- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce podcast Histoire de Sportifs. Alors je suis pour l'instant seul, mais j'attends pour cet épisode quatre sportifs qui vont nous raconter leur aventure commune, le marathon de Valence. Ils vont vous partager leur préparation ensemble avec l'énergie du groupe, la course bien sûr, les émotions à l'arrivée. Bref, vous allez découvrir comment une épreuve sportive si individuelle peut être un projet collectif. Le temps de l'intro et on se retrouve avec nos marathoniens.
- Speaker #1
toutes les dernières forces, tout ce qu'il me reste.
- Speaker #2
J'ai découvert aussi ce que c'était que de se dépasser.
- Speaker #3
Quand on est plusieurs, on peut aller plus loin.
- Speaker #2
Histoire de sportif.
- Speaker #0
Ça y est, nous y sommes, nous sommes installés. Clara, Pierre-Emmanuel, Delphine et Gilles sont autour de la table, alors on peut y aller. On va commencer par Clara. Bonjour Clara, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #4
Bonjour, du coup moi c'est Clara, j'ai 28 ans. Je travaille chez Décathlon depuis deux ans. Je pratique la course à pied depuis quelques années, mais à la base je viens plutôt de l'eau. puisque je faisais la natation synchronisée.
- Speaker #0
Pierre-Emmanuel est juste à côté de toi. Pierre-Emmanuel, bonjour et bienvenue. Peux-tu te présenter ?
- Speaker #2
Bonjour, moi j'ai 40 ans. Je travaille chez Decathlon depuis 17 ans. Je suis un passionné de sport. Je suis un papa de deux enfants. Delphine.
- Speaker #3
Bonjour, moi c'est Delphine. Je suis chez Decathlon depuis 10 ans et chez Keeprun maintenant depuis 2 ans. Je suis maman de deux petits-enfants.
- Speaker #0
Et toi, tu viens du tennis, je crois.
- Speaker #3
Oui, je viens du tennis initialement et je cours en parallèle un peu plus depuis que je suis chez Keeprun.
- Speaker #0
Et on finit avec Jill.
- Speaker #1
Alors Jill, j'ai 38 ans, ça fait 15 ans que je travaille chez Décathlon. Et j'ai une petite fille de 2 ans et demi. Et ça fait 25 ans que je fais de la course à pied. Donc j'ai un peu tout essayé, l'athlétisme, la course sur route et le trail.
- Speaker #0
Alors je suis très heureux qu'on vous ait tous les quatre ici pour parler de marathon. Parce que vous avez des profils très différents. On a par exemple Pierre-Emmanuel et Delphine pour qui c'était le premier marathon. Donc plutôt en mode débutant. On a Jill qui est déjà plus confirmée et qui y allait pour améliorer son temps, en tout cas pour faire une perf. Et puis Clara, c'est encore une autre typologie, on va dire, puisque toi, Clara, tu as déjà aussi couru des marathons. Tu y allais pour améliorer ton temps, bien sûr, mais tu t'es blessée et tu n'as pas pu participer à cette épreuve. En tout cas, pas entièrement, mais ça, on le verra plus tard. Tu étais obligée d'abandonner. Mais tu t'es quand même rendue sur place pour encourager les copains.
- Speaker #4
Du coup, je suis allée soutenir les copains. et j'ai aussi couru une petite partie du marathon de Valence. J'ai pris le départ, j'ai fait quelques kilomètres et j'ai aussi passé la ligne d'arrivée, un peu comme une escroque. Et l'aventure marathon, pour moi, c'est une aventure de famille parce que je cours avec mon papa. Donc là, mon papa, lui, n'était pas blessé et le faisait. Donc si je pouvais l'accompagner un petit peu sur des petites parties, je savais que ça allait lui faire plaisir. J'avais quand même fait une grosse partie de la préparation, donc ça me tenait aussi un peu à cœur de faire une partie avec lui. Donc j'ai pris le départ avec lui et au fur et à mesure que la course avançait, c'était un parcours qui permettait de pouvoir le retrouver. Donc j'allais un peu à droite, à gauche pour pouvoir le récupérer, recourir quelques kilomètres avec lui, m'arrêter, le reprendre, etc. Donc quand je l'ai retrouvé sur la fin et qu'il était moralement pas très bien, j'ai voulu l'accompagner et je me suis sentie un peu obligée, entre guillemets, de ne pas le lâcher à ce moment-là et de me dire de toute façon, j'étais blessée, je voulais aller jusque-là. Et je verrai après comment ça se passe, mais au moins, je l'ai emmené ici et je l'accompagne jusqu'au bout.
- Speaker #0
Tu veux dire par là que tu as couru blessée ?
- Speaker #4
Oui, j'ai couru blessée. J'ai été blessée quasiment dès le début de la préparation, mais j'ai voulu le tenter parce que ça passait. Et je me suis vraiment blessée définitivement, entre guillemets, trois semaines avant le début du marathon, où je savais que là, de toute façon, je ne pourrais pas le parcourir en entier.
- Speaker #0
D'accord. Je vous propose qu'on parcourt ces 42,195 km ensemble. Évidemment, la préparation avant. La première question existentielle, puisqu'on l'a compris, vous travaillez tous ensemble. Comment est née l'idée de faire ce marathon ensemble ?
- Speaker #1
En fait, c'est moi qui me suis inscrite très tôt, dès le mois de février. Je me suis dit, j'ai envie de me challenger cette année et de faire mon quatrième marathon.
- Speaker #0
Toi, tu es Jill, la confirmée.
- Speaker #1
Si c'est comme ça que tu veux m'appeler, pas de souci.
- Speaker #0
Zapper des repères.
