- Speaker #0
Octobre est le mois de la sensibilisation au cancer. Avec Hervé Moquer, enseignant à pas, on vous explique les bienfaits d'une pratique sportive adaptée pendant et après le traitement du cancer du sein. Vous avez une question ? On a la réponse ! Vous écoutez Conseil Sport, le podcast bien-être, santé, nutrition de Décathlon. Bonjour Hervé !
- Speaker #1
Bonjour Céciliane.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien et toi ?
- Speaker #0
Ça va, ça va très bien. On va le dire lundi matin.
- Speaker #1
De bon matin.
- Speaker #0
Tu nous accueilles ici dans ma salle de sport du Centre Oscar Lambret à Lille. Qu'est-ce qu'on fait là ?
- Speaker #1
Alors ici c'est une salle dédiée aux patients du Centre Oscar Lambret. Donc notre but étant de réhabiliter le patient à l'effort pendant les traitements et après les traitements afin qu'il se sente le mieux possible pendant ces phases de traitement.
- Speaker #0
Alors ici, on va parler davantage... du cancer du sein, en tout cas de cette pathologie-là, et de comment le sport va pouvoir accompagner durant les traitements, voire après. Donc tu proposes des activités physiques adaptées. Qu'est-ce que tu favorises comme pratique pendant le traitement du cancer du sein ?
- Speaker #1
Alors pendant les traitements du cancer du sein, on favorise différentes activités, mais vraiment adaptées aux patients, parce qu'il y a différents profils de patients, plus ou moins fragiles en fonction des traitements, en fonction de l'âge, en fonction des antécédents médicaux également. Le but de l'activité physique adaptée, c'est d'avoir l'activité qui s'adapte au patient et non l'inverse. C'est-à-dire le patient vient à une salle où il va vraiment retrouver des activités qui soient le plus possible spécifiques à ses problématiques. En activité classique, on peut avoir du réentraînement classique, vélo, marche, vraiment pour mobiliser les grosses masses musculaires. Tout ce qui va être réentraînement sur machine aussi de musculation pour resynthétiser de la masse maigre. Et on va avoir des activités aussi bien nettes, yoga. pilates, notamment pour renforcer aussi les muscles profonds. Et tout ça, en fait, le but, c'est aussi de proposer un maximum de possibilités pour finalement créer de l'envie chez le patient et trouver vraiment la juste activité pour chaque patient.
- Speaker #0
Qui prennent plaisir à venir faire leur pratique de sport.
- Speaker #1
Exactement. Comme aujourd'hui, un jour avec un beau soleil, on va pouvoir, par exemple, aller faire de la marche nordique dehors aussi pour favoriser ces moments sociaux qui sont très importants. favoriser l'échange entre les patients et retrouver finalement goût aussi à l'activité pour ceux qui ne sont pas forcément fans de sport entre guillemets.
- Speaker #0
Quels sont les effets justement pendant un traitement contre le cancer du sein et comment la pratique sportive peut aider parce qu'on peut imaginer que le traitement peut affaiblir l'organisme ? Raconte-nous un petit peu comment ça peut vraiment aider.
- Speaker #1
En fait c'est un petit peu paradoxal comme mécanisme, on a tendance à penser vous êtes fatigué, allongez-vous, restez assis ou allongé, mais en fait c'est un tort parce que finalement, on peut tomber dans un cercle vicieux du déconditionnement. Je suis fatigué, je me repose, finalement, je fais moins de choses, le corps est moins en mouvement, donc je perds en masse musculaire, je prends en masse grasse, je deviens plus essoufflé, et le moindre effort devient une contrainte. Donc en fait, on va essayer de rompre ce cercle vicieux. Et les études, elles ont toutes montré, et aujourd'hui, ce n'est plus à montrer que l'activité physique pendant les traitements et après les traitements diminue significativement la fatigue induite par les traitements. C'est le seul traitement non médicamenteux qui va avoir un impact sur la fatigue.
- Speaker #0
Et à part l'impact sur la fatigue, quels sont les bénéfices du sport pendant un traitement ?
