Speaker #0Bonjour et bienvenue sur les détours d'Olivia. Je suis dans une forme olympique, comme vous pouvez sûrement l'entendre, ça y est. J'ai ma crève quasi mensuelle, donc je suis fatiguée, donc du coup là j'ai pas la même configuration. Je suis toujours en vidéo, mais j'ai un tout petit micro qui est un petit peu moins bien. Il est tout petit celui-là, donc je suis passée de l'infiniment grand à l'infiniment petit, ça me fait très bizarre, mais c'est plus simple. cette configuration, mais aujourd'hui, j'ai pas d'énergie. Et je passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux en ce moment. Comme d'habitude, j'ai envie de dire, mais j'ai envie de parler du culte de soi. Ce narcissisme en blanc. Et je passe pas mal de temps aussi dans les forums pour dépression. Comme ça me fait plaisir, ça me remonte le moral. Et on voit des gens qui se présentent et qui parlent de leur détresse. Et puis, il y a une photo au-dessus, une photo d'eux. dans une pose très sexy. Et tu te dis, il y a un tel décalage entre cette photo et le contenu de leur poste. Et c'est un petit peu douteux. Tu te dis, mais quel est l'intérêt, quel est l'objectif de ce poste, finalement ? Est-ce que c'est pour rencontrer un mec ou une meuf ? Ou est-ce que c'est pour vraiment parler, faire un partage intime et obtenir un certain nombre de likes ? Et on est vraiment dans cette course aux likes, finalement. Et c'est toujours agréable d'avoir un like sur son post. Moi, j'aime bien, je regarde mes notifs, je me dis « Ah cool, mon post a eu du succès, c'est chouette » . Seulement, c'est très pernicieux et j'essaie de ne pas jeter la pierre à toutes ces personnes narcissiques parce que ça montre un vrai mal-être, ça montre aussi un réel problème, cette espèce de valorisation par les likes. Cette valorisation par le nombre de vues, et des fois je tombe sur TikTok, je vois des gens qui se dandinent tellement devant l'objectif, qui tournent la tête à droite à gauche pour qu'on les regarde sous des angles différents, et en fait c'est hyper flippant. Et les gens regardent, mais des petits cœurs, parce que c'est des gens qui sont tellement beaux, et c'est vrai, ils ont une beauté plastique qui est très impressionnante. Ça montre la fragilité de l'estime de soi qu'on peut avoir aujourd'hui. Et cette valorisation de soi à travers les réseaux sociaux, à travers les regards, à travers la validation des autres. C'est pour ça que je veux aussi regarder les gens qui font ça d'un autre œil. C'est agaçant, c'est sûr, moi des fois ça me fait chier et j'ai envie de leur faire un Ausha. Mais si on regarde les choses un peu plus en profondeur, en fait on se rend compte que c'est assez terrible, parce que le lien n'existe plus. Et donc on se rassure à travers ces regards, on se rassure à travers ce néant qui est le clic. Donc raison de plus pour remettre du lien, raison de plus pour faire des événements où on danse, où on se réunit, comme j'ai pu en parler de nombreuses fois. Mais ça m'a rendu un peu triste en fait cette semaine de voir tout ça. Qu'est-ce que la société va fabriquer comme personne ? Nos enfants ? Moi j'ai pas envie que ma fille tombe là-dedans et je veux pas non plus pour autant céder. à cette espèce de mauvaise ambiance où les gens sont aigris et chiatiques avec ce type de réflexion. Pourquoi vous faites des gosses ? Le monde, il est à chier, c'est la fin du monde. Ah oui, ok, bon. Certes, mais comme on dit, l'espoir fait vivre et c'est une vraie phrase. Comment peut-on vivre sans espoir ? Comment peut-on vivre en pensant que la fin du monde approche et que ça ne vaut plus le coup de faire des enfants ? Est-ce que c'est se voiler la face de faire des enfants ? des fois je me pose cette question, est-ce que c'est se voiler la face, d'avoir un peu d'espoir ? Mais comment vit-on ? Comment créer du sens dans sa vie ? L'idée, ce n'est pas de se jeter sous un train. L'idée, c'est de trouver du sens. On est là, on est vivant, on existe. Donc, comment donner du sens à ce qui n'a pas de sens ? Voilà, donc je me suis bien pris la tête cette semaine, comme d'habitude. Mais voilà, j'ai toujours la même conclusion au fil de mes épisodes, à savoir l'importance du lien. On est des êtres de lien, on est des êtres de connexion. brutes, des connexions de chair. Et ça me rend super triste de voir tout ça. Ces personnes qui se dandinent devant les objectifs, qui n'ont aucun message à faire passer, si ce n'est rassurez-moi, rassurez-moi. Cette course au clic, c'est terrible. Donc on ne peut pas en vouloir, ces gens-là. Mais peut-être leur dire ok, tu peux exister autrement que par le clic. La beauté plastique, certes c'est beau par définition, mais on vieillit, on meurt, les corps changent. Donc le jour où on a des corps qui vieillissent, si on repose tout notre espoir là-dessus, si on repose toute notre validation sur notre corps, sur notre visage, le jour où notre corps change, qu'est-ce qui reste ? Plus le temps passe, et moins j'accorde d'importance à cette espèce de beauté plastique. Des fois, on tombe amoureux des gens, on ne sait pas pourquoi. Il suffit d'un sourire, un regard, quelque chose, une odeur, tu tombes amoureux. Je suis déjà tombée amoureuse de personnes que je trouvais très peu attirantes au début. Et puis, il a suffi d'un moment, d'un petit instant, et là, ouah ! Et je me suis dit, mais comment est-ce que j'ai fait pour ne pas avoir ça avant ? Comme quoi, c'est très complexe, ces choses-là. Ne vous reposez pas sur le clic pour aller bien. Finalement, je m'adresse aussi aux plus jeunes. Vous existez autrement que par le clic. Il faut absolument ouvrir les yeux là-dessus et ne restez pas seul dans votre chambre. Communiquez, parlez, livrez-vous, soyez vulnérable avec les gens en qui vous avez confiance. A bientôt, ciao !