- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, on est aujourd'hui ici à Angers pour un podcast Les athlètes de l'entreprise où j'ai l'énorme privilège d'accueillir Louis-Marie Pasquier. Bonjour Louis-Marie, en plus on est sur un grand soleil après les quelques inondations.
- Speaker #1
Ça fait du bien.
- Speaker #0
Ça fait du bien un peu de soleil.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Alors on va parler évidemment dans ce podcast de Brioche Pasquier et surtout de Pitch, mais aussi avant de parler de Pitch, il faut bien sûr parler de Brioche Pasquier. La question que j'ai envie de te poser lui, Marie, c'est qu'est-ce qui vous a motivé avec tes frères à l'époque à créer Brioche Pasquier il y a plus de 50 ans ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui nous a motivé ? Je vais essayer d'être simple, de ne rien engeliver, d'être... plus proche de la vérité. Il y a d'abord un contexte de l'époque, le contexte familial. J'ai perdu mon père, moi, j'avais 24 ans. Je n'ai pas pu continuer mes études parce que mon père étant malade depuis déjà quelques temps, maman nous avait demandé de prendre nos responsabilités et de... Trouver du travail, trouver du travail. Donc ce contexte-là nous a certainement bousculé. Il y avait également un autre aspect non négligeable du contexte, c'est que nous avions toujours vécu dans le monde de l'artisanat, dans le monde de la boulangerie, et la recette de brioche de mon père était une recette qui, dans un petit périmètre, avait déjà acquis une belle réputation et qui était effectivement de très bonne qualité. Le troisième élément que je veux bien situer, c'est, je pense que de par notre éducation, le sens des responsabilités de nos parents, en particulier de mon père, qui s'engageait, qui était déjà engagé au conseil municipal, nous a amené à entreprendre quelque chose, à se dire, il y a peut-être une opportunité pour créer. Et cette dynamique de l'entreprise, je pense qu'on l'avait dans nos gènes quelque part. Voilà. Puis j'ajoute un dernier élément que je l'ajoute parce que je ne m'en rendais pas compte véritablement au point de départ, mais on était sur le point de voir naître un phénomène économique très important en France. C'était celui de la naissance de la grande distribution française qui est devenue un... un phénomène économique, je dirais, mondial, un peu à part. Quand on voit ce qui s'est passé en France et qu'on peut le comparer, y compris même par rapport à la grande distribution alimentaire aux États-Unis, je pense que la France reste toujours un corps particulier. Et ça, on s'en est aperçu, je m'en suis aperçu très vite. Et il nous a fallu prendre déjà à l'époque une grande décision stratégique, C'est-à-dire... la distribution de nos produits, comment est-ce qu'on allait pouvoir la faire ? Est-ce que c'était en direct, en montant des magasins ? Est-ce qu'on allait garder tous les réseaux de grossistes alimentaires tels qu'ils existaient à l'époque ? Ou est-ce qu'on allait faire un choix qui a été celui de la grande distribution et qui nous a tirés pendant une bonne vingtaine d'années avant de devenir un sujet très complexe ?
- Speaker #0
Très complexe ? comme il l'est de nos jours. La question que j'ai envie de te poser, c'est quel premier magasin vous avez livré ? Tu parles parce qu'il y a la légende et la réalité. Est-ce qu'il y a un premier magasin qui a été livré, connu, de la grande distribution ?
- Speaker #1
Les premiers magasins, vraiment de magasins de la GMS, ce sont des magasins, des petits magasins, des petites surfaces surrangées.
- Speaker #0
Surrangées, d'accord.
- Speaker #1
Oui, surrangées. Bien sûr, la première enseigne, ça a été sur... Bac ! ce qu'on appelait Unico. Unico à l'époque. Unico qui est devenu le système U. Les premiers clients étaient vraiment ceux d'Angers. Ça ne nous a pas empêchés, mais on dit ça pour dire en jeu de l'histoire. Ça ne nous a pas empêchés de faire toutes les petites boutiques disponibles sur Cholet. Puis je me souviens très bien que quand je prenais ma voiture, moi je voyais une... Une petite alimentation, je m'arrêtais et j'essayais de vendre. Mais le démarrage de la présence de Brioche-Pasquier dans la grande distribution, c'est vraiment Système U.
- Speaker #0
C'est Système U en particulier à Angers.
- Speaker #1
À Angers.
- Speaker #0
À Angers. J'ai la réponse, j'ai ma réponse. J'ai plein de questions à te poser. Donc vous, vous lancez Brioche-Pasquier, il y a plus de 50 ans. Et en 1986, vous décidez de lancer une autre marque, une marque différente. qui figure sur notre bureau pour ceux qui le regarderont en vidéo, la marque Pitch. Pourquoi en 1986 décider de lancer une autre marque ?
- Speaker #1
Pourquoi en 1986 ? Là encore, il y a plusieurs éléments. C'est toujours facile à dire quand on relit l'histoire. À l'envers, on regarde à l'envers. Mais quand on est dans le feu de l'action, ce n'est pas si simple que ça. Ceci étant, je crois pouvoir affirmer avec une certaine rigueur, une vigueur même, qu'on est parti d'observation de la consommation de nos produits. L'observation la plus importante a été celle qui nous a fait voir que notre produit était essentiellement consommé à la maison. Et que moi j'avais émis un rêve tout de suite, comment faire à l'époque pour que ce produit qu'un enfant pouvait retrouver rangé correctement dans le placard d'une cuisine. pour prendre son goûter ou le matin pour prendre son petit déjeuner, comment est-ce que ce produit pourrait s'en aller à l'extérieur pour être présent à l'école ? À l'époque, les enfants avaient encore le droit, au moment des récréations, de pouvoir consommer des produits comme les nôtres, pouvoir le mettre dans un sac de sport, en fait, pour le goûter vraiment en dehors de ce lieu privilégié. qui était la consommation domestique dans la cuisine. Le petit déjeuner au goûter. C'est vraiment partie de cette observation. C'est l'observation numéro un. Alors on a tout imaginé pour sortir ces brioches. Je me souviens qu'on avait pris à l'époque les petites briochettes rondes, on les avait mis dans une barquette, on y avait mis On y avait accroché une barre de chocolat, on avait tout enveloppé. Enfin bref, on avait tout imaginé. Bon, il y avait également, d'une manière moins visible, mais tout aussi présente, la volonté de créer des éléments de différence par rapport à nos concurrents. La grande question qu'à l'époque je me posais, mais... Est-ce que vendre une briochette, une brioche tressée, une brioche en tranche, est-ce qu'on allait pouvoir créer une marque qui crée suffisamment de différences, qui se positionne d'une manière suffisamment forte par rapport à l'environnement concurrentiel tel qu'il y était aujourd'hui ? Et ça, c'était une préoccupation. Donc cette envie d'innover avec un et plusieurs... produit au-dessous de cette marque Peach a été très prégnante, très forte, très rapidement. Je précise quand même qu'on a toujours défendu le fait que Brioche Pasquier devait rester la marque mère et que Peach était une marque fille qui devait se positionner en tant que telle. Très, très vite, on a positionné pitch de brioche pasquet. Ça, ça a été, disons, une évidence. Donc, voilà un petit peu le contexte.
