- Speaker #0
Je suis Gwenael Siqnuin, je suis le dirigeant de LODAEL, créateur du Campus Club Formation. Le Campus Club Formation, c'est des programmes de formation, de sensibilisation avec des ateliers sur le mental, le physique, et pour le développement personnel et professionnel. Et donc le Campus Club sponsorise. le podcast que j'anime aujourd'hui qui s'appelle Les athlètes de l'entreprise. Et donc, je vous invite, si vous souhaitez poursuivre l'aventure avec le podcast, vous abonner à la newsletter du podcast et vous recevrez comme ça en exclusivité les nouveaux invités. Et vous pouvez aussi, évidemment, noter le podcast sur les différentes plateformes, sachant que vous trouvez ça sur toutes les plateformes, que ce soit Apple Podcast, Spotify, Deezer, Amazon, etc. Dans les épisodes précédents, nous avons pu écouter la vision de l'entrepreneuriat en coupe avec Patrick et Véro qui ont un commerce à Vannes et qui ont une carrière incroyable avant d'être commerçants à Vannes, en région parisienne en particulier. Et puis, j'ai eu la chance aussi cet été d'interviewer Sarah Pitkowski, une ancienne tennis woman de haut niveau. Et Sarah a créé depuis une entreprise d'événementiel et elle a partagé toute la recette de l'après-carrière dans une... toujours en gravitant autour du sport pour le coup. Alors aujourd'hui, j'ai l'énorme privilège d'avoir Eric Girard, que j'accueille vraiment avec beaucoup de fierté dans ce podcast, pour plein de raisons qu'on va découvrir au fil de nos échanges, parce qu'on a une histoire commune ancienne, mais qui est importante pour moi. Et donc Eric est un coach de haut niveau dans le basket français depuis près de 30 ans, donc c'est une très belle longévité déjà pour commencer. On sait que dans le sport de haut niveau, les entraîneurs passent, mais Eric est toujours là au bout de 30 ans. Il était à Cholet d'ailleurs, que je l'avais rencontré, parce qu'il est né en région Cholet. Je ne sais pas si c'était à Cholet, mais voilà, c'est à Cholet d'origine. Et puis après, il a aidé à la montée aussi de Cholet Basket à l'époque au plus haut niveau. Et après, il a plutôt choisi la carrière d'entraîneur. Il va nous en parler évidemment. franchi des étapes dans sa vie évidemment personnelle et professionnelle et en particulier il a eu trois cancers qui l'ont touché mais grâce à son mental il a poursuivi sa carrière de coach et on va évidemment parler de tout ça et donc on a intitulé ce podcast « Au-delà du basket, la force de la résilience » et Eric va nous exprimer tout ça, c'est donc avec plaisir qu'on va échanger. Bonjour Eric !
- Speaker #1
Bonjour Gwen, bonjour à toutes et à tous.
- Speaker #0
Je suis ravi que tu sois là avec nous. Alors en deux mots ta carrière, évidemment on va reparler de tout ça durant l'échange, mais tu as commencé, donc après avoir été joueur, encore une fois accompagné de la montée en puissance de Cholet Basket à l'époque, en tout cas tu as pris le poste de coach à Cholet en 1996, et jusqu'en 2001 avec deux titres que je connais un peu, deux titres de France. et une demi-finale de coupe d'Europe à l'époque et une participation assez incroyable à l'Euroleague de l'époque, qui n'était pas l'Euroleague actuelle d'ailleurs, parce que c'était l'Euroleague de la FIBA à ce moment-là. Tu as été ensuite au Havre de 2002 à 2004 avec entre autres une finale de Leaders' Cup et une accession aux coupes d'Europe FIBA League. Donc là tu avais déjà un montée de Cholet géographiquement j'entends. sur la Normandie. Et puis après, tu es passé à Strasbourg, la SIG de Strasbourg, toujours en première division de basket, la Pro 1, où tu as été coach de 2004 à 2008, avec entre autres, et c'est un de tes fédères bien sûr principaux, un titre de champion de France avec la SIG de Strasbourg, la participation à l'Euroleague et élu coach de l'année en 2005. Alors ensuite, tu poursuis ta carrière à Limoges pendant trois ans. avec entre autres deux finales des playoffs et surtout de remonter avec le club de Limoges en Pro A, qui était descendu en Pro B à ce moment-là et qui fait remonter en Pro A. Et enfin, c'est ta période la plus longue, la plus longue qui vient de se terminer, même si tu habites encore géographiquement dans le nord de la France, c'est le Portal, un club que tu as pris en Pro B et que tu as fait monter en Pro A. depuis 2014 avec aussi une finale de Coupe de France, une finale des Play-offs avec accession en Pro A, finale de Pro B aussi pour l'accession. Donc, des montées, des titres, championnat, championnat de Pro-B, championnat de Pro-1, Coupe de France avec Cholet à l'époque. Donc, évidemment, une très belle carrière. Alors, Eric a écrit aussi un livre que je vous invite évidemment à acheter sur tous les bons libraires, chez tous les bons libraires où on lit. Un livre qu'il a écrit avec Pierre Ballester qui s'appelle « Je n'ai qu'une parole » . J'encourage à le lire parce que moi, je l'ai lu avant qu'on reprenne contact avec Eric. J'avais eu l'occasion de le lire. évidemment ils parlent de sa maladie dans ce livre et aussi de la force extraordinaire qu'il a puisée au moment de ces différents maladies avec la ville et le club du Portal et évidemment tout l'environnement personnel et professionnel j'imagine. En tout cas, pour commencer, ça conclura sans doute la séance. Un grand bravo pour commencer par ce parcours assez exemplaire. Et puis je te propose, si tu en es d'accord, que l'on passe maintenant au jeu de les quelques questions que j'ai préparées.
- Speaker #1
Avec grand plaisir, Gwen.
- Speaker #0
Alors, première question. Évidemment, moi, j'ai été à Cholet. C'est là qu'on s'est rencontrés tous les deux, qu'on a bossé ensemble. J'ai découvert d'ailleurs ton sérieux incroyable. Parce que ce n'est pas toujours l'image que se font les gens du sport de haut niveau. Mais voilà, le sport de haut niveau, c'est avant tout du sérieux et de la rigueur. Alors, je reviens à ton histoire à Cholet. Comment deviens-t-on d'abord joueur, puis entraîneur ?
