- Isabelle Wagner
Vert est la couleur du jour, puisque nous sommes à la campagne. Bonjour, nous aimons les bons repas, vous et moi évidemment. Alors refaire le monde en mangeant de bons produits, de préférence locaux, au bon goût d'ici, c'est plutôt pas mal. Alors pour aller faire les courses en maîtrisant son temps et ses choix en connexion avec l'agriculture de chez nous, je vous propose de vous rapprocher d'un jeune agriculteur, il est passionné d'élevage, engagé dans son métier, il est berger. C'est Vincent Larue, à Loupiac de La Réole. dans le sud du département, juste là aussi sur le marché de l'Aréole, où nous nous sommes rencontrés. Vincent, bonjour.
- Vincent Larrue
Bonjour.
- Isabelle Wagner
Vous êtes éleveur de brebis, un métier qui s'est imposé naturellement à vous. Et on va voir d'ailleurs votre parcours dans quelques minutes. Mais avant ça, Vincent Larue, présentez-nous votre exploitation.
- Vincent Larrue
On a 350 brebis. On a des brebis laitières et des brebis viandes. Les brebis laitières, c'est pour nous faire du fromage, qu'on transforme et qu'on vend sur les marchés. Et la viande, c'est pour... et pour l'été. Les agneaux de Pâques et pour les agneaux d'été. Donc nous avons tout au pâturage.
- Isabelle Wagner
Combien de brebis avez-vous actuellement dans votre troupeau ?
- Vincent Larrue
350 en tout. On va monter petit à petit.
- Isabelle Wagner
Est-ce qu'on peut dire que c'est beaucoup ?
- Vincent Larrue
Non, c'est un troupeau moyen on va dire.
- Isabelle Wagner
Quand vous dites que c'est un troupeau moyen, est-ce que vous avez le temps de leur dire bonjour à toutes ou est-ce que c'est vraiment un travail global ?
- Vincent Larrue
Ah non pas du tout, parce qu'en plus on est très morcelé donc on a plusieurs. à plusieurs endroits. C'est un troupeau moyen parce que pour en vivre il en faudrait un peu plus.
- Isabelle Wagner
Ok donc ça on va y revenir parce que pour y vivre c'est pas tomber dans l'oreille d'un sourd comme on dit et toutes les personnes qui écoutent disent ah tiens pourquoi on va y revenir dans quelques instants. Quelle race élevez-vous et pourquoi ce choix ?
- Vincent Larrue
En brebis de thiers nous sommes partis sur les manèges tétanois, celles du Pays Basque parce que nous on travaille exclusivement à l'herbe tout en plein air. plus ou moins un peu d'herbe et c'est une race de brebis qui est rustique, qui vit dehors pratiquement toute l'année et qui peut nous faire du lait avec de l'herbe de qualité qu'on arrive à faire pousser et du coup du bon fromage. Et après les brebis viande, c'est un mix un peu de tout parce qu'on a des brebis qu'on laisse en bergerie pour faire de l'agneau de Pâques, des agneaux de lait. Les brebis ont annulé en novembre-décembre pour cette année, pour Pâques. Et après, on a un deuxième lot de brebis. C'est des brebis plus races anglaises, on va dire. Des brebis plus rustiques qui restent dehors toute l'année. Et elles, elles annulent en ce moment au printemps. On est en plein annulage, le dernier annulage de notre élevage. Pour cela, ce sera des agneaux pour l'été. Parce que nous, l'été, on a un food truck où on valorise nos agneaux.
- Isabelle Wagner
C'est une super idée. Ça fait combien de temps que vous êtes installé ?
- Vincent Larrue
Moi, ça va faire 12 ans. Oui, 12 ans que je suis installé. J'ai démarré avec deux brebis. Et je suis sorti avec le lycée agricole. J'ai démarré et je suis monté petit à petit. J'étais double actif jusqu'à il y a deux ans. Et j'avais travaillé chez les agriculteurs, plus en plus mon exploitation. Et quand j'ai attaqué les brebis laitières, je ne pouvais plus tout faire. Donc j'arrive à travailler ailleurs. Je ne me concentre plus qu'à ça.
