- Speaker #0
C'est vrai que j'ai vraiment pris goût à cette vie de skipper. Ça rejoint tout ce que j'aime en fait. Faire de la gestion de projet, avoir une partie commerciale avec les partenaires, en même temps faire de la communication pour mon propre projet, monter des vidéos et tout ça, j'adore ça. Il y a la partie sportive où on se prépare. Moi, j'adore faire du sport, donc ça, ça va totalement. Et il y a la partie aventure. Pour moi, quand on part en mer, c'est une aventure de ouf, quoi qu'on en dise. Et là, je prends goût un petit peu à la compétition. Je pense que là, j'ai l'opportunité de continuer, donc il faut essayer.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue sur Les Femmes de l'Ouest, le podcast qui va à la rencontre de celles qui font vivre la côte atlantique de Brest à Biarritz. Avant de vous présenter mon invité, j'ai un petit message à vous partager. Si vous recherchez la communauté avec laquelle vous évadez, et notamment sur ce fait, pour l'année à venir, vous êtes au bon endroit. En 2026, on vous prépare. Quelques week-ends pour aller dompter des vagues de rêve avec un groupe de surfeuses passionnées. Alors si toi aussi tu es motivé, rejoins notre canal Small Whales Surf Club sur le compte Instagram de Podcast. Allez, je ne t'en dis pas plus et je te laisse avec mon invité qui vient de traverser l'océan Atlantique en solitaire lors de la dernière mini-transat. Rencontre avec une sportive de haut niveau, Noémie Quetalano. Dans cet épisode, Noémie nous raconte comment elle a... pendant 4 ans préparer cette course en parallèle de ses activités professionnelles, avant de s'y dédier à plein temps. On parle bien évidemment de la préparation physique et mentale du skipper, qui est transposable au quotidien de l'entrepreneur, de la recherche de sponsors et de partenaires pour mener à bien ce projet, mais aussi, on parle de tous ses engagements pour celles qui se battent contre la maladie. Une conversation pour toutes celles qui se posent mille questions à l'heure de lancer un nouveau et gros projet. Noémie vous donne ici quelques clés, à commencer par... Oser.
- Speaker #2
Bonjour Noémie. Bonjour. Je suis ravie qu'on puisse faire ce petit échange ce matin ensemble. On est au Fort Bloquet, à côté de Guidel, à côté de Lorient, et tu sors d'une session surf. Du coup, ma première question, c'est comment ça va ?
- Speaker #0
Merci, ça va super bien. Et toi ?
- Speaker #2
Ça va, on est sur la route avec Astrid et du coup, c'est plutôt chouette. Noémie, j'avais vraiment envie qu'on fasse cet échange ce matin, ou en tout cas qu'on prenne le temps d'échanger parce que tu as plein de projets liés avec l'océan, avec la mer. Et j'aimerais un peu, avant que tu nous parles de tous ces projets, que tu nous dises d'où tu viens et ce qui t'a amené à te plonger dans l'océan.
- Speaker #0
Alors moi je suis née à Annecy en Haute-Savoie, mais j'y suis restée que quelques années. Et après en fait j'ai appris la voile sur le bassin d'Arcachon. Mes parents sont venus habiter à Bordeaux. donc il m'a Ils m'ont emmenée pour un stage de voile quand j'avais 9 ans. Et à partir de là, je suis tombée amoureuse de la voile. Et après, j'ai commencé à surfer un peu plus tard. Et je n'ai jamais vraiment quitté l'océan à partir de ce moment-là.
- Speaker #2
Quel est ton premier souvenir de ce rapport ou de ce contact avec l'océan que tu as ?
- Speaker #0
Alors, mes premiers souvenirs, je pense que c'est vraiment sur le lac de Biscarrosse où j'ai tiré mes premiers bords lors de l'école de voile. Oui, c'est vraiment ça, moi, mes premiers souvenirs.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui t'a peut-être amenée à faire ce que tu fais aujourd'hui ou quel a été ton cheminement ? Parce qu'aujourd'hui, tu fais de nouveau de la voile. Est-ce que tu l'as un peu délaissée à un moment donné ? Est-ce que ça a été une constante dans ces dernières années ou dans ton évolution ?
