- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode des Clés du Maroc. Mon invitée aujourd'hui, c'est Sophie, fondatrice de Move to Casa. Elle aide les MRE et les expatriés à s'installer à Casablanca, trouver un logement, comprendre le marché, activer les bons réseaux. Ce qui est intéressant dans son parcours, c'est qu'elle n'est pas arrivée à Casablanca en tant que professionnelle de l'immobilier. Elle y est arrivée, elle a découvert la ville et c'est la ville qui l'a gardée. Bonne écoute. Bonjour Sophie, on s'est trouvé sur Instagram, on a eu un appel qui a duré bien plus longtemps que prévu et on s'est dit qu'il fallait en faire un épisode. Alors je te laisse te présenter toi, ton parcours et comment Casablanca est entrée dans ta vie.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour l'invitation. Alors je dirais mon parcours en gros, je suis née en région parisienne. J'ai donc grandi là-bas, fait mes études là-bas, commencé à travailler là-bas et j'ai rencontré aussi le futur père de mes enfants qui est franco-marocain. et qui a eu une opportunité professionnelle au Maroc en 2005. Donc, on est venus ensemble. En fait, lui ne connaissait pas non plus la vie vraiment, on va dire, la vraie vie ici au Maroc. Il était venu seulement en vacances et moi aussi une seule fois d'ailleurs, une seule fois. Et donc, c'est comme ça qu'on est arrivé en 2005 au Maroc.
- Speaker #0
Et quand vous êtes arrivé en 2005 au Maroc, est-ce que tu as tout de suite commencé à travailler dans l'immobilier ou tu as fait d'autres activités ? Qu'est-ce qui t'a passé dans l'arrivée ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. En fait, j'ai quitté mon travail parce que, comme j'ai dit, je travaillais en France, pas du tout dans ce domaine-là. Et donc, j'ai eu ma première fille une année après. Du coup, je me suis occupée de ma fille. Ensuite, on a un peu bougé parce qu'on est resté trois ans au Maroc, on est parti deux ans en Espagne. Deux ans, on est retourné en France pendant deux ans et on est revenu en 2013 au Maroc. Entre temps, en fait, entre 2005. Et 2013, finalement, on a eu nos trois filles.
- Speaker #0
Et puis j'imagine que s'occuper de trois filles, c'est un travail plus que temps plein.
- Speaker #1
Et du coup, je n'ai pas travaillé effectivement pendant presque dix ans parce qu'entre les enfants qui sont arrivés au milieu, plus les changements de pays à chaque fois, il fallait s'adapter, s'occuper des petits, etc. Du coup, je n'ai pas travaillé pendant dix ans. Et j'ai eu la chance grâce à une amie. d'avoir une opportunité dans une entreprise qui s'occupait d'installer les expatriés à Casablanca. Donc c'était vraiment un peu par hasard, parce que je cherchais à retravailler. Je ne savais pas dans quoi, parce qu'honnêtement, j'avais perdu confiance en moi. Franchement, sans travailler pendant dix ans, c'était vraiment difficile pour moi de me dire qui m'attend, est-ce que j'ai une légitimité à retrouver du travail comme ça après dix ans d'absence. Et grâce à elle, en fait, elle m'a un petit peu poussée à postuler pour cette offre. Et donc, c'est là, un petit peu par hasard, que j'ai commencé dans cette entreprise en 2015. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
D'accord. C'est bien, on va pouvoir enchaîner sur en quoi consistait cette activité. Et donc, toi, quand tu es arrivé au Maroc, à Casablanca, est-ce qu'il y a des choses qui t'ont manqué par rapport à la France ou des choses que tu n'as peut-être pas regretté par rapport à la France ? Comment ça s'est passé ? les premiers mois, parce que j'imagine que ce n'est pas forcément facile de s'intégrer dans un nouveau pays, de comprendre les différents codes qu'on va avoir par rapport à la France, surtout si on n'est venu qu'une seule fois ou deux au Maroc, pour bien s'intégrer.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors en fait, c'est vrai qu'au début, moi j'avais vraiment du mal. Enfin, j'aimais le pays, je ne sais pas comment expliquer, mais j'aimais le pays. Mais d'un autre côté, j'avais vraiment besoin de retourner très, très souvent en France pour... un petit peu avoir cette bouffée d'oxygène, avoir l'impression que c'était une petite bouffée d'oxygène. Donc au début, j'avais du mal, mais je pense parce que justement, je n'avais pas développé ce réseau amical qui est pour moi existentiel en fait, quand on arrive dans un nouveau pays, parce que sans les relations, les relations humaines pour moi, c'est un peu la vie en gros. Et je pense que sans ça, on a du mal à s'épanouir vraiment dans la vie, tout court, que ça soit dans un nouveau pays, mais je dirais qui plus est dans un nouveau pays, Parce que c'est... On n'a plus de famille, on n'a plus nos amis proches. Donc finalement, les amitiés qu'on se crée ici remplacent ces liens qu'on avait avant. Et du coup, je pense que pour se sentir bien, on a besoin de relations humaines. Donc c'est ce qui m'a manqué. Après, bien sûr que j'ai aimé, évidemment, un peu comme tout le monde, le climat, la chaleur des gens, l'accueil vraiment adorable. Et puis, nous, on avait ce côté mixte parce que du coup... Il avait quand même déjà des amis ici, donc ça a un petit peu facilité, je dirais, par rapport à d'autres qui ne connaissent vraiment personne. Mais je ne m'attendais pas non plus, parce que lui, il est marocain, donc on n'avait pas les mêmes problématiques au niveau de l'administratif. Donc là, je me suis confrontée à des petits soucis d'arrivée auxquels je ne m'attendais pas, parce que je n'étais pas informée. Donc voilà, je dirais que c'est le petit démarrage un peu compliqué. C'était l'administratif et le manque de réseau, d'amitié, de relation amicale.
- Speaker #0
J'imagine qu'on peut avoir un Marocain qui ferait le chemin inverse, qui va en France, à ce moment-là, on rencontre le même problème, ou un Français qui part dans notre pays. Oui, c'est pareil. C'est l'intégration, c'est le réseau, et une fois qu'on se fait ses nouveaux amis, ça se passe mieux. Oui,
- Speaker #1
ça marche dans tous les pays.
- Speaker #0
Et j'imagine qu'aujourd'hui, tu prends moins de billets d'avion pour aller en France pour ta petite gêne.