- Speaker #1
qui t'a puisé dans tout ça ? Écoutez, c'est assez simple pour moi puisque je n'ai pas eu un cursus scolaire fantastique. Je n'étais pas un grand passionné au niveau scolaire malgré une maman institutrice. Et venant d'un petit village à côté de Cholet, à une quinzaine de kilomètres, j'allais plus précisément... Évidemment, quand on n'est pas très sérieux à l'école, il faut quand même s'en raccrocher à quelque chose. Et ce quelque chose, pour moi, a toujours été, depuis très très longtemps, depuis mon jeune âge, le basket. Donc c'est vrai que j'ai loupé beaucoup de cours, ce qui n'est pas très très bien. Mais pour me lancer dans ma passion... qui est le basket. Et j'ai eu beaucoup de chance, il faut l'avouer, parce que si je n'avais pas réussi à être joueur professionnel et puis ensuite coach professionnel, eh bien sans doute le rebond, sans faire de vide un jeu de mots, aurait été plus difficile. Donc j'ai eu cette chance de pouvoir rejoindre l'élite sur les baskets. et lancer ma carrière de joueur dans un premier temps.
- Speaker #0
Quelle histoire quand même, tu dis ma mère un stick et puis moi l'école pas trop quoi. Donc je préfère aller courir sur les terrains de basket et ça c'est quand même assez incroyable. Donc j'espère que ta maman est très tolérante en voyant courir sur les terrains plutôt que de travailler à l'école.
- Speaker #1
Vous savez que... Je dois, évidemment, à maman et à mon papa, d'essayer depuis de nombreuses années, la chance d'avoir pu vivre cette vie, de ne pas m'avoir cloisonné comme peut-être certains parents font, et sans doute à juste titre, d'être, comme on dit souvent, « passe tes études et on verra après » . Moi, j'ai une maman qui a été très compréhensive. Et même si ça n'a pas dû être facile pour elle, puisqu'en étant donc institutrice dans un petit village, les bruits vont vite. Et là, elle a subi certaines critiques à cette période-là, comme quoi elle me laissait peut-être un peu trop vivre de ma passion plutôt que d'être sérieux à l'école. Mais aujourd'hui, vraiment, Je tiens une nouvelle fois à remercier mes parents parce que la vie que j'ai depuis maintenant de nombreuses années, elle a été possible grâce justement à cette compréhension de mes parents de me laisser vivre de ma passion, de travailler, de progresser au niveau du basket. et grâce à ça Eh bien, j'ai une vie merveilleuse depuis, je ne vais pas dire 60 ans, mais une bonne cinquantaine d'années. Et ça, c'est vraiment grâce à mes parents et à leur compréhension.
- Speaker #0
Super belle, comme tu dis, 50 ans au basket. C'est vrai que cette zone-là, il y en a d'autres en France, mais c'est vrai que cette zone-là démoge. C'est le nom qui est employé de cette région autour de Cholet qui est très imprégnée de la culture basket. Donc tu as commencé comme joueur. Qu'est-ce qui à un moment a pu déclencher le basculement sur le métier d'entraîneur ?
- Speaker #1
Je crois que j'ai assez vite compris que j'étais un bon joueur de deuxième division. et à l'époque on ne gagnait pas obligatoirement très très bien sa vie et je savais que je n'allais jamais être un joueur de top niveau. Donc très rapidement j'ai eu des propositions pour arrêter ma carrière de joueur pour embrasser celle d'entraîneur et je crois que là aussi j'ai bien fait parce que Je pense que ma carrière de coach est d'un plus haut niveau que celle de joueur. Et c'est vrai que quand je me suis rendu compte qu'en tant que joueur, je risquais d'aller de droite à gauche, de vadrouiller en France, sans avoir des projets toujours très intéressants pour ma famille et moi, et bien à un moment donné... Je suis revenu à la base du coaching, entraîner des jeunes, le centre de formation de Cholet qui est toujours aujourd'hui sans doute le centre le plus performant au niveau du basket. Et ensuite, le travail effectué a dû convaincre les présidents de l'époque pour me donner la possibilité d'être... être le coach professionnel de l'équipe première. Et à partir de là, je pense que ma carrière a été lancée puisque, Gwen, vous étiez là à ce moment-là. Et comme vous l'avez dit tout à l'heure en préambule, les titres que l'on a gagnés au départ, eh bien, évidemment, renforcent la confiance. D'abord, sa propre confiance et la confiance de ses dirigeants pour... pour ensuite devenir totalement un entraîneur vers le haut niveau.
- Speaker #0
Oui, donc entraîneur après le centre de formation, tu prends la responsabilité de l'équipe première de Cholet. A l'époque, alors même si toutes les époques ont leur leader charismatique, mais je me rappelle de certains noms connus comme Ostrowski, comme Paul Fortier. des Michael Ray Richardson, on pourrait en citer quelques-uns, des joueurs de très haut niveau. Alors, coacher des hommes avec des personnalités, des nationalités, des backgrounds différents, comment on crée l'alchimie ? Parce que vite, tu deviens coach professionnel à Cholet, après ta période de coaching désespoir, et vite, finalement, tu obtiens des titres avec des personnalités fortes. est différente.
- Speaker #1
Oui, et puis, on peut rajouter des revenus différents puisque les joueurs, à l'époque, avaient déjà des revenus relativement importants, mais pas tous. Donc, c'est comme dans une entreprise, il y a des gens qui ont des salaires totalement disparates. Dans une équipe de sport de haut niveau, c'est la même chose. ça peut créer aussi certaines jalousies. Mais c'est vrai que j'ai eu, là encore, et je vais parler beaucoup de chance, je ne sais pas si réellement ça a été de la chance ou une bonne opportunité ou un peu de talent, ça doit être un peu d'étroit. Mais quand on commence sa carrière au plus haut niveau et qu'on a sous ses ordres des joueurs qui sont parmi les meilleurs... de France, voire d'Europe, comme, Gwyn, vous venez de le citer, on peut rajouter un Valéry Demory, etc. Évidemment, on n'a pas le droit à l'erreur, parce que quand on est un jeune entraîneur, puisqu'à l'époque, je devais être sans doute un des plus jeunes entraîneurs à prendre une équipe de très haut niveau, il faut être performant tout de suite, il faut être capable de gérer ses caractères et ses talents. Et je crois que ça a été pour moi une formation exceptionnelle, une formation express. Parce que je savais que si mes mots, mes exercices, ma philosophie, mes règles de vie n'étaient pas idéales, je pense que j'aurais pu faire que quelques mois et ma carrière se serait sans doute arrêtée immédiatement. Et là, avec le staff de l'époque, les dirigeants dont vous faisiez partie Gwen, on a réussi à... à relancer le club et obtenir des titres qui ont fait que, derrière, le club de jeu de basket est reparti vers le haut niveau et ma carrière était réellement lancée.