- Speaker #1
Il y a différents effets positifs, notamment une réduction de la toxicité des traitements, par exemple moins de douleurs, amélioration de la qualité de vie aussi en général, amélioration du sommeil, on va aussi avoir moins de symptômes dépressifs grâce à l'activité physique. Il y a beaucoup d'effets positifs.
- Speaker #0
J'imagine aussi qu'il y a un effet social ?
- Speaker #1
Là,
- Speaker #0
il y a de la place dans cette salle de sport, ils peuvent se rencontrer.
- Speaker #1
C'est vraiment un levier sur lequel on joue énormément parce que finalement, les patients sont en arrêt maladie ou en arrêt de travail. Et dans la journée, elles ne voient plus personne. Le conjoint ou la conjointe, elles partent travailler. Puis finalement, on se retrouve finalement seul. Et la salle de sport, elle remet un cadre dans une semaine, c'est-à-dire deux séances par semaine. On voit du monde, on crée des amitiés. puis finalement, au fur et à mesure des séances passent, on a les... copains, les copines du sport. Et c'est ça qui est chouette, c'est qu'ils se voient en dehors des séances et ce lien est extrêmement important. Et par exemple, pour des personnes qui commencent une chimio, de voir finalement qu'il y a des personnes en cours de chimio qui arrivent à tolérer, certes des fois difficilement, mais ça montre aussi un message très important de dire ça ne va pas être une partie de plaisir mais après il y aura, le corps va retrouver ses droits.
- Speaker #0
Est-ce qu'on parle de cancer quand on pratique le sport avec vous ?
- Speaker #1
Alors... Ça peut arriver, c'est pas forcément sur quoi on met l'accent, mais des fois il peut y avoir des questionnements. Après c'est vraiment les vestiaires qui sont aussi une zone un peu de communication, d'échange, avec par exemple le corps qui se met aussi à nu, et puis entre patients ça peut... facilement parler, bah tiens, t'as eu quoi ? Comment ça se passe ? Etc. Donc c'est beaucoup, beaucoup dans les vestiaires. Et après, nous, on reste bien sûr des interlocuteurs privilégiés aussi pour faire des relais si besoin. Par exemple, avec une aide psychologique, si on sent une personne un petit peu moins bien ou la kinésithérapie, si par exemple, une personne a du mal avec des amplitudes de bras ou autre. On est vraiment un relais un peu privilégié dans le sens où on voit les gens deux fois par semaine sur une durée. Donc on a une relation de confiance qui se crée.
- Speaker #0
Quelles sont les pratiques les plus adaptées quand on a un cancer du sein ?
- Speaker #1
Les pratiques les plus adaptées, c'est les pratiques où il n'y a déjà pas de douleur chez le patient. Après, nous, on aime bien la gymnastique douce aussi pour ne pas avoir de choc, etc. Donc nous, ici, comme on vous l'a dit précédemment, on fait des activités vraiment adaptées au profil. Donc c'est vraiment subjectif comme question dans le sens où d'une personne à une autre, ça sera moins ou plus adapté. Mais après, par exemple, la marche nordique pour l'ouverture de cage. Tout ce qui est renforcement avec bon positionnement pour favoriser les postures de non-compensation. Finalement, toute activité, mais à condition qu'elle soit bien faite.
- Speaker #0
Donc, bien encadrée. Et c'est grâce à vous que ça peut se faire.
- Speaker #1
On essaye.
- Speaker #0
Les enseignants à pas, c'est bien ça ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Donc, on est enseignant en activité physique adaptée. On a un master, du coup, en STAPS, avec une spécification justement sur le cancer et les effets indésirables, etc. et tout ce qu'il y a.
- Speaker #0
On a fait un épisode justement avec Maxime qui explique ce métier, donc il y a possibilité de retrouver si on veut en savoir davantage sur ce métier-là, enseignant à pas. Lorsqu'on a recours à une opération du sein, quelles pratiques sont les plus intéressantes et pourquoi ? Parce qu'on peut imaginer qu'on perd en amplitude, que peut-être la cicatrisation peut être douloureuse. Qu'est-ce que tu préconises toi ?
