- Speaker #0
Rencontre, rupture, joie, échec, transformation, bonheur. Tout commence par un déclic. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode. Vous écoutez le déclic de Pauline Desbelles-Foulées.
- Speaker #1
Salut Pauline ! Salut Manon !
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Super,
- Speaker #1
je suis ravie de te rencontrer ! Plaisir partagé !
- Speaker #0
Alors pour commencer cet épisode, je vais me permettre de te présenter à nos auditeurs et nos auditrices. Pauline, tu dis être animée par les voyages, les rencontres, que ce soit des rencontres humaines, culturelles ou encore sportives, car je crois qu'on peut le dire, tu es aussi passionnée par le sport et plus particulièrement par la course à pied. Ça nous fait déjà un gros point commun ! Le sport, tu as grandi avec, tu le pratiques depuis toujours. Et déjà à l'école, j'ai vu que les crosses étaient ton dada. Alors là, je me suis dit, là, je ne me reconnais pas du tout. Parce que tu vois, même si j'adore courir aujourd'hui, je déteste les crosses. J'ai détesté les crosses. Puis tu as aussi pratiqué la natation et le tennis. Ensuite, il y a eu les études, la classe prépa et l'arrêt du sport. Et là, je me suis dit, tiens, bingo ! J'ai connu ça aussi. Mais bref, heureusement, le sport est revenu plus tard dans ta vie avant d'en devenir un pilier central aujourd'hui. Et toi, c'est à ce moment-là que tu as découvert les plaisirs de la compétition, des objectifs sportifs. Tu t'es inscrite aussi en club et c'est le début d'une grande histoire d'amour avec le sport et la course à pied. Je te dis aussi entrepreneuse, donc la contraction d'entrepreneuse et de reneuse. Je trouve ça hyper intéressant, on va en parler dans cet épisode. Car entre autres, tu as en effet développé les Belles Foulées. C'est une communauté de sportives motivées qui se rassemblent autour de la course à pied et ce, à différents niveaux. Tu nous expliqueras davantage aussi ce que c'est. Tout notre objectif avec ce projet, c'est plus ou moins de rassembler les femmes pour qu'elles puissent se sentir légitimes, et je dirais même fortes, fortes de pratiquer leur sport. Et comme le hasard fait bien les choses, il se trouve qu'en plus on enregistre ce podcast le 8 mars, date de la journée internationale des droits des femmes, et ça fait quand même un peu sens, je trouve. En lien avec les belles flûtes, il y a aussi un podcast qui parle de toi, à outre bingo, qui parle de sport, bien-être, confiance en soi, santé aussi, dépassement de soi, enfin là aussi on se retrouve. Bref, on peut dire que t'as pas peur de courir, que ce soit après les défis sportifs, professionnels ou même perso, Mais au fond...
- Speaker #1
Après quoi tu cours,
- Speaker #0
Pauline ? Est-ce que tu t'es déjà posé la question ?
- Speaker #1
Waouh, quelle présentation, c'est incroyable. Ah, ça fait du bien de commencer une interview comme ça. Tu t'y reconnais. Et puis que les côtés positifs, on ne s'en rend pas forcément compte de ce qu'on fait aussi. Donc merci déjà pour cette présentation, ça fait vraiment plaisir. J'ai le sourire, j'ai la banane encore plus que quand on s'est rencontrés là aujourd'hui. Et après quoi je cours ? C'est une très bonne question, une question que je pose souvent aussi aux femmes que j'accompagne, parce qu'effectivement, il faut avoir bien en tête qu'on ne peut pas courir après tout, tout le temps, au même moment. J'ai une soif de courir après plein de choses, moi, et je me suis rendue compte qu'on était plein comme ça, et que l'écueil de ça, c'est finalement d'être frustrée parce qu'on n'arrive pas à mener tous les projets de front. Et ce qui est important, c'est d'avoir bien en tête nos priorités du moment, savoir ce après quoi on court à l'instant T et bien se dire qu'on pourra toujours courir après plein d'autres choses plus tard. C'est jamais définitif. Et maintenant que j'ai ça en tête, je suis juste ravie en ce moment de courir pour plaisir, courir après des chronos en ce moment, après des formats de course et courir après l'entrepreneuriat, puisque ça prend une place très importante, même centrale dans ma vie en ce moment.
