- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur les femmes de l'ouest, le podcast qui va à la rencontre de celles qui font vivre la côte atlantique. Avant de vous présenter mon invité, j'ai juste un petit message à vous partager. Si vous recherchez la communauté avec laquelle vous évadez et notamment surfez pour l'année à venir, vous êtes au bon endroit. En 2026, on vous prépare quelques séjours pour aller dompter des vagues de rêve avec un groupe de surfeuses passionnées. Alors si toi aussi t'es motivé, rejoins notre canal Small Waves Surf Club sur le compte Instagram du podcast. L'arrivée d'un enfant est à la fois un bouleversement et un événement que beaucoup de couples attendent. Pour Carole, aujourd'hui maman de 3 enfants, la naissance de Marcel a marqué bien plus qu'un tournant, lorsqu'ils ont appris à la naissance qu'il était porteur de trisomie 21. Dans cet épisode... Carole nous raconte son cheminement et celui de son conjoint pour accepter et dépasser toutes les projections que l'on peut se faire lorsque l'on devient parent pour la première fois. Dans cette conversation, on aborde également le sujet des réseaux sociaux comme un moyen de normaliser ce qui est mis trop souvent de côté dans nos sociétés, nos différences. Carole nous parle aussi de comment ils ont fait de cette particularité extraordinaire une force pour construire une vie de famille unie au bord de la mer à l'Orient. Je vous laisse donc en compagnie de Carole, maman de l'extraordinaire Marcel. Bonjour Carole.
- Speaker #1
Bonjour, tu vas bien ?
- Speaker #0
Oui, c'était la question que j'allais te poser. Courcircuitée. Courcircuitée. Comment vas-tu
- Speaker #1
Carole ? Ça va très bien, c'est une belle journée, je suis très contente de te rencontrer. Et je suis curieuse de savoir quel genre de questions tu vas me poser.
- Speaker #0
Alors l'idée de cet échange, Carole, et en fait la réalité, c'est qu'on m'a sollicité, enfin on m'a dit, ah ça serait bien si tu pouvais inviter Carole sur le podcast, je pense qu'elle a beaucoup de choses à partager. Alors je me suis dit, bon déjà, pourquoi pas ? Donc je t'ai proposé, je suis très heureuse que tu sois là aujourd'hui au micro du podcast. Est-ce que tu pourrais éventuellement, c'est une question que je pose de temps en temps, mais te présenter, nous dire d'où tu viens ? ce que tu fais et ce que tu as fait et ce que tu fais éventuellement aujourd'hui.
- Speaker #1
Ça marche. Je m'appelle Carole, fraîchement quarantenaire. Je viens de Rennes, donc ce n'est pas la côte ouest, mais je suis légitime ici parce que mes grands-parents sont de l'Armor Place, juste à côté de Lorient. Et on a déménagé il y a bientôt 4 ans ici avec ma famille, qui est composée de mon mari et de mes 3 enfants. Marcel, qui a 9 ans, qui est porteur de trisomie 21. et qui est un peu l'élément qui fait certainement qu'on se rencontre aujourd'hui, puisque c'est grâce à lui que je suis sur les réseaux sociaux et donc un peu plus visible. Ma famille est composée de Basile, mon deuxième, qui a 7 ans, et de Colette, vraie l'Orientaises, puisqu'elle est née ici un mois après notre arrivée.
- Speaker #0
Ok, très belle famille alors ! Et comment c'est la vie à Lorient ?
- Speaker #1
C'est incroyable. En fait, j'ai fait une petite story cette semaine en disant que ça fait bientôt 4 ans et donc ça fait bientôt 1400 jours. que tous les jours je me dis, waouh, mais qu'est-ce qu'on a bien fait, qu'est-ce qu'on est bien ici, quelle chance, quel cadre de vie, quelle légèreté. Je vais me faire taper sur les doigts par certaines parce que souvent on me dit, mais chut, arrête de dire que c'est bien. Mais je crois que je ne peux pas le cacher en fait, je suis vraiment trop bien ici. On a trouvé notre équilibre et on se sent chez nous.
- Speaker #0
Est-ce que justement tu pourrais éventuellement nous dire, est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur sur ce déménagement ou sur cette... Enfin ouais, sur ce déménagement qui vous a amené à Lorient en particulier ?
