- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve aujourd'hui avec Louis-Marie Pasquier et Jean-François Martin pour le podcast Les athlètes de l'entreprise avec un numéro spécial consacré à la formation. On a la chance d'avoir deux grands pédagogues avec nous, qui étaient à la fois dans le sport et l'entreprise, et Jean-François qui aussi a démarré par le sport et maintenant au travers d'Experise. Quelqu'un qui intervient aussi à l'entreprise. Alors on va démarrer par une première question avec toi Louis-Marie. Alors à Cholet, le centre de formation de Cholet Basket est un des creusets principaux du basket français et ça reste encore le cas bien des années après. Et d'ailleurs chez Brioche Pasquier, où tu as oeuvré pendant toutes ces années, vous avez toujours investi beaucoup sur la formation professionnelle. Alors qu'est-ce que tu aurais à dire de ça ? du parallèle qu'on peut en faire ?
- Speaker #1
Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est que la formation dans une entreprise qui naît et qui part d'un artisanat local avec des dirigeants d'entreprises qui n'ont pas fait de grandes écoles commerciales ou autres, la formation nous est apparue tout de suite comme étant... un élément clé pour pouvoir assumer correctement nos responsabilités de développement. La formation évolue, il est clair que le contexte dans lequel on avance dans le temps, dans l'entreprise, fait que les formations sont différentes. La formation à la création, moi je n'étais pas du tout préparé. à faire du commercial et du marketing, aller visiter les clients, faire référencer les produits. C'est une formation qui m'est apparue tout de suite absolument indispensable. Je crois qu'un autre contexte, quelques années plus tard, quelques années après le démarrage, c'est la formation liée à la croissance de l'entreprise. Il y a encore un autre aspect complètement différent. Autre aspect, c'est la formation liée à toutes les transformations d'ordre technologique que nous avons connues. Un point de départ, fournir une voiture pour aller sur la route, sans d'autres éléments qu'un crayon et un papier pour voir ce qui se passait dans les magasins, ce n'est plus du tout la même chose. quand l'informatique est embarquée. dans une voiture, qu'il faut former l'ensemble des équipes commerciales à utiliser correctement les outils mis à leur disposition. Et puis, je pense que la formation, c'est quelque chose qui, aujourd'hui, doit nous conduire à rester toujours en éveil quand on voit la rapidité avec laquelle notre environnement se transforme et bouge. l'environnement et ça sans forcément je dirais faire un long discours sur l'IA mais je suis persuadé que l'arrivée de ces nouvelles technologies vont encore transformer et déclencher les besoins en termes de formation pour les années à venir quand j'ai dit ça, moi je rajoute un élément qui me semble important la formation j'y distingue deux aspects complémentaires, mais qu'il faut regarder avec précision. C'est l'aspect technique. Quand on fait un relevé linéaire, qu'on enregistre des PVC, quand on refait un tableau merchandising pour implanter correctement un linéaire en accord avec la grande distribution, on est dans le champ de la technique. et j'associe un autre aspect des choses c'est la formation pour faire grandir comme on l'a toujours dit chez Béjj Pesquet à partir de l'approche du management socio-économique c'est pour rendre responsable celui qui se trouve à 400 km de son site de rattachement qui vit... souvent seul sur la route, il a besoin également de grandir dans sa personnalité et de voir l'entreprise lui offrir la possibilité sur des thématiques bien précises, qu'elles soient économiques, je veux dire en touchant l'agroalimentaire ou autre, il a besoin de s'enrichir, donner de la valeur, moi je n'ai pas peur de le dire, donner également de la valeur à son CV, à sa dimension humaine, à celle qui transparaît dans son CV.
- Speaker #0
Donc c'est faire grandir les collaborateurs de manière générale, au-delà de la façon dont ils grandissent dans l'entreprise.
- Speaker #1
C'est ce couple qui est bien aligné l'un par rapport à l'autre, qui fait avancer les choses, et qui a, pour moi, dans ma vie professionnelle, toujours été l'une de mire.
- Speaker #0
On trouve le langage un peu des hard skills, c'est-à-dire on va travailler la technique, la partie technique, mais on va aussi travailler au développement de la personne. Et d'ailleurs, tu évoquais un sujet important, c'est que vous étiez, je ne sais pas si on peut dire précurseur ou quoi, mais je me rappelle que les commerciaux de Brioche-Pasquier avaient déjà un ordinateur dans les magasins, et ça il y a très très longtemps, aujourd'hui on parle de CRM, etc., pour faire les relevés, passer les commandes, etc. Mais c'est venu très tôt chez Brioche-Pasquier.
- Speaker #1
Oui, oui, sur ce sujet-là, on a vu très vite... La limite du crayon papier, la limite des tournées mal organisées qui généraient plus de kilomètres qu'il en fallait, des pertes de temps, etc. Donc il y avait un besoin technique évident pour bien organiser les tournées. Disons-le également aussi d'une manière claire, savoir ce que devenait ce commercial sur ce secteur tout ça.
- Speaker #0
Oui, oui, l'analysement.
- Speaker #1
et analyser ses performances avec les aliments, les indicateurs qui étaient mis en place. Mais moi, j'ai toujours été attaché également à faire en sorte que dans notre environnement mouvant, dans les grandes évolutions, on développe à travers nos équipes commerciales, l'agilité, une souplesse dans le fonctionnement. Et tout ça, c'est un travail sur les comportements qui me semblent.
- Speaker #0
important d'où l'investissement en formation qui a pu être fait dans l'entreprise d'où l'investissement, très lourd très lourd que vous aviez un vrai choix de la politique générale et de la stratégie de l'entreprise et toi Jeff, plus de 20 ans passé à former de jeunes basketteurs à potentiel quelle vision tu as justement de la réussite liée à la formation toi, grand pédagogue qu'on ne présente plus euh...
