Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les Détours d'Olivia. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de réussir. Ce qu'on entend par réussir, surtout, envie de parler de la peur de réussir, cette fameuse peur dont on parle beaucoup, en développement personnel notamment. Et c'est vrai que de réussir, ça peut faire vraiment hyper, hyper peur. Ça peut être horriblement flippant. Tu le sens dans tes tripes et t'es paralysé comme si tu allais sauter dans le vide. Tu es littéralement scotché au sol tu ne peux pas avancer. » Et c'est vrai que c'est incroyable cette tendance qu'on peut avoir à s'auto-saboter quand finalement, il ne fallait pas trop briller ou alors quand on brillait, on le faisait mal. Qu'est-ce qu'on entend par « briller » aussi finalement ? Aux yeux de ses parents notamment, cette envie de réussir pour se faire aimer. Et tout dépend aussi pourquoi on veut réussir. Est-ce qu'on entend par ça ? Et donc je n'ai aucune réponse à tout ça, bien sûr. Mais ça chemine. Il y a beaucoup de choses pour moi qui se passent en ce moment, et des choses assez inconfortables parce qu'il y a des choses nouvelles, des choses absolument délicieuses mais nouvelles. Et le bon peut être inconfortable, tout ce qui est trop trop bon, trop trop délicieux peut être très très inconfortable. Si comme moi vous avez l'habitude d'en chier, si vous avez grandi comme ça avec cette fausse croyance qui dit que pour avoir des choses dans sa vie il faut vraiment s'en prendre plein la gueule, si tu l'as à portée de main, méfie-toi. C'est sans doute qu'il y a anguille sous roche. C'est terrible parce qu'effectivement on se prive de plein de petits trésors en pensant de la sorte. Et cette peur de réussir quand un truc bon est devant nous, ça peut être plein de trucs, ça peut être un job, ça peut être une histoire d'amour, ça peut être plein de trucs en fait. Et cette sensation, c'est terrorisant en fait. Si vous me comprenez, je pense que vous voyez ce dont je veux parler, ce truc, vous le sentez dans le bide. Ça vous empêche de manger, ça vous empêche de dormir. Vous avez l'impression que vous allez crever dans les minutes qui viennent. Certains d'entre vous pourront me trouver un peu excessive, mais pas sûr. Parce que c'est vraiment ça, quand on a vraiment une peur, cette peur viscérale du changement, et puis c'est bien connu, on n'est pas conçu... pour tant de changements, on est conçu pour se méfier du danger, pour s'en protéger et le changement c'est quelque part une forme de danger réel ou imaginé, bien souvent imaginé. Comment est-ce qu'on se démerde là-dedans ? Et plus que jamais je pense à l'ère actuelle, on peut avoir peur de réussir, donc peur du changement, parce qu'on a tellement de choix ! à portée de main, même il suffit d'allumer Netflix, on sait pas quoi regarder. Je sais pas si comme moi ça vous arrive, vous êtes sur Netflix et vous avez envie de regarder un truc et puis à la fin vous juste vous coupez parce qu'il y a trop de choix. Il y a tant de choix partout et donc ça passe vraiment de ce petit truc que tu regardes sur Netflix au plus grand choix, à la plus grande échelle, le choix de formation que tu veux faire. Quand tu scrolles sur Tinder et que tu swipes, tu dis ok oui, non, oui, non. Alors oui, les choses nous tombent dessus. Moi je fais aussi partie de ceux de plus en plus qui pensent que la vie fait bien des choses et d'ailleurs ça me fait des vacances de penser ainsi. Mais on a quand même un sacré paquet de responsabilités et on a besoin d'un petit cocon. Comment est-ce qu'on prend soin de nous au milieu de ce merdier ? Et au moment où tu sens que tu te lances, t'es complètement figé. Et pour autant, il faut y aller. On se dit qu'il faut y aller, sinon tu vas le faire chier, sinon tu vas le regretter. Et c'est vrai que si on se lance dans quelque chose, dans une aventure, une histoire d'amour, un job, une carrière, c'est sûr que la question se pose « j'ai réussi, j'ai pas réussi, je ne sais pas » . Mais on pourra dire j'ai essayé et justement j'ai essayé, je n'ai pas réussi donc l'échec est de ma