- Thierry Welhoff
Je suis un ancien parisien qui est venu s’installer en Sud-Gironde il y a cinq ans. Ça n’a absolument aucun rapport avec le Covid, mais par contre c’était à peu près juste après le Covid, donc c’était au même moment, mais ça n’a aucune relation. J’avais une agence de communication à Paris, qui était une belle agence, qui marchait très très bien, mais je me suis dit, si je veux pas finir mes jours sans avoir fait ce que je voulais de ma vie, il va falloir que je me rapproche de deux choses, ces deux choses c’était d’abord la nature, j’avais envie d’être près de la nature, j’ai la chance d’habiter une maison qui est en bordure de forêt, en plein milieu des champs, donc c’était formidable, et puis me rapprocher de la musique aussi, parce que mes plus belles émotions, enfin en tout cas, parmi mes plus belles émotions, il y avait la musique, et en particulier le jazz, pas que le jazz d’ailleurs, mais beaucoup le jazz, parce que ce plus mauvais Je devais nom d’ailleurs pour définir une musique parce que le jazz n’existe pas. Il existe des jazz. Tellement de jazz différents et tellement fantastiques avec une ou deux choses qui les relient. Mais il existe des jazz. Donc j’avais envie de me rapprocher de la nature et du jazz. Et c’est ce que j’ai fait. Et j’en suis très heureux. À Lure. Un petit village, Lure, pas plus de 450 habitants si ma mémoire est bonne, qui se trouve à 6 km de la Réole. Dans l’extrême sud du Gironde. Il y a le village de Meillan après.
- Isabelle Wagner
Est-ce que tu te souviens de ta première émotion avec cette musique particulièrement ?
- Thierry Welhoff
Il y en a eu deux. Il y en a eu une première qui n’était pas de la musique, qui n’était pas du jazz, qui était de la musique classique. Ma grand-mère m’avait amené au théâtre des Champs-Élysées à Paris écouter les Brandebourgeois de Bach avec la musique d’Aria et j’ai trouvé ça absolument incroyable. J’ai trouvé une espèce d’élévation euh… C’est vraiment le terme qu’il faut employer, même si je ne suis pas très croyant, et même pas du tout. Mais c’était une élévation, vraiment. Et là, j’ai trouvé ça fantastique. Je me suis dit, c’est quand même formidable, la musique. Et puis, la deuxième, c’était dans un bar qui s’appelle La Cigale. La Cigale, c’est très connu, parce que La Cigale a été gardée comme nom. pour une salle de spectacle très connue maintenant à Paris, mais avant c’était un petit bar qui faisait l’angle entre le boulevard de Clichy, je crois, ça devait être celui-là, ou si pas celui-là c’était un autre, mais enfin c’était à Pigalle, et puis une petite rue qui montait à Montmartre, il y avait un bar, et mon père m’avait emmené écouter pour la première fois un concert de jazz, c’était la première et la dernière fois, d’ailleurs il ne m’a emmené qu’une seule fois, et j’ai vu quatre noirs superbes, beaux vraiment, et qui jouaient une musique fantastique, et là je me suis dit mais c’est génial le jazz. C’est fantastique parce qu’il y a une chose que je trouve très caractéristique, je pensais à ça l’autre jour dans le jazz, c’est que c’est une manière d’être ensemble tout en restant soi. Et je trouve que c’est quelque chose de fantastique. Vraiment, on joue une musique en commun, on s’écoute, tous les musiciens du jazz s’écoutent beaucoup, mais jouent ensemble et restent eux-mêmes. C’est presque un aboutissement en termes de personnalité. J'ai imaginé un festival parce que j'ai un très grand séchoir à tabac. Il y a différentes tailles de séchoir à tabac. Celui-là a été rallongé deux fois. Un très grand séchoir à tabac en excellent état. C'est magnifique un séchoir à tabac. Quand on est à l'intérieur, c'est tout en bois. On a l'impression d'être dans une immense bibliothèque en fait. Et donc ce séchoir à tabac, je me suis dit, il faudra peut-être un jour que j'en fasse quelque chose. En gardant des palettes pour faire l'écarlage d'une terrasse, je me suis dit, on va en faire une scène. J'ai monté la scène, j'ai installé des projecteurs. Et puis en mars 2024, je me suis dit, bon, il faut peut-être que... Maintenant, j'active un peu. J'ai été voir la mairie de mon village. J'ai envie de faire un festival. Qu'est-ce que vous en pensez ? Ils étaient tout à fait favorables. Je ne voulais pas le faire sans une espèce d'accord, une espèce d'appréciation de la mairie. Surtout que j'ai appelé ce festival « Les nuits dures » . C'est un jeu de mots. D'ailleurs, en sous-titre, j'ai marqué « Que dures les moments doux » . Mais ça, ce n'est pas une création. C'est Bashung ! Absolument. Bravo. « Je l'ai volé à Bashung » . « Que dures les moments doux » , pour qu'on comprenne que ce ne sont pas des nuits qui sont dures, mais c'est des nuits qui durent. Voilà, c'est ça, les Nuits du 1. C'était en mars 2024 et puis donc le premier festival s'est tenu en septembre 2024.