- Speaker #1
C'est ça. C'est là, d'ailleurs, où j'ai compris que finalement, ça y est, je me sentais bien ici. C'est quand j'ai arrêté de prendre justement ces billets pour à chaque fois faire un petit tour en France. Je me suis dit, ça y est, Sophie, c'est bon. Et si tu te sens bien maintenant. Et voilà. Et maintenant, je suis toujours content de partir, de retourner en France, d'aller voir ma famille, mes amis, ou d'aller ailleurs, d'ailleurs. Mais je suis vraiment toujours content de rentrer ici, enfin, chez moi. Et voilà, je me sens vraiment chez moi ici maintenant, oui.
- Speaker #0
Quand on rentre à la maison et qu'on est content, c'est que c'est plutôt bon signe. C'est ça. Sur l'équilibre global. Et donc, pour tes filles qui sont franco-marocaines, elles, aujourd'hui, elles sont plus marocaines que françaises.
- Speaker #1
Oui, finalement, parce qu'en fait, Moi, j'ai trois filles qui ont 19, 17 et 13. Mis à part le petit comeback pendant deux ans qu'on a fait, elles étaient petites. C'est clair qu'elles n'ont connu un peu que la vie à l'étranger, surtout au Maroc. J'en ai une qui est partie faire ses études l'année dernière. C'était un petit peu difficile de la voir partir, mais on sait que fort probablement, c'est un petit peu la suite logique de nos enfants ici. Et donc, oui, elles sont très attachées au Maroc, bien sûr. Et d'ailleurs, dans leurs conversations, quand je les écoute, soit elles veulent faire potentiellement des études ici, soit partir, mais en tout cas revenir par la suite.
- Speaker #0
Oui, mais maintenant, elles sont plus marocaines que françaises. C'est ça, peut-être plus marocaines,
- Speaker #1
dans l'absolu. Mais c'est vrai qu'elles ont un vrai amour pour le Maroc, qui est leur pays aussi, bien sûr.
- Speaker #0
Et donc, en 2015, on va dire qu'une amie ou un ami te remet le pied à l'étrier. Et quand ça se passe, quelle est ta nouvelle activité, ton métier ?
- Speaker #1
Oui, donc mon métier, en fait, c'était vraiment l'accueil des expats, parce que c'est des gens qui ont vraiment des contrats d'expatriés dans des sociétés. Leur faire découvrir la ville, en tout cas, les points d'intérêt. On ne va pas faire du tourisme, mais vraiment les points d'intérêt pour qu'ils puissent se voir ou faire leur... des choses basiques du quotidien, plus la recherche de logement. Et en fait, c'est un job que j'adore, parce que j'ai rencontré une tonne de gens venant des pays totalement différents, que même d'ailleurs, limite, je ne connaissais pas, et qui m'ont parlé beaucoup de leur expérience. Et ça m'a vraiment appris beaucoup de choses sur la vie d'expat en général. Et c'est une grande richesse. Moi, j'ai trouvé que ça, c'est le gros point positif de ce travail.
- Speaker #0
Et j'imagine que le fait d'avoir eu les mêmes problèmes ou le même parcours avant eux, t'as permis de les aider, d'éviter de leur faire faire des erreurs que t'as peut-être subies ou réalisées toi-même.
- Speaker #1
Exactement. Du coup, j'avais l'expérience d'une arrivée aussi seule, sans accompagnement. Donc, c'est vrai que ça facilite beaucoup. En fait, pour eux, c'est un gain. Un gain de temps, un gain d'énergie. Ils sont déjà fatigués par une grosse charge mentale de beaucoup de choses, le changement de travail, comment gérer la famille, les enfants, l'inscription à l'école. Donc, en fait, on leur enlève vraiment une grosse charge. Et pour eux, c'est... Enfin, en tout cas, moi, je pense qu'il n'y en a pas un qui ne m'a pas dit « Oh là là, franchement, heureusement, parce que c'est tellement plus facile, plus pratique quand on a quelqu'un qui... » connaît, qui est passé par la même chose. Aussi, le fait que je sois étrangère leur permet de me poser des questions, je dirais un peu plus sur la culture, sur la religion, comment ça se passe ici. Donc, ils sont contents aussi d'avoir un contact qui a vécu les mêmes choses et qui peut leur parler vraiment de ces sujets.
- Speaker #0
Et donc là, tu fais cette activité pendant quasiment huit ans, pour une autre entreprise. Et à quel moment est-ce que tu t'es dit, je vais travailler pour moi-même, je vais entreprendre ?
- Speaker #1
Alors, comme tout le monde, on a subi le Covid, on va dire. Et nous, c'était vraiment difficile parce que pas d'avion, pas de client. Donc forcément, voilà. Moi, il faut savoir aussi que dans cette société, j'étais en freelance. Donc j'avais déjà créé ma structure. enfin une SARL en fait, et je facturais à la mission. Donc pas de client, pas de facturation, donc c'était très difficile honnêtement. Il faut savoir aussi qu'il y avait eu restructuration de cette entreprise, il y avait eu rachat justement juste avant le Covid. Voilà, le travail était différent, il fallait aussi, en fait, il y a eu perte de chiffre d'affaires quand même, et moi il fallait parce que Ce que je n'ai pas dit, c'est qu'entre temps, on s'est séparés avec le père de mes enfants. Donc, j'étais toute seule. Donc, il fallait quand même que je subienne aussi aux besoins de ma famille. Et donc, j'ai dû faire le choix vraiment de partir pour gagner mieux ma vie. Au début, j'ai pensé, franchement, je ne savais même pas si j'allais repartir là-dedans. Mais je savais qu'il fallait que je... De toute façon, je n'avais pas d'autre choix que de changer de cap et vraiment être... Parce que freelance, oui, j'avais ma structure. mais j'étais en train entrepreneur à moitié, on va dire, parce que l'émission, ce n'est pas moi qui l'ai cherchée. Je suivais un process d'une entreprise. Donc oui, tu es entrepreneur, mais à moitié. Là, j'ai dû vraiment me créer ma propre entreprise. J'ai tout de suite commencé par créer des afterworks parce que dans mon travail auparavant, il n'y avait pas cette dimension de networking. Vu mon expérience du début, c'est-à-dire que j'avais compris qu'en fait, pour être bien dans un pays, il faut quand même développer ses relations dans ce pays, que ce soit en local, bien sûr, ou des expats, mais en tout cas, développer ses relations. Je me suis dit que c'était vraiment quelque chose que je n'avais pas fait jusque-là dans l'entreprise avec laquelle je travaillais. Donc, j'ai commencé par faire ces Afterworks qui étaient ouverts à tous parce que moi, je n'ai jamais voulu faire. un réseau uniquement d'expatriés entre expatriés, parce que je trouve que, sincèrement, ne pas se mélanger aux gens du pays, c'est une grosse erreur, parce que...
