- Isabelle Wagner
Qui es-tu ? Patrick Faure.
- Patrick Faure
J'ai 70 ans, je suis ancien amateur et ex-artisan en charpente.
- Isabelle Wagner
Jongleur aussi ?
- Patrick Faure
Oui, j'étais saltimbanque aussi il y a une quarantaine d'années. J'étais vagabond il y a 50 ans.
- Isabelle Wagner
C'est-à-dire quoi, c'est un vagabond ?
- Patrick Faure
Je me baladais le nez au vent, en stop, bien où le vent me menait. Et voilà, j'ai fait ça pendant quelques années. Après avoir brillamment raté mes études, je suis parti en voyage.
- Isabelle Wagner
Et est-ce que la charpente, ça a été un compagnonnage ? Non. Vous pouvez expliquer le goût du voyage ?
- Patrick Faure
Non, c'était aucun rapport avec le compagnonnage. non, l'accompagnonnage, j'ai vu que c'était... c'était pas pour moi. Les gens qui font le compagnonnage, ils dédient leur vie au travail, ce qui n'est pas tout à fait mon genre. J'avais d'autres aspirations que de dédier toute mon énergie et mon temps au travail.
- Isabelle Wagner
Aujourd'hui, tu habites Lariol. Tu fais partie de la troupe amateur du théâtre Le Sanguis.
- Patrick Faure
Oui, c'est cela.
- Isabelle Wagner
Qu'est-ce que ça te procure de jouer un rôle différent de celui de la vie ?
- Patrick Faure
Quand j'étais saltemort, j'ai aussi touché un peu le travail de comédien. J'ai fait du théâtre. Je prenais des cours hebdomadaires pendant plusieurs années. Et j'ai arrêté à la suite d'une mauvaise expérience. Et là, j'ai eu l'occasion, quand on s'est rencontrés avec Élise Dubroquin, elle m'avait demandé si j'étais disponible pour monter un truc vite fait, pour présenter son projet. Alors on a écrit trois trucs, comme ça, et puis on a joué au direct. Et puis après, l'occasion s'est présentée pour refaire du théâtre, mais de façon amateur, donc beaucoup plus détendue. Ça m'a permis de reprendre contact avec ça et l'excitation. de jouer. Moi, je suis un peu cabot, donc voilà, ça me...
- Isabelle Wagner
Ça veut dire quoi, être un peu cabot ?
- Patrick Faure
Les cabotins, c'est ceux qui, généralement, c'est ceux qui sont timides à la base et qui, sur une scène, en font des tonnes. Mais moi, j'essaie de ne pas trop en faire des tonnes. Mais quand je faisais du spectacle de rue, j'ai fait des spectacles écrits ou aussi de l'impro en tant que certainement solo dans la rue. Et à ce moment-là, il faut en faire des tonnes si on veut capter le public, parce que le public, il demande de ça. Il demande de la mise en danger. de l'impro, de la relation avec le public.
- Isabelle Wagner
Plusieurs disciplines pour toi en moyenne d'expression ?
- Patrick Faure
Oui, parce que je fais de la musique. J'ai été chanteur aussi à un moment, chanteur de jazz. J'ai fait un peu de lyrique aussi, des opérettes, des plans comme ça. Mais j'ai vite quitté l'opérette parce que l'opérette, je ne veux pas être méchant avec les gens qui jouent de l'opérette, mais c'est un peu comme les gens qui font de la comédie de boulevard. C'est un métier où on tombe facilement dans la routine. Il y a des rôles qui sont prédestinés à des personnages. donc c'est toujours les mêmes mécaniques donc moi je suis arrivé là-dedans, j'étais comme un chien dans un dans un jet-tip, c'est-à-dire que je me faisais vraiment avoiner par les gens parce que j'étais pas rompu à la pratique mais bon, c'était intéressant à l'époque je passais de la régie plateau à la régie lumière à jouer des fois je faisais à la fois je faisais les lumières et puis il fallait faire un petit rôle donc... c'était ça quoi comme je prenais des cours de chant à l'époque, je faisais du chant lyrique Aujourd'hui,
- Isabelle Wagner
tu fais partie... Tu es parti de 17 formations musicales. C'est pas ça ? C'est pas ce que tu m'as dit un jour ? On s'est croisés, tu m'as dit...