- Speaker #0
Oui, j'ai toujours su que ça allait guider ma vie, l'océan et plus particulièrement la voile. En fait, je me suis toujours dit que j'allais faire un truc de ouf en bateau, mais je ne savais pas exactement quoi. Et en fait, quand j'avais 18 ans, je suis devenue monitrice de voile. Donc déjà, ça, c'était une super opportunité en job d'été. Quand tu es étudiant, tu ne peux pas rêver mieux, tu es proche de l'eau, tu es avec tes amis et tu apprends juste à des enfants à faire de la voile. Et puis après, j'ai toujours trouvé des stages ou des choses en rapport avec la voile, dont en 2018 un stage chez OC Sport, où je m'occupais de la communication de la route du Rhum et de la solitaire du Figaro. C'est vraiment là que j'ai su que je voulais faire de la course au large, que je voulais au moins une fois traverser l'Atlantique en solitaire, parce que quand j'ai vu les émotions aux arrivées, Des skippers, je me suis dit, ce n'est pas possible, tu ne peux pas juste rester sur le ponton, il faut qu'un jour, ça soit toi. Et du coup, c'est là que j'ai lancé mon projet et que j'ai commencé à travailler pour avoir mon propre bateau. Je devais avoir entre 20 et 21 ans parce que c'était entre ma licence et mon master que j'ai fait ce stage. Donc, c'était une année de césure et j'ai fait six mois chez OC Sport. Après, je suis partie six mois à Hawaï en Australie faire un surf trip avec des copines. Et voilà, c'est quand je suis ressortie de ce stage, je me suis dit... J'adore faire de la com, mais il faut quand même qu'un jour, ce soit moi qui vive cette aventure-là.
- Speaker #2
Et c'est ce que tu es en train de préparer depuis déjà quelques années, du coup. Comment tu prépares ça ? Parce que j'imagine que c'est vraiment un projet de long terme. Il y a beaucoup, beaucoup de choses. Il faut se préparer physiquement. Il faut aussi avoir tous les équipements, le bateau. Comment toi, tu as peut-être vu cette timeline, si je peux employer ce mot, et comment tu te projettes ? Est-ce que tu peux nous parler de certains challenges que tu as eu à faire face au cours de ces années ?
- Speaker #0
Oui, carrément. En gros, je prépare la mini-transat. C'est une traversée de l'Atlantique en solitaire sur un petit bateau de 6,50 mètres, sans assistance ni communication. Moi, quand j'ai dit après la route du Rhum, je veux faire ça, je vais essayer de faire une transat, etc., tout le monde m'a dit, commence par faire la mini-transat. C'est vraiment la porte d'entrée de la course au large. C'est accessible, c'est parfait pour progresser et apprendre. Et en fait, il y a quatre ans, je me suis vraiment dit « Ok, c'est sûr, je veux le faire » . C'était à la fin du confinement et je me suis dit « Bon allez, là c'est parti, je commence à calculer plein de budgets, combien il faut pour faire la mini-transat, comment on s'organise » . J'ai appelé plein de monde. C'est vrai que le fait d'avoir bossé pour la route du Rhum, ça m'a permis d'avoir plein de contacts. Je me suis vraiment lancée à ce moment-là et du coup, j'ai vite compris qu'il fallait d'abord que je trouve des sponsors avant d'avoir mon bateau. parce que ça coûte quand même très cher. Et pour moi, ce n'était pas question de demander de l'argent à mes parents ou de piocher dans le peu d'économie que j'avais. Donc, j'ai vraiment fait les choses étape par étape. Je me suis dit, c'est un gros projet. On peut le faire en trois ans ou en deux ans. Moi, je me suis dit, je veux vraiment prendre le temps. Donc, je l'ai fait en quatre ans. Donc, la première année, ça a été vraiment la construction du bateau, la recherche de partenaires à Bordeaux. Moi, j'étais encore salariée à cette époque. J'avais fini mes études et j'étais salariée. Donc, il fallait faire ça en parallèle du travail. J'ai trouvé mes premiers sponsors assez vite. Ensuite, la construction du bateau a été lancée. J'ai reçu mon bateau en septembre 2022. À partir de là, j'ai fait des entraînements à Lorient. J'ai réussi à être prise au pôle de course au large de Lorient. J'ai déménagé des Landes à Lorient. Je me suis entraînée, j'ai participé à des courses, je me suis qualifiée. Il y a plein de moments où c'est vrai que c'est dur. Parce que moi, je n'avais pas d'expérience au large. Je n'avais jamais fait de nuit en mer en solitaire ni rien. Tout ça, c'était de l'apprentissage et il fallait apprendre beaucoup de choses en peu de temps. Finalement, j'ai fait les choses à mon rythme. Peut-être qu'il y a des personnes qui l'ont fait plus rapidement. Moi, j'ai mis quasiment un an avant de faire du solo sur mon bateau. Mais je le sentais comme ça et c'est ce que j'ai fait. Ça m'a aussi permis de prendre du temps et de ne pas faire de grosses erreurs avec le bateau. De ne pas abandonner de course. J'ai terminé toutes mes courses, donc ça, c'est une fierté.