- Speaker #0
C'est même dommage de ne pas... Ou presque l'essence même du...
- Speaker #1
Ben oui, je ne sais pas.
- Speaker #0
De la mission, entre guillemets.
- Speaker #1
Sinon, on nous plaimouette l'essentiel, en fait. Après, il y en a qui ne le font pas. Et ça, je trouve ça vraiment dommage. Moi, j'essaye toujours, quand mes clients arrivent, de leur dire que c'est vraiment important de faire le pas vers les Marocains, les Marocaines, et vraiment d'essayer de créer des liens et plus, de vraies amitiés avec eux, parce qu'ils nous apprennent énormément. C'est une grande richesse. Et puis, comment être effectivement dans un pays sans connaître les gens du pays ? Pour moi, ça paraît...
- Speaker #0
Oui, autant rester chez soi, si on n'est pas à voir les autres. Et dans ce club, quand tu le lances, donc c'est ouvert pour les expats, pour les Marocains. Giovanni, tu m'étonnes, tu es dans tout le Casablanca, comme tu es à Casablanca. Comment se passe le début ? C'est d'abord beaucoup d'expats. Est-ce que les Marocains sont aussi curieux de rencontrer des expats, parce qu'ils ne sont pas forcément l'occasion de les voir ? Comment ça se passe ? Après,
- Speaker #1
souvent, en fait, les Marocains qui viennent, c'est aussi souvent des Marocains qui ont fait leurs études à l'étranger, qui ont envie de sortir un petit peu aussi de leur cercle. habituelles, c'est-à-dire familiales, amicales, qu'ils ont l'habitude d'avoir depuis 30 ans, 40 ans. Et voilà, ils veulent un petit peu de nouveauté, des gens... Donc, ce mix se fait vraiment bien. Le dernier était top. On a passé un super moment. Les gens sont, en plus, très ouverts à ça. C'est-à-dire que, quand j'arrive, je leur dis, c'est à vous de faire l'effort d'aller vers des gens. Et de... Voilà, les gens sont là pour discuter. Donc, il ne faut pas rester avec la personne avec qui vous êtes venus. Il faut vraiment aller dans les groupes, créer du lien et faire l'effort de Merci. Et de sortir un petit peu de sa zone de confort. Parce que finalement, c'est quelque chose qui n'est pas toujours agréable à faire. Mais quand on le fait, on sent vraiment une différence et une valeur ajoutée.
- Speaker #0
Et les gens parlent anglais, d'Arridi, ou français, ou un peu de tout ? Ça dépend des groupes ?
- Speaker #1
Franchement, on a de tout. C'est vrai que je dirais que c'est un peu plus francophone. Un peu plus francophone, c'est clair. Mais on a aussi des anglophones. Voilà. Donc, il y a un peu de tout. Il y a un peu de tout. Et c'est un très bon mix. Et tout le monde passe un bon moment. Honnêtement, c'est vraiment...
- Speaker #0
Et vous réunissez tous les mois ?
- Speaker #1
Tous les mois, oui. Je fais effectivement un événement tous les mois. Là, j'ai un peu changé. Ce mois-ci, je vais faire plutôt un sport and brunch. Parce que le sport, c'est un peu... Voilà. une grande partie de ma vie. Donc, je voulais aussi partager ça avec les gens de la communauté.
- Speaker #0
Donc c'est marocain, français, expatrié. N'hésitez pas à aller une fois par mois aux after work. Et même pour le sport en bronze, j'ai vu que le bronze c'est après le sport. Oui, d'abord l'effort, après le réconfort. Et donc ta première décision d'air entrepreneuriale, c'est de créer cet after work qui j'imagine a créé des prix commerciaux ou une crédibilité, même pour toi, de relancer. L'activité était quasiment... 0.0 2022-2023 ? Oui,
- Speaker #1
c'est sûr que franchement, c'était une année un peu difficile en 2023, parce que je quittais tout. L'avantage, le gros avantage, c'est que j'avais quand même un réseau de 8 ans. Donc, des gens qui me connaissaient, qui savaient que je faisais ça. Moi, je n'ai jamais été très bonne pour me vendre. D'ailleurs, heureusement, je suis très contente. En fait, tous les clients que j'ai, c'est que de la recommandation. Ça, ça fait plaisir parce que je pense que c'est les meilleures choses d'avoir des recommandations. C'était aussi, bien sûr, déjà un, parce que je savais qu'il y avait un besoin, et de deux aussi parce que je sais que finalement, quand tu crées un business, il faut développer ton réseau au maximum. Moi, je le fais avec mon cœur, c'est-à-dire que je ne le fais pas par intérêt. Je ne vais pas parler avec une personne par intérêt. Je le fais parce que ça me fait plaisir. Ceux qui ne me disent rien, je n'y vais pas. Mais je sais qu'en fait, chacun apporte sa petite pierre à l'édifice. Moi, je peux aider dans un sens, quelqu'un peut aider dans un autre sens. Et puis, au bout d'un moment, en fait, se faire connaître, se faire connaître son activité, même si ce n'est pas pour la personne qu'on a en face. Au bout d'un moment, peut-être qu'elle va nous recommander pour une personne qui a un besoin. Et ça se fait comme ça. Donc, moi, je pense que c'est existentiel, en fait, de se créer, de réseauter, de développer son réseau pro et amical.
- Speaker #0
dans l'immobilier, c'est en la base, le réseau est souvent quasiment la force numéro un. Et après, comme on a échangé en amont, il y a aussi dans la vie en général, avoir un réseau, c'est avoir des amis, avoir des gens sur lesquels on peut compter, qu'on peut aussi conseiller, on donne, et parfois, on se passe plus tard, parfois jamais aussi. Mais effectivement, le réseau, c'est souvent plus les faits de manière désintéressée et sont plus, ce sera même profiteur, indirectement profitable.
- Speaker #1
Oui, parce que les gens voient de toute façon, quand c'est intéressé, je pense qu'il y a tout.
- Speaker #0
Avec un gros sabot, souvent, ça se fait un peu plus.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, je pense qu'il faut être le plus naturel possible, essayer vraiment de faire les choses avec le cœur. Et en général, quand on fait ça, il y a un retour. Et même si ce n'est pas un business, c'est une belle amitié, c'est des conseils intéressants. Donc, franchement, c'est toujours gagnant, au final.
