Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui, j'ai envie de faire un épisode un peu en écho à un des épisodes précédents sur la peur du changement, ce que ça peut générer chez nous, cette impression de menace imminente. C'est quand même incroyable. C'est vrai que comme on est des mammifères, on n'aime pas l'incertitude, notre cerveau n'aime pas l'incertitude. Il est rassuré par... quelque chose de connu, mais on n'est pas que des mammifères, on est aussi des âmes en quête de sens. Donc on est un petit peu tiraillé entre ces deux choses. En tout cas, moi je le sens, j'ai plein de beaux changements, comme je disais en perspective, et je sens que je suis un petit peu tiraillé entre mon envie de rester dans quelque chose de confortable, mais de chiant. mon envie d'être dans quelque chose de confrontant, mais de génial. Donc, c'est vraiment curieux, ce tiraillement, et je le sens vraiment dans mon corps. Il y a comme quelque chose qui me paralyse un petit peu, qui me donne envie de rentrer dans ma grotte pour me protéger d'un éventuel danger. Et pourtant, comme on disait, moi, je suis une âme en quête de sens, et j'ai besoin de grandir, d'évoluer. Et c'est fou comme la vie peut nous appeler, vraiment nous mettre... en relation avec tout un tas d'opportunités qui nous demandent, qui a être saisie. Et c'est fou comment on peut reproduire quelque chose encore et encore jusqu'à ce qu'on puisse achever ce cycle. En Gestalt, on adore ça, la fameuse Gestalt inachevée, quand quelque chose se reproduit encore et encore, quelque chose qui se représente, qui se présente à toi encore et encore jusqu'à ce que tu ailles au bout de ce projet. de cette envie qui est un petit peu planquée sous cette peur extrême. Et donc moi je suis un petit peu là-dedans en ce moment, comme je le disais dans l'épisode précédent, que je vis déjà beaucoup de bonnes choses, beaucoup de choses miam miam dans ma vie, et que là j'ai vraiment affaire à du miam miam premium, vraiment quelque chose de très très très bon. Et je n'ai pas l'habitude de goûter à du si bon. Voilà, comme beaucoup d'entre nous, comme beaucoup d'entre vous, moi j'ai eu l'habitude de m'en prendre plein la gueule. C'est quelque chose que je connais si bien que du coup, quand j'ai enfin l'occasion d'aller vers quelque chose de super waouh, et ben là, c'est tout mon corps qui dit « hé hé, là t'es dans des zones un petit peu trop nouvelles, fais gaffe » . Et comme je disais aussi, c'est bien de rester un petit peu au bord de la falaise dans ces moments-là, juste de ralentir, de ne pas sauter dans l'eau chaude d'un coup. Ça aussi, je le disais, mais juste rester là un petit peu au bord et regarder ce qui se passe à l'horizon. Et donc, c'est ce que j'essaie de faire, juste de rester un petit peu là, de goûter à ça, de prendre le temps de me familiariser avec ce nouveau, cette sensation. J'ai tout un tas de super projets, comme je disais, et des tas de projets que j'avais reportés pendant si longtemps, sauf qu'à l'époque, j'avais eu raison de le faire. Mais aujourd'hui, ça va, je vais mieux. Et ça y est, de nouveaux projets me font coucou. Je reviens. et qu'est-ce que je fais de ça ? Et là, cette fois-ci, j'ai vraiment envie de le saisir. Et puis, il y a des petites choses que j'aime faire aussi pour me calmer un petit peu, pour calmer un petit peu le fameux système reptilien. C'est de prendre du recul et de penser un petit peu à la vie dans son entièreté, dans sa grandeur, en fait. Je pense à la vie, je pense à la mort. Non pas d'une façon spécialement morbide, c'est pas du tout ça, c'est plutôt voir les choses à grande échelle et me dire que finalement, dans la vie, je m'en suis quand même pris plein la gueule. Et même si j'en suis ressortie blessée, j'en suis ressortie aussi pleine de ressources, c'est ça. Comme on disait, ce qui ne tue pas ne rend pas spécialement plus fort, mais ça peut créer d'autres ressources. Avec certaines blessures viennent d'autres ressources. Quand je regarde ma dernière dépression, par exemple, je pense que je vais devoir être sous mes docks une bonne partie de ma vie, si ce n'est toute ma vie, étant donné la gravité de la dépression que j'ai eue. Mais me voilà aujourd'hui à prendre soin de moi plus que jamais. C'est-à-dire que de faire une dépression quasi délirante, ça montrait