Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Aujourd'hui j'ai envie de parler de couple, la vision du couple. Cette fameuse phrase, faut-il être heureux avec soi pour être heureux en couple ? C'est un petit peu une phrase passe-partout qu'on voit un peu partout, mais n'empêche c'est une vraie question, c'est une question que je me pose aussi. Et je trouve que c'est en fin de compte une question vraiment complexe, et si intime, si personnelle. Et je parle peu de ce genre de choses parce que c'est vraiment quelque chose qui ne cesse de fluctuer pour moi et c'est quelque chose de si complexe que je n'ai jamais la réponse à ces choses-là. En tout cas, plus le temps passe, plus je chemine, moins j'idéalise le couple. Et je pense que le couple n'est pas forcément mieux que le célibat et inversement, c'est-à-dire que le couple a des trucs super que le célibat n'a pas. Et j'ai goûté au couple. J'étais en couple pendant quelques années. J'ai pu en parler dans un autre épisode. Et après, il y a eu une période où j'ai un petit peu sauté de relation en relation, puisque moi-même, j'avais cette vision comme quoi je ne pouvais pas être complète tant que je n'étais pas en couple. C'est un peu comme une danse, la relation de couple pour moi. Des fois, ça marche. Des fois, ça ne marche pas. C'est la vie. C'est un cheminement, en fait. Et il y a quelque chose qui m'agace un petit peu. C'est que j'ai l'impression que tout est un petit peu hyper sexualisé. Et moi-même, pendant des années, j'ai un petit peu associé le couple à quelque chose d'un peu hyper sexuel. Il y a cette espèce de course à l'orgasme, en fait. Et oui, on voit le truc, c'est sûr que ça montre la fin de quelque chose, de quelque chose qui était abouti. Je suis valorisée à travers le plaisir que je donne à l'autre. Mais le couple en ça, c'est très confrontant, parce que le désir, c'est quelque chose de si fragile, de si complexe et de si vulnérable. Il faut savoir avoir de vraies discussions aussi quand on est en couple, savoir oser parler de sexualité, oser aussi parler de ce qui nous fait vibrer. Et parfois, on vibre indépendamment de la personne avec qui on vit. Et j'ai envie de dire heureusement, mais des fois, c'est dur à admettre ce genre de choses. Et ça peut d'ailleurs étouffer. C'est-à-dire que si on entretient ce mythe comme quoi notre partenaire est celui ou celle qui nous fait vivre pleinement, qui nous complète, c'est une pression absolument atroce. Et moi-même, j'ai vécu comme ça quelques temps, et c'est ce qui m'a fait aussi péter un câble en couple, littéralement étouffée. Et ça, je pense que c'est important de le souligner. Et le plaisir, le désir, c'est quelque chose qui, encore une fois, qui est si délicat, si fragile, et qui se joue à des choses qui nous échappent complètement, en fait. C'est pas par hasard si, aujourd'hui, de plus en plus, on a des couples ouverts, le polyamour, ce genre de choses, je ne pense rien de ces choses-là. Je me pose de vraies questions. Je constate effectivement qu'il y a plein de façons de vivre différentes. Je ne sais pas moi-même si je me vois dans un couple monogame. Je ne pense pas pour autant m'imaginer dans un couple ouvert, parce que c'est le bordel, il faut du temps, de l'énergie. J'ai à peine le temps pour moi. Alors, je ne suis pas sûre d'avoir le temps pour beaucoup d'autres personnes. En tout cas, la sexualité, c'est quelque chose qui peut s'explorer indépendamment du couple. Et je pense que c'est important de savoir ça dans son couple, justement, de dire à l'autre « ok, je t'aime, mais sache que je peux vibrer aussi de mille autres manières » . Et je pense que d'avoir conscience de cette réalité, c'est donner une chance à son couple. Je trouve que c'est très difficile, en fait, de trouver cette juste danse dans le couple, de naviguer entre « ok, où est-ce que je mets ma liberté ? » Comment est-ce que je respecte aussi les besoins de mon ou ma partenaire, tout en prenant en compte les miens ? Et c'est une co-création, en fait. C'est un voyage, le couple. Et je vois des couples qui durent, et je trouve ça très beau. Il y a des couples qui se séparent dans la violence. J'ai appris personnellement à me séparer dans le respect. J'ai eu beaucoup de violence. J'ai contribué de nombreuses fois à la violence de mes couples. En pensant justement à tort que si je ne suis plus raide dingue de l'autre, c'est qu'il y a un problème. Mon Dieu, quelle horrible conception, parce que ça, ça fait encore une fois des ravages, ça peut bousiller les relations. Et donc, les quelques histoires que j'ai eues... Après, je me suis dit, ok, si ça ne va pas, on rompt le couple dans le respect, mais ça ne signe pas forcément la fin de la relation. Je ne fais pas partie de ceux qui disent, ok, on n'est plus ensemble, donc on ne se voit plus jamais. Non, la relation peut continuer autrement. Et parfois, la rupture sauve une relation qui peut devenir très belle. J'ai cette chance, j'ai la chance d'avoir de très belles relations autour de moi, avec des personnes avec qui j'ai été... avec qui j'ai eu des histoires intimes, très intimes, et d'autres avec qui j'ai eu des histoires, et là où l'amitié est hors de question. Donc il y a vraiment un tas de cas de figure différents. En tout cas, moi j'ai juste surtout envie de clouer le bec à ce truc, comme quoi l'autre est la source de notre plaisir. C'est horrible, c'est trop de pression, trop de choses à porter sur nos épaules, et quoi de pire pour faire fuir l'autre que de mettre... toutes ses attentes sur lui ou sur elle. Et puis, ce n'est pas juste. Et cesser de mettre ce côté « Ok, je suis en couple, je dois être sexy » , quoi. D'associer la sexualité à quelque chose de l'ordre de « Ouais, ce qui excite est point barre » , quoi. Ben non. Faire l'amour, c'est une question de respect et c'est juste donner et recevoir dans un espace qui est très intime. Et l'orgasme, c'est... C'est un petit peu la cerise sur le gâteau, mais plus le temps passe et plus je trouve que ce n'est pas forcément nécessaire pour avoir une sexualité épanouie. Je trouve que c'est trop de pression et ça m'agace un petit peu parce qu'on passe à côté de beaucoup de choses en mettant absolument cette course à l'orgasme en avant, de vouloir absolument être désirable, de devoir absolument désirer, alors que des fois ça se joue à si peu de choses, un sourire, une peau effleurée. Et là, tu sais pas pourquoi, t'es là, waouh, je sais pas ce que je vis, mais c'est fort. Se prendre la main, se tenir la main, se caresser la main, ça peut être une expérience ultra excitante, tellement plus excitante que de se faire prendre en levrette entre deux réunions. Ça peut être très bien aussi, je ne dis pas le contraire, je dis juste que le désir, ce n'est pas obligé d'être un truc spectaculaire. Le désir, c'est ce qui fait de nous des gens vivants. Et ça peut passer par de toutes petites choses. Donc cessons de nous mettre cette pression, cessons de devoir absolument être sexy, désirable. Le sexe, faire l'amour, c'est avant tout un partage, c'est avant tout un espace sacré. C'est ça, j'ai envie de mettre un petit peu de sacré dans nos expériences. On est doté de cette magnifique chose qu'est la sexualité. Donc traitons-la avec un peu de respect. A bientôt, ciao !