- Speaker #0
Oui, donc tu parles de manager des différences aussi de salaire, comme tu dis, manager des différences de personnalité. Et je sais qu'à l'époque… Les entreprises, c'était quelque chose aussi qui marchait dans le sponsoring, le partenariat. C'est-à-dire qu'il y avait des vrais échanges aussi entre l'entraîneur et les partenaires. C'était un point aussi qui t'honorait parce qu'évidemment, quand on est entraîneur d'une équipe, on a plein de choses à faire, s'occuper, enfin échanger, échanger avec des sponsors, les partenaires, ce n'est pas toujours le cas de tous les coachs. Je pense que de ton côté, c'était vraiment quelque chose qui était important. Et qu'est-ce que tu as pu échanger avec les dirigeants d'entreprises ? Merci. Quels éléments dans le management te pensent transposables entre ce que tu vis toi comme entraîneur, et ce que tu vivais à l'époque, et ce que tu as vécu dans ta carrière de coach, et le métier de manager en entreprise ou de dirigeant ?
- Speaker #1
Il y a énormément de similitudes entre le management d'entreprise et le management d'une équipe de sport de haut niveau. Et on doit, à l'image d'un directeur ou d'un PDG d'une entreprise, on se doit d'abord de bien recruter parce que la qualité première d'un entraîneur sportif est de recruter des bons joueurs. parce qu'on le sait tous, sans bon joueur, on n'a pas une bonne équipe. Et c'est un petit peu pareil dans une entreprise. On se doit de... de mettre des règles, qu'ils soient des règles de vie, des règles de terrain, pour que tout le monde puisse aller dans la même direction. Et au-delà des différences humaines de salaire, de poste, etc., à partir du moment où les règles sont applicables et appliquées par tout un chacun, C'est beaucoup plus facile d'avancer ensemble que quand on a des passes droits parce qu'on est le coach ou le directeur ou qu'on a un salaire plus important. J'ai toujours, dans ma carrière, fait abstraction à la différence de salaire, par exemple, d'âge. Parce que comme dans une entreprise, on peut avoir des jeunes joueurs d'une vingtaine d'années comme des joueurs. plus anciens, 35, 38 ans. Et pour moi, je n'ai jamais eu de différence pour manager toutes ces personnes-là. Et je crois que c'est un petit peu ce qui a fait ma renommée de faire comprendre que dans le haut niveau... le coach va mettre en place des choses, il va les faire respecter, mais tout ce qui aura été mis en place sera valable pour tout le monde, et pour les joueurs, et pour le staff, et évidemment pour le coach que je suis.
- Speaker #0
Ce que tu décris là, c'est l'équité, l'équité managériale, c'est-à-dire que tu as des règles à respecter. Moi j'ai un souvenir de particuler ton exigence sur les tenues, les tenues pour les déplacements, les tenues pour les entraînements. Alors c'est vrai que dans le sport de haut niveau il y a le thème de cagnottes, on a déjà parlé dans les podcasts avec d'autres joueurs. Je sais que c'est intraitable et ça dégage une image aussi à l'extérieur encore une fois des sportifs. Et ça c'est quand même assez incroyable. Et effectivement dans les entreprises il y a aussi des tenues de travail. si l'employeur prévoit des tenues de travail. pour les employés, c'est qu'il faut qu'ils les portent quelque part, et surtout aussi parfois pour les protéger aussi, par exemple. C'est des protections individuelles.
- Speaker #1
Et puis, par rapport à ça, je crois que… À partir du moment où tout le monde a des tenues identiques, ça démontre une cohésion, une envie d'être ensemble et le respect des partenaires. Quand une équipe de sport, de basket plus précisément, se déplace de Cholet par exemple, vers Paris ou vers Lyon ou autre. Quand on voit une quinzaine, une vingtaine de personnes habillées de la même façon, ça dénote un esprit d'équipe qui est important. Et peut-être que ça, c'est parfois un petit peu différent de l'entreprise où l'équipe sportive est tout le temps ensemble, se déplace ensemble, est à l'hôtel ensemble, mange ensemble. Et c'est maintenant ce qu'on voit un peu dans les entreprises, où les entreprises commencent justement à passer du temps ensemble, évidemment au niveau du travail, mais aussi à créer une osmose à l'intérieur de l'entreprise à travers justement, eh bien pourquoi pas, du sport, des moments de détente, des moments de restauration. qui fait que ça crée des liens forts dans l'entreprise comme ça en crée dans une équipe de sport.
- Speaker #0
C'est le lien d'ailleurs un peu avec ma question suivante qui était sur la performance et la cohésion. Qu'est-ce que tu aurais à dire sur le sujet ? Parce qu'évidemment, dans le sport, la performance, c'est les résultats sportifs. Dans l'entreprise, c'est à la fois la performance, évidemment financière, mais aussi l'épanouissement. des gens dans leur travail au quotidien. Le sport peut-il être un outil de performance, pour améliorer la performance ? Et comment on pourrait s'en imprégner pour, on va dire, descendre, ce n'est pas le mot, mais transférer ça dans le milieu de l'entreprise ? Comment l'entreprise va pouvoir s'inspirer du sport pour développer la performance ?
- Speaker #1
Je crois qu'au départ, il y a une différence énorme, qui est la notion de plaisir. Et ça a été mon cas depuis une cinquantaine d'années. Mon travail est une passion et un plaisir. Et si aujourd'hui, il y a plus de 60 ans, je reste dans le milieu et j'ai toujours envie de travailler, c'est parce que j'ai toujours envie de me faire plaisir par rapport à cette passion que j'ai depuis de très très nombreuses années. On n'a pas toujours. dans une entreprise, cette notion de plaisir. Il y a cette notion importante de vivre, de faire vivre sa famille, ses proches. Et je crois qu'une clé importante dans les entreprises qui fonctionnent, c'est qu'il y a cette notion de plaisir, de rentabilité, de performance, évidemment, de rigueur. Il y a une rigueur importante. dans les entreprises, comme dans une équipe de sport de haut niveau, mais le plaisir est important, et c'est pour ça qu'on voit, comme on le disait tout à l'heure, que plus en plus d'entreprises, petites ou grandes, commencent à développer des à-côtés pour que leurs employés se sentent bien, se sentent heureux, mais parfois un petit peu comme dans le sport de haut niveau. des objectifs collectifs de réussite pour pouvoir justement, eh bien, motiver ces salariés avec non seulement, voilà, un salaire à la fin du mois qui est capital, évidemment, mais avec, eh bien, des à-côtés, des sorties ensemble, des moments d'échange. où les employés peuvent prendre vraiment du plaisir. Et donc, automatiquement, quand on parle de passion et de plaisir, quand on retrouve ça dans une entreprise, eh bien, évidemment, ça donne beaucoup plus de facilité à avoir des résultats cohérents ou au-delà des attentes.
