Speaker #0Strasbourg, 1525, la réforme, une histoire de famille. En ce premier jour d'érogation qui marque le début de la fête de l'ascension, la cathédrale est remplie pour l'office. Mais une très lourde ambiance y règne. Au milieu des Strasbourgeois et de nos maraîchers se trouvent de nombreuses personnes le regard vide, agarres. Dans un état de sidération intense, parmi eux, des enfants, des femmes, des blessés, qui sont venus en nombre et qui ont été ramassés par quelques charrettes depuis Lübstein et Saverne. Que de changements survenus en quelques jours. Le 16 mai, Mathieu Zell, Martin Busser et Wolfgang Capiton avaient preuve de connaissance des trois lettres Écrite la veille par Erasme Gerbert depuis Saverne, encerclée par 20 000 hommes en arme du duc de Lorraine. Dans la première lettre, Erasme Gerbert prie le gouvernement de la ville de Strasbourg, tant respecté, de le rassurer par rapport au soutien de la ville. À trois heures de l'après-midi, une nouvelle lettre et le ton de Gerbert change. Messieurs, courageux, prévoyants, gracieux, sages et chers, Agissez en maître chrétien, ayez égard à nous qui sommes vos pauvres bourgeois émanants. Pensez aux récoltes des campagnes afin de ne pas nous abandonner complètement. Nous vous serons entièrement obéissants et soumis. Faites-le pour l'amour de Dieu, ne nous laissez pas. Le soir à 6 heures, une dernière lettre arrive, hâtive et anxieuse. Les premiers mots de Gerbert disent la raison du malheur. Ils ont enserré saverne et c'est la supplication au nom de Dieu. Christ notre secours, Seigneur chrétien, nous, vos bourgeois et vos enfants, nous vous demandons de ne pas nous abandonner à nos angoisses et à nos peines. Si vous ne nous aidez pas, nous ne pourrons tenir devant les ennemis, nos personnes. Et tout le pays seront perdus. Aussi longtemps que possible, nous nous défendrons dans l'espoir de votre secours. Alors que les messagers partaient conduire ces missives à Strasbourg, du côté de Lübstein, 4000 paysans se sont regroupés afin d'essayer de secourir les assiégés de Saverne. Suite à plusieurs escarmouches, entre des paysans et des mercenaires, les chevaliers du duc ont pris d'assaut le village. Tuant tous ceux qui étaient présents, avant d'y mettre le feu, à 4h de l'après-midi, un incendie violent fut observé depuis les alentours. Tous, paysans, femmes, enfants, massacrés en quelques heures. Du côté de Saverne, la canonade rendait la situation des paysans toujours plus précaire. Un orage de grêle, brusque, et très violent foudroya les deux gardiens des portes. Quel mauvais présage ! En même temps, la vue des lourdes fumées de Lübstein laissait entendre ce qui venait de se jouer à quelques lieux de là. Le lendemain, le 17 mai, alors que les paysans avaient déposé les armes et portaient des bâtons blancs en signe de soumission et de conciliation, une rixe éclata entre un soldat et un paysan. Les mercenaires, avides de butin, qui n'attendaient qu'une occasion, hurlèrent « Frappez ! C'est permis ! » S'en suivit un tumulte épouvantable. Des cadavres s'amoncelèrent, s'amoncelèrent, ceux des paysans, des habitants, pêle-mêle. Les représentants de la ville de Strasbourg ont confié à Mathieu qu'en pénétrant à sa verne le lendemain du massacre, Une vision effroyable s'est présentée à eux. Sous les ports de la ville, les corps étaient entassés au point que ces hommes à cheval ne pouvaient pas passer. Les soldats du duc ont progressé rapidement dans la ville, pillant, incendiant, massacrant. Il fut rapporté que Gerbert avait été arrêté alors qu'il se trouvait en haut de la ville dans le château pour être exécuté hors les murs. Beaucoup de rescapés furent pourchassés jusqu'en haut des arbres là où ils s'étaient réfugiés. Et le peu de survivants... furent prisonniers. Les rescapés, présents à la cathédrale, tremblant encore de tous leurs membres. Des charrettes entières étaient arrivées à la ville, chargées de blessés, de veuves, d'orphelins. Heureusement, Catherine et Elisabeth Busser organisent au mieux leur prise en charge. Par contre, les hommes n'ont pas été autorisés à entrer dans la ville. Ils sont restés au-delà. des portes de Saverne et de Königshofen, à l'exception de ceux qui sont gravement blessés, qui peuvent bénéficier de soins durant deux jours seulement, en vain d'être reconduits aux portes de la ville. Matthieuzel s'apprête à commencer le prêche le plus difficile qu'il n'ait jamais eu à faire. Les mots lui manquent. Ceux de Gerbert résonnent dans sa tête, ainsi que les gémissements. de tous ces pauvres gens. Combien ? Nul ne le sait. On parle de milliers et de milliers. L'éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé. Jésus dit, je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt. Les 500 ans de la réforme à Strasbourg Une histoire de famille avec l'association familiale protestante Germes d'Espoir.