. Et donc le temps parfois que quelqu'un... lance quelque chose. Nous, on a déjà lancé, on a déjà appris, on a déjà corrigé, etc. Donc, je dirais que ça, c'était un conseil qui est essentiel. Et après, évidemment, savoir bien s'entourer, c'est primordial. Et je pense, c'est deux choses. Et après, il n'y a rien sans hard work, comme on dit. Mais je trouve que cette rapidité d'exécution... ça a été un excellent conseil puisque voilà nous on pense toujours, on fait comme si on n'avait que six mois à vivre. J'écoute beaucoup, je suis une grande fan de Brian Tracy, que tu dois connaître. Et en fait cette vision de j'ai six mois, qu'est-ce que je peux faire en l'espace de six mois pour cartonner ? Comment je fais pour que cette journée compte ? ou pour que cette semaine compte. En fait, c'est toujours travailler un peu dans l'urgence, ce qui fait qu'on ne dort pas beaucoup parce qu'on se stresse. Mais d'un autre côté, un entrepreneur, il n'a pas dix ans devant lui avant d'atteindre la rentabilité ou de montrer que son projet fonctionne. Il n'y a rien de pire que... Malheureusement, ça arrive à beaucoup et c'est très triste, mais il n'y a rien de pire que les personnes qui travaillent sur un projet pendant cinq, dix ans, en disant non, mais là, ça va marcher. je sens que ça va bientôt marcher. Et en fait, il faut savoir débrancher la prise quand il faut.
- Speaker #1
Un candidat nous a dit récemment, c'est la première fois qu'une AI m'a compris. Et honnêtement, c'est ce qu'on aime entendre. Parce que Wigli ne se limite pas à des mots-clés, elle comprend les parcours, les ambitions,
- Speaker #0
les vraies histoires derrière un CV.
- Speaker #1
Oui, écoute, je suis en train de lire le livre du cofondateur de LinkedIn qui disait Speed over Efficiency. Et je pense qu'il a tout à fait raison. Donc parfois, oui, il faut être efficace, oui, il faut le meilleur produit du monde, mais parfois, il faut juste aller vite, le lancer, et puis tu réitères après, et tu vois ce qui se passe.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Sténie, tu devais repenser ton parcours, parce que finalement, c'est une magnifique histoire. Est-ce qu'il y a une chose que tu ferais différemment ?
- Speaker #0
C'est dur, parce que, oui, il y a des choses, il y a des éléments qui n'ont pas été faciles dans mon parcours, et d'un autre côté, je ne serais pas là aujourd'hui s'il n'y avait pas eu ça. Je prends un exemple. J'étais directrice e-commerce dans une PME. J'étais très heureuse et j'avais un confort de vie exceptionnel. Mais je sentais que comme j'étais rattachée au directeur général, je n'irais pas beaucoup plus loin. Donc il fallait que je fasse des jumps pour exploser ce plafond de verre. Donc je rejoins un énorme groupe. en tant que directrice marketing du digital. Et voilà, je réalise très vite que je ne suis pas faite pour les grands groupes. Je ne fais pas de politique. Je suis anti réunionite aiguë. Bref, tout ce qui est corporate, ce n'est pas moi. Et j'ai été extrêmement malheureuse. Donc, je suis partie après quelques mois pour me mettre à mon compte et pour me dire, voilà, en fait, quel impact j'ai envie de laisser. plus tard quelle trace j'ai envie de laisser à mes enfants s'il devait rester quelque chose j'ai pas envie d'être juste un pion, juste un numéro au sein d'un grand groupe ou être quelqu'un de remplaçable, donc il y avait cette question de transmission parce que j'avais perdu à ce moment là quelqu'un de proche et en fait ça ramène à, mais en fait si demain je partais qu'est-ce qu'on retiendrait que super j'ai fait des budgets et des réunions et... Et donc, ça m'a poussée à me mettre à mon compte. C'était une expérience qui a été traumatisante. Et d'un autre côté, si je suis entrepreneur, c'est parce que j'avais été traumatisée par cette expérience et que je savais qu'il fallait que je travaille pour moi.