- Speaker #1
Ok, donc du coup, je me suis inscrite hyper tôt, sans savoir qui allait participer avec moi. C'était mon défi. Évidemment, j'ai essayé de motiver du monde dans l'équipe. parce que c'est forcément moins sympa de faire une prépa toute seule et en plus d'aller toute seule là-bas. Donc j'ai trouvé beau public parce que Pierre-Emmanuel et Delphine, ils avaient envie de se lancer et d'en faire un premier parce que dans l'équipe Keep Room, on a un défi qui est de participer tous ensemble. Donc l'intégralité de l'équipe, les 22 et quelques personnes, à un marathon cette année en 2020. Du coup, PE et Delphine, ils pourront vous expliquer, mais leur plan, c'était de tester ça un an en avance pour voir à quelle sauce ils allaient être mangés cette année.
- Speaker #0
Delphine ?
- Speaker #3
En fait, à l'issue du mois de mars, on a vécu un défi équipe. On a fait le semi-marathon de Lisbonne. L'idée était de reproduire ça et on avait tellement créé quelque chose de fort à l'issue du semi-marathon qu'on a voulu... continuer sur cette même dynamique et se dire, allez, c'est peut-être le moment, lançons-nous, on a encore un peu de temps, parce que c'est en décembre, inscrivons-nous. Donc voilà, on est partis de ça et on s'est retrouvés effectivement à quatre avec Clara.
- Speaker #0
Vous vous êtes préparés comment l'un et l'autre ? On va peut-être finir par Clara et puis commencer par Delphine et Pierre-Emmanuel, parce que c'était votre premier marathon. Ça s'est passé comment ? C'était quoi le plan ?
- Speaker #3
Alors moi, ma première question, c'était déjà de savoir combien de fois j'allais courir par semaine. Pour aller chercher l'objectif qu'on s'était fixé, qui était... Alors, premier objectif, c'était de finir pour un premier marathon. Après, des performeurs comme nous, compétiteurs comme nous, il fallait quand même un timing. Donc, on s'était dit, allez, 4 heures, soyons fous. Et puis, un rêve, 3h45. Et donc, nous avons suivi des 4 coachs et il est proposé sous deux formats, 3 fois par semaine ou 4 fois par semaine. Et compte tenu du fait que je voulais conserver le tennis, je voulais plutôt m'orienter vers le 3, mais j'avais peur. Plein de questions surviennent. Est-ce que ça va suffire ? Est-ce que je serai assez prête sur le jour J ? Est-ce que je peux conserver le tennis jusqu'au bout ? Et puis, j'ai écouté le feeling et je me suis dit que si on le proposait en 3,45, trois fois par semaine, c'est que ça devait être possible. Donc, pourquoi je n'y arriverais pas, tout simplement ? Donc voilà, moi, j'ai suivi celui-ci en 12 semaines, du coup.
- Speaker #0
D'accord. Pierre-Emmanuel, tu as suivi le même plan ?
- Speaker #2
J'ai suivi le même plan. Pareil, le premier objectif était de le finir. Moi, j'avais aussi un objectif, c'est que ça n'empiète pas non plus trop sur ma vie à côté, parce qu'on sait que ça dure trois mois. C'est beaucoup d'entraînement, ça prend du temps et puis on aime bien faire d'autres sports. On ne voulait pas non plus être dégoûté de la course à pied au bout des trois mois. Et toi,
- Speaker #0
Gilles ?
- Speaker #1
Moi, comme eux, j'avais une préparation en douze semaines, mais pour le coup, j'avais une quatrième séance dans la semaine. Ce qui n'est pas non plus excessif parce que je ne l'ai pas dit au début, j'ai une petite fille aussi, donc je ne voulais pas passer ma vie et ma semaine à m'entraîner. Et donc mon plan, je l'ai eu par un collaborateur de Décathlon Antibes, Jérôme. Donc je lui fais une petite dédicace du coup. Et c'est lui qui m'a coachée sur toute la préparation. Donc pour le coup, moi comme je cours régulièrement, c'est surtout la durée des entraînements qui était plus longue. Mais en termes de fréquence d'entraînement, c'était comme d'habitude, comme le reste de l'année. mes quatre séances. par semaine.
- Speaker #0
Clara, toi, alors comment ça s'est passé ? Parce qu'on sait que tu t'es blessée, tu n'as pas pu courir ce marathon en tout cas en entier, même si tu as triché un petit peu pour le détailler, tu ne peux pas ?
- Speaker #4
Je n'ai pas commencé la prépa dans les meilleures conditions parce que j'avais déjà des douleurs en commençant la préparation. Chaque semaine que je faisais était un peu une croix cochée dans le calendrier en me disant c'est bon, celle-là je l'ai passée, on verra comment ça passe la semaine d'après. Jusqu'à la fameuse sortie la plus longue du plan pour moi qui faisait 30 kilomètres que j'ai finie, que j'ai faite, mais par contre le lendemain, je ne pouvais plus poser le pied par terre. C'est des périocytes qui se sont transformés en fractures de fatigue. J'ai une petite fissure maintenant au niveau du tibia. Je ne peux toujours pas courir, donc maintenant ça fait 6 semaines que le marathon est passé, 8 semaines que je suis blessée. Donc je pense effectivement que ça me servira quand même un petit peu de leçon, en tout cas j'espère.
- Speaker #0
Avant de refermer le volet préparation, est-ce que vous pouvez nous expliquer, nous partager, en quoi la force du collectif, le groupe, s'assert cette épreuve qui pourtant en apparence est plutôt individuelle ?