- Speaker #1
C'est un projet qu'on avait en commun avec Sylvain. Quand on venait au week-end chez ma grand-mère et qu'on devait rentrer à Rennes, et puis ensuite, après, on habitait à Saint-Jacques-de-la-Lande, à l'extérieur de Rennes, c'était à contre-cœur. On se disait, mais pourquoi ? Pourquoi on va se faire suer chez nous alors qu'on est trop bien ici ? Et on s'était dit, à 40 ans, ça pourrait être hyper cool qu'on déménage à Lorient. Et à l'époque, les prix n'étaient pas trop chers quand on regardait. Ça, c'était avant le confinement. Et en fait, le projet des 40 ans s'est avancé de 4 ans parce qu'on a eu une épreuve dans la famille, le papa de Sylvain est décédé très rapidement et en fait on s'est dit mais voilà, la vie peut être courte, pourquoi perdre entre guillemets 4 ans, allons-y tout de suite quoi. Et donc c'est un projet qui s'est fait rapidement. Après je ne vais pas te mentir, ce n'était pas forcément très simple parce que justement du fait du handicap de Marcel, on voulait être sûr de trouver une maison dans une ville. où il y a un service médical adapté, où il y a une école avec une classe ULIS. Donc voilà, ça a été un peu stressant parce qu'on voulait être sûrs avant de faire une offre sur telle ou telle maison que tout autour corresponde à nos besoins. Et en fait, c'est un peu par hasard qu'on est arrivé dans un quartier de Lorient en particulier et que finalement, on se rend compte que c'est un super quartier qui est trop bien situé et on est trop bien ici tous ensemble.
- Speaker #0
Et justement, alors oui, tu l'as dit, en effet, je pense que Marcel est un garçon plein de vie. tu partages un peu de sa vie finalement sur les réseaux sociaux est-ce que tu pourrais nous parler peut-être de cette annonce qui vous a été faite une fois que Marcel est né ?
- Speaker #1
Oui effectivement, on a découvert le handicap de Marcel à sa naissance donc il y en a encore beaucoup aujourd'hui qui me disent mais non mais c'est pas possible c'est un choix, vous l'avez gardé mais vous l'avez forcément su et en fait non, même encore en 2025 on est toutes suivies pendant la grossesse ... Mais il peut y avoir encore des fois des malformations, des anomalies génétiques qui passent à travers. Et donc nous, ça a été le cas en 2015. J'ai eu un suivi de grossesse tout à fait ordinaire. J'ai eu le triple test vers deux mois et demi, trois mois, je ne sais plus précisément, qui est revenu négatif. Pour moi, tout allait bien et mon enfant allait naître « normal » . Donc ça a été effectivement une grosse surprise parce que dès qu'on l'a vu, on a trouvé qu'il avait un physique particulier. qui nous faisait penser de suite à des personnes porteuses de trisomie 21. Donc je l'ai souvent dit, mais c'est vraiment ça, il avait les oreilles ourlées, il avait des yeux en amande, voilà, il y avait vraiment un ensemble qui nous a mis la puce à l'oreille et très vite, nos doutes ont été confirmés à la maternité, le jour même, le soir de sa naissance. Enfin, évidemment, là, c'est... C'est une sensation de monde qui s'écroule parce qu'on ne s'attend pas du tout à ça. À 30 ans, premier enfant, on se projette déjà, tiens, notre enfant il fera du surf avec son papa, enfin voilà, des choses comme ça. Et là, en fait, tout nous paraît irréalisable et on se dit, waouh, c'est un enfant qui ne saura rien faire. Et donc nous, notre vie, on ne va plus rien faire non plus. Et donc c'est très pessimiste, c'est très noir comme tableau. Parce que pour le coup, nous, on n'avait pas d'exemple autour de nous. Sur les réseaux sociaux, je pense qu'on était beaucoup moins nombreux à partager aussi le quotidien d'enfants porteurs de handicap. Et donc, oui, pas une nouvelle des plus réjouissantes. Mais après, très vite, on s'est rendu compte qu'on était attachés à Marcel, à 7 enfants. Et quand je dis très vite, c'est dans les 2-3 jours. Parce qu'en fait, à la maternité, on nous a proposé de l'abandonner. Et donc là, tout de suite, ça a été un choc. On s'est dit, mais comment est-ce possible ? Alors, c'est dans l'obligation. Ils sont obligés de nous proposer cette option-là. On ne propose pas à un enfant sans handicap d'être abandonné. Mais là, nous, on nous a proposé. Et on s'est rendu compte qu'on n'en avait pas du tout envie, qu'on n'en était pas capable. Et au fond, on s'est dit, c'est pas plus mal qu'on ait eu cette proposition parce qu'en fait, on ne veut pas. Nous, on l'aime déjà comme il est. C'est notre fils. C'est nous qui avons voulu le mettre sur terre. Il nous a choisi. Il y avait un truc de OK, en fait, let's go. C'est parti. On va faire ça ensemble. Et puis tout de suite avec Sylvain, on s'est dit, c'est triste ce qui nous arrive, mais je suis contente que ça se passe avec toi parce que je sais qu'ensemble, on va y arriver.
