Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de faire un petit bilan de cette semaine anti-perfectionnisme que j'ai essayé de mettre en application par des petites choses concrètes puisque la semaine dernière nous avions abordé la théorie, à savoir d'où peut bien venir cette quête de la perfection. Et là je pense surtout en ce qui concerne la maternité parce que je suis un petit peu en plein dedans. et donc Ces fameux ancrages, j'ai du mal à m'en débarrasser. C'est quand même sacrément bien gravé dans les inconscients collectifs. C'est compliqué. La culture catholique doit y être pour pas mal, parce que la Vierge Marie était dévouée, elle était dans le sacrifice, donc pourquoi pas nous ? Et aussi quelque chose de très moderne, lié à ce côté ultra positif que les réseaux sociaux amplifient. Tout ça, tout ça, on en a parlé maintes fois, mais c'est vrai qu'en pratiquant, plus je pratique et plus je me rends compte, je sens ces ancrages, je les sens gravés en moi, comme quelque chose qui est là, qui vient un petit peu tapisser mon quotidien. Et donc j'essaie de regarder ça sans me censurer, en laissant la place aussi à de la nouveauté. Et donc, on parlait effectivement de cette mère suffisamment bonne, cette fameuse expression de Winnicott. qui dit mère suffisamment bonne, dit mère un peu pourrie à d'autres égards. Et j'ai essayé de regarder un peu tout ça, donc la mère que je suis dans toute sa globalité. Je vais commencer par la mère un petit peu pourrie. Je me suis dit, ok, autorise-toi à être une mère un peu pourrie et vois ce qu'il se passe. Donc j'ai essayé de me l'autoriser pleinement sans me censurer. Et ce qui s'est passé, c'est que ma fille est un peu cracra, elle a mangé beaucoup de cochonneries, elle a foutu un gros bordel partout. J'ai vraiment essayé d'être attentive à ce qui se passait pour moi en matière de culpabilité. Et c'est vrai que c'était un peu, oulala, c'était un peu genre, écoute, ce que tu fais, c'est pas bien. Là, t'es pas une bonne mère. Là, t'es pas une bonne mère. Tu as fait cette petite fille, maintenant, il faut assumer. Tu l'as voulu, il faut vraiment assumer. Donc, j'avais cette petite voix qui venait me parler, qui venait un petit peu me mettre des petits coups de fouet, comme ça. Et moi, j'essayais de me raisonner, de prendre le dessus, mais dire non, non, non. Olivia tu es parti pour cette expérimentation, alors tu y vas. C'est comme un petit atelier d'expérimentation sur comment être une mère un peu pourrie. Et donc, pour être une mère un peu pourrie, il faut être un peu cracra, ça j'ai réussi, il faut manger n'importe quoi, j'ai réussi, et laisser un gros bordel s'installer. Ça j'y arrive très très très bien, mais là j'y arrive encore mieux. puisque cette fois-ci, c'était encore plus le bordel. J'ai essayé d'être vraiment attentive à ce que tout ça me faisait vivre. Et c'est vrai que c'était assez inconfortable. À chaque fois, j'essayais de me reprendre. Et à chaque fois, il y avait cette petite voix qui me disait « Mais tu ne peux pas faire ça ! Qu'est-ce que les gens vont penser ? Il faut que tu ne le dises à personne. Surtout, tu le caches. Quel avenir tu réserves à ta fille ? Et quel message est-ce que tu transmets aux autres ? » dans ton podcast. Et donc, je me suis dit, mais si mon message, finalement, c'était comment être une mère pourrie ? Comment être une mère pourrie pour les nuls ? Ou comment être une mère pourrie pour les perfectionnistes ? Et du coup, je pense que j'ai été plutôt un bon modèle ces derniers jours là-dessus. Et donc, de me laisser cet espace et de me lâcher un peu la grappe et d'arrêter de culpabiliser un petit peu, eh