- Speaker #1
Ce qui est vraiment génial, c'est que même si on avait des objectifs de chrono différents, on a quand même chaque fois réussi à partir ensemble sur la majorité des entraînements. Et aussi, ce qui était cool, c'est qu'on s'est créé un groupe WhatsApp entre nous pour échanger sur tous les doutes qu'on peut avoir dans le cadre d'une prépa. Moi, ça me faisait plaisir de partager des expériences que j'avais déjà eues parce que des erreurs sur marathon, j'en ai fait plein puisque j'en avais déjà fait trois. ce qui était intéressant pour moi c'était de leur dire attention Il faut éviter de faire ça, il faut faire plutôt ça. Donc, on s'est partagé pendant trois mois plein de petites astuces via ce groupe WhatsApp. Et moi, ça m'a vraiment donné l'impression de passer trois mois pratiquement non-stop avec mes collègues dans cette préparation.
- Speaker #0
Et ça veut dire qu'il y avait des moments d'entraînement ensemble ?
- Speaker #2
Complètement, oui. Souvent dans la semaine, on travaille ensemble. Donc souvent, le midi, on partait ensemble. et puis après en fonction de... De l'objectif de notre séance, on pouvait se séparer sur une partie de la séance, mais il y avait une bonne partie de la séance qui se faisait ensemble. Dans ce que disait Gilles, ce qui a été plutôt sympa, moi je n'y connaissais pas grand-chose, notamment dans la phase de préparation. Et donc dans le petit groupe WhatsApp, un soir elle s'est mise à nous envoyer une photo et nous parler d'un produit avec des algues, prendre de la spiruline. Moi je me suis retrouvé à faire une prise de sang avant de démarrer pour savoir si j'avais suffisamment de fer. Donc voilà, c'était tous ces petits moments un peu différents. On se crée beaucoup d'interdits, en fait, aussi, notamment au niveau de la nourriture, etc. Et donc, il y a eu pas mal de fois où on commençait à s'envoyer des choses qu'on ne pouvait pas faire à l'instant T. Des photos de bonbons, des hamburgers, etc. Qui ont fait aussi qu'on a commencé aussi à se découvrir sur pas mal de côtés, sur la notion de gourmandise, sur les envies qu'on pouvait avoir, etc.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui t'a apporté aussi, toi Delphine, cette énergie du groupe ?
- Speaker #3
C'était vraiment génial parce qu'en fait, on a des profils et des personnalités qui sont quand même différentes. On avait l'experte et les débutants. Et c'était hyper agréable et rassurant aussi d'être accompagnée, d'avoir des conseils. Moi, pour ma part, j'avais besoin de savoir ce qui allait m'attendre. J'avais besoin de contrôler un peu tout et tout ce que je pouvais. Donc, Gilles, pour ça, a été top, tant sur l'alimentation que sur les crèmes, sur ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire. Même si après, on essaye quand même de prendre du recul et de se dire, bon, c'était quand même son quatrième, donc elle sait ce qui lui correspond. Donc à nous de trouver la juste mesure pour que ça nous convienne à nous aussi. Moi, ce que j'ai trouvé super dans le collectif, c'était qu'on était vraiment complémentaires et qu'on a su aussi bien se motiver que s'encourager, que se soutenir. C'était la puissance du collectif. C'était vraiment agréable.
- Speaker #0
Et puis, ça pousse aussi à sortir quand on n'a pas envie.
- Speaker #3
Exactement. On en a eu plus d'une des sorties comme ça. de savoir que tu as les collègues qui y vont et que tu n'es pas tout seul, ça te donne envie. L'énergie, tu vas la trouver là à travers le collectif parce que tu sais que tu n'es pas tout seul et que tu ne vas pas en chier tout seul.
- Speaker #0
Dernière question sur la préparation. Comment vous avez géré ça dans votre vie quotidienne ? Parce que il me semble que vous avez quasiment tous, à part Clara, vous avez tous des enfants. C'est une organisation aussi de se préparer pour un marathon ?
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment une organisation. Pour ma part, j'ai mon conjoint qui fait de la course à pied aussi. Nous, on essaye concrètement de se répartir l'année. pour avoir nos objectifs à des moments différents. Donc là, ce qui était plutôt cool me concernant, c'est que dans la prépa du marathon, moi, mon conjoint, il s'est sacrifié, je peux le dire pour moi, pour les créneaux d'entraînement, notamment le week-end, puisque l'entraînement le plus important, il est souvent le dimanche matin. Donc voilà, le dimanche matin, si on a des enfants, ils ne peuvent pas rester tout seuls. Il faut bien qu'il y ait un des deux parents qui reste à la maison.
- Speaker #3
Pour moi, on a calé l'organisation au démarrage. L'objectif, il était clair. C'était trois fois par semaine avec effectivement deux sorties sur la semaine qui ne viennent pas impacter la vie de famille, mais celle du week-end, comme vient de le dire Jill, un peu plus. Après, une fois qu'on a calé ça dans le rythme, on l'explique. Le pourquoi, on le fait. Moi, j'ai mes deux enfants de 3 et 5 ans qui m'ont toujours vu courir plus ou moins. Mais là, quand on commence à partir deux heures, ça fait long. Par contre, si on arrive à expliquer la raison du pourquoi, les enfants y comprennent. Au contraire, après, ils posent des questions. Quand on revient, ils sont contents. On partage la course, comment on l'a vécue, si c'était bien. Ça a même été plus loin parce que dans la prépa du marathon, j'ai aussi fait quelque chose que je ne faisais jamais. C'est du gainage, pour la petite anecdote. Je me suis mis à en faire régulièrement parce que les conseils des pros m'ont conseillé d'aller vers ça pour s'affûter. Et ce qui est drôle, c'est qu'au fur et à mesure que mes enfants me voient le faire, ils se sont mis à se mettre à côté de moi sur le tapis. Et le matin, ils m'accompagnaient sur ma séance de gainage. Et c'était super mignon. Là aussi, tu es encouragée, tu partages un truc en famille. Donc voilà.