- Speaker #1
Alors du coup, quelle est la mission profonde que tu portes aujourd'hui au-delà du business, je veux dire ?
- Speaker #0
Alors, selon ChatGPT.
- Speaker #1
Ah, Chat, notre meilleur ami. d'être psy,
- Speaker #0
d'être à meilleur avis parce que j'ai trouvé un prompt assez incroyable et vraiment je le recommande il est dingue je t'enverrai c'est un gros pavé mais qui en gros met de côté la gentillesse les machins ne cherchent que la vérité quelles sont mes peurs les plus profondes parce que je lui parle énormément comme de tous donc selon lui hum... Ce que je recherche, finalement, ça rejoint ce que je te disais, c'est d'avoir un impact. D'avoir un impact sur le monde, sur les proches, de faire la différence. Et ma plus grande peur, c'est juste l'insignifiance. Il y a ce côté, je dirais... vouloir faire des grandes choses mais pas pas pour devenir riche pas pour c'est vraiment pour oui pour qu'on se souvienne en fait de que j'ai j'ai mis une petite pierre à l'édifice qu'on se souvienne de moi voilà c'est très là
- Speaker #1
c'est la minute psychologique la petite minute émotion voilà mais en tout cas c'est c'est tout ce que je te souhaite voilà on va on va clôturer est ce qu'il ya on va dire un Un conseil ou un mantra qui te guide dans les moments de doute et que tu veux partager ?
- Speaker #0
Moi, mon mantra, je ne sais pas, ce n'est pas vraiment un proverbe, mais en fait, la vie parfois nous rappelle qu'on n'a qu'un seul ticket. On n'a pas plusieurs essais dans la vie. Imaginez que vous êtes dans un parc d'attractions. Est-ce que vous voulez faire le même manège en boucle ou est-ce que vous voulez explorer tout le parc d'attractions ? Et moi je raisonne souvent comme ça, en fait on a une seule vie, qu'est-ce qu'on veut en faire ? Qu'est-ce qu'on a envie que les gens retiennent ? Qu'est-ce qui fait sens ? Et tout le monde a le droit au bonheur. Et ça peut être de rester dans son travail, de faire des bougies, de la poterie, n'importe quoi. Il n'est jamais trop tôt ou trop tard pour être en perpétuelle recherche du bonheur. Et ça, c'est un peu le mantra. La vie est courte. Il ne faut pas attendre de se dire je vais faire ça plus tard quand je serai à la retraite. En fait, on ne sait pas combien de temps on sera en bonne santé, combien de temps on aura la capacité de réaliser nos rêves. Et donc, ce qui me drive, c'est cette urgence de réaliser mes rêves et d'être heureuse. Et j'invite vraiment tout le monde à se dire, voilà, c'est maintenant.
- Speaker #1
Écoute, en tout cas, moi, je ne fais jamais deux fois la même attraction dans un parc et j'achète toujours les skips de line pour aller plus vite. Je me reconnais tout à fait. Merci, Jennifer, pour cette énergie, cette transparence et cette vision aussi tellement inspirante. Tu nous rappelles qu'entreprendre, ce n'est pas juste créer une entreprise, mais c'est aussi créer une trajectoire et avant tout avoir un impact là où je te rejoins à 1000%. Donc, chers auditeurs, si vous nous écoutez et que vous avez un projet qui vous trotte dans la tête, une idée qui vibre un peu trop fort pour être ignorée, prenez ça comme un signe. Osez, tentez, testez, ajustez, mais surtout commencez et allez vite. Le futur appartient à celles et ceux qui osent y croire un peu plus fort que leur peur. Merci d'avoir été là et on se retrouve très vite pour un nouvel épisode. Merci Jennifer.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté le Mouton à 5 pattes. Si cet épisode vous a inspiré, surpris ou simplement fait réfléchir sur votre propre parcours, partagez-le autour de vous. Et si vous connaissez quelqu'un qui sort du cadre, qui avance à sa manière, envoyez-le moi. J'adore donner la parole à ceux qu'on n'attend pas. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Et d'ici là, surtout, n'essayez pas d'être parfait. Soyez curieux, soyez vrai, soyez un peu différent. C'est déjà ce qui vous rend unique.