- Speaker #0
Bien sûr, le plaisir comme moteur, comme énergie. capital énergie pour personne qui bosse en entreprise comme les joueurs sur le terrain ou les entraîneurs. D'ailleurs, tu as croisé énormément de joueurs de très haut niveau, de dirigeants de grande qualité à la fois dans le basket et dans l'entreprise. Est-ce qu'il y a un ou deux dirigeants que tu pourrais partager qui t'ont marqué ? Peut-être que ça t'a donné de l'inspiration aussi dans ton métier de coach.
- Speaker #1
J'ai croisé beaucoup de dirigeants, beaucoup de partenaires. Si je devais en ressortir quelques-uns, je pourrais parler de Michel Léger, qui a été le fondateur de Cholet Basket. qui a lancé le club au plus petit niveau pour l'emmener au plus haut niveau européen avec son charisme et sa détermination. Je pourrais aussi parler de Louis-Marie Paquier, que vous connaissez bien. Louis-Marie Paquier, monsieur « pitch » , entre guillemets, qui m'a... Michel Léger m'a donné ma chance comme joueur. Louis-Marie Paquier m'a donné... Ma chance comme entraîneur de Renewal, j'ai beaucoup appris avec ces hommes-là et avec beaucoup d'autres. Mais Louis-Marie Paquet, qui était sans doute un des premiers, pour ne pas dire le premier, un grand précurseur de donner le nom de son entreprise au club de cheval et basket. Et côtoyer des gens comme ça est une richesse fantastique. Et je ne peux qu'aujourd'hui les remercier parce que sans eux, peut-être, ma carrière aurait été aussi sans doute différente.
- Speaker #0
Alors, ta carrière de coach, je l'ai dit tout à l'heure, 30 ans, presque 30 ans de coaching. De quoi es-tu le plus fier finalement quand tu regardes dans le rétroviseur de ces 30 ans ?
- Speaker #1
C'est beaucoup de matchs, c'est beaucoup d'entraînement, c'est beaucoup de souffrance, c'est beaucoup de plaisir. De quoi je peux être le plus fier ? Je dirais peut-être d'abord la longévité dans le sport de haut niveau, les entraîneurs. Il faut savoir par exemple dans le basket, il y a 16 places de coach en première division. 16 ! Donc quand on n'est pas dans ces 16 là... C'est pas évident. Et donc, moi, j'ai eu cette chance de, pendant presque 30 ans, de toujours avoir été dans ce groupe des 16 coachs qui représentent le basket français au plus haut niveau. Donc, la longévité, c'est certain, c'est une grande fierté pour moi. Peut-être le fait de tous les clubs où je suis passé, vous les avez cités tout à l'heure, Gwen. Mais peut-être avoir amené le club avec les joueurs, avec le staff, les dirigeants, à une finale. Tous les clubs où je suis passé, on a fait au moins une finale ensemble. Et vous savez, dans le sport de haut niveau, il y a beaucoup de présidents, beaucoup de joueurs, beaucoup d'entraîneurs qui finissent leur carrière, qui n'ont jamais fait une finale de leur vie, de leur carrière. Et moi, j'en ai fait, je crois, 10 ou 11 en tout. Sur 30 ans, ça donne une moyenne qui est plutôt correcte. Donc voilà, ce sont certaines fiertés que je peux avoir aujourd'hui. Et puis, la découverte de jeunes joueurs. Tout à l'heure, on parlait des dirigeants. On aurait pu parler de certains jeunes joueurs que j'ai eu la chance de lancer à 18, 20 ans. et qui sont devenus des hommes, et qui sont devenus des sportifs reconnus, des artistes, des vedettes. Et je pourrais parler d'Antoine Rigodeau, je pourrais parler d'Emerick Jeannot, qui étaient des jeunes joueurs et qui sont devenus des stars en France ou en Europe. Donc voilà, ce sont quand même des points de fierté que quand je me rends, je me rends, je me rends, et je me dis que finalement, il y a eu beaucoup, beaucoup de belles saisons.
- Speaker #0
Tout à fait, des saisons, des titres, des finales. Tu as été honoré d'ailleurs récemment à Cholet Basket, qui a honoré pour les 50 ans du club, qui a honoré les deux coachs qui avaient gagné les titres professionnels, donc à Carlin de Konter et toi. C'est un bon moment d'ailleurs avec la présence des anciens présidents aussi qui étaient là. C'était un très beau moment avec le club de Cholet. Et le club de Cholet, quand on regarde dans le rétro de ces 50 ans, tu faisais partie des gens aussi qui ont… évidemment concouru de manière forte à l'identité du club et au titre du club comme ça a été le cas avec les deux Coupes de France à l'époque. Alors on a parlé du sportif, on a parlé de l'entreprise et puis il y a aussi ta vie personnelle, même si tout ça est un ensemble. On sait bien, moi j'entends des gens dire qu'il y a le perso, il y a le pro, je ne crois pas du tout. C'est évidemment que le personnel a de l'impact sur le professionnel et en tout cas toi tu es là. Tu as vécu, on le découvre dans ton livre, ton combat, tu as battu la maladie avec, tu as vaincu trois cancers, si on fait un résumé. Moi, quand j'ai appris ça à distance, en disant, il va arrêter sa carrière de coach, finalement, j'ai lu la presse et j'ai dit, Eric, il continue, c'est gonflé presque à l'extérieur en disant, il a des cancers et il continue d'entraîner. On a un exemple récent d'ailleurs avec Charlie Dalin. On vient de sortir et on apprend quelques mois après. Il gagne le Vendée Globe, il a un cancer. C'est des signes d'un mental comme toi, probablement assez implacable. Comment poursuivre sa vie ? Il y a plein de gens qui vont écouter ce podcast, qui s'interrogent là-dessus, sur le fait de continuer son travail ou sa passion avec une telle épreuve, surtout le métier de… de coach qui demande à prendre la parole évidemment de manière impactante avec les joueurs. Est-ce que tu peux nous en dire un mot ?