- Speaker #1
Alors nous on aime bien faire tout ce qui va être aussi du stretching postural pour retrouver des amplitudes aussi. Tout ce qui va être pilates pourra toujours le plancher pelvien qui va être important. Finalement, on a quand même pas mal de personnes en situation de surpoids aussi. Donc en fait, ces activités-là, elles seront très importantes aussi pendant les traitements et après les traitements. Le travail sur le souffle qui va être fondamental et sur les ouvertures de cages, etc. qui va être important. Donc la musculation, on aime bien aussi pour créer un socle. Et après, tout ce qui va être cardio aussi pour redynamiser le corps et réentraîner le corps.
- Speaker #0
Et retrouver son souffle.
- Speaker #1
Mais toutes les activités, encore une fois, on n'est pas... pas trop fermé à condition justement qu'on respecte les règles de l'entraînement.
- Speaker #0
Tu parles d'exercices d'ouverture. Est-ce que tu as des petits exercices à proposer ?
- Speaker #1
Tout ce qui va être souplesse des épaules, par exemple la position prière au sol, vraiment d'aller chercher...
- Speaker #0
Assis sur les fesses, les fesses sur les talons et on va chercher loin devant bras tendus, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement. Après, ça peut être l'araignée qui monte, par exemple, contre un mur, aller chercher à grappiller, grappiller jusqu'au plafond. Ça peut être aller chercher à toucher le milieu du dos. Une main au-dessus, une main par le dessous, comme si on voulait se gratter le dos pour les amplitudes d'épaule. Et après, ça peut être par exemple les deux mains derrière la tête et je viens ouvrir les coudes le plus possible à l'arrière.
- Speaker #0
En respirant.
- Speaker #1
Inspiration. Mais après, en fait, si la personne a du mal, elle peut être aussi accompagnée par un kinésithérapeute avec qui on travaille toujours en complémentarité. On a vraiment la chance au centre d'avoir cette complémentarité entre les infirmières, les médecins, les kinés, tout vraiment le monde, la diététique, la psychologie, etc. C'est vraiment...
- Speaker #0
Pluridisciplinaire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est un travail d'équipe.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
C'est ça le sport et la santé.
- Speaker #1
C'est très important. L'un ne va pas sans l'autre.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des résultats observés parmi tes patientes ?
- Speaker #1
Alors nous, on a toujours des évaluations. Au début de la prise en charge, on fait des bilans d'une heure, afin de, déjà, 30 minutes d'échange pour voir où le patient en est, quelles problématiques il a. Et ensuite, on a 30 minutes de tests de conditions physiques pour évaluer la condition du patient. Et ces tests-là sont répétés tous les 3 mois, afin d'évaluer justement l'évolution. L'idée, c'est de réajuster le programme en fonction soit des traitements ou soit des capacités du patient. Donc nous, on a constaté une baisse significative de la fatigue, une baisse des douleurs aussi. Notamment sur les douleurs hormonales liées à l'hormonothérapie, on a vraiment constaté des baisses importantes et à une amélioration globale des tests de conditions physiques. Notamment par exemple sur l'endurance des quadriceps, sur les cuisses, on voit vraiment que ça s'est amélioré. Tout ce qui va être test cardio-respiratoire se sont nettement améliorés. Donc on va avoir une augmentation des périmètres de marche. Le patient peut faire plus de marche plus longtemps et à une allure plus importante. Donc ça c'est vraiment très très bon parce que finalement... C'est la qualité de vie au quotidien. Le patient, il ne pouvait peut-être plus aller acheter son pain à pied parce que c'était à 30 minutes. Maintenant, il peut le faire. Donc, on favorise la qualité de vie.
- Speaker #0
Et la résistance physique, en fait.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Dans le programme que propose Oscar Lombré aujourd'hui, on a parlé du cancer du sein, mais vous prenez en charge également d'autres cancers.
