Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de parler d'alcool, de nos personnalités avec et sans alcool. Je pense à ça parce que la fin d'année approche, on entre dans le mois de novembre, il se passe ce que je ressens souvent à l'approche de la fin d'année, cette espèce de mélancolie où tout doucement le temps commence à ralentir et je sens que les fêtes de Noël approchent, ce moment où on peut... pour certains, se retrouver en famille. Et c'est un petit peu l'heure des remises en question. Et on sent le poids. Toutes ces choses qui se sont accumulées sur l'année, qui fait qu'on a un gros paquet sur les épaules et qu'on a quand même vraiment besoin de lâcher un bon coup. Et souvent, c'est l'occasion aussi à Noël de voir les bourrages de gueule. De se dire, OK, on a la permission de boire du champagne, de boire du pinard et tout à Noël. Mais je me souviens, à l'époque où je buvais Noël, du coup... C'était la permission de picoler, mais j'étais vraiment pâteuse après. Et j'avais vachement envie de chialer. Et j'ai un petit peu cette tristesse. Ma mère adorait Noël. Et là, elle est décédée. C'est vrai que sa conception de Noël, elle avait un petit peu de magie là-dedans. Et ça, ça me manque. Ses conseils, sa douceur me manquent. D'être mère à mon tour, sans avoir ma mère, c'est vraiment quelque chose qui, des fois, me rend triste. J'aurais aimé que ma fille la connaisse. Et ma mère aurait été tellement heureuse de connaître ma fille. Donc je me dis, c'est vrai que la vie n'est pas juste. Elle est décédée jeune, si jeune, en fin de compte. Et donc la fin d'année, je pense à elle beaucoup. Et cette tristesse et ce truc où peut-être une petite sensation de vide, de manque du coup. C'est un petit peu l'heure des remises en question aussi, de voir éventuellement ce qu'on veut rectifier, changer. Mais ce que je ressens surtout, c'est vraiment une énorme fatigue et quelque chose qui s'est accumulé, une pression que je ressens dans mon corps. Et je sens que je suis crevée, une fatigue vraiment profonde et j'ai envie de tout lâcher et forcément tout lâcher. Quand on est ancien buveur, on peut facilement l'associer à la consommation d'alcool. Et j'ai ce truc où je suis un peu fatiguée de me prendre la tête tout le temps. Et j'ai ce truc où je veux un petit peu arrêter de penser. Et c'est là que l'envie de boire pointe un peu le bout de son nez. Et donc je me dis, mais qu'est-ce que je fais de ça en fait ? Et ça me fait penser, à ces petits moments de nostalgie, à la personne qu'on est quand on boit. Et la personne... qu'on découvre, qu'on rencontre quand on arrête de boire. Et c'est vrai que j'ai eu l'habitude de boire pendant si longtemps. Je me souviens le bouleversement que ça a été d'apprendre à me connaître sobre. Là, ça fait des années maintenant. Mais à la fois, c'est délicieux de se rencontrer et forcément, on se découvre avec ses maladresses, avec sa vulnérabilité, avec ses douleurs, ses souffrances et ses joies. Donc c'est absolument merveilleux. Et en même temps, je me dis, des fois, j'ai envie de boire une bière. J'ai envie de me dire, si je pouvais juste décrocher ce soir. Juste ne plus penser, en fait. Tout lâcher. Prendre des vacances de soi. D'ailleurs, j'en avais fait un épisode. Mais là, il y a clairement quelque chose qui veut un peu s'éteindre. Et donc, c'est dans ces moments-là où je dois être un peu vigilante. Parce que c'est hors de question que je rechute. Mais c'est dans ces moments-là où il faut vraiment qu'on se protège. Et donc je pense à la Olivia qui buvait. Parfois, c'est vrai que j'ai un petit brin de nostalgie. La Olivia qui buvait se marrait beaucoup. Je remarque que je passe mon temps à rigoler aujourd'hui aussi. Mais il y avait quelque chose où elle rassemblait du monde. Il y avait vraiment du mouvement. Ça bougeait, c'était le bordel. C'était super rock'n'roll. J'avais toujours des plans en dernière minute. J'étais très audacieuse. C'était vraiment... Je menais un peu une vie à court terme dans tout ce qu'il y avait aussi de plus catastrophique. Mais avec tout ce qu'il y a de super cool aussi, où tu as l'impression d'être au cœur de l'intensité, d'être au cœur même de la vie. Et là, c'est vrai que parfois, je me dis... Bon, voilà, j'ai ce truc où je suis toujours en train de mouliner. Il y a toujours un truc qui est... tournent dans ma tête et je fais comme je peux pour décrocher. J'ai le sport, j'en ai parlé X fois, je crée, il y a ce podcast, j'ai des amis formidables. C'est vrai que je ne rassemble plus toutes ces milliards de personnes, mais alors les quelques potes que j'ai, qu'est-ce qu'ils sont super. Je suis entourée de personnes absolument merveilleuses. C'est tellement doux. Mais ce n'est pas tant de vie sociale, c'est plutôt la façon dont on se voit. Et ce truc où tu lâches tout. Et je le sens dans mon corps. Et je pense que dans ces moments-là, il faut être vigilant à ce qu'on ressent. Cette fatigue, elle est où ? Moi, je la ressens vraiment dans les jambes. J'ai la tête lourde