- Speaker #1
Oui, je crois que malheureusement, je suis loin d'être le seul impacté par la maladie. Je crois qu'aujourd'hui, il n'y a plus une personne qui ne peut pas dire que… Un de ses proches ou elle-même a été à un moment donné impacté par la maladie. J'ai eu, je vais encore employer le mot chance, mais j'ai eu cette chance d'avoir, oui, trois cancers, mais qui n'étaient pas des cancers incurables. Heureusement pour moi, même signe sur mon deuxième cancer, sur mon récidive. Quand le professeur me dit que si je ne me fais pas opérer et donc poser une prothèse sonatoire avec laquelle je parle maintenant depuis plus d'une dizaine d'années, il ne me reste plus que trois mois à vivre. Évidemment, ça secoue l'homme et ça secoue un peu les proches avec qui j'ai partagé cette période difficile. Mais comment on arrive à s'en sortir ? Je vais revenir sur la passion, sur le plaisir. Quand on a la chance d'avoir un travail qui n'est pas réellement un travail, qui est une passion, un plaisir, on n'a pas envie de le quitter. Je suis toujours dit, à chaque fois, je l'ai dit à mes dirigeants, à chaque fois que j'ai été impacté par la maladie, que si je jugeais que cela pouvait amoindrir mes qualités, je tournerais la page. et j'irais dans une direction différente. Et je n'aurais pas pu leur en vouloir, de vouloir justement prendre un autre coach que quelqu'un qui est impacté par la maladie. Je me suis aussi toujours promis qu'en étant malade, mes performances devaient être identiques, mes capacités devaient être identiques à celles que j'avais avant la maladie. Si ce n'était pas le cas, là aussi, de moi-même, j'aurais tourné la page et je serais parti dans une autre direction. Mais je peux dire aujourd'hui qu'après les différents concerts que j'ai eus, les différentes épreuves, je pense qu'aujourd'hui, je suis un meilleur coach que je ne l'étais il y a une quinzaine d'années avant de subir ces maladies, de combattre ces maladies. Parce que quand on est impacté par une maladie, souvent on déclenche des atouts différents. Comment on peut imaginer qu'un coach de basket de très haut niveau, où les résultats sont capitaux pour la survie d'un club, puisse avoir un coach qui se fait opérer des cordes vocales et qui aurait pu ne plus jamais parler ? C'est un peu lunaire, si je peux me permettre. Mais j'ai pris quelques semaines d'arrêt, évidemment. Mon assistant à l'époque m'a remplacé pendant quelques semaines, mais le temps de faire ces opérations, d'être capable de réapprendre à parler, parce que ça a été le cas pour moi, a fait qu'à côté, j'ai développé d'autres qualités, et qui fait qu'aujourd'hui, les résultats, je pense, parlent pour moi depuis quelques années. ont fait que finalement, même avec un certain handicap, puisque je ne peux plus crier comme on a l'image des coaches sportifs qui sur un terrain de foot ou un terrain de basket ou autre, crient sans arrêt ou espillent leurs joueurs. Mais j'ai trouvé une forme de management des hommes différents avec peut-être plus de réflexion. avec peut-être plus de discussions, avec plus d'échanges, pour que les joueurs, le staff, comprennent la direction dans laquelle nous devons aller pour réussir. Et finalement, je crois que sur ces dernières années, à priori, la réussite est plutôt convaincante. Oui,
- Speaker #0
c'est clair, avec en particulier la… l'aventure dont on reparlera tout à l'heure au Portel, qui était une petite ville, un petit club, et qui s'est maintenue au plus haut niveau jusqu'à son départ. Voilà, au moins, on espère bien que ça continue. D'ailleurs, j'ai cru voir qu'ils ont regagné un match. Ils avaient eu un début de saison difficile, mais en tout cas, ils sont repartis sur la victoire. Donc, on leur souhaite d'ailleurs le meilleur. Et la question qui me vient par rapport à ce que tu viens de nous dire, c'est... Ou chercher les ressources, puiser ces ressources mentales ? Tu vas chercher pour te dire, allez, je vais t'arrêter quelques semaines, on va me retirer les cordes vocales, puis après c'est reparti. C'est signe de ressources mentales importantes. Ou comment tu vas solliciter ça ?
- Speaker #1
D'abord, je crois qu'il faut une confiance en soi inébranlable. Quand on est, je veux dire, PDG d'une entreprise, quand on est coach. d'une équipe de haut niveau, c'est qu'on a une vraie confiance, on a évidemment des qualités, et on a une vraie confiance en soi, une vraie détermination à réussir. Le challenge de tout employé est toujours de réussir et de faire encore mieux demain que ce qu'on a fait aujourd'hui. J'ai sans doute... Créé, comme on le disait en préambule quand Gwen vous m'avez présenté, et que j'ai donc parlé de l'école qui n'était pas spécialement mon point fort, et la chance que m'ont donné mes parents de faire de ma passion mon métier, sans doute ça a créé chez moi une détermination sans faille de réussir. de ne pas vouloir, évidemment pour mes parents, mais pour moi et mes proches, de ne pas vouloir échouer, alors même si mes résultats, évidemment de temps en temps, sont moins performants que ce qu'on espère. Mais dans la globalité, le mental que je me suis formé petit à petit dans ma carrière m'a beaucoup aidé, m'a beaucoup aidé dans la maladie. Je crois qu'il faut aussi absolument croire en soi. On est tous atteints d'une façon ou d'une autre dans sa vie par la maladie d'un proche ou de soi-même. Mais il faut être persuadé, et ça je peux l'attester, parce que comme je disais, j'ai fait à peu près 11 finales dans ma carrière, mais j'ai dû faire aussi 7 ou 8 anesthésies générales. Ce qui est moins... ce qui est moins sympa. Mais quand on est justement dans la difficulté, il faut se rendre compte d'une chose, c'est que le corps humain... Le corps humain est exceptionnel. J'ai subi pas mal d'interventions physiques, médicales, et on a une chance incroyable. Même si parfois le corps humain est touché, est touché sévèrement, la capacité de l'homme et de la femme, évidemment, de notre corps, est incroyable pour revenir. en forme progressivement à base de travail. Le médical est aujourd'hui exceptionnel. Alors évidemment, encore une fois, j'ai eu des maladies qui n'étaient normalement pas incurables. Donc c'est plus facile pour moi de le dire. Mais je crois que la volonté est importante. La prise de conscience que son corps est une machine incroyable. et qu'on doit être capable de lui demander énormément parce qu'il répondra à présent si on l'entretient correctement. Et puis évidemment, la chose sans doute, ou une des choses les plus importantes, c'est les proches que l'on a autour de nous. C'est beaucoup plus facile quand on est soutenu par sa famille, par des bons amis, et qu'on sait que dans la difficulté... on aura des gens qui vont être autour de nous. Évidemment, c'est plus simple que quand on est malheureusement seul dans la difficulté.
