- Speaker #0
Alors bonjour à toutes et tous, je suis Gwénaël Sinquin, dirigeant de Lodaël et créateur du Campus Club Formation, qui est un programme de formation et d'accompagnement dans les domaines des activités physiques et cérébrales, au service du développement personnel et professionnel. Alors le Campus sponsorise le podcast, les athlètes de l'entreprise. Je vous invite donc à vous abonner déjà à la newsletter du podcast pour recevoir en exclusivité toutes les personnalités, les invités qu'on a au fil de l'eau. Et bien sûr à noter ce podcast sur les plateformes préférées. Alors on a eu une chance énorme la dernière fois, c'est d'avoir deux invités dans le même podcast. C'était Louis-Marie Pasquier qui était un des frères fondateurs de Brioche Pasquier et de la marque Pitch, dont je parle assez souvent. et Jean-François Martin qui était entraîneur des esports de show et basket pendant plus de 20 ans et tous les deux ont parlé de la formation et ça tombe bien parce qu'on va aussi parler de formation aujourd'hui avec Christophe. Et donc aujourd'hui j'accueille dans ce podcast les athlètes de l'entreprise Christophe Inzirillo. Alors il vient, il a fait une longue route en plus pour nous rejoindre ici à Vannes, dans la salle de réunion où on se trouve juste à côté de mes bureaux. Et je l'accueille bien sûr avec un immense plaisir. Et Christophe a plusieurs casquettes. Alors j'ai mis consultant, chercheur, entrepreneur. Enfin, il va nous raconter tout ça. Et c'est une figure de référence à la croisée du sport de haut niveau, du management et de la transformation des entreprises, transformation culturelle en entreprise et la compagnie. accompagnement des entreprises. Bonjour Christophe.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue à Vannes. On va prendre le temps de manger à support avant que tu repartes vers Paris ou ailleurs. Et merci encore de ta présence. Alors, je te laisse te présenter en deux minutes. minutes en introduction et puis après le jeu des questions réponses pour les 45 minutes en gros qu'on va passer ensemble.
- Speaker #1
Parfait. Alors je suis Christophe Inzirillo, je suis né du côté du sud de la France.
- Speaker #0
Donc on ne dit pas Inzirillo, Inzirillo pardon.
- Speaker #1
Inzirillo en fait c'est italien, sicilien même.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc effectivement je suis né à Marseille Et tu connais le sport de prédilection, c'est plutôt le football. Et j'ai eu la chance de jouer pendant deux ans en semi-professionnel, c'est-à-dire aujourd'hui le niveau national.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et j'étais le seul étudiant de mon équipe, évidemment.
- Speaker #0
Donc c'était des pros ?
- Speaker #1
Alors il y avait la moitié de pros et la moitié de semi-pros. Et on a été bien sûr entraînés par des grands entraîneurs comme José Anigo, beaucoup de gens du Sud. qui sont aussi partis.
- Speaker #0
Et qui font partie prenante de l'OM. Voilà.
- Speaker #1
Donc, c'est vrai que c'était un petit peu l'antichambre de l'Olympique de Marseille à ce moment-là. Et donc, j'étais le seul étudiant, puisque j'étais, moi, à la faculté de pharmacie de Marseille.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, autant te dire que j'étais un petit peu décalé dès le départ, on va dire.
- Speaker #0
Le pharmacien joueur de football.
- Speaker #1
Voilà, ça faisait un petit peu... Voilà. C'était spécial, mais c'est ce qui a donné toute mon identité professionnelle. professionnel pendant 25 ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Puisque après avoir joué pendant deux ans, certains de mes collègues sont partis à l'OM, à Nîmes, etc. Et moi, j'ai intégré l'EM Lyon, l'école de management de Lyon. Et j'ai fait un doctorat en gestion des ressources humaines sur le développement personnel des managers. Ce n'a rien à voir avec le sport. Donc au départ, je suis un professeur plutôt de ressources humaines, de management des ressources humaines, plutôt axé sur le développement personnel, le coaching, etc. À cette époque-là, c'était assez nouveau.
- Speaker #0
C'était 25-30 ans,
- Speaker #1
surtout en termes de recherche. Et c'est ce qui m'a permis ensuite de travailler sur l'utilisation du sport comme matrice pédagogique pour accompagner des transformations managériales.
- Speaker #0
Donc, fini la pharmacie, si je comprends bien.
