Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de ce foutu perfectionnisme. Renoncer à cette version idéalisée de soi, pour se lâcher la grappe, pour prendre un petit peu de vacances. C'est terrible comme on peut être rigide avec soi, et ultra ultra exigeant, et demander de soi des choses tout simplement impossibles. Et donc si on visait la perfection, finalement on va pour cette quête de l'impossible. Alors qu'on change perpétuellement, il n'y a pas de version finale de soi, sauf quand on meurt. Donc si on veut rester en vie, dans ce truc mouvant et qui bouge en permanence, regardons-nous dans toute notre entièreté. Cessons de regarder la vie et ses parts de nous comme étant qualité et défaut, mal, bien, ce truc complètement écartelé. et où ça manque de nuances, et plutôt regardons-nous avec cette entièreté, avec nos ombres et nos lumières, et ces petits entre-deux aussi, ces couchers de soleil en quelque sorte, regardons-nous avec toute cette complexité si on veut pouvoir vivre une vie quand même un peu sereine. C'est terrible d'aller à cette quête de la perfection, parce qu'on court après quelque chose pendant des années, encore, encore, encore et encore. Jusqu'à ce qu'on se rende compte que finalement elle n'existe pas, faut-il aller si loin pour se rendre compte de ça alors que tant de belles choses nous attendent ? Nous avons tant d'imperfections à vivre, nous avons tant de chaos à embrasser. Alors c'est le moment. Je pense notamment aux entretiens d'embauche sur le marché du travail. Ça se fait moins maintenant mais je sais qu'à l'époque je passais beaucoup d'entretiens. Il y a toujours ces questions de merde qui nous tombent dessus. C'est quoi vos qualités, vos défauts ? Quelles questions débiles ? Alors évidemment, on va prendre la personne en face pour un con et on va dire « je suis perfectionniste » . L'autre en face va vous dire « mais tu me l'as fait à l'envers » . Parce que le perfectionnisme, on ne sait pas trop si c'est un défaut ou une qualité. C'est terrible. Mais en gros, c'est ça. Perfectionniste, ok, c'est quoi ? Je suis exigeant, j'aime le détail, etc. Mais être perfectionniste, je pense qu'on a tous ici travaillé avec des perfectionnistes. Ça peut être assez... insupportable. Et on se rend compte que le perfectionniste, il va à cette... Il essaie de rencontrer ce truc qui est juste exactement, exactement comme ça. Et donc, l'acceptation de l'imprévu, d'être ouvert à l'imprévu, à des petites choses qui nous échappent, c'est tout simplement hors de question. Le perfectionniste, tant ça lui fait peur, tant il y a une peur derrière. Et finalement, il y a de la sécurité derrière. Pour celui qui est à côté, c'est super chiant parce qu'on ne nous écoute pas. Donc, si on est soi-même perfectionniste, on s'empoisonne un peu, on est un petit peu son propre bourreau. J'ai pu l'avoir dans la création artistique notamment, où le processus de création était finalement un peu une souffrance. Créer dans la douleur, non merci. Il y en a qui se disent que ça peut apporter un truc ou je ne sais quoi. Non, non, moi, créer dans la douleur, ça me fait chier. Ça ne m'intéresse pas, moi, je veux du plaisir, je veux créer dans le plaisir. Il y a du travail, certes. Il faut se bouger, des fois il y a des trucs qui m'emmerdent un petit peu, il faut nettoyer des trucs dans les pistes son, etc. Il y a refaire un petit peu des voix que des fois j'aime pas trop, j'ai un peu la flemme. Ouais, mais on est suffisamment animé par le résultat dans ce moment-là pour se dire ok, ça va, il coule. Et puis dans le processus, dans le voyage, on fait des trucs et on se dit ah mais attends, ça sonne bien ça. Et c'est ça qui est magique. C'est qu'il y a plein de choses qui apparaissent et qui nous dépassent. Et on marquera que quand quelqu'un écoute ou voit ce que vous faites, il va dire « Oh, j'adore ce passage ! » et toi, tu es là « Ah bon ? » Donc, dans la création, dans l'art, c'est ça qui est beau, c'est que c'est une imperfection absolue. Et finalement, la vie, c'est ça. La création, c'est la vie. C'est imparfait. C'est le bordel. Et on doit apprendre à surfer sur ce gros chaos. Et je pense notamment à la