- Patrick Faure
Non, non, mais j'ai... Alors, j'ai essayé d'arrêter de travailler en tant qu'artisan parce que j'ai pas eu une retraite mirobolante comme on aurait pu le deviner après mon parcours. Et j'avais peur de... En fait, de retomber dans la... pas la pauvreté mais pas loin quoi parce que comme j'étais en bonne santé et que j'avais toujours des propositions je continue à travailler là j'ai travaillé pendant trois ans et j'ai décidé d'arrêter et de me consacrer à la musique donc j'ai tapé tous azimuts finalement Après, je fais des choix, les trucs qui ne me conviennent pas trop, je laisse tomber avant que ce soit trop engagé. Mais sinon, là, j'ai un projet avec Tierno, le danseur qui est sur l'aréole, et puis avec Samuel, puis avec Isabelle, C'est bel aussi, c'est gaulais. Et puis des projets solos aussi. Et puis ? Et puis voilà. Et puis je fais aussi la musique traditionnelle, à danser. Mais ça depuis 20 ans avec un groupe. D'accord. Mais par exemple, on m'a sollicité pour jouer cet été, mais j'ai dit non, non, mais cet été je suis en Irlande.
- Isabelle Wagner
Oui, parce que tu as un projet incroyable. Outre le fait que tu es aussi musicien de plusieurs instruments de musique, touche un peu à tout. Tu fais tout à l'oreille, si j'ai bien compris.
- Patrick Faure
Oui, j'ai beaucoup développé mon oreille quand j'étais môme. Parce que j'ai joué de la fuité avec à l'époque en sixième. il fallait faire de la flûte avec. Alors comme j'avais des facilités et que j'aimais la musique, je me suis vraiment accroché et j'ai travaillé. Je m'étonne d'ailleurs qu'à cet âge-là j'étais vraiment motivé parce que je me suis débrouillé tout seul et je jouais, mon père était musicien à l'Orchestre de Bordeaux.
- Isabelle Wagner
Ah bah c'est aussi exceptionnel.
- Patrick Faure
Mais il m'a pas trop transmis directement on va dire. Il m'a pas vraiment aidé parce qu'il avait été méthode pédagogique à l'ancienne. Je dirais comme il mettait beaucoup d'espoir en moi et qu'il voyait que j'avais des capacités, il était très exigeant mais il était toujours derrière moi et il me faisait faire du solfège et il m'engueulait chaque fois que je me trompais donc c'est pas comme ça qu'on apprend. Et voilà c'est un message surtout n'engueulez pas vos enfants et évitez de faire faire de la musique à vos enfants en leur gueulant dessus parce que c'est vraiment vous n'arriverez à rien. Donc j'ai passé ma vie à essayer de me guérir de ça donc j'ai beaucoup développé mon oreille Et donc je mettais les disques. et je jouais dessus la flûte à bec. Donc, j'ai joué dans toutes les tonalités sans savoir mi bémol, si bémol, la mineur. Je jouais. Donc, après, j'étais capable de jouer sur n'importe quoi avec n'importe qui.
- Isabelle Wagner
C'est super.
- Patrick Faure
C'est génial.
- Isabelle Wagner
Et puis, c'est un lien formidable quand tu voyages aussi parce que je suppose que tu vas bien à l'instrument de musique. Oui,
- Patrick Faure
j'amène la mandoline.
- Isabelle Wagner
Tu vas partir à vélo, sans assistance électrique ? Oui, bien sûr.
- Patrick Faure
Sans assistance de quelque sorte.
- Isabelle Wagner
De la réole ?
- Patrick Faure
De la réole, oui, je pars, je triche un peu, parce que je connais la piste Péby. La Péby, oui. Je connais Bordeaux, je connais la route du Médoc, ma grand-mère était du Médoc. Donc je prends le train jusqu'à Soulac, parce que je suis pressé d'arriver en Irlande, parce que je ne peux pas partir avant le 6. Je me dis, je gagne deux jours de vélo, et je pars de Soulac, je prends le bac, et je trace sur la Rochelle. J'essaie d'aller voir mon ami Luthier, qui me fait voir qui est mon vieux. et mon alto.
- Isabelle Wagner
Ah super ! Tu n'amènes pas le violon ? Non,
- Patrick Faure
trop fragile le violon, trop cher. Quand je suis parti en Italie l'année dernière, j'avais pris la mandoline et la mandoline elle était dans son étui scotché sur la porte bagages d'arrière, sur les sacoches et puis je laissais mon vélo et puis je partais me balader mais on m'a jamais piqué la mandoline. Donc je pars avec la mandoline parce que ça prend moins de place et puis ça coûte moins cher et c'est un peu plus résistant aux intempéries, à la chaleur.