- Speaker #0
Incroyable, je suis assez émue parce que c'est vrai que j'imagine qu'en tant que jeune parent, en effet c'est la première fois que vous deveniez parent, et d'avoir cette question qui vous est posée, c'est quand même un double choc finalement. Comment on peut potentiellement faire ça à un être humain qui vient tout juste de... Alors après,
- Speaker #1
encore une fois, c'est très bien qu'il y ait cette proposition, et je ne juge pas les personnes qui vont le faire, qui vont laisser leur enfant, comme on dit, pupille l'état, mais moi je m'en sentais... pas capable. Et surtout, on avait les dispositions, les ressources, la famille, l'entourage. Mais j'en sais rien, moi, une maman célibataire... Enfin, voilà, il y a plein de raisons. Tous les cas sont particuliers. Mais je ne pensais pas que c'était une demande qu'on pouvait avoir.
- Speaker #0
Et j'imagine, tu l'as déjà un petit peu évoqué, mais tout ce que vous aviez peut-être projeté, et souvent, c'est ce que font les parents, les futurs parents... Très souvent on dit que ce n'est pas forcément la meilleure chose à faire, de projeter sur ses enfants certaines choses. Comment vous avez géré ce nouveau quotidien à trois, et d'autant plus avec des besoins, tu l'as dit, qui étaient spécifiques à ce petit garçon ?
- Speaker #1
Effectivement, déjà avoir un enfant, finalement on ne s'en rend pas compte, mais ça chamboule quand même un équilibre familial. Il y a des ajustements à faire d'emploi du temps, d'organisation et de présence. Et là, c'est vrai que moi je n'ai pas pu reprendre le travail tout de suite, puisque je voulais être auprès de Marcel pour le stimuler. ... Pour mettre en place son suivi médical précoce, c'est-à-dire, alors qu'il avait que deux mois, aller chez la kiné toutes les semaines, aller chez l'orthophoniste, aller chez le dentiste pour qu'il ait une plaque palatine, aller chez la psychomotricienne. Et voilà, tout ça, ça a été des rendez-vous à mettre en place dans les six premiers mois de sa vie. Et je voulais être au taquet pour être sûre de rien louper et que la stimulation commence immédiatement. Donc moi, j'ai repris le travail qu'aux six mois de Marcel et pas à temps plein, pour pouvoir l'accompagner justement. Et sinon, il allait dans une crèche ordinaire. que je ne remercierai jamais assez, c'est la crèche Enfantésie à Rennes, exceptionnelle et qui est dans l'inclusion justement dès le plus jeune âge des enfants porteurs de handicap.
- Speaker #0
D'accord, et justement quand vous avez, alors il me semble que votre deuxième enfant Basile est lui aussi né du côté de Rennes ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait, dans le même hôpital.
- Speaker #0
Et quand vous avez fait votre transition, ce déménagement, que vous avez eu cet événement qui vous a rappelé que la vie est courte et qu'il faut... Aller vers ce dont on a vraiment besoin et envie pour notre famille. Comment s'est peut-être passé aussi ce déménagement ? Tu as dit qu'il y avait vraiment des besoins spécifiques. Est-ce que tu as retrouvé, en effet, dans cette ville, tout ce dont tu avais besoin ?
