- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce rendez-vous de la nouvelle revue théologique. Nous reprenons le quatrième et dernier numéro de l'année 2026 en compagnie du Père Alban Massie. Nous entrons maintenant dans le dossier composé de quatre articles et intitulé « Pouvoir et ministère après le synode sur la synodalité » . Le Père Alphonse Borras l'ouvre avec le ministère. ordonnée dans une église relationnelle d'après le document final du récent synode. Théologien belge et professeur émérite de droit canonique, il a participé au synode en 2023 et 2024 en tant qu'expert. Père Alban, qu'est-ce qu'une église relationnelle change dans notre compréhension des évêques, des prêtres et des diacres et donc de l'institution église ?
- Speaker #1
Je crois que cette expression conduit à... à comprendre tous ceux qui ont des ministères, tous ceux qui ont une autorité, à partir de leurs relations entre eux. La première expression du synode, ça a été le collège des évêques. Et puis aussi avec tout le peuple de Dieu. Un ministère reçoit son sens de la communauté qu'il sert et de la mission à laquelle il contribue. Alphonse Borras réfléchit sur... l'articulation des trois degrés du ministère ordonné. L'évêque exerce sa charge avec les prêtres et les diacres au milieu de fidèles qui ont eux-mêmes reçu des dons pour la vie de l'église. Et cela demande une conversion très concrète. Comment un pasteur reconnaît-il les charismes des autres ? Comment leur permet-il de se déployer ? Comment les responsabilités sont-elles exercées ensemble, avec leurs différences ? La synodalité, elle engage donc une manière de vivre le ministère. Le prêtre, n'oublions pas, est toujours un baptisé parmi ses frères et sœurs, un baptisé appelé à un service particulier, consacré dans le ministère. Le diacre... rappelle une dimension de service à laquelle toute l'Église est appelée.
- Speaker #0
Le père Alphonse Borras écrit « Il faut se réjouir que le document final du Synode ait souligné l'articulation entre l'épiscopat, le presbytéra et le diaconat. Il s'agira dès lors d'en tirer les conséquences pratiques sur le plan pastoral pour le bien du peuple de Dieu. » et sur le plan spirituel pour la communion vécue entre les ministres ordonnés. Et il ajoute, j'aurais souhaité que le document final mit davantage en relief le ministère épiscopal, ainsi que celui des prêtres, en tant que ministère de présidence de la communauté ecclésiale et de son Eucharistie.
- Speaker #1
Cette dernière remarque, je crois, donne tout son sel à l'article. Le père Alphonse Borras... qui était mon professeur sur du temps passant, mais ce n'est pas important. Alphonse Borras accueille les avancées du Synode, donc il a été l'un des experts, mais il identifie aussi ce qui demande à être approfondi. C'est là le rôle du théologien. La co-responsabilité a besoin de ministères dont le service propre soit clairement compris. Et la communion grandira lorsque chacun pourra apporter ce qu'il a reçu en relation. Avec les autres.
- Speaker #0
Le pouvoir ecclésial autrement. Deuxième contribution du dossier, le pouvoir ecclésial autrement, ordre et juridiction à la lumière de Saint Thomas, de Jason Mary-Joseph Mammoottil, dominicain de la province de Belgique, ancien avocat en Inde. Il poursuit des recherches en théologie, après une formation qui comprend aussi le droit canonique. Pourquoi revenir à Saint Thomas d'Aquin ? pour réfléchir à la participation des laïcs au gouvernement de l'Église.
- Speaker #1
Parce que la pensée de saint Thomas permet de distinguer plusieurs réalités qu'on a l'habitude de rassembler sous un seul mot, le mot pouvoir, potestas. L'article examine le pouvoir d'ordre, c'est-à-dire lié au ministère du prêtre, au ministère sacramentel et... le pouvoir de juridiction qui concerne l'exercice d'une autorité, la discipline, si vous voulez. L'autre montre que chez Thomas, eh bien, certaines responsabilités de juridiction peuvent être envisagées indépendamment de l'ordination lorsqu'elles ne concernent pas l'acte sacramentel qui requiert ce pouvoir de... du sacrement. le pouvoir d'ordre. Je crois que cette distinction n'est pas idiote, parce qu'elle évite de traiter toutes les responsabilités ecclésiales comme si elles étaient de même nature. Si l'ordre est un sacrement, alors qu'il y a un sacrement du baptême, aussi, et bien ça veut dire qu'il faut chercher, mais à quoi ça sert à prêtre ? Consacrer l'Eucharistie euh administrer des biens ou exercer des fonctions de gouvernement, ce sont des questions différentes. Et le frère Mamoutil met cette lecture de saint Thomas en rapport avec les possibilités de participation des laïcs ouvertes par la réforme de la curie romaine. Il propose ainsi une ressource théologique pour le débat actuel, sans essayer de faire de Thomas d'Aquin un auteur contemporain. Et c'est ça ce qui est intéressant, c'est qu'il saisit la distance avec saint Thomas.