- Speaker #0
Pierre-Emmanuel, toi tu as fait du gainage en famille aussi ? Parce que je sais que tu as deux enfants.
- Speaker #2
Alors oui, je faisais du gainage aussi le matin, justement avec mon fils qui venait m'accompagner pendant une dizaine de minutes à chaque fois. Les sorties se faisaient souvent le midi, et évidemment il y avait la sortie du dimanche matin qui se faisait souvent en démarrant à 6h30 ou 7h, justement pour être rentré en général à 9h, 9h30, et pouvoir participer à la vie de famille tout le dimanche. Ce qui est assez sympa en fait, c'est que le marathon, même si on le fait de notre côté, on le partage quand même beaucoup en famille. Il y a pas mal de sacrifices, que ce soit au niveau de la nourriture. Moi, sur les 15 derniers jours, on se retrouvait à tous manger des pâtes. Mes enfants voulaient aussi m'accompagner dans la façon de manger, etc. Donc ça, c'est plutôt des moments sympas. Et puis après, quand on rentre chez soi, c'est la médaille. Et ça, c'est vraiment quelque chose d'hyper important pour des enfants. C'est de matérialiser vraiment le résultat en montrant et en leur partageant la médaille. parce qu'au final c'est aussi Une victoire qu'on a pu avoir grâce à eux.
- Speaker #0
Alors ce que je vous propose maintenant, c'est qu'on se replonge vraiment dans l'ambiance avec des sons que vous avez enregistrés vous-même sur vos smartphones. C'était la veille de la course, juste avant le retrait des dossards. On écoute ça.
- Speaker #2
Alors Gilles, les sensations ?
- Speaker #1
Mauvaise, mais c'est normal la veille. C'est à ça que ça fait le footing déblocage. On va courir 25 minutes et après on ira chercher le dossard. Ça ira sûrement mieux demain. C'est le but.
- Speaker #3
Alors, c'est la dernière ?
- Speaker #2
C'est la dernière, c'est les 30 dernières minutes. après 12 semaines d'entraînement.
- Speaker #3
Comment tu te sens ?
- Speaker #2
Pour l'instant plutôt serein mais on verra demain matin. Je pense que c'est sur la ligne où les jambes commencent à trembler, le coeur accélère. Donc surprise demain. On a tout mis en tous les cas pour y arriver.
- Speaker #3
J'ai mal aux genoux, je suis un peu anxieuse, encore plus parce que ça se concrétise à fond. Et je n'ai pas de bonne douleur dans les jambes, bonne sensation mais Jill dit que c'est normal donc... J'essaye de me concentrer et de l'écouter. Mais j'avoue que le ressenti pour démarrer demain matin, il appréhende un peu. Donc à part ça, tout va bien. Il y a le beau temps. L'équipe est au taquet. Donc il n'y a pas de raison d'y arriver. De ne pas y arriver.
- Speaker #2
Qu'est-ce que tu vas faire là ?
- Speaker #3
Là, on va chercher les dossards. Et après, on va se poser sur la plage. Histoire de se mettre dans un mental positif et d'être au taquet pour demain matin.
- Speaker #4
Bon, du coup, c'est l'heure d'aller retirer les dossards. je crois que pour le moment je réalise pas trop donc ça va on verra une fois qu'on sera Dans le village, je ne perds toujours pas espoir de pouvoir ne serait-ce parcourir qu'un kilomètre de ce petit marathon. Mais bon, on sait déjà que ça ne sera pas la totalité.
- Speaker #0
Allez, fini la prépa, fini les avants. Maintenant, c'est la course. 42 kilomètres 195. Chacun d'entre vous va nous raconter son expérience sans nous raconter son arrivée. C'est un moment qu'on se gardera pour après avec les émotions qui vont avec. Et je propose qu'on commence par Clara parce que c'est toi qui as couru tout compte fait le moins de kilomètres malgré tout. Tu as quand même fait le début et la fin avec ton papa.
- Speaker #4
Le départ a été un peu dur pour moi. Je crois que pour moi, ça a été le moment le plus dur psychologiquement. Et ensuite, après, je voulais juste pouvoir l'accompagner le plus longtemps possible.
- Speaker #0
Mais on peut courir avec une fracture ? Ou faire un petit peu inconscient ?
- Speaker #4
C'est clairement inconscient. Au moment où je l'ai fait, je ne savais pas que c'était une fracture.
- Speaker #0
Je m'étais dit une fracture, je pourrais peut-être pas poser le pied. Là, j'arrivais à peu près à marcher. Je ne sais pas si j'avais la fracture en tout cas à ce moment-là ou si ça l'a vraiment fissuré à ce moment-là, mais ce n'est clairement pas la chose la plus intelligente à faire. Mais je le savais, mais ça me tenait à cœur et il fallait que je le fasse.
- Speaker #1
D'accord. Et ton papa l'a fini le marathon ?
- Speaker #0
Du coup, mon papa l'a fini. Il a tenu l'objectif que moi je m'étais fixée. Donc, j'ai fait des petits bouts avec lui. Il y a des moments où il était moins bien et j'étais obligée de continuer. Je ne peux pas le faire. Au total, j'ai fait 15 kilomètres de ce marathon en plusieurs petits bouts, kilomètres par kilomètre.
- Speaker #1
Blessé, c'est déjà beaucoup.