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, c'était spécial parce que la même année, on a appris la maladie, je suis tombée enceinte, mon beau-père est décédé, Colette est née ici, il y avait le déménagement géré, les enfants étaient encore jeunes, voilà. Mais on a tout retrouvé et le confort ici, c'est-à-dire qu'à Rennes, On était à l'extérieur de Rennes pour un rendez-vous médical à Rennes. C'est déjà 25-30 minutes avec les bouchons, le temps de se garer, faire le rendez-vous, repartir. Ça me prenait facilement 1h30, 2h pour un rendez-vous. Et donc là, à Lorient, tout est à 5 minutes. 5 minutes à vélo, et puis après on ne met que 5 minutes pour aller à l'école. Et puis on ne remet que 5 minutes pour aller... Il y a un vrai confort. Et après, bien évidemment, en grandissant, Marcel a moins de besoins. C'est-à-dire qu'il ne fait plus de kiné, il ne fait plus de psychomotricité. Il y a des problèmes qu'on suit au début, en tout cas on anticipe certains problèmes pour les éliminer et au fur et à mesure il y a de moins en moins de problèmes. De toute façon il n'y a pas de problème dans la vie, il n'y a que des solutions. Là il va reprendre la kiné orofaciale, mais c'est pareil, c'est à les 7 minutes en voiture. Il y a vraiment un gros confort et on a trouvé tous les professionnels assez facilement. Quand on sort la carte de l'handicap, même au téléphone, je veux dire... Trouver un orthophoniste, c'est plus facile qu'un enfant lambda, voilà.
- Speaker #0
Est-ce que justement tu pourrais nous parler de la façon dont tu as toi-même grandi auprès de Marcel dans cette relation mère-fils que vous avez ? Et peut-être si tu as des souvenirs à nous partager, des choses qui t'ont marqué dans... Tu t'es dit un sentiment vraiment de fierté accomplie.
- Speaker #1
Ok. Effectivement, quand on devient parent, c'est un gros changement. Mais alors là, devenir parent d'un enfant porteur de handicap, en fait, on est tout de suite projeté dans une parentalité autre, avec, j'ai l'impression, encore plus de responsabilités peut-être. On perd une part d'insouciance, c'est vrai. Mais par contre, les moindres petits progrès, les moindres petits bonheurs sont décuplés parce qu'on profite beaucoup plus de l'instant présent et les premiers pas de Marcel qui étaient tardifs. Vraiment, sans aide, sans chariot, il avait 27 mois. Donc c'est deux ans et trois mois. Moi, j'étais enceinte de six mois. Je n'en pouvais plus de le porter, évidemment. Mais la fierté, je me vois encore très, très bien. Là, c'était sur un terrain de sport. Des choses comme ça, apprendre à faire du vélo. Des choses qui font toujours plaisir en tant que parents, mais qui, là, sont décuplées. Donc oui, avec Marcel, on a grandi aussi dans le sens où... À titre personnel aussi, moi j'ai gagné en aisance, je suis beaucoup plus sûre de moi maintenant que j'ai Marcel. Je suis très fière de lui. Oui, je ne sais pas, je pense qu'on a grandi et on a changé, j'espère en mieux.
- Speaker #0
J'imagine qu'il y a tous ces moments de joie, de réjouissance, d'accomplissement, mais est-ce qu'aussi peut-être il y a d'autres aspects du quotidien ou de la vie en général où tu te dis mince ?
- Speaker #1
tu vois qu'il y a des difficultés pour lui ou des endroits où il n'est peut-être pas forcément compris et tu te dis il y a encore tellement de progrès à faire dans la société je ne dirais pas qu'on est confronté au handicap tous les jours finalement parce que c'est dans notre quotidien mais il y a des moments où je n'ai pas d'exemple particulier mais Marcel va avoir certaines réactions on se dit ouais là effectivement c'est casse-pied pour rester poli mais c'est comme ça C'était plus en début d'année scolaire, mais Basile, lui, pour le coup, a des aisances pour les apprentissages. Et donc, de voir la différence entre Marcel, qui est le grand frère, Basile... Basile a dépassé maintenant Marcel au niveau de la facilité, des connaissances, etc. Mais en fait, on a tellement appris maintenant à vivre au jour le jour et à voir le positif.
- Speaker #0
que je sais pas ça va à quoi je parle tant mieux tant mieux et justement tout à l'heure on parlait aussi en off du temps que tu t'accordais pour toi comment en tant que, il y a plein de casquettes de maman mais aussi avec certaines responsabilités que tout le monde n'a pas forcément tu arrives à t'extraire peut-être d'une certaine façon ou trouver des parenthèses justement pour toi, pour souffler éventuellement pour ton couple, c'est quelque chose que tu veux en parler mais De trouver des moments au refuge qui, je ne sais pas, sont peut-être nécessaires dans ce cadre.
