Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de parler du bon. Prendre le bon dans sa vie. Saisir le bon, le goûter, l'attraper, oser l'attraper. Je pense à ça car en ce moment je vis du bon. Je vois ma fille grandir, sa personnalité se déployer. Je prends du plaisir à voir ça. Je prends du plaisir à la voir rire, elle rit beaucoup. On rit ensemble. Et ça, c'est vraiment un bonheur incroyable. On dort encore un peu plus le matin, ça c'est un bonheur. Alors de toute évidence, dormir quand on dort suffisamment, c'est juste merveilleux. J'ai l'impression de sortir de trois ans d'une espèce de nuage où finalement le manque de sommeil faisait que je devais un peu tenir par moments. Et là, je vois que mon corps peut un peu se lâcher là-dessus. Et puis, il y a plein de trucs qui se déploient au niveau de mes loisirs, de mes passions, hobbies, etc. Plein de choses dont je pourrais parler un peu plus tard. Et donc, il y a toujours une petite part de moi, malgré tout ce bon, qui est toujours un petit peu sur le qui-vive. Et c'est incroyable comme l'être humain est tant préparé. au danger imminent dès lors qu'il sort de cet univers stable dans lequel il a tant l'habitude de rester. Et c'est fou comme le nouveau peut vraiment nous faire peur. Et qu'importe la nature de cette nouveauté, aussi bonne qu'elle puisse être, ça vient toujours activer chez nous ce signal d'alarme comme quoi il va se passer un truc, un danger imminent. Comme quoi, on va se faire attaquer par un ours d'ici les secondes qui arrivent. C'est vraiment incroyable. Et du coup, finalement, il y a toute une histoire de processus aussi dans sa vie. Je me dis, OK, tout ce bon qui m'arrive, est-ce que je peux le prendre ? Et bon nombre d'entre nous, il y a tant de personnes qui ont eu l'habitude d'être sur le qui-vive et d'attendre vraiment que quelque chose se passe et finalement risquer un changement. L'enjeu était tel qu'il valait mieux rester dans ce truc stable, même si c'est une souffrance, quelque chose où on en bave, parce qu'il n'y a que ça qu'on connaît. C'est terrible, mais il y a tant de personnes qui ont grandi comme ça, en pensant que je suis une merde, autant le rester, parce que si je tente quelque chose de nouveau, la chute risque d'être encore plus douloureuse. Et c'est vrai que de risquer une forme de croissance, finalement, c'est vertigineux, c'est vraiment un grand saut dans le vide. Donc, je pense à ça aussi parce qu'il y a toujours des moments dans sa vie où on arrive, on a ce changement à proximité, il y a quelque chose de nouveau, comme un appel, et pourtant on reste là, et même on retourne un petit peu dans ce qu'on connaît. Ça peut être les relations malsaines, par exemple, il y a des gens qui n'arrivent pas à sortir de relations si douloureuses, ça m'est arrivé aussi. Ou la peur d'être visible aussi. Si je suis visible, qu'est-ce qu'on va penser de moi ? Et là, cette peur peut être telle que finalement, dans ces moments-là, on se dit « ok, non, pas tout de suite » . Donc ça, c'est quelque chose qui se sent, ce bon qu'on veut attraper, cette croissance. On sent qu'il y a un voyage qui mérite d'être vécu. Seulement, je pense qu'il faut être prêt pour ce genre de choses. Et quand on s'arrête, quand on fait marche arrière, entre guillemets, qu'on retourne dans une relation qui nous fait du mal, qu'on décline un job qu'on aimerait prendre mais qui nous fait trop peur, ce genre de choses, eh bien peut-être qu'à ce moment-là, on a une bonne raison de le faire. Tant ce vertige nous fait peur, et à ce moment-là, peut-être que le sol sous nos pieds n'est pas encore assez solide. Donc j'ai envie de nous inviter à la douceur dans ces moments-là. Et ce n'est pas quelque chose qui se fait d'un coup. On peut voir aussi ça, j'ai pu le voir autour de moi, je l'ai fait aussi. Ce truc où on se dit, ok, j'y vais, je saute d'un coup, allez, je me lance. Et pour ma part, ça a été le moyen parfait, justement, de faire marche arrière dans ces moments-là, parce que j'y étais tellement vite, tellement brutalement. Des projets, notamment, où je saute dedans. C'est comme sauter dans l'eau chaude d'un coup, ça te brûle, en fait. Et donc ça aussi, c'est une forme de violence, en fait. Donc on a cet amour de soi qui est blessé. Et comment est-ce qu'on répare cet amour de soi, celui qui ose la croissance et qui ose aussi... Le fait de prendre son temps, il y a ça aussi. Moi, j'ai grandi comme ça, c'est OK, il faut y aller. Si tu ne veux pas être