- Isabelle Wagner
Le lycée agricole, on peut le saluer, c'était lequel ?
- Vincent Larrue
Le lycée Abassas.
- Isabelle Wagner
Tavi, ici dans le sud d'Hironde, nous sommes sur le marché de La Réole pour cette rencontre avec l'élevage des brebis de Vincent Larue, avec deux R, à Loupiac de La Réole. Vincent Larue, votre journée type habituelle, comment se déroule-t-elle ?
- Vincent Larrue
La première partie de l'année, on démarre par les annulages des brebis viande.
- Isabelle Wagner
C'est une journée type ?
- Vincent Larrue
Oui, actuellement, non, c'est la traite. Je me lave, je tire les brebis, je déjeune et après je pars au labo. En transformation, je transforme le lait aussitôt trait. Je suis en monotraite par contre. C'est un choix qu'on a voulu, comme ça on n'a pas besoin de tank. On transforme le lait aussitôt que les brebis nous donnent le lait. Une traite par jour. C'est pour ça qu'on a des brebis aussi rustiques, qui font moins de lait qu'une grosse laitière, mais du lait de qualité aussi. Après je m'en vais au deuxième lot, aux viandes, je soigne les agneaux. jusqu'à Pâques et je lâche les brebis dehors, je laisse les agneaux dedans, je lâche les brebis et après je reviens, il y a toujours des occupations à faire et après vers midi je lâche les laitières dehors et les laitières on les re-rentre vers 5 heures le soir et après je m'en vais fermer le lot des brebis avec les agneaux de Pâques et les agneaux vont têter, je soigne les agneaux et je soigne les mères aussi.
- Isabelle Wagner
C'est bien rythmé comme journée. Pourquoi la période avant Pâques est-elle si importante pour vous et les éleveurs au vin ?
- Vincent Larrue
Parce que Pâques c'est une tradition en France, on mange de l'agneau. Donc nous c'est un gros boulot en amont parce que Pâques cette année, on l'a préparé l'année dernière en quelque sorte. Déjà ça avance, donc on essaye de préparer les agneaux au mieux. Une brebis ça porte 5 mois, donc il faut mettre les béliers 5 mois avant et après il faut les garder 3-4 mois à grandir les agneaux donc il y a tout un calcul à faire. L'agneulage c'est ça ? Oui voilà l'agneulage pour être dans le bon timing, pour avoir des beaux agneaux conformés, pas trop petits, pas trop gros.
- Isabelle Wagner
Donc vous préparez cette période dans votre élevage depuis combien de temps ? Si on doit donner un timing ? Ça fait 5, 6,
- Vincent Larrue
8 ans. 8-9 mois à l'avance, même 10 mois à l'avance parce qu'on prépare les béliers un peu avant, après on met les béliers, ils font leur travail, et après le fruit de leur travail fait qu'on a des agneaux 5 mois après, et après c'est à nous de les élever le mieux possible comme on peut, et 3-4 mois, 5 mois maximum, ils sont consommables.
- Isabelle Wagner
C'est pas trop difficile ça de passer à l'abattage de ces agneaux qui sont tellement mignons ? Merci. auquel vous vous attachez, j'en suis sûre Vincent, je vois bien votre beau-jou qui rougit ça. C'est pas trop difficile, ça comment vous le faites ? On va dire,
- Vincent Larrue
pour moi ça ne me dérange pas, parce que, enfin, c'est pas que ça ne me dérange pas, on travaille pour ça, ça fait partie de notre métier, on élève, on fait naître, et puis au bout d'un moment, il faut bien qu'on mange nous aussi, donc on a besoin d'un peu d'argent, donc on est bien obligé de passer par là, c'est l'élevage qui fait ça, c'est comme ça après.