- Speaker #0
Alors on peut retenir ce passage. Le pouvoir de juridiction est donc considéré par Thomas à la fois dans un sens sacramentel et dans un sens non sacramentel. Et un peu plus loin, dans un sens non sacramentel en revanche, Thomas ouvre la porte à une plus grande participation des laïcs dans les questions qui impliquent la potestas juridictionnis.
- Speaker #1
Oui, le pouvoir de juridiction. Potestas juridictionnis, vous le dites mieux que moi. L'intérêt, c'est de poser une question précise pour chaque charge. Et cette question, c'est celle-ci. Quelle est sa nature ? Et à quel titre est-elle confiée ? Et la tradition a offert des distractions fécondes qui aident à réfléchir à la participation des laïcs, tout en respectant la spécificité du ministère sacralantel. Ce travail de... Clarification est indispensable pour avancer autrement que par des slogans de revendication de pouvoir.
- Speaker #0
Altérité, autorité et communion. Marie-Lætitia Calmeyn poursuit avec altérité, autorité et communion, la participation des femmes à la vie et à la mission de l'Église. Professeure au Collège des Bernardins et consulteur au Dicaster pour la doctrine de la foi, elle est également membre... du comité de rédaction de la NRT. Père Alban, comment cet article aborde-t-il une question qui suscite de fortes attentes ?
- Speaker #1
Pour parler de la différence homme-femme, on va partir de ce qui rassemble. C'est la dénité baptismale. C'est le mystère de l'Église comme communion. La Laetitia Kelman cherche à éclairer les responsabilités des femmes à partir de ce fondement. Et alors, elle relie les récits bibliques et notamment les figures féminines de l'Écriture, ainsi que le développement de l'enseignement de l'Église sur cette question. Sa réflexion accorde une place particulière à l'altérité entre l'homme et la femme. Cette altérité, c'est comme un appel à la communion, non pas à l'opposition, mais un appel à la communion. Et alors, c'est ça ce qui est beau aussi, c'est que Laetitia Kalman, relisant le rapport final de la commission qui s'est chargée de cette question après le synode sur la synodalité, eh bien, elle voit les conséquences pratiques d'une telle réflexion. Il s'agit de permettre aux femmes de déployer les dons reçus, de participer au discernement, de participer à la formation. et à d'autres lieux de responsabilité dans l'Église. Il faut reconnaître que la manière dont les femmes participent à tous ces lieux de la vie de l'Église ont une portée sur l'identité même de l'Église. Là-dedans, elle ose parler du lien avec l'Eucharistie. C'est l'Eucharistie masculine, c'est le prêtre qui célèbre l'Eucharistie. Non, toute l'Assemblée est engagée. dans la célébration. Cette participation de tous au ministère du Christ éclaire la manière d'envisager l'autorité et la mission.
- Speaker #0
Je rebondis sur ce que vous dites et on écoute un passage de cet article. Si le prêtre préside l'Eucharistie, c'est l'ensemble des fidèles qui célèbrent le mystère pascal en s'unissant à l'action de grâce du Christ pour en recevoir les fruits au cœur de leur existence. C'est pourquoi toute autorité dans l'Église s'enracine dans l'unique sacerdoce du Christ, mais aussi dans l'accomplissement de sa vocation de prophète et de roi.
- Speaker #1
Voilà, vous avez noté les trois munera, les trois missions, les trois ministères de tout baptisé qu'il entend au moment de son baptême, lorsqu'il reçoit le sacre, tu es prêtre, prophète. Je crois que ce qui est important, c'est cette question de les responsabilités que je reçois de l'Église permettent à la communion dans l'Église de grandir. C'est cette perspective qui permet de reconnaître les charismes des femmes et à leur donner des lieux réels d'expression de ces charismes et notamment de discernement dans l'Église.