- Speaker #0
Et ce qui est intéressant, c'est que, que ce soit dans la vie ou comme quand tu cours en course à pied, tu peux courir à différentes allures. Ça aussi, je pense que c'est important de les garder en tête et de dire qu'on n'est pas obligé tout le temps de sprinter et de faire, même si c'est parfois intéressant d'aller chercher des chronos, comme tu le disais, c'est pas forcément l'objectif non plus.
- Speaker #1
Ah mais totalement, et c'est bien que tu soulèves ça, parce que je vois vraiment la vie comme un cycle, et dans la course à pied aussi c'est un cycle, là je parlais de chrono, et tu verras, j'ai cherché un chrono là en début d'année, là j'entame un nouveau cycle. où je ne suis plus en recherche de chrono, mais plutôt de découverte d'un nouveau format. Et tu le dis super bien, c'est que la vie, c'est un ultra. En fait, c'est un ultra où dedans, tu as des successions de sprint. Et ensuite, ça va être plus une allure marathon. On va ensuite se dire, ah bah non, j'ai envie d'être un peu plus en mode renfaux maintenant. Donc, mon allure, elle va être très, très, très douce. J'aime beaucoup cette idée de changer d'allure. en fonction de ses priorités et de ce qu'on veut faire à l'instant
- Speaker #0
T. Je vais quand même rassurer celles et ceux qui nous écoutent, on ne va pas faire que parler de course. Tu veux dire, je quitte l'épisode ? Non, non. Vous allez voir que la course, ça se rapproche à plein d'autres choses de la vie. Justement,
- Speaker #1
on a déjà fait plusieurs parallèles.
- Speaker #0
J'ai l'impression que tu vis et tu travailles autour de ta passion. Comment tu l'as trouvée et comment tu l'as découverte, toi, cette passion, justement ?
- Speaker #1
Effectivement. Et en même temps, tu vois, je ne suis pas athlète de haut niveau, donc je ne gagne pas ma vie en courant. Et j'adore la course à pied. Et je me suis rendue compte aussi, parce que l'entrepreneuriat, c'est un chemin où on fait aussi plein de découvertes sur soi, sur ce qu'on a envie de faire, que ça allait au-delà de la course à pied, cette passion. Je suis vraiment passionnée aussi par l'humain, la posture de la femme dans la société aussi, comment elle... Elle s'affirme, elle trouve ses valeurs. Et tu vois, tu disais que le sport a fait toujours partie de ma vie. Oui, mais en fait, loin de moi, l'idée d'en faire un plan central et même mon métier, ce n'était pas du tout parti pour ça. Donc, il ne faut pas imaginer que depuis toute petite, je me dis, je suis passionnée par le sport. Et en plus, je vais en faire mon métier. Ça s'est décidé il y a deux ans, pour tout te dire. Donc, c'est très récent. j'ai plutôt fait le chemin de me dire un moment, pour une fois, Pauline, qu'est-ce que tu veux vraiment faire ? Parce que j'avais toujours eu cette tendance de dire, OK, il faut faire du mieux possible, suivre la voie royale, faire ce qui est le mieux, ce qui est vu par la société comme étant le mieux, et jamais vraiment, OK, qu'est-ce que tu veux faire, toi ? Et en me posant cette question, parce que j'ai eu la chance aussi de pouvoir me la poser à ce moment-là, de prendre du recul, de me dire, OK, là, tu as du temps. pour te poser cette question, qu'est-ce que tu veux vraiment faire ? Waouh, ça a fait un gros boom dans ma tête. Oui, exactement. Je me suis dit, si je pose le mot déclic là, elle va me dire, elle a trop travaillé. Oui, j'ai travaillé, c'est vrai, mais je ne voulais pas le placer tout de suite. Et en fait, le fait de me dire, OK, qu'est-ce que je veux faire maintenant ? Donc oui, effectivement, là, j'ai créé les belles foulées pour rassembler les femmes autour de la course à pied et aussi m'enlever ces barrières de me dire, Je fais ça maintenant, mais ça se trouve, dans trois ans, je ferai autre chose. Et enlever ce carcan qu'on nous pose, l'impression d'avoir une enclume dans la tête, en mode, toi, tu te diriges dans ce chemin-là. S'il y a des gens qui nous écoutent qui sont dans leurs études ou post-bac et qui sont perdus parce qu'ils ne savent pas quoi faire, en fait, rassurez-vous, vous saurez ce que vous voulez faire. Maintenant, et ça ne va pas vous déterminer sur les 20 prochaines années, c'est fini ça. Ouais,
- Speaker #0
c'est pas un engagement sur toute la vie quoi.