- Isabelle Wagner
Chocolat, oeufs, volailles ou agneaux, ce sont des gourmandises et des plats de Pâques. Vincent Larrue, est-ce que la demande en agneaux augmente vraiment avant Pâques, vous qui êtes berger ?
- Vincent Larrue
Oui, on a une grosse demande d'agneaux. Le problème, c'est qu'on ne nous demande que des gigots, des fois, donc c'est un peu compliqué en vente directe d'arriver à tout vendre. Mais on arrive à dire aux gens, voilà, au lendemain, on n'a plus de gigots, il faut manger des épaules ou des carrés d'agneaux, c'est aussi bon que le gigot. Et après, oui, on a une grosse demande à Pâques, exclusivement pour Pâques.
- Isabelle Wagner
Est-ce que ça peut rattraper ce qu'on perd au courant de l'année ? Au niveau financier, je parle.
- Vincent Larrue
Oui et non, pas forcément, parce que nous, on est en vente directe et on vend le prix de l'agneau toute l'année, les mêmes prix. Après, le cours de l'agneau explose à Pâques, mais bon, nous... Mais pas chez vous. Pas chez nous, nous, on est au même prix tout le long de l'année.
- Isabelle Wagner
On peut savoir à quel prix vous proposez votre agneau ?
- Vincent Larrue
Nous on vend l'agneau à 17 euros le kilo, emballé sous vide, et il n'y a plus qu'à le mettre au congélateur ou le manger.
- Isabelle Wagner
D'accord, qu'est-ce qu'ils cherchent aujourd'hui les consommateurs particulièrement ? Est-ce qu'ils recherchent le prix, la qualité, l'origine locale ?
- Vincent Larrue
Ils cherchent la qualité, l'origine aussi, ils sont contents des déjeuns on va dire plus ou moins. Et après le prix, il y en a qui vont acheter un agneau pour l'année et ils vont faire qu'avec ça. Quand t'as pas forcément le budget de manger de l'agneau tout le temps, il y en a qui se privent pour pouvoir manger ça comme une autre viande chez des producteurs en direct.
- Isabelle Wagner
Tes clients viennent d'où ? Parce que les clients viennent du local je suppose, après des rencontres et des discussions animées sur les marchés. Est-ce qu'ils viennent de plus loin par exemple ? Est-ce qu'ils viennent de Bordeaux, de la métropole ?
- Vincent Larrue
Oui, ça arrive. On faisait un marché avant à Bordeaux, donc on a quelques clients sur Bordeaux. Après, c'est du bouche à oreille. L'été, nous, on fait déguster notre viande avec notre food truck. Donc du coup, les gens trouvent la viande bonne parce que les gens ont une mauvaise image de l'agneau. L'agneau, c'est fort. Sauf qu'un agneau et un mouton, ce n'est pas la même chose. Un agneau de 4-5 mois, ce n'est pas fort. Un mouton, c'est plus 8-10 mois. Là, il recommence à être un peu fort, mais ça dépend des bêtes après. et en faisant goûter la viande, les gens trouvent bon et ils reviennent. On a quelques clients qui commencent à revenir pour Pâques petit à petit.
- Isabelle Wagner
Alors vous parlez de la vente directe Vincent Larue, mais on pourrait aussi supposer que les bouchers, les restaurateurs, les chefs cuisiniers viennent s'adresser à vous pour acheter votre agneau.
- Vincent Larrue
Oui tout à fait, on a déjà un boucher, on travaille déjà avec un boucher qui est intéressé par notre agneau, donc on lui en fournit tant qu'on pourra, parce qu'on n'en a pas toute l'année, tu sais je ne peux pas avoir trop de brebis non plus, donc c'est compliqué. Merci. Et après, oui, si je peux satisfaire quelques clients en plus, je le fais.