- Speaker #0
Évêque et baptisé en conseil épiscopal. Nous passons maintenant aux pratiques diocésaines avec l'article « Évêque et baptisé en conseil épiscopal, quels enjeux pour le gouvernement de l'Église locale ? » Son auteur, Marie Anne Florin, est agrégée de philosophie, enseignante en théologie à l'Institut catholique de Paris et directrice du théologico-monde en ligne de Léon XIV. Père Alban, la présence de laïcs dans un conseil épiscopal suffit-elle ? à rendre le gouvernement du diocèse plus synodal.
- Speaker #1
Marie Anne Florin justement étudie la manière dont en France les conseils épiscopaux ont associé des baptisés laïcs aux responsabilités de l'évêque, avec des pratiques quelquefois diverses qui interrogent la manière d'exercer la charge pastorale. Marie Anne Florin souligne un risque. Un conseil restreint composé de personnes choisies par l'évêque peut prendre une place telle que d'autres instances sont affaiblies. Et la diversité du diocèse doit pouvoir être entendue. Elle attire également l'attention sur la formation. Participer à un lieu de décision demande des moyens pour comprendre les enjeux et contribuer effectivement au discernement.
- Speaker #0
Alors voici l'observation de... Marie Anne Florin. Contrairement aux conseils pastoraux ou presbytéraux dont le cadre est fixé canoniquement et dont les statuts règlent la composition, le conseil épiscopal relève uniquement de la discrétion de l'évêque. De plus, les laïcs présents en ces conseils ne sont pas formés au même niveau d'études que leurs collègues clairs avec lesquels ils prennent des décisions.
- Speaker #1
Bon, cette participation des laïcs au conseil de l'évêque... C'est quelque chose qui doit avancer. C'est un peu la conclusion de Marie Anne Florin. L'enjeu, c'est de vraiment relier la responsabilité de l'évêque à une consultation suffisamment large du peuple de Dieu.
- Speaker #0
Dernière étape, phénoménologie et intelligence des écritures. À propos de Yves Messen, théophonie et phénoménologie. Par le père Paul Gilbert, jésuite et professeur émérite de métaphysique. à l'université de la Grégorienne à Rome. Le titre peut sembler exigeant. Quelle question très simple se trouve derrière cette réflexion philosophique ?
- Speaker #1
Alors le père Paul Gilbert a lu le livre d'Yves Messen, qui s'appelle Théophanie et Phénoménologie, et derrière ces mots, il y a cette question que vous posez, que signifie comprendre la Bible ? On peut connaître le contexte d'un passage. On peut analyser les mots de la Péricope, on peut expliquer sa construction. C'est un travail précieux, c'est le travail de l'exégète, notamment historico-critique. Mais le texte biblique nous adresse aussi une parole qui engage notre existence. Et en présentant ce livre, Paul Gilbert regarde la relation entre l'expérience vécue et... les jugements que nous formulons. Il souligne également la puissance performative du langage. Une parole peut accomplir quelque chose et transformer une relation. La question de la lecture performative est très importante lorsqu'on se met à examiner la Bible. La lecture de la Bible trouve son prolongement dans la pratique, dans une vie qui se laisse instruire, qui se laisse Merci.
- Speaker #0
Nous arrivons au terme de ce parcours en huit ans, des origines de l'Eucharistie à la lecture des Écritures. Nous avons traversé Jérusalem, mais aussi l'univers numérique et les questions de pouvoir dans l'Église. Merci Père Alban. Vous retrouverez ces huit contributions, ainsi que la centaine de recensions d'ouvrages, dans ce numéro qui va de octobre à décembre 2026, de la Nouvelle Revue Théologique. Merci à chacun pour votre écoute, bonne lecture, et à bientôt pour un prochain rendez-vous avec la NRT.
- Speaker #1
Voilà, et sachez que c'est le moment, si vous voulez vous réabonner à la NRT, la revue commence en janvier, donc c'est le moment. pour vous réabonner et si c'est la première fois que vous voulez vous abonner, sachez qu'il y a une promotion qui vous est retrouvée sur le site www.nrt.be Merci Laurène et merci à tous.