- Speaker #1
La pharmacie aura été un très très bon moment. Et d'ailleurs, je travaille énormément avec des ingénieurs aujourd'hui, et dans le domaine scientifique. Oui,
- Speaker #0
tu as gardé quand même cette culture-là du scientifique. C'est-à-dire, auquel sport et entreprise ça marche bien, mais on peut peut-être y aller de manière un peu plus profonde.
- Speaker #1
Exactement. C'est surtout mes clients qui sont dans le domaine de l'industrie beaucoup.
- Speaker #0
D'accord. OK, très bien. Donc, tu portes un beau T-shirt Heroic Consulting. C'est ton métier du moment. Alors, c'est quoi ton métier du moment ? Avant qu'on déforme, qu'on démarre toute la question.
- Speaker #1
Mon métier du moment, c'est le même depuis l'âge de 26 ans.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
C'est-à-dire que je me suis spécialisé dès le départ. dès la fin de mon doctorat sur l'utilisation du sport comme outil de transformation du management.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et bien sûr, au départ, ce n'était pas aussi élaboré que je dirais qu'aujourd'hui. Mais voilà, donc j'ai fait mes premiers séminaires à Clairefontaine à 27 ans. D'accord. OK. Et là, j'en ai... 55.
- Speaker #0
Un lieu un peu connu, c'est Clairefontaine, dans le football, qui était ta passion, bien sûr. Et à quel moment tu as réalisé justement que le sport t'avait forgé tes études, ta personnalité, on va dire, et puis cette partie-là qui maintenant te guide depuis 25 ans ?
- Speaker #1
Je crois que tout sportif, que ce soit de haut niveau ou praticien, amateur, etc., connaît intuitivement la force de l'activité sportive.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et quand on dit le sport, c'est l'école de la vie, tout le monde le sait. Par contre, en faire un métier, en faire quelque chose de transférable, comme tu fais aussi, c'est aussi ma raison d'être avec toi aujourd'hui, c'est un vrai travail. Et je m'en suis rendu compte, je dirais, dès le départ, puisque j'ai commencé à travailler, notamment sur cet ouvrage qui s'appelle l'intelligence sportive au service des managers. Et j'ai commencé à... intellectualiser, en fait, grâce à mon travail de recherche en ressources humaines, le domaine du monde du sport pour en faire des parallèles, de transfert entre le sport et le management.
- Speaker #0
De manière concrète.
- Speaker #1
De manière plus concrète et, on va dire, intellectuelle aussi.
- Speaker #0
Tu l'as dit tout de suite, mais ton doctorat a donc porté sur le développement personnel des managers. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire des recherches précises, d'ailleurs, sur ce sujet-là, du développement personnel des managers ?
- Speaker #1
Alors, il y a toujours des domaines inconscients et des domaines conscients.
- Speaker #0
Oui, oui. Des domaines conscients. OK.
- Speaker #1
Mais consciemment, en tout cas, le management, en général, m'a toujours intéressé, même si au départ, j'étais plutôt scientifique, parce que j'ai fait maths, sup, biologie avant de faire la faculté de pharmacie. Mais je me suis vite rendu compte que c'était plutôt les sciences humaines et sociales qui m'attiraient. et donc dans le monde de l'entreprise. elle s'incarne plutôt chez les managers et les dirigeants. Donc en fait, je me suis assez tôt rendu compte que c'était plutôt ma passion, le management, le management des ressources humaines, etc. Et donc le développement personnel, c'était un concept émergent à ce moment-là, d'ailleurs plutôt controversé à ce moment-là. Et donc j'ai essayé de lui donner une couleur qu'on a aujourd'hui, qui est assez... classique, on est professeur de développement personnel et leadership, les personnes se posent trop de questions. Parce qu'effectivement, ce que j'ai montré, c'est qu'il s'agissait tout simplement de développer des méthodes qui permettent de développer les soft skills pour les managers. Donc c'est extrêmement simple à dire comme ça. Par contre, à mettre en œuvre, à travailler, etc. Donc j'ai fait un grand travail sur... ma thèse sur trois grandes entreprises où j'ai interrogé à la fois des consultants, des managers, des managers de ressources humaines, des dirigeants, pour essayer de comprendre comment on pouvait créer des dynamiques de développement personnel des managers à l'intérieur de grands groupes. Et c'est ce que je fais aujourd'hui.