aussi à quel point je tirais sur la corde, parce que si je n'avais pas le choix des fois, mais quand même. Aujourd'hui, je peux dire que... Je suis blessée, je suis fragile, mais en même temps je ne prétends pas être autrement que ça. Ça me rend encore plus humaine et ça me rend encore plus vigilante quant à ce fameux perfectionnisme dont je parlais. Il y a des petites choses qui viennent nous appeler et nous demander de façon indirecte et parfois de façon très longue, par des chemins quand même très longs. Sans raccourci, je veux dire, qui nous appellent et qui nous disent « Merde, du coup, j'ai perdu, j'ai fait une phrase un peu trop longue. » Moi, il me faut des phrases courtes. J'aime pas trop me prendre la tête là-dessus. Je me prends suffisamment la tête sur d'autres choses, donc tout ce qui est grammaire, etc. Et tout un tas de pirouettes verbales, je dois faire un peu attention. Je me perds encore plus sur ce que je disais, mais c'est parce que j'ai tellement de choses à dire. Et donc du coup, cette fameuse dépression que j'ai faite, me voilà aujourd'hui et plus que jamais, je fais gaffe à moi. Je n'y arrive pas tout le temps, mais j'ai ce point de vigilance qui me dit « fais gaffe à toi, prends soin de toi » . Et ça me donne vraiment envie d'y aller lentement, doucement. Et cette dépression, elle ne m'a pas tuée. Je suis là aujourd'hui, fragile, mais je suis là, fragile et forte en même temps. et donc Cette sensation de catastrophe imminente, je pense que c'est vraiment là mon cerveau qui me joue des tours. Mais qu'au final, j'ai du plaisir à prendre, que oui, ça va être confrontant. Mais si j'y vais tout doucement et si j'y vais petit à petit, si je prends le temps de sentir ce que ça me fait, je suis accompagnée, j'ai mes proches, j'ai une psy. Et en même temps, j'ai cette conscience de mes limites qui est plus présente que jamais. Ce qui fait que j'ai envie d'avoir confiance aussi dans ce processus et me dire que... ça va aller et que si ça va pas on peut faire demi-tour. Mais pas brutalement, c'est ça que j'aimerais bien éviter. C'est de me dire ok, si ça va pas je peux ralentir. Comme je disais aussi, cette tendance à aller super vite et à foncer dans le tas, ça peut faire qu'on fait marche arrière de façon très brutale mais c'est une réponse qui est souvent proportionnée parce que des fois on se jette dans les choses de façon si violente que... Forcément, là, on pète un câble, on se dit « ça, c'est vraiment une réelle menace, donc je ne peux que faire un grand saut en arrière » . Mais encore une fois, c'est un processus et des fois, on n'est pas suffisamment prêt aussi. Moi, ces expériences m'auront appris qu'on peut faire les choses lentement. Et donc, c'est ce que je fais aujourd'hui. Je sens qu'il y a de belles choses à goûter, il y a de belles choses à venir. Je reste un peu au bord de la falaise. Je regarde comme ça cet horizon, je regarde ce qui se dessine. Et je me dis, on verra tranquillement, à ton rythme. Et cette peur de briller, en quelque sorte, j'aime pas trop ce terme, mais cette peur d'être visible, cette peur d'être lumineux, en fait. Où on se dit, je vais trouver de vues, ça va manquer d'humilité, ce genre de choses. Et en même temps, la fausse modestie, qu'est-ce que c'est chiant ! Cette peur de se montrer, d'oser se sentir légitime et d'oser montrer cela aux gens et de dire « ouais, ouais, moi je me sens légitime et j'ai aucune honte à le montrer » . Et on est tous légitimes, chacun à notre manière. Donc c'est terrible comme on peut se saboter aussi. Et on fait comme on peut, on vient protéger des choses aussi qui sont très fragiles, très vulnérables. Et c'est vrai qu'en acceptant l'incertitude, en prenant ce fameux recul dont je parlais, il y a toute la temporalité qui change. On se dit, si les bonnes choses passent, les mauvaises choses passent aussi. Et donc, il y a quelque chose de l'ordre du temps qui est beaucoup plus malléable. et du coup à l'échelle d'une vie toutes ces expériences au final on se dit mais qu'est-ce qu'elles viennent m'apporter qu'est-ce que ces choses-là ont à me dire Et souvent, ce sont des très belles choses, des choses très précieuses, des choses très délicates, de vrais petits trésors dont on doit prendre soin tout doucement, mais sûrement lentement et délicatement. A bientôt, ciao !