- Speaker #1
Exactement, donc là je fais ça maintenant, et oui certes c'est lié à ma passion de la course à pied, et je vois très bien que ça va au-delà de ça, et qu'il y a plein d'opportunités, et qu'on n'est pas obligé d'être passionné par quelque chose pour en faire son métier non plus, et en fait c'est un truc qui nous plaît à l'instant T, des rencontres, tu le disais, ça fait aussi vraiment partie de... de ce qui me fait vibrer, rencontrer des gens, créer des choses avec ces gens-là, ça me fait vibrer.
- Speaker #0
Je me dis aussi que du coup, dans la passion, il y a le fait d'oser, parce qu'en fait, il faut oser se dire, je suis passionnée de sport, je ne m'en rendais pas compte. Et il y a aussi une question de priorisation. Et je pense que quand on est, pourtant on en a besoin, mais c'est un peu un truc, les passions, c'est un peu le truc qu'on va déprioriser. Tu vas se dire, je suis passionnée de sport, mais en fait, là, je n'ai pas le temps. Comment on fait pour se dire que ce temps pour nos passions, en fait, il est rentable ? Tu vois comme elle... Aller courir une heure, ce n'est pas du temps de perdu.
- Speaker #1
Alors, je vois deux choses. Déjà, quand on est passionné, c'est un peu dur le mot passion. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui se mettent aussi une pression à se dire « mais je n'ai pas de passion en fait, trop cool, moi je ne sais pas quoi faire, puis je ne suis passionnée par rien, donc je ne sais pas ce que je vais pouvoir faire de ma vie. » Donc déjà, ce côté-là, rassurez-vous, il n'y a pas besoin d'être passionné pour faire un projet passion qui vous anime. Il y a vraiment autre chose. Et tu le dis, la course à pied, c'est tellement une philosophie de vie finalement que j'ai même tendance à ne plus dire que je suis passionnée par la course à pied parce que c'est tous les à côté qui m'animent et qui me passionnent. Donc déjà, ce premier point. Et ensuite, pour oser se dire, je vais me lancer là-dedans parce que ça m'anime, ça me fait vibrer. Si on ne veut pas en faire son métier, comme tu dis là, par exemple, ouais, mais non, je n'ai pas le temps. Il y a la vie, il faut gagner sa vie, il faut travailler et c'est ça ma priorité. En fait, en vous octroyant du temps pour votre passion, pour ce qui vous fait vibrer, ce qui vous anime, sans cet objectif d'en faire le point central et votre métier, vous allez vous rendre compte que ça aura un impact juste incroyable sur les choses sérieuses, obligatoires de la vie, que sont le travail, les tâches ménagères et tout ce qui s'ensuit. Et en fait, j'ai tendance à dire qu'on a l'impression qu'on perd du temps. On va même culpabiliser du fait de « bah oui, mais mince, j'aurais dû faire ça, je suis partie courir » . Mais c'est du temps qu'on va rattraper parce qu'on rentre d'une sortie running. Toi-même, tu le sais, mais les endorphines au taquet, on est une boule d'énergie, on est positive. Et du coup, ça, ça va impacter positivement tout ce qu'on doit faire. qui ne nous fait pas forcément plaisir en vie.
- Speaker #0
Il y a un sujet de confiance en soi aussi. Je me dis, le sport, ça apporte beaucoup de confiance en soi. Justement, quand tu reviens d'une sortie, mais quel que soit le sport ou même d'une activité, je pense quelque chose de créatif, quand tu as fait quelque chose de tes mains ou de ton corps, tu te sens quand même boostée en confiance en toi.
- Speaker #1
Est-ce que toi,
- Speaker #0
tu penses qu'aujourd'hui, tu as vraiment confiance en toi ?