- Speaker #1
Oui, en fait, on travaille en équipe du coup, en tant qu'APAM. Avec mon collègue Loris, on prend en charge tous les types de cancers qui sont... Suivi au centre, à partir du moment où il y a justement l'accord du médecin, c'est toujours sous réserve de l'accord médical. Et en fait, on prend en charge tous les patients, enfin tous les patients peuvent être pris en charge en activité physique au centre Oscar Lambret, sous réserve bien sûr de l'accord du médecin.
- Speaker #0
Une fois que le traitement est terminé, une fois qu'on est plutôt sur une phase montante, que le traitement s'allège, est-ce qu'on peut encore maintenir l'activité physique ici ? Comment ça se passe après en fait ?
- Speaker #1
En fait, nous, on a différentes possibilités parce qu'on peut avoir des patients qui commencent après les traitements. Par exemple, on a des gens qui sont en traitement pour l'hormonothérapie. Des patients sous-hormonaux vont avoir, par exemple, d'autres problèmes sous-jacents. Ça peut être des douleurs articulaires, notamment. Ça peut être une fatigue, etc. En fait, ce n'est pas fermé. Ce n'est pas uniquement pendant les traitements. Si un patient a besoin, après, de récupérer avec nous, bien sûr, la porte est ouverte. nous la seule Entre guillemets, condition, c'est qu'il y a un réel besoin. S'il n'a pas forcément de besoin, on va l'orienter vers des structures relais. Le but étant de prendre vraiment les gens qui ont une problématique spécifique.
- Speaker #0
Et justement, quelles sont les structures relais vers lesquelles vous les envoyez ?
- Speaker #1
Alors, en fait, on a différentes structures relais en fonction, encore une fois, de la condition du patient. On peut avoir des structures relais spécifiques au cancer. Par exemple, des structures comme les espaces ressources cancer, comme les associations spécifiques pour l'APA. qu'on retrouve en région, etc. Et après, on peut avoir les fédérations classiques pour vraiment, par exemple, de la gym douce, de la marche nordique, pourquoi pas du pilates, en fait. Mais encore une fois, c'est selon la condition des patients. Donc, en fin de prise en charge, on les évalue pour les orienter au mieux vers une structure qui leur correspond le mieux.
- Speaker #0
Alors ici, on est dans un centre Unicancer. Qu'est-ce que tu appelles d'ailleurs, justement, Unicancer ?
- Speaker #1
Donc, c'est un réseau national de centres de lutte contre le cancer.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce qu'il y en a plusieurs en France ? Parce que ceux qui nous écoutent et celles qui nous écoutent, peut-être qu'elles se disent, mais c'est trop bien s'il y a ça qui existe. Moi, je veux être suivie par des enseignants à pas. Je veux pouvoir poursuivre le sport où on peut trouver ce genre de programme.
- Speaker #1
Donc, en fait, il y en a vraiment partout sur le réseau national en France. Le but de ces structures, c'est que justement, on va avoir du soin de support aussi pour les patients et l'activité physique est aussi présente dans les autres centres unicancer de France. Donc, il ne faut pas hésiter à vous rapprocher du centre dans lequel vous faites partie. pour justement voir s'il y a une possibilité de prise en charge en activité physique adaptée.
- Speaker #0
Est-ce qu'il existe un site internet sur lequel on peut retrouver toutes ces structures ? En tout cas, là, je suis dans une autre région, je ne suis pas à Lille et je vais absolument en bénéficier.
- Speaker #1
Sur le site Unicancer, vous pourrez retrouver les centres qui proposent. Et après, selon chaque centre, vous pouvez avoir un site internet sur chaque centre.
- Speaker #0
Chacun a son petit site. Très bien, je mettrai ça en description. Est-ce que tu as un dernier message ?
- Speaker #1
N'hésitez pas à en faire. Ce n'est jamais trop tard pour faire de l'activité physique. Respectez les règles de non-douleur, de plaisir dans la pratique. C'est vraiment les choses qu'il faut mettre en avant. L'activité physique ne doit pas faire mal pour être bénéfique. Donc, allez-y à votre rythme. À plusieurs, c'est plus sympa et foncez.
- Speaker #0
Merci Hervé.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
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