- Speaker #0
Toujours. Tes premiers clients arrivent plutôt par recommandation parce que tu as pu profiter de ton travail. que les bons clients sont souvent les meilleurs commerciaux parce que c'est eux qui vont se recommander. Et alors là, c'est de manière totalement désintéressée et sur une expérience réelle, donc souvent ça rassure les personnes. Ça commence doucement l'activité ou ça recommence assez vite et tu profites du post-covid une fois que tout est rentré dans l'ordre.
- Speaker #1
Franchement, 2023 a été... Non, on ne va pas dire que j'avais 15 000 clients la première année, c'est clair. Parce que tout se fait avec le temps, bien sûr. Voilà, tout se fait avec le temps. Donc là, le fait que je recommence et que je sois seule, les gens doivent comprendre que maintenant, ça s'est fait au fur et à mesure. Mais plus les années passent, effectivement, on arrive à la troisième année. Effectivement, chaque année, ça progresse. Donc, je suis très contente. Oui, très contente.
- Speaker #0
Et comme ça a l'air de bien se passer, si tu avais su aujourd'hui où tu serais aujourd'hui avec Move to Casa, à refaire, tu le referais plus tôt ou tu le ferais quand même ? Non,
- Speaker #1
je pense à ça. parce que je me suis dit... Je me suis dit, finalement, tu aurais dû faire ça avant. C'était ma première remarque à moi-même. Quand j'ai commencé ça, en fait, je me suis dit, c'est dommage, parce que vraiment, c'est super d'être... Mais non, j'ai tellement appris grâce à mon expérience précédente. D'ailleurs, merci Charles, parce que c'est celui qui m'avait recrutée à l'époque, qui n'est plus du tout dans ce domaine, mais vraiment, je le remercie, parce qu'il m'a fait confiance au début et m'a vraiment aidée, franchement, parce que j'avais perdu vraiment confiance en moi. Il m'a aidée et les clients aussi que j'ai eus, comme ils étaient contents. Je voyais que du coup, mon travail était... Voilà, que les gens étaient contents. Donc, ça m'a beaucoup aidée. Mais je pense que ces huit années m'ont permis aussi de me construire moi-même, de prendre confiance en moi, d'avoir mon réseau. Et du coup, non, en fait, c'était très bien. Je pense que chaque chose en son temps. Et moi, je prends un petit peu la vie comme elle vient.
- Speaker #0
c'est-à-dire que je pense qu'il y a des raisons pour tout et ça c'était une étape parce que par rapport à comment c'est un proto peut-être qu'il va manquer l'expérience ou le réseau c'est un peu le fil de l'expérience
- Speaker #1
Maintenant, ça fait 11 ans même maintenant que je fais ce métier. Donc, je fais aussi toute la partie immigration. Donc, bon, bref, ça, c'est moins sympa.
- Speaker #0
Je m'imagine que c'est tout ce qui est papier. Moi, ce n'est pas mon truc. Donc, je suis très content de voir quand les gens s'en occupent.
- Speaker #1
Donc, en fait, oui, c'est trois parties. Mon travail, c'est vraiment la relocation, donc recherche de logement, les conseillers aussi pour tout ce qui est après, tout ce qui va autour. C'est-à-dire qu'il y a, OK, il y a un logement, mais bon, il y a tout ce qui est banque. Internet, oh électricité comment ça marche etc. Bon évidemment que je leur donne aussi tout mon réseau si je peux les aider dans ce qui va avec à côté les questions qu'ils ont, j'en sais rien moi enfin bref tout ce qui est création d'entreprise, déménagement tout ce qui est en rapport avec les questions que se pose un expat ou les problèmes que peuvent rencontrer des expatriés donc la partie immigration, carte de séjour, permis de travail quittu fiscal etc. et la partie networking qui pour moi voilà.
- Speaker #0
c'est pas là où je gagne ma vie clairement c'est juste quelque chose qui me plaît et qui est bénéfique pour tout le monde et pour eux et pour moi c'est la partie amusante et aujourd'hui donc là donc t'as parlé un peu des différentes missions que tu fais demain on va dire on va prendre un cas pratique entre guillemets on va dire qu'il y a un français qui vient de en France de Paris parce que c'est la capitale il te dit qu'en 3 semaines il faut il vient à Casablanca et il lui faut il lui faut tout alors sauf le travail parce qu'il l'a, comment ça se passe concrètement ? Quelqu'un qui t'appelle pour dire, dans trois semaines, j'arrive avec ma femme, mes cartons, mes valises et mes enfants.
- Speaker #1
En général, ma première question, c'est de comprendre un petit peu l'environnement. C'est-à-dire qu'on a un appel. Et j'essaye de comprendre déjà quelle est leur vie actuelle, qu'est-ce qu'ils recherchent pour les enfants, justement comme école, quel quartier, où est-ce qu'ils vont travailler, quelles sont leurs habitudes, est-ce que c'est des citadins ? des gens qui aiment plutôt le calme. Donc, il faut que je comprenne un petit peu leur mode de vie et leurs attentes avec leur budget, évidemment aussi, parce que des fois, ça ne colle pas toujours avec leurs attentes, ça ne colle pas toujours avec le budget. Donc, il faut un petit peu leur expliquer, parce que c'est vrai qu'il y a certains a priori, des fois, des étrangers qui pensent que le Maroc, ce n'est pas très cher, alors qu'on a quand même des postes assez importants en termes d'école. Donc, on va dire que les postes les plus importants, c'est vraiment l'école. Et le logement, j'essaye de comprendre un petit peu si ça matche avec leurs attentes. Et après, en fonction, du coup, j'organise. Moi, j'ai un gros réseau, évidemment, d'agents avec qui je travaille. Donc, je fais la recherche. Là, on va parler du logement. Je fais la recherche, je leur envoie les propositions, j'organise vraiment les rendez-vous. Et moi, j'ai comparé un agent immobilier, je dirais que j'ai un rôle vraiment de conseil. parce que on va dire qu'un agent immobilier classique, il va vouloir un peu tirer la couverture vers le bien qu'il veut louer. Ce qui est normal. Alors que moi, que ce soit celui-là ou un autre, en fait, pour moi, ça ne change rien. Donc, moi, je suis là vraiment pour conseiller par rapport aux attentes et au mode de vie. Et même, je dois aussi conseiller sur la qualité du bien, l'environnement, dire qu'il faut faire attention à ça, qu'il faut vraiment prendre en compte ce paramètre, etc. Donc, je suis vraiment du côté du client pour qu'il se sente en confiance et qu'il ait quelqu'un sur qui se reposer. Et donc,
- Speaker #0
quand tu identifies différentes maisons ou appartements, j'imagine que tu lui envoies d'abord une sélection de photos ou vidéos.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'ils ont le temps de venir visiter ou est-ce qu'ils te font confiance en disant, bon, les vidéos, ça a l'air top ? Tu as bonne réputation et bon bah...