- Speaker #0
Ok, au travers d'Heroic Consulting. Donc, si tu as un truc que tu as découvert en particulier avec ça, si tu retiens de ton doctorat, de l'époque, etc. Est-ce qu'il y a une chose particulière que tu gardes ?
- Speaker #1
Alors, Il y a des milliers de choses. Il y a des milliers de choses. Déjà, mais je veux t'en dire... Milliers d'individus. Oui, des milliers. Et des milliers de choses, parce que c'est absolument comme... Toi, on a la même passion de l'utilisation du sport comme ressource pédagogique. C'est absolument infini et extrêmement dense.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
D'ailleurs, j'en profite pour dire que très souvent, quand je parle de mes collègues professeurs de sport de l'université, par exemple de l'UNIL ou... et que j'en parle à mes collègues de l'université, non pas de l'université mais de l'ESCP à Paris, parce que je suis senior fellow à l'ESCP, très souvent ils sont choqués de savoir qu'on a des docteurs, des thèses, des chercheurs extrêmement précis sur le mental sportif, sur la tactique, sur le management, etc. Et en fait, ce que je peux dire de ce que j'ai découvert, c'est que en faisant ma thèse... Moi, sur le développement personnel, j'ai utilisé la théorie de la structuration de Anthony Giddens, qui est un sociologue et qui a énormément travaillé pour comprendre comment les acteurs se développent à l'intérieur d'un système et créent ce système et le font perdurer. Donc, on travaille énormément les règles et les ressources. Donc, l'acteur tire sur ces deux éléments. Donc, ça, c'est plutôt de la sociologie du management. Et je dirais que c'est la... C'est ce que je retiendrai, s'il y avait une seule chose à retenir de mon travail de doctorat au départ, c'est l'utilisation de cadres théoriques. puissants qui permettent d'apporter une valeur ajoutée à nos managers dans les programmes de transformation, dans l'accompagnement. Donc pour moi, la théorie de la structuration a été très importante et ça fait écho au fait que du côté du monde du sport, il existe aussi énormément de connaissances, de savoir-faire, de théories. Et aujourd'hui, je suis un petit peu entre les deux mondes. Je viens plutôt du monde du management. Mes collègues sportifs et professeurs de sport, notamment de l'Uni, ils sont du côté du monde du sport et nous essayons de faire le maximum de transferts aussi au niveau théorique et contenu et articles de recherche. Donc en fait ce travail...
- Speaker #0
Cette passerelle un peu que tu essayes de...
- Speaker #1
Alors cette passerelle que tu utilises et que Jean-Pierre a énormément... Oui, Jean-Pierre Doly aussi,
- Speaker #0
qui écrit beaucoup sur l'entreprise. Voilà,
- Speaker #1
qui a... a initié énormément de choses d'ailleurs à l'ESCP aussi, ça existe aussi au niveau théorique, scientifique, article de recherche. Et donc en fait ces deux mondes, on essaye de les faire cohabiter et de s'inspirer, nous les consultants on va dire, de la recherche et inversement pour pouvoir apporter des choses concrètes et scientifiques.
- Speaker #0
Et ça légitime d'un autre côté aussi évidemment si on veut faire appel à la science sur ce champ-là.
- Speaker #1
Moi, je ne suis pas très positif sur la légitimation, mais par contre sur l'apport de contenu et la pertinence.
- Speaker #0
Et l'efficacité donc.
- Speaker #1
Voilà. Et l'efficacité pour l'efficacité. En fait, on essaye de trouver les éléments les plus percutants, impactants pour nos managers qui doivent se débrouiller un petit peu avec...
- Speaker #0
Qui ont besoin d'être robustes et ce n'est pas facile d'être robuste. Voilà,
- Speaker #1
tu les connais bien aussi.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors, tu as fondé plusieurs... On a parlé d'Eruic. Consulting, tu as fondé plusieurs structures comme Coribos également avant. Et donc, tu es entrepreneur, tu accompagnes des entrepreneurs et des entreprises, mais tu es aussi avant tout entrepreneur. Et c'est quoi les valeurs qui t'ont porté justement à la création de ces structures ?
- Speaker #1
Alors, moi, je ne suis pas un entrepreneur pour être un entrepreneur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
ça ne m'intéresse pas du tout d'être entrepreneur en soi. Parce que j'ai beaucoup d'amis qui sont entrepreneurs,
- Speaker #0
qui changent de discipline, etc.
