- Speaker #0
Sur notre peau, ce sont des milliards de bactéries qui sont là pour protéger des agressions extérieures et intérieures. Et avec toute cette chimie qu'on se met toute la journée, en moyenne 168 molécules chimiques par jour sur la peau, on se rend compte que petit à petit, la peau se déséquilibre. Tu entendras souvent une femme te dire « je ne peux pas sortir sans ma crème, j'ai la peau qui tiraille » . Parce qu'en fait, c'est comme une terre sur laquelle tu mets plein de pesticides. La terre sans pesticides... Elle ne va pas pouvoir produire en fait, elle va mettre des années à se renouveler avant de recommencer à pouvoir prétendre à produire, si on parle de production pour la terre, un légume, un fruit, voilà, donc c'est particulier tout ça.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et bienvenue sur Les Femmes de l'Ouest, le podcast qui va à la rencontre de celles qui font vivre la côte atlantique de Brest à Biarritz. Avant de vous partager la conversation que l'on a enregistrée il y a quelques temps avec mon invité, j'avais juste envie de vous glisser quelques petites informations pour celles qui auraient envie de surfer avec nous l'année prochaine. Vous avez été nombreuses à rejoindre le Small Waves Surf Club et pour ça, je vous en remercie. Et si ça vous dit de surfer les vagues de la vie, alors rejoignez notre groupe WhatsApp. Vous trouverez le lien dans la bio de notre compte Instagram, mais vous pouvez aussi bien évidemment suivre le compte. du club à smallwavesurfclub.com Vous trouverez toutes les informations sur les séjours à venir et un peu plus de yoga pour cet hiver pour pouvoir être prête à surfer les vagues lorsque le printemps reviendra. C'était une petite parenthèse et maintenant je vous laisse avec mon invité que peut-être vous connaissez. Annabelle est une passionnée. Passionnée de la vie, passionnée du vivant, passionnée de la nature. Si elle a commencé sa carrière dans la finance, elle s'est très rapidement rendue compte que le sens était quelque chose qui lui importait. Mais plus que le sens, c'était aussi de faire vivre le territoire. Bonjour Annabelle.
- Speaker #0
Bonjour, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Je vais très bien, merci de nous accueillir, en tout cas de m'accueillir dans votre tout nouveau laboratoire à Séné, je suis ravie. de découvrir ce magnifique bâtiment et les équipes qui font partie de Matière Brute Lab. Alors, on va passer un peu de temps ensemble aujourd'hui. On a plein de choses à se dire, tu vas avoir plein de choses à nous raconter. Mais avant tout, comment vas-tu ?
- Speaker #0
Je vais bien et je me pince un petit peu parce que c'est vrai que c'est un peu étrange de t'accueillir dans ce tout nouveau laboratoire qui est le fruit de longues années de réflexion, d'imagination, de création. Et c'est vrai que là, de le voir souvent quand je rentre dans le bâtiment, je me dis Il existe vraiment. Te recevoir aujourd'hui ici, c'est vrai que ça permet encore plus de rendre la chose réelle.
- Speaker #1
Pour la petite anecdote, ce matin, j'ai enregistré le seul épisode et on parlait justement de ce moment où nos rêves se réalisent. Et je pense qu'en tant qu'entrepreneur, on a toujours ce moment où je suis à cet endroit où j'avais tant rêvé. Donc j'imagine que je vois déjà les étoiles dans les yeux de se dire qu'en fait, on y est. Tu vas nous raconter un peu tout ce qui se cache derrière l'histoire de Matière Brute Lab. Est-ce que tu peux nous dire déjà ce que c'est ? ce que vous faites ici dans ce laboratoire et la genèse de cette entreprise que tu as créée ?
- Speaker #0
Chez Matière Brute Lab, on aide les gens à bien vieillir en bonne santé en fabriquant des soins qui sont sans aucun additif, sans aucune pétrochimie, sans parfum. Et on a mis juste la matière brute, la matière première qui va permettre à ta peau de bien vieillir en bonne santé. Dans ce laboratoire, on produit, on fabrique, on conçoit, on formule. C'est tous ces termes qui nous animent. Et on commercialise, on conditionne, on fait tout en fait. On maîtrise une partie de la chaîne de valeur en amont, mais on est aussi en lien avec nos producteurs français, qui sont des hommes, des femmes d'exception, qui cultivent la terre le plus naturellement possible, sans entrants, sans produits chimiques, qui font attention à l'équilibre des sols, à l'équilibre de la biodiversité, aux produits qu'ils vont utiliser pour ne pas polluer l'eau qu'on va retrouver dans nos nappes phréatiques ensuite et qu'on va boire. à la qualité de l'air, donc ce sont avec ces hommes et ces femmes qui ont un talent fou, de l'or dans les mains, qui vont venir cultiver avec beaucoup d'amour des plantes. Ils vont les récolter avec vraiment parcimonie, avec vraiment une récolte très décente pour pouvoir prélever uniquement ce dont on a besoin ensuite pour produire. Ensuite, on va les transformer avec vraiment un cahier des charges, on va dire, ancestral, Il va vraiment faire en sorte de préserver la matière brute. Donc ce sont par exemple les distillateurs qu'on va choisir qui sont en cuivre. Ça va être la façon où on va macérer une plante. Ça va être avec l'énergie du soleil pendant 40 jours. On prend le temps, on ne se presse pas pour faire les choses, pour pouvoir vraiment avoir in fine un produit où on ressent tout le vivant. les vitamines, les oligo-aliments, les acides gras essentiels qu'on retrouve dans des plantes. Notre travail, c'est vraiment ce qui n'est pas facile, mais on va essayer de ne pas dénaturer ce que la nature nous offre, parce qu'elle nous offre quelque chose d'incroyable. Tout le travail ensuite en laboratoire, ça va vraiment faire en sorte de ne pas venir désodoriser ni décolorer une matière brute. On va devoir trouver les bonnes synergies des plantes qui, comme par hasard, si tu suis la saisonnalité, fonctionnent très bien entre elles, pour pouvoir vraiment t'aider. Toi, ensuite, femme ou homme, à rayonner toute l'année. Donc, je ne sais pas si c'est bien résumé, mais en tout cas, c'est toute cette chaîne de valeur en amont chez Matière Brute Lab qu'on maîtrise avec une exigence, une authenticité et une façon, je pense, unique de produire.