- Isabelle Wagner
Tu pars jusqu'à la Rochelle, tu vas voir ton litier et on... Et ensuite, tu vas traverser la Manche pour aller jusqu'en Irlande ? Oui,
- Patrick Faure
je passe par la Vélo-Dyssée. Je vais éviter Nantes parce que je n'ai pas trop envie d'aller dans les grandes villes, les planétés, ça dépendant à quelle heure j'arriverai. Parce que généralement, comme je fais pratique le bivouac sauvage, je ne vais pas aller bivouacuer au plein centre de Nantes. Je vais plutôt aller dans le campagne. C'est plus prudent, on va dire. Oui. Même si ça m'est arrivé en Italie, je vivais quasiment au centre de Bergamo, mais c'était dans un parc. Mais sinon, je trace jusqu'à Roscoff et après, je chope un ferry pour Cork.
- Isabelle Wagner
Ça a duré combien de jours ce voyage ? à vélo ?
- Patrick Faure
Je ne sais pas, j'ai pris deux mois pour en faire l'aller et le retour.
- Isabelle Wagner
Donc en fait, tu ne te mets aucune pression ?
- Patrick Faure
Non, je me mets des défis du genre tiens, je vais aller jusqu'au cap, le point le plus septentrional de l'Irlande. Ça fait un objectif.
- Isabelle Wagner
C'est quoi l'idée, Patrick ?
- Patrick Faure
Il y a plusieurs objectifs. J'ai des ancêtres irlandais qui ont émigré en France au XVIIe siècle. Donc voilà, je m'appelle Patrick, un peu irlandais, parce que j'ai aussi des ancêtres irlandais. Donc je me dis, attends, je ne vais jamais aller en Irlande. C'est le moment, jamais. Je ne vais pas y aller des ambulateurs. Je préférais aller en vélo. Et donc j'y vais. Sachant que l'année dernière, j'ai fait 3000 bornes à vélo, j'ai survécu. Donc je réitère le projet.
- Isabelle Wagner
Et là, ça fait combien de kilomètres ?
- Patrick Faure
Je pense qu'il y en a 800 pour aller jusqu'à Roscoff, à peu près. Allez-retour, ça fait 1600. Et puis je vais en faire au moins autant en Irlande. Plus ou moins.
- Isabelle Wagner
Toujours proche des 3000 ? Tu peux aller jusqu'à combien de kilomètres par jour ?
- Patrick Faure
Dans le Piémont, je faisais 75 kilomètres en moyenne par jour. Mais je passais ma journée dans ma vélo. j'étais jusqu'à épuisement parce que ça monte et ça descend j'ai pas calculé les dénivelé parce que j'avais pas d'application j'avais à peine un téléphone que je pouvais envoyer des sms et là j'ai changé de téléphone je me suis dit bon allez je m'équipe un peu et donc je découvrais les routes que j'avais vaguement regardées parce que je regardais des cartes chez moi pendant le petit-déj je me suis dit tiens je vais passer par là mais j'avais aucune idée du relief précisément et après je me suis égaré des fois j'arrive sur des routes sur lesquelles je ne pouvais pas circuler. Donc je prenais des routes. On me dit, il faudrait passer par là. Attention, ça monte. Je dis, oui, oui, mais je suis habitué. Oui, mais ça monte. Et puis ça montait. Énormément. Énormément. Alors en Irlande, ça monte aussi. Ah bon ? Oui, parce qu'on part souvent proche du niveau de la mer. Et après, on peut monter jusqu'à 300, 400, 500 mètres. J'ai appris que les routes aussi en Irlande, ce n'est pas des lacets, c'est des chemins qu'utilisaient les gens. Généralement, en fonction de la direction du vent, pour ne pas... trop lutter en face du vent donc s'il fallait aller tout droit et aller tout droit sauf qu'après les chemins sont devenus des pistes et les pistes sont devenus des routes c'est pas pour ça que donc c'est tout droit donc ça peut monter beaucoup quand ça monte beaucoup mais quand on veut pas continuer à pédaler on descend le vélo on pousse le vélo c'est à dire que le vélo ne doit pas être trop chargé non plus ? oui mais on part avec On a souvent trop d'affaires, mais on se délaisse tout au fur et à mesure. On n'a pas besoin de grand-chose, en fait. Sauf quand on ne connaît pas le climat, on se dit, « Ouais, bon, en Irlande, il faut peut-être que je prenne un truc de pluie, des surchaussures, il faut déjà une bonne tente, qu'on puisse monter sous la pluie sans mouiller la chambre. » Ça, c'est une règle, parce que si on doit monter la chambre d'abord et le deux-trois après, quand il pleut, on a perdu. Donc voilà, des sacoches étanches, pas beaucoup de vêtements, on s'ébrouille, et puis un peu de nourriture, un petit réchaud.