- Speaker #0
Tu as dit quelque chose d'assez important. Tout ce que tu dis est important, mais ce qui me vient à l'esprit comme ça, c'est l'adaptation que tu fais en général, l'appui des proches, le corps qui s'adapte, le corps qui est incroyable et qui s'adapte. On s'adapte mentalement, on adapte son corps aussi. Il y a du mental et du physique. C'est un peu d'ailleurs le concept de Campus Club et de ce qu'on échange souvent au travers du podcast. Ce qui m'avait le plus impressionné, c'est de dire, comment tu arrives, ce qui m'est tout de suite venu en tête, comment tu as dit, dans une salle bouillonnante, un temps mort. L'adaptation, OK, mais un temps mort. Il y a une salle bouillonnante. Je sais que ça fait beaucoup de bruit au portail en plus, dans cette salle. Comment on arrive à s'adapter justement pour, par exemple, le tambour ? C'est un exemple.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est encore un petit peu particulier d'imaginer un coach sportif dans une salle de 5000 personnes, dans une ambiance indescriptible, être capable d'emmener ses joueurs, de donner des consignes comme il le faut pour gagner. Parce que la finalité, c'est gagner. Mais je crois que tout ça, justement, ça vient d'un mot, ça vient de l'anticipation. J'ai toujours, dès que j'ai commencé ma carrière, j'avais quelques points forts et évidemment beaucoup de points faibles. Et j'ai anticipé et j'ai construit des équipes au niveau de mon staff complémentaires à mes propres qualités ou mes propres défauts. Et à partir du moment où on est capable d'anticiper et de responsabiliser, ce qui est important dans le management d'entreprises ou du sport de haut niveau, quand on est capable de responsabiliser son staff, on n'a plus cette pression ou ce besoin de tout faire. Et aujourd'hui, les plus grandes équipes européennes en foot, en basket, dans n'importe quelle compétition, ont des staffs hyper importants parce que les coachs ont compris que le travail d'entraîneur professionnel est tellement complexe, est tellement compliqué. Il y a tellement de choses à gérer entre l'humain, entre le physique, entre la gestion, entre l'administratif, qu'un coach ne peut plus faire comme il y a peut-être 25 ou 30 ans, tout faire tout seul. Et grâce... à cette anticipation que j'ai eue au début de ma carrière de responsabiliser mon staff pour répondre directement à votre question, Wen. Quand je coache une équipe et que je ne peux pas parler directement parce qu'il y a trop de bruit, que ma voix ne porte pas assez, j'ai un travail d'équipe avec mes assistants qui comprennent. mes propos, soit en lisant sur mes lèvres, soit en écrivant sur une plaquette. Notre méthode est tellement bien rodée que ça ne porte préjudice à aucune personne, bien au contraire. Je dirais que ça met en valeur la qualité de mon staff et qu'on octroie la réussite d'Eric Girard à un staff et pas simplement qu'à une personne. Et à partir du moment où on délègue... Vous savez mieux que moi ce que veut dire ce mot de délégation dans le monde de l'entreprise. Quand on délègue et qu'on apporte de la confiance à ses collègues, il n'y a pas de plus beau retour qu'on ne peut avoir de la part d'un PDG ou d'un coach.
- Speaker #0
Bien sûr, la délégation au cœur de… Je m'imagine que c'est par la force des choses aussi, mais tu étais aussi inscrit comme ça depuis le départ. Je dirais ça aussi, c'est venu bien sûr, ça a accéléré, ta maladie a peut-être accéléré ça, ça t'a obligé à déléguer peut-être encore plus, mais c'était déjà un peu le cas quand tu as commencé le métier de coach, en t'entourant de staff, je me rappelle à l'époque, un staff médical, un staff kiné, c'était déjà quelque chose que tu pratiquais.
- Speaker #1
Oui, oui, tout à fait, ça a été… Par exemple, j'avais embauché un assistant qui, avant ça, avait été mon coach quand j'étais joueur. Et une fois entraîneur, j'avais embauché comme assistant un entraîneur américain, pour ne pas le citer, Tom Baker. Parce que mon anglais, vu que je n'avais pas été un élève très brillant, à l'époque mon anglais pour puisqu'on a des équipes cosmopolites avec beaucoup d'étrangers, mon anglais n'étant pas parfait, donc je le savais. Donc j'avais embauché un assistant américain qui avait une vingtaine d'années de plus que moi et qui était là pour traduire mes propos, entre autres. Évidemment, il a apporté beaucoup d'autres choses que simplement la traduction, mais c'est pour démontrer que... On ne peut plus aujourd'hui dans le haut niveau ou dans une entreprise tout gérer de A à Z. Et que quand on paye, quand on rémunère des associés, des collaborateurs, des assistants, ce n'est pas pour qu'ils restent assis sur le côté à rien faire. Plus on investit des gens, plus les gens sont reconnaissants, plus ils vont vous donner. 100% d'eux-mêmes et je crois qu'à partir de là, on est évidemment tous gagnants.
- Speaker #0
Bien sûr, on avance plus vite à plusieurs, surtout avec une belle délégation. Alors, qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux gens qui vont écouter le podcast et qui sont dans la maladie, des proches de la maladie, et aussi à l'entourage. Quand on a préparé le podcast, tu m'as souligné ça. C'est quoi le message que tu aurais envie de passer à ces gens-là, soit malades ou leurs proches ? proche son âme ?
- Speaker #1
D'abord que la vie mérite d'être vécue, de ne pas baisser les bras, même si c'est facile à dire quand tout va bien, mais de ne pas baisser les bras, de croire en soi, de se dire que, encore une fois, le corps peut faire des miracles incroyables comme le médical et que... Alors évidemment, il y a des maladies qui sont malheureusement incurables et que bon, c'est bien plus compliqué. Mais quand on a des cancers légers, comme peut-être je peux m'attribuer ceux que j'ai eus, même si je le rappelle, à un moment donné, si je n'avais pas fait les soins nécessaires, eh bien on ne serait plus là en train de parler aujourd'hui. Mais ce qui est important, c'est que les gens doivent croire en soi. C'est qu'on mérite de donner le maximum, de prendre un peu de temps pour se remettre d'aplomb, pour ensuite retrouver les plaisirs de la vie. Et ils sont nombreux. Même quand on est un peu dans la difficulté, il y a quand même énormément de choses positives autour de nous. Et puis de dire aussi que... D'abord, on ne baisse pas les bras, on fait le maximum pour se soigner avec de l'exigence. Quand on parle d'exigence dans nos métiers, l'exigence dans sa vie est importante. Donc se soigner avec exigence et puis dire aux proches, parce que c'est capital, ne pas s'enfermer, et dire aux proches qu'ils ont un rôle essentiel, mais pas obligatoirement un rôle. Comment je pourrais dire ça ? Pas avoir une compassion, ne pas être sans arrêt en train de plaindre la personne malade. Parce que plus on est plein, plus on tombe dans une routine de se laisser aller et de dire, « Oui, tout le monde pense que la maladie que j'ai, c'est grave, donc je vais faire ce que je peux, mais peut-être je ne vais pas me battre comme je devrais me battre. » Au contraire, moi, j'ai toujours apprécié que les gens autour de moi, mon ami, ma famille, mon frère, ma maman, ma fille, me boostent de temps en temps et me disent « il faut y aller, il n'y a pas de moment de relâche, il faut y aller pour revenir, on a tellement de belles choses à vivre, on a tellement tous, la plupart d'entre nous, une famille qui compte sur nous, qu'on se doit de donner le maximum » . pour justement rebondir après la maladie. Parce que tous les moments qu'on a à vivre, il faut les vivre vraiment pleinement. Et aujourd'hui, sans doute que mon éducation, de me battre pour mon travail année après année m'a aidé. Mais tout un chacun a ses qualités, pas toujours développées. mais cette qualité et que la maladie doit aider chacun d'entre nous à rebondir pour continuer à vivre de belles choses que l'on a à parcourir encore.