- Speaker #2
Et comment... Tu te prépares, bien entendu, tu avais cette vision à 4 ans, tu me dis que certains le font en 2 ans, et peut-être parfois il y a une légère frustration ou une envie d'aller vite, mais c'est une forme d'intelligence aussi de se dire je prends le temps de faire les choses bien, et tant pis si ça prend le temps, parce qu'en fait tu sens ton propre timing à toi. Mais est-ce qu'il y avait des moments où peut-être tu t'es dit je vais aller plus vite sur ce point-là, où il y a aussi des aspects physiques à préparer ? Comment tu jongles avec tous ces différents aspects dans une timeline qui dure 4 ans en fait ?
- Speaker #0
C'est sûr que des fois, on a tendance à se comparer aux autres, surtout quand on vit un peu en autarcie, comme on est à Lorient, on n'est qu'entre nous et qu'on a du mal à s'ouvrir un peu à d'autres personnes qu'on reste très entre gens de la course au large à Lorient. Donc c'est vrai qu'on a toujours tendance à se comparer, à se dire lui il a fait ci, lui il a fait ça. Mais finalement, moi je n'ai aucun regret parce que déjà ceux qui ont essayé de le faire en deux ans, il y en a très peu qui ont réussi à se qualifier. Donc moi, en fait, dans ma prudence, ça m'a permis d'avoir de la chance de pouvoir me qualifier parce que la liste d'attente pour se qualifier pour la Transat est de plus en plus difficile. Et finalement, en trois ans, maintenant, ça devient le minimum. Ensuite, ça m'a permis de vraiment savourer mon projet, d'avoir des beaux partenaires, de mettre en place des choses avec eux, de pouvoir faire une belle communication et surtout de pouvoir continuer à m'épanouir à côté, à continuer à surfer, continuer à travailler. Ces années, je suis à temps plein sur le projet, mais les autres années, j'ai continué à travailler en freelance dans la communication et dans la course au large. J'ai continué à allier les deux et ça m'a vraiment élevé. Le fait de pouvoir lier mon travail avec ma passion pour la course au large, les deux se sont énormément complétés. Ça a été une chance énorme, je pense.
- Speaker #2
Tu dis que dans le milieu de la course au large, vous êtes souvent toujours ensemble. Un milieu un peu fermé. Qu'est-ce que tu dirais, toi, en tant que jeune femme dans le milieu de la course au large, peut-être de cet environnement ? Et tu dis que tu as le surf, alors tu as d'autres choses à côté qui te permettent de nourrir. Comment tu jongles avec ces différents environnements pour trouver ton équilibre ?
- Speaker #0
C'est vrai qu'on ne va pas se mentir, pendant trois ans, l'équilibre, je ne l'ai pas toujours eu. Surtout au début du projet où j'ai beaucoup travaillé. Moi, je me suis dit, OK, je vais trouver des sponsors. J'étais encore salariée à Bordeaux. Je vais lancer mon projet de course au large, donc trouver des sponsors, gérer la gestion de la construction de mon bateau. Et en parallèle, je vais acheter une petite maison en Bretagne. Donc, j'ai un peu jonglé avec tout ça toute seule. Et ça, ça a été très dur. Mon corps me l'a vraiment fait sentir au tout début. Donc déjà, j'ai eu un gros point d'alerte au tout début du projet à dire, oh là, j'ai failli tout perdre à cause de ça. Donc déjà l'équilibre n'était pas facile à trouver en termes de charge de travail. Et puis après quand j'étais à Lorient, la première année, l'équilibre s'est plutôt bien fait parce que je travaillais, je surfais pas mal et j'étais pas à fond vraiment sur le projet voile. Par contre c'est vrai que l'année dernière, je me suis mise encore plus dans la partie un peu plus compétition, encore plus travailler sur mon projet course au large. Et du coup là j'ai vraiment un peu perdu les pédales. Je parlais que de course au large. Je voyais un peu que ça. En fait, moi, vu que je viens de Bordeaux, tous mes amis que je me suis fait à Lorient, c'est que des gens de la course au large. J'ai quelques amis dans le surf, mais finalement, quand on surfe à Lorient, les gens du surf, ils connaissent la voile. Il n'y a pas une fois où je ne vais pas surfer où on me demande comment ça va mon bateau, comment je me prépare pour la mini-transat. Donc finalement, l'équilibre, il est un peu plus difficile à trouver. Alors que quand je vais surfer dans les Landes, personne ne sait ce que c'est la course au large. Donc je suis un peu moins embêtée.