- Speaker #0
Le rattachement était important. Le rattachement à brioche pasquet était essentiel.
- Speaker #1
Il était essentiel. Il fallait le faire apparaître. Ce n'était pas si évident que ça, de le rattacher à la marque mère. Mais ça a toujours été un souci. Alors, au point de départ, ce lien... n'apparaissait pas forcément très évident aux yeux du consommateur, mais on a pris le temps de le créer. Et ça a toujours été bon.
- Speaker #0
Et donc, vous rentriez dans les cartables. Est-ce qu'à l'époque déjà, il y avait des gens comme BN, mais ce n'était pas de la brioche qui rentrait dans les cartables ?
- Speaker #1
Il y avait à l'époque toute cette industrie agroalimentaire autour du biscuit sec.
- Speaker #0
Biscuit sec, voilà.
- Speaker #1
Avec... la couche de chocolat qui faisait plaisir à tous les enfants. Mais je pense qu'on a été pionniers, on a été les premiers à imaginer que ce goûter défini en tant que portion pour un enfant allait être sous-emballé justement pour qu'il reste dans un état le plus correct possible dans le cartable, dans le sac de sport, quand l'enfant s'en allait au stade. à la salle de basket ou à la piscine ou à l'école. On a eu l'autorisation de le faire.
- Speaker #0
De le faire et ça rentre dans les cartables. Et donc, Peach, la marque, ce mot Peach, on a entendu dire qu'il y a même eu un moment, c'était le marketing avec Peach, mais ça n'existait pas à l'époque. Quand vous créez cette marque-là, le Peach Elevator n'existait pas. Comment vous avez créé cette marque ?
- Speaker #1
À partir du moment où a été décidé de créer cette ligne de produit, tout de suite la question de la marque est apparue comme étant essentielle. On a d'abord solutionné tous les problèmes d'ordre industriel, ce qui n'est pas rien. Une masse à faire, pas une masse à faire j'imagine. Je me souviens de la construction de la première ligne de production. Ce n'était quand même pas rien. On rentrait dans un champ de technologie que l'entreprise ne maîtrisait pas du tout. Il a ensuite, au-delà de la production et du fourrage, chocolat, confiture, qui ont été les premiers éléments à naître, les premiers produits à naître de cette gamme. Il a fallu apprendre à faire un sous-emballage. Il a fallu rassembler les huit produits pour faire un sachet correct. Bref, on a quand même, je dirais, sué correctement.
- Speaker #0
Ça perdure encore.
- Speaker #1
Pour, sur le plan technologique, répondre aux attentes que nous étions fixées en termes de vente du produit, mais à disposition. Ceci étant dit, effectivement, comment est née la marque ? Moi, je redis toujours cette histoire parce que, je dirais, elle est sincère et elle est vraie. La naissance de la marque est partie d'un certain nombre d'observations. Je rappelle aux auditeurs que je n'avais pas de formation marketing, il n'y avait qu'un bac philo, donc voilà, je me formais. déjà à l'époque parce que je n'avais pas le choix elle est partie d'une observation sur ce qui se passe à l'intérieur d'une école, d'une cour de récréation au moment du goûter du matin et ça c'est vrai de discussions que j'avais avec des bons amis médecins sur cette incapacité qu'on avait souvent dans les familles à prendre un bon petit déjeuner pour permettre à l'enfant d'attendre l'heure de la cantine ou du repas du midi, peu importe, d'attendre ce temps de manière à, je dirais, ne pas être gêné pendant la matinée autour de cette manifestation de la faim. Le petit creux du matin. C'est ça, le petit creux du matin. Et on est parti de là. On a réalisé, je me souviens très bien, l'école dans laquelle on le faisait. On a réalisé plusieurs tests avec des enfants sur MoLéon. J'avais un bon ami qui était prof de français en classe de sixième et de cinquième qui m'a aidé à réfléchir également à cette question. Donc, on était dans cette aventure de pitch. On essayait de faire jouer à plein le bon sens et observer ça. Donc quand on s'est dit, il y a vraiment un problème au niveau de l'alimentation des enfants dans la matinée, quand ils viennent manger, avoir un petit creux, à réclamer quelque chose, on s'est dit, mettons-nous autour d'une table, faisons du brainstorming. Les règles du brainstorming, il y a une chose, c'est que chacun prend la parole à tour de rôle. Ce qu'on écrit sur le tableau, en aucune manière, doit être contesté. Et venu sur le tableau, au bout de deux séances, est venu le mot « avoir la pêche » . Et je me souviens, avec un crayon feutre rouge, d'avoir entouré cette notion-là. Et puis on l'a travaillé, la pêche en anglais, ça s'écrit P-E-A-C-H, c'était déjà imprononçable. Et de fil en aiguille, il y a quelqu'un qui a dit, si on disait pitch. Ce que je dis là est authentique, c'est la création de cette marque qui faisait référence à un besoin de l'enfant qui perdait de l'attention à l'école parce qu'il n'avait pas... trop rapidement pris le petit déjeuner le matin et puis qu'il se trouvait à être incapable d'attendre le repas du midi ou la cantine du midi.
- Speaker #0
Il était boosté, reboosté, ce sera boosté avec un match.
- Speaker #1
Ce qui était le cas également pour les enfants quand ils finissaient un entraînement de basket, un match de basket, quand ils finissaient un match de foot ou une heure dans la... Un enfant de 9 à 12 ans, quand il sort de l'eau, ou quand il sort d'une salle de basket ou d'un terrain de foot, il a faim. D'ailleurs, je me suis occupé à l'époque, je m'occupais d'un club avec un gros département jeune, enfant. Je voyais bien que tout ce qu'il y avait dans les sacs de sport, c'était colossal parce que dès que la douche était prise... Les enfants étaient rhabillés, la première des choses c'est qu'on sortait dehors pour manger. Il fallait manger. Donc on avait consommé de l'énergie, il fallait des calories, il fallait nourrir l'enfant.