- Speaker #0
Oui, mais il y a vraiment une ambiance tout le long du parcours assez impressionnante. Et quand je ne courais pas, j'essayais de voir si je les voyais. Je les ai un peu vus de temps en temps, mais ils n'ont pas entendu mes encouragements.
- Speaker #2
Ils passaient trop vite.
- Speaker #3
On courait trop vite.
- Speaker #0
Oui, c'était ça, je pense. Je ne courais pas assez fort, mais je le vivais à travers les eaux.
- Speaker #1
Pierre-Emmanuel, ce marathon, tu y allais avec pour objectif, quel temps ?
- Speaker #2
Alors j'avais pour objectif déjà de le finir, c'était notre vrai premier objectif. Et après, l'objectif final, on s'était entraîné sur 3h45. Donc avec en plus un entraînement qui s'était très bien passé. Tout était passé assez facilement, à ma grande surprise, des sorties longues de 2h30, 2h45 sans problème. Donc j'arrivais assez serein le jour J sur la ligne de départ.
- Speaker #1
Ok, et alors ?
- Speaker #2
Sur la ligne de départ, juste au moment où il y a eu cette fameuse musique de départ de marathon, j'ai senti vraiment une vraie émotion. Il y a presque des larmes qui montent aux yeux à ce moment-là. Et là, je me suis dit, mais tu pars pour 42 kilomètres, je ne l'avais jamais fait. Donc, tout d'un coup, j'ai vraiment pris conscience de ce que j'allais faire. Je me suis dit, ça va être long. Puis, ça a démarré et c'est vrai que la ville est hyper sympa. Il y a des encouragements de partout. Donc, sur les 10, 15 premiers kilomètres. l'ambiance m'a vraiment porté et ça a déroulé tout seul. Gilles m'avait donné un petit conseil, elle m'avait parlé d'une ligne bleue sur le marathon donc moi je ne savais pas trop ce que c'était et elle m'avait dit je te conseille de suivre cette ligne bleue c'est le chemin le plus court donc je me suis attaché à partir en suivant cette ligne bleue et puis au bout du 15ème kilomètre j'ai commencé à sentir des sensations qui étaient surprenantes j'avais du mal à respirer et j'avais encore les jambes mais je ne me sentais pas très très bien Et donc là, j'ai compris que ça allait être un peu plus compliqué que ce que j'avais imaginé. Ça allait être un petit peu plus compliqué aussi que l'entraînement. Et à partir du 17e kilomètre, là, c'est devenu très compliqué. Je me suis rendu compte que je ne pourrais sans doute pas atteindre mes 3h45. Donc, j'ai commencé à repousser ma limite à 4h en me disant, tu vas ralentir un petit peu. J'ai commencé à m'enfermer un petit peu dans ma bulle en commençant en mettant de la musique. pour essayer de me concentrer. C'est vrai qu'il y avait beaucoup de bruit autour et quand ça commence à devenir compliqué, tous ces bruits-là peuvent être un petit peu gênants au début. Moi, je m'étais fixé un objectif très clair, c'était de ne pas abandonner. Et je me suis battu pendant ces 20 kilomètres. J'ai dû marcher. C'est aussi quelque chose que je ne voulais pas faire. Mais je n'avais pas le choix. J'étais obligé de faire quelques pauses. J'ai dû faire 4 ou 5 fois des pauses de 1 ou 2 kilomètres où je marchais pour reprendre mon souffle. Et puis à chaque fois, je devais redémarrer. quasiment 22 kilomètres, ça a été ce moment difficile.
- Speaker #1
Delphine, c'était toi aussi ton premier marathon. L'objectif était le même que Pierre-Emmanuel, 3h45. Alors au départ déjà, comment tu te sens ?
- Speaker #3
Complètement stressée sur la ligne de départ. Pourtant, je suis arrivée sereine suite à la préparation qu'on a fait en équipe qui m'avait rassurée, où toutes les sorties s'étaient bien passées, où je me sentais dans un état de forme olympique presque. On avait aussi fait attention à l'alimentation sur les 15 derniers jours, donc je me sentais entre guillemets plus affûtée que d'habitude. Et pour autant, plein de doutes viennent nous traverser l'esprit avec l'appréhension de ce fameux mur. On sait dans quoi on se lance, 42 kilomètres, mais on ne sait absolument pas comment notre propre corps va réagir, même si on entend des conseils, si on lit beaucoup. Donc il y a quand même beaucoup d'appréhension sur les lignes de départ. Pour ma part, j'ai le cerveau qui tournait dans tous les sens. Et pour autant, j'étais là dans le sas avec les gens autour de moi. Cette musique qui me met encore des frissons, rien qu'à y repenser. Et ce coup de départ où là, on se dit, allez, il faut y aller. Il faut se lancer. Fais-toi confiance. Donc, j'ai essayé de me mettre dans ma bulle. Et puis après, on démarre. Je suis hyper tendue. Ça craint. J'ai peur. Je ne sais pas ce que ça va donner. Bon, il n'y a plus qu'à. 15 premiers kilomètres, 17 premiers kilomètres, je les ai faits avec Pierre-Emmanuel. Donc on était à côté, tout s'est très bien passé. Et puis au 17e, comme il vient de le raconter, ça devient compliqué pour lui. Moi, je me sens encore très bien. Et là, il me dit qu'il ne se sent pas de tenir le 3h45, alors que moi, bizarrement, à côté de la première sensation de départ que j'avais, j'ai l'impression que les jambes, finalement, elles sont là, que j'arrive à mettre un pied devant l'autre, que le mental, je suis en mode guerrière et j'ai envie d'y aller. Et là, il me dit, bah non, vas-y tout seul. Donc là, je me suis dit, OK, qu'est-ce que je fais ? Je reste avec et