- Speaker #1
C'est une super bonne question. Je me suis toujours définie comme quelqu'un qui avait peu confiance en elle. toujours à douter, à hésiter, etc. Et tu vois, c'est aussi pour ça que j'ai créé les belles foulées. C'était pour moi aussi de me dire, mais en fait, moi, la course, ça me permet, comme tu le dis, de te sentir puissante, confiante, etc. Et du coup, c'est dans ces moments-là, là, tu vois encore ce matin, je me suis levée, j'ai fait une sortie au lever du soleil. Je me disais, mais waouh, ce sentiment tellement fort où là, je me sens invincible. C'est tellement bon. Mais je dirais que ce n'est pas quelque chose d'absolu. En fait, la confiance en soi, elle n'est jamais sur le 100% tout le temps, dans toutes les périodes de ta vie. C'est quelque chose qui déjà se travaille, qui doit être identifié à certains moments. Qu'est-ce qui te permet de te sentir confiante ? Qu'est-ce qui t'apporte de la confiance en toi ? Moi, courir, vraiment, je l'ai déterminé comme quelque chose qui m'apportait énormément de confiance en moi. Je veux le transmettre à d'autres femmes pour qu'elles se sentent elles aussi confiantes. mais tu vois A contrario, et c'est pour ça que c'est important de construire des bases solides, quand tu ne peux plus courir, si tu es blessé ou si les sorties, en fait, tu es à un moment plus compliqué où la course va être moins ta priorité, où c'est dur, c'est compliqué, où tu te sens nul. Parce que oui, on a tendance à croire qu'il n'y a que nous qui nous sentons nuls parce qu'on débute ou parce qu'on est moins fort que les autres. En fait, ça aussi, ça concerne toutes les runneuses de tous niveaux. et à ce moment-là la confiance, elle est branlée. Et en fait, tu vois, c'est pour ça qu'on ne va pas faire que parler de course, mais c'est tellement une belle métaphore de la vie. Ça, ça arrive dans tous les autres domaines de ta vie où tu es hyper confiante, tu te sens inarrêtable. Et il y a un truc, soit parce que tu vas te comparer, merci nos réseaux sociaux, soit parce qu'il va y avoir quelque chose qui est dans ta vie qui ne te permettra plus d'avoir cette confiance. Et du coup, c'est toujours quelque chose qui est... qui est déséquilibrée et qui n'est jamais certaine.
- Speaker #0
Et c'est un vrai sujet. J'ai une amie qui m'a envoyé justement un chiffre là. 45% des femmes qui ne pratiquent pas de sport aujourd'hui, elles évoquent le manque de confiance en elles. C'est le premier obstacle en fait. Et j'imagine que toi, c'est quelque chose que tu constates avec les personnes que tu accompagnes avec les belles foulées.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
C'est quoi les solutions que tu proposes ?
- Speaker #1
Totalement. Et c'est comme ça aussi que j'ai commencé les belles foulées. J'avais eu une info à 45%. Moi, j'avais eu plus général, c'est une femme sur quatre globalement, donc là, 45% des femmes qui ne font pas de sport n'ont pas confiance en elles, c'est énorme.
- Speaker #0
Elles ne font pas de sport parce qu'elles n'ont pas de confiance.
- Speaker #1
Parce qu'elles n'ont pas confiance. D'accord.
- Speaker #0
Le manque de confiance en elles, c'est le premier obstacle pour elles pour accéder au sport.
- Speaker #1
D'accord, pardon. C'est énorme. Et comme tu dis, oui, c'est quelque chose que j'identifie énormément, toutes les femmes qui viennent nous rejoindre sur les belles foulées, le fait de se... de ne pas se sentir légitime, de ne pas avoir sa place. Beaucoup de femmes sont en mode, bah non, mais moi, en fait, je ne suis pas sportive. De se définir, je ne l'ai jamais été, donc, bah non, je ne le suis pas. Vraiment, d'avoir cette identité comme non sportive ou comme pas capable de courir comme d'autres personnes peuvent le faire. Et en fait, ce que je leur dis, et ça aussi, c'est une prise de recul, une prise de hauteur, c'est que... Par rapport à qui ? Par rapport à quoi ? Pourquoi tu te compares à quelqu'un qui court depuis déjà 10 ans ? Et toi, qu'est-ce que tu viens chercher dans le sport ? Si c'est pour te faire du bien, quelle est la raison pour laquelle tu vas te dire « Non, je n'ose pas, je n'ai pas confiance en moi, donc je ne vais pas me lancer. » Mais qu'est-ce que tu vas chercher vraiment ? Je pense qu'on ne se pose pas assez la question. Parce qu'on se le disait tout à l'heure, là je te parlais de chrono, etc. On ne va pas déjà toutes et tous chercher ça. Et en fait... On ne va pas toutes et tous chercher ça à tout moment de notre vie. Si là, on se dit, ah ouais, j'ai besoin de me défouler, de me faire du bien, mais mets tes baskets. Et le simple fait de mettre tes baskets, t'es sportif, point. On se pose trop de questions, donc arrêtez de se poser des questions. Bien s'entourer. Là, ça rejoint les rencontres, mais vraiment, les groupes qu'on a au sein des belles foulées, c'est juste incroyable. La bienveillance, c'est un peu galvaudé ce mot, mais là, c'est vraiment ça, c'est hyper sain. comme relation, où on est là pour partager chaque étape, on s'élève chaque étape, et on est là juste pour se dire « Ok, en fait, je me fais plaisir, c'est déjà ouf de chausser mes baskets, je n'ai pas à regarder si j'ai couru en tant de minutes par kilomètre, si je suis légitime de mettre ce dossard, en fait, parce qu'on ne se pose même pas la question. » Pourquoi on se pose cette question-là ? Elle n'a pas lieu d'être.