- Speaker #1
J'ai déjà eu ça, même plusieurs. J'en ai eu même plusieurs récemment. J'étais un peu étonnée d'en avoir autant récemment. Des gens qui ne sont jamais venus à Casa et qui m'ont fait confiance sur les quartiers et la qualité du logement. Évidemment que quand j'ai ce genre de choses, là, moi, je ne suis pas fan de ça. Je préfère que les gens viennent parce que c'est très difficile de se mettre à la place de quelqu'un et de vraiment... En fait, je pense qu'il vaut mieux sentir le quartier. et se dire « c'est vraiment là que j'ai envie de vivre » . Donc je pense qu'il vaut mieux venir. Mais dans l'idée où ce n'est pas possible, je peux le faire. C'est-à-dire que je fais des vidéos du quartier, j'explique vraiment tout ce qu'il y a, quelles sont les activités, c'est quoi les avantages, les inconvénients, le bruit, etc. Je fais des vidéos de la rue, du bien. Je fais des vidéos du bien. Je dis les points négatifs, mais vraiment les points négatifs. C'est-à-dire que même j'appuie sur les points négatifs, parce que je ne veux pas qu'on me reproche après d'avoir caché quelque chose. Exactement. Donc non, non, moi, au contraire, je ne veux pas avoir cette responsabilité. Donc je dis vraiment les points négatifs, les points positifs. Je fais vidéo et ensuite, on débriefe sur tous les biens. Et je leur donne aussi mon avis. Ils me disent ce qu'ils en pensent et ensuite, on... On choisit ensemble au final, parce que du coup... Oui,
- Speaker #0
c'est un truc qui a composé ce qui pourrait bien correspondre à leur demande.
- Speaker #1
Et après, on fait les démarches à distance. On peut en faire une partie. Il y a une autre partie qu'ils devront faire en arrivant. Et moi, je leur prépare le terrain pour tout le reste, banque, etc. Donc, je gère tout.
- Speaker #0
Et donc, je pense que c'est cette partie administrative qui est... Moi, je veux dire, la phobie administrative, comme beaucoup. Et c'est bien que les gens le fassent. Donc là, c'est même pour eux que tu vas... faire les démarches pour ouvrir un compte bancaire au Maroc, ouvrir tous les contrats d'énergie, d'eau, internet, téléphone j'imagine aussi. Et sur toute la partie purement administration légale, toi tu vas aussi faire tout ce qui est papier d'immigration. Donc ça, on te remet, il délègue à toi et ça tu t'en occupes.
- Speaker #1
Exactement. Mais en fait, je pense que oui, ça paraît une montagne. C'est vrai que quand on n'a pas les bonnes informations et quand on n'a pas le bon réseau ou les bons contacts, c'est beaucoup compliqué. Moi, je l'ai vécu aussi en arrivant. Je ne connaissais rien, je ne m'étais même pas informée avant. Je pensais qu'arriver comme ça, c'était OK. Tout le monde m'attendait en fait. Mais non. Du coup, je pense que c'est juste qu'il faut avoir le bon contact et les bonnes informations. Et à partir de là, honnêtement, on n'a pas de gros soucis.
- Speaker #0
Et sur les quartiers, donc là, tu disais que tu connais plutôt bien tous les quartiers avec leurs défauts et leurs qualités. Aujourd'hui, les expatriés ou tes clients, ils vont dans quel quartier de Casablanca ? C'est un peu le top 3 des quartiers de Casablanca que tes clients préfèrent. J'imagine qu'il y a sûrement un lien avec ceux qui ont les enfants par rapport aux écoles. Ils ne sont pas trop loin des écoles, j'imagine.
- Speaker #1
Après, pour les appartements, je dirais que la grosse demande du moment, c'est CFC, en tout cas dans Casa. CFC, après tout ce qui est Racine, Gauthier, Triangle d'Or parce que ça reste le centre-ville et les gens aiment bien avoir cette vie de quartier donc ça c'est plutôt pour les appartements en dehors évidemment de Bouscouras parce que Bouscouras j'ai pas mal de demandes aussi que ça soit pour villa ou appartement je dirais que voilà et pour les maisons alors maisons CIL c'est fou je pense je sais pas Ça doit être plus de la moitié de mes demandes sont au CIL. Après, il faut avoir le budget qui matche avec le quartier. Sinon, ça va être Indièbe aussi. Pour les villes, je voulais parler des villes là. Donc, on va dire Indièbe, Anfa, Longchamp, CIL, Oasis, Californie, Bouscoura, Darboisat, évidemment. Pour un budget un peu moins... Quand on a un budget un peu moins important et qu'on veut être près de la mer.
- Speaker #0
Et au niveau des casablancais, les prix ont comme assez augmenté des loyers. Aujourd'hui, tes clients, ils arrivent encore à suivre ou tu sens qu'il y a quand même plus attention alors que les entreprises qui parfois participent à la prise en charge du loyer, tu sens que le budget est peut-être plus contraignant qu'auparavant ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, les entreprises font plus attention. Déjà, elles en voient moins, je pense, même si j'ai un flux quand même qui augmente, mais ça ne veut pas dire que... qu'il y a le nombre d'expatriés qui augmente. Je pense qu'il y a un vrai problème de coût maintenant. Donc, c'est sûr qu'ils font plus attention et que, sur certaines sociétés, moi, j'ai bien vu qu'ils diminuaient aussi les budgets. Et les prix augmentent aussi. Donc, voilà.
- Speaker #0
L'effet ciseau n'est pas forcément bon. Et on parlait, avant, de tes clients, des expatriés. Est-ce que tu n'as que des clients expatriés, on va dire français ou étrangers ? Ou tu as aussi d'autres types de clients qui font appel à toi pour s'installer à Casablanca ?
- Speaker #1
Oui, alors là, dernièrement, avec ce qui se passe évidemment en Europe et les difficultés qu'ils ont, je dirais particulièrement en France ou en Belgique, j'ai beaucoup de MRE qui souhaitent venir et teinter leur chante ici. Ou alors qui ont des opportunités aussi professionnelles. Donc là, il y a une grosse vague. quand même. On le voit vraiment je dirais depuis 2-3 ans quand même. Après aussi, j'ai les Marocains qui sont nés ici, mais qui sont partis pendant des années 10-20 ans à l'étranger faire leurs études, puis leur expérience professionnelle, et qui reviennent aussi, mais qui sont un peu perdus parce que soit ils ne sont pas natifs de Casablanca, soit ils reviennent, mais en fait ils reconnaissent un peu plus le Maroc, plus Casablanca, parce qu'il y a des nouveaux quartiers. type CFC, etc., donc ils s'affluent trop comment ça marche. Ou alors, ils avaient toujours été logés dans leur famille, et là, ils cherchent pour eux. Ils ont besoin un petit peu de conseils.