- Speaker #0
Il fallait recharger tout ça et repartir. Et d'ailleurs tu fais mention de terrain de basket, de foot, etc. Donc en 86 vous lancez la marque Pitch et en même temps vous décidez d'aller sur le basket. Alors ce qui est très connu évidemment c'est le partenariat avec Cholet Basket de l'époque. Ça ne s'est surtout pas limité à ça, je crois savoir. Alors pourquoi ce choix-là du basket ? Qu'est-ce que vous y avez fait ?
- Speaker #1
Alors, le choix du basket, je dirais que c'est né d'une rencontre. À l'époque, il y avait un club qui flambait et un président, Michel Léger, qui était un homme... d'une dynamique et d'un enthousiasme communicatif. Moi, je l'ai écouté. Je ne connaissais rien au basket. Je le dis tout de suite. Mais je l'ai écouté avec attention. Il me parlait de sa passion. Je dirais que, selon une belle citation, rien de grand ne se fait sans passion. Michel Légil avait vraiment la passion de son club et de ce sport. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, deuxième élément également à apporter, c'est que c'était un ancrage territorial. L'usine des cercueils est dans... Nous sommes des Chautais. Nous étions vraiment proches de ce territoire, un territoire dynamique sur le plan industriel. Donc il y avait cette opportunité qui se présentait. Je pense que... Tout était fait à travers cette rencontre et la découverte de ce sport, cet ancrage territorial. Tout était préparé pour entamer un parcours avec ce club qui, au moment où on a été sollicité, venait d'accéder au plus haut niveau du basket français et qui avait donc besoin d'un certain nombre de ressources sur le plan financier pour avancer.
- Speaker #0
Pour avancer ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Mais finalement, on dit dans le sport de haut niveau, si tu investis, alors à l'époque, on n'était pas en euros, mais si tu investis un euro, il faut aussi investir un euro pour le dire, pour le faire savoir, pour relayer ça. Et finalement, la réussite, elle a démarré avec Cholet Basket, mais elle n'a pas été restreinte au partenariat.
- Speaker #1
Non, elle n'a pas été restreinte, mais enfin, il a fallu, on parlera de formation tout à l'heure. Oui, oui. Il fallait que nous puissions faire notre apprentissage. Parce que moi, c'est très clair, je sentais que cette démarche était pleine de bon sens, mais on n'avait pas validé tous les éléments qui allaient faire la réussite de ce partenariat qui a quand même duré 15 ans. plusieurs personnes que je connaissais bien à l'époque à la fédération française de basket à la ligue m'avaient dit comment vous faites pour rester 15 ans dans le même club. C'est rare pour un sponsor de rester aussi longtemps. Donc on a fait nos armes, on a découvert, puis après on a petit à petit construit une stratégie avec une part de chance. Je n'ai pas la prétention de dire que j'avais tout anticipé. Je crois que dans une histoire comme celle-ci, Je dis toujours, il y a un tiers de chance, un tiers de bon sens, puis un tiers de savoir-faire ou de compétence. Et dans ce tiers de chance, il y a eu le fait que la place de Cholet-Basquet est devenue quelque chose d'extraordinaire sur cette ville. La réussite a été immédiate. Cholet-Basquet s'est confronté tout de suite. au meilleur club français, que ce soit Limoges, que ce soit Portes, et a tout de suite fait rêver tout ce monde, tous ces spectateurs autour de Chalet Basket. Donc là, cette part de chance, elle fait partie de notre histoire. Alors derrière, il a fallu construire.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il a fallu construire. Moi, je pense que pour construire, on s'est aperçu très vite, je dis on parce que bien sûr, c'est un travail d'équipe, on s'est aperçu très vite qu'il fallait demeurer fidèle et précis dans notre cœur de cible. Et le cœur de cible, c'est le 8-9 ans, 9-12 ans. C'est cet enfant qui, je dirais, n'élimine pas les autres consommateurs potentiels. Oui, bien sûr. À 75 ans, on peut manger. On peut manger. Comme un bon copain me le disait, moi je mange un pitch par jour et je n'ai pas 9 ans. Nous disons à 60 ans, on peut commencer les pitches. Donc je n'exclus rien, mais on s'est centré sur ce cœur de cible. Ça, c'est quelque chose. qui nous a empêchés de toucher à tout et qui nous a permis de bien canaliser notre travail. La deuxième chose, en restant centré, je vais balayer tout de suite l'autre avantage des résultats de Cholet Basket. Il y a eu le phénomène télévision, qui est quand même arrivé là très vite, et auquel, ça c'est clair, quand j'ai signé le premier contrat, avec le président Léger, Michel Léger, n'était pas prévu. Donc l'arrivée de la télévision avec un système de caméras et de précision sur le port de la marque, sur le maillot, était quand même extraordinaire. Sur le plan technique, on est dans un espace restreint qui est un terrain de basket, ce n'est pas un terrain de foot. On voit les marques et à l'époque, c'était super bien fait. Donc je passe là-dessus. Je passe non pas pour éliminer, je passe parce que c'était quand même réel. Donc après, quand on a eu, disons, bien avancé dans notre apprentissage, on s'est dit, que peut-on faire pour aller plus loin, je dirais. Donc c'est là qu'on s'est aperçu que, dans un travail avec la Fédération à l'époque, que 50% des licenciés en basket, c'était des femmes. Les 50% c'était des garçons, donc sujet particulièrement intéressant. On s'est aperçu enfin qu'au creux de l'hiver, quand vous avez un match à la salle de la Main Ray, ou comme on dit au hangar de la Main Ray, ceci en temps, on est protégé, on n'est pas au froid, et qu'elle n'a pas été notre surprise quand demandant à un BTS Action Co de faire quelques sondages. sur le profit des spectateurs, de se rencontrer, qu'on avait des soirées avec entre 40 et 50% de femmes qui assistaient à match de basket. Et ce sont des femmes qui achetaient le produit.
- Speaker #0
Le produit aussi. À l'unico du coin.