- Speaker #0
C'est vraiment le regard des autres. Mais moi, j'ai parfois du mal à dire que je suis sportive alors que je fais du sport cinq fois par semaine. Parce qu'en fait, je me dis, les gens vont attendre de moi que j'ai un certain mode de vie, que j'ai un certain rythme, que j'ai un certain physique. Il y a ça aussi, quand tu es une femme, tu es quand même très attendue sur ça, tu es très critiquée sur ton physique. Et je pense que c'est juste le regard des autres qui fait qu'on n'ose pas dire qu'on est sportive.
- Speaker #1
Totalement. Là, c'est hyper intéressant. tu vois alors que qu'on a souvent tendance à se dire que c'est les débutantes qui ne peuvent pas se sentir légitimes. Ton témoignage est hyper intéressant, j'ai hâte de t'interviewer sur le podcast des belles poulets pour que tu nous en dises plus. Mais comme tu le dis, on a en plus souvent tendance à se minimiser. Et je pense, parce que je coache des femmes uniquement, donc ce serait intéressant d'avoir le retour des hommes, mais que c'est très féminin de se dire « Ah mais non, parce que, attends, elle me demande, il me demande si je suis sportive. » je vais devoir lui dire mes temps sur certaines distances. Toujours de prouver quelque chose, soit par ton apparence, soit par des chronos, par quelque chose de factuel. Alors que là, t'es hyper sportive, même 5 fois par semaine. Et puis même, t'as besoin de prouver rien à personne. Tu fais du sport 5 fois par semaine, t'es sportif, point. Rien à voir avec ton physique, tes chronos et tout. Comme tu dis, le regard des autres, c'est... Et en plus, à l'ère des réseaux sociaux, où ça peut vraiment devenir, mais destructeur.
- Speaker #0
Il y a autre chose aussi, on en avait parlé quand on avait préparé cette interview, c'est le syndrome de la bonne élève. C'est quelque chose dont tu parles souvent. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est ?
- Speaker #1
Totalement, le syndrome de la bonne élève. Là aussi, je reconnais beaucoup de super foulées, de femmes que j'accompagne. Et c'est aussi une expérience personnelle où c'est la... Le fait de se dire qu'il faut faire plaisir à tout le monde, déjà, il faut correspondre aux normes de la société et il faut tout faire très bien, parfaitement. Oui,
- Speaker #0
ça rejoint ce qu'on disait juste avant. Oui,
- Speaker #1
exactement, c'est ça. C'est vraiment de se dire, la très bonne élève type que j'ai été, que beaucoup de femmes que j'accompagne ont été, il faut que j'ai les meilleures notes, il faut que je sois excellente, il faut que je fasse plaisir aux professeurs, il faut que je réponde à leurs demandes précisément, faut que je travaille énormément il faut, il faut, il faut, il faut, je dois, je dois, je dois, je suis les normes, je suis dans les rails, je vise un parcours d'excellence, vraiment je fais tout parfaitement sans me poser la question de qu'est-ce que tu veux faire, mais pas qu'est-ce que tu dois faire. Et ça aussi, on le retrouve beaucoup dans la course parce que tout d'un coup, on va se dire ok, du coup, je dois bien courir, je dois faire ça et se mettre une pression comme ça à faire comme on nous dit de faire, comme on croit être. la façon de bien faire, alors qu'il y a 46 000 façons. Et une fois qu'on voit ça, c'est tellement libérateur. Mais c'est possible,
- Speaker #0
du coup, de s'en sortir.
- Speaker #1
Voilà, exactement. C'est ce qu'il faut dire aussi. Le syndrome de la bonne élève, il est là. C'est comme le syndrome de l'imposteur dont je parle souvent, où on se dit qu'on n'est pas légitime, ce dont on parlait tout à l'heure. Et effectivement, une fois qu'on l'identifie bien, qu'on se met des garde-fous. Donc, le fait de se dire, en fait, je sors de ça. Je... Je quitte Strava. Moi, par exemple, j'ai quitté Strava. C'est un débat que j'ai souvent avec plein de monde, mais je ne supporte plus cette plateforme. Je trouve que c'est... Moi,
- Speaker #0
je suis accro.