- Isabelle Wagner
Et c'était... T'as rêvé d'aller dormir chez l'habitant ?
- Patrick Faure
Quand on me vide, oui.
- Isabelle Wagner
Ça t'est arrivé sur le voyage précédent, par exemple ?
- Patrick Faure
Une fois, ça m'est arrivé. Après, je suis passé voir des amis à l'aller et au retour. Mais sinon, les gens ne se précipitent pas vers vous en disant « Allez, venez dormir chez moi ! » Mais ça m'est arrivé de demander à des gens si je pouvais planter la tente dans leur jardin.
- Isabelle Wagner
Quand tu voyages comme ça, tu pédales, tu regardes le paysage. Est-ce que finalement, ce n'est pas aussi une façon de lâcher son esprit ? de méditer peut-être, certains diront comme ça.
- Patrick Faure
Il y a plusieurs degrés, on pourrait appeler ça du borgiotage, de la rumination, de la méditation suivant... Si on est honnête ou pas, on peut dire, oui, je médite. Oui, non, en fait, non, je ne médite pas. Je rumine des trucs. Des fois, ça m'est arrivé de rêver éveillé. Je m'en suis aperçu que là, j'étais passé du stade de la divagation mentale au rêve éveillé. C'est-à-dire que j'ai fait la différence. Une fois, je me suis dit, il serait temps que je m'arrête pour me coucher. Parce que quand on pédale sur une route...
- Isabelle Wagner
Oui, ça peut être dangereux.
- Patrick Faure
Parce que j'ai les pistes cyclables, je n'en ai pas fréquenté beaucoup. des sites propres, il n'y en a pas beaucoup. donc c'est souvent des routes, donc on est à la circulation. Alors bon, Sylvain Tesson, lui, il a de la culture, alors il récite du Rimbaud, du Baudelaire... Pascal, c'est ce qu'il met dans son bouquin dans ses bouquins, moi je veux dire non, je chante des chansons alors le problème c'est qu'il y a des chansons qui reviennent, ça peut être des chansons qui reviennent de très loin moi j'ai eu des cantiques des cantiques du temps où j'étais enfant de coeur parce que moi je suis de famille catholique j'étais biberonné à l'eau bénite par ma mère donc il y a des trucs qui reviennent ou les chansons, les pires chansons qu'on a entendues et on se... sans jeunesse. Et alors ma chanson fétiche des voyages en Italie, c'était Un gelato a limone de Paolo Conte. Un gelato a limone. Alors la première chose que j'ai faite quand je suis arrivé à Satchi, donc après 26 jours de vélo, c'était me taper un granitado, un granito d'un gelato a limone. Parce que c'était de la ritondelle. Et donc, voilà. Ça peut être n'importe quelle chanson. Pas de poème, de Rambriu. Mais t'expliques ça comment ?
- Isabelle Wagner
Comment, en fait, que des chansons si anciennes reviennent comme ça de l'enfance en mémoire au moment où tu pédales sur ton vélo dans un endroit que tu ne connais pas ? Comment tu expliques ça ?
- Patrick Faure
Mauvais contrôle de son esprit, peut-être. Quand on mouline, parce que mouliner, mouliner, quand on mouline, ça peut être aussi dans la tête. On mouline, finalement... et puis il y a une espèce de tempo je pédale à cette vitesse on va dire on devient une machine je me souviens quand j'étais gamin à Bayonne il y avait une imprimerie dans la rue j'aimais bien écouter le bruit d'imprimerie il y a une espèce de
- Isabelle Wagner
musique c'est vraiment maintenant ça existe plus tout ça mais et tu t'arrêtes de temps en temps quand même pour discuter avec les gens pour vendre des photos oui mais tu fais des pauses assez fréquentes je fais les longues pauses toutes les deux heures comme sur l'autoroute ah bah oui en
- Patrick Faure
même temps tu conduis tu conduis ton vélo oui parce que quand même au bout d'un moment quand même on fatigue ça dépend de la chaleur de la météo l'année dernière je n'avais pas de météo. météo, c'était, tiens, il pleut. C'est bon. Voilà. Et quand il pleuvait, j'attendais pas qu'il fasse beau. Des fois, c'était encore Sylvain Tesson, il dit, quand il fait mauvais, va vers le beau temps. Mais Montaigne disait aussi ça. En Irlande, c'est pas du tout les mêmes règles. C'est-à-dire qu'il peut pleuvoir trois fois dans la journée, il peut faire beau le reste du temps. Donc, la question se pose pas.