- Speaker #2
Pour moi, la formation, c'est dans ma démarche quand j'avais à recruter un jeune joueur, c'était d'avoir une vision de ce que faisait un jeune athlète à un âge donné, à 15 ans, et d'avoir cette capacité à me dire quelle marge d'évolution il peut avoir sur une formation qui était étalonnée à 6 ans. C'est la référence que nous donnent les statuts de la formation. les années aspirants et les années stagiaires, et puis de se dire, voilà, les étapes qui allaient jalonner tout ce cheminement. Donc ces étapes-là, c'était d'amener le jeune à évoluer dans sa maturité, dans son mental, dans son physique, et puis petit à petit, lui laisser les rênes, avoir toujours des retours et des débriefs avec lui, et puis Lui apprendre aussi à devenir autonome, comme disait Louis-Marie, parce qu'à un moment donné, il faut que le chemin se fasse, que l'athlète prenne conscience de ses capacités, de sa façon de réagir dans différentes situations. Et puis, à partir du moment où on donne de l'autonomie et que le jeune s'aperçoit qu'il est capable de répondre, à partir de là, il y a toujours... Il y a toujours, et quand on donne la chance à un jeune aussi, parce qu'il y a le moment où on le forme et le moment où on lui donne la responsabilité pour qu'il commence à voler de ses propres ailes. Alors nous, dans notre cas, la finalité, c'était d'aller vers le milieu pro. Et quand ce rapport de confiance, il est là et que le coach pro le lance, c'est à ce moment-là qu'on est capable aussi de mesurer ou au contraire même de ne pas mesurer, je dirais, la capacité que va avoir l'athlète à... à performer et à faire des choses sur lesquelles on ne s'attendait pas du tout. Mais avant que cette étape-là arrive, il y a toute une phase de construction, de prise de confiance, de formation, donc de formation sur des paramètres technique, tactique et physique, mais la formation, ça demande du temps. Et ça, c'est un gap qu'on ne peut pas changer. Et toutes les personnes ne sont pas égales non plus. Certaines vont, il va falloir des fois être plus patient, parce que le temps est nécessaire. Certains vont réussir un peu plus vite. Donc, il n'y a pas d'égalité dans la façon, dans la capacité à apprendre. Et un enseignement qui peut être adapté à l'un, peut ne pas non plus être adapté à l'autre. Donc la capacité à s'adapter aussi au public.
- Speaker #0
Oui, c'est l'encadrant là aussi qui s'adapte à celui qui l'encadre, celui qui forme quoi.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
C'est celui qui forme. Ok. Alors, petit clin d'œil du destin à Cholet Basket. L'académie qui s'appelait l'Académie Gautier vient juste de... devenir, redevenir, je ne sais pas où c'est de devenir, parce qu'il n'y avait pas de nom avant que l'Académie Gauthier, je crois, porte son nom, mais ça redevient l'Académie Pitch il y a quelques semaines, donc c'est quand même quelque chose d'assez incroyable. Alors quel regard tu portes, toi, Louis-Marie, sur la formation des jeunes à CB, avec ton œil à la fois d'avoir été président de CB à une époque, à la fois d'avoir été co-dirigeant aussi à Briage-Pasquier ?
- Speaker #1
Bon, je dirais, pour commencer, que... La décision qui a été prise, bien sûr je n'ai pas participé, est une excellente décision.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pour la simple et bonne raison, c'est que la force de l'image d'un club comme chez les baskets aujourd'hui autour de la formation, les chiffres, Jean-François les connaît mieux, parlent d'eux-mêmes, ce n'est pas la peine de les commenter. Donc c'est une excellente initiative, une initiative également qui est porteuse d'une belle image à l'égard de notre cœur de cible, à l'égard de tous ces jeunes. Alors je pense que Jean-François a fait de la détection à un âge un petit peu plus avancé. Mais ceci étant... pour notre cœur de cible, on revient à quelque chose qui fait que l'entreprise, dans ses valeurs, s'aligne avec la démarche de Chaudet Basket au niveau de la formation. Plus de ça, je pense que les contraintes économiques d'un club comme ça font que la formation devient quelque chose d'essentiel, absolument essentiel. Je n'ajouterai rien, je peux simplement témoigner qu'il y a déjà presque une trentaine d'années, quand j'étais très investi au conseil d'administration du club, ce souci de la formation était largement et très fortement défendu et qu'il s'accompagnait. d'une dimension, je dirais, humaine, d'approche globale de la personne. Parce qu'un des premiers contrats que j'ai eu à signer, qui vraiment m'avait bien plu, je m'en souviens très bien, c'était ce contrat avec les deux lycées sur Cholet, lycée Europe et lycée Sainte-Marie de Cholet, qui permettait aux enfants de commencer à faire du sport et études. d'avoir du temps ménage. Et puis, je savais également qu'à l'intérieur du club, Jean-François avait déjà organisé tout ce qui était à conduire en termes de formation scolaire. Et je me souviens également de cette fierté qu'on avait à l'intérieur du bureau à attendre les résultats du bac ou des diplômes parce que, Jean-François l'expliquera mieux que moi, mais tous les joueurs qui sont passés au centre de formation ne sont pas destinés à faire d'une carrière professionnelle et ils doivent préparer leur reconversion et sans formation scolaire de base mais là je peux témoigner que c'était vraiment
- Speaker #0
un souci une priorité au sein des dirigeants et là l'entreprise et le club étaient alignés complètement
- Speaker #1
Ce sport, ce club véhiculait des repères, des valeurs au niveau de la formation alignées avec ceux de l'entreprise.
- Speaker #0
On est sur cette notion-là. D'ailleurs, tu parles des jeunes, ils ne deviennent pas tous professionnels, mais il y a des stats assez incroyables sur les baskets. au centre dirigé par Jacques Cattel à l'époque et avec Jean-François comme entraîneur, 130 jeunes recrutés sur toute cette période-là, 60 sont devenus des professionnels, 12 des internationaux, 6 ont joué en NBA, donc c'est quasi un palmarès incroyable de ce fameux centre de formation de Cholet auquel Jean-François a largement contribué et une certaine continuité d'ailleurs avec les personnes qui entraînent aujourd'hui. C'est quoi ton secret, le secret du centre de formation que tu as pu...
- Speaker #2
Déjà, moi, quand j'arrive, il y a déjà du travail qui est fait. Parce qu'on parlait d'Antoine, on n'a pas parlé de Jim. Mais il y a des générations fortes qui portent justement le club dès ses premiers pas en proie.