- Speaker #1
Une autre question que je pourrais te poser. Une guerre d'égo vaine, quelque chose qui est malsain. Enfin, bref, j'ai quitté cette plateforme-là, mais je m'entoure de tout un groupe. Tu vois, tu disais que j'étais en club. J'ai trouvé de super amis de... de course à pied avec lesquelles je vais faire le semi de la Rochelle avec trois d'entre elles. J'ai ma communauté de belles foulées que je développe qui m'apporte aussi énormément personnellement. Et cet entourage qui va faire qu'on va s'appuyer sur quelque chose de plus sain et où on va voir d'autres façons de voir la course à pied, de voir les objectifs qu'on se fixe et comment est-ce qu'on se les fixe, pourquoi on se les fixe et est-ce que c'est... pour nous, pour les autres, enlever un peu ce regard des autres, tu parlais du voyage qui est très ancré dans ma vie, c'est ça aussi que j'essaye d'insuffler dans le mouvement des belles foulées, c'est cet état d'esprit, en fait quand tu voyages t'es hyper humble et hyper ouverte à plein d'autres façons de penser, de voir, de faire, et ben ça c'est ça, de se retirer un peu de la façon dont on a l'impression que c'est le truc obligatoire à faire. Prendre du recul et se dire, ok, je vais façonner mon propre chemin. Et en fait, c'est ok et j'en suis capable et c'est trop cool.
- Speaker #0
Et tu disais, ça marche dans plein d'autres domaines comme les voyages notamment. Et je pense aussi à la partie entrepreneuriale qui prend toi aussi une place importante dans ta vie. Quel point tu fais justement toi entre le sport et l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Il y en a tellement !
- Speaker #0
Je me doute.
- Speaker #1
J'aime beaucoup faire ces ponts, ces liens. Je suis active sur LinkedIn et c'est vrai que c'est des parallèles que je fais très fréquemment parce qu'effectivement, c'est des postures qui se ressemblent. Et pour moi, les meilleurs modèles dans le monde de l'entrepreneuriat, c'est les sportifs de haut niveau parce qu'on met beaucoup de notre personne. Et en fait, la quête entrepreneuriale, c'est comme la quête sportive. C'est tout d'abord une quête à la recherche de soi-même. Ok, quelle est la personne que je suis ? Quelle est la personne que je veux devenir ? Qu'est-ce que je veux mettre en place ? Tu vas essayer vraiment de t'élever toi et c'est ce qui va te faire une énergie de dingue dans tes projets entrepreneuriaux et sportifs. Et du coup, on voit très bien que le sportif de haut niveau, c'est pas... On prend Renel Lamotte, c'est 800 mètres. Elle va pas juste faire courir, courir, courir. Il y a une dimension mentale qui est hyper importante que tu retrouves du coup chez les entrepreneurs. la dimension de bien dormir, bien manger, s'entourer de bonnes personnes. Et ça, tu le retrouves dans l'entrepreneuriat, dans le monde du sport. Et l'entrepreneur est un sportif de haut niveau et inversement.
- Speaker #0
Et justement, il y a un lien très fort entre les deux. Toi, en plus, tu travailles autour de ta passion. Est-ce que tu n'as pas peur que l'entrepreneuriat abîme ta passion, ton amour pour le sport, ta relation au sport ? Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
Oui, totalement. Et je me pose régulièrement la question. Parce qu'effectivement, c'est toujours dans tout, ce qu'on fait avec passion, ce qui nous anime, etc. La frontière avec de passer du « c'est sain, ça nous fait vibrer » , etc. à une relation plus malsaine où on commence à s'acharner, à se dégoûter, etc. Je pense que c'est toujours une frontière qui est fine, avec laquelle on joue. Et il faut, là encore, avoir des garde-fous, avoir des gens qui nous rappellent « attends, peut-être fais autre chose » , etc. Donc... effectivement, j'essaie vraiment maintenant de cloisonner un peu plus. Là, je cours pour le plaisir. Je ne vais pas essayer de faire des vidéos pour les belles foulées, les réelles, même si c'est tentant parce que je suis passionnée, etc. Et quand je fais pour les belles foulées, tu vois, par exemple, les courses que j'organise avec elles. Au début, je courais avec elles. Là, j'ai décidé que je le ferais juste en cheerleading à fond pour ne pas tout mélanger. Donc, c'est toujours une question qui revient, une frontière qui... qui est là et forcément, c'est comme tout. Quand tu commences à courir, que tu adores ça et que tout d'un coup, ça devient le centre de ta vie, que tu ne fais que ça. Là aussi, il faut que tu trouves des garde-fous pour jamais tomber dans l'excès inverse qui transformerait ça en du dégoût et du trop.