- Speaker #1
Incroyable. Moi, la question que j'ai maintenant, que tu en parles avec tellement de passion, c'est est-ce que cette proximité aussi que tu as avec la nature, les éléments, c'est quelque chose qui vient de très loin ? Oui, c'est quelque chose... qui t'est venu au fil des années, peut-être un déclic à un moment donné, où tu t'es posé une question de ce que tu mettais peut-être sur ta peau à un instant donné ?
- Speaker #0
Je pense que ça coule dans mes veines. J'ai un lien direct avec ma grand-mère, qui était d'origine polonaise et qui ne se soignait que par les plantes. J'ai hérité de ses livres. C'est les pères fondateurs de la phytothérapie. Ce sont des... Des préceptes très avant-gardistes, parce qu'à l'époque, en 1950, elle allait à la vie claire. Elle était plutôt féministe, elle ne mangeait pas de viande. Elle avait une approche, en fait, finalement, que tout ce qu'on lit dans Elle magazine aujourd'hui, dans le Elle Green ou dans Vogue, et tous les nouveaux préceptes, finalement, Green, elle les avait déjà. Je me rappelle, quand j'arrivais chez elle, c'était assez austère. Il y avait une forme de rituel, même quand on allait goûter, on n'avait pas de... De pitch, on avait des petites clémentines avec des fruits secs, puis il fallait prendre le temps de manger, de célébrer ce que la nature nous offrait. Donc je me rappelle avoir un peu peur de ma grand-mère quand même. Mais finalement, elle m'apprenait beaucoup de choses. Elle marchait deux heures par jour et on partait toutes les deux. Elle m'expliquait dans la nature pourquoi cette plante était là, qu'est-ce qu'elle avait à apporter à nous les humains, mais aussi pourquoi tout simplement elle était là, parce que c'était pour venir rééquilibrer les sols. elle avait vraiment c'est Ce radar, quand on se baladait, c'était vraiment super intéressant de faire ces balades dans la nature avec elle.
- Speaker #1
Mes grands-mères ont tellement de choses à nous transmettre, c'est vraiment très beau. Donc ça, c'était quand toi, tu étais enfant. Est-ce que tu as suivi en tous les cas cette passion que ta grand-mère t'a transmise pour tout ce que la nature pouvait nous offrir ? Ou alors, est-ce que tu as peut-être fait des études qui t'ont amené vers d'autres voies et à un moment donné, tu as rebiffurqué vers... Vers cette passion ou en tout cas vers cette première intuition que ta grand-mère t'avait transmise ?
- Speaker #0
C'est vrai que plus jeune, je me rappelle au moment où il fallait décider vers quoi on allait s'orienter, c'est difficile. Moi je me rappelle à 17 ans vers quoi m'orienter et je me rappelle j'avais soit envie de faire dans la justice, tout ce qui touchait à l'enfance aussi ou avocate, bref, ou partir vers quelque chose mais qui n'allait pas me fermer les portes. Donc j'ai commencé par faire une école de commerce internationale où j'ai pas mal voyagé. Mais tout de suite, dans l'école de commerce, je ne me voyais pas devenir la directrice marketing de chez Adidas. Déjà, il y avait des scandales à l'époque. C'était Nike plutôt. Mais je me rappelle me dire comment je vais réussir à lier. Parce que même l'imprémination familiale, il y a ma grand-mère, il y a aussi mes parents, mon grand-mère. J'ai vécu dans la campagne plus jeune, donc j'ai ça en moi. Comment je vais réussir à... allier mes valeurs du respect de l'homme, du respect de l'humain. Donc si tu respectes l'humain, tu respectes l'environnement, c'est entièrement lié. Et bien comment je vais faire ? A l'époque, on parlait de RSE, mais c'était vraiment au tout début. Là on était en 2003-2004. Et donc je décide déjà d'orienter mes mémoires de fin d'études sur ces thématiques-là. Mon premier mémoire, c'était la responsabilité sociétale des entreprises d'emballage. J'étais allée voir Tetra Pak, qui était très avant-gardiste, qui était très avancée sur les sujets. Mais ensuite, très vite, je me suis lancée ma carrière en tant qu'analyste dans l'investissement sociétalement responsable. Donc là, je notais des boîtes cotées en bourse sur des critères extra-financiers comme la gouvernance d'entreprise, la corruption, les droits de l'homme, l'environnement, les droits, plein de choses. Donc c'était des entreprises cotées en bourse et je les évaluais pour des investisseurs qui voulaient investir dans des entreprises. qui étaient plus performantes sur ces sujets-là, parce que les investisseurs commençaient à se rendre compte que si tu ne maîtrisais pas ces risques, ça devenait des risques financiers. Par exemple, le capital humain était après un gros risque financier. Donc bref, c'était hyper intéressant et j'étais vraiment à la genèse de tout ça, en France en tout cas. Mais très vite, je me suis rendue compte que finalement, je donnais beaucoup de leçons. J'avais quoi ? J'avais 25 ans ou 23 ans à l'époque, je ne sais plus. J'étais toute jeune, à des grands groupes. Et je me disais, mais est-ce que c'est possible quand même de faire différemment ? Parce que finalement, ce modèle-là, ils l'ont choisi. Donc, j'ai eu envie de me dire, j'ai envie de faire par moi-même, être quelqu'un, une femme d'action, de créer quelque chose. Mais j'étais un peu perdue. Et donc, je ne savais absolument plus par où commencer. Je me suis dit, mais c'est quoi l'essence de tout ? C'est qu'est-ce qui est à l'origine de tout ? Finalement, c'est la terre. La terre, elle te nourrit, elle t'alimente, elle te soigne. Elle permet de prendre soin de ta peau. Et que souvent, tu vois, dans ces études-là, on parle d'exploitation agricole. Donc, on exploite... la Terre. Et là je me suis dit mais ça va pas être possible parce que comment je vais faire moi pour créer sans pour autant exploiter cette terre-mer nourricière, comment je vais faire pour coopérer avec elle, faire en sorte de ne pas plus l'abîmer que ça. Mais pour ça il fallait que je fasse des études. Donc je me suis relancée en 2012, enfin juste avant j'avais fait aussi des études de sciences politiques, voilà, parce que j'étais intéressée par la gestion des risques financiers, humains, tout ça. Mais voilà, je me relance dans des études d'agriculture pour devenir agricultrice. Et donc, ça m'a pris cinq ans et c'était plus dur que Sciences Po. Parce que c'est vraiment le métier d'agriculteur, il est très vaste et on peut très bien comprendre comment fonctionne la terre. Mais après, de là à devenir, parce qu'un agriculteur doit aussi être un commerçant, un financier, un chef d'entreprise, c'est très, très compliqué. Donc voilà, ça a été... Une très belle découverte, mais j'ai aussi découvert l'agriculture intensive. Et voilà, donc c'était hyper important pour moi de comprendre pour pouvoir ensuite créer et avoir des idées d'entrepreneuriat. Donc la base de mes idées d'entreprise, en tout cas, était autour de l'agriculture. Parce qu'en fait, si tu crées un produit, il faut t'intéresser vraiment d'où ça vient, comment c'est fait et l'origine. Moi, j'ai vraiment besoin de savoir comment c'est fait. D'où ça vient, l'origine des matières premières, tout ça c'est hyper important.