- Speaker #2
Et justement, est-ce qu'à côté, tu nous dis que tu fais du surf, est-ce qu'il y a d'autres disciplines sportives ou pas, tu vois, que tu pratiques au quotidien, qui te permettent à la fois de sortir de cet environnement ultra, comment dire, condensé ou assez fermé, qui te permettent de prendre du recul sur ton projet et ta vision et tes objectifs ?
- Speaker #0
J'aime bien tous les sports, franchement, je suis assez sportive, donc moi ce que j'adore c'est le yoga aussi, j'en fais beaucoup. Et après, je fais du skate un peu à mes heures perdues. Là, cette année, je fais beaucoup de natation. J'ai plein de choses comme ça. Mais finalement, j'arrive toujours à me débrouiller pour en faire avec mes copines du bateau. À part là, cette année, je me suis mise à l'équitation un petit peu. C'est un sport que je pratiquais quand j'étais très jeune et que j'adorais. Et j'avais totalement arrêté. Et là, je m'y suis remise. Et c'est vrai que c'est trop cool. Je le fais un peu en détente dans ma campagne là-bas. Voilà, ça me permet un peu de m'évader. Et en fait, ce qui me fait surtout du bien, c'est quand je reviens chez moi dans les Landes, où là, je surfe juste et je suis juste Noémie, la petite surfeuse que tout le monde a connue là-bas. Et voilà, c'est tout. Je revois mes amis qui sont complètement déconnectés de l'océan, du monde de la voile. Et en fait, eux, ils sont juste trop contents que moi, je vive mes rêves et que je vais traverser l'Atlantique. Ils ne sont pas du tout en train de me dire ton bateau, c'est quel bateau, est-ce que tu as fait quel résultat à telle course ? Enfin voilà, ça c'est l'avantage.
- Speaker #2
Et en off, tout à l'heure, on parlait d'autres projets que tu portes et d'autres engagements que tu as. Est-ce que tu pourrais nous en parler un petit peu et peut-être de la façon dont ça s'imbrique dans une vision plus globale peut-être du sport et du sport au féminin ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Donc en fait, moi je suis ambassadrice de la Fondation de la Mer. Tout est parti de là en fait. Et moi, ce que j'aimerais promouvoir un peu avec mon projet de course au large, c'est le transport décarboné. Donc le fait qu'on peut vivre des aventures incroyables avec des transports et de la mobilité douce, parce que la voile en soi, si on enlève la partie retour en cargo, etc., le fait de naviguer, on n'a pas besoin d'énergie fossile. Donc ça, c'est quand même incroyable, juste à la force du vent. Et en fait, l'année dernière, une copine, je lui ai dit, ça ne te dit pas, on fait un surf trip à vélo comme ça. On communique un peu là-dessus et puis nous, on se fait plaisir, on surfe, on fait du vélo ensemble, etc. Elle m'a dit « je suis trop partante » et je lui ai dit « on va promouvoir la mobilité douce via ce projet, mais est-ce qu'on ne peut pas porter notre cause ? » Et du coup, on s'est dit « pourquoi pas la prévention des cancers féminins ? » Parce que moi, j'avais été sensibilisée via un de mes sponsors, Simone Abordo, sur cette cause-là. Donc je me suis dit « en vrai, je trouve que ça me parle, est-ce que toi ça te dit ? » Elle m'a dit « oui » . Et donc en fait on a fait avec Malou et Jeanne un surf trip à vélo où en fait on s'arrêtait dans des villes des Landes et on organisait des cours de surf gratuits pour les femmes et à la fin on faisait des ateliers de sensibilisation sur les cancers féminins et le dernier week-end on a invité 5 femmes qui ont été touchées par la maladie et on leur a offert un week-end 100% océan. Donc en fait on a voulu un peu leur transmettre notre lifestyle de surfeuse et de navigatrice. Voilà c'est quoi de vivre proche de l'océan et en fait elles ont fait du surf, du sauvetage côtier, du yoga, elles ont fait de la voile. Et ça c'était un moment incroyable parce qu'en fait elles ne connaissaient pas du tout ça et en fait l'océan c'était vraiment une source de thérapie pour le corps et l'esprit. Et il y a eu beaucoup d'émotions, elle c'était un cadeau qu'on leur faisait et elles nous l'ont rendu fois mille tellement elles nous ont remercié. Et du coup, on a refait ça cette année, mais en vanne, parce que la météo n'était pas trop de notre côté. On l'a refait cette année et on compte le refaire l'année prochaine.