- Speaker #1
Oui, c'est complètement nécessaire. Après, au début, ce n'était pas facile parce que j'avais... Là, je parle vraiment de trois, quatre premières années avec Marcel. J'avais donc trois jours en entreprise et deux jours avec lui pour le stimuler, courir à tous les rendez-vous médicaux. Puis ensuite, Sylvain était souvent en déplacement, gérer les deux enfants. Donc là, pour le coup, j'avais très peu de temps pour moi. Donc c'était assez épuisant et en arrivant ici, je me suis dit mais il y a un moment, il y a eu Colette aussi, troisième enfant que j'ai eu au sein pendant 13 mois, elle ne voulait rien d'autre. Donc je me suis dit, je pense que j'ai fait ma part et maintenant j'aimerais bien, histoire d'être plus dispo ou en tout cas de meilleure composition avec tout le monde, je pense qu'il va falloir que je prenne du temps pour moi. Et donc j'ai arrêté le salariat et j'ai organisé mon emploi du temps. C'est l'avantage en étant... Parce que là, je suis à mon compte. C'est l'avantage, c'est que si je veux, je peux travailler que le matin, pas l'après-midi, et je reprends le soir. J'ai vraiment un emploi du temps hyper malléable, et donc je vais au sport en général le lundi matin, je vais au dessin le mercredi soir, je vais au yoga le jeudi, alors c'est pas toutes les semaines, mais j'essaye d'avoir deux, trois, même quatre fois des moments pour moi. Et Sylvain étant souvent aussi, enfin il est pas mal en déplacement, mais il est aussi souvent en télétravail, du temps à deux, on en a aussi, l'as-midi, on mangeait ensemble par exemple. Donc non, je suis tout à fait consciente de la chance que j'ai de pouvoir avoir un emploi du temps qui peut paraître aux yeux de certains, enfin je pense que certains pensent que je ne bosse pas du tout, alors que c'est faux, c'est juste que ça peut être le week-end, ça peut être le soir, tôt le matin, dans la nuit si je me réveille, enfin voilà, il n'y a pas de moment, mais du coup je privilégie quand même mes moments à moi perso.
- Speaker #0
Il y a d'autres questions, je pense, qu'on peut aborder ou d'autres sujets que je pense qui sont intéressants et aussi c'est ce pour quoi on se parle aujourd'hui. C'est aussi la place du handicap et le rendre visible. C'est quelque chose que toi tu fais, entre guillemets, d'une certaine façon via les réseaux sociaux. Alors j'ai vu et j'ai écouté quelques petites vidéos de toi. Et il me semble que ce besoin d'expression aussi, c'est quelque chose que toi tu ressentais à la naissance de Marcel, de partager ce quotidien.
- Speaker #1
Exactement, en fait j'étais pas du tout sur les réseaux sociaux avant alors j'avais comme tout le monde mon compte Facebook mais que j'alimentais pas beaucoup je ne comprenais pas les parents qui mettaient des photos de leurs enfants sur les réseaux et puis il y a Marcel qui déboule et puis cette envie de sensibiliser parce que moi-même je me sentais pas sensibilisée je me suis dit mais en fait si personne n'en parle comment est-ce qu'on peut avoir des connaissances comment est-ce qu'on peut savoir qu'ils ont tel et tel besoin que ça peut arriver à tout le monde etc et donc j'ai eu cette idée de Alors, c'était d'abord une... page Facebook. Et puis, six mois plus tard, la page Facebook, Marcel avait quatre mois, et Instagram, c'était l'été, il devait avoir dix mois. Et en fait, je me suis dit, pour parler, sensibiliser sur ce handicap, il faut que je montre Marcel. C'est très bien d'avoir des propos sur le handicap, sensibiliser à telle ou telle action par rapport à tel ou tel handicap, mais il me faut une image. Donc, Marcel était un peu... il symbolisait un peu cette prise de parole et donc au début c'était vraiment très très axé trisomie 21 et voilà pourquoi Marcel va chez le kiné alors qu'il a que deux mois pourquoi Marcel là à un an il fait une analyse de son sommeil pourquoi Marcel il fait ci il fait ça donc c'était vraiment pour expliquer un peu le quotidien d'une famille et d'un enfant porteur de ce handicap et puis sensibiliser et donc toujours de façon optimiste alors ça je pense que de nature je le suis mais il y avait aussi un truc de je me dis bah en fait en fait... Plus on est optimiste, plus on reste dans une... J'ai plus ce terme, mince, cercle vertueux, quoi. Donc c'est venu naturellement et ça m'a aidée aussi. Je pense que j'ai fait ma thérapie comme ça. Et puis après, j'ai eu un deuxième enfant qui n'avait pas ce handicap. J'avais envie de partager autre chose. Donc là, je suis encore dans la sensibilisation, mais plus, je pense, du côté dédramatisation. On a un enfant handicapé et ça ne nous a pas empêché d'avoir une famille de trois enfants, de déménager, d'avoir des projets, de bouger, etc.