- Isabelle Wagner
Et il y a eu tout de suite un engouement pour ce festival ?
- Thierry Welhoff
Ça a très bien marché, ça a très très bien marché tout de suite. J'ai 200 places pour le festival et j'avais pas fait la totalité, mais j'avais dû vendre 160 places ou 170 places dès la première édition. Alors j'étais très inquiet parce que moi j'avais jamais monté de festival, j'avais jamais fait ça. J'avais fait un peu d'événementiel dans mon domaine, beaucoup de communication, donc ça je sais faire. Mais je n'avais jamais fait de festival, donc je me suis dit, s'il y a moins de 50 personnes, c'est un échec. S'il y a plus de 80 personnes, c'est une réussite. Et puis j'ai vu 160 personnes le premier soir, et je me suis dit, chouette, ça fonctionne, ça marche, ça accroche. Et c'était chouette.
- Isabelle Wagner
Qu'est-ce que tu as ressenti le premier soir, avec tous ces spectateurs chez toi, devant ces musiciens ?
- Thierry Welhoff
Du plaisir, parce que moi, d'abord, j'aime bien... On va dire la vérité, je me fais plaisir aussi en venant dire ces musiciens. Je fais venir des très très bons musiciens, d'un peu partout. dont je me fais plaisir, mais ce qui me faisait plaisir, c'est de voir les gens très heureux, très contents, de voir les musiciens très heureux, et ils me disaient... Il me disait « c'est super comme endroit, on revient quand tu veux, c'est chouette » . Et ce qui me faisait encore plus plaisir, c'est les gens qui viennent et qui disent « moi le jazz, on a vu qu'il y avait à manger, à boire, qu'il y avait de l'ambiance, pourquoi pas ? » et qui repartent en disant « en fait le jazz c'est vachement bien » . Et en fait c'est vrai que le jazz c'est vachement bien, donc je suis content quand je peux faire découvrir à des gens qui ne connaissent pas le jazz que le jazz c'est une musique fantastique.
- Isabelle Wagner
Toi aussi tu joues un peu ?
- Thierry Welhoff
J'ai joué, j'ai joué. Si j'avais eu du talent, je serais devenu musicien, mais je ne joue plus. Un jour, je jouais de la guitare jazz, je l'ai posée dans un coin en me disant « Bon, maintenant je vais essayer de bosser un peu plus, j'avais 30 ans, et je me suis consacré à autre chose. » Parce que je me cachais un peu, je me disais quand ça ne marchait pas bien dans mon boulot, je dis ouais mais je suis musicien, et puis quand ça ne marchait pas trop comme musicien, je dis ouais mais je fais autre chose, etc. Donc à un moment il faut arrêter de se fuir et puis il faut faire ce qu'on a à faire, et puis quand on a le temps d'y revenir, ce qui est le cas en ce moment, on revient à ses amours, à cette musique.
- Isabelle Wagner
Qu'est-ce qui te plaît dans la musique autre que jazz ? Est-ce qu'il y a une chanson comme ça qui te met en joie le matin quand tu te lèves ?