- Speaker #1
Tu as repris donc 5 ans d'études.
- Speaker #0
C'est un brevet professionnel d'exploitant agricole qui te permet vraiment d'avoir le diplôme d'agriculteur. N'importe quel fils d'agriculteur a besoin d'avoir ce diplôme-là pour pouvoir ensuite récupérer les terres de son père. Et moi ça m'a permis d'avoir ce diplôme-là et d'ailleurs d'avoir la chance d'acquérir des terres en Bretagne.
- Speaker #1
Et donc à la suite de ces 5 ans ? tu avais déjà en germe l'idée de créer quelque chose ? Est-ce que tu as fait des stages qui t'ont conforté dans cette idée ? Est-ce que tu as été sur le terrain ? Comment s'est passée en tout cas cette transition de, on va dire, un peu la théorique à la mise en pratique avec, bien évidemment, ton passé d'analyste ?
- Speaker #0
Déjà, j'avais plein d'idées. Et donc, je ne suis pas une beauty addict. Donc, je n'avais pas forcément tout de suite en tête de créer une marque de cosmétiques. et donc j'ai même eu, je suis allée loin dans la... J'étais partie dans la confection de pantalons demi-mesure pour hommes. A l'époque, on ne parlait pas trop d'upcycling. J'allais chercher des vieux tissus dans des usines pour récupérer les chutes. J'étais allée chercher des anciennes culottières en France pour pouvoir créer ces pantalons demi-mesure à partir de ces matières un peu recyclées ou en fin de vie. Mais très vite, je me suis rendue compte que c'était... Un marché assez bouché, assez complexe est venu, quelque chose qui m'a transformée aussi dans ma vie, l'arrivée de mon premier enfant où tu sais que quand tu es enceinte, tu dois absolument faire très très attention à tout ce que tu vas consommer et t'appliquer sur la peau. Et c'est vrai que l'idée est venue de Matière Brute Lab. Quand j'étais enceinte et quand j'étais déjà très consciente de ce que je faisais, mais avec les labels bio. Et surtout dans la cosmétique, quand tu commences à comprendre que tu peux mettre juste 10% d'ingrédients biologiques et dire que c'est bio, après tu commences à avoir des doutes. Mais ça c'est vraiment la découverte et pourquoi aussi Matière Brute Lab est née, c'est autre chose. Mais pour répondre à ta question, quand j'ai vraiment eu cette idée finalement de créer Matière Brute Lab, page blanche, tu vois, un peu tu ne sais pas comment faire, parce que j'ai vraiment eu envie de créer cette crème fraîche. Je me suis dit, je suis sûre que c'est possible, mais pour ça il fallait voir si tous les acteurs en France étaient réunis. Je me rappelle partir en van et je trouve un premier stage dans le sud-ouest, dans un lieu magnifique, avec une femme où le matin, je devais nettoyer tous les espaces possibles. Bref, je faisais du ménage dans le laboratoire, mais aussi je m'occupais du jardin un peu partout. Puis l'après-midi, elle m'enseignait son savoir des plantes, parce qu'elle aussi, c'était un peu une sorcière, on va dire. Elle avait une connaissance incroyable. Donc, partait en balade, un peu comme ce que je faisais quand j'étais petite avec ma grand-mère. Et puis, elle m'expliquait les plantes, tout ça, et comment on allait les associer, surtout en n'ayant que des plantes dans une formule, ce qui n'existe pas dans le monde. Aujourd'hui, quand tu regardes une formule d'un produit cosmétique, c'est tout, sauf que tu n'as que 2% d'actifs. Et tout le reste, c'est de la flotte, c'est de l'eau, c'est des conservateurs, des parfums, des additifs. Des corps gras, des agents séquestrants, enfin bref, il y a plein de choses, mais ce n'est pas vraiment ce que tu imagines quand tu vois en gros écrit sur ton... nos super ingrédients, pépins de raisin, il y a peut-être 1% de pépins de raisin et c'est tout. Donc elle, elle m'explique, elle me forme. Et je me dis, tiens, c'est intéressant sa manière de formuler, mais c'est très artisanal. Et donc, il faut que j'aille voir d'autres personnes. Donc, je suis allée rencontrer des toxicologues pour vraiment comprendre aussi la réglementation, puisque la réglementation cosmétique, elle est comme ça. Donc, souvent, en fait, quand tu as une idée de marque cosmétique, tu vas voir des sous-traitants et tu leur demandes de faire quelque chose pour toi. Mais personne, même les personnes qui sont ingénieurs chimistes, elles n'ont pas l'idée de créer un laboratoire parce que ça fait peur, en fait, de créer un laboratoire. La réglementation est tellement impressionnante, il y a tellement de barrières à l'entrée. que t'as pas du tout envie. Donc je me rappelle des copines me dire « Mais t'as créé ton laboratoire, mais t'es pas bien ! » « Mais pourquoi tu fais ça, tu vois ? » Mais moi j'étais naïve, tu vois, je n'avais pas été formatée par les écoles françaises de cosmétiques. Et donc je pensais vraiment que c'était possible. Donc je me suis renseignée sur toute la partie réglementaire, je me suis renseignée auprès d'ingénieurs chimistes, je me suis moi-même formée à la formulation. Je suis allée voir des fournisseurs de packaging, plein de choses. À l'époque, il y avait pas mal de salons de fabricants, de machines, pour comprendre vraiment quel était l'enjeu global de monter un laboratoire. Mais avant tout ça, je suis quand même allée voir des sous-traitants, je suis quand même allée voir des professionnels du secteur pour leur dire, j'ai cette idée. Et j'aimerais bien que vous m'aidiez à la développer, parce que moi, je n'ai pas la prétention de monter un laboratoire. Et là, ils m'ont tous dit que c'était impossible. Ils ont tous eu cette idée de supprimer tous ces ingrédients controversés ou nocifs, mais qu'aujourd'hui, il y avait une façon de produire et qu'on ne pourrait pas faire autrement, d'une part, parce que les chaînes de