- Isabelle Wagner
Est-ce que tu connais l'Irlande ou pas du tout ?
- Patrick Faure
Pas du tout.
- Isabelle Wagner
Donc c'est vraiment une grande découverte.
- Patrick Faure
Oui.
- Isabelle Wagner
Saint Patrick.
- Patrick Faure
Puis je pratique un peu de musique irlandaise, j'ai un recueil de musique irlandaise. J'ai déjà rencontré des Irlandais ici à la Réole, tout de suite il y a eu des contacts. Quand j'ai joué de la musique irlandaise, je jouais à Nair, ils connaissaient le titre de l'air, alors pas moi. je connaissais la musique 5 minutes après on se tapait dans le dos donc ça veut dire que tu vas jouer sur les petites places des bourgs ? peut-être, oui j'avais joué mais je vais aller dans les pubs et je vais arriver avec mon dos et on va voir si on m'invite à jouer ou pas je me dis tiens vas-y joue-nous un truc il est sympa,
- Isabelle Wagner
elle est viante J'ai changé à dormir peut-être à la maison.
- Patrick Faure
Ou alors on me foutra dehors en disant mais on travaille dans le monde d'eau et on revient quand ce sera le coup.
- Isabelle Wagner
Est-ce que tu as déjà prévu des choses à visiter sur ton parcours ou pas ? Ou est-ce que là aussi tu vas un peu où le vent te mène ?
- Patrick Faure
Je préfère aller là où le vent me mène. J'ai pratiqué ça quand j'avais 1,3 ans, je suis allé en Grèce et j'avais pas de carte, je parlais pas, j'avais pas d'argent, j'ai appris à parler le grec. Et puis j'ai raté plein de sites comme ça, Epidor, Corinth, Delphes, voilà, mais je suis passé à côté, mais je veux dire, ça m'a pas gêné. Parce que dès que je vois un groupe de 10 personnes, moi je fuis. Donc, pour faire du tourisme, c'est un peu un handicap.
- Isabelle Wagner
Tu préfères apprécier le voyage solo.
- Patrick Faure
Ouais.
- Isabelle Wagner
Donc est-ce que tu fais parfois des rencontres avec la faune ?
- Patrick Faure
La faune ? Oui, avec les moustiques, les araignées, les sangliers, les renards, les écureuils.
- Isabelle Wagner
C'est déjà arrivé ça ? Des rencontres un peu touchantes ? Parce que je sais que tu aimes bien les animaux aussi. Comment ça se passe dans ces cas-là ?
- Patrick Faure
Ben, j'ai jamais été confronté à des animaux qui pouvaient être dangereux. Enfin si, les sangliers quand même. L'année dernière, j'ai coupé, enfin j'ai pas coupé, mais je suis arrivé sur une route en montagne et il y avait un couple de sangliers avec des marcassins. Et je crois que que le mal était parti en... étaient en haut et j'ai vu les marcassins faire demi-tour avec leur mère Et là, je me suis dit, j'attendais un petit moment quand même. Parce que je me suis dit, si le sanglier dévoue, je vais traverser le truc, on va s'éliminer. Je n'étais pas fier. J'ai attendu un bon moment. Puis après, j'étais là, je guettais quand même. Parce que même avec un vélo, se faire défoncer par un sanglier, c'est pas génial. Surtout dans une route où on est tout seul, il n'y a personne. Une artère fait mort à trancher, ça ne pardonne pas.
- Isabelle Wagner
Est-ce que tu as une autre anecdote ? Une autre anecdote.
- Patrick Faure
ce que je n'ai pas fait, c'est se croire au même niveau que les voitures, c'est-à-dire suivre les panneaux routiers, et puis se retrouver sur une deux fois deux voie. En se disant, merde, qu'est-ce que je fous là, quoi ? Et puis une fois qu'on y est, c'est difficile de faire demi-tour.
- Isabelle Wagner
Surtout avec la conduite italienne.