- Speaker #2
Et justement, quand tu nous parles de ces émotions que procurent de faire ce type d'événements, et j'imagine qu'il y en a aussi sur le bateau, je pense qu'il y a une grosse question de comment tu gères tes émotions quand on te donne tant et en même temps quand tu reçois aussi d'une certaine façon, ça peut être un coucher de soleil sur l'océan. À bord de ton bateau. Comment tu joues avec tout ça au quotidien ?
- Speaker #0
Pour le trip Girls Ride The World, c'était des moments très émouvants parce qu'il y a des femmes qui nous ont dit vraiment droit dans les yeux, merci parce que moi, j'ai commencé à surfer avant la maladie et je ne pensais plus jamais pouvoir surfer. Et là, grâce à vous, j'ai osé me relancer et j'ai vu que c'était possible. Et c'est vrai que là même, le moniteur de surf pleurait. On était tous en larmes. Et en fait, on s'est dit, c'est cool parce qu'on s'est donné beaucoup d'énergie pour monter ce trip On ne l'a pas fait juste pour mettre des photos sur Instagram. Il y a vraiment eu... Pour elle, ça a touché peut-être 25 femmes ou 30 femmes, mais ça les a vraiment touchées. Donc ça, c'était déjà ouf. Et après, sur le bateau, c'est autre chose encore, les émotions. Parce que là, vu qu'on est privé de sommeil, parce qu'on dort peut-être 3 heures par tranche de 24 heures et par tranche de 20 minutes. En fait, c'est comme un enfant. Quand on prive de sommeil, on voit bien que ses émotions sont ingérables. En fait, nous, les adultes, c'est pareil. Sauf que ça nous arrive moins que quand on était enfant. Et en fait, il y a des fois où, dans le bateau, tu es déprimé. Et tu as des fois où c'est en mode, c'est incroyable ce que je vis. Et c'est tout le temps l'ascenseur émotionnel. C'est vrai que moi, la gestion des émotions, c'est quelque chose que je travaille avec mon préparateur mental. puisque je suis quelqu'un de très angoissée de base. très stressée, toujours à me dire que je ne vais pas y arriver, parce que je n'ai pas confiance en moi, etc. Et je pense que c'est aussi l'avantage de se lancer dans ce genre de projet, c'est qu'on ne dirait pas, mais on gagne énormément confiance en nous, même si ça nous pousse dans nos pires retranchements.
- Speaker #2
C'est un super retour. Tout à l'heure, tu as parlé notamment de l'équitation. Ça détache complètement du contact avec l'océan, que tu retrouves peut-être le contact avec la terre. Comment tu prépares les jours avant la course ? Qu'est-ce que tu fais avant de partir en mer ? Est-ce que justement, tu vas faire l'équitation ? Est-ce que tu vas voir ta famille ? Est-ce que tu as un rituel avant ces préparations ? Et est-ce que peut-être tu prépares aussi ce rituel avant la course qui t'attend dans quelques mois ?
- Speaker #0
C'est vrai que la chose la plus simple à mettre en place avant les courses, c'est quand même de faire des séances de yoga un peu quotidiennes. Parce que déjà, en fait, moi, j'ai extrêmement mal au dos en bateau. Physiquement, ça peut être éprouvant pour le dos. Parce qu'on dort sur un petit matelas de yoga, c'est le cas de le dire, pendant quelques jours, pendant les courses. Donc ça influe un peu sur le dos. Donc, déjà le yoga. Et puis ensuite, il y a un petit truc qu'on aime bien faire avec les copines qui nous détend aussi, c'est de la poterie. On fait un peu n'importe quoi. On fait des petits bols qui ne ressemblent à rien, mais juste c'est un petit moment entre nous. On papote. Et c'est vrai qu'avant ma première course océanique, il y a un an, je m'étais pris une aprem où j'avais fait ça, de la poterie, 4-5 jours avant la course. Et en fait, c'était un petit moment à moi où finalement, je pensais quand même à la course, mais ça me permettait de pas mal mentaliser. Et en fait, une fois que j'étais en mer, je repensais à ce bon moment et je me disais bon là c'est dur, mais voilà, t'as vécu des petits moments cools avant. Puis c'est sûr que le surf, je vais essayer de pousser jusqu'au départ de la Transat au maximum. Là, j'ai surfé ce matin, je vais essayer d'y retourner demain matin et au Sade d'Olonne, s'il y a des petites conditions, essayer de faire des sessions au sunset. C'est sûr que ça, c'est ultra important.