- Thierry Welhoff
Alors, pas le matin quand je me lève, mais j'aime beaucoup les chansons françaises, les chansons françaises même assez anciennes. Ce qui me met en joie, c'est d'écouter Bourvil. J'adore Bourvil, il est génial. J'adore ce type. En plus, il ne fait pas penser à mon grand-père. Et puis, j'ai un péché inavouable que j'ai avoué ici. J'adore la chanson de Dalida, il venait d'avoir 18 ans. J'adore cette chanson qui me tire les larmes à chaque fois. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais rien vécu à avoir à ça, mais cette chanson cette chanson m'aimait particulièrement.
- Isabelle Wagner
Parce que l'année de tes 18 ans, il s'est passé quoi ?
- Thierry Welhoff
Il ne s'est rien passé, ce n'est pas lié à mon histoire, mais apparemment je ne suis pas le seul. Ibrahim Malouf, un trompettiste de jazz assez connu et au-delà du jazz, a fait tout un disque sur les chansons de Dalida. Je ne dois pas être le seul à avoir été touché par certaines de ses chansons.
- Isabelle Wagner
Thierry, quand tu t'occupes de la programmation musicale de ton festival, tu commences à quel moment de l'année ?
- Thierry Welhoff
A peu près tout le temps, parce que je reçois des propositions. On est assez vite repéré quand on monte un festival. La première année, on démarre, mais dès la première année, après la première année, on commence à être repéré par les managers d'artistes. Et donc, on reçoit très vite des propositions. Mais en gros, un festival, c'est trois temps. Le premier temps, c'est la programmation. C'est dans le premier trimestre de l'année. De janvier à mars, on choisit la programmation. Ce qui est à la fois le plus grand plaisir et la plus grande douleur, parce que pour programmer, choisir, c'est renoncer. Il y a plein d'artistes auxquels on renonce, à qui on annonce « Non, je suis désolé, mais non. » J'ai pas assez de concerts, pas assez de places, et on les trouve formidables quand même. Ça ne veut pas dire qu'on ne les trouve pas bien, mais on est obligé de leur dire non. Donc ça, ce n'est pas la partie la plus sympa. Mais la partie la plus sympa, c'est quand même de construire le programme de manière totalement subjective. Je ne vais pas du tout réunir un comité pour demander la vie. Ça m'arrive de demander la vie à d'autres quand j'ai une hésitation, mais c'est vraiment quelque chose de très personnel. Je programme la musique que j'aime, que j'ai envie d'écouter, et que j'ai envie de faire écouter aux autres. Voilà comment se passe la programmation.
- Isabelle Wagner
D'accord, donc ça c'est l'année en cours ou c'est l'année précédente ? Non,
- Thierry Welhoff
c'est l'année en cours, c'est-à-dire que comme le festival a toujours lieu début septembre, la programmation, je la valide entre janvier et mars de la même année. Voilà, janvier-mars 2026. Le deuxième temps, c'est le temps de préparer la communication. Donc en fait, il y a pas mal de choses à préparer pour la communication. Les affiches, les flyers, les communiqués de presse, enfin tout ce qu'il y a à préparer pour la communication. Et puis le troisième temps, qui est le temps pas le plus sympa, mais qui est... très important, c'est la logistique pour que tout se passe bien. Donc il y a beaucoup d'aspects logistiques pour les artistes, pour leur transport, pour l'hébergement, pour le public. Il y a beaucoup de choses à penser, donc on fait des checklists, des to-do lists avec tous les trucs à voir.
- Isabelle Wagner
Ça fait combien de bénévoles sur le festival ?
- Thierry Welhoff
Pendant le festival, il y a 25 bénévoles. Il y a pas mal de gens qui sont proposés comme bénévoles et qui sont très actifs. Le festival ne pourrait pas exister sans eux. Et puis il y a une super ambiance entre les bénévoles. Même les artistes me le disaient en me disant qu'il y a un truc très très sympa et c'est vrai que... Il y a une ambiance fantastique.
- Isabelle Wagner
Les artistes repartent heureux. Est-ce qu'ils dorment sur place ?