- Speaker #0
Et je me demande, en t'écoutant, est-ce que tu t'autorises une marge d'erreur, que ce soit dans le sport ou dans l'entrepreneuriat ? Parce que j'ai l'impression que c'est quand même assez... Enfin, comment dire ? Tout est carré. Est-ce que tu t'autorises quand même le droit à l'erreur ? Quel rapport tu as avec ça en fait ?
- Speaker #1
Le droit à l'erreur Et la notion d'échec
- Speaker #0
Ouais aussi ouais
- Speaker #1
Ça rejoint le syndrome De la bonne élève dont on parlait En fait quand tu te lances dans l'entrepreneuriat T'es obligé d'être confronté à l'échec Moi ça m'a fait beaucoup de Beaucoup de mal Ça m'a bien secoué on va dire plutôt Et en course à pied c'est pareil Et les deux m'apprennent à me confronter régulièrement, à me dire « oui, j'ai le droit à l'erreur, j'ai le droit à l'échec » . Au début, c'était en mode « waouh, mais c'est violent quand même » . Et maintenant, je me dis « ouais, mais ça fait partie du process, je préférais ne jamais me tromper et que ça roule, t'as l'impression que ça existe pour des gens » . En fait, non, pas du tout. De plus en plus, que ce soit des entrepreneurs ou des sportifs, sportives, partagent aussi leur échec, alors qu'on voit souvent que le côté doré des aventures entrepreneuriales ou sportives, Le fait de suivre volontairement des gens qui ont testé, qui ont échoué, qui ont rebondi, ça me libère là aussi. Je me dis « Ok, en fait, go, on y va. Tu as le droit de tester ça alors que tu n'es pas sûr du tout, de faire moins bien, que ce ne soit pas parfait encore à tes yeux, mais de tenter, de te dire « Ah ben là, non, ça ne prend pas. Je recommence. » J'y arrive en me détachant aussi, en revoyant régulièrement mes objectifs pour ne pas toujours être, ce qu'on disait au début, une recherche perpétuelle de la performance et de l'excellence. C'est quelque chose qui m'anime. Je suis compétitive, j'aime bien performer. C'est comme ça que je me sens avancée. Mais tu ne peux pas l'être tout le temps sur tous les pans de ta vie. Donc, c'est important de dire, OK, là, en fait, je fais moins bien. Pour moi, c'est comme un échec. Mais en fait, c'est parce que je fais... quelque chose d'autre et c'est OK. Tu disais,
- Speaker #0
toi, ce qui t'aide, c'est d'entendre parler des échecs des autres. Est-ce que toi, du coup, t'arrives à en parler de tes échecs aussi ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Ouais, c'est... Alors, pour être tout à fait honnête, je dirais que quand je suis dans des moments de down, j'ai du mal à en parler. Vraiment, j'ai du mal à sortir moins d'Insta, faire une story et dire, bah là, je suis vraiment moins bien. Pour être honnête, j'ai été, c'est il y a deux semaines, où vraiment, je me suis dit, Merci. waouh, c'est tellement du l'entrepreneuriat. Ah là là, avec plein de doutes, une montagne de doutes. Et pour le moment, je suis solopreneur, donc je suis seule à gérer les belles foulées. Et vraiment, je me suis dit, waouh, j'ai du mal à avancer. C'est comme quand tu as des périodes de course, ce dont on parlait, le cycle, où tout d'un coup, tu te dis, mais il faut que je me traîne pour aller courir. Là, le réveil, ça me fait juste chier. Tout me saoule. Mais tu vois... Ensuite, une fois que c'est passé, je m'oblige à dire « il y a deux semaines, c'était dur, j'ai eu l'impression de rien faire correctement. Est-ce que ça vous arrive ? » Ça, je le fais souvent sur LinkedIn et j'essaye, ouais, vraiment. Mais j'attends que l'orage soit passé parce que pendant l'orage, j'ai du mal.
- Speaker #0
Ce podcast, il s'appelle « Le Déclic » . Si toi, tu devais nous citer ton plus gros déclic que tu as eu pour l'instant,
- Speaker #1
qu'est-ce que ce serait ? Je vais être franche, j'ai bien réfléchi à la question.