- Speaker #0
De belles choses que tu as commencé à vivre à l'âge de 10 ans, en gros, dans ton club de basket local, et ensuite sur les baskets, c'est Jalais, c'est ça ton club d'origine.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Un club aussi connu qui a été au plus haut niveau chez les filles aussi à une époque. Et donc c'est vrai que l'attachement au territoire, tout ton début de vie était à Cholet. Et puis tu as eu différentes expériences un peu partout en France, à chaque fois dans de belles équipes de basket. Et puis tu as atterri il y a une douzaine d'années au club du Portel. Et tu as parlé du soutien de ton entourage proche, ton ami, ta famille. C'est une notoriété publique, on va dire ça comme ça, que le club et la ville t'ont soutenu aussi au Portel. Pour toi, c'est au travers d'interviews que j'ai pu écouter, de choses dans nos échanges, etc. Pourquoi c'est si important pour toi de leur rendre hommage aussi au Portel en général ?
- Speaker #1
Vous savez, quand vous êtes dans le milieu du sport, qui est quand même un milieu un peu à part, dans la hiérarchie des métiers qu'on peut tous connaître. Il n'y a pas beaucoup de cadeaux. Je disais qu'il y a 16 places pour être au plus haut niveau. Donc évidemment, il y a toujours beaucoup de personnes qui attendent de prendre la place d'une de ces 16 personnes. Et ça aurait été facile pour le club de dire, bon, il est malade, on ne va pas perdre de temps de l'attendre, etc. Et on va se mettre en arrêt de travail. Et puis, on va prendre un autre coach. Et puis, on va avancer comme ça. Et ça n'a jamais été dans, il me semble, dans l'optique des dirigeants. Les dirigeants, je pense, avec même absent pendant quelques week-ends. Les compétences que je pouvais avoir ou que je peux avoir aujourd'hui aideraient l'équipe à réaliser les challenges importants qu'on a eus de se maintenir avec un des plus petits budgets depuis dix ans, ce qui est quand même pas rien dans le sport de haut niveau. On parle beaucoup de moyens, d'argent, de grandes capitales, de villes avec des budgets importants. pour qu'elle y a... Il y a 9000 habitants, on a un budget qui est vraiment très limite. Mais on arrive à faire la Coupe d'Europe, on arrive à se maintenir année après année. Ce n'est pas un one-shot d'une saison ou deux, c'est dix ans de suite. Donc je pense que les dirigeants ont compris que malgré ces problèmes de santé, je restais la personne idéale pour réussir les challenges. Et de mon côté... Cette marque de confiance des dirigeants, de mon staff, de toujours vouloir travailler à mes côtés et des supporters qui sont exceptionnels et nombreux, je me dois jour après jour de ne jamais oublier tout ce qui s'est passé, la confiance qu'on m'a gardée et de leur rendre hommage à chaque fois que c'était possible.
- Speaker #0
Très beau témoignage et l'attachement au territoire est important aussi. On parle de racines dans la vie personnelle et professionnelle, évidemment tu as créé des racines là-bas aussi, au-delà de tes racines, je suis le thèse d'origine. Juste pour conclure, avant qu'on passe aux quelques questions pile ou face pour conclure notre entretien. Quel conseil tu donnerais à ceux qui vont écouter le podcast en général pour aller chercher de l'énergie, pour faciliter le quotidien, quelles que soient les préoccupations ? C'est vrai que quand tu parles des difficultés de santé que tu as pu avoir, les gens peuvent avoir des difficultés personnelles. Est-ce que tu aurais, pour conclure, un message à passer ou peut-être une citation pour qu'on puisse boucler cet entretien ?
- Speaker #1
Les conseils, c'est toujours délicat parce que ce qui réussit avec l'un ne réussit pas obligatoirement avec l'autre. Une méthode pour gagner, il n'y en a pas une, il y en a des dizaines et des dizaines. En fonction de sa personnalité, en fonction de son expérience, je disais qu'aujourd'hui, malgré mes cancers, je suis certainement un bien meilleur coach que je ne l'étais il y a 10-15 ans. Parce que l'expérience, parce que la difficulté de la vie fait que quand on ne baisse pas les bras et qu'on reste déterminé et exigeant dans ce qu'on a envie de faire, eh bien, on évolue, on progresse. Il n'y a pas d'âge pour réussir. Mais je dirais plutôt peut-être une petite citation. de Margaret Thatcher, qui disait comme ça, vous pouvez avoir à livrer la même bataille plus d'une fois pour la gagner. Et ça me correspond bien. En tant que coach sportif, on doit, entraînement après entraînement, travailler, progresser, faire progresser son équipe. Et puis quand on a la maladie, Eh bien, ça a été mon cas. On n'arrive pas, du premier coup parfois, à éradiquer cette saloperie. Il faut se remettre des fois une deuxième fois, pourquoi pas une troisième fois, mais avec cette foi, avec cette envie, avec cette détermination de gagner, de gagner et pour reprendre le cours de sa vie normale. Et je trouve que c'est... Cette citation me convient bien et d'ailleurs je l'ai affichée dans ma maison et à côté de la porte d'entrée. Et à chaque fois que je rentre ou que je sors, c'est un petit clin d'œil en me disant que j'ai eu des coups durs. Peut-être j'en aurai d'autres dans ma vie ou je ne l'espère pas, mais autour de moi. Mais je serai là pour mes proches et aujourd'hui je reste déterminé à profiter de la vie, quoi qu'il se passe.
- Speaker #0
Tu parles de la dame de fer, je crois que c'est comme ça qu'on l'appelait. Peut-on t'appeler l'homme de fer ?
- Speaker #1
Non, c'est trop d'honneur.
- Speaker #0
Un peu quand même. Moi, je me permettrais de faire ce parallèle. Pour terminer notre entretien, quelques questions dites pile ou face. Je te laisse choisir le mot qui te correspond le mieux ou tu voudras expliquer de manière… de manière courte, mais en tout cas, on va commencer par un mot qui parle un peu de sport aussi. Tu as droit aussi à un joker. C'est-à-dire que s'il y a un moment, les deux propositions que je te fais, tu n'arrives pas à choisir, mais tu as droit à un joker qu'une fois, n'oublie pas. Alors, la première question, c'est talent ou entraînement ?