- Speaker #1
Et ça,
- Speaker #0
ils adorent ça. C'est leur carburant.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Alors, moi, je suis un entrepreneur pour une espèce de cause. Il y a le transfert sport et management. C'est-à-dire, tout ce que j'ai fait à la fois, d'ailleurs, en tant qu'entrepreneur et aussi professeur, enseignant et chercheur, c'est pour une passion. que je me suis découvert comme beaucoup de monde. Et d'ailleurs, on essaie de fédérer au maximum un petit peu comme ce que tu fais dans ton podcast. Et donc, je suis un entrepreneur. C'est un outil pour moi de développement de ces connaissances, de ces savoir-faire et de cette vision d'accompagnement des entreprises. Je pense que je ne serai absolument pas du tout un entrepreneur de quoi que ce soit d'autre.
- Speaker #0
D'accord. C'est ta vocation.
- Speaker #1
Voilà, on va dire ça. En fait, c'est un outil. Parce qu'aujourd'hui, effectivement, si on n'a pas cet outil-là, en restant que, par exemple, dans le monde scientifique ou universitaire ou école de commerce ou en freelance, on a moins de possibilités de capter, de présenter une méthode, etc., et d'emporter l'adhésion aussi de personnes qui, au départ, se disent « qu'est-ce que c'est que ce truc de transfert sport et management ? » Même s'il y a beaucoup de speakers. Oui,
- Speaker #0
de conférences. Tout le monde en parle. Mais après, entre en parler, mettre des choses en place, trouver des leviers, c'est encore autre chose. Mais tu connais bien le sujet.
- Speaker #1
On connaît bien le sujet.
- Speaker #0
Donc en 25 ans d'accompagnement d'entreprise, quel est le moment ou la rencontre qui t'a le plus marqué ? Tu as parlé de ton début professionnel, à la fois sportif à Marseille, puisque tu es de là-bas. Et voilà, est-ce qu'il y a... Quelqu'un ou une rencontre qui a changé ta vision du management ?
- Speaker #1
Le président de Bouygues Construction. Pourquoi ? Parce que, pour te dire la vérité, on a travaillé pendant 8 ans sur le développement du management des règles de sécurité au travers du sport et au travers du rugby. Donc ça c'est un peu mon travail de recherche qui a abouti à l'utilisation. de la matière sportive et surtout de l'utilisation des règles et de la discipline dans le monde du sport tel qu'elle est réfléchie, pour le transférer à des chefs de chantier. Et donc on parle de personnes qui ne veulent pas s'asseoir plus d'une heure sur une table. table et de ne surtout pas écouter des consultants.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
il nous avait interrogés au départ et très sincèrement, notre président ne voulait pas trop entendre parler de cette méthode un peu bizarre.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
il est venu une fois à Marcoussis, on a présenté, on a fait les ateliers. et concrets, puisqu'il y a des ateliers concrets en salle et sur le terrain, comme tu connais bien. Et donc, à ce moment-là, il s'est dit, ça va parler à mes chefs de chantier. Et donc, ce que moi, j'ai appris de lui, c'est que pendant une trentaine de séminaires, on a travaillé pendant huit ans avec le groupe Bouygues Construction, pour modifier la culture de la sécurité, la culture de la prévention, l'utilisation des règles de façon conviviale. et positive au sein de la production des chantiers.
- Speaker #0
Avec un risque énorme, enfin quand on est sur les chantiers, il y a du risque. Il y a du risque,
- Speaker #1
ça c'est clair, ça c'est sûr. Et d'ailleurs, c'est ça aussi qui est intéressant dans notre travail de transformation culturelle, de recherche, etc., c'est qu'on a le résultat. C'est-à-dire que si on travaille bien, les indicateurs sont là pour nous montrer qu'à la fois les résultats mais aussi des indicateurs en amont, parce que les ingénieurs sécurité aussi tracent un certain nombre de choses sur le nombre de remontées d'accidents, de pressés d'accidents, etc. Donc, il voit la réalité de ce que les changements de comportement individuels et collectifs se font. Ce que j'ai appris de lui, que j'enseigne à chaque fois à tous les autres directeurs, c'est qu'il est venu pour les 30 séminaires, tous les matins, 15 minutes. Il regardait les chefs de chantier dans les yeux. Il leur disait, je veux des séminaires avec Christophe et son équipe, etc. sur le sport et le management. Mais c'est vous. Je vous... attend et je ne vais pas former le management intermédiaire. Parce que je sais que tout se passe sur le terrain. Et là, vous avez fait une pédagogie avec le sport, les règles, etc. C'est parce que on sait que vous n'aimez pas trop regarder des slides, etc. Et que vous allez comprendre ce que l'on essaie de vous faire comprendre jusqu'à maintenant. Et ça, pour moi, ça a été un grand apprentissage. Parce qu'effectivement, nous, en tant que consultant, coach, chercheur, on est un un soft power. On est là pour influencer, faire en sorte que, maximiser les séminaires pour que les gens se souviennent, changent les comportements individuels et collectifs. Mais quand il y a le président qui vient et qui passe 15 minutes, il repart avec sa voiture.