- Speaker #1
Et les autres contre-surfaces aussi. Et les autres enseignes, bien sûr. Donc, tous ces facteurs se sont accumulés pour dire... Restons bien dans notre chemin. Regardons avec en étant un éveil. Restons dans notre chemin. Mais la ligne directrice, elle était tracée. Alors après, on a développé la marque parce qu'on s'est dit Cholet, Cholet, c'est Cholet. On distribue des échantillons de produits à chaque match. Qu'est-ce qu'on fait dans les villes où Cholet va jouer ? Donc, vous allez à Nancy. la force de vente de chez Brioche-Pesquet à Nancy avait pour mission de mettre des têtes de gondole pitch dans les magasins de la zone de Chalanzis. Il y avait le match. On distribuait des échantillons. Après, qu'est-ce qu'on fait pour aller encore plus loin ? Il y a du basket sur tout le territoire français. Bien sûr, il y a des régions fortes. Le pays de la Loire, c'est quand même une des grandes régions du basket français. Mais il y en a partout ailleurs. Là, nous est venue l'idée de dire on va les équiper pour des clubs qui ont souvent des gros soucis financiers. On va les équiper, les maillots, proposer des maillots à tous les clubs. Et on a émonté jusqu'à 1500 équipes de cette tranche d'âge équipées avec des jeux de maillots sur toute la France. Donc, ça veut dire qu'on voyait du pitch. Après, on a développé l'objet publicitaire. autour de la marque, pourquoi l'objet publicitaire, quand on fait un t-shirt, le t-shirt, il n'est pas mis à la poubelle le soir, il est rangé dans une étagère, etc. On a adhéré au... On a essayé de rester cohérent, concentré, avec des moyens financiers limités, sachant qu'ils étaient quand même largement absorbés par le sponsoring. Et c'est comme ça qu'on a développé la marque.
- Speaker #0
Oui, donc c'est en marchant que vous avez finalement, je te disais le un pour un, mais c'est en marchant que vous avez fait ça. Vous n'avez pas forcément l'idée au départ d'investir sur ces clubs de jeunes. Tout ça, c'est venu au fil de l'eau.
- Speaker #1
C'est un fil de l'eau et... À partir d'un travail, on parlera des valeurs que j'ai retirées de mon passage au basket, d'un travail collectif basé bien sûr sur, je dirais, de la formation marketing de plus en plus pointue, mais également d'un travail collectif construit sur le bon sens. moi quand Je faisais mes réunions d'animation des forces de vente sur tout le territoire français. Je posais toujours les questions. Comment arrivez-vous à structurer l'INER ? Parce que, Owen, tu le sais bien, structurer un INER avec un facine de pitch au bon endroit pour que l'acte d'achat se fasse correctement, pour que le prix proposé au consommateur soit le plus cohérent d'une région à une autre. ou dans la même région d'un magasin ou à une enseigne ou une autre, c'est un travail de longue haleine, c'est un travail de fourmi qui ne se voit pas beaucoup, mais qui a des conséquences terribles au niveau de la vente.
- Speaker #0
Bien sûr, et qui reste encore aujourd'hui, le merchandising reste la base dans une grande surface alimentaire et les autres. Et donc, il me semble à peu près que c'est en gros une dizaine d'années avant de venir en pub télé, parce qu'on se dit, Peach, ça devient une marque incroyable qui démarre en 86, et la première pub télé ne vient qu'une dizaine d'années après. Donc on se dit, tiens, c'est bizarre ça.
- Speaker #1
La réponse là-dessus, je savais que tu allais me poser cette question, mais la réponse là-dessus est très simple. C'est que les ventes étaient là. Que cet accélérateur par une pub télévision ne s'imposait pas. Et que là encore, il fallait développer une expérience dans l'entreprise parce que nous n'avions pas cette expérience et qu'il fallait innover dans... en montrant notre place. Je pense qu'on l'a fait également parce qu'au bout de dix ans de sponsoring, il y avait quand même une part d'essoufflement, une part d'usure dans tout ce qu'on avait entrepris avec Cholet Basket et autour, comme je viens de le décrire. Donc, il y avait vraiment besoin de donner un second souffle à notre communication autour de cette marque. C'est pour ça qu'on a commencé à toucher à la télévision à l'époque.
- Speaker #0
Mais un pitch dans ta poche, c'était ça. C'était ça. C'était pas mal aussi. Ça a marqué les esprits aussi.
- Speaker #1
Je pense que dans mes stocks d'archives qui sont entrés dans mes papiers, je laisserai, quand je ne serai plus de cette terre, c'est la meilleure. Pour moi, c'est la meilleure. On était vraiment, on est très proche de notre consommateur. Le produit parle à notre consommateur. Il parle à notre consommateur dans le sens où tout ce qu'on représente, aller jusqu'ici, le basket, en termes d'agilité, capacité de s'adapter, vitesse d'exécution. Quand vous avez un cœur docile de 9-10 ans... Aujourd'hui, malheureusement, ils sont trop souvent dans l'océan, devant les écrans. Mais quand ils sont à faire du sport, ça bouge. Et ce que portait comme image le basket.
- Speaker #0
collait véritablement à la réalité de vie de ces enfants, de ce cœur de cible.
- Speaker #1
De ce cœur de cible. Alors tu as dit trois fois déjà et ça m'a impressionné, c'est pour ça que je te reprends ça, mais tu as parlé de bon sens trois fois déjà dans ton propos. Et ça fait la suite avec la question suivante, mais est-ce que c'est le bon sens qui a fait la réussite de Pitch quelque part ?
- Speaker #0
Moi, je pense qu'il faut de la chance quand même.
- Speaker #1
Il faut de la chance.
- Speaker #0
Il faut de la chance et puis du talent. La compétence, il ne faut pas exagérer. J'ai toujours en tête à peu près les coûts d'investissement sur la première ligne fabriquée dans notre usine près de Cholet. Le temps de recherche, le temps de trouver. tous les systèmes pour faire l'emballage individuel d'un produit comme celui-ci. Il faut quand même du talent. Puis, je pense que nous, en nous appuyant sur cette chance du choix que nous venions de faire de l'ambiance qui régnait autour de ce club quand même.
- Speaker #1
Dans le hangar.
- Speaker #0
C'était impressionnant. de la mobilisation. Moi, j'ai fait quand même beaucoup de salles pendant ces 15 ans. J'ai toujours été impressionné par l'évolution de ce sport, mais également de l'ambiance qui se vivait dans les salles. Je pense qu'il fallait également une part de talent, parce qu'à un moment donné, on a été obligé de rationaliser notre démarche. On a quand même également pris un gros pari en tentant d'appeler le club « Pitch Sport » . Oui, à l'époque. Et si on n'avait pas eu un blocage invraisemblable d'une presse locale rétrograde sur le sujet, même si je les aime beaucoup, même si c'est un grand journal, même si je les lis régulièrement, à mon avis, le service des sports aujourd'hui, à l'époque, n'a pas été bon. On a tenté une expérience qui a été là-dessus, sur lesquelles il y avait une grande connivence dans les discussions avec le président Léger. Bien sûr, bien sûr. Et c'est quelque chose qui a laissé des traces, y compris en Europe. Dans des pays comme l'Espagne, ça a laissé des traces, je suis sûr. Oui, c'est clair. J'ai eu l'occasion de le vérifier.