- Speaker #0
Avec deux joueurs majeurs de France à l'époque qui avaient été formés à Cholet.
- Speaker #2
Voilà, qui sont Antoine et Jim. Et puis, c'est Laurent Buffard qui... qui est un acteur important, donc Jacques Cattel, qui est le directeur et qui a su créer aussi cet environnement. Voilà, donc moi j'ai travaillé avec Jacques pendant de nombreuses années. Et puis, on a toujours travaillé autour de ces valeurs-là, d'accompagnement, et on a toujours cherché à se dire que s'il y avait un axe différentiel sur lequel on pouvait travailler auprès des jeunes, Tous les clubs avaient un centre de formation à peu près à cette époque-là. C'était le début de la construction de la formation. C'était devenu une obligation. C'était une obligation.
- Speaker #0
C'était déjà une obligation.
- Speaker #2
Tout le monde ne s'investissait pas de la même façon. Et donc, nous, avec Jacques, on a beaucoup parié sur, sachant que les contenus, former un athlète, le faire jouer, etc. Mais nous, on a beaucoup travaillé sur l'humain. Et pour nous, la relation humaine, la relation avec les parents, relation avec les joueurs était hyper importante et donc ça a créé je dirais une stabilité dans nos effectifs une confiance, une communication permanente avec les parents donc un accompagnement et puis moi dans ma démarche si je dois parler un petit peu de ma démarche de recrutement j'avais pour objectif de regarder dans les jeunes athlètes que j'allais voir un potentiel qui étaient là mais qui ne s'exprimaient pas encore. J'essayais de voir la marge de progression que pourrait avoir un jeune athlète. C'est-à-dire qu'il avait un talent, il avait quelque chose, mais physiquement il était peut-être un petit peu surnagé par les autres qui avaient déjà pris un peu de maturité. Et l'idée c'était de se dire, qu'est-ce qu'il pourra faire dans 4-5 ans sur ce parcours de formation, quelle évolution pourra-t-il avoir. Et puis voilà, après derrière, il fallait faire des choix. On avait la possibilité de choisir nos jeunes pour mener cet espace de formation. Et derrière, par contre, quand on s'engageait avec un jeune et une famille, l'objectif était d'aller jusqu'au bac. Comme l'a dit Louis-Marie, c'était une planée échéance importante. Parce que la carrière professionnelle n'est pas donnée à tout le monde. Alors moi, j'ai eu la chance sur mon parcours que, un grand nombre d'athlètes puissent mener cette carrière-là, mais ce n'est pas une carrière qui est aussi nourricière financièrement que dans d'autres sports comme le foot, par exemple. Et voilà, pour nous, ça a toujours été hyper important que les jeunes puissent mener un double projet dans notre structure.
- Speaker #0
Oui, ça fait complètement écho à ce que disait lui Marie, de faire progresser le salarié, quel qu'il soit, ou le manager dans l'entreprise, en disant, bon, il enrichit son CV aussi, il progresse, ok. au service de l'entreprise, mais de manière générale aussi, comme vous le faisiez, parce que vous, les joueurs que vous formez et qui sont devenus des excellents joueurs, restaient un ou deux ans à Cholet en pro et partaient. C'est ça.
- Speaker #2
Mais après, dans le chemin de formation, moi, j'ai toujours accordé de l'importance, je sais qu'avec Jacques, on l'a fait, c'était d'amener les jeunes à sortir de l'entreprise, du club, pour aller visiter des entreprises. Et quand on a créé l'Académie Gauthier, avec David Soulard, La première chose qui nous a été évidente, ça a été de créer un lien avec l'entreprise Gauthier et avec le centre de formation, avec l'académie. Et donc on avait instauré une visite en fonction des profils scolaires, des ambitions aussi professionnelles hors basket, pour que les jeunes puissent avoir un temps d'immersion et qu'il y ait ce lien qui se crée aussi entre un partenaire. du club et une histoire autour de la formation.
- Speaker #0
Alors si on revient à la formation en entreprise, comment tu choisissais les formations à Louis-Marie à l'époque pour qu'elles soient utiles, qu'elles fassent développer les compétences ? Personnel et professionnel ?
- Speaker #1
Je dirais que la formation continue, elle se situe dans une forme de cohérence tout au long du parcours professionnel que peut effectuer un salarié au sein de l'entreprise. Moi, j'y étais quand même attentif, j'essayais de mettre une ligne directrice et d'y avancer au point à pas. pour que les collaborateurs, toutes les équipes commerciales puissent bénéficier de ce chemin que l'on parcourait. Ensuite, je choisissais parce qu'il fallait s'adapter aux évolutions et être agile. Quand on a, par exemple, créé tous les logiciels pour embarquer l'informatique dans les voitures, Et c'est là qu'on s'est aperçu qu'il fallait faciliter le travail des commerciaux, il fallait être beaucoup plus précis dans les informations qu'on pouvait récupérer auprès de nos clients dans les magasins, travailler la messagerie, les relations, fluidifier les relations entre le siège de l'entreprise ou le site de production auquel les commerciaux étaient rattachés. En tout cas, tout ça faisait l'objet, par exemple, de produits. entre guillemets, mis à la disposition de la force de vente, mais faisait également l'objet d'un travail de présentation. On construisait avec les commerciaux ce qui allait leur être proposé. Et quand les produits étaient établis, co-construits avec le service informatique, on demandait au service informatique d'aller sur le terrain, déclencher les formations. accompagner la mise en œuvre sur le terrain. Donc, à partir du moment où le service informatique, où le back-office marketing qui est sur place, invite des groupes de commerciaux à établir le cahier des charges de ce qu'on voulait faire avec l'informatique embarquée, je prends cet exemple-là, et à partir du moment où... le back-office, c'est-à-dire tous ces gens qui travaillent dans les bureaux au niveau de l'informatique ou du marketing, prenaient le temps d'aller sur le terrain pour rencontrer les commerciaux et développer les formations, je pense qu'on construisait quelque chose de bien. Et quand on loupait l'un ou l'autre des choses, quand on balançait des programmes, ou quand on déclenchait des formations qui ne partaient pas d'une implication de la force de vente, ou qui n'étaient pas accompagnées sur