production sont montées comme ça, les formules sont créées comme ça, et aussi pour une question de coût de revient. c'est à dire que Quand tu mets 60% d'eau dans ta crème, ça coûte moins cher que si tu mets 100% d'actifs. Donc il y a aussi cette question-là. Et puis il y a une question aussi, en fait dans le monde de la cosmétique, on a voulu massifier des produits. En fait, il faut qu'une crème, tu puisses l'envoyer dans le monde entier, qu'elle met en moyenne 2 à 3 ans avant d'arriver dans ta salle de bain. Donc c'est comme une boîte de conserve, dedans ça doit être inerte, ça ne doit pas bouger. Donc, on est obligé aussi de faire des formules qui sont comme si tu buvais du jus d'orange pasteurisé, ultra stable, des textures qui ressemblent d'une saison à une autre. Il ne faut pas que ça change, la couleur ne doit pas changer. Alors que quand tu prends une huile de pépins de raisin, par exemple, en fonction des années, des mélisines, en fait, elle ne va pas du tout avoir la même couleur. Et c'est normal. Et l'inverse de vouloir, tu sais, quand l'homme veut tout contrôler, tout, mais en fait, c'est contre nature. Et d'ailleurs, quand tu... tu commences à t'intéresser au microbiome, le microbiome de la peau, il ne sait pas quoi faire de tous ces ingrédients. Parce que sur notre peau, ce sont des milliards de bactéries qui sont là pour protéger des agressions extérieures et intérieures. Et avec toute cette chimie qu'on se met toute la journée, en moyenne 168 molécules chimiques par jour sur la peau, on se rend compte que petit à petit, la peau se déséquilibre. Tu entendras souvent une femme te dire... Je ne peux pas sortir sans ma crème, j'ai la peau qui tiraille. Parce qu'en fait, c'est comme une terre sur laquelle tu mets plein de pesticides. La terre sans pesticides, elle ne va pas pouvoir produire. Elle va mettre des années à se renouveler avant de recommencer à pouvoir prétendre à produire, si on parle de production pour la terre, un légume, un fruit. C'est particulier tout ça.
- Speaker #1
Justement, c'est laboratoire ? que tu as été voir et de ces personnes qui t'ont rayonnée. Toi, tu n'as pas lâché, tu as gardé cette vision intacte et cette envie, ou en tout cas cette force, cette poigne d'aller jusqu'au bout. Comment a été le chemin ?
- Speaker #0
Quand tu es déjà plus jeune, tu as plus d'utopie, tu as envie d'apporter à ton échelle ta pierre. Je sais que je ne sauve pas des vies tous les jours, mais... Mais je me dis, à mon échelle, à ma toute petite échelle, on peut faire évoluer une industrie. Et donc tout ça, c'est intéressant, le sens que tu mets derrière tout ça. Tu te dis, attends, si quand même, moi j'arrive à démontrer qu'on peut faire autrement et que j'influence une industrie totale. Quand tu vois, parce que là je te parle de ta santé, mais tous ces produits. Comment ils sont produits en amont ? C'est de l'industrie lourde, c'est de la chimie lourde, c'est vraiment pas anodin comme rejet dans la nature, comme traitement chimique, comme production énergétique, donc il y a une industrie derrière. C'est vraiment, quand on dit industrie, c'est vraiment des géants derrière qui vont beaucoup consommer et beaucoup prendre à notre chère nature et qui vont beaucoup la détériorer. Mais c'est aussi... Tout ce que tu vas te mettre sur la peau, ça part dans les nappes phréatiques, c'est ce qu'on boit. Les perturbateurs endocriniens, c'était vraiment un gros combat dans ma tête, surtout quand tu es enceinte, tu sais, les perturbateurs endocriniens, c'est très compliqué. Eh bien, ça se retrouve dans l'eau. Aujourd'hui, tu sais, la stérilité touche beaucoup plus les hommes parce que finalement, ils se retrouvent à boire les rejets, les... Comment on appelle ça ? De la pilule, mais aussi... Tous ces perturbateurs endocriniens qui viennent perturber aussi leur cycle de reproduction et plein de choses. Donc moi je me dis, il y a plein de sujets, parce qu'on touche à la santé, à l'environnement et finalement à des sujets sociétaux. Et donc ça, pour moi, le sens déjà, ça me donne envie. J'ai envie aussi de continuer parce que tu as un peu une forme de naïveté et d'audace. Quand tu ne sais pas tout, quand tu n'as pas été formaté, tu as un peu... un peu naïf, et donc tu crois que c'est possible, donc tu y vas, tu te dis, je vois pas pourquoi ça serait pas possible. Et quand on te pique un peu, tu vois, t'as aussi une question d'ego, ben tu te dis, mais comment ça... Et puis t'as envie de montrer que c'est possible de faire différemment. Y a ça, et puis après, je pense que, en tout cas, moi je suis une maman, et j'ai vraiment envie de me dire, tiens, encore une fois, maman elle sauvait pas des vies, mais elle a essayé à son échelle de pas faire quelque chose qui... qui va nous laisser... Je pense qu'ils seront fiers de leur maman. Quand j'avais ce petit bébé en moi, il a vraiment déplacé des frontières chez moi. Il y a une force en toi qui arrive et tu veux faire ça pour plus loin que toi et pour tous les enfants. Ça ne s'arrête pas juste à mes 4 enfants, mais ça va au-delà.
- Speaker #1
Matière Brute Lab a aussi grandi, évolué tout au long de ces années. Est-ce que tu peux nous dire justement comment tu as choisi tes partenaires, quelles relations tu entretiens avec eux ? Si j'ai bien compris, tous les partenaires sont présents ici en France. Ça aussi, c'est quelque chose qui est propre à la vision que tu as. D'abord, on a fait une production qui soit très locale. Aujourd'hui, on est dans les laboratoires, donc vous allez être amenés à produire ici. Quel est en tout cas le cheminement avec toutes les personnes qui sont entourées ? Cette évolution de Matière Brute Lab.