- Speaker #0
Voilà, quand ils reviennent.
- Speaker #1
Et est-ce que ce n'est pas parfois plus difficile pour un éméreur de venir vivre au Maroc ? Quand on dit qu'un Français qui ne connaissait pas le Maroc et qui lui vient au Maroc en ne connaissant quasiment rien, est-ce que tu vois que c'est deux profils différents en termes d'intégration, même de demande de logement, de quartier ? Ou est-ce que finalement, je ne sais pas si on avait les mêmes demandes, ou alors c'est quand même deux clients très différents ?
- Speaker #0
Alors... Alors, pas si différents sur les demandes. C'est à peu près similaire. Je dirais que les MRE et les expats français ou étrangers visent un peu les mêmes quartiers, les mêmes écoles. Donc, c'est à peu près la même chose. Après, pour avoir discuté de ça avec des MRE, je sens qu'ils ont des difficultés ici à s'intégrer. Plus, finalement, que des étrangers. Parce qu'ils ont un mindset un peu différent des Marocains qui ont grandi ici et qui ont fait tout ça. toute leur vie ici. Et des fois, ça ne matche pas entre eux. Ils ont un peu de mal à se comprendre, ont un peu de mal à créer du lien. Donc, c'est les retours que j'ai, en tout cas, de certains. Et des fois aussi, moi, j'en ai un récemment qui m'a dit qu'il trouvait que les opportunités pro étaient plus destinées à des Marocains du Maroc qu'à des MRE. Bon, ça, c'est un retour que j'ai eu, mais voilà, c'est à peu près les problématiques qu'ils rencontrent. quand même.
- Speaker #1
D'accord. On pourrait faire un parallèle avec quelqu'un qui part de Paris et qui va vivre dans une petite ville de France. Oui,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Finalement, c'est peut-être la même...
- Speaker #0
Le Parisien qui va en province, il n'est pas super accueilli non plus.
- Speaker #1
L'intégration est un peu difficile, même si la même langue, la même école, en théorie, le même programme. Il y a quelques différences, donc il y a un temps d'adaptation pour que ça se passe bien.
- Speaker #0
C'est ça. Après, moi, je dis toujours, d'ailleurs, à tout le monde, en fait, que quand on arrive, c'est à nous de faire l'effort, c'est à nous de nous adapter, c'est à nous de faire le premier pas. Parce que c'est vrai que les Marocains qui ont grandi ici ont déjà leur réseau, ils ont leur famille. Mais c'est à nous de faire l'effort et d'essayer de créer du lien avec eux. Et je pense que les Marocains sont très accueillants. Après, bien sûr, ça ne veut pas dire que s'ils sont accueillants, on rentre tout de suite dans leur vie. Comme tout le monde, je pense qu'il faut un petit temps, voir, ils ont besoin de voir qui on est. Donc, c'est une histoire aussi, ça se crée avec les années, les amitiés, les vraies amitiés. Mais en tout cas, il faut faire cette démarche et ne pas être sur la défensive. Et vraiment accepter aussi les différences. Et c'est ça, l'intégration, c'est vraiment respecter l'autre, sa manière de vivre, être tolérant par rapport à ses différences et faire l'effort. parce que si on ne fait pas l'effort Voilà, on n'arrivera pas à connecter.
- Speaker #1
Est-ce que, avec tout ce que tu dis, parfois, il y a des profils de clients, ils t'ont choisi, et quand tu fais la mission, mais tu te dis, pour eux, ça va être très compliqué, ils vont se planter, parce qu'ils n'ont pas le bon mindset.
- Speaker #0
Ça, c'est ce qui fait tout, en fait. Moi, je vois, en fait, les gens qui sont trop carrés, trop... Mais ce n'est pas une critique, parce que... Ils ont grandi comme ça, ils ont été dans des pays, des fois, qui sont très organisés, où tout est carré, on n'a pas besoin de relancer. Et du coup, je les vois arriver, ils sont quand même très fermés parce qu'ils ne comprennent pas certaines choses, ils sont énervés par des situations, que des fois ça ne se fait pas tout de suite, dans la seconde, qu'il faut patienter, qu'on nous dit oui, mais au fait c'est non. Donc il faut arriver. Moi, je dis qu'ici, on devient un petit peu philosophe, en fait, sinon... sinon on ne s'adapte pas parce que par exemple si on prend le truc basique de conduire ici si tu t'énerves parce que il n'est pas sur la ligne ou que le rond-point te passe avant alors que c'était toi etc en fait toi tu vas t'énerver tu vas mal vivre le moment lui il n'en a rien à faire clairement tu ne vas pas changer en plus sa manière de donc c'est à nous aussi de nous dire ben c'est pas grave c'est comme ça c'est différent Ah ! Et à nous de nous adapter. Les gens qui sont trop rigides, ou qui attendent trop, ou qui sont trop dans... Voilà, il faut être patient, il faut comprendre les différences, on n'a pas le même rapport au temps, et c'est comme ça. Donc, je pense que quand on est trop rigide, et qu'on fait toujours aussi la comparaison avec le pays d'où on vient, on peut foncer dans le mur.
- Speaker #1
qui est des origines allemandes. Donc plutôt carré que le bord bien arrondi. J'ai appris que c'est pas comme en Allemagne et qu'il y a d'autres côtés positifs que pas forcément.
- Speaker #0
Il faut prendre le positif de chaque endroit.
- Speaker #1
On prend plus de temps, il y a le temps du café, le temps du thé, que j'aime beaucoup. Donc on apprend, mais si je veux appliquer la méthode franco-allemande au Maroc... Oui, j'aurais des problèmes cardiaques qui vont arriver très rapidement, je vais m'énerver rapidement. Donc, j'ai appris à être plus cool, entre guillemets. C'est comme ça, de toute façon, ce n'est pas moi qui vais les changer. Ce n'est pas moi de le faire et qu'en plus, ils n'ont pas envie. Et ce n'est peut-être pas forcément moi qui ai la bonne solution. Même si parfois, sur les horaires, je me dis, j'aime bien quand les gens arrivent à l'heure. Et c'est comme ça, j'anticipe. Je sais que quand je donne un horaire, il y a... Un petit quart d'heure, une demi-heure, j'en profite pour me poser, faire d'autres choses. Et puis finalement, on s'adapte et ça se passe bien. Et puis, il ne faut pas s'énerver au volant. Alors même si j'ai appris à conduire à Paris, en France, considéré comme très compliqué, beaucoup d'anciens n'arrivent. Bon, après, quand on arrive au Maroc, c'est encore un autre level. On dit, bon, ok, on ne va pas... Effectivement, on s'est pris de trois coups de poisson en dix minutes. De toute façon, c'est... Comme tu as dit, la personne qui l'a fait, il n'a même pas...