- Isabelle Wagner
Oui, on sent bien que vous êtes un peu serré au niveau économique. Donc, on espère vraiment que cette émission va vous donner un peu plus d'ailes et d'aisance. De l'herbe sous les semelles et le bon air du Sud-Gironde, c'est ce qu'on vous offre aujourd'hui. Avec au loin les brebis, on reste encore un petit peu avec vous. Sur le marché de la réole et puis un peu aussi à Loupiac, puisque c'est là que vous êtes installé, Vincent Larue, le métier d'éleveur. C'est 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 pour ce berger Vincent Larue, qui est l'un de ses éleveurs à Loupiac de la Réole. C'est un métier prenant, passionnant, où chaque journée ressemble à un défi. Vincent, vous êtes fils d'agriculteur, vous avez choisi vous aussi de travailler dans le milieu agricole, vous nous l'avez dit il y a quelques minutes, et malgré les difficultés connues et reconnues aujourd'hui par les consommateurs, dont on parle beaucoup, pourquoi vous avez choisi ce métier ?
- Vincent Larrue
Je suis agriculteur, ça fait plusieurs générations. Je ne me voyais pas faire autre chose que ça. J'aime les animaux, donc j'étais parti plus sur des vaches. J'ai découvert le mouton au lycée agricole et du coup je suis parti plus sur la brebis maintenant. Et moi j'aime les bêtes, donc je fais ça par plaisir, par passion. Je ne le fais pas pour gagner de l'argent parce que je sais qu'on n'en gagnera jamais. Et c'est par passion et par plaisir. Il faut aimer ce qu'on fait parce que si tu n'aimes pas ce que tu fais, ce n'est pas la peine. Parce qu'il y a des moments difficiles. Plus ou moins, on fait des heures à ne pas compter. Et après, c'est la passion qui passe devant tout.
- Isabelle Wagner
C'est quoi particulièrement les moments difficiles, Vincent ?
- Vincent Larrue
Sur des mauvais annulages, on va dire. Il y a des journées plus ou moins longues, mais bon, il faut le faire. Après, ça dépend des moments de la fin de la vie. Il y a des moments où on est un peu mou, donc c'est compliqué. Mais bon, il faut y aller. Les bêtes, elles ont besoin de toi. Ou des animaux, il faut aller leur mettre un peu plus d'herbe. Parce que nous, on travaille tout à l'herbe. Donc on est sans cesse en train de les déplacer. Et après, il y a du répondant parce qu'il nous donne quand même le fruit de ce qu'on fait.
- Isabelle Wagner
J'imagine qu'il faut savoir gérer les stocks d'herbe aussi. Parce que c'est bien d'aller brouter l'herbe sur le terrain. Mais quand il y a des intempéries assez fortes, des tempêtes ou beaucoup de pluie, comment ça se passe dans ces cas-là ?
- Vincent Larrue
C'est compliqué parce qu'on ne dort pas forcément tranquille, on va dire. Les brebis sont dehors, mais le berger n'est pas tranquille. Quand il y a du vent, c'est aussi compliqué parce qu'on est tout au filet. Et des fois, ça couche et le lendemain, ils sont dehors et ils sont échappés. Donc, c'est des choses qui arrivent. On le sait inconsciemment, c'est comme ça.
- Isabelle Wagner
Bon, et l'avenir proche, comment tu vois ça ?
- Vincent Larrue
et je vois plus ça va je veux dire on y arrive petit à petit c'est compliqué et j'ai espoir donc peut-être qu'on n'y arrivera pas du tout peut-être que voilà on y arrivera mais le but c'est fait on y arrive enfin on commence à y arriver petit à petit avec la vente directe et tout donc j'ai on a espoir d'avancer un peu plus dans le monde un peu de brebis voilà
- Isabelle Wagner
Et puis il y a aussi la passion de l'élevage, de toute façon on le ressent bien dans cette conversation.