- Thierry Welhoff
Oui, certains dorment sur place. Il y en aura un petit peu moins qui dormiront sur place que les autres fois parce que je dois héberger certains bénévoles. Mais sinon, oui, parfois ils dorment sur place. Et ça, c'est un autre plaisir aussi, c'est de discuter au petit matin avec eux. Je me souviens que l'année dernière, j'ai discuté avec Hugo Lippi, un super guitariste, et parlé pendant une heure avec Hugo Lippi au petit déjeuner de ses rencontres artistiques, de ce qu'il est en train de faire. Ça, c'est formidable.
- Isabelle Wagner
Tu vas nous faire voyager avec ce festival cette année, donc vendredi, samedi et dimanche du 4 au 6 septembre.
- Thierry Welhoff
Oui.
- Isabelle Wagner
Le vendredi, donc il y a déjà la réunion en deuxième partie et juste avant, Jean-Pierre Como, Javier Girotto, tu nous dis pourquoi tu les as choisis ?
- Thierry Welhoff
Jean-Pierre Como est un excellent pianiste. Javier Girotto est un excellent saxophoniste et ils ont eu la bonne idée d'enregistrer quelque chose d'assez intimiste, très mélodique, très mélodieux, qu'ils ont enregistré à Saint-Emilion. à la Collégiale de Saint-Emilion, un superbe disque qui s'appelle Parfum d'Azur, et ils viennent le présenter donc aux Nuits D'Hure. Je pense que ça va être un moment pour commencer le festival tout en douceur et pouvoir partager l'émotion avec ces deux merveilleux musiciens que sont donc Jean-Pierre Como et Javier Girotto.
- Isabelle Wagner
Ensuite,
- Thierry Welhoff
du jazz créole avec Valérie Chane Tef. On va se bouger un peu. C’est très tonique, très sympa, très coloré, très chaleureux, ensoleillé. Et puis, elle vient avec une saxophoniste. J’ai beaucoup parlé de saxophoniste parce qu’il se trouve qu’il y en a beaucoup, ce qui n’était pas une volonté, mais il Il y a une très magnifique saxophoniste qui s’appelle Géraldine Laurent que je suis depuis une dizaine d’années. J’ai entendu dans différents endroits, à Paris, en province, qui est originaire de New York et qui est une merveilleuse saxophoniste à découvrir avec Valérie Chane Tef le premier soir. Sa manageuse s’appelle Laurence Axer. Elle habite à Landerwet-sur-Ségur. Je suis devenu copain. Elle était même bénévole cette année. Elle m’a proposé différents artistes, dont Valérie Chane Tef, on s’est mis d’accord sur cet artiste. C’est comme ça que j’ai lu. Et quand, en plus, j’ai vu qu’il y avait Géraldine Laurent, la décision a été prise.
- Isabelle Wagner
Ça passe aussi par le relationnel.
- Thierry Welhoff
Oui, bien sûr.
- Isabelle Wagner
Pas seulement à l'écoute sur les plateformes d'audio.
- Thierry Welhoff
C'est soit parce que j'entends quelque chose, soit c'est parce que quelqu'un me contacte, soit parce que je connais quelqu'un. Enfin, peu importe la source. Je dirais que le seul guide, c'est est-ce que je pense que ça peut bien s'adapter parce que j'ai quand même une couleur musicale dans ce festival. Un mot-clé qui est mélodique. Donc je le définis souvent, c'est ni du jazz que j'appelle le jazz pouet-pouet, un peu Nouvelle-Orléans, à très, toujours très bien joué, il faut le reconnaître, ou du jazz très intello, très conceptuel, où on se demande où est-ce qu'on va. Donc j'aime bien du jazz mélodique, mélodieux, où on peut rêver, où on peut même avoir la référence de morceaux qui existent déjà, qu'on connaît, mais qui sont réinterprétés en jazz. Donc ça c'est vraiment la ligne. artistique du festival.
- Isabelle Wagner
On passe à samedi 5 septembre.