- Patrick Faure
Non, mais il ne faut pas croire, la conduite italienne, ce n'est pas ce qu'on en dit en fait. Parce que comme l'Italie du Nord, en tout cas, c'est un pays où il y a beaucoup de cyclistes, donc ils sont assez respectueux. La seule fois où je me suis... J'ai été en colère après quelqu'un qui m'a doublé, c'était un cycliste. Du genre de mec qui se prend pour fausse autocopie, qui roule à 50 à l'heure et qui te double en te frôlant, comme ça, pour le plaisir. Et là tu te dis, attends, si je fais un éclair de 10 cm... j'ai le droit à faire un écart des fois tu me percutes et à ce moment là qu'est-ce qu'on fait et puis d'être doublé par des hordes de motos 10-12 motos au bout d'un moment on est un peu comme Jacques Tati Jacques Tati dans Jour de Fête au bout de la 10ème moto on ne tient plus debout parce que parce qu'on pète les plombs. Je vais me retrouver face à face, parce que des fois, on coupe un virage, parce que quand c'est le virage à la corde à droite, on se retrouve avec une pente dingue, donc on prend le virage un peu sur le côté, et puis il y a un mec qui arrive à fond la caisse en moto, et on le voit au dernier moment, c'est un bref.
- Isabelle Wagner
Oui, tu t'es fait quelques frayeurs. Mais là, en Irlande... C'est encore plus dangereux,
- Patrick Faure
surtout qu'il y a des petites routes, très étroites, il y a à peine la place d'une voiture. Donc, comme il y a beaucoup de bosses et de pentes, donc il faut faire hyper gaffe. Mais bon, il y a des pistes cyclables. Je te verrai, je te verrai.
- Isabelle Wagner
Tu vas improviser ?
- Patrick Faure
Bien sûr.
- Isabelle Wagner
C'est un peu ta spécialité ?
- Patrick Faure
Oui.
- Isabelle Wagner
L'improvisation ?
- Patrick Faure
Oui, l'improvisation. Parce que l'improvisation, en fait, c'est un jeu. Parce qu'on peut se tromper. Il y a l'improvisation au niveau de la route qu'on choisit. Il y a aussi l'improvisation. Enfin, la façon que j'ai de voyager, moi, il faut voir les antennes vraiment déployées. Parce que si on se fout dans un truc qu'on ne sent pas, on peut le payer. Généralement, ça ne trompe pas. Donc, il faut être vraiment zen. Si on est tendu, tout ça, soufflons dans des dans des trucs merdiques. Des fois, ça peut être violent. Donc, il faut être osagué. Il ne faut pas dormir.
- Isabelle Wagner
Comment on peut te suivre si on a envie de savoir où tu es ?
- Patrick Faure
Cette année, je fais une expérience. J'ai Insta, machin, les réseaux sociaux, un petit groupe où j'envoie des photos. sur des amis sélectionnés.
- Isabelle Wagner
Pour donner de tes nouvelles ? Voilà,
- Patrick Faure
c'est histoire de dire, il y a quelqu'un qui m'a dit « Ouais, vas-y, fais-nous rêver » . Finalement, il y a des gens qui ne voyagent pas, qui ne peuvent pas voyager, qui ne voyageraient pas comme ça, donc ça permet de...
- Isabelle Wagner
Par procuration.
- Patrick Faure
Voilà. On est libre de suivre ou pas. On peut quitter le groupe. Je ferme les commentaires histoire que ce soit un peu plus lisible. On peut mettre un petit cœur, une petite émougie. C'est tout.
- Isabelle Wagner
Au niveau budget ?
- Patrick Faure
On va essayer de faire au plus serré. Mais bon, je pense que... Je ne sais pas, entre 1500 balles et 2000. Parce qu'en Irlande, le problème, c'est qu'il ne doit pas y avoir, parce qu'en Italie, il y a un réseau de supermarchés, de discounts. En Irlande, je ne suis pas sûr que dans le désert, parce que dans le Donoghue, C'est les pubs, donc je pense que là, je vais manger dans les pubs, souvent, donc ça va coûter un peu plus cher.
- Isabelle Wagner
Ou alors chez l'habitant. On te souhaite un bon voyage.
- Patrick Faure
Merci.
- Isabelle Wagner
Et on va essayer de te suivre sur les routes de France et d'Irlande.
- Patrick Faure
D'accord.
- Isabelle Wagner
Good luck.
- Patrick Faure
Yes.