puis on se soutient parce qu'on sait aussi que quand on est plusieurs, on peut aller plus loin. Ou est-ce que je me mets à mon tour dans ma bulle ? Je vis mon vrai marathon, le mien. Et puis, je me laisse encourager par peut-être les autres qui sont autour, l'ambiance. Et puis, je me fais confiance. Après tout, j'ai fait une prépa pour tenir peut-être le 3h45. Donc, on tente. Je suis restée sur mon allure. J'appréhendais beaucoup, moi, le passage du mur. Et donc, j'avais lu, on m'avait aussi beaucoup dit qu'il arrivait entre le 30 et le 37. Et au 25, je me suis dit, c'est peut-être le moment de se mettre dans sa bulle. Donc, jusqu'au 25, je m'étais laissée porter par la foule qu'il y avait autour, comme on n'est jamais seul, comme je disais. Par contre, au 25, j'appréhendais tellement que je me suis dit, c'est peut-être le moment où il faut se mettre dans ma bulle et j'avais prévu ma musique. Donc là, je l'ai sortie et puis j'ai mis une playlist qui était plutôt dynamique. Ça me correspond et je me suis laissée porter par les musiques qui défilaient. il s'est comme passé à un trou noir du 25 au 37, où je me souviens juste d'avoir mis un pied devant l'autre, d'avoir été dans une forme continue. Et puis avec une petite chose aussi qui m'a apporté beaucoup, j'avais pris une photo de mes enfants, que j'avais glissé dans le short, et que j'ai sortie quand je me suis mis dans ma bulle, et que j'ai mis dans le creux de ma main, parce que c'était une photo polaroïde, qui tenait pile poil dans le creux de la main. Et puis j'ai couru avec eux. Ce 25e, 37, je l'ai vécu avec la musique et avec la photo de mes enfants dans la main. Et puis au 37e, on se rend compte que l'arrivée est en 5 kilomètres, qu'il y a de plus en plus d'ambiance, que la musique se refait entendre sur les côtés du parcours. Le parcours devient un peu plus étroit, comme si, bizarrement, au bout des 5, il y a quand même la ligne d'arrivée. Et là, on se dit, il n'en reste plus que 5. Et donc là, j'ai fait enlever la musique. Et puis, je me suis laissée porter par tout ça.
- Speaker #1
Juste avant l'arrivée que vous nous raconterez juste après. Et toi, Gilles, est-ce que tu étais à la hauteur de tes performances dès le début de la course ? Comment c'était au départ ?
- Speaker #4
Évidemment, mon objectif, c'était de battre mon meilleur temps qui datait du marathon de Paris en 2016, donc un an avant que je devienne maman. Je m'étais fixée comme objectif de chrono 3h22, ce qui fait à peu près 4 minutes 47 au kilomètre. J'ai beaucoup de mal à gérer mes émotions au départ. On est parti et je suis complètement déboussolée dans les premiers kilomètres parce que PE en parlait, on a envie de pleurer, on pense à tout ce qu'on a fait, qu'on a « enduré » comme préparation. Et aussi, je pensais beaucoup à la chance que j'ai de pouvoir refaire un marathon alors que je suis devenue maman. Parce que quand on fait du sport depuis longtemps et qu'on devient maman, on redoute un petit peu de ne pas pouvoir recourir comme avant. Donc ça a duré quasiment 5 km où je n'arrivais pas du tout à me mettre dans la course. J'étais vraiment dans l'émotion, complètement à fleur de peau. Donc ça se ressentait sur le cardio parce que j'étais tout de suite très très haut. J'ai réussi grâce à ma playlist fétiche à enfin me mettre dans la course au bout de 5 km. Et ensuite tout s'est très bien passé jusqu'au 15e km. J'étais vraiment en mode métronome, donc à la seconde près quasiment sur les objectifs que je m'étais fixé pour les temps de passage. Mais par contre... A partir du 15ème, j'ai commencé quand même à sentir qu'il y avait deux, trois petites choses qui n'allaient pas très très bien. Donc j'avais relativement chaud, je n'aime pas trop la chaleur. Et là pour le coup, je pense qu'il faisait bien 22 degrés. Et en plus, à Lille, on s'était entraîné dans des conditions qui n'étaient pas folles quand même. Il faisait relativement froid, on a souvent eu de la pluie. Donc là pour le coup, c'était vraiment un petit choc thermique. Donc néanmoins, j'ai quand même réussi jusqu'au semi-marathon à maintenir l'allure. mais je sentais que ça risquait de... pas passer jusqu'au bout. Donc à partir du semi, je suis rentrée en mode gestion. Je vais probablement pas atteindre l'objectif des 3h22 que je me suis fixée. Par contre, j'ai 5 minutes de marge encore sur mon record, puisque je souhaitais la baisser de 5-6 minutes. Donc j'ai pas explosé, par contre l'allure baissait inexorablement. À partir du 25ème, je commence à décrocher, je commence à me rapprocher dangereusement de mon chrono, et puis là, pour le coup, à partir du 30ème, là, c'était Merci. Pas tout à fait le même objectif, je sentais que je n'arriverais plus à battre mon record. Mentalement, j'ai un peu décroché, sans toutefois avoir un mur énorme, puisque j'ai réussi à ne pas marcher. Je ne suis pas passée au-dessus des 5 minutes 30 au kilomètre, donc ce n'était pas non plus la méga catastrophe. Et ensuite, quand on est arrivé à 5 kilomètres de l'arrivée, j'ai regardé ma montre, que je n'avais plus fait depuis un moment, et je me suis dit, bon, peut-être qu'en me secouant un petit peu sur les 5 derniers kilomètres, je peux peut-être encore battre mon record.