- Speaker #1
De le vérifier,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Et puis vous étiez largement précurseur dans le naming, clairement, parce que le naming qui s'est généralisé aujourd'hui.
- Speaker #0
Non, ce qui était inassemblable à l'époque, c'est que déjà, dans le vélo, toutes les équipes étaient passées sous le nom des marques.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Toutes les équipes avaient quitté le statut des pays ou le statut des régions. Et je n'ai jamais compris pourquoi.
- Speaker #1
C'est l'histoire. Ça fait partie de l'histoire. Est-ce que tu as une anecdote en particulier avec Pitch, en général, sur toute la richesse de tout ce que tu as pu vivre avec Pitch ? Est-ce qu'il y a une anecdote en particulier qui te vient à l'esprit ?
- Speaker #0
Oui, il y en a une.
- Speaker #1
Il y en aurait plein sans doute.
- Speaker #0
Oui, mais je n'en ai une. J'ai donné deux choses. J'ai quand même été très marqué par les premières soirées de match. Je ne m'attendais absolument pas. Moi qui étais dans un footer. Je ne m'attendais absolument pas à l'ambiance qui régnait dans des salles comme celle de la Ménirac. Ça m'a surpris et j'ai pu le vérifier ailleurs. J'ai pu le vérifier à Hortès, j'ai pu le vérifier à Limoges. Alors là, les frères...
- Speaker #1
Du show aussi !
- Speaker #0
C'était quand même pas mal. Et Cholet, là-dessus, était en tête, je dirais, dans la dynamique à l'intérieur des marches. Et puis, je dirais autre chose, c'est que dans ma réflexion, réflexion formation sur le plan marketing, je crois qu'une belle marque, elle doit être désirée.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est-à-dire que le consommateur, en fait, c'est lui qui commande, c'est lui qui désire le produit. On parle toujours des phénomènes qui poussent la marque vers le consommateur. Mais moi, je crois beaucoup à ce désir du consommateur d'avoir... Et là, j'ai une histoire, une petite histoire à raconter. J'étais à l'époque dans un magasin Carrefour, dans l'est de la France, dans une ville qui s'appelle Reims. Et puis, comme d'habitude, j'étais toujours en train de regarder le rayon pour voir si le rayon Pasquy était bien tenu, s'il était en ordre, si... S'il y avait du produit, si les prix étaient corrects, etc. Et si les facines étaient propres, étaient bien faites, etc.
- Speaker #1
C'était ce que faisait d'ailleurs, juste pour t'interrompre deux secondes, mais M. Riboud, quand il se déplaçait, pour avoir interviewé aussi quelqu'un qui a dirigé chez Danone, et qui était lui à l'étranger, il disait quand M. Riboud arrivait dans le pays, avant d'aller parler avec les comités de direction, etc. La première chose qu'il faisait, comme tu le faisais donc, c'est d'aller dans un magasin.
- Speaker #0
Et je rentre dans ce magasin, je me poste, je m'appuie le dos sur le pilier, devant le rayon, tous les rayons de voisinoiserie, je regarde tout ce qui se passait, et je vois arriver un chariot, une maman, et vous savez... Un enfant plus jeune que mon cœur de cible, mais tout aussi agile, 6-7 ans à mon avis, assis sur le siège du chariot. Oui,
- Speaker #1
la petite place qui va bien.
- Speaker #0
La maman qui regardait ailleurs, qui poussait le caddie, comme on dit. Et j'ai vu quelque chose d'incroyable, c'est un enfant arriver à sortir de ce siège, ce qui n'est pas si facile que ça. Voilà, c'est sortir de ce siège, sauter par terre et prendre deux paquets de pitchs, les mettre dans le caddie, remonter dedans et s'asseoir. Et sa maman ne veut rien dire. Donc, ça veut dire que les deux paquets de pitchs étaient passés à la caisse et que c'était l'enfant qui tout seul, 6-7 ans. Alors, à 6-7 ans, on est déjà des... C'est l'enfant qui avait fait le choix de cet achat. Et la maman n'a rien dit. J'avais la trouille qu'elle prenne les deux. Oui, qu'elle les remette dedans. Qu'elle les remette dans le rayon, mais elle n'a rien dit. Et donc, là, j'ai vu un acte d'achat sur un produit qui était vraiment désiré. D'un enfant qui avait envie de cette marque. J'aime bien raconter cette histoire. Je l'ai racontée souvent aux commerciaux en leur rappelant. que regarder comment se passe un acte d'achat est décisif. La rapidité avec laquelle il se fait, les contrôles qu'une ménagère effectue par rapport au prix, par rapport au produit qu'elle veut choisir, sont décisifs pour nous guider dans notre travail après, sur le plan marketing.
- Speaker #1
Le marketing, c'est l'observation et du bon sens encore, on pourrait presque dire. Du BSP, je l'ai souvent entendu comme ça, bon sens paysan. Voilà, c'est ça. Il faut observer comme on observe ses cultures si on est agriculteur. Alors, on m'a parlé de pitch, on a parlé évidemment de brioche-pasquier. Et donc, tu as été jusqu'à être dirigeante sur les baskets aussi, président du club. Comme tu l'as dit, tu as beaucoup aussi collaboré avec Michel Léger, tout se passait là. Et si on regarde ça, si tu regardes ça, toute ta carrière, on va dire, dans ce que tu as connu dans le sport, est-ce que tu as connu dans l'entreprise, c'est quoi les valeurs communes ? Ou est-ce qu'on peut identifier d'ailleurs des valeurs communes ? Et est-ce que ça a aidé aussi au développement global de Brioche-Pasquier de manière quotidienne ?
- Speaker #0
En lisant ta question, j'ai retenu trois valeurs.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
La première, c'est peut-être quelque chose qui va te... te surprendre. La première valeur, c'est celle de la fragilité. Parce que la fragilité, dans les résultats sportifs, dans tous les matchs auxquels j'ai assisté, elle existe. Le nombre de matchs perdus au quart de la dernière seconde, quand le shoot arrive, fragilité, quand... Il faut faire une équipe qui tienne la route avec des comportements, des cultures très différentes de joueurs. Les cultures américaines, les joueurs français qui viennent de régions très différentes les unes des autres, etc. Il y a une part de fragilité. Et si cette fragilité est reconnue, pour moi, elle devient une force. Parce qu'il n'y a rien de pire, à mon avis, dans le sport professionnel que dans une entreprise, que de s'installer. et croire que tout est arrivé. Donc, la fragilité au sens où ça devient une force parce que tu ne t'installes pas. La deuxième valeur, bien sûr, c'est le collectif. On ne fait pas une belle saison avec des joueurs qui refusent de rentrer dans un collectif. avec des joueurs qui, dans leur comportement, ne rentrent pas dans, je dirais, ces liens qui doivent se créer au fur et à mesure pendant tous les mois qu'on court la saison. Ça n'existe pas. Il faut absolument qu'un véritable collectif soit en place. Puis, la dernière chose qui m'apparaît... importante, surtout dans un sport comme celui du basket, mais qui est très vrai également dans d'autres sports. Je pense dans les sports collectifs du type rugby, il faut une complémentarité entre les joueurs. Donc la complémentarité et la fragilité, comme le travail d'équipe, comme le travail sur le collectif, comme cette complémentarité, parce que tout le monde n'a pas les mêmes talents, ce sont des valeurs... absolument indispensable de l'entreprise. Je dirais, quelle que soit la place de chacun, l'essentiel, c'est que chacun puisse mettre ses talents sur la table, au service des autres, d'une manière complémentaire, pour respecter le territoire des autres, mais également pour enrichir le collectif. C'est ça qui me semble... J'ai retenu ces trois valeurs.
