- Speaker #0
Je pense que ce que j'aime dans le fait de donner des cours de surf et de partager ma passion, c'est aussi expliquer que tu n'as pas besoin d'être méga sportif, tu n'as pas besoin de connaître hyper bien l'océan. N'importe quel corps peut surfer, à n'importe quel âge tu peux commencer le surf. Et je pense que c'est hyper important de le souligner, parce que des fois, dans les modèles qu'on peut avoir, c'est des femmes super sportives ou des femmes jeunes, etc. Et en fait, le surf, c'est accessible à toutes. tous. Moi, ça m'importe dans ma pratique de le partager comme ça.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et bienvenue sur Les Femmes de l'Ouest, le podcast qui va à la rencontre de celles qui font vivre la côte atlantique de Brest à Biarritz. Avant de vous partager la conversation que l'on a enregistrée il y a quelques temps avec mon invité, j'avais juste envie de vous glisser quelques petites informations pour celles qui auraient envie de surfer avec nous l'année prochaine. Vous avez été nombreuses à rejoindre le Small Waves Surf Club, et pour ça, je vous en remercie. Et si ça vous dit de surfer les vagues de la vie, alors rejoignez notre groupe WhatsApp. Vous trouverez le lien dans la description. bio de notre compte Instagram mais vous pouvez aussi bien évidemment suivre le compte du club à arrobase smallwavesurfclub Vous trouverez toutes les informations sur les séjours à venir et un peu plus de yoga pour cet hiver pour pouvoir être prête à surfer les vagues lorsque le printemps reviendra. C'était une petite parenthèse et maintenant je vous laisse avec mon invité que peut-être vous connaissez. Trouver sa place à l'eau n'est pas toujours inné, et dans cette conversation enregistrée en public chez Cuse en septembre dernier, c'est Laurine et Léna qui nous partagent leur parcours de surfeuses de haut niveau. Dans cet environnement où les stéréotypes féminins ont pendant longtemps occupé le devant de la scène, faire sa place lorsque l'on ne répond pas au canon n'est pas chose aisée. Laurine et Léna, surfeuses, monitrices et membres du collectif Bigoudin des Queen Bordeuses, Raconte comment. elles ont vécu de l'intérieur l'évolution de cette discipline. Alors ensemble, on aborde bien évidemment la question de la légitimité, des rôles modèles qui ont forgé une génération de surfeuses, mais aussi du changement qui s'est opéré ces dernières années où une multitude d'initiatives se sont créées pour amener plus de femmes à se jeter à l'eau. Une conversation pour toutes celles qui n'osent peut-être pas encore enfiler la combinaison et pour qui j'espère cette conversation sera une source de motivation. Bonsoir Léna, bonsoir Lorine. Je suis très heureuse de vous accueillir ici ce soir chez Cuse. On enregistre en direct cet épisode. Merci d'avoir accepté cette invitation à parler de votre parcours. J'ai juste une petite question pour débuter la soirée. Comment vous allez ?
- Speaker #2
Ça va pas mal.
- Speaker #0
Moi, je vais plutôt bien. Je suis très contente d'être à Cuse ce soir. C'est un peu nouveau comme expérience de parler devant des gens. mais... Ma foi, ça va être très agréable.
- Speaker #1
Aucun doute que ça va être très agréable. Alors, Léna, Laurine, vous avez deux passions que vous partagez et qu'on va aborder ce soir en long, en large, en travers, enfin bref, sous toutes les coutures. La passion que vous partagez et qu'on partage avec beaucoup de personnes dans la salle, c'est celle de sa discipline qui est le surf. La première question, ou en tout cas la suite que je voudrais donner à cette question d'introduction, c'est quel sentiment vous avez eu sur les dernières vagues que vous avez surfées, peut-être ces derniers jours, ces dernières semaines, parce que je crois qu'on a été plutôt gâtés à l'eau par ici, dans le pays bigoudin.
- Speaker #2
Entre hier et aujourd'hui, je crois que le surf c'est définitivement ce que j'aime le plus au monde. On a des vagues vraiment parfaites depuis quelques jours. J'ai l'impression d'être en surf trip à la maison. C'était vraiment parfait, voilà.
- Speaker #0
Alors moi, deux choses différentes. Je pense que ma dernière vague aujourd'hui, j'étais en cours de surf. On était trois dans l'eau. J'étais en moussue sept pieds, donc des planches plutôt de débutants. Et j'ai eu carrément des bonnes sensations. Et autrement, j'ai été surfer dimanche soir avec Léna. Et ça faisait longtemps que je n'avais pas surfé avec Léna, en petite planche. en shortboard, donc