un petit peu dans les jambes, dans les bras, dans les extrémités aussi. Il y a un truc vraiment... Vous savez quand vous avez les bras lourds, vous avez l'impression que vous vous trimballez vos bras à droite à gauche. Et j'ai un peu cette sensation et je me dis, mais comment est-ce que je peux lâcher vraiment brutalement sans me mettre en danger ? Je pense que je vais aller danser ce soir. mais en même temps il y a cette fatigue qui fait que j'ai vraiment pas envie de bouger mon cul j'ai la flemme de prendre le métro, j'ai la flemme d'y aller et c'est vrai que d'ouvrir ton frigo et d'ouvrir une bière c'est un peu plus simple, c'est-à-dire que tu décroches en ouvrant ton frigo et il suffit de deux minutes pour avoir ce petit effet qui se coule et ce petit effet qui se coule me manque et c'est ça aussi que j'ai envie de regarder c'est pas évident, c'est pas évident de dire ça c'est pas évident de regarder ça là pour moi tout de suite et pourtant ... Là, ça me manque. Là, tout de suite, boire me manque. Et puis, effectivement, la personne qu'on pense être quand on boit, il y a vraiment ce soulagement corporel, cette légèreté qui fait que tu quittes ton corps. Tu quittes vraiment, tu vas ailleurs. Et c'est ça, c'est que dans la sobriété, à la fois, on apprend vraiment à se connaître. C'est un voyage. où on embrasse ses propres valeurs, où on les honore, et ça c'est vraiment sublime. Et en même temps, on reste avec soi. Donc ça, c'est pas toujours évident. Et puis, il y a vraiment ce qui est incroyablement sournois avec l'alcool, c'est que ça a tellement plein de fonctions. À la fois, ça remplit du vide, et en même temps, ça apaise. C'est-à-dire qu'il peut y avoir une multitude de fonctions en buvant. Il y en a pour tous les goûts. C'est rudement efficace à court terme et j'ai presque le goût dans la bouche. J'en ai fait des épisodes là-dessus et là, je l'ai vraiment. C'est très inconfortable. Et puis, quand je buvais, c'est vrai que j'étais quelqu'un de vraiment super rock'n'roll. Et des fois, j'en ai marre d'être un peu sage. Donc, on dit ouais, un truc qui vient vraiment mettre un coup de pied dans la routine. Je faisais des trucs. complètement dingue. On me disait, mais Olivia, elle est tarée. C'est vrai, je faisais des trucs de ouf. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais j'étais quand même quelqu'un de très farfelu. Et donc, il s'agit de reconnecter avec sa folie. Je pense que c'est là aussi ce qui manque. J'ai envie de reconnecter avec mon petit brin de folie. Il y a la défoulade, mais ça, je le cherche déjà dans le sport, etc. Mais je pense qu'il y a un truc où j'ai vraiment envie de... vraiment de lâcher aussi dans la connerie, faire des conneries et dire des conneries. Remarque, j'en dis des conneries, mais je veux dire faire des conneries, faire des conneries, des grosses conneries. Et voilà, avec des blagues pourries aussi, un truc où t'as 4 ans un peu, mais tu te lâches. Ça me manque, ça me manque, c'est vrai. D'être maman et tout, je me dis, putain, je sais pas ce que je fais. Je ne sais pas où je vais. Et puis, on ne veut pas déconner. Pour ses enfants, on veut bien faire. On veut être un petit peu un rôle modèle pour ses enfants. Donc, il y a ce truc. On se dit, OK, je veux être quelqu'un de bien. Mais putain, c'est crevant aussi de vouloir être quelqu'un de bien. Donc, pour moi, c'est le travail d'une vie. C'est aussi la thématique de ce podcast, d'être à l'aise avec toutes ces imperfections. Mais si j'avais la réponse, je ne ferais pas ce podcast. Mais là, je suis vraiment au cœur de ça en ce moment. Et donc, cette envie de folie, où est-ce que je vais aller la trouver ? Je ne sais pas. Mais chez moi, c'est ça. Et donc, finalement, c'est quoi qui nous manque, en fait ? Qu'est-ce qui vous manque, vous, dans le fait d'arrêter de boire ? Parce que c'est merveilleux, c'est sûr, la sobriété, c'est super. Mais on ne rechuterait pas aussi souvent. Pour ceux qui rechutent, on ne serait pas tentés de rechuter, du moins, s'il n'y avait pas un petit brin de nostalgie. Donc, c'est vraiment... Un petit démon avec des paillettes, quoi. Et c'est peut-être là l'occasion d'avoir un dialogue avec le buveur en soi. Je me dis que ce serait l'occasion d'avoir un dialogue avec la Olivia qui boit. Et me dire, mais finalement, entre Olivia d'avant et Olivia maintenant, plutôt que de les compartimenter, parce que c'est vrai, on est complètement divisés, on est dissociés, on est vraiment... Ouais, on est divisés, quoi. Comment est-ce qu'on pourrait réunir toutes ces différentes parts de soi sans avoir recours à l'alcool ? Et je pense qu'il n'y a pas de réponse toute faite. Je pense que c'est quelque chose qui se sent plutôt que quelque chose qui se résonne. Mais je suis plutôt dans cette quête-là. Voilà. Ou est-ce que je peux aller choper du rock'n'roll ? Je parle d'un truc un peu fou, un peu spontané, quelque chose qui ne soit pas si raisonnable, en fait. Voilà. Et vous, qu'est-ce qui vous manque ? À bientôt. Ciao !