- Speaker #0
Entre quatre yeux, avec ses chefs de chantier.
- Speaker #1
Il repart dans sa voiture, au bureau, près au siège, c'était Marcoussi. Et il leur a expliqué le sens de ce que ça signifiait, pourquoi ils étaient là. Bien sûr que pour nous, le soft power, les consultants, les formateurs etc. c'est plus facile et ça donne énormément et donc aujourd'hui quand je travaille avec d'autres entreprises par exemple aujourd'hui je travaille avec une entreprise qui s'appelle AGC Glass qui travaille en Europe sur tout ce qui est les vitres les vitrages automobiles j'enseigne en permanence à mes directeurs de s'inspirer de la méthode Bouygues pour savoir parler au moins 15 minutes. minutes à chaque séminaire et de récupérer ce qu'ils disent parce que le changement de comportement dans le domaine de la sécurité mais dans les autres domaines il passe quand même par un ensemble de choses et notamment quand même l'implication de la direction tout à fait c'est
- Speaker #0
la première pierre parce que les consultants pourront faire ce qu'ils veulent s'il n'y a pas le patron qui est engagé avec sur le chemin de la sécurité pour l'exemple que tu donnes évidemment et surtout avec des enjeux évidemment qui sont importants sur les chantiers du bâtiment que je connais un peu aussi Alors tu... ça fait plus de 25 ans, j'ai la date de 97 en tête, mais quelque chose d'essentiel pour toi, porter au monde de l'entreprise. Ce n'était pas évident à l'époque. Tu l'as évoqué tout à l'heure, sport d'entreprise, développement personnel, il y a 25-30 ans.
- Speaker #1
J'ai eu la chance de faire quelque chose d'innovant. Après, ça, c'est ma personnalité. J'aime bien l'innovation. Mais je m'en suis rendu compte en commençant, en étant aussi chercheur, etc. Mais oui, c'était innovant. C'était un petit peu en avance par rapport au temps. Je me souviens d'ailleurs que le premier directeur de Clairefontaine m'a dit, quand je suis arrivé à 27 ans, il m'a dit, je veux bien, parce que tu es du Serail, tu es un footballeur, tu vas faire des formations, je te demande une chose. tu viendras quand tu veux, tu seras toujours le bienvenu, tu fais des choses de très haute qualité. Et ça, c'est encore une autre chose qui m'a marqué, parce que ça nous a aussi donné cette idée que dans le monde du management de l'entreprise, de très grandes entreprises et du sport, on a cette exigence de performance. Et c'est ce qui m'a aussi amené, entre guillemets, dès le départ, à essayer de faire de notre mieux, puisqu'après, bien sûr, en été aussi une... Et on est toujours une équipe.
- Speaker #0
Tout à fait. L'excellence, c'est aussi le sport. C'est le sport de haut niveau.
- Speaker #1
C'est le haut niveau en général. Oui, oui.
- Speaker #0
Dans le sport et en dehors. Dans le haut niveau,
- Speaker #1
quel qu'il soit. Que ce soit mathématiques.
- Speaker #0
scientifique,
- Speaker #1
opérationnel, artistique,
- Speaker #0
etc.
- Speaker #1
Donc après, effectivement, moi je milite pour que le sport soit le leader de l'utilisation de ce qu'on appelle les détours pédagogiques, mais c'est parce que c'est culturel et que c'est une des plus grandes cultures que l'on ait dans les sociétés modernes, simplement.