- Thierry Welhoff
Ah samedi, Samedi, je fais venir un type que j'ai repéré sur Instagram. Je ne le connaissais pas. Il est brésilien. Il est incroyable ce type. Il est tout jeune, il a 24 ans. Il vient seul avec sa guitare en première partie. Donc il faudra qu'on a les doigts enfoncés dans le sable, les orteils enfoncés dans le sable pour s'imaginer sur une plage de Bahia ou Sao Paulo. Et donc écoutez Will Santt qui est un... un brésilien qui est pour moi la réincarnation de Jao Gilberto, ceux qui connaissent. Moi j'ai une belle émotion découvrant Jao Gilberto, on parlait des gens qui me provoquaient des belles émotions, et où ils sentent, et comme ça. Alors ils jouent en même temps des morceaux très connus, en même temps ils jouent des compositions personnelles, et là aussi c'est une invitation à la rêverie, au voyage. On ne peut pas au bar faire des rums, des punchs, mais c'est dommage, mais on pourra en tout cas boire du Saint-Émilion en écoutant de la musique brésilienne.
- Isabelle Wagner
On s'arrête un moment à Saint-Emilion, parce que ça fait deux fois que tu m'en parles. Saint-Emilion, qu'est-ce qui te plaît le plus ?
- Thierry Welhoff
Ce qui me plaît le plus, c'est que j'avais un très très bon ami qui a eu la mauvaise idée de nous quitter cette année, qui était un ami depuis 50 ans, je ne suis pas loin de la vérité, mais pas tout à fait, mais presque. Et donc j'aime bien tout cet environnement. J'ai d'autres amis à Saint-Emilion qui sont à la fois cavistes et qui sont négociants en vin. Et puis c'est une ville magnifique qui est devenue un petit peu ville-musée par rapport à ce que je l'ai connue il y a une quarantaine d'années. mais qui est magnifique à visiter, dans lequel il y a une belle ambiance, et puis c'est beau, c'est tout simplement beau, en chassé dans les vignes comme ça, c'est très très beau. Donc j'ai une amie, la fille, sa fille justement, qui fait toujours du Saint-Emilion, et donc ce qu'on boit aux Nuits d'Hure, c'est du Saint-Emilion, que l'avis de tout le monde est excellent.
- Isabelle Wagner
À consommer avec modération, bien sûr.
- Thierry Welhoff
Oui, bien sûr.
- Isabelle Wagner
On passe à Baptiste Herbin Trio, puis ensuite au dimanche 6 septembre.
- Thierry Welhoff
Bon, je vais toujours dire que c'est fabuleux. Mais il faut me croire, Baptiste Herbin, ceux qui connaissent le jazz, c'est une révélation. Moi, je vais avouer un péché, c'est que je ne le connaissais pas. Je ne le connais que depuis un an. C'est Mathieu Chazarin qui était batteur l'année dernière, qui me l'a fait découvrir. Et quand je l'ai découvert, j'ai dit, c'est juste génial, ce type, il est fantastique. Et donc, il vient avec Mathieu Chazarin, d'ailleurs, et Sylvain Romano en trio. Et là, je pense que... vraisemblablement le public va être ébloui par Baptiste Herbin. Il a une vélocité, une musicalité, il y a vraiment de quoi. Et alors il vient jouer des morceaux qu'il a appelés de son nouveau disque qui s'appelle Django. Parce que ce sont des compositions de Django qu'ils réinterprètent. Donc c'est festif, c'est joyeux. Et ça, je pense que les gens vont apprécier. En tout cas, s'ils apprécient pas... Bon, on l'espère. S'ils apprécient pas, je veux bien être loué sur la place publique.
- Isabelle Wagner
Le dimanche, c'est une autre formule. Ça ne se fait plus en soirée.