- Vincent Larrue
On ne devient pas agriculteur du jour au lendemain. Éleveur, c'est dans l'âme où tu l'as ou tu ne l'as pas.
- Isabelle Wagner
C'est bien aussi d'être soutenu par sa femme. Oui,
- Vincent Larrue
tout à fait. Parce qu'il y a des moments difficiles. Des fois quand on est deux, ça t'aide, elle te pousse. Et quand c'est l'inverse, on a toujours des moments plus ou moins difficiles chacun. Et on cède.
- Isabelle Wagner
Elle travaille avec toi ?
- Vincent Larrue
Non, pas encore. Elle travaille à l'extérieur, le but est qu'elle rentre sur l'exploitation, mais c'est compliqué financièrement. Physiquement, il y aurait besoin, pour réélever le boulot, il y en a, il n'en manque pas, mais c'est financièrement qu'il y a le problème. Donc aujourd'hui, voilà.
- Isabelle Wagner
C'est bon ce fromage ! Oh là là ! On peut venir le goûter d'ailleurs au marché de l'Ariole le samedi matin. Vincent Larue, éleveur de brebis, est aussi producteur de fromages frais et artisanaux avec le lait de brebis. Quelques mots sur cette production Vincent ?
- Vincent Larrue
Quelques mots, on produit du fromage grâce à l'herbe qu'on produit nous sur l'exploitation. On a choisi une période d'annulage fin d'hiver, comme ça on sort les agneaux, enfin début d'hiver plus ou moins, et on sort les agneaux fin d'hiver, comme ça j'attaque à traire sur la pousse de l'herbe. On attaque à traire jusqu'à la pousse de l'herbe jusqu'au mois de juin. Juin, juillet, ça dépend des saisons, jusqu'à ce qu'on ait de l'herbe en quantité bonne. pour nous faire des bons fromages.
- Isabelle Wagner
Et c'est là que la production du fromage se vit ?
- Vincent Larrue
Oui, voilà, tout à fait. On fait du fromage à peu près du 15 février jusqu'à fin juin, début juillet, du lactique. Parce qu'après, on fait du fromage frais, du lactique avec du brebis, et après, je fais de l'atome. J'ai déjà attaqué à produire de l'atome, mais l'atome, il faut attendre minimum 2-3 mois d'affinage. Là, par contre, c'est des fromages qu'on aura plus sur l'été.
- Isabelle Wagner
Et qu'on pourra consommer jusqu'à quelle période ?
- Vincent Larrue
Jusqu'à qu'il n'y en ait plus. Jusqu'à que les stocks s'épuisent.
- Isabelle Wagner
Ça se tient bien finalement l'atome de brebis. Oui,
- Vincent Larrue
voilà. Ça c'est, on va dire, le lactique c'est une rentabilité plus rapide et l'atome c'est tu places de l'argent, l'argent dort un peu et on le coule plus longtemps on va dire.
- Isabelle Wagner
Est-ce que, je reparle des chefs cuisiniers, mais est-ce qu'il y en a un ou deux qui vient chercher son fromage chez toi ? Non,
- Vincent Larrue
pour l'instant non. On n'a pas beaucoup de lait encore, on n'est pas trop connu en fromage et on ne fait que de la vente directe en particulier.
- Isabelle Wagner
Bon, alors qu'est-ce que vous attendez les chefs de venir découvrir Vincent Larue et ses fromages avec sa femme, il travaille dur. Et on est de tout cœur pour que vous y alliez découvrir ces beaux produits. Les changements climatiques, Vincent, est-ce qu'ils ont un impact sur l'activité ?
