- Speaker #0
Bonjour Sandrine, je suis Brigitte Minguet, j'enseigne à la Faculté des sciences et du sport, la psychologie du développement et psychopathologie pour les enfants et les enfants handicapés. Je suis aussi maman de deux enfants qui pratiquent énormément l'activité physique, donc assez concernée par le sujet.
- Speaker #1
Je m'appelle Céciliane et je suis entraîneur de gymnastique rythmique et de baby-gym, entraîneur des tout-petits. Bienvenue dans Conseil de sportif. Ce podcast est un podcast utile.
- Speaker #2
Il vous accompagne dans la pratique, vous aide à reprendre le sport et vous partage des aventures de sportifs ordinaires qui font des choses extraordinaires. Aujourd'hui, à mes côtés, j'ai Brigitte et Céciliane. On parle des bienfaits du sport pour nos enfants. Bonjour à toutes les deux. On va démarrer avec Brigitte. Alors Brigitte, dis-moi, quel est l'intérêt de faire faire du sport à nos enfants ? d'un point de vue physique, mental et social.
- Speaker #0
Sur le plan physique, l'activité physique est fondamentale chez l'enfant pour les raisons suivantes. La première raison, c'est qu'aujourd'hui, on est dans un monde où les maladies sont importantes, les maladies chroniques comme le cancer, le diabète, l'obésité. Et ce sont des pathologies qui touchent aussi les enfants de plus en plus tôt. Un petit chiffre pour essayer de vous faire comprendre. 4,5 dans 1% des enfants sont en situation de surpoids. avant même l'âge de 5 ans. Donc aujourd'hui, l'OMS a préconisé, depuis quelques années déjà, 60 minutes d'activité physique par jour pour les enfants. Le besoin de bouger est fondamental pour une santé physique. D'autre part, le cancer aujourd'hui est accompagné de l'activité physique thérapeutique qui est de cadre A, c'est-à-dire qu'elle est indispensable au suivi thérapeutique de la personne atteinte d'un cancer parce qu'elle aide à guérir du cancer. pas guérir sur le plan physiologique, mais elle aide à stimuler les défenses immunitaires. Donc elle est d'un intérêt majeur. Sur le plan mental, l'activité physique est fondamentale. Elle va aider l'enfant à construire son schéma corporel, qui est le savoir piloter son corps dans des rapports espace-temps, et qui se construit grâce à deux variables psychologiques, qui sont l'estime de soi et la confiance en soi. Donc l'activité physique... va permettre à un enfant de construire cette estime de soi, c'est-à-dire cette capacité à se juger, et cette confiance en soi, c'est-à-dire cette capacité à pouvoir croire en ses capacités, de pouvoir réussir. L'activité physique est donc fondamentale dans l'accompagnement mental chez l'enfant, en tout cas dans sa santé mentale. Et sur le plan social, l'activité physique, elle est fondamentale aussi puisqu'elle va permettre à l'enfant de se socialiser. L'enfant, dès son plus jeune âge, se construit par les autres, avec les autres, à côté des autres. Il a besoin d'être en contact avec les autres pour pouvoir se socialiser, accepter les règles, accepter de gagner, accepter de perdre, accepter de réussir, accepter de rater. Et tout ça se fait aussi grâce à l'activité physique. Plus elle est pratiquée de façon collective, plus elle peut être d'un intérêt majeur pour les enfants. Donc on voit aussi très rapidement que les activités physiques, il faut qu'elles soient pratiquées chez l'enfant dès son plus jeune âge.
- Speaker #2
Tu me parles de l'âge justement. peut démarrer le sport ?
- Speaker #0
Les fédérations françaises, notamment la fédération française de gymnastique, préconisent l'activité à partir de 18 mois. C'est donc un cadre légal et juridique. On peut pratiquer l'activité physique à partir du moment où l'enfant va en exprimer le besoin. Je rappellerai que le bébé, même dans le ventre de la maman, est en mouvement. Il se construit par le mouvement. Il a besoin d'être en mouvement. Il va témoigner de ses émotions, de ses envies par le mouvement. Donc un enfant, à partir du moment où on va avoir un enfant qui exprime le désir de se déplacer, d'explorer, eh bien ça veut dire qu'il est aussi prêt à pouvoir peut-être pratiquer une petite activité physique. Bien sûr, cette activité physique, il faut qu'elle soit encadrée par des experts. On ne fait pas n'importe quoi avec un enfant. Je vais prendre un exemple, il ne s'agit pas d'aller faire un footing de 20 minutes à un enfant de 3 ans, alors que par exemple ses poumons ne sont pas encore très fonctionnels. ni opérationnelles. Donc les activités physiques, elles doivent se faire aussi dans un cadre sécuritaire et respecter la croissance physique de l'enfant.