- Speaker #1
C'est vrai que je... Je n'aurais pas pensé qu'on aurait commencé par la fragilité, mais j'apprécie beaucoup ton analyse, parce que le monde de l'entreprise, le monde du sport et le monde de l'entreprise est assez fragile. On peut le voir aussi aujourd'hui, dans un climat économique compliqué.
- Speaker #0
Le danger qui nous guettait dans les dix premières années du sponsoring, c'était ça. Tout allait bien. Les échantillons étaient distribués, les maillots arrivaient dans les clubs. Les résultats de Cholet Basket étaient là.
- Speaker #1
La marque se développait.
- Speaker #0
La marque se développait, les indicateurs. Les indicateurs des volumes étaient là, les indicateurs de marge, marge brute du produit sorti des usines étaient là, c'était le top, le podium. Ces produits étaient sur le podium des marges de l'ensemble des gammes de produits.
- Speaker #1
On est les champions du monde,
- Speaker #0
c'est le syndrome champion du monde. Et puis on laisse filer un détail qui détériore l'image de la marque. Tout est fragile dans un club, l'équilibre financier, l'équilibre des équipes, les résultats de la formation d'un club, ce n'est pas quelque chose qui s'inscrit comme ça. La fragilité pour moi, je la reçois comme étant une, enfin je la propose tout le temps comme étant une force. Se reconnaître fragile, c'est un acte d'humilité mais qui est conduit à une force. C'est celle de toujours savoir se remettre en cause. celle de savoir s'adapter aux évolutions du marché, celle de faire évoluer les produits, donc de créer, d'innover.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, bien sûr. Tu rejoins un peu Antoine Rigodeau, que j'ai eu la chance aussi d'interviewer, qui a repris une phrase assez célèbre, je sais que je ne sais pas, c'est-à-dire la remise en cause permanente, comme tu dis, avec cette belle histoire. Et si tu avais devant toi un entrepreneur, un manager qui se dit, tiens, moi, comment je peux aller chercher dans le sport des choses que je vais pouvoir... diffuser dans l'entreprise ou dans mon équipe. Ce n'est pas facile parce que...
- Speaker #0
C'est une question extrêmement délicate. Je commencerais par, pour tenter d'apporter quelques pierres à mon... un petit élément, c'est de se dire que dans le choix du sponsoring pour développer une marque... je me suis toujours interrogé sur ces personnes pour qui la passion l'emporte sur tout le reste.
- Speaker #1
C'est le risque.
- Speaker #0
C'est le risque. Et je pense sincèrement qu'être arrivé au basket sans rien y connaître, je n'avais jamais assisté à un match de basket. Comme tout le monde, je voyais bien. le lundi matin quand je lisais les résultats du SCO, du FC Nantes, du Stade Rennais, de tous ces clubs que je suivais à l'époque, je voyais bien que Cholet était en train de réaliser, depuis la création de ce club qui a fêté ses 50 ans, mais je ne rentrais pas dedans. Et ça, c'est... Je dirais que... C'est quelque chose sur lequel je pense que j'ai eu cette chance. De ne pas être dans cette passion. La passion, c'était Michel Léger.
- Speaker #1
Point.
- Speaker #0
Et tous les gens qui l'entouraient, point. L'essentiel pour moi, c'est toujours dit à Michel, je respecte quoi qu'il arrive. Il y a quand même eu des moments difficiles dans le club. Les élections municipales, etc. Où le club était chahuté ou pris en otage. L'essentiel, c'est... C'était toujours de garder, pour moi, une certaine distance. Et cette capacité à garder cette distance, elle était née du fait que je n'étais pas né dans la marge. Après, quand j'ai dit ça, je crois qu'il me semble surtout important de savoir d'un côté ce que porte comme repère, comme image. Au pair image, c'est deux choses un peu différentes. Le sport vers lequel on peut être attiré. Et de savoir quel est le lien qui peut se tisser entre ce sport et, je dirais, ce sport et ce que l'on veut développer à l'intérieur de l'entreprise. Je ne crois pas beaucoup, encore aujourd'hui, mais bon, je sais que je suis loin des affaires. Ce que je dis là est... Je ne crois pas beaucoup à des liens qui ne soient pas parfaitement bien identifiés entre ce que véhicule la vie et la mort. ce sport, un sport, et ce qui veut être véhiculé par l'entreprise autour d'un produit. J'avoue que j'ai... Alors on peut mettre également un autre danger, j'ai commencé par un danger et je termine par un autre danger, la visibilité, je ne la mets jamais en premier. Encore aujourd'hui, en réfléchissant et en préparant... Ce temps de discussion avec toi, la visibilité, c'est une chose, mais je ne la mets pas en premier. Je mets en premier les repères, l'image, ce qui sous-tend ce sport avec ce que l'on veut développer dans l'entreprise. Je mets également l'ancrage territorial. Je mets la qualité des rencontres. Je pense qu'un bon sponsor qui entretient. de belles relations avec les personnes à l'intérieur du club, c'est un atout non négligeable. C'est-à-dire qu'on n'est pas que des marchands et que des apporteurs de fric ou de sponsoring. Je pense qu'autour de l'argent, il y a plus que ça à y mettre. Et la visibilité, c'est un autre... Je termine en disant que la visibilité, c'est un autre danger. Parce que, évidemment, tout le monde a qu'à aller au football. Oui, pour être visible. Mais je suis sûr que... il y a d'autres sports qui portent également des belles valeurs. Quand je regarde les Jeux Olympiques d'hiver, quand je réfléchis à tout ce qui est porté sur des sports qui ne sont pas très visibles, il y a certainement des idées à travailler pour des entreprises qui auront envie d'y aller sur autre chose.