- Speaker #0
Je t'y attendais à celle-là.
- Speaker #1
J'en ai eu plusieurs, des déclics. Mais je voulais t'en partager un qui est assez drôle aussi. Vraiment le déclic qui a fait que je me suis posé la question dont je te parlais là au début de l'épisode de « Mais qu'est-ce que tu veux vraiment faire, Pauline ? » Ça a été pendant mon année de césure en école de commerce, où la deuxième partie, j'ai décidé de partir, de ne pas refaire un stage. Je venais de faire six mois de stage dans un cabinet d'audit. Et je me suis dit « Waouh, si tu t'es acharnée pendant dix ans à... » Être la meilleure élève, faire prépa à l'école et tu te retrouves à faire ça dans ta vie ? Et c'est vraiment la première fois où je me suis dit « Waouh, en fait, je ne vais pas faire ça » . Et que je me suis posé la question. Je suis partie faire prof de français en Espagne parce que je rêvais de partir en Argentine toute seule. Mais bref, je me suis dit « Pour apprendre l'espagnol, il faut que je parte en Espagne » . Et ça n'allait pas être fiesta latina, il fallait que je fasse quelque chose de rémunérateur. Je me suis dit « Ok, je vais partir pour être prof de français » . Et juste avant, je passais mon permis. pour la troisième fois. Ceux qui sont à Paris, j'espère que vous pouvez être compatissants parce que c'est très, très dur. Je pensais aimer conduire, en fait, non. Et je ne l'ai pas eu. Et en fait, je me suis dit, OK, Pauline, tu n'as pas de tête, tu as peut-être des jambes. Et c'est là où je me suis dit, bon, est-ce qu'il n'y a pas une course ? Je n'avais jamais participé à de course en faisant une prépa, etc. Juste des petits 10 kilomètres. Et j'ai regardé, j'étais à Alicante. Du coup, à ce moment-là, je m'apprêtais à partir à Alicante. Et j'ai vu qu'il y avait un semi-marathon dans quatre mois. Je me suis dit, bon, vas-y, il faut que tu cours, parce que de toute façon, tu feras tous tes trajets en courant, puisque tu n'es pas capable d'avoir ton permis. Donc, c'est la première fois que je me suis inscrite à une course en ayant un objectif de prépa en amont et de concrétiser ça à ma première grande course, etc. Et là, ça m'a fait un déclic, puisque j'ai adoré la prépa. J'ai embarqué mes colocs espagnols là-dedans. C'était juste une aventure partagée. Donc là aussi, le sport partagé. Et vraiment de me dire, mais en fait, j'ai envie de partager ça à tout le monde et de montrer que c'est trop ouf. Et ensuite, les belles foulées qui a été lancée. Je pense vraiment que ça a été les prémices d'une nouvelle vie. Et t'as eu ton permis depuis ? Oui, j'ai eu mon permis. En rentrant, je l'ai repassé, j'ai eu au bout de la quatrième fois. J'avais des amis qui m'envoyaient des memes pas très cool. Enfin, certains cool qui disaient non, mais c'est les personnes les plus intelligentes qui galèrent à avoir leur permis. Ou est-ce que tu sais qu'au bout de la cinquième fois, tu dois passer un test, etc. Je déteste conduire depuis, mais j'ai mon permis. Je continue de courir.
- Speaker #0
Génial. Merci beaucoup, Pauline, pour ce partage. Est-ce que tu peux nous dire où on peut te retrouver, retrouver les belles foulées également ?
- Speaker #1
Vous pouvez me retrouver sur LinkedIn, Pauline Bouzhomme. Et les belles foulées, on est sur Instagram, le podcast qui s'appelle pareil, les belles foulées. et je fais même un challenge de publier ce mois-ci, ce mois de mars, si le podcast sort en mars, sur TikTok et YouTube Short, donc on est un peu partout.
- Speaker #0
Trop bizarre. Eh bien, on ira voir tout ça alors, et puis on pourra aussi se retrouver toutes les deux parce qu'on va aussi enregistrer un podcast pour ton podcast,
- Speaker #1
Les Belles Foulées,
- Speaker #0
donc on aura encore quelque chose à se dire.
- Speaker #1
Carrément. Merci beaucoup Pauline et à bientôt. Merci à toi Manon.
- Speaker #0
Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager et à en parler autour de vous. Qui sait, il n'est peut-être pas si loin ce déclic.