- Speaker #2
Je rebondis sur l'environnement sécuritaire. Dis-moi, où je peux inscrire mon enfant ? Il y a des associations, des clubs privés, des stages, des applications ? Qu'est-ce que tu me préconises ?
- Speaker #0
On peut pratiquer de l'activité physique en club ou en association, voire même aussi avec des applications numériques, mais à partir du moment... où la personne qui sera en charge de l'enfant sera capable de le respecter et de respecter ses besoins. Alors, pour un enfant ou pour des parents qui hésitent, qui ne connaissent pas toutes les activités physiques parce que c'est compliqué, on va dire le panel... L'activité physique aujourd'hui est très large, très riche, notamment dans la métropole lilloise. Il semblerait qu'il soit intéressant de commencer par des stages, puisque le stage est un moyen de connaître le club ou l'association, et puis c'est un moyen de connaître les multis activités, et peut-être que des goûts préférentiels se dégageront pour l'enfant, et il sera donc à même de pouvoir décider. C'est important que ce soit l'enfant qui décide de l'activité et non pas les parents. C'est l'enfant qui doit décider l'activité qui lui plaît, pour pouvoir se mouvoir, se faire plaisir et être avec les autres.
- Speaker #2
Tu me parles de l'enfant qui va choisir son sport et moi j'ai une autre question. Je t'ai dit que j'avais deux enfants avec deux caractères très différents. Et du coup, est-ce qu'on choisit aussi le sport en fonction du caractère, de la personnalité de l'enfant ? Exemple, mon fils est relativement calme. Est-ce que je vais le mettre au rugby pour le faire bouger, le réveiller ? Ou à l'inverse, je vais le mettre au yoga ?
- Speaker #0
La personnalité, effectivement, elle est composée du caractère. Tu as raison d'y revenir. Ce caractère, il va évoluer en fonction des apprentissages, de l'éducation, de la culture, des expériences qu'il va vivre. Alors, j'allais dire, quand il est petit, son caractère n'est pas encore construit puisque c'est une construction qui va se faire sur le long terme. Le plus important, c'est que peut-être, effectivement, un enfant qui est timide, il serait peut-être bien, justement, de lui apprendre à aller vers les autres. Donc, peut-être, parfois, ce n'est pas forcé, mais c'est incité. à forger un caractère au travers des expériences. Un enfant timide comme un enfant impulsif, toutes les activités lui seront bonnes à partir du moment où l'expert sera s'adapter à ses besoins. Un enfant qui est dynamique, tonique et impulsif, c'est l'expert qui sera lui donner les exercices qui lui correspondent, mais qui lui apprendra en même temps à se temporiser, à se canaliser. Et puis l'enfant qui est timide, c'est l'expert qui lui permettra de s'engager, de ne pas avoir peur d'aller vers les autres, même de ne pas avoir peur. peur de faire certains mouvements. Donc, c'est important que ce soit aussi l'expert qui puisse accompagner l'enfant dans la construction de cette expérience sportive.