responsabilité. C'est quand même très lourd à porter alors que si t'es au fond du trou et que t'es par terre, tu restes par terre toute ta vie. Voilà comme ça c'est fait, tu n'auras même pas à te poser la question tandis que si t'as essayé et que tu te casses la gueule, mon dieu ! Donc on doit mettre un peu de contenant dans nos quotidiens, si on veut réussir à traverser ça, si on veut réussir à traverser ce changement. pour aller toucher cette nouveauté, pour aller toucher ce qui nous fait grandir, ce qui nous fait vibrer. Moi j'ai fait marche arrière un milliard de fois, et puis je repense aujourd'hui, je me dis qu'à l'époque ça avait bien fait, parce que c'était trop effrayant. Oui se lancer c'est bien, mais si c'est pour finir traumatisé, parce que ça peut être aussi une forme de trauma, de s'infliger quelque chose qui est juste trop waouh à vivre là maintenant tout de suite. Donc prendre son temps, c'est con, c'est tout con, mais je ne vois pas d'autre alternative. Prendre son temps pour... Aller dans l'eau chaude, comme je dis souvent. On met un petit doigt de pied, puis on met la jambe, puis après on met tout le corps dans l'eau chaude. Et après, on sera comme un poisson dans l'eau, sans jeu de mots aucun. Et comment est-ce qu'on met un petit peu contenant dans sa journée ? Des petites choses de certitude, des petits moments de certitude. J'ai pu en parler, moi je sais que j'aurai mon petit café au lit, tout va bien. Il peut y avoir un gros bordel à côté. Si mon petit café au lit gelait, eh bien je suis prête pour traverser de grandes tempêtes. Faire un bisou à ma fille quand je la récupère à l'école, lui faire un câlin quand je lui dis au revoir. Des petits rituels, des petites choses en fait qu'on peut... Des petits bouts de confort en fait. On dit toujours sortez de votre zone de confort. Mais ouais d'accord mais si c'est tout le temps très très inconfortable à la fin de la journée. T'as un taux de cortisol qui explose et t'es trop mal et puis c'est pas non plus ça qu'on veut en fait. L'idée c'est aussi de prendre du plaisir à se former, prendre du plaisir à changer. Parce que finalement, le bout de la montagne c'est quoi ? On meurt. Mais avant ça on est dans un changement perpétuel. On mérite de kiffer ce voyage et d'avoir un voyage croustillant. Il y a plein déjà de choses qui sont horribles à qui se mettent parfois au travers de ce chemin. Parce que c'est la vie, il y a des deuils, des trucs difficiles. Donc prendre son temps, mettre des petits bouts de douceur, son petit café au lit, son thé, avoir quelqu'un au téléphone, le rendez-vous avec son thérapeute, retrouver un pote... parler avec des collègues de travail, enfin ça peut être un milliard de trucs. Ma séance de sport, moi j'ai ça aussi comme rituel, comme vous le savez. On a besoin de cette petite zone de certitude qu'on met à droite à gauche. En fait quand on voit toutes ces responsabilités, cette multitude de choix qu'il y a, c'est normal qu'on galère à choisir en fait, le cerveau il pète un plomb, on a trop de choix que ce soit en regardant Netflix ou en regardant un menu Deliveroo. D'autres personnes diront : "Oh pfff, franchement tu devrais pas te plaindre beaucoup de gens qui vivent dans la pauvreté n'ont pas ce choix. Et oui effectivement je ne dis pas que c'est terrible, je dis juste que c'est dingue. Voilà c'est juste faut réussir à toutes ces choses à les foutre dans nos têtes il y a tellement d'informations, tellement de trucs c'est trop difficile de trier. C'est juste ça, ça rend fou et ça peut rendre con donc comment est-ce qu'on navigue entre inconfort et ces petites zones connues de certitude où on sait qu'on va être au chaud ? Et bien justement Un bon petit bain chaud aussi, je trouve que c'est chouette. Quelque chose de réconfortant, un cocon, un massage, se faire toucher, danser, faire quelque chose qui nous fait du bien et qui nous remet dans quelque chose qu'on connaît et qui nous donne un petit peu cette gratification du corps et qui nous donne un petit peu ce confort immédiat. Et on sait que demain, on pourra y retourner. A bientôt, ciao !