le terrain, la plupart du temps... On commettait des erreurs. Ça ne marchait pas. Ça ne marchait pas. Ça ne marchait pas. C'est terrible. Mais ce que je dis là est valable pour ce que je connais bien, ce que je connaissais bien, à l'époque où j'étais en pleine activité professionnelle. Mais c'est valable également pour tout ce qui relève de la informatique mise à disposition dans une unité de production. Le savoir. Le savoir faire appartient à ceux qui font, ceux qui agissent. C'est sur le terrain, aux proximités. Et savoir les écouter pour rapatrier des observations au sein d'un service informatique, au sein d'un service de production, au sein d'un service marketing, ça m'apparaît comme étant important. Et demander à ces services d'aller sur le terrain, de sortir pour... Valider ce qui a été proposé, ça m'apparaît, est très important. Donc ça, c'est pour l'aspect des formations d'ordre technique. Sur le plan humain, moi, je partais toujours des besoins. Comment je choisissais les formations ? J'essayais d'examiner les besoins. C'est vrai qu'une équipe régionale qui grossit, à apprendre à vivre un collectif en étant éloigné, Et apprendre à vivre un collectif, c'est différent d'un collectif d'un centre de formation où les jeunes sont logés sur un espace, travaillent dans une salle de basket avec des cadres qu'ils voient tous les jours. Mais travailler ce collectif, proposer du développement personnel. Alors, ce mot-là a été galvaudé, tout ce qu'on veut, etc. Mais moi, ça ne l'était pas du tout. C'est-à-dire, qu'est-ce qui fait le... disons, quels sont les comportements ? majeurs qui font un bon collectif, c'était quelque chose d'extrêmement important. Comment développer une forme d'agilité, d'organisation pour des commerciaux qui ne sont pas toujours très bien organisés, qui ne font pas correctement leur travail, non pas qu'ils sont de mauvaise volonté, mais parce que c'est inscrit un petit peu dans leur gêne. Cet aspect des formations humaines...
- Speaker #0
de développement personnel au sens noble du terme, tel que moi je le regardais il y a déjà un certain nombre d'années, me semblait également extrêmement important. Donc je partais beaucoup de ces besoins, regarder ce qui se passe dans les évolutions, les besoins des évolutions techniques, et également les besoins sur le plan humain.
- Speaker #1
Sur le plan humain, sur le fonctionnement et sur... Et sur la collaboration en particulier.
- Speaker #0
La collaboration, les liens avec le siège, avec la gestion commerciale, les liens avec le fonctionnement de l'entreprise, les stratégies d'entreprise qu'ils ont développées. Prendre le temps d'expliquer une croissance externe, prendre le temps d'expliquer des grands axes stratégiques, ça me semble important, ça nécessite une organisation. Mais cette organisation... il faut la penser avec des gens qui sont éparpillés sur le territoire.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Et ce n'est pas si simple que ça.
- Speaker #1
Et ce n'est pas si simple. Alors toi, Jean-François, tu as formé au basket pendant des années, tu as milité pour le rapprochement de tes jeunes basketteurs de l'entreprise et maintenant tu fais des formations, des séminaires, des ateliers que tu réalises destinés à des entrepreneurs, à des managers, à des équipes. C'est quoi ton regard sur la formation professionnelle en entreprise depuis maintenant 7-8 ans que tu es lancé dans ce domaine-là ?
- Speaker #2
En tant qu'entraîneur, j'ai aussi été amené à me former. La fédération et la ligue nous obligeaient à participer à des séminaires auxquels on rencontrait des personnes importantes du monde du basket. Je l'ai fait avant aussi, parce que dans mon parcours d'entraîneur, j'ai eu l'occasion d'aller aux États-Unis pour m'inspirer aussi d'autres cultures. Et puis, comme je l'ai dit tout à l'heure, en allant vers les entreprises ou en discutant des fois avec des chefs d'entreprise, et quand j'emmenais les jeunes, j'avais senti cet intéressement à vouloir en savoir un peu plus comment on manageait les jeunes, etc. Comme moi, j'étais curieux de savoir comment ça pouvait fonctionner à l'intérieur d'une... une structure industrielle. Donc voilà, après, j'ai trouvé à un moment donné intéressé, je me suis trouvé intéressé, j'ai trouvé très intéressant de faire transpirer un petit peu tous les outils avec lesquels j'ai travaillé sur le développement de la confiance individuelle et puis l'élèvement de la personnalité, la confiance individuelle, mais aussi la confiance dans ses... coéquipiers, et puis la dynamique d'équipe. L'idée, ça a été de créer à la fois dans des ateliers des moments où on ravive des valeurs qu'on a tous en nous, mais qui malheureusement, des fois, s'endorment parce qu'on est pris dans la charge et puis dans le tourbillon d'une journée, d'une semaine, et on oublie à un moment donné la dynamique d'équipe, la dynamique de la relation humaine qui pourrait faire que tout ça puisse encore mieux fonctionner. Donc l'idée, ça a été de créer des ateliers comme ça et puis de participer à des journées de formation auxquelles on travaille ensemble. Où là, c'était vraiment aussi d'aller un petit peu plus loin dans les outils, dans la façon d'être, dans la façon de communiquer. Et voilà, je trouvais intéressant de partager ce vécu-là avec quelqu'un qui avait cette expérience du milieu de l'entreprise. Et puis on s'aperçoit que ça match, qu'il y a des corrélations qui sont évidentes. Et qu'à travers le jeu, pour moi, une formation doit rester dynamique, interactive. Elle doit être faite de partage et d'échange. Elle ne doit pas être que descendante. J'ai assisté à des formations un petit peu comme ça. Je pense que quand on... Quand on forme quelqu'un, il faut faire réveiller, il faut ouvrir une fenêtre dans une maison qui n'a pas été aérée quelque part. Et puis faire sentir à cette personne-là que cette boucle d'air ne va pas révolutionner forcément sa façon de voir, mais va la rafraîchir et peut-être remettre de l'ordre dans des idées et donner de nouvelles directions ou être inspirante. Et je pense que c'est ça. C'est raviver des sensations et puis bien sûr des fois aussi amener des atouts ou des outils qui n'étaient pas forcément utilisés, qui vont permettre de faire des choses différentes.