- Speaker #2
Merci Brigitte, merci pour tous tes conseils. Tout à l'heure, je vous ai parlé de Céciliane, la coach rêvée de nos enfants. Dis-moi, ce qui m'intéresse et ce qui intéresse tous les parents, c'est de savoir un petit peu comment se passe concrètement une séance de baby-gym. Alors,
- Speaker #1
une séance de BabyVim dure... Environ, on va dire, 45 minutes. Les séances de Baby Gym sont accessibles à partir de 18 mois jusqu'à 6 ans. Moi, je vais vous parler d'une séance pour les enfants entre 2 ans et demi et 3 ans. Donc, ces séances-là se déroulent avec les parents. Pendant 45 minutes, l'enfant sera avec son parent, sa maman ou son papa, ou même les deux parfois, durant toute la séance. La séance se déroule en plusieurs parties. Tout d'abord l'accueil. Donc la coach, l'entraîneur, l'encadrant va accueillir l'enfant. C'est vraiment un moment important, c'est quelque chose qu'il ne faut pas rater. C'est pour ça qu'il faut en général ne pas être en retard à sa séance pour pouvoir participer à l'accueil. Donc l'enfant va en général se présenter, on va solliciter avec des histoires, avec une petite peluche. On va essayer de le faire parler pour qu'il dise son prénom, son âge ou sa couleur préférée. En tout cas, on crée le lien entre le groupe et l'encadrant à ce moment-là. C'est un moment un petit peu privilégié qui permet de préparer l'enfant à l'activité qu'il va poursuivre. Après cette phase d'accueil, on a la phase qu'on appelle de mise en train qui correspond à l'échauffement pour les personnes un peu plus âgées. La mise en train, le but du jeu, c'est de le faire bouger pour augmenter le cardio. Donc sous forme d'histoire la plupart du temps, et c'est ce qui marche le mieux, faire fonctionner leur imaginaire, on les fait bouger partout, par tous les moyens. On les fait ramper, sauter, courir, se grimper dessus. On utilise beaucoup les parents, les parents ont fait du sport pendant ce moment de mise en train, pour évacuer un peu aussi toute l'énergie. et qu'ils soient ensuite prêts pour la suite de la séance. La troisième partie de la séance, il s'agit de ce qu'on appelle la mobilité globale. Donc en fait, c'est souvent sous forme d'ateliers ou de parcours. On utilise des modules de gym. Donc on peut retrouver par exemple le tremplin, on peut retrouver le trampoline, des tunnels, des mousses qui redescendent, des toboggans, des choses comme ça. Voilà, toutes les capacités physiques qui vont lui permettre ensuite de faire un autre sport. Pendant cet atelier ou ce parcours, c'est encadré par le parent. On va avoir un parent qui va stimuler l'enfant quand il a peur, l'importance du parent pendant cette séance, ou même parfois le rassurer. Ça dépend, des fois c'est la maman qui stimule, le papa qui rassure, ou l'inverse. C'est bien d'avoir les deux, d'avoir parfois que le papa ou que la maman. Et ça va aider l'enfant à vivre une séance un peu différente en fonction du parent présent. Et ça,
- Speaker #2
c'est à chaque séance ou c'est uniquement les deux ou trois premières séances ?
- Speaker #1
Ça passe globalement toujours comme ça, en tout cas, pas toujours dans le même ordre, mais on essaye toujours d'avoir au moins cette partie de motricité globale qui lui permet d'apprendre à se déplacer globalement. La partie suivante, c'est la motricité fine. Et là, on va travailler plutôt tout ce qui est sensoriel. tout ce qui se travaille au niveau des mains, donc des ateliers un peu plus fins. Donc nous, c'est la gymnastique rythmique, donc on va tout doucement amener ce qu'on appelle les engins, donc le ruban, on va travailler, sentir la différence entre la rigidité de la baguette, la matière du ruban, le ballon qui rebondit, le cerceau. comment on peut tout ce qu'on peut faire avec un sarceau, etc. Donc, on ne va pas aller dans l'activité même, mais par contre, on va découvrir le matériel et on va jouer avec le matériel à travers des histoires. Et ça se termine ensuite, cette séance, par un retour au calme qui est vraiment indispensable parce que ça indique à l'enfant que la séance est terminée. Donc, tout doucement, le cœur va redescendre et c'est à nous, encadrants, d'amener ce moment de détente avec des comptines, avec... parfois aussi encore des petites histoires ou parfois des exercices de respiration et c'est aussi le moment de faire un câlin à maman à papa, un petit moment de retour sur soi qui est indispensable pour les laisser ensuite partir de la séance, sinon les parents nous en veulent quand même si on les laisse partir tout énervés et du coup je me pose une question étant donné que les parents sont présents lors des séances il y a peut-être des choses qu'on peut refaire à la maison ? Oui, en effet, en fait, quand on fait fonctionner notre imagination, la maison peut être une très bonne salle de sport. On utilise le canapé, on peut utiliser les chaises, le jardin. Tout est bon pour refaire de la baby-gym à la maison, tout en veillant toujours à la sécurité. Oui,
- Speaker #2
parce qu'on leur dit de ne pas sauter sur les canapés.
- Speaker #1
Bien sûr, j'ai envie de dire débrouillez-vous. à vous de fixer les limites. Mais c'est vrai que tant que c'est dans un environnement sécuritaire et qu'on est derrière lui, on encadre bien son enfant en disant là, maman et papa, on peut le faire. Quand tu es tout seul, ne le fais pas, ça peut être dangereux. Mais en effet, on peut vraiment refaire du sport à la maison en faisant des petits parcours et des petites histoires avec son enfant.
- Speaker #2
Merci Céciliane, merci Brigitte. La semaine prochaine, c'est aux côtés de Karine que l'on se retrouve. On continue sur le thème du sport et des enfants. Et d'ici là, on partage et portez-vous bien. Merci.