- Speaker #0
Je laisse passer, je roule très cool. Tu veux passer, passe. Tu veux tourner.
- Speaker #1
On met un peu de musique et tout se passe bien. Et le trajet se passera bien. C'est comme ça qu'il faut le prendre. Donc, tu as les clients. Parfois, tu le vois dès le début que ça va mal se passer.
- Speaker #0
Oui, moi, je leur dis.
- Speaker #1
Tu leur dis cash en disant attention d'aller droit dans le mur.
- Speaker #0
Je ne leur dis pas comme ça. Mais je leur dis qu'en fait, pour vivre, correctement l'expérience, il faut vraiment lâcher prise. Parce qu'il y a des choses où tu dois lâcher prise et que c'est important pour son bien-être et pour son expérience. Parce que s'il est toujours dans le contrôle, vouloir que ça soit comme il veut, etc., non, ça ne marchera pas. Donc moi, je les vois des fois un peu en souffrance au début, parce que, voilà, surtout les débuts, parce qu'au début, évidemment, moi, j'ai jamais vu un truc qui roulait tout seul. Des fois, des petites réparations, des choses qui ne fonctionnent pas, ils viennent et ça ne refonctionne pas. Enfin voilà, donc il faut être un peu... patient. Je sais que ce n'est pas évident, mais si on n'a pas cet état d'esprit de lâcher prise ou de se dire que bon, ok, on va patienter, ça va aller, qu'au bout d'un moment, on en rigolera même, ben voilà, ça va être difficile. Donc je leur dis oui.
- Speaker #1
Et t'en as comme certains, une fois que tu leur dis, tu sens qu'ils prennent doucement le feu. Oui,
- Speaker #0
un petit peu, ça pose un autre angle. Et puis des fois, dans le couple, parce que souvent, c'est des couples. Dans le couple, il y en a un qui est plus cool que l'autre. Alors l'autre, quand même, comprend ce que je dis et essaye aussi de faire son petit job à côté. Donc voilà, il faut du temps aussi.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as des profils ou des entreprises qui envoient des salariés au Maroc ? Ils ne sont pas là par choix ? Ils n'ont pas trop envie d'être là ? Ou vraiment, ceux qui viennent, ils ont tous été volontaires pour venir à Casablanca ?
- Speaker #0
Honnêtement, majoritairement, c'est là. C'est une volonté, déjà. Déjà, la chance que l'on a, c'est que les personnes qui font la démarche d'aller vivre à l'étranger, majoritairement, ce sont des gens qui sont ouverts d'esprit. Voilà, parce qu'il faut quand même être un peu ouvert d'esprit pour changer. Surtout quand on est, par exemple, européen, qu'on va dans un pays musulman, c'est pas du tout la même culture, la même religion. Et majoritairement, en plus, le Maroc, dans le monde, c'est quand même, maintenant, depuis quelques années, Un pays qui est vraiment mis en lumière, qui est reconnu pour sa chaleur, la gentillesse des gens. Et du coup, je pense qu'ils viennent vraiment par plaisir comparé à d'autres pays où les expats sont envoyés. Et là, c'est beaucoup plus difficile parce que les pays sont moins accueillants et les conditions sont plus difficiles. Non, ici, je pense que majoritairement, c'est un vrai choix.
- Speaker #1
On parlait un peu des erreurs fréquentes que puissent faire les expatriés ou ceux qui reviennent. donc dedans c'est en fait une seule à retenir, c'est de pas vouloir entre guillemets s'adapter à la culture locale et de s'ouvrir aux autres, est-ce qu'il y a peut-être d'autres erreurs où tu dis ah ça c'est des choses à ne pas faire et que certains font sans forcément avoir conscience au début que c'était...
- Speaker #0
Je dirais qu'il faut quand même ceux qui arrivent via des entreprises sont un peu mieux organisés que ceux qui viennent tout seuls mais ceux qui viennent par eux-mêmes, qui veulent tenter leur chance ici, moi je pense qu'il y a un problème de... ils n'évaluent pas le coût Parce que, voilà, comme j'ai dit tout à l'heure, en fait, c'est quand même... Quand on veut vivre un peu à l'européenne, dans le sens où on va dans une école étrangère, on a un logement dans un quartier sympa, il faut prévoir quand même des budgets. Et ça, des fois, ils n'ont pas trop la notion des coûts. Donc, je dirais que ça, c'est des erreurs qu'ils font.
- Speaker #1
Et en termes de budget, c'est quoi le budget ? Ça n'aurait pas de plus.
- Speaker #0
Ça, c'est difficile.
- Speaker #1
Une fourchette, on va dire, parce qu'effectivement, parfois, on a l'impression que le Maroc est un pays... pas cher, enfin tout est pas cher et donc c'est presque gratuit. Les prix ont quand même, il y a de l'inflation partout dans le monde et que la vie au Maroc n'est pas, c'est pas une vie pas chère non plus. Surtout comme tu dis, si on veut vivre entre guillemets à l'européenne et que le coût de l'éducation coûte très cher.
- Speaker #0
Une école française, en gros, c'est minimum 40 000 dirhams par an jusqu'à 70 000 dirhams par an. Ça, c'est hors cantine, hors activité extrascolaire, parce que ça aussi, nous, on n'a pas de subvention, donc c'est plutôt cher. C'est hors transport, voilà. Et après, bon, bah oui, le logement, quand on veut un logement un peu sympa dans un quartier, bon, moi, je dirais qu'en fait, quand on arrive ici et qu'on n'a pas d'enfant, encore, on peut se sortir avec un train de vie plutôt facile parce qu'on a de quoi aussi manger pour... pas trop trop cher. Enfin, ça dépend si on achète des produits aussi importés ou pas. Donc, ça dépend de notre mode de ce qu'on achète dans les magasins. Mais dès qu'on a des enfants ici, il faut vraiment intégrer les coûts.
- Speaker #1
D'accord. Donc, le coût de l'éducation peut être le premier poste de dépense. Oui,
- Speaker #0
ça et le logement en fait. Ça, c'est les deux gros postes de dépense.