- Speaker #1
Tu dis, quand on bosse ensemble en formation, qu'il faut faire transpirer un peu la collaboration. Oui. On a travaillé un peu ensemble sur les contenus, tu dis qu'il faut que les gens transpirent un peu. Mais ça se passe, alors qu'est-ce que tu aurais à dire de ça ?
- Speaker #2
Quand je dis transpiration, c'est qu'il ne peut pas y avoir pour moi d'apprentissage s'il n'y a pas de ressenti. Pour moi, je viens du terrain, on utilise des mots, on dessinait des plans tactiques, etc. Mais on avait toujours, à un moment donné, le terrain qui, à un moment donné... amener une forme d'alignement sur les discours en fait si les discours n'étaient pas entendus ou perçus de la même façon à un moment donné le terrain créait cet alignement et c'est pour ça que dans les ateliers de collaboration l'idée c'est c'est dire à un moment donné que les gens on va leur exprimer on va partager on va échanger sur des idées mais qu'à un moment donné on les amène sur le terrain pour que ils les respirent ils les portent, ils les vivent. Donc à un moment donné, le message qu'on a pu donner dans la journée à la fin, il est un ressenti à la fois physique et un ressenti mental aussi. Oui,
- Speaker #1
il faut que les deux matchent en fait.
- Speaker #2
Voilà, et je pense que, et quand à un moment donné sur le terrain, on fait le rapport entre ce qu'on vient de vivre et la valeur qu'on vient de partager, et quand on la re... pose dans le contexte de l'entreprise, là, il y a des fois des lumières qui s'allument dans le visage des gens et qui disent « Mais oui, c'était tellement évident, pourquoi je n'y ai pas pensé ? » « J'avais aussi peu de choses à faire pour que ça puisse enclencher des relations qui soient différentes. » Voilà.
- Speaker #1
Pour modifier et influencer son quotidien. Alors, à votre avis, à tous les deux, qu'est-ce qu'attend dans le monde dans lequel on est, dans lequel on vit ? d'ultra-sollicitations des réseaux, des téléphones qui sonnent, des messages qui tombent, dans ce monde de fous dans lequel on vit. Qu'est-ce qu'attendent les gens en formation aujourd'hui ? Louis-Marie ?
- Speaker #0
Tu viens de parler du monde un peu fou, de surinformation dans lequel on vit. Moi, je peux dire par expérience que... Ces journées de formation telles qu'elles étaient proposées à l'époque au sein de l'entreprise sont des journées de ressourcement et les commerciaux attendaient ça. C'est-à-dire des journées où on sort d'une routine, on rentre dans une démarche pour grandir. on sort d'une solitude. J'ai parlé de routine, mais enfin, c'est solitude et routine. C'est une journée dans laquelle on fait équipe. On est content de revoir ses collègues, y compris même de chahiter ensemble le soir.
- Speaker #1
Pas trop quand même.
- Speaker #0
Pas trop quand même. Mais on redonne du souffle à l'activité. qui attend le lendemain de la formation. Je pense que chacun également dans le commercial attend une forme d'innovation pour les embarquer avec lui et nourrir son CV. Je ne trouve pas ça du tout déplacé. Je pense que ces journées de formation sont très attendues par ceux qui vont les vivre. également parce qu'ils ont besoin d'informations. On a beau penser qu'aujourd'hui, les moyens qui sont mis à notre disposition, alors c'est encore pire qu'il y avait il y a une quinzaine d'années ou une vingtaine d'années, mais la solitude du commercial sur son secteur, c'est quelque chose qui m'a marqué et sur lequel j'ai beaucoup discuté avec les équipes sur le terrain et qui m'ont amené à... à veiller à ce que nos plans de formation soient vraiment tout ce que je viens d'écrire. C'est tant de ressourcement, d'ouverture, d'information, de valorisation du travail qui est fait, pour grandir, de reconnaissance pour les équipes commerciales.
- Speaker #1
C'est une façon aussi de faire plaisir, mais dans un sens positif de la reconnaissance.
- Speaker #0
je pense que dans ce que j'ai vécu également avec des équipes réparties sur tout le terrain je ne sais pas si c'était attendu mais en tout cas je l'impulsais c'est que les équipes ont besoin de se sentir appartenir à. Donc aujourd'hui, je sais très bien qu'on ne passe pas sa vie en professionnel dans une seule entreprise. À l'époque, c'était un petit peu plus courant, mais pour des gens éloignés ou des personnes éloignées du cœur vital, de l'entreprise, ce besoin de se sentir appartenir et être reconnu comme membre acteur et appartenir à l'entreprise est important. En regardant ce qui se passe, en discutant avec un certain nombre d'amis, chefs d'entreprise dans le domaine de l'agroalimentaire, en regardant ce qui se passe dans le monde associatif, comme je l'ai vécu au sein du réseau Entreprendre, développer ce sentiment d'appartenance est énorme parce qu'en fait on n'a jamais eu autant de turnover dans les entreprises on n'a jamais eu autant de personnes qui arrivent, qui repartent et créer la cohésion dans tout ça est certainement aujourd'hui bien plus difficile qu'à l'époque où je travaillais sur ces sujets là
- Speaker #1
Et toi Jean-François, qu'est-ce que tu penses des attentes quand tu rencontres, tu croises pas mal de monde en formation ? C'est quoi l'attente principale des personnes que tu reçois ?