- Speaker #0
Une autre question, tu as parlé d'une très grande entreprise qui est WIG, donc tu arrives souvent dans les grandes entreprises quand tu prends contact pour proposer tes services. Comment tu... tu expliques à des dirigeants qui peuvent être parfois sceptiques. Le sport, déjà, ça ne parle pas à tout le monde. Comment ça va pouvoir me servir ? Comment tu arrives à les sensibiliser à ce qu'ils se disent, tiens, ils vont emmener mes managers sur le terrain, de sport, de basket, de rugby, peu importe le terrain que tu choisis pour le faire. Ce n'est pas le sport en tant que tel qui est important, c'est ce qu'on va vivre sur le terrain qui est important. Comment tu arrives à mobiliser ? Les scrims ?
- Speaker #1
Alors, vraiment, pas du tout. Donc, c'est bien utiliser les ressources pédagogiques pédagogiques de l'univers d'une entreprise, qu'elles soient artistiques, qu'elles soient de consulting. C'est plus, je dirais, ce serait plus dans ce sens-là. C'est d'avoir aussi en interne des grandes entreprises, des experts qui savent bien connaître les experts du monde du sport et management et utiliser à bon escient, sur les bons projets, les ressources du monde du sport. Donc ça, c'est déjà un point important. Je ne pense pas du tout que ce soit une solution à tout. Ensuite, plus on l'utilise bien, plus on connaît le marché, les consultants, la manière de faire, plus on va utiliser au bon moment, à bon escient, les ressources. Moi, je trouve que ce sont les sponsors du monde du sport qui devraient montrer l'exemple. Tout simplement. Et c'est ce qui est passé par exemple avec Orange. Pendant cinq années, on a utilisé tous les partenariats sportifs au maximum de ce qu'on pouvait faire.
- Speaker #0
Au-delà de marquer la marque Orange sur le maillot, c'est justement une vraie collaboration avec l'entreprise pour faire monter en compétence les managers.
- Speaker #1
Donc on avait appelé ça des campus Orange avec un directeur du campus qui est extraordinaire et qui a su mettre à contribution les investissements. déjà réalisé par son entreprise, mais de façon spécifique, au bon moment, au bon endroit. Et après, bien sûr, utiliser les consultants et la formation des consultants pour ça. Donc, moi, je pense que l'avenir, c'est que les entreprises sponsors du monde du sport montrent aux autres entreprises, qui ne sont pas forcément sponsors au départ, dont Bouygues n'a pas été un grand sponsor au moment où on avait travaillé du sport, mais peuvent montrer, démontrer Merci. Comment bien l'utiliser et de façon la plus percutante possible, avec le plus d'impact pour pouvoir générer de la valeur pour les entreprises et accompagner les transformations.
- Speaker #0
Super. On est quasi à la fin.
- Speaker #1
C'est pas le timing, c'est pas l'arbitre.
- Speaker #0
Alors, est-ce qu'il y a un sujet, un champ qu'on n'aurait pas exploré dans notre échange ? On va faire une heure, je pense. Est-ce qu'il y a un champ dont on n'a pas parlé que tu souhaiterais aborder ? quasi en conclusion, après je te demanderai ton mantra ou ta citation, alors les deux peuvent être liés mais voilà pour terminer avant les rapides questions pile ou face ce que simplement je peux te dire,
- Speaker #1
je pense qu'on est au début de l'utilisation du sport comme matrice pédagogique, je pense je dis souvent on est à 25% de notre potentiel parce que je t'ai donné quelques thèmes où il y a des spécialistes et demain encore plus, mais je pense que le spectre Hum hum. d'utilisation du monde de sport est plus élaboré que ça. Il est encore plus différencié dans le management de la sécurité, dans le management global, le leadership, les types de leadership, les types d'offensivité commerciale, le mental, le mental de ceux-ci, etc. Et voilà. Donc je dirais que ce qui est génial pour quelqu'un comme moi et comme toi qui adorent ce domaine-là, c'est que... Il y a encore beaucoup de travail, à la fois en profondeur et en largeur, sur l'utilisation de ce transfert. Et même la légitimité, parce qu'aujourd'hui, je ne peux pas dire, et d'ailleurs ton podcast en est un exemple, que c'est acquis.
- Speaker #0
Pour moi, ce n'est pas acquis. Ce n'est pas acquis. Du tout. Il ne reste du pain sur la planche.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
OK. Bon, merci Christophe. Alors, quelques questions dites pile ou face. Alors, je ne sais pas, je les cache là, mes questions. Ah oui,
- Speaker #1
tu ne m'as pas donné les questions. Ah non, je ne t'ai pas donné les questions. Je vais regarder.