- Speaker #0
Je pense que c'est sûr que Matière Brute Lab, c'est une histoire d'hommes et de femmes. Il y a plein de gens derrière un flacon, en fait, au final, entre ces producteurs, ces médecins, ces toxicologues, ces dermatologues qui valident tout ce qu'on fait en amont, ces microbiologistes qui vont vérifier aussi que nos soins sont stables malgré le fait qu'on ne mette pas de conservateurs. L'équipe... de matière brute, ces ingénieurs chimistes, ces personnes qui travaillent à la communication, au marketing, à l'identité visuelle, au commercial. Et après, ce sont aussi toutes ces personnes qui travaillent avec nous. Ce sont les fabricants, ceux qui produisent les étiquettes, tout ça. Et en fait, pour chaque partenaire, en fait, on a un cahier des charges. Déjà, parce que ça fait partie des bonnes pratiques de fabrication. Quand tu es dans ce secteur de la cosmétique, il n'y a pas de hasard dans ce que tu dois faire. En fait, Chacun a sa propre philosophie, mais finalement, il faut qu'elle ait une forme de direction que tu dois respecter. Pour sélectionner un fournisseur de matière première, on a tout un cahier des charges pour vraiment se poser la question c'est quoi une matière brute et comment on va faire pour la préserver dans le temps. Je te donne quelques éléments. C'est l'environnement où il va pousser, quel outil va être utilisé pour la récolter, quel matériau va la distiller, combien de jours on va mettre pour l'extraire, dans quel matériau ça va être conditionné. Parce que tout ça, ça a un impact. Si c'est décoloré, si c'est désodorisé, c'est parce que tu peux avoir du bio et tu peux avoir une matière première qui ressemble juste à un genre de gel. Parce qu'il a été décoloré, désodorisé et il n'y a absolument plus rien dedans. Quand tu regardes après tes analyses, tu es sûr que la plupart des bonnes choses que tu recherchais dans ta matière première ne sont plus là. Ces hommes et femmes sont des hommes qui font des produits d'exception, dans des lieux d'exception. C'est rare et c'est fait en France. Donc déjà, c'est incroyable. Et ce sont des personnes avec qui on a beaucoup de plaisir à travailler et avec lesquelles on partage des valeurs. D'ailleurs, dans notre cahier des charges, il y a une petite case feeling. Et souvent, si ça ne matche pas d'un point de vue philosophie de vie, enfin philosophie, oui, de comment on voit la société, on sait que ça va être compliqué. On sait que c'est un petit indicateur. Et donc, on se met en alerte pour retrouver plan B, C et D. Dans tous les cas, même pour une même matière première, on est obligé d'avoir tout le temps des plans B, C, D, puisque en fonction des zones en France et de ce qui va se passer d'une année sur l'autre, il y a des moments où il n'y a pas de pommes, parce qu'il y a eu trop d'inondations et on n'a pas de pommes. Donc comment on fait ? Pour la pomme, on n'en a pas beaucoup de producteurs, alors qu'on est en Bretagne, et on recherche encore des producteurs d'huile de pépins de pomme. Je lance un appel. mais... Pareil pour le géranium. On a vraiment plein de critères. Et c'est pareil pour tout. Pour le fabricant de nos packagings, il fallait de l'excellence. Ce sont par exemple nos packagings de nos crèmes que je n'ai pas là. C'est fabriqué en France. C'est du verre, c'est rechargeable. Donc ça, c'est du top, du top. Parce qu'aujourd'hui, quand tu veux chercher, on galère avec mon équipe dès lors qu'on... On demande une box ou quoi que ce soit, tout est fabriqué en Chine. Et tout est très attractif parce que ça ne coûte pas cher. Donc à chaque fois, mon équipe marketing a plein d'idées. Elle me dit « j'aimerais mettre ce logo partout » . Sauf qu'en France, ça va coûter plus cher. Donc ça nous pousse aussi un peu plus de sobriété dans nos choix marketing. Parce que pareil, on va essayer de trouver à chaque fois du papier, bien évidemment recyclé, mais des encres végétales. Tout ça, c'est les partenaires avec lesquels on travaille. Il faut qu'on arrive à faire cocher notre approche, on va dire, notre vision de comment on fait pour essayer d'avoir le moins d'impact possible dans notre façon de produire, de produire différemment, mais aussi d'apporter des matières nobles, des belles matières, des belles matières brutes. Yana, c'est devenu des anges gardiens, notre toxicologue. Claude, c'est vraiment un homme d'amour. Je l'adore parce qu'il nous accompagne avec beaucoup de sagesse. Il a plus de 70 ans aujourd'hui, donc il continue. Il est extraordinaire et il nous a beaucoup, beaucoup transmis, appris. C'est beaucoup de gens aussi qui sont dans le partage. Quand on recherche une nouvelle matière première, ils sont prêts à, je pense, à Samuel, qui a dit, OK, t'inquiète. sur mon petit vallon, je vais te mettre du géranium rien que pour toi et on va voir comment ça va se passer. Ils nous suivent aussi dans nos projets et nous accompagnent. Que des gens hyper motivés, engagés, c'est super.
- Speaker #1
Cette relation, ça fait plus de 10 ans qu'elle existe. Matière Brute Lab a déjà une décennie.
- Speaker #0
J'ai eu mon premier fils en 2014. L'idée est née dans mon ventre. Avec lui et deux ans plus tard, après ce tour de France à la rencontre de toutes ces personnes extraordinaires. en 2016 ouvre le laboratoire. Et puis après, on a beaucoup, beaucoup de recherches et développements parce que tu as beau avoir l'idée, est-ce que c'est possible vraiment ? Parce que toi, tu en es convaincue. Mais est-ce que les clients vont voir que c'est possible aussi ? Parce que finalement, le seul juge, au final, c'est le client.
- Speaker #1
Est-ce que justement, tu peux nous parler peut-être du premier produit que vous avez sorti ? Et peut-être si tu as encore cette évolution à l'intérieur de... de ce moment où il est sorti sur le marché et des premiers retours que tu as eus, comment ça s'est passé et qu'est-ce que ça a représenté pour toi et aussi pour Matière Brute Lab ?