- Speaker #1
Si j'ai un mot qui me vient à l'esprit pour compléter ce que tu dis, c'est une notion d'alignement. C'est-à-dire qu'à un moment, si on n'est pas aligné sur le sport ou sur le club, enfin sur ce qu'on va, Ce qu'on va décider d'aller soutenir avec, tu parles de repères et d'images, c'est cette notion-là d'alignement en fait sur ces valeurs.
- Speaker #0
Le mot est très juste, je partage, je partage totalement.
- Speaker #1
Alors on n'arrive pas très loin de la fin de notre interview. Donc tu as quitté il y a déjà quelques années tes fonctions opérationnelles de Brioche Pasquier et tu t'es investi dans d'autres domaines, dans des domaines qu'on va qualifier de caritatifs. Est-ce que tu peux nous en dire un mot ?
- Speaker #0
Oui. Je dirais avec discrétion et une certaine humilité. On a toujours porté, mon épouse et moi-même, une valeur qui me semblait essentielle, c'est celle du partage. J'ai conscience d'avoir beaucoup reçu, d'avoir pris des risques, mais d'avoir beaucoup reçu. Et cette valeur du partage m'est spontanément venue. On a donc créé il y a 15 ans une fondation familiale dans laquelle j'ai souhaité que nos enfants soient impliqués. Cette fondation est abritée et elle repose sur un objet clairement identifié qui est celui du monde. associatif qui est particulièrement tourné, enfin qui s'occupe particulièrement des familles et des enfants handicapés sous formes diverses. J'ai fait ça pour des raisons qui sont bien précises, des raisons familiales, mais j'y ajoute également parce que en vieillissant et en rencontrant ce monde associatif, j'ai découvert ce qu'était la France profonde, cette France dont on ne parle jamais, mais qui fait vivre notre pays. Et quand on connaît les difficultés politiques, géopolitiques, politiques françaises, géopolitiques de notre monde, je sais maintenant, au bout de 15 ans, qu'il existe une France, une large France. part de la population française engagée dans le monde associatif et qui fait vivre notre pays d'une manière cachée. Et là, dans le monde associatif, j'avoue avoir rencontré vraiment de très belles personnes, rencontré de très belles associations vraiment utiles, vraiment utiles pour notre pays. Vraiment utile pour notre population. Vraiment. Vraiment. Donc ma démarche était née de cette valeur, mais également de ce souci de citoyen. d'aller voir un monde que je n'avais pas eu le temps véritablement d'aller rencontrer.
- Speaker #1
D'accord. Alors si ça parle à certains de nos auditeurs, donc la fondation, on la trouve où ? Si les gens veulent donner de l'argent ou soutenir, voilà.
- Speaker #0
Soutenir, pas de souci. Vous allez sur fondation Nathan, N-A-T-A-N.org. Nathan, ça s'écrit sans H, comme un prénom. mais C'est un mot qui, en hébreu, veut dire « partager » .
- Speaker #1
Partager, donc ce qui était le fondement.
- Speaker #0
Et puis là, vous avez un site et vous avez toutes les associations qu'on accompagne depuis un an, deux ans, trois ans, cinq ans, etc.
- Speaker #1
Alors, je suis intimement convaincu, d'ailleurs, quand tu parles de ça, c'est vrai qu'on parle de valeurs du sport et de l'entreprise, mais je pense que, de manière générale, de décloisonner aussi les entreprises, des associations, du sport. Je pense qu'en France, on aurait besoin d'écloisonner nos organisations parce que si on est dirigeant, si on est manager d'entreprise et qu'on échange avec des gens dans le domaine associatif, on peut aussi s'enrichir et ça peut aussi enrichir l'entreprise. Je crois qu'il y a un vrai sujet là à retirer les barrières.
- Speaker #0
Absolument. Absolument. Je pense que l'engagement de l'entreprise vis-à-vis de l'association peut mobiliser. largement le personnel, surtout pour les causes, des causes qui aujourd'hui apparaissent évidentes. L'environnement, le handicap, il y a tellement, tellement de belles causes à défendre que ces causes, quand on rentre un petit peu dedans, elles sont vraiment... Elles mobilisent le personnel. Comme nous, on a su essayer également de le faire. avec le sponsoring. On avait quand même un bureau qui collectait les places pour aller à Cholet Basket tous les week-ends où Cholet jouait sur place. On avait les déplacements qui étaient organisés. On avait les discussions à non plus finir devant les cafés du lundi pour commenter les matchs. C'est là que l'entreprise se crée. C'est là qu'elle se soude. C'est là qu'on donne un autre souffle. aux simples activités économiques.
- Speaker #1
On casse les barrières.
- Speaker #0
On casse les barrières.
- Speaker #1
On casse les barrières.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Alors, ta plus grande fierté, Louis-Marie ? C'est l'avant-dernière question avant l'interview pile ou face.
- Speaker #0
Il y en a plein,
- Speaker #1
j'imagine.
- Speaker #0
Oui, enfin, je dirais... La fierté, c'est d'avoir aujourd'hui une marque solide.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Un atout très fort dans la négociation avec nos partenaires de la grande distribution, d'avoir un bon produit, une belle marge, une belle rentabilité. Ça, c'est une chose qui touche l'aspect économique. L'aspect économique, la fierté, c'est d'avoir marché. dans ce monde du sport professionnel en restant moi-même, en restant toujours avec du recul, en apprenant beaucoup et en restant ce que je suis. Donc, oui, en me remettant en cause et en avançant au pas à pas avec prudence et humilité.
- Speaker #1
Très bien. Et ton mot de la fin, alors, pour les auditeurs, si tu avais un message à passer aux auditeurs. Souvent quand je fais les formations ou que j'accompagne, je me dis qu'il faut oublier un peu l'actualité parce qu'autrement on n'est pas très positif. Qu'est-ce que tu auras à dire justement aux gens qui nous écoutent pour garder quand même, là on a du soleil cet après-midi qui arrive dans le studio où on file ?
- Speaker #0
Moi je dirais simplement que cet alignement entre le sport et la vie économique de l'entreprise peut représenter une belle bouffée d'air. à la fois pour le sport, condition qu'on ne se laisse pas aller, bien sûr la passion, condition que ce qui circule déjà comme argent qui est considérable soit maîtrisé. Je pense que cet alignement, pour reprendre le mot que tu as donné tout à l'heure, est source également d'une belle dynamique au sein de l'entreprise. En tout cas... C'est ce que je l'ai vécu. Je ne peux pas parler de choses que je ne connais pas, mais celles-ci, je les connais.