une merde, il faut vraiment que tu prennes des initiatives et t'y vas. Juste t'y vas, t'y vas. Le nom de fois où je me suis pété la gueule en faisant ça, mais voilà, je connais ce mode de fonctionnement. J'ai tant eu l'habitude de fonctionner comme ça, c'était un peu ma perception du monde. Quand j'ai découvert que la vie pouvait être douce, que j'avais le droit d'être douce vis-à-vis de moi-même, que je méritais un job qui me plaît des collègues sympas, même si on ne les choisit pas tous, je me suis dit « waouh, je ne pensais pas que c'était possible » . Et bon nombre de fois, je me suis dit « oulala, c'est trop bon, ce n'est pas possible, c'est trop bon » . Donc c'est terrible d'avoir à se dire ça, finalement. Donc, raison de plus pour vraiment respecter ce processus et se dire que si on s'est planté tant de fois, Tant de fois, on est retourné dans cette relation, on a gardé ce job qu'on déteste, alors qu'on avait le choix à ce moment-là qu'une autre offre se présentait, quand on choisit de décliner tout un tas d'opportunités qui pourraient nous faire grandir et qui nous appellent au final, et qui continuent de nous appeler à plusieurs étapes de nos vies, mais qu'on n'est pas en mesure de prendre là tout de suite. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui mérite ce respect. Des fois, il suffit juste de rester un petit peu au bord de la falaise et de regarder. Moi, j'ai du bon qui se dessine plein de bon. Et il y en a que je goûte et c'est vraiment miam miam. Et il y a d'autres choses que je vois un petit peu de l'autre côté du rivage. Je sais que c'est bon, mais c'est tellement bon que je suis là. Ouh là là là là là là. Là, je suis habituée à du bonbon. Mais là, il y a du délicieux. Il y a du délicieux qui me dit « Oh, Olivia, prends-moi ! » Et... Vous n'y voyez aucun sous-entendu. Et donc, je sais que c'est là, à portée de bain, mais là, il faut que je reste un petit peu à cet endroit. Juste un petit peu. Pour voir ce que ça me fait. Pour pouvoir le traverser lentement. Prendre le temps de sentir. Et c'est ça. On mérite vraiment cette douceur, ce cadeau de faire les choses avec cette lenteur, avec cette délicatesse, pour justement pouvoir intégrer tout ce nouveau. Ce n'est pas un truc où tu sautes d'un coup, c'est horrible ce grand vertige. Ça me fait penser à un truc, j'avais une copine qui voulait prendre la parole en public pour un truc, elle était absolument pétrifiée, je me souviens, on était dans une espèce de conférence. Et donc, elle a pris la parole d'un coup et puis elle a dit un truc tellement fort, tellement intime, tellement costaud. Où elle y mettait toute sa vulnérabilité et puis en même temps, elle disait, ouais, il y a ça que j'aime pas dans ce que vous proposez et tout. Et elle tremblait. Elle tremblait. Il y avait ses mains qui vibraient littéralement. Et après, elle était mal. Et finalement, je pense à ça. Je me dis, waouh, alors t'as fait un saut dans le vide, mais d'un coup, t'as pas fait des choses à moitié. Alors ça peut être un petit peu un style de vie, mais ça peut aussi un peu cogner. Et ça, pour moi, c'est vraiment l'exemple parfait. De dire, ok, peut-être que tu aurais pu prendre la parole à ce moment-là, mais juste en dire un petit peu, pas grand-chose, et après de passer le micro à ton voisin, ou pas. Ce n'est pas un jugement que je veux proposer, c'est plutôt de se dire, est-ce qu'il y a des alternatives pour se faire un peu moins mal ? Parce qu'en fait, c'est sa tremblote qui était telle, et c'était plus que de la nervosité, elle avait mal à ce moment-là. Et je l'ai vue dans ce grand vertige. Donc ça me fait penser à ce genre de choses, ce juste milieu, la nuance en fait. Arrêter l'alcool aussi, pour moi, ça a été un changement vertigineux. J'ai arrêté, puis j'ai repris, j'ai arrêté, puis j'ai repris. C'est sûr que j'ai repris parce que probablement je n'étais pas prête à ce moment-là. parce que c'était vraiment trop effrayant. Donc voilà, il y a tout cet entre-deux qui mérite d'être regardé, qui mérite d'être vu. Qu'est-ce qu'on appelle se lancer ? Quand on dit lance-toi, tu n'es pas obligé d'y aller à 200 à l'heure. Et ça, je pense que c'est important de se le rappeler parce que c'est avant tout, comme je disais, une affaire de croissance. Il ne s'agit pas d'y aller comme une fusée, c'est d'y aller pas à pas. Et comme on dit, comme j'ai entendu maintes fois, comment fait-on pour manger un gros éléphant, petit bout par petit bout ? A bientôt, ciao !