- Speaker #2
Et justement, cette course que tu prépares, la Mini Transat, est-ce que tu peux nous dire aujourd'hui, déjà, ton bateau, un peu comment il est, le nom que tu lui as donné et pourquoi ? Et comment tu le bichonnes dans ces semaines qui lui attendent une belle aventure ?
- Speaker #0
Alors oui, Kokomo, c'est mon bateau en hommage à une musique des Beach Boys, parce que je voulais faire un lien avec la voile et le surf. En fait, cette musique de Kokomo, elle parle un peu d'un paradis perdu qu'ils vont chercher à la voile. forcément, ça me parlait. Je me suis dit que Kokomo, c'est trop bien comme nom pour ce petit bateau-là. Après, Kokomo, ça fait trois ans que je le prépare. Alors moi, je ne vais pas mentir, je ne suis pas une experte en technique. Moi, j'ai fait des études de marketing et je suis loin d'être une ingénieure. C'est vrai que le bricolage sur le bateau, ce n'est pas du tout mon point fort. Du coup, j'ai pas mal délégué avec des amis qui sont venus m'aider à préparer le bateau, etc. Après, forcément, moi, j'y ai passé du temps. Je savais ce qu'il fallait faire, j'ai fait quand même pas mal de choses dessus. Et là, en fait, il est prêt. Ça fait un moment que le bateau est prêt pour la transat. Là, maintenant, ce qu'il me reste à faire, c'est charger un peu les affaires. J'ai préparé mes sacs de vêtements, il faut que je les mette dans le bateau. Après, là, ça va être bien nettoyé avant le départ de la course. Mais là, je ne vais pas modifier de grande chose. Il est prêt maintenant. Tous mes systèmes sont prêts. J'ai navigué hier, rien n'a cassé. Donc maintenant, il ne faut plus rien toucher. Il faut que ça transate comme ça.
- Speaker #2
Et justement, ces semaines qui précèdent le départ, comment tu te prépares ? Est-ce qu'il y a justement, tu parlais du yoga, de la céramique. Là, l'échéance se rapproche. Tu as un planning déjà bien ficelé des prochains jours ?
- Speaker #0
Oui, là, on est à deux semaines du départ quasi. Donc, en fait, là, c'est vrai que j'ai pris deux semaines de vacances juste avant. Donc, j'ai pu bien me reposer. Là, maintenant, je sais que je suis un peu dans un tunnel jusqu'au départ, entre les médias, le fait d'emmener le bateau là-bas, parce qu'il faut que je le convoie au sable d'Olonne. Puis après, il y a tous les contrôles sécurité, les briefings sécurité, etc. au sable. Donc ça, ça va me prendre pas mal de temps et d'énergie. Plus après, les proches qui vont arriver le dernier week-end. donc là Je vais être pas mal sollicitée. Je ne sais pas encore vraiment, pour être honnête, comment tout ça va se gérer. Je sais que je me suis louée un petit Airbnb et j'espère pouvoir me faire un peu ma séance de yoga quotidienne, pouvoir surfer un peu et me faire un peu des siestes dans la journée si j'y arrive. Après, il y aura mon préparateur mental sur place qui va me faire un peu de sophrologie. Donc, on va essayer de mettre ça en place. Mais je ne sais pas du tout comment je vais réussir à gérer mon stress. C'est vrai que depuis qu'on est rentré de vacances, le stress ne fait que monter. Donc, voilà. on va voir,
- Speaker #2
j'espère que ça va bien se passer Comment tu te prépares avec un préparateur mental sur ces questions de course au large en solitaire ?