- Speaker #1
Tu les connais. C'est la passion et la raison, si je comprends bien.
- Speaker #0
La passion et la raison. La passion, oui, parce qu'il faut imaginer que le sponsoring, c'est... En tout cas, surtout ne pas réduire le sponsoring au chèque que fait le directeur administratif de l'entreprise, financier et administratif que fait l'entreprise tous les trimestres ou deux fois par an pour l'envoyer dans le club. Non, il faut absolument que le sponsoring soit... soit quelque chose qui nous lie, qui nous attache. Alors évidemment, à un moment donné, comme nous, au bout de 15 ans, il a été utile de dire, bon, on va faire autre chose. Ceci étant, j'ai vu qu'il y avait d'autres événements qui avaient marqué les décisions récentes. Mais oui, dans le sport... est aujourd'hui quand même, quand on voit ce qui vient de se passer à Paris, au mois de juillet l'année dernière, quand on voit ce qui vient de se passer en France sur des sports largement moins médiatisés, cet enthousiasme, je voudrais bien que nos hommes politiques réfléchissent un petit peu plus à ce qu'ils ont vu, ou qu'ils y viennent, qu'ils viennent dans une salle de basket avec un... sponsor, qu'ils viennent voir un président de club, qu'ils viennent participer à ces fêtes et je pense que c'est la frange qui bouge, qui avance en tout cas moi je l'ai reçu comme ça au mois de juillet j'ai eu la chance là avec le mauvais temps de rester coincé devant ma télé pour les choses et c'était pas mal finalement et c'était en Italie et c'était proche de chez nous c'était quand même beau Donc ouais,
- Speaker #1
c'était quand même beau.
- Speaker #0
C'était beau. Ça fait quand même sacrément du bien de voir ces athlètes pleurer avec leur médaille, se réjouir, comme on voit la folie d'une salle, d'une équipe qui vient de battre un leader, comme je l'ai vu à Cholet Basket. Moi, je n'oublierai jamais Cholet Basket et Al de Madrid. C'est pour moi inoubliable.
- Speaker #1
Il y avait beaucoup de monde dans la salle.
- Speaker #0
Un peu trop, peut-être. À mon avis. Un peu trop, oui.
- Speaker #1
Allez, on termine avec l'interview pile ou face. Je te donne à chaque fois deux idées, deux mots. Je te fais réagir en live sur le sujet. Donc, première chose qui fait écho autant dans le sport, on va dire, que quasiment dans l'entreprise, talent ou entraînement ?
- Speaker #0
Les deux.
- Speaker #1
Les deux, les deux. Tu as droit qu'à une fois un joker, fais gaffe, tu commences avec un joker. Donc c'est les deux.
- Speaker #0
Avec un entraînement.
- Speaker #1
Avec un entraînement. Alors pourquoi entraînement ?
- Speaker #0
Parce que même à l'âge où je suis, je reste persuadé qu'il faut se former toute sa vie.
- Speaker #1
Et on va en parler tout à l'heure. Et ça tombe bien dans l'autre épisode. Antoine Rigaudot ou Rudy Gobert ? C'est pas facile. Antoine.
- Speaker #0
Le génie à l'état pur.
- Speaker #1
C'est clair. Et que tu as eu la chance d'avoir dans ton équipe.
- Speaker #0
De côtoyer. Il vient de me dédicacer son livre. Enfin bref, ça reste un grand joueur qu'on a eu la chance d'avoir à Cholet.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est pas mal. Tu as dit au départ, tu en as parlé d'ailleurs, que tu étais plutôt footeux dans ta jeunesse. Alors c'est FC Nantes ou Cholet Basket ? Alors je me doute un peu, mais
- Speaker #0
Cholet Basket.
- Speaker #1
Tu t'es converti au basket ?
- Speaker #0
Oui, et puis j'ai découvert il n'y a pas très longtemps le rugby.
- Speaker #1
C'est pas mal aussi.
- Speaker #0
C'est quand même un sport impressionnant. Une ambiance impressionnante. J'ai eu la chance de le découvrir parce que mes enfants m'avaient offert pour mon anniversaire de 60 ans une place à Edinburgh pour voir un match Écosse-France. Pour rien au monde, je ne louperais. Je me souviens, c'était incroyable. C'est un beau sport.
- Speaker #1
Et c'est ce week-end d'ailleurs avec Osfrance, un beau tournoi. Je ne sais pas si tu as noté ça. Je l'ai noté dans mon encadrement. Alors la marque Pitch ou la marque Brioche-Pasquier ?
- Speaker #0
Pitch.
- Speaker #1
Pitch quand même. Alors pourquoi Pitch un poil plus que Pasquier ?
- Speaker #0
Il y a un travail de création, de durée, dans la durée, un travail d'implantation. qui a été long, très dur à mettre en place. C'est pas... Créer une marque comme celle-ci, c'est jamais dans le goodwill de l'entreprise. Ça ne figure pas au bilan. C'est une vague considérable. La marque, aujourd'hui, je ne vais pas exagérer. Mais bon, tu me demandes de faire un choix, je fais le choix. C'est pitch, c'est pitch.
- Speaker #1
Alors, si on parle un peu géographie, c'est les cercueux de Molévrier ou Angers, où tu habites aujourd'hui ? Angers. Et je le demande à tous les invités parce que je modifie un peu mes questions à chaque fois. C'est pitch ou banane ? Je me doute un peu de la réponse aussi.
- Speaker #0
C'est pitch.
- Speaker #1
C'est pitch. OK. En tout cas, Louis-Marie, je te remercie beaucoup pour cet épisode. On a un autre épisode à tourner sur la formation qu'on fera avec Jean-François Martin qui est l'ancien entraîneur des espoirs de Cholet Basket et qui a aussi grandement contribué. Au développement à la fois du club et de la marque, puisqu'il en a distribué aussi.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
C'est clair, je n'oublie pas.
- Speaker #1
Ok, j'invite tous les auditeurs à s'abonner s'ils souhaitent écouter le podcast sur leur plateforme favorite qui peut être sur Apple, sur Amazon, sur Spotify. Et pas hésiter non plus à noter et interagir. Et je vous remercie, et je remercie surtout Louis-Marie d'avoir pris ce moment pour qu'on déconne ensemble la réussite à la fois de Brioche-Pasquier et de cette superbe marque. pitch évidemment qui au coeur des valeurs du sport au service de l'entreprise merci à toi aussi merci merci lui marie à marron voyez mes bons souvenirs avec toi aussi et des souvenirs en commun aussi professionnel bon et ben sympa merci merci le mari à
- Speaker #0
bientôt à bientôt