- Thierry Welhoff
Alors ça, c'est une innovation de cette année. Voilà, je l'ai jamais fait. C'est un essai. Voir si ça va plaire ou pas. Je me suis dit, et si je le faisais le dimanche après-midi ? L'idée m'a été donnée par Charlotte, qui a un bistrot à vin qui s'appelle C Du vin à La Réole. Elle m'a dit, mais tu le fais jamais le dimanche après-midi, je pourrais jamais venir à ton truc ? J'ai dit, bah ok, je le fais le dimanche après-midi la prochaine fois. C'est grâce à elle. D'abord, on commence par un jazzy brunch. Je me dis, c'est sympa. Je vois que les gens viennent, comme ça, s'il fait beau, comme en ce moment, on peut en plus se mettre dans le jardin, il y aura des tentes, bien évidemment. Et donc, en plus de la programmation, j'offre un concert de fanfare, une fanfare bordelaise qui vient, c'est le B FONK-Brass Band qui vient jouer de la fanfare pendant le brunch. Voilà, ça devrait être assez sympa, mais il y a comme... Dans toutes les dates, deux concerts. Un premier concert avec Adrien Moignard, qui est un des meilleurs guitaristes d'origine manouche. Alors il fait du manouche, mais très sophistiqué. Mais c'est un petit peu moins, peut-être, populaire, comme l'avait fait Steven Reinhardt la première année, qui était de la famille de Django. Mais c'est extrêmement poétique, c'est extrêmement sensible. Il joue avec deux guitaristes et un bassiste. Adrien Moignard fait partie des grands de la guitare actuelle. Alors on termine en beauté avec Antonio Farao. Moi j'ai un disque qui tourne en... Non Stop chez moi d'Antonio Farao, un pianiste italien qui vient spécialement d'Europe. On a un brésilien qui vient spécialement du Brésil, qui fait vraiment Rio, Lisbonne, Lisbonne-Bordeaux pour venir au milieu où il sent. Dimanche en fin de journée, on a Antonio Farao, un pianiste, et Stéphane Belmondo. Là, tous les gens qui s'intéressent un peu au jazz connaissent Stéphane Belmondo, très grand trompettiste, donc pour nous jouer quelque chose de très... Très poétique, c'est fait pour aussi inciter la rêverie, mais il y a quand même de la tonicité, je veux dire, on s'ennuie pas, on s'endort pas.
- Isabelle Wagner
Admirer le ciel étoilé.
- Thierry Welhoff
Alors ça se passe dans un séchoir à tabac, donc si le temps n'était pas au rendez-vous, tout le monde est couvert, il n'y a pas de soucis, mais on peut aussi écouter... avec un verre, en se mettant sur une boîte de paille dans le jardin, pour profiter de l'environnement. On est vraiment en pleine nature. Et quand on arrive, on va être bordé par deux champs de tournesol. Bon, ils feront peut-être un petit peu la tête les tournesols, parce que ce sera la fin de l'été, mais enfin, ce sera des hauteurs végétales, et on arrivera par un chemin de gravier jusqu'au séchoir à tabac.
- Isabelle Wagner
Si tu avais été un musicien célèbre, tu aurais aimé être qui ?
- Thierry Welhoff
Ça aurait été soit effectivement quelqu'un comme Jao Gilberto, c'est ce genre de type dont on a l'impression qu'il joue avec la mesure, c'est-à-dire il y a les barres de mesure qui arrivent, mais on se dit ben non, celle-là je le fais un peu avant, celle-là je le fais un peu après, et je fais comme. je veux et cette espèce de liberté qui vient de Jao Gilberto, je trouve ça vraiment très chouette qui d'autre il ya un guitariste de jazz qui j'affectionne particulièrement il ya plusieurs enfin si je vois le site et 2 je vais citer Wes Montgomery qui a vraiment une sonorité très particulière il jouait avec son pouce si je vois pas avec un médiateur et jouer avec son pouce Tout simplement parce qu'il ne fallait pas qu'il fasse du bruit dans la chambre de bonne qu'il habitait aux Etats-Unis. Donc il s'est entré avec le pouce, puis il trouvait que ça rendait pas mal, donc il a toujours joué avec son pouce. Ça donne un son très velouté qui a été repris par George Benson ensuite, qui est plus connu. Mais Wes Montgomery est formidable, et puis un type aussi extra, Joe Pass, qui a une musique extrêmement sophistiquée. Il paraît qu'il a développé son style en prison, je l'ai appris récemment. Il y a des duos avec Ella Fitzgerald que tout le monde connaît, où c'est juste guitare et voix. Ça vous emporte, ça vous emmène.
- Isabelle Wagner
Merci pour cette belle histoire.
- Thierry Welhoff
Merci, Isa.