maternité. C'est vrai que je suis face à des choix un peu compliqués. parce que j'ai beaucoup de boulot, je suis un peu prise dans tous les sens et j'ai des super projets que je veux mener à terme. Je veux trouver le temps pour ce podcast. Comment je fais ? Parce que je suis quand même maman solo. C'est vrai que j'ai choisi une voie qui n'est pas la plus facile non plus. Et voilà, quels sont les domaines où je peux être plus qu'imparfaite ? On parle de la mère suffisamment bonne. Je me dis, OK, la mère suffisamment bonne, d'accord. Mais comment est-ce que je fais aussi pour ne pas être une mère suffisamment... Une merde trop pourrie. Voilà. Donc, je me dis, quels sont les choix que j'ai à faire ? Et donc, finalement, quel que soit le choix, il y a un truc où je ne m'aime pas à 100%. Soit je renonce un peu à mes projets, soit je prends... Pour prendre un peu plus de temps avec ma fille, soit je la fais garder encore un peu plus pour passer un peu plus de temps pour mes projets. Quoi qu'il en soit, c'est une décision difficile. Mais si je suis avec ma fille alors que j'ai la tête ailleurs, je vais la foutre devant des cartoons. On ne va pas prendre de douche comme il le faut. On va mal se nourrir. Enfin, je vais mal la nourrir. On va être un peu cracra. C'est le bordel chez moi. Donc, c'est sûr que j'ai renoncé là-dessus. Et donc, je vais devoir la faire garder un petit peu plus parce que je me rends compte que ces projets que j'ai sont tellement importants. Et qu'est-ce qu'on veut finalement quand on regarde les choses avec un peu de recul à long terme ? Je veux que ma fille comprenne qu'il est important de prendre soin de soi. Et que des fois, ce n'est pas toujours simple. Des fois, c'est chiant. Mais que prendre soin de soi, c'est super important. Parfois, ça ne fait pas toujours plaisir aux autres. Ça ne veut pas dire les maltraiter, mais ça veut dire parfois faire des choix difficiles. Et donc, c'est vrai que nos enfants ou les autres, les gens qu'on aime, pour ceux qui n'ont pas d'enfants, ne veulent pas des gens parfaits. Si vous avez quelqu'un autour de vous qui veut que vous soyez parfait, Bye bye. Finalement, on nous demande à être incarnés, à être vivants. Et en faisant des erreurs aussi, on montre à ces personnes-là, nos enfants notamment, que c'est OK de faire des erreurs. On montre que tout ce qui n'est pas normal, tout ce qui est un peu mal rangé, des émotions un peu compliquées, on montre qu'il n'y a pas mort d'homme et que c'est OK aussi. Donc, en acceptant de renoncer à cette version idéale de soi, On transmet cela aussi à nos proches, à nos enfants. On dit c'est ok, tu es chaotique et c'est ok. Oui, des fois c'est chiant. Ça voudrait dire que non, tu n'as pas le droit de douter. Non, tu n'as pas le droit d'être fatigué, tu n'as pas le droit de te tromper. Tu n'as pas le droit de te mettre en colère. C'est lourd ça quand même. Il y a des jours où on se sent capable de tout. Il y a des jours où on ne se sent pas capable de quoi que ce soit. Et c'est ok. Il y a des jours où on s'énerve pour rien, il y a des jours où c'est le bordel chez nous, enfin moi c'est tous les jours, et c'est ok. Donc je ne voudrais pas que ma fille ait une mère qui se dissout et qui s'épuise. Et donc ça veut dire faire des choix difficiles, et donc je vais devoir la faire garder un peu plus les week-ends. Ça ne va pas lui plaire, mais comme ça je la retrouverai un peu mieux quand on se verra. J'ajusterai au fur et à mesure. J'ajusterai au fur et à mesure. Et c'est en ça aussi qu'on comprendra que l'erreur n'est pas une menace, que l'erreur n'est pas dangereuse, qu'on essaye, on réajuste, on rectifie. Donc l'erreur ne nous tue pas. Ce qui nous tue, c'est ce qui est figé, immobile, ce qui ne bouge pas. Ça, ça nous tue. À choisir, je crois que je préfère être déglingué. Donc apprenons... à nous embrasser, complètement fous comme nous sommes, avec toutes nos contradictions aussi. C'est ça aussi qui est très important pour moi, c'est qu'on est vraiment plein de contradictions, on est plein de courants contraires. Donc c'est vraiment le gros bordel. Et on fait comme on peut pour naviguer dedans. A bientôt. Ciao.