- Speaker #0
La première que je te poserai, c'est terrain de sport ou salle de réunion ?
- Speaker #1
C'est sûr que c'est terrain de sport.
- Speaker #0
C'est terrain de sport. C'est ça qu'il faut.
- Speaker #1
Il faut que je réponde oui ou non. C'est le point. Ah oui, oui, oui, non.
- Speaker #0
Et puis un petit commentaire. Un petit commentaire avec. Mais bon, les quelques minutes déjà qu'on a passées donnent déjà la réponse.
- Speaker #1
Voilà, c'est pas la peine.
- Speaker #0
Talon ou entraînement ?
- Speaker #1
Les deux. Les deux.
- Speaker #0
Pour le coup... C'est le seul joker que tu as. J'ai un seul joker ? Tu l'as dit, c'est ton joker.
- Speaker #1
Oui, mais alors, il faut faire attention aux questions.
- Speaker #0
C'est clair. Talents ou entraînement, les deux ? Pourquoi les deux ?
- Speaker #1
Au niveau, en tout cas, il faut bien recruter les bons talents et travailler énormément. On ne peut pas faire ni l'un ni l'autre, c'est impossible.
- Speaker #0
C'est les deux ensemble.
- Speaker #1
Ça ne peut pas marcher.
- Speaker #0
Manager ou coach ?
- Speaker #1
Alors je dirais manager parce que je déteste ce terme de coach. Pourquoi ? C'est juste parce que c'est la mode et qu'en fait comme on l'utilise un peu n'importe comment, on ne sait plus de quoi on parle.
- Speaker #0
A toutes les sauces.
- Speaker #1
au moins manager on sait que c'est quelqu'un qui est responsable d'une équipe t'as raison et voilà après est-ce qu'on est un manager coach est-ce que le coach c'est l'entraîneur est-ce que c'est l'entraîneur c'est le coach général etc avis aux experts ok Et chacun aura sa réponse.
- Speaker #0
Sa vision de la situation. Alors, je rebondis un petit peu sur ce que tu as dit, mais capitaine sur le terrain ou entraîneur sur le bord du banc ?
- Speaker #1
Alors, s'il faut choisir, je préfère un capitaine comme bon entraîneur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pourquoi ? Parce que c'est mon expérience. J'ai vu aussi des entraîneurs moyens qui réussissaient très bien parce qu'ils avaient choisi le bon capitaine. Ce capitaine, il avait bien sûr intériorisé quelques savoir-faire d'autres entraîneurs avant et savait comment impulser de la performance. Donc si on a à choisir, entre guillemets, si c'est possible.
- Speaker #0
Sprint ou marathon ?
- Speaker #1
Marathon, ça c'est sûr. Pourquoi ? Parce que le changement culturel, c'est un marathon. Par exemple, on a travaillé avec Arcelor Mittal qui, à Fos-sur-Mer, a formé plus de 600 managers avec 6 consultants avec le basket, avec Fos Provence Basket. Donc on était un module de deux ans intégré dans un module global de dix ans.
- Speaker #0
Ok, vous y êtes parti. C'est un marathon, on est sur le marathon, je te confirme. Déjà ça calme, deux ans,
- Speaker #1
trois ans déjà pour nous. et ça veut dire qu'on est parti si on travaille sur le long terme on est presque sur l'ultra on n'est même plus au marathon,
- Speaker #0
on est à l'ultra il y a un ultra ici, tu sais, qui est l'ultra marin qui est assez célèbre en France, qui fait 172 km donc je t'invite, moi je fais le tour de l'île d'Arz 10 km demain mais moi aussi je le fais le tour de l'île d'Arz mais pas l'ultra pour le coup un grand merci Christophe pour cet échange à Vannes, sous le soleil, pour tout ce qu'on a pu évoquer sur l'entreprise, le sport, le management, le management de la sécurité en particulier que tu mets en œuvre sur plein de terrains de sport différents. Bravo pour toute cette expérience partagée et je remercie tous les auditeurs d'avoir pris ce moment d'écoute avec nous et je vous invite, vous les auditeurs, à vous abonner à la newsletter. Du podcast Les athlètes de l'entreprise pour recevoir en exclusivité les futurs invités. Et je vous invite bien sûr à noter ça sur votre plateforme préférée, que ce soit sur Apple, Deezer, Amazon ou les autres. Je vous dis à bientôt au prochain épisode.