- Speaker #2
Ça recoupe un petit peu ce qu'a dit Louis-Marie. Les gens, dans les formations intra-entreprises, ils ont déjà plaisir à se retrouver, parce qu'ils sont souvent dans des contextes différents. Partager des expériences, confronter des expériences. Et puis, après, c'est d'être, nous, en position de... D'avoir sur des sujets, parce qu'ils viennent participer à une journée sur des thématiques qui sont autour de l'équipe, autour du managerat. Et c'est par des approches différentes, à la fois participatives ou d'autres périodes qui sont des périodes actives, ou des fois des périodes où on va leur montrer un extrait de film ou une interview qui vont amener les gens à « débattre » sur un sujet. et voilà je pense que c'est c'est la variété oui je pense que l'attente d'une équipe c'est toujours je pense un moment important parce que c'est un moment où on sort d'un environnement où on est happé par le rythme quotidien on fait un pas de côté comme on dit souvent et puis là on prend le temps de regarder la rivière qui descend très très vite dans laquelle on a l'habitude d'être, et puis là on prend le temps de discuter et de parler plein de sujets qui vont nous faire, lorsqu'on va se remettre sur le bateau et qu'on va repartir dans le flux, dans le courant, on aura certainement une vision, un regard et une perception qui pourraient être un petit peu différentes. Moi c'est ce que je dis souvent, quand on marche, j'adore la nature, on marche dans la nature, on marche, il faut savoir s'arrêter. pour apprécier le chemin qu'on a fait, pour apprécier le moment, pour avoir se ressourcer, pour repartir frais. Et ces temps d'arrêt dans le cheminement, ils sont hyper importants. Donc pour se rafraîchir, pour trouver un nouvel élan, capter d'autres méthodes, d'autres sources d'informations qui vont me bonifier sur mon parcours. Comme l'a dit Louis-Marie aussi, la notion d'identité est importante. Moi je l'ai toujours dit dans le cadre sportif, nous aussi on savait que les joueurs qu'on formait n'allaient pas passer leur vie dans le club de Cholet. Mais ce qui était important dans la formation qu'on donnait aux jeunes, c'était de créer cette identité, cet esprit famille et cet esprit club. pour faire que demain, ils aient un marqueur fort dans leur vie, en se disant que l'expérience que j'ai vécue, l'expérience humaine, l'expérience basket que j'ai pu vivre à Cholet, elle a été extraordinaire. Et quelque part, cette vision positive de leur parcours et de cette étape-là, dans cette structure-là, est forcément aussi colportée positivement. Je pense que c'est important, quand on est en une entreprise, quand on forme des gens. Quand on prend soin des gens, moi c'est ce que je dis souvent aux gens que je rencontre dans le milieu de l'entreprise, les gens que j'ai formés, je les ai aimés. Mais j'aimais mes équipes et j'aimais les éléments de mes équipes. Et à partir du moment où les gens savent que vous les aimez, que vous prenez soin d'eux, que vous leur apportez, que vous les nourrissez, il y a cette relation humaine qui est plus forte, des valeurs qui sont plus fortes. et qui font que ce moment vécu dans le temps, il y a des souvenirs positifs, on va parler positivement. pas forcément du coach en tant que tel, mais de la structure qui m'a... Quand un salarié est capable de dire, moi j'ai passé une expérience dans une entreprise, on m'a donné ma chance, on m'a donné les moyens de me former, ça donne une image positive de la marque, de l'entreprise, et ça peut encourager par les échos des discussions des personnes à se dire, il y a des entreprises où on prend soin de ses salariés, et il y en a d'autres. Oui, des fois, on ne le fait pas.
- Speaker #1
Peut-être un peu moins. Mais quand on les accompagne et qu'on les forme, on les fait grandir. Et ça sert directement ou indirectement.
- Speaker #2
Il vaut mieux avoir quoi qu'il arrive. Quand on est dans un environnement, il y a le microcosme du sport, il y a le microcosme de l'agroalimentaire, il y a différents microcosmes. Mais quand on est dans un microcosme, on sait ce qui est bien, on sait ce qui se fait de bien, on sait ce qui ne se fait pas de bien. Après, on agit en sa conscience. mais voilà, je pense que... Quand on prend soin de ses équipes, de ses joueurs, dans tous les cas,
- Speaker #1
on rayonne.
- Speaker #2
On fait rayonner. On peut demander le meilleur aussi à partir de là. On a envie de donner aux gens qui vous donnent.
- Speaker #1
Pour conclure un peu sur ce thème-là, c'est la question du rythme, etc. Louis-Marie, je te poserai plus. On doit former combien de jours ? Est-ce que tu as quelque chose à glisser en conclusion ?
- Speaker #0
C'est une question qui m'a paraît difficile. Je pense qu'il faut s'adapter à chaque cas, à chaque situation d'entreprise. En tout cas, la responsabilité de la formation au sein d'une entreprise, dans le monde dans lequel on est, n'a jamais apparu aussi importante. J'ai envie de dire... Arrêtons de laisser dans les entreprises des budgets qui dorment. On n'en a jamais eu autant besoin. En tout cas, je ne peux pas répondre. Je donne simplement un exemple qui m'a beaucoup marqué. J'étais 10 ans dans un club APM, l'Association pour les progrès du management. C'était quelque chose qui m'a vraiment marqué parce qu'on avait des experts qui venaient parler d'une manière... tout à fait intéressante. Sur ces dix années, on avait à peu près une journée par mois de formation.
- Speaker #1
Pour vous, dirigeant, on est d'accord. On est bien sur les dirigeants.
- Speaker #0
Et jamais ça ne m'a pesé. J'ai toujours trouvé ça très riche, avec des niveaux d'intervenants divers et variés. Mais, en tout cas, j'en garde un excellent souvenir. Et je garde toujours dans mes archives personnelles, j'ai sélectionné les meilleurs que j'ai pu avoir. Et c'est particulièrement intéressant. Il y a un autre sujet qui, à mon avis, sur lequel il ne faut peut-être pas laisser passer les choses, c'est qu'on est rentré, à mon avis, dans un monde géopolitique et économique extrêmement mouvementé. Et je ne vois pas comment on peut laisser des... des salariés, qu'ils soient commerciaux ou, je dirais, en production, dans tout ce qu'on appelle le back-office, c'est-à-dire tous les services qui ont trop de supports, sans appréhender ces grandes questions géopolitiques qui ont des conséquences incroyables sur le fonctionnement des entreprises. Je dirais aujourd'hui, la situation des marchés agroalimentaires, et ils ne sont pas traités qu'en France. Ça commence par la bourse du blé à Chicago. C'est très facile ce que je viens de dire, mais je le dis quand même. La crise de l'œuf, elle a des conséquences terribles quand on fabrique de la pâtisserie et de la bière. Je veux dire, le prix du blé qui s'est effondré. Encore faut-il qu'on donne la possibilité à un moment donné de faire en sorte que dans les services des achats, on sorte et on explique. évidemment ça se fait pas toutes les semaines, il y a des mois, mais cette attention m'apparaît comme étant essentielle.
