Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de parler de culpabilité, parce que je trouve qu'il y a quelque chose de très nocif et de très toxique dans le fait de culpabiliser, parce qu'il y a une partie qui nous condamne de façon un peu improductive. En tout cas moi ça me fait ça, et dans les moments où je culpabilise trop, ça m'empêche d'aller regarder le terrain fertile. pour un potentiel changement. Je pense surtout aux addictions, dans l'alcoolisme notamment, dans toute forme d'addiction. On s'en veut d'avoir bu, on s'en veut d'avoir causé tout un tas de dégâts collatéraux liés à notre consommation. On s'en veut tellement, on se sent tellement comme une merde qu'on continue, on recommence à consommer pour pouvoir soulager ce sentiment de honte. Et donc on reproduit exactement le comportement qu'on cherchait à éviter. Et c'est un cercle vicieux. Et on culpabilise encore, encore et encore. Ça nous empêche d'aller regarder la nuance. La honte vient remplacer la possibilité d'un apprentissage. La honte remplace la responsabilité du coup, et donc remplace la possibilité d'une action. Donc la culpabilité, ça fait mal. Et cet aspect de condamnation, qui vraiment te fout au fond du trou. Parce que finalement, dans cette affaire-là, si la réponse est claire, la culpabilité aura rempli son rôle. Mais souvent, on est tellement happé par le fait de se sentir comme une merde que ça empêche tout raisonnement constructif, ce raisonnement qui fait qu'on peut avancer et apprendre de ses erreurs. Moi, personnellement, j'ai tendance à... je culpabilise très facilement. L'éducation, je pense, y est pour pas mal. C'est vrai que j'ai hérité de ce cadeau. J'adore me prendre la tête, me prendre la tête c'est une passion. Et donc avec ça aussi peut venir le fait de s'auto-punir. C'est incroyable comment on peut se pourrir la vie, alors qu'il y a tellement de belles choses. Il y a tant de trésors, et c'est ça, la culpabilité nous empêche d'aller saisir ces trésors. Et puis il peut y avoir aussi ce truc un peu vertueux, quasi religieux, autour de la culpabilité. En disant, si je culpabilise, c'est que je reconnais mes erreurs. Mais encore une fois... Il faut regarder les choses de façon un peu nuancée. Culpabiliser, c'est intéressant si ça laisse la place à la liberté, la responsabilité, la possibilité d'un changement. Elle peut avoir une fonction saine quand elle indique qu'on a dépassé une limite. Bien souvent, on n'est pas en accord avec nos valeurs. La culpabilité est un signe. Et c'est donc là l'occasion de changer de chemin. Et donc c'est ça qui est très beau aussi, c'est qu'il n'est pas trop tard. Et je pense notamment aussi à l'addiction. La culpabilité, si on sépare cet aspect condamnation de responsabilité, ça veut dire qu'il y a là vraiment la possibilité d'évoluer, que c'est là que se trouve notre pouvoir de décision. Ce qui peut être tout aussi effrayant d'ailleurs. La culpabilité peut nous foutre un peu dans ce carcan fataliste qu'on peut retrouver quand on est alcoolique, notamment en se disant « je suis comme ça aujourd'hui, donc je le serai toujours » . Et on s'auto-punit d'autant plus parce qu'on regrette d'avoir bu. Et il peut y avoir ce truc un peu de « je ne mérite pas d'aller mieux, je ne mérite pas de changer » et ça c'est aussi un moteur de l'addiction. Je sais que j'ai connu ça quelques temps, je buvais, je m'en voulais de boire et donc je buvais encore plus. Et on n'en finit pas comme ça, sauf que notre liberté elle est bien là, il n'est jamais trop tard. Parce que la culpabilité, il peut y avoir ce jugement de valeur quoi. Je suis nulle, je suis une merde. Alors que dans la responsabilité, il y a « ok, j'ai fait une connerie, qu'est-ce que je fais maintenant ? » Ça change tout. On peut faire une erreur, ça ne veut pas dire qu'on l'est. On n'associe pas ce qu'on a fait à notre personne. Parce que si on associe tout ce qu'on fait à notre personne, ben oui, on peut trouver qu'on est une merde. Moi, sous l'effet de l'alcool, j'ai fait tellement de conneries. Aujourd'hui, j'apprends à ne plus associer ça à ma personne. Et surtout, j'apprends à faire des choses... qu'ils soient en harmonie avec mes valeurs. Et c'est sûr que d'être sobre aide beaucoup. Et donc si on s'interroge deux secondes, on se dit mais pourquoi j'ai fait ça ? Au lieu de se dire ça, qu'est-ce que ça montre de ce qui pourrait être bon pour moi ? Où sont mes limites ? Où sont mes besoins ? Et c'est là que se trouve le trésor. C'est comme ça qu'on sort de ce cycle infernal. Et donc nous avons beaucoup plus de liberté que nous le pensons. Et ça, c'est merveilleux, c'est effrayant. Mais c'est merveilleux. A bientôt. Ciao !