bien, c'était vraiment pas mal. Et j'ai économisé énormément d'énergie. Et comme par magie, ce qui s'est passé, j'ai fait le ménage. J'ai fait le ménage et j'y ai pris plaisir. Je me suis dit, tu as vraiment bien savouré ce gros bordel. Tu l'as savouré. Et là, j'ai eu comme une petite envie qui a réémergé. C'est fou dès lors qu'on laisse de la place pour que quelque chose se déploie. C'est fou ce qui peut se passer. Et d'autres petites choses peuvent réémerger. Voilà, c'est comme on laisse de la place à la colère. et on peut espérer une forme de soulagement après une forme de croissance du fait qu'on a laissé de la place à tout ça. Alors j'essaie de laisser de la place justement à ma colère et je me le suis autorisé encore plus. Et donc la mère pourrie en moi dit putain merde fais chier tu me saoules et donc je me suis dit ne te censure pas, vas-y dis putain fais chier autant que tu veux. Dis tu me saoules, c'est moche mais vas-y dis-le si ça te fait du bien. Et donc, si on regarde du coup maintenant de l'autre côté de la balance, la mère suffisamment bonne, étant donné que je me suis autorisée à être cette mère un peu pourrie, qu'est-ce que donne du coup la mère suffisamment bonne ? Et bien, du fait que je me suis autorisée un peu à ressentir des émotions un peu complexes, et bien, ma fille a eu plus de place aussi. C'est-à-dire qu'elle a eu des colères noires. Elle s'est foutue dans des colères noires. Et moi, je suis restée quand même, parfois, plus calme. Du fait que j'autorise ma colère, mon agacement à sortir par petites bribes, comme ça, sur la longueur, j'explose beaucoup moins. Donc je peux tenir un peu sur la durée. Et donc je me suis surprise à être plus patiente, à laisser ma fille se foutre dans des colères noires et à dire écoute, quand t'as fini, tu reviens. J'ai pris du plaisir à manger en me disant ok, si elle veut bouffer, tu verras. Mais toi, tu manges et tu te fais plaisir. Et quand ma fille a voulu manger, bon certes, c'était pour manger un peu de cochonnerie. Mais je lui donne des flocons d'avoine quand même. Je me suis dit, OK, c'est quoi ta limite ? Et c'est vrai que trop de Kinder, trop de chocolat, à un moment, je disais stop. Mais j'avais quand même un petit peu mes curseurs plus loin. C'est-à-dire que le moment du repas, même si je le faisais un peu sans aile, pour moi, était vraiment un moment de détente. Parce que sinon, je ne peux jamais me détendre, même quand je bouffe. J'adore manger lentement, prendre mon temps. Et là, j'ai repris contact avec ça. Et ça m'a vraiment fait du bien de me laisser plus de place. En fait, du coup, ça permet... d'établir des règles un peu plus solides par ailleurs, du fait que tout ça est mieux équilibré, mieux dispersé en fait. Mes autres limites du coup ont aussi plus de place pour mieux se dessiner, et donc les choses qui me sont vraiment intolérables, je ne les fais pas. Voilà, insulter ma fille par exemple, des mots qui viennent vraiment heurter. sa sensibilité, sa dignité. Ça, c'est vraiment, pour moi, hors de question. Et donc, je ne le fais pas. Alors qu'il y a quelque temps, quand je me censurais de ressentir de la colère, les moments où j'explosais, j'étais quand même, franchement, au niveau manque de respect, j'étais pas mal. Et le lendemain, je ne pouvais pas me regarder dans une glace. Et là, du coup, c'est vrai que de laisser toute cette place, c'est vraiment magique, ce qui peut se passer. C'est là tout le paradoxe. c'est plus... Plus on censure sa colère, plus on censure la mère pourrie en soi, moins on laisse de place pour la mère suffisamment bonne de se déployer. N'est-ce pas merveilleux ? A bientôt, ciao !