- Speaker #1
Il faut monter en compétence globale aussi, pas seulement vision globale des situations.
- Speaker #0
Et ça transforme également beaucoup tous les services supports dans leur manière de vivre leurs responsabilités, parce qu'elle est expliquée, leur travail. pour parler d'une entreprise ou d'une autre, site par site, où les services achats sont décentralisés avec des responsabilités offertes à chacun des sites. Allez expliquer ce qu'est cette responsabilité sur telle ou telle matière première. expliquer en quoi le contexte géopolitique ou économique européen ou mondial a des conséquences, ça rend les gens beaucoup plus intelligents.
- Speaker #1
C'est une première pédagogie.
- Speaker #0
C'est une première pédagogie d'adhésion également à l'entreprise. Et puis, c'est un moyen de faire grandir les gens. Et je suis sûr que le retour pour l'entreprise est bon.
- Speaker #1
C'est sûr. L'entreprise en profite. On est presque à la fin. C'est quoi votre souvenir en commun à tous les deux ? Parce que vous êtes fréquentés aujourd'hui, il y en a eu quelques-uns avant. C'est quoi votre souvenir en commun ?
- Speaker #0
Je pense que c'est peut-être la première fois que je discutais autant avec Jacques et toi, Jean-François. C'était au moment où on avait organisé... une soirée au Smatch en invitant le directeur du lycée Europe et le directeur de Sainte-Marie pour signer le contrat de formation. En gros, c'était déjà à l'époque, je ne sais pas si ça s'appelait comme ça, Sport Etudes. Oui, c'était le principe. Le principe qui était donné aux jeunes de pouvoir pratiquer le sport de leur rêve après avoir été choisi par... Jean-François et en même temps de travailler leur formation scolaire. J'avoue que j'ai été sensible, je m'en souviens très bien d'avoir été sensible au résultat que je n'entendais pas. J'étais très sensible également à tout ce que tu avais mis en place avec Jacques autour de l'aide aux devoirs le soir. Derrière l'effort sportif qui était donné, eh bien, Merci. On rappelle sans arrêt que ça, c'était un beau souvenir.
- Speaker #1
Il y avait autre chose que le basket, il y avait aussi un peu les études et la vie.
- Speaker #2
Ça fait partie des petites choses que je disais tout à l'heure, sur lesquelles on accordait beaucoup d'importance. Au-delà de la formation, c'était aussi tous ces petits à côté qui font que... Parce que des jeunes athlètes qui mènent un double projet... C'est loin d'être simple, parce qu'il faut réussir son parcours scolaire. Il y a les enjeux de la compétition et de la formation. Et les journées ne font que 24 heures pour eux aussi. Et la fatigue, les journées sont longues. Donc, ils ont besoin d'être accompagnés.
- Speaker #1
Tu formais des basketeurs et tu formais des hommes aussi. C'était pour le coup, puisque c'était un sujet de basket. Même si tu as formé des filles aussi. dans ta carrière. Et toi alors, le souvenir en commun à partager ?
- Speaker #2
J'en ai deux, on va dire qu'on en a parlé tout à l'heure. On était unanimes, Louis-Marie et moi, sur ce moment qu'on a vécu à la Meyret, quand Cholet Basket avait battu le Real de Madrid. Il y avait des choses, des émotions, de la vibration. La salle était pleine, archi pleine, et elle débordait de spectateurs. Et il y avait des grands joueurs aussi sur le terrain. Il y avait Petrovic, il y avait les frères Martins à l'époque, qui étaient un grand coach aussi, qui s'appelait Lolo Seins. Enfin voilà, et puis moi j'ai un autre...
- Speaker #1
Mais là c'était un souvenir en commun, 7 ou 8 000, un peu la meilleure des bordées.
- Speaker #2
Un souvenir plus intime, c'est inévitablement pour moi le jour où Louis-Marie qui... qui a fait ses deux années de présidence, c'est ça, et m'a demandé de prendre le relais d'Éric Girard, qui accédait au poste d'entraîneur de l'équipe professionnelle, et donc de prendre le relais d'Éric sur la gestion du centre de formation et de la gestion des camps d'été. Voilà, moi j'avais, bon, j'ai toujours été Choletais, je n'ai pas été un globetrotter entraîneur, et puis je... Je ne savais pas, quand j'ai signé cette première année, que j'allais passer 21 années dans la formation à Cholet. Je pense que, globalement, c'est souvent un passage pour des entraîneurs pour aller vers des ambitions qui sont plus élevées. Bon, moi, ça n'a jamais été ma vraie ambition. Ma vraie ambition, ça a été de construire et d'apporter le maximum à des générations. Je le remercie de m'avoir donné cet accès et d'avoir vécu 21 années merveilleuses dans cette posture-là.
- Speaker #1
Quelles questions tu auras envie, bien des années après, de poser à Louis-Marie ? On était encore au siècle précédent, quand tu as été nommé entraîneur des espoirs. Quelles questions tu as envie de poser à Louis-Marie ? Que vous avez-vous posé avant notre dernier échange ?
- Speaker #2
Alors moi, la question que j'avais à poser, c'est à Louis-Marie, parce que j'ai vécu dans ma vie des moments où il faut prendre des décisions qui peuvent avoir des conséquences importantes. Et je sais que quand il était jeune, donc avec ses frères, vous avez fait un choix fort qui a été de dire, quelle a été, je dirais, cette force qui vous a animé pour vous dire, on quitte, on pousse la porte de la boulangerie pour rentrer. Dans un monde qui est complètement différent, qui est le monde industriel, de l'agroalimentaire. Parce que c'était une petite porte devant une grande montagne, quelque part. Je ne sais pas si vous mesuriez la hauteur de la montagne, mais ça,
- Speaker #0
ça m'intrigue. Je n'ai jamais fait de business plan, sauf...
