Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai beaucoup d'émotions, on est le 14 novembre, donc un jour après les 10 ans, l'anniversaire du 13 novembre 2015, j'ai trouvé la journée d'hier vraiment éprouvante, et j'ai vu tous ces hommages, toutes ces personnes qui se sont réunies autour des terrasses, près du Bataclan. Tous ces messages d'amour que j'ai vus sur les réseaux sociaux, hier était une journée vraiment très particulière, d'une tristesse infinie, comme on a pu parler précédemment. Comment donner du sens à une telle horreur ? Comment donner du sens à l'impensable, à l'insaisissable ? Quand on voit cette rencontre fortuite entre tant de belles personnes et ce qu'on pourrait qualifier du diable en personne. Deux mondes qui n'auraient rien à voir l'un avec l'autre, deux mondes qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Quel sens est-ce qu'on peut donner à une chose pareille ? Hier, ce qui m'a émue, c'est de voir toutes ces personnes se réunir, c'est de voir toutes ces personnes se tenir la main, se serrer dans les bras. Et je vais pas mal sur les réseaux sociaux et souvent je vois ce déferlement de haine. Et hier, il y avait beaucoup d'amour, il y avait cette énergie d'amour. J'ai trouvé que c'était tellement inhabituel et c'est assez terrible d'en venir là. Mais ça montre aussi que dans l'horreur, dans la pire horreur, les gens font comme ils peuvent pour retrouver du sens à la vie. Et dans ces moments-là, il n'y a pas plus important que de retrouver l'amour, que de se serrer les coudes. Et ça m'a profondément émue. Et ça montre à quel point l'amour est finalement... notre seul acte de résistance dans ces moments-là. Et c'est vrai que l'amour, c'est notre seul moyen de survie. Ça l'a toujours été et je trouve que c'est plus vrai que jamais. Tant notre monde manque d'amour, alors évidemment, il y a les violences, tout le climat géopolitique, les guerres, les dictatures, mais il y a aussi toutes les petites horreurs du quotidien. toutes les micro-violences du quotidien au sein même des foyers, les insultes, les injures, le manque de respect, tant de personnes complètement déglinguées qui se défoulent sur les réseaux sociaux et qui sont finalement confrontées à une telle solitude existentielle. Comment trouver du sens à ces choses-là ? Et hier, j'ai vu cet élan de beauté, cet élan d'amour. Et dans ces moments-là, se tenir la main, c'est tout ce qu'on peut faire. Sans amour, on est inachevé. Sans amour, on n'est pas complet. Et c'est quelque chose qui est inscrit biologiquement chez nous. C'est bien connu, un bébé seul meurt. Donc l'amour nous tient debout. Au-delà du fait que ça crée du sens, on ne survit pas sans amour. On ne survit pas sans lien, du fait que nous sommes des êtres sociaux. On se développe. dans la relation, notre cerveau se développe dans la relation, dans le regard, ces échanges de regard qu'on a avec nos enfants, avec les enfants, on voit comme le regard est si puissant et si essentiel. Si on n'est pas regardé, on n'existe pas. Et hier, j'ai vu que tout le monde se regardait, se réunissait en chair et en os, chose qui existe de moins en moins aujourd'hui. Et le manque d'amour est criant plus que jamais quand on voit la détresse qu'il y a. Et j'ai vu un truc passer, je ne sais pas si vous avez vu ça, mais l'intelligence artificielle commence à créer des partenaires amoureux. Du coup, alors ils sont vraiment très séduisants. C'est vrai, des hommes et des femmes qui sont incroyablement bien faits, avec un regard torride. et je peux imaginer que les personnes... qui sont vraiment incroyablement seules et qui sont démunies et qui ont complètement renoncé en l'espèce humaine, se tournent vers ce genre de choses où finalement tu as affaire à une créature d'une perfection absolue. Et je trouve que c'est absolument tragique. Et donc j'hésite à faire un petit break des réseaux sociaux juste en voyant ce genre de choses. Et c'est vraiment hier... quand je reparle de tous ces gens qui étaient ensemble en présentiel, je trouve que c'est vraiment la meilleure des résistances face à ce genre de choses. Et on arrive dans un monde où il devient de plus en plus difficile de créer du lien. Et là, j'ai vraiment vu... On a vraiment vu qu'il n'y avait pas de meilleur acte de résistance et que finalement cet amour pouvait l'emporter. De voir cette humanité réunie, là je me suis dit mais la vie c'est ça en fait, la vie c'est ça. Et après toute cette horreur, c'est vrai que c'est le seul moyen de se rappeler de toutes ces personnes qui sont décédées. C'est le seul moyen de les faire exister encore et encore et à tout jamais. Sans amour, rien n'est possible. Alors, l'intelligence artificielle, hier, je me suis dit, bah, au chiotte, quoi. C'est là que j'ai vu qu'elle n'avait pas ce pouvoir, en fait. J'ai vu que les réseaux sociaux, hier, étaient un atout. C'était bon de voir tous ces commentaires. Cet amour, c'est la seule façon de reconstruire du lien. C'est la seule façon de dire « et nous sommes encore là, et nous serons avec eux, avec les autres, à tout jamais » . C'est la seule façon de rester en vie, continuer à aimer, encore et encore. A bientôt. Ciao.