- Speaker #1
D'accord. Oui, puisque l'arrivée, c'est maintenant. C'est le suspense. Alors d'abord ton temps Pierre-Emmanuel à l'arrivée. Et puis sur toutes tes émotions, qu'est-ce que ça fait de finir son premier marathon ?
- Speaker #2
Alors moi, j'ai mis 4h30 finalement, 45 minutes de plus que ce que j'avais prévu. Je me suis vraiment battu tout le marathon et j'ai découvert aussi ce que c'était que de se dépasser, notamment sur la dernière partie de la course. J'ai vu des personnes qui étaient des fois dans des fauteuils roulants, des personnes qui étaient malades et qui aussi pouvaient courir et qui m'ont justement donné aussi cette force de continuer. Les deux derniers kilomètres étaient extrêmement difficiles. En revanche, comme j'avais décidé d'aller jusqu'au bout, je n'ai absolument pas lâché. En arrivant sur la ligne d'arrivée, je me suis complètement effondré dans les deux minutes d'après, déjà de fatigue, beaucoup de mal à reprendre mon souffle et aussi d'émotion. La première chose que je me suis dit, c'est finalement tu l'as fait. Et puis très rapidement, la première chose qu'on fait, c'est qu'on cherche ses collègues et ses copains. Ils étaient arrivés depuis un petit bout de temps, au final il y en a qui étaient arrivés plus d'une heure avant. Les premiers mots qu'ils m'ont dit, ça a été de me réconforter aussi, parce qu'ils ont senti aussi cette déception d'arriver 45 minutes après l'objectif. Puis après, très rapidement, une fois la ligne franchie, au bout de 5-10 minutes, on commence à reprendre ses esprits, la déception commence à passer. On est déjà dans l'étape d'après, c'est profiter. On va aller prendre un bon repas, on va boire un bon verre, et puis on va partager ces moments ensemble.
- Speaker #1
Delphine, tu es donc arrivée, j'imagine, un petit peu avant Pierre-Emmanuel. Tu l'attendais à l'arrivée, ça s'est passé comment toi ton arrivée et quel temps as-tu fait ?
- Speaker #3
Alors moi au 37ème, j'ai encore des jambes et bizarrement je retrouve même une énergie, je ne sais pas d'où elle vient, mais je me dis peut-être que je peux encore accélérer. Et puis j'accélère la cadence et je passe l'arrivée à 3h45 et quelques ondes. 3h45,
- Speaker #5
je suis tellement fière. Une grande première, c'est un truc de dingue, j'ai mal partout, mais je n'ai pas lâché, j'ai vécu une super course. Du plaisir de dingue et une ambiance de folie. Mais 3h45, ça y est, c'est fait, c'est derrière. Je l'ai fait, une grande première pour moi. Je suis tellement euphorique, excitée, je suis fière. Voilà, c'est les motions du moment, les premiers mots.
- Speaker #3
Donc la première chose que j'ai voulu refaire, c'est trouver ceux qui étaient déjà arrivés effectivement et laisser un effort contre moi parce que j'ai envie de... de partager ça, en fait. Je pense que j'aurais été capable de prendre n'importe qui dans mes bras. Mais non, c'est fort, c'est intense. Après, on s'écroule par terre de fatigue, effectivement, parce qu'on a quand même couru 42 kilomètres. On se dit, mon Dieu, mais par quoi je suis passée ? On se redéfile sa course des 42 bornes et on se dit j'y suis arrivée. Et là, après, on pense à tous les gens qui nous ont encouragés depuis le début, les sacrifices effectivement qui ont été faits sur la prépa, notamment des sorties longues, quand il fallait... partir deux heures, deux heures et demie et laisser ses enfants et tout le monde à la maison pour se dire bah non j'ai un objectif je veux y arriver donc du coup on pense à tout ce monde là qui nous encourage qui nous ont peut-être suivi pour la plupart sur chaque kilomètre de la course puisque après on regarde son portable et on voit les milliers de messages qu'on a reçus et alors là ça fait prolonger un peu plus le moment de manière intense et non c'est super fort c'était génial
- Speaker #2
Pour la petite histoire, il y avait une chose qu'on avait repérée depuis la préparation, c'était la ligne d'arrivée. La ligne d'arrivée à Valence, elle est un peu spéciale, c'est qu'elle longe toute une partie avec de l'eau, et puis il y a un superbe tapis bleu. Et je pense que ce moment-là, on en avait parlé ensemble plein de fois, on avait vu cette photo-là. Ça a été un vrai moment aussi d'émotion, parce qu'on visualise vraiment l'objectif final qu'on vit ce moment hyper fort.
- Speaker #3
Moi, j'avais des frissons sur le dernier kilomètre. En fait, ils ont fait ça de manière... Très bien, où ils annoncent les mètres restants jusqu'au passage de la ligne d'arrivée, avec sur les 195 mètres derniers, ce fameux tabi bleu. Plus on avance, plus on accélère bizarrement, et plus j'avais des frissons, la chair de poule qui montait, et l'émotion, alors que je n'avais même pas passé la ligne d'arrivée, qui était là. Et par contre, tu as le sourire jusqu'aux oreilles, tu te rends compte de ce que tu es en train d'accomplir. Et ça, peu importe l'objectif, peu importe le chrono sur la ligne d'arrivée. Et ça, ça n'a pas de prix, ça. Rien que pour ça.
- Speaker #1
Ça avait une importance pour toi, Jill. Comment s'est passé ton arrivée ?