- Speaker #0
Et bouger, vous bougez quand même pas mal, si j'ai bien compris. En tout cas... Alors,
- Speaker #1
pas forcément loin, mais oui, on aime bien, effectivement, découvrir. Alors, on aime bien découvrir la Bretagne. Le week-end dernier, on était à Groix. Il y a un mois, on était sur l'île de Molenne. Il n'y a pas besoin de partir très, très loin pour être dépaysé et découvrir des choses. Après, oui, voyager dans un pays étranger, c'est cool pour la langue, éventuellement. Il y a quand même des choses différentes qui se passent dans les autres pays. Mais il n'y a pas besoin de partir si loin. Donc oui, on aime bien bouger.
- Speaker #0
Une autre question, alors on parle, et si je me rappelle bien, il y a quelques minutes, tu l'as évoqué, ce terme de normal, normalité. Qu'est-ce que ce terme évoque pour toi ? Est-ce que c'est un terme qui fait partie de ton vocabulaire, au contraire, que tu vises plutôt à reléguer ?
- Speaker #1
En fait, moi, je pense que ce qui est normal, c'est d'être différent. Donc, je ne vois pas ça comme un gros mot de parler de normalité. Ou de dire qu'on est tous différents. Des fois, les gens me disent qu'il est différent. Je dis que si, il est différent. Comme nous deux, on est différents. Il ne faut pas avoir peur des fois. Tout comme parler à quelqu'un de son handicap. Des fois, on a peur de faire des boulettes. Et donc, on se retient. Mais normalité... En même temps, ça ne veut rien dire. Mais ça ne me dérange pas que quelqu'un utilise en disant que c'est normal d'être différent.
- Speaker #0
retenons ça c'est normal d'être différent est-ce que justement justement Dans ton parcours de femme, de mère, d'amie aussi, dans un cadre plus grand, est-ce que tu aurais peut-être un message à partager à des personnes, à des parents qui se retrouvent dans cette situation, peut-être au début d'incompréhension, avec des émotions qui peuvent être très variées et très en contradiction aussi pour ces familles-là ?
- Speaker #1
C'est facile à dire maintenant que j'ai le recul, mais en fait c'est tout simplement dire ça va aller. Ça va aller. Oui, il y aura des moments durs, des moments de doute, des moments où peut-être on pourrait se dire « si seulement il n'avait pas eu son handicap, ce serait plus simple, ce serait plus ceci, plus cela » . Mais en fait, ça va aller. Et puis, si ça nous arrive à nous, moi, je me suis dit que ce n'était pas pour rien. C'est qu'on a quelque chose à faire de ça. C'est qu'on est capable. Et puis, en fait, ce sont des enfants qui ont plein de capacités, plein d'envie d'apprendre aussi. Donc après, si on a envie de partager des choses, eux, ils prennent aussi. Voilà, il faut se dire que ça va aller. Et puis aussi, il ne faut pas avoir honte, parce que je pense qu'il ne faut pas se refermer sur soi et dans sa famille. Il faut vraiment être fier de son enfant comme de n'importe quel enfant. Et puis en fait, je pense que du coup, après, on dégage quelque chose qui fait que les gens n'ont pas peur de venir vers nous aussi. Et là, je vois bien, à Lorient, on s'est refait très facilement des amis. Et le sujet Marcel, ce n'est pas un sujet pour aucun des enfants d'ailleurs. Les enfants savent qu'il y a un handicap, puisqu'on en parle, qu'il y a des actions comme la Journée mondiale, etc. Mais ce n'est pas du tout un sujet. Et je pense même que les parents, après, sont même contents que leurs enfants côtoient un enfant porteur d'une différence, parce que ça va les ouvrir, parce que pour eux, ça va devenir normal.