- Vincent Larrue
C'est un peu compliqué, on va dire, parce que l'été, ça nous arrive des étés de sécheresse, quand on n'a pas du tout d'herbes, on a eu passé des étés dans des bois, pour pouvoir nourrir notre troupeau, parce que quand t'as pas d'herbes, moi les brebis elles aiment bien manger du verre, du foin, elles font des faux-lagrimasses, même si c'est bon. Donc on passe, et l'hiver c'est pareil, on est obligé soit de rentrer les brebis dedans, une partie, et les autres parties qui restent dehors toute l'année, on tourne très vite sur les parcelles, comme les mois qu'il y a eu, pendant le mois de février, fin janvier, début février, beaucoup d'eau. Les brebis, normalement, elles restent 3-4 jours sur une parcelle, parce qu'elles tournent beaucoup, et là, elles restent 2 jours, parce qu'elles piétinent, et la terre, c'est comme nous, la terre n'est pas bonne, donc elle piétine, et l'herbe n'est pas bonne, donc on tourne beaucoup. Il nous faut beaucoup de foncier pour pouvoir arriver à gérer le stock de l'herbe.
- Isabelle Wagner
C'est surtout ça qui pose problème dans ce changement climatique. Oui, pour moi, oui. Et il y a des solutions déjà qui germent dans ta tête ou pas ?
- Vincent Larrue
Oui, on essaie de trouver plus de fonciers pour essayer d'être autonome. On est autonome plus ou moins, mais on essaie de trouver du foncier. Sauf que le foncier ici, c'est compliqué. Entre les gros qui deviennent de plus en plus gros et les petits, c'est compliqué d'avoir un peu de terre. On y arrive petit à petit parce que les gens commencent à nous connaître et savent le travail qu'on fait.
- Isabelle Wagner
Le bien-être animal, on peut en parler un petit peu ? Comment ça se passe à ce niveau-là dans un élevage comme le tien ? Comment tu gères ça ?
- Vincent Larrue
C'est des bêtes qu'on aime, donc voilà, elles sont nourries comme il faut, elles ont ce qu'il faut. Elles ont la place ? Elles ont la place, oui. Il y a toujours des hauts et des bas. Il y a toujours des mamies, on va dire, et des jeunes, donc c'est compliqué. Il arrive toujours des drames, malheureusement, dans un élevage. On essaye d'éviter le moins possible, mais bon, c'est des choses qui peuvent arriver.
- Isabelle Wagner
Tu surveilles ça de près ?
- Vincent Larrue
Oui, voilà, tout à fait.
- Isabelle Wagner
Alors, fromage frais artisanal, je récapitule. Charcuterie aussi, ou viande d'agneau. Vincent Larue se diversifie à Loupiac de l'Aréole. Alors, quel message, Vincent, tu aimerais transmettre aux consommateurs qui achètent de l'agneau de Pâques ? Ne me fais pas la grimpe !
- Vincent Larrue
Il faudrait essayer d'acheter de l'agneau français déjà, d'aller dans les boucheries, chez les producteurs comme nous. Éviter d'aller acheter des agneaux de Nouvelle-Zélande parce que c'est ça qui nous fait mal. Certes, ce n'est pas cher, mais attention, on ne sait pas combien de temps ça a été abattu, d'où ça arrive.
- Isabelle Wagner
Comment les bêtes ont été élevées.
- Vincent Larrue
Comment les bêtes ont été élevées. Ce n'est pas le même élevage que chez nous. Nous, on est plus dans des élevages familiaux et petites exploitations. Là-bas, ce n'est pas du tout la même chose. C'est pour ça que l'agneau n'est pas cher. Les structures sont immenses, il y a des bêtes.
- Isabelle Wagner
Vincent, on peut tout déguster et acheter, les produits en vente directe le mardi et le vendredi soir, je ne me plante pas.
- Vincent Larrue
Oui, le mardi soir surtout. Parce que le vendredi, maintenant, on est à Montagoudin, le même NJ, chez des copains, on vend notre fromage, le fromage à la chaise.
- Isabelle Wagner
On peut les saluer les copains ?
- Vincent Larrue
Oui.
- Isabelle Wagner
Comment ils s'appellent ?
- Vincent Larrue
C'est Yonel et Julie à Montagoudin.