- Speaker #4
Du coup, les cinq derniers kilomètres du marathon, c'est toute une aventure parce que c'est sous les cinq plus longs kilomètres de notre vie. J'ai essayé encore de m'accrocher à mon record d'il y a deux ans. J'ai tout donné vraiment dans les cinq derniers kilomètres. Je n'étais pas bien, j'avais chaud, j'avais mal au ventre. Donc, c'était vraiment relativement dur pour moi les cinq derniers kilomètres. Je rentre dans le dernier kilomètre, je regarde ma montre, je me dis « waouh, je suis vraiment tout proche de mon record, mais vraiment tout, tout proche » . Donc là, je jette toutes les dernières forces, tout ce qui me reste. Malheureusement, je passe la ligne d'arrivée en 3h27 et 58 secondes, donc 22 secondes de plus que mon record, ce qui est finalement rien du tout. Par contre, j'ai eu une arrivée un peu moins glamour que Delphine, parce que j'ai eu quelques petits soucis médicaux à l'arrivée. Globalement, ce n'est pas très poétique, mais j'ai vomi tout ce que j'ai bu et mangé pendant le marathon. Donc, ce n'est pas très glamour, mais voilà. Donc, je me sentais tout de suite très bien ensuite. J'ai retrouvé Jérémy, le collaborateur de Décathlon Monde-Marsan, qui avait partagé le week-end avec nous et qui était arrivé, je crois, trentaine de minutes avant moi. Donc, on s'est retrouvés tous les deux. Et après, on a commencé à surveiller l'application mobile parce qu'on savait que Delphine était en train de faire une course de malade. On la suivait sur l'application. Donc, on savait qu'elle allait être super contente et que ça allait être un exploit magnifique. Donc, on l'a attendu tous les deux sur la ligne. Et puis quand elle est arrivée, forcément, c'était la grosse séquence émotion. On a pleuré, on s'est pris dans les bras, on était contentes et c'était juste fou. Puis moi, d'un point de vue personnel, très rapidement, je suis quand même passée sur une émotion positive parce que 3h30, c'est un peu une barrière. C'est ma barrière symbolique. Il y en a qui en ont d'autres, 4h, 3h, etc. Donc au final, j'étais quand même très contente pour la deuxième fois de ma vie d'arriver à passer cette barrière symbolique.
- Speaker #1
Après avoir eu un bébé.
- Speaker #4
Et après avoir eu un bébé, au final, je me suis dit, bon, OK, je vais retrouver mon niveau. Je n'ai peut-être pas battu mon record, mais à quelques secondes près, je suis retournée à mon niveau d'avant. Donc, ça m'a hyper motivée pour la suite et pour en refaire d'autres dans les années qui viennent.
- Speaker #1
Peut-être une anecdote ?
- Speaker #4
Il y en a beaucoup des anecdotes. Je crois qu'un truc qui nous a bien rassemblés, c'est la bouffe.
- Speaker #2
On était partis avec beaucoup de bonbons dans nos valises parce que c'était vraiment l'interdit sur les deux dernières semaines. Et ça a été une des premières actions quand on est arrivé, c'est se jeter sur nos bonbons.
- Speaker #1
Avant qu'on se quitte, je vais vous poser une dernière question. Je vais vous demander de répondre par une phrase, chacun votre tour. Quand on court, quand on fait du road running et surtout des longues distances, il y a toujours un moment de la course où on se dit mais qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi je cours ? Vous, pourquoi vous courez le marathon ? On peut commencer par Clara.
- Speaker #0
Moi, comme je dis, l'histoire des marathons est une histoire de famille. Donc, pour le premier que j'ai fait, en tout cas que j'ai terminé, pourquoi je le faisais ? C'était pour réaliser le rêve de mon père.
- Speaker #1
Delphine ?
- Speaker #3
Moi, j'ai fait un marathon pour plus la découverte humaine et se rendre compte que finalement, pour une femme, maman, qui a aussi un boulot prenant à la fois, accomplir des expériences sportives de ce niveau-là, c'est complètement possible et réalisable.
- Speaker #1
Et toi, Gilles ?
- Speaker #4
Moi, je cours pour entretenir un peu l'héritage familial parce que je viens d'une famille de coureurs. Je suis hyper fière de continuer dans cette lignée. Mon papa a fait 2h40 au marathon, moins de 30 minutes aux 10 kilomètres. Et je suis la seule de la fratrie à faire de la course à pied. Donc, ce n'est pas du tout une pression. Par contre, je suis hyper contente qu'il continue à courir.
- Speaker #1
Pierre-Emmanuel.
- Speaker #2
Alors moi, j'ai couru pour mon fils qui a 8 ans, qui est dyslexique et qui, au final, rencontre des difficultés à l'école. depuis quelques années pour apprendre à lire et donc je lui explique qu'il faut jamais abandonner je tenais vraiment à lui ramener la médaille et de lui réexpliquer ça et surtout de lui raconter derrière que même si c'était difficile on pouvait arriver à la fin c'était vraiment un moment de motivation très fort qui m'a permis de rester jusqu'au bout on
- Speaker #3
vit ce moment hyper fort tu te rends compte en fait de ce que tu es en train d'accomplir et voilà ça me tenait à coeur et fallait que je le fasse
- Speaker #4
On a pleuré, on s'est pris dans les bras, on était contentes et c'était juste fou.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir suivi ce podcast. Avec toute l'équipe, on est en train de vous en préparer plein d'autres, de belles histoires de sportifs en perspective. Donc, je vous dis à très vite. Si vous avez aimé d'ailleurs cet épisode, n'hésitez pas à le partager. Et puis, je remercie bien sûr les quatre fantastiques qui étaient autour de cette table aujourd'hui. Merci à vous.
- Speaker #3
Merci. Merci.
- Speaker #2
A bientôt.