- Speaker #1
Entraînement. Le talent ne se fait jamais dans la vie. L'entraînement est capital, le travail est capital pour réussir.
- Speaker #0
Alors activités, tu sais que les valeurs du Campus Club et du podcast, on parle des activités cérébrales et physiques, ou des activités mentales et physiques au service du développement en général. Si tu avais à choisir entre les activités cérébrales et physiques, en tant que coach, toi où tu emmènes les gens faire des activités physiques ?
- Speaker #1
Je dirais mentale. cérébrale. Je pense qu'aujourd'hui, on peut plus ou moins tous avoir des qualités physiques, athlétiques plus ou moins semblables. La différence se fait avec le mental à tous les niveaux, dans le sport et dans la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Le coaching, c'est animer des sessions dans les vestiaires, c'est animer des entraînements. de haut niveau, 95% du temps des joueurs et des coachs c'est à s'entraîner et 5% en match. Mais il y a plein de séquences, quel que soit le sport d'ailleurs, où on fait soit des réunions ou alors briefs, débriefs. Tu serais plutôt toi réunion traditionnelle ou briefs, débriefs ?
- Speaker #1
J'aime bien briefs et débriefs. Je pense que c'est important de mettre des choses en place, de les expliquer aux gens. ses salariés, ses collaborateurs, mais également d'être capable de débriefer sur ce qui a été fait, les bonnes choses comme les moins bonnes choses.
- Speaker #0
On va parler de joueurs et après on parlera d'entraîneurs, mais Antoine Rigodeau ou Victor Wanbayama ?
- Speaker #1
Là, c'est plus un choix du cœur. Un garçon, même si Wanbayama… J'ai joué contre lui, j'ai coaché contre lui. Mais Antoine Rigodeau, parce qu'Antoine, je l'ai entraîné, il devait avoir 14-15 ans. J'ai vu son évolution d'homme, de joueur. J'ai évidemment suivi sa carrière. On est toujours aujourd'hui en contact. Et qu'un petit Schulte, c'est pas péjoratif, soit devenu... un des meilleurs joueurs d'Europe à un moment donné de sa carrière, c'est exceptionnel. Donc Antoine Rivaudot.
- Speaker #0
Un peu de fidélité Scholltel, pour le coup.
- Speaker #1
Voilà, un peu de chauvinisme.
- Speaker #0
Alors, dans les entraîneurs, on va parler d'entraîneurs américains, pour le coup. Greg Popovich ou Phil Jackson ?
- Speaker #1
Je dirais Greg Popovich, même si je ne suis pas un très bon client de la NBA. Je dois l'avouer, j'ai dû regarder dans toute ma carrière deux matchs NBA, au contraire des centaines et des centaines de matchs du championnat de France ou de Euroleague. Mais Greg Popovich, en plus, sa carrière, sa fin de carrière, malheureusement, m'a un peu touché. Donc, oui, Greg Popovich.
- Speaker #0
Super, c'est une question délicate, je te rappelle que tu as un joker, tu vas pouvoir le mettre après, mais c'est deux questions délicates. Sur les baskets ou le portail ?
- Speaker #1
Oui, c'est délicat, c'est délicat. J'ai passé 12 ans sur les baskets entre joueurs, assistants et coachs. J'ai passé 14 ans au portail, juste entraîneur. Euh... Mais euh... Le club qui m'a donné ma chance en tant que joueur et en tant qu'entraîneur reste et restera à vie sur le basket. C'est ma région, c'est la ville dans laquelle je suis né. Donc malgré le plaisir incommensurable que je peux avoir au portail, je vais quand même vivre sur le basket.
- Speaker #0
Deuxième chose embêtante, je suis exprès pour finir, pour t'embêter un peu. Les deux titres de Coupe de France que tu as eu en 98-99 ou le titre de champion de France que tu as eu, je ne sais plus, une dizaine d'années après ?
- Speaker #1
Titre de champion de France ? La Coupe de France était deux moments exceptionnels avec Jouer les baskets. Aller jouer à Paris, à Bercy, devant 13 000, 14 000 personnes, des moments d'après-fêtes incroyables. Mais le titre de champion de France, c'est vraiment, il fallait être le meilleur. Encore une fois, un club, la SIG de Strasbourg, qui à l'époque n'avait pas un des plus gros budgets, donc être la meilleure équipe. sur une saison, je dirais Strasbourg et le titre de champion de France qui, encore une fois, beaucoup de personnes dans le sport de niveau passent des années et des années à travailler et n'ont jamais un titre. Moi, j'en ai quelques-uns, mais celui-là, il était particulièrement beau et inattendu. le titre de
- Speaker #0
2005 et une dernière question les plus marrantes je pense elle est vraiment compliqué c'est c'est pitch banal pitch discussion discussion et ça Ça fait sens avec ce que tu as dit précédemment en parlant de Louis-Marie Pasquier et de cette fabuleuse aventure de la marque Peach. Bon, Maïric, ça y est, je te redonne la parole, si tu veux. Je te redonne la parole. Je voulais vraiment te faire un grand merci. On a un peu débordé dans le temps, mais c'est qu'on avait plein de choses à se raconter ce matin, plein de choses passionnantes que tu as pu partager avec nous. Donc, vraiment un super grand merci pour ce moment passé ensemble. Si certains d'entre vous souhaitent partager, aller plus loin dans votre cheminon personnel ou professionnel, Eric animera le 4 au 6 février prochain 2006 dans le Morbihan, dans un superbe hôtel qui s'appelle l'Hôtel Miramar, un séminaire stage qui sera ouvert à toutes et tous. On participera à des activités, on aura des échanges, tout un programme vraiment sympa. Donc, ceux qui souhaitent aller plus loin dans les sujets qu'on a pu aborder aujourd'hui, je vous mettrai le lien dans le descriptif de ce podcast pour que vous puissiez vous renseigner. Et puis, n'hésitez pas non plus, si vous souhaitez aussi aller plus loin, à acheter son livre. Je n'ai qu'une parole qui est aussi très forte et très inspirante. Alors, pour conclure, je vous invite à vous abonner à la newsletter du podcast. à aller sur les différentes plateformes pour mettre la note encourageante, j'espère, par rapport aux échanges qu'on vient de vivre. Et puis, je termine encore par un grand merci à Eric. En te remerciant.
- Speaker #1
Merci, merci Gwen de votre confiance. Merci à tous les auditeurs et les auditrices qui ont une petite heure avec nous. Merci. de se retrouver en Bretagne ensemble pour animer, je pense, quelques jours qui seront chargés d'émotions et de positifs. Et Gwen, encore une fois, merci de votre confiance et au plaisir de se revoir très prochainement. Merci à vous.