- Isabelle Wagner
Ok. Qu'est-ce qu'ils font eux ?
- Vincent Larrue
Ils font du cochon, du pain. et leur charcuterie avec leurs cochons. Ils font toute la transformation dans la vente directe.
- Isabelle Wagner
Alors la charcuterie, parlons-en, c'est avec eux que tu transformes ou tu transformes ailleurs ?
- Vincent Larrue
Non, pas du tout. On fait transformer ailleurs. On fait transformer à côté de Samadé, à la maison du jambon, depuis l'année dernière. Ils nous font du saucisson, du chorizo de brebis, on fait du pâté. Il y a d'autres choses qu'on pourrait faire, mais c'est la trésorerie et le temps qui nous manque un peu. Et comme ça, avec nos brebis de réforme, on retransforme notre viande. On va jusqu'au bout de la chaîne. On essaie de valoriser l'agneau le maximum. Donc on essaie de faire de tout et tout ce qu'on peut faire avec.
- Isabelle Wagner
Les marchés, on parle de la Réole où on est aujourd'hui, mais tu fais d'autres marchés ?
- Vincent Larrue
Oui, il y a la Réole maintenant. Je vais faire la Réole le mercredi, ça attaque au mois d'avril, début avril. Près du 7 mars ? Oui, voilà, tout à fait. Après, on est à Montagoudin le vendredi soir. À la maison, on ouvre le mardi. Et après l'été, on n'est pas ouvert le vendredi parce que l'été on sort à partir du jeudi jusqu'au dimanche. Là c'est la remorque food truck sur les marchés gourmands, les marchés de pays, les fêtes de village, partout où on nous demande.
- Isabelle Wagner
A côté de ça, on vous retrouve toi et ta femme sur les marchés gourmands de la région tout au long de l'été, on vient de l'évoquer. On peut citer d'ailleurs Castet, Sandor, Spondora, Samaker entre autres. Et donc en marchant ambulant avec le food truck.
- Vincent Larrue
Oui, tout à fait.
- Isabelle Wagner
Mais quelle idée ce food truck ?
- Vincent Larrue
On a commencé avec une petite remorque. J'avais commencé moi avec des fêtes de village. J'avais fait les beugrins. À Bazas ? À Bazas, avec des burgers d'agneau. On a fait quelques petits... Après, on a acheté une petite remorque pour faire des fêtes de village, pour valoriser notre viande, parce qu'on la valorise un peu mieux. C'est du travail, par contre. Il n'y a pas rien sans rien. Ça nous aide à évoluer quand même, à évoluer. comme on peut. Ça fait deux ans, on a sauté le pas. On a acheté un food truck maintenant parce qu'on nous demande. Et puis pour nous, confort, c'est un peu mieux parce que tout ce qui est partie vaisselle et tout, c'est pour moi qui le fait parce que j'ai pas forcément le temps, c'est Christelle. Tout est calé et nous, quand on attaque, parce qu'en pleine saison, on arrive à sortir du jeudi jusqu'au dimanche où normalement c'est le plus, c'est du vendredi jusqu'au dimanche. Soir, les midis c'est rare, mais le plus c'est le soir.
- Isabelle Wagner
Vous êtes formé à ça ou pas ?
- Vincent Larrue
C'est obligatoire, on a une formation tous les deux, HACCP, petite restauration.
- Isabelle Wagner
D'accord. Il y a de la place pour la famille avec des enfants ?
- Vincent Larrue
Pour le moment non, mais ça devrait venir.
- Isabelle Wagner
On vous le souhaite en tous les cas, Khoa et Christelle, Vincent, Larrue. Donc éleveur de brebis et aussi ils vous proposent du fromage avec le bon lait des brebis, de la charcuterie, vous l'avez compris aussi, de l'agneau et on va y penser très fort pour Pâques. Merci beaucoup Merci beaucoup Vincent.
- Speaker #1
Merci à vous.