- Speaker #0
Alors c'est vrai qu'en fait finalement on parle très peu pour l'instant des courses on essaye déjà de gérer mon mental même à terre parce que finalement une fois que je suis sur l'eau je me gère plutôt bien je trouve j'ai pas de gros craquages, je pleure pas quand je suis en mer, je suis plutôt contente, enfin je suis heureuse d'être sur mon bateau c'est plus l'avant en fait Tant que je n'ai pas passé la ligne de départ, j'ai le stress qui monte. Et même pour les entraînements, finalement, je peux faire des crises d'angoisse avant de partir en entraînement. Alors que pourtant, tous les entraînements sont toujours bien passés. Je n'ai pas mis mon bateau dans les cailloux. J'ai toujours réussi à suivre les entraînements. Mais je ne sais pas pourquoi, je me dis toujours non, mais là, ça va mal se passer. Je ne vais pas y arriver, etc. Il essaie de me donner des méthodes, de m'écouter, de me donner des méthodes de ce que je peux mettre en place. Et aussi d'essayer de gérer un peu l'emploi du temps pour ne pas que je me surcharge de trop. Parce qu'on a toujours tendance à se rajouter des choses quand on est passionné. Donc c'est normal, mais il faut savoir se mettre des limites et donner un cadre.
- Speaker #2
Là, il y a ce gros projet. Je pense qu'on est beaucoup à faire ça, à voir toujours à l'après. Est-ce que c'est une question que tu as déjà anticipée l'après ?
- Speaker #0
En fait, dans la course au large, on est vraiment obligé d'anticiper parce que ce n'est pas à l'arrivée de la course qu'on va se demander ce qu'on va faire après et relancer un projet, c'est déjà trop tard en fait. Si on veut embarquer des sponsors avec nous sur le projet d'après, si on veut avoir un bateau qui nous attend à l'arrivée, etc., c'est quelque chose qu'il faut anticiper. Moi, de base, je ne voulais pas forcément continuer après la mini-transat. Pour moi, mon objectif personnel, c'était juste de traverser l'Atlantique. Après, c'est vrai que j'ai vraiment pris goût à cette vie de skipper. Ça rejoint tout ce que j'aime, en fait. Faire de la gestion de projet, avoir une partie commerciale avec les partenaires, en même temps faire de la communication pour mon propre projet, monter des vidéos et tout ça, j'adore ça. Il y a la partie sportive où on se prépare. Moi, j'adore faire du sport, donc ça, ça va totalement. Et il y a la partie aventure. Pour moi, quand on part en mer, c'est une aventure de ouf, quoi qu'on en dise. Et là, je prends goût un petit peu à la compétition. Donc, je pense que là, j'ai l'opportunité de continuer. Donc, il faut essayer. Et en fait, l'objectif l'année prochaine, c'est de faire du Figaro. Donc, j'ai déjà lancé un peu les choses avec mes sponsors, plus des nouveaux partenaires qui vont me rejoindre dès l'année prochaine. Et l'objectif, c'est de faire la Transat Paprec. C'est une transatlantique en double mixte entre Concarneau et Saint-Barthes. Et moi, je veux vraiment garder cet aspect course océanique. Finalement, les petites courses, même si c'est très difficile, les petites courses de saison entre deux ports bretons, c'est ouf parce que c'est très technique, donc c'est vraiment très dur. Mais ce n'est pas ce qui me fait vibrer. Moi, c'est vraiment le fait de traverser les océans à la voile qui me font rêver. Donc voilà, c'est plus vers ça que je veux m'orienter.
- Speaker #2
Tu garderas toujours une activité de communication ou cette passion que tu as pour l'océan, est-ce que tu la partages d'une autre façon que via tes réseaux et auprès de tes partenaires ?
- Speaker #0
Après, c'est vrai que j'essaye d'embarquer pas mal de monde avec moi, même des amis qui ne surfent pas. Je suis en mode, viens avec moi, on va surfer. J'essaye de partager ça un maximum. Plein de fois, j'envoie des messages à des copines, tu vas aller surfer ou à des potes. Allez, on y va, c'est un peu ma manière de partager l'océan. après cette année j'ai arrêté de travailler Je ne fais plus de communication en freelance, à part quelques petits contrats cools. S'il y a des contrats cools, appelez-moi, on ne sait jamais. J'ai quand même fait quelques contrats sympas cette année. L'idée, c'est vraiment de garder ces compétences de freelance pour des projets qui me plaisent et qui me tiennent à cœur. Si on me contacte et que ça me plaît, je vais dire oui. Mais l'idée, c'est quand même de se concentrer un peu sur mon propre projet et le bateau.