- Speaker #1
Mince, fermez les oreilles, les hommes. Il ne faut pas faire de business plan.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui nous poussait ? Très honnêtement, je pense qu'il y avait l'envie d'agir, d'entreprendre. Et cette envie, elle est née d'une éducation, elle est née d'un contexte particulier, le décès de mon père très jeune, puisqu'il avait 58 ans. la contrainte que il n'y avait pas d'autre solution il fallait qu'on se batte pour pouvoir se débrouiller et apprendre à gagner notre vie par nos propres moyens même en n'étant pas du tout préparé en plus de ça je pense qu'on a joué sur cet aspect cet aspect de conviction que nous avions une bonne recette de brioche qui nous avait été laissé pas par nos pères mais cette envie d'entreprendre C'est de faire quelque chose qui sorte de... Bah, on sortait de l'artisanat, non ? Mais, oui, quelque chose de nouveau. Oui, je pense qu'en tout cas, ça m'habitait.
- Speaker #1
Pousser les portes.
- Speaker #0
Et puis après, tu prends les décisions en essayant de ne pas faire trop de bêtises quand même. Parce que c'est un pourcentage non négligeable d'entreprises. disparaissent dans les cinq premières années. On n'avait pas d'argent, donc il a fallu se battre pour gagner de l'argent. Et on a gagné de l'argent. Je dirais qu'on n'avait pas le choix.
- Speaker #1
Il fallait avancer. Et toi, Léomarie, ta question à Jean-François ?
- Speaker #0
Ma question, c'est toi, Jean-François, qui a formé tant de jeunes. à ce sport professionnel, détecter et former ton jeune, quel est celui qui, mis à part l'aspect compétence technique, je pense qu'on n'a pas tous les jours un toit à traîner à toutes les portes, quel est celui qui, sur le plan humain, en particulier en relation avec sa famille, t'es le plus impressionné ?
- Speaker #2
je te dirais que tous ces garçons là ils avaient une force familiale importante voilà donc voilà c'est non mais je pense que voilà c'est déjà ça c'est hyper important après c'est ils ont tous... Ces six garçons que j'ai accompagnés, qui sont allés au plus haut, ils avaient des personnalités aussi un peu différentes. Ils avaient une forme d'humilité.
- Speaker #0
Et celui qui nous dit ? Celui,
- Speaker #2
c'est difficile, mais Rudy a une place forte. Je pense que Nando aussi, parce que dans la longévité. Voilà, ça m'est difficile un petit peu de les séparer ces deux garçons parce qu'ils ont eu des parcours pas faciles, ils n'ont pas été reconnus très rapidement en termes de sélection nationale française au niveau jeune et ils ont travaillé, ils ont cru en eux. ils ont voilà donc voilà je dirais que vraiment ça mais difficile de les démarquer mais Voilà, ces deux garçons qui, la valeur travail est hyper importante, la valeur exigence. La valeur remise en cause, je gagne un titre, je ne me satisfais pas, je reste ambitieux. Ils ont été construits familialement, je pense que je les ai confortés dans cette démarche-là. Et j'ai été surpris aussi de les voir grandir comme ils ont grandi. Moi je suis intervenu 5 ans, 6 ans sur leur parcours, mais ils ont côtoyé d'abord leur famille et puis d'autres personnes avant et après. Cette force qu'ils avaient en eux fait qu'il joue encore. Mando est un garçon particulier parce qu'il a 5 ans de plus que Rudy. Mais il est encore hyper performant à ce niveau-là.
- Speaker #1
Il vient de partir pour Fenerbahce à l'extrême haut niveau, ce qui est incroyable.
- Speaker #2
Il a toujours cette ambition de gagner. Je pense qu'ils peuvent gagner un grand titre encore. Rudy a toujours de l'ambition aussi. Mais pour moi, c'est ça, c'est cette capacité qu'ont ces deux athlètes à ne pas se satisfaire. Et s'ils sont toujours là, c'est qu'ils ont toujours cultivé cet art de l'ambition et de l'humilité aussi, et cette envie d'avancer.
- Speaker #1
Super. On est à la fin de notre super échange. C'est des vrais pépites que vous avez partagé avec nous cet après-midi pour les auditeurs des athlètes de l'entreprise. Alors, votre mot de la fin, soit une citation, votre mot général, de ce que vous avez envie de partager en conclusion du thème, qui était la formation et le croisement, comme on le fait souvent dans le podcast, entre, d'un côté l'entreprise, de l'autre côté le sport, ou les activités en général, d'ailleurs. Votre mot de la fin, ce serait quoi, Louis-Marie ?
- Speaker #0
La formation, c'est l'affaire de toute une vie.
- Speaker #2
Oui, je pense que c'est... Il ne faut pas hésiter des fois à sortir de ses habitudes. Il faut voir ouvrir des fenêtres qu'on n'a peut-être pas l'habitude. Parce que ce qu'on peut apprendre dans des champs complètement différents vont forcément avoir des incidences sur le champ dans lequel je vis. Donc voilà, il faut toujours rester à vivre de formation.
- Speaker #1
Je ne me rappelle plus exactement la phrase, mais elle matche bien avec ce que vous voulez dire. Je venais de dire, c'est Jeanne Moreau qui, dans une interview, dit « Le corps vieillit, mais l'esprit s'enrichit toute la vie. On progresse toute la vie, on apprend toute la vie. » Et celui qui pense savoir est sans doute celui qui n'avance plus. Et on apprend tous les jours.
- Speaker #2
Je crois que plus on sait, plus on s'aperçoit qu'on ne sait pas grand-chose. Et plus on s'enrichit, plus on s'aperçoit qu'il y a énormément de choses à apprendre. Et je crois que c'est sûr.
- Speaker #1
Super. Messieurs, un grand, grand, grand merci pour cette échange croisée qui était vraiment super. Et puis, merci pour tous ceux qui vont surtout écouter. Et je souhaite vraiment que ceux qui écouteront les athlètes de l'entreprise pourront se servir de ça aussi au quotidien. Et encore une fois, je suis comme ceux qui ont participé aujourd'hui, Jean-François et Louis-Marie, intimement convaincus que la formation est la clé aussi de la réussite personnelle et professionnelle. Investissez en formation et progressez dans votre quotidien et celui de les entreprises. A bientôt pour un prochain épisode.
- Speaker #2
Merci Gwen.
- Speaker #1
Merci.