- Speaker #0
Alors, chez Matière Brute Lab, au départ, on voulait juste lancer un produit, le produit qui est notre best-seller aujourd'hui, et celui qui nous différencie le plus, c'était cette fameuse crème. Puisque, comme j'ai pu t'expliquer, la composition d'une crème, c'est assez douteux selon notre vision. Et donc, on devait réussir un challenge, c'est-à-dire de mélanger une phase aqueuse à une phase huileuse, sans tension active. Sans agent de texture, sans parfum, en n'ayant que des actifs, tous biologiques. Et donc là, c'était en 2016, quand on a l'idée, qu'on commence à formuler. En plus, le marché du bio est très mal vu, puisque beaucoup de personnes pensent que le bio, ce n'est pas efficace, ça ne sent pas bon. Ce n'est pas dans des jolis packagings, donc c'est compliqué en plus de se positionner là-dessus. Puis en plus, moi je découvre que le bio finalement, ce n'est pas vraiment du bio. Donc voilà, et en plus nous on a cette approche de saisonnalité. On a eu vraiment une approche annuelle. En final, on n'a pas qu'un produit, on sort les quatre formules, on les imagine avant. Et puis finalement, la première des crèmes je pense qu'on vend, ça devait être la crème printemps. mais... Avant de la commercialiser vraiment, le premier test, ça a été vraiment de sortir dans la rue et d'aller la faire tester à l'aveugle en disant déjà c'est quoi ? J'avais vraiment peur que les gens me disent c'est de la mayonnaise ou je ne sais pas quoi. Et non, tout de suite, c'est une crème cosmétique. J'ai alors la grosse première victoire. Et puis après, les premières victoires avant même la commercialisation, c'est de voir qu'en fait, sans conservateur. Ça tient, tu n'as pas besoin de le mettre au frigidaire. Tu peux avoir un usage normal, alors ça ne va pas durer. C'est-à-dire que dès lors que c'est ouvert, il faut mieux que tu le consommes assez rapidement, comme une crème solaire, si tu veux que ça soit efficace, mais comme n'importe quel ingrédient finalement, qui est une confiture, une fois que tu l'as ouvert, il ne va pas falloir que ça dure des siècles. Mais finalement, de voir que ça tient, que ça ne bouge pas, et que c'est même... Un parfum intéressant, en fait. Sans ajouter de parfum, tu te rends compte que la nature t'offre. Enfin, moi, j'en suis convaincue, mais finalement, montrer aux gens qu'on n'a pas besoin de parfumer la peau et que dans la nature, il y a tout ce qu'il faut. Parce que derrière, tu sais, le mot parfum, peuvent se cacher des milliers de molécules. Et dans ces molécules-là, il y en a beaucoup qui sont issues de la pétrochimie, mais d'autres qui sont issues de... Enfin, ce sont des molécules synthétiques qui sont certes... peut-être moins problématiques d'un point de vue santé, mais qui viennent de cette industrie encore lourde de la chimie. C'est controversé. Le parfum, il ne faut vraiment s'en mettre que sur les vêtements et non pas sur la peau. Quand tu vois que toutes les crèmes, tu vois parfum, je me dis aïe aïe aïe, terrible.
- Speaker #1
Il y a un sujet que je trouve super intéressant, c'est celui des saisons. Tu disais que vous avez différentes crèmes en fonction des saisons et aussi, si ma mémoire est bonne, vos sérums aussi. Quelle est justement ta vision peut-être de vivre ? avec les saisons, ou en tout cas d'évoluer, de traverser les saisons en tant que femme, en tant que créatrice de Matière Brute Lab, en tant que maman, tous ces différents aspects de ton quotidien.
- Speaker #0
Moi, j'ai l'impression que ça me permet de me reconnecter précisément à l'instant présent et de finalement vivre pleinement dans l'environnement dans lequel je suis. Parce que quand tu commences à... une saison arrive, Là, on est le début de l'automne arrive et tu vois la nature changer, tu vois les odeurs qui changent, tu vois nos activités qui changent, tu vois tout qui change. Et j'entends souvent les gens, je déteste l'automne ou je déteste l'hiver. Mais finalement, quand même, ça va revenir tous les ans, pendant toute ta vie. Donc, il va falloir à un moment donné, peut-être, faire en sorte d'aimer cette saison. Et finalement, de pouvoir te dire qu'est-ce qui me plaît dans la saison, qu'est-ce qui me permet de me sentir bien. Et je crois que la saison et le cycle de la nature est super bien fait. Et qu'au final, en hiver, on t'invite, comme la nature, à vraiment te concentrer sur ton énergie vitale, à dormir plus, à, comme un arbre, toute la sève va circuler moins vite, ça va se concentrer dans les racines. D'ailleurs, on voit beaucoup de légumes racines. concentrer, t'ancrer en fait dans cette terre. Si au final, tu respectes ce rythme-là, eh bien... Tu vas beaucoup mieux vivre l'hiver, tu vas beaucoup mieux appréhender le printemps qui va arriver et vivre un été extraordinairement créatif. C'est comme un peu, si on revient à nous les femmes, notre cycle en fait, menstruel. Si tu fais comme si ça n'existait pas, tu vas t'épuiser en fait. Je pense que tu sais, c'est rigolo parce qu'il y a la vie, il y a les saisons, puis après il y a notre corps et notre corps a des saisons de vie. Et en fait... Si tu ne veux pas vivre une saison d'avant ou une saison d'après, et que tu te concentres sur la saison que tu es en train de vivre maintenant, c'est la joie et le bonheur absolus. Et la vie te paraît beaucoup plus simple. Et je pense que pour moi, ça m'apporte beaucoup de sérénité, de paix, de lâcher prise par rapport aussi au temps qui passe. Et je me réjouis en fait, maintenant, encore plus. Chouette l'automne arrive, chouette l'hiver arrive, chouette c'est le printemps, super c'est l'été. Et puis quand on voit que maintenant les saisons sont quand même chahutées, qu'on peut vivre ces saisons extrêmes beaucoup plus difficilement, voilà ça nous apprend aussi, ces saisons de transition, là on est en automne, c'est très important de bien les préparer pour descendre tout doucement vers cette saison extrême qu'est l'hiver et remonter doucement aussi vers la saison extrême de l'été.
- Speaker #1
Je partage tout ce que tu viens de dire, j'adore. penser aux saisons comme on a le printemps du printemps, l'été du printemps, l'automne du printemps, l'hiver du printemps. En fait, on peut vraiment aller chercher en profondeur dans tous ces aspects de nos vies, de nos quotidiens. Et je trouve ça fascinant quand la médecine chinoise est assez friande de ce type de vision. Et je trouve ça fascinant comme façon de voir aussi la vie. On a aussi notre printemps, notre été, notre automne et notre hiver. C'est assez intéressant de le voir. Est-ce que tu pourrais aussi nous parler du nom Matière Brute Lab ? Ça paraît absolument évident maintenant que tu nous en parles, mais est-ce que pour toi, ça a été une recherche de nom ou tu t'es dit tout de suite, en fait, non, c'est ça, c'est ces trois mots-là qui font la marque et qui font notre laboratoire et notre ADN ?