- Speaker #1
Parce que c'est l'impression que j'ai qu'ils ont oublié ce poste de dépense. Ça,
- Speaker #0
c'est les démarches aussi parce qu'ils pensent qu'ils vont arriver ici, ils vont... trouver, par exemple, ils n'ont pas de travail, ils vont penser qu'ici, on les attend pour travailler, mais non, il y a la préférence nationale. Donc, il faut savoir que ce n'est pas toutes les entreprises qui vont pouvoir vous embaucher. Il y a des démarches à faire en amont, c'est coûteux un petit peu pour eux, ça peut être refusé parce qu'évidemment, il y a la préférence nationale, donc ils vont proposer d'abord le poste à des Marocains pour ensuite voir s'il y a un Marocain qui peut prendre le poste. Si ce n'est pas le cas, effectivement, là, ça peut être potentiellement possible. pour vous, mais sinon, non. Donc, il faut bien le savoir en amont. Et aussi, donc ça, c'est toute la partie pour avoir, parce que si on n'a pas de travail, on ne peut pas avoir de carte de résident. Ou alors, si on n'a pas de travail, il faut créer sa structure pour avoir une carte de résident, mais il faut que ça soit une structure qui fonctionne. Donc, en fait, c'est quand même beaucoup de choses qu'on doit savoir en amont, des démarches, même pour la banque. Si on n'est pas résident, on ne peut pas avoir un compte en dirham, on ne peut avoir qu'un compte en devise, où on dépose que... des devises et on ne peut pas déposer de dirhams. Donc, c'est des choses à savoir. Et je trouve que des fois, les gens arrivent comme ça, sans s'être posé la question. Et c'est là où ils se rendent compte, une fois arrivés, des complications qu'on peut avoir. Voilà, donc il vaut mieux préparer son arrivée.
- Speaker #1
Et parmi ces gens, je ne pense pas que tu aies de stats, mais on va dire qu'il y a un peu la fleur au fusil au Maroc, en pensant que tout sera facile, qu'on les attend. Et il y en a comme certains qui arrivent à redresser le cap et finalement, bon... à se remettre dans le « droit chemin » . Et ça se passe bien ?
- Speaker #0
Non, après, il y a de tout. Il y a des gens qui ne s'adaptent pas et qui repartent, qui pensaient qu'il y avait un petit peu l'histoire. Des gens qui n'ont pas trouvé de travail, effectivement, et qui doivent repartir. Après, moi, ce n'est pas la majorité de mes clients, les gens qui viennent comme ça sans travail. Je dirais que c'est un pourcentage qui est faible. Moi, j'ai plutôt soit des entreprises qui me contactent, parce qu'elles ont besoin que j'aide leurs salariés à s'installer. Soit ce sont déjà des gens qui ont un poste avec des entreprises, et par contre, les entreprises ne prennent pas en charge l'installation, donc ils se débrouillent tout seuls, et là, ils me contactent.
- Speaker #1
Ok. Et comme tu connais bien Casablanca, j'ai vu sur ta page Instagram que tu proposes souvent des coins sympas, des restaurants, des activités à faire. S'il y avait des... un restaurant, un bar à conseiller qui n'était pas trop connu et que tu recommanderais aux gens qui nous écoutent tu leur dirais d'aller boire un verre ou d'aller manger où aujourd'hui pas trop connu c'est bon je ne vais pas dire qu'il est moi déjà il faut savoir que je ne sors pas énormément je ne sors
- Speaker #0
pas énormément parce que je fais beaucoup de sport et du coup voilà mon mode de vie et puis j'habite Bouskoura donc moi c'est un peu en dehors donc c'est vrai que je reste beaucoup avec les enfants aussi donc je ne suis pas la fille il ne faut pas Merci. Voilà, qui a testé tous les endroits de Casa non plus, mais je dirais que ce que j'aime bien, moi j'aime bien en fait, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, j'aime bien cet endroit, mais j'aime bien le Misty de l'hôtel Cannes. En fait, c'est un rooftop qui est soit fermé, soit il y a une partie couverte, une partie découverte. Et en fait, on voit la ville dans la nuit, c'est hyper sympa et on est toujours bien servi, l'accueil est sympa. Donc, je ne dirais pas que ce n'est pas très connu, mais en tout cas. En tout cas, c'est l'endroit où j'aime bien aller quand je sors.
- Speaker #1
Et j'ai vu que c'est le endroit que tu recommandes à tes clients quand ils viennent et qu'ils veulent un endroit sympa pour découvrir.
- Speaker #0
Oui, entre autres, parce que j'ai plein d'adresses que j'aime bien, mais après, il y a des choses... En fait, à Casa, ça ne manque pas. Clairement, ça ne manque pas les endroits. Ici, on a beaucoup de choix, avec d'ailleurs beaucoup de restaurants qui ont de la bonne cuisine, parce que les Marocains aiment bien cuisiner, aiment bien manger. Donc, la qualité est bonne, franchement. Donc, on a vraiment beaucoup, beaucoup de choix. Mais moi, ce que je préfère par-dessus tout, finalement, ce n'est pas les restaurants, c'est le couscous du vendredi. Et ça, c'est entre amis, on essaye de le faire. à tour de rôle, le vendredi midi. Et franchement, il n'y a pas mieux que le couscous à la maison. Donc voilà, c'est ce que je recommanderais plutôt.
- Speaker #1
Et en plus, le côté que j'aime bien, le côté très social, ça ne se mange pas seul, pas à deux, pas à trois. Il y a ces grandes tablées, et c'est des données qui durent assez longtemps. Et donc, c'est le moment, c'est là, en fait, on revient par le réseau. Finalement, c'est aussi à table qu'on fait le réseau. C'est le fil conducteur de cette pilote, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Et puis d'ailleurs, on le voit le vendredi midi, la ville s'arrête un peu en fait, parce que les gens vont faire la prière et après il y a le couscous. Donc on a ce laps de temps où finalement il y a moins de coups de téléphone, on sent que le rythme est moins. Donc on peut se permettre de faire cette pause entre amis et voilà, comme je ne sors pas trop le soir, je préfère sortir le midi. Donc le couscous c'est parfait.
- Speaker #1
Le couscous du vendredi, et bien on ne pouvait pas mieux finir cet épisode. Merci beaucoup Sophie, c'était vraiment un super échange. Si cet épisode vous a plu, la meilleure façon de soutenir les clés du Maroc, c'est simple. Abonnez-vous, laissez un commentaire, partagez à quelqu'un qui s'intéresse au Maroc. Ça m'aide vraiment à continuer. A très vite pour un prochain épisode.