- Speaker #2
Et justement, est-ce qu'il y a un conseil ou des conseils ou en tout cas des choses que tu aimerais partager à des personnes qui nous écoutent et qui ont aussi ce projet de course au large ou en tout cas de dépassement ou d'atteindre un rêve qu'on avait quand on était plus jeunes ?
- Speaker #0
En fait, il faut vraiment oser. Et puis, si vos proches ou vos amis vous disent que ce n'est pas une bonne idée, ça veut dire qu'il faut vraiment foncer. Moi, c'est un peu ce que je dis tout le temps parce que... Au début, j'ai voulu faire le projet Mini Transat. Vraiment, personne n'y croyait. Mes potes de Bordeaux, ils étaient là. Mais qu'est-ce que tu vas faire ? Tu ne trouveras jamais de sponsor. Mes parents, ils étaient affolés. Et au final, maintenant, c'est mes premiers fans. Ils sont tous ultra fiers de moi. Ils voient que je suis épanouie dans cette vie-là et que ça me correspond à 100%. En fait, il n'y a pas de doute. Je pense qu'il faut vraiment s'écouter. Il faut foncer, mais il faut vraiment énormément travailler, mettre de l'énergie. Je pense qu'il n'y a vraiment pas de secret. Il n'y a rien qui vient facilement, ça c'est sûr. Je pense que ça, c'est un peu ce qu'on veut nous faire croire sur les réseaux sociaux. Mais finalement, on travaille tous énormément pour en arriver là. Et je pense que c'est pour tous les projets. Il faut travailler, mettre de l'énergie. Et si on met de l'énergie, on va toujours arriver à quelque chose. Même si ce n'est pas ce qu'on pensait au début, on va arriver à quelque chose de super cool.
- Speaker #2
Et j'ai une autre question pour toi. Elle peut paraître assez... Elle va couler de source, mais quand même, je la pose à toutes mes invitées. Qu'est-ce que représente l'océan Atlantique pour toi ?
- Speaker #0
Un défi énorme. Moi, ça va être un défi face à l'océan et face à moi-même. Parce qu'en fait, si j'arrive de l'autre côté, je pourrais vraiment me dire, là, tu n'as compté que sur toi-même et avec tes propres compétences, tu as traversé l'Atlantique. Et moi, c'est vraiment ça qui m'animait au début. Ce n'était pas forcément l'aspect compétition. C'était vraiment de me dire, OK, tu as les compétences pour gérer en solitaire un bateau de course au large qui est quand même... Très rapide, ultra technique, avec très peu de confort. Une fois que tu as fait ça en solo, tu peux manier beaucoup de bateaux.
- Speaker #2
Dernière question, est-ce que tu as des petits coins sympas, peut-être dans la région ou dans les Landes, que tu as envie de partager à celles et ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #0
C'est vrai que moi, j'habite Arzano. C'est dans la campagne complète. Il y a des ânes et tout. Il y a une petite ferme que vous pouvez visiter. C'est trop mignon. Après, forcément, quand on habite à Lorient, on surfe à Guidel. Très beau spot de longboard. Et puis après, moi, j'ai appris la voile à Biscarros, dans les Landes. Et ça, c'est vrai que dès que j'y retourne, c'est mon petit coup de cœur. Je ne peux pas le nier.
- Speaker #2
Trop bien. Est-ce que tu peux nous rappeler, Noémie, où est-ce qu'on peut retrouver toutes tes informations ? Est-ce qu'on peut te suivre pour cette super aventure qui t'attend d'ici quelques jours ?
- Speaker #0
Carrément. C'est vrai que je suis assez active sur Instagram, donc Noémie Catalano, tout simplement sur Instagram. Et je suis assez active aussi sur LinkedIn pour ceux qui veulent des contenus un peu plus professionnels. Et Noémie Catalano aussi.
- Speaker #2
Merci beaucoup, on partagera tout ça. Merci Noémie. Merci à toi. Bonne chance.
- Speaker #1
Un grand merci pour avoir pris le temps d'écouter cette conversation avec Noémie. J'espère qu'elle vous aura plu et peut-être donné l'envie de poursuivre vos projets. Si c'est le cas, n'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous et de mettre 5 étoiles au podcast sur votre plateforme d'écoute préférée. Au passage, ce podcast est indépendant, alors si vous êtes arrivé jusqu'ici, de nouveau un grand merci. Vous pouvez soutenir les femmes de l'Ouest en faisant un don sur le lien qui est présent dans notre bio Instagram. Cela nous permettra de poursuivre cette belle aventure et continuer à vous partager des portraits de femmes engagées.