- Speaker #0
Je trouve que c'est le truc le plus réussi, ce naming. C'est vraiment Matière Brute Lab. En fait, on n'aurait besoin de rien de plus. Tout est dit. C'est vrai que matière brut, on comprend. Et puis lab, le côté fait qu'on est un laboratoire indépendant. Mais comment c'est venu ? Alors, tu sais qu'un jour, j'ai fait un travail de mémoire cellulaire. Et on était revenu à mon père qui travaille dans les mines. Et elle m'avait dit inconsciemment, la matière brute, ça ne te parle pas. Puis elle avait fait un lien avec ce travail de mon papa dans les mines. Mais je crois que c'est vraiment, j'aime bien, en tout cas dans tous les noms des entreprises, des choses qui permettent vraiment d'exprimer très facilement ce qu'on fait. Et avec mon mari, on a d'autres voitures. On a la récolte pour un magasin de fruits et de légumes. Donc, c'est assez simple. Mais la récolte, c'est évident. Le domaine haute tige, parce qu'en fait, c'est la spécificité du verger dans lequel on travaille. Et matière brute, c'est arrivé très vite au tout début. J'ai écrit parce que le projet, au départ, pour ne pas le dévoiler, ça s'appelait Elvire, je crois. Mais ça n'avait rien à voir. Et très vite, matière brute. J'avais hésité avec matière première. déjà les gens s'en souvenaient et à l'époque ça créait du débat on me disait mais comment tu veux vendre des cosmétiques en ayant brut dedans et moi justement c'est ça qui me plaisait c'était ce contraste aussi et puis d'expliquer finalement toute notre chaîne de valeur à travers un mot qui est assez simple donc voilà comment ça fait aussi ce choix de s'installer ici à Séné ? alors toute vérité mais moi je suis originaire du Sud-Ouest, on l'entend parfois avec mon petit accent. Mon mari, lui, vient du Nord et pour débuter nos vies, bien évidemment, pas bien évidemment, parce qu'il y en a qui arrivent à ne pas passer par là, mais c'était chouette ce moment aussi. On est passés de nombreuses années à Paris. On cherchait à repartir, à vivre ailleurs. On avait deux enfants à l'époque, à un endroit où on pouvait allier tous nos critères de vie, donc notre amour incroyable de la nature et de l'agriculture. pouvoir faire aussi de l'agriculture, un endroit où l'océan, qui m'appelle énormément, donc là on a une chance, il ne faut pas trop le dire, mais c'est vraiment un paradis terrestre le Morbihan. La qualité des produits qu'on peut trouver, que ce soit déjà dans les premiers producteurs bretons que j'ai pu trouver ici, qui font des produits de qualité, mais moi je suis fan de nourriture, et donc c'est vrai qu'ici, c'est vraiment entre tous les magasins de producteurs, les cueillettes, où tu peux aller cuire tes fruits, tes légumes, mais dans une agriculture biologique, biodynamique. Bref, il y a vraiment de quoi faire. Et voilà, la possibilité de partir surfer le jeudi matin avant de débuter sa journée et offrir un cadre de vie où finalement les enfants peuvent se connecter à un arbre qui pousse et regarder aussi quand est-ce qu'on ralentit dans la vie. en regardant juste par la fenêtre. Parce que quand t'es à Paris, on leur offrit un cadre culturel incroyable. Mais c'est quand même du béton, du béton et du béton. Et donc, je me rappelle tous les week-ends partir à Boulogne ou à Vincennes pour me retrouver dans les arbres, bétonner les pauvres. Donc voilà, mais c'est vrai que ça paraît tellement plus évident. Donc ici, on s'aligne, tête, corps, esprit, pied. On est bien, en tout cas.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu... Je pourrais dire peut-être à Céline et ceux qui nous écoutent. peut-être justement tout à l'heure on parlait de ce rêve, de cette vision qui s'accomplit. Parfois justement quand ce rêve est sur le point d'arriver, on a parfois tendance à freiner, mettre un peu le frein, se dire peut-être que je vais faire une petite marche arrière ou une petite porte de sortie. En fait non, ce rêve il est là, il nous attend et on a œuvré pour ça. Qu'est-ce que toi tu leur dirais à ces personnes qui sont au seuil de la réalisation ?
- Speaker #0
Déjà j'ai l'impression qu'on est au début du rêve. On a commencé à rêver déjà il y a dix ans, mais là on a tellement de choses à faire encore. pour pouvoir pérenniser tout le travail qu'on a fait en amont et que finalement, ça prend du temps. Tout dépend de ce qu'on veut faire. Il n'y a pas vraiment de petit ou grand projet plus important l'un ou l'autre. Mais c'est vrai que celui-là de matière brute, l'âme en tout cas, nécessite un temps énorme. Donc ça, il faut en être bien conscient. Si on a un projet qui demande du temps et qu'il y a une ambition derrière qui est quand même importante, Pour ça, il faut pouvoir se sécuriser déjà d'un point de vue financier. Parce que, surtout quand on est une femme, je pense que c'est hyper important de pouvoir aller chercher les moyens financiers et bien évidemment humains, ensuite s'entourer de bonnes personnes pour pouvoir réaliser ses rêves. Mais c'est vrai que j'entends souvent, tu sais, les sportifs de haut niveau qui deviennent champions du monde ou... Des alpinistes qui ont réussi à gravir l'Everest et qui disent, maintenant que c'est fait, qu'est-ce qui se passe après ? Une forme, après même de course, à toujours plus, à te mettre dans des situations tellement dangereuses pour te sentir vivant et te dire, en fait, non, la vie, c'était simple et j'aurais pu profiter. Donc, c'est vraiment de prendre le temps, de regarder toutes les étapes, de s'arrêter comme quand tu es sur un chemin et de regarder vraiment le paysage. et de célébrer vraiment seule ou avec les équipes ou les gens qui t'entourent. Chaque petite victoire qui arrive, je pense que c'est important pour ne pas se cramer et continuer à rêver. Et moi, j'aime bien tout ce qui est PNL aussi. Et souvent, on te dit, c'est hyper important de projeter ta vie aujourd'hui, dans trois mois, un an. Moi, je l'ai beaucoup visualisé. J'étais sportive de haut niveau avant. Pour visualiser un parcours, il faut vraiment le visualiser dans sa tête c'est précisément savoir Comment tu vas faire pour sauter un obstacle ? Comment tu vas prendre ta courbe ? Comment tu vas descendre dans le gué ? C'est hyper important parce que sinon, si tu ne l'imagines pas bien, la moindre faute t'entraîne au sol et donc ça peut y avoir vraiment des problèmes. C'est risqué. En tout cas, l'activité que je faisais, c'était du complet. C'était très risqué. Mais donc, c'est important de visualiser et régulièrement repartir dans la visualisation et se remettre des rêves. Mais pour voir qu'on rêve et qu'on réalise ses rêves aussi, il faut savoir identifier quand est-ce qu'on a vraiment réalisé ses rêves. Donc il faut se dire aussi, se permettre d'avoir des indicateurs, une forme de tableau de bord. Donc l'écriture, c'est hyper intéressant, mais aussi pourquoi pas échanger avec les uns et les autres, mais vraiment de se rendre compte de ce qu'on fait, de planifier ce qu'on veut faire et de célébrer ce qu'on a réussi à faire. C'est vraiment, je pense, important. Et aussi, pour pouvoir bien réaliser ses rêves et continuer à rêver, je pense qu'il y a une chose, si j'ai un conseil à donner, c'est préserver son énergie vitale et pour préserver son énergie vitale il y a un milliard de choses à faire mais je pense que c'est avant tout se marier avec soi-même et de venir se chérir pour le meilleur et pour le pire mais vraiment être sa meilleure amie, sa meilleure amante, sa meilleure mère sa meilleure, je sais pas, mais en tout cas vraiment faire attention parce que souvent aussi, on rêve, on rêve mais on se met... tellement dans le rouge que quand le rêve arrive, en fait, on n'a même plus la force et l'énergie de pouvoir célébrer ce qui vient de se passer. Donc, très important, vraiment, de prendre du temps pour soi et de se chérir plus que tout.