- Speaker #0
J'ai une autre petite question qui est vraiment reliée plus, on va dire, au territoire. Et peut-être si tu as des endroits où tu aimes amener que ce soit tes enfants, ou même si toi, tu aimes bien te promener dans tes moments de ressourcement, est-ce que tu peux nous livrer ces petits...
- Speaker #1
Oui. Alors souvent, j'ai l'impression des fois d'être guide touristique parce qu'effectivement, on me demande, je viens à Lorient ce week-end, qu'est-ce que je peux faire ? Alors, je le dis très souvent et d'ailleurs, regardez bien mes stories à la une parce qu'il y a beaucoup, beaucoup d'infos. Mais première chose pour moi, ça va être se balader le long de la côte. Enfin voilà, vraiment, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il fasse beau. Moi, je trouve ça incroyable. Et puis après, les endroits de repli s'il pleut ou pour boire un café, ça papote là où nous sommes aujourd'hui, j'aime beaucoup. L'été j'aime beaucoup la guinguette qui s'appelle le taquet qui est à la plage j'aime beaucoup aller chez café code zéro dans l'orient il y a plein d'endroits aussi café ancrage il faut que j'en dise beaucoup et on a une chance aussi on a beaucoup beaucoup de très bons restaurants je trouve alors avenue de la perrière c'est mon qg vraiment donc c'est là bas que je fais du dessin c'est là bas que je fais du yoga c'est là bas que je vais boire des coups c'est là bas que je mange beaucoup mais voilà je trouve qu'on a il y a plein de choses à l'orient On pourrait croire que ça ne paye pas de mine, esthétiquement, mais en tout cas, il y a une envie de redynamiser la ville. Et il y a, j'allais dire une jeunesse, des gens de 30-40 ans, en tout cas, qui sont là pour, je trouve, redynamiser l'ensemble et proposer plein de chouettes choses et lieux.
- Speaker #0
Pour toute la famille. Pour toute la famille, oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
J'espère que tout le monde a tout noté, parce qu'on partagera éventuellement. Et j'ai une dernière question à te poser, Carole. Tu viens juste de parler qu'en effet... Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il fasse très beau, la côte, il faut quand même aller la voir parce que c'est magnifique. Qu'est-ce que justement pour toi ça représente cet océan Atlantique ?
- Speaker #1
C'est une sensation de bien-être. Alors je ne suis pas forcément à l'aise dans l'eau, étonnamment, je peux même avoir peur. Donc moi le surf par exemple, je ne m'y suis pas vraiment mise parce que ça m'impressionne. Mais il y a ce côté aussi de se sentir tout petit en face, un sentiment de liberté aussi et juste se poser, écouter les vagues. écouter la mer, écouter le broie de la plage, c'est une sensation de bien-être. Et visuellement, c'est très beau. Ça change de couleur tout le temps. C'est un spectacle, en fait, constant.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Carole. On partagera toutes tes informations. Éventuellement, si tu as quelques ressources, on les mettra en évidence, notamment les petits cafés, pour que tout le monde puisse les découvrir. Merci beaucoup pour cette conversation et pour ton... Partage d'expérience.
- Speaker #1
Merci à toi pour cette invitation.
- Speaker #0
Un grand merci pour avoir pris le temps d'écouter cet échange avec Carole. J'espère que cela vous aura plu et peut-être aussi bouleversé à certains moments. Si en tous les cas vous avez apprécié l'échange, n'hésitez surtout pas à le partager autour de vous et éventuellement de mettre 5 étoiles au podcast sur votre plateforme d'écoute préférée. Et au passage, ce podcast est indépendant, alors si vous êtes arrivé jusqu'ici, un grand merci et vous pouvez nous soutenir sur les Femmes de l'Ouest en faisant un don. sur le lien qui est présent dans notre bio Instagram. Cela nous permettra de poursuivre cette belle aventure et de continuer à vous partager des rencontres avec des femmes engagées.