- Speaker #1
J'ai deux dernières questions à te poser, Annabelle. Une question qui rejoint peut-être un peu ce qu'on vient de dire, mais pour toi, qu'est-ce que représente l'océan Atlantique ?
- Speaker #0
Hum, toute mon enfance. Moi, j'allais passer mes vacances beaucoup à l'île d'Oléron. Donc, c'est avant tout des odeurs. Et tu sais souvent quand on te fait faire de la réflexologie ou de la méditation, quand au tout début pour faire un body scan ou pour pouvoir t'apaiser, tu visualises une image, je me mets dans deux endroits, soit sur une petite dune posée sur la petite plage de Domino, donc devant l'océan Atlantique, ou dans le courant de la Jumant, parce que là ça me nettoie ! Et donc c'est vraiment un endroit... Je me sens vraiment pleinement ressourcée, proche de l'océan. J'ai l'impression que c'est hyper salvateur. Donc déjà, d'y être, de ressentir, de voir, mais aussi de pouvoir nager dans la mer. Il suffit que tu sois fatiguée, que tu aies une grosse soirée, tu vas dans l'eau. C'est comme si, c'est un peu dangereux, mais c'est comme si ta journée, tu as fait un reset total et tu peux recommencer ta journée sans aucun problème. Donc c'est incroyable, c'est un endroit. où tu joues, où tu te détends, où tu dors. Je n'ai jamais eu un problème devant l'océan Atlantique, sauf quand tu es en bateau où ça peut devenir dangereux, mais c'est vraiment un lieu de joie, d'amour, d'union, de rencontre. On a tellement de chance de pouvoir vivre sur ces côtes atlantiques. C'est une chance. Et moi, je me disais souvent que ce serait une chance que j'aurais à la retraite. C'est un rêve. Aujourd'hui, je le réalise. Je le célèbre vraiment tous les jours. Mais il ne faut pas que ça devienne, tu sais, que ça soit normal.
- Speaker #1
L'autre question que j'aimerais te poser, pour toi, c'est quoi être une femme de l'Ouest, justement ?
- Speaker #0
Être une femme de l'Ouest ? Eh bien, je crois que, en tout cas, toutes les femmes que j'ai rencontrées grâce à toi, qui sont des femmes de l'Ouest. Elles ont toutes ce brin d'audace dans tous les secteurs, parce que c'est vraiment, ça brasse aussi beaucoup de secteurs. Elles ont toutes cette passion qui pétille dans leurs yeux, un grain de folie aussi, dans les discours des unes et des autres. Et beaucoup de femmes qui ont Pour Valeurs communes, quand même, ce rapport de respect de l'humain, je trouve dans tous les projets, c'est fou la ligne directrice qu'on peut tirer parce qu'elles ont vraiment ce respect profond de l'humain et cette passion aussi pour l'océan. Je pense qu'on ne se retrouverait pas sur la côte ouest sinon. Mais à chaque fois, j'ai eu la chance déjà de participer à... à deux de tes événements qui sont des événements incroyables et on sent bien aux côtés des femmes de l'Ouest c'est positif, il y a beaucoup d'énergie il y a beaucoup d'énergie positive de sourire, d'envie de faire, d'entreprendre de créer autrement aussi et je te remercie beaucoup en tout cas d'être à l'initiative de tout ça parce que je t'admire et j'admire vraiment En tout cas, ce que tu arrives à faire avec nous, la dernière fois, tu avais eu une très belle définition de ce que tu arrivais à faire. Et voilà, bravo. Et en tout cas, merci à toutes ces femmes aussi d'être présentes et de pouvoir échanger, apporter.
- Speaker #1
Je pense que c'est très important de s'élever. J'aime bien ce terme. C'est vrai que lors du dîner, j'avais dit créer des espaces de connexion, d'expansion et d'extraction. Et pour moi, le but, c'est vraiment de s'élever. Et je pense qu'on s'élève aussi par le partage d'expérience, par le partage de connaissances. Et en tant que femme, l'idée, c'est vraiment de s'entraider, s'élever pour pouvoir aussi vivre en joie. Et je pense que c'est très important et c'est une belle illustration de ce que c'est de vivre en accord avec soi-même. Je pense que ça relie un peu ce que tu fais avec Matière Brute Lab. Annabelle, est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais rajouter à la fin de cette magnifique échange ?
- Speaker #0
Je te remercie vraiment de me donner la parole et de donner la parole à toutes ces femmes de l'Ouest. J'espère que tu vas continuer à nous inspirer encore longtemps. Merci.
- Speaker #1
Merci infiniment d'avoir pris le temps d'écouter cette conversation avec Annabelle. J'espère qu'elle vous aura plu, inspirée, fait réfléchir, peut-être aussi à certains moments, émue. Vous pourrez retrouver toutes les informations concernant Matière Brute Lab sur les réseaux sociaux des femmes de l'Ouest, mais je vous invite également à suivre les activités d'Annabelle et de toute son équipe sur Matière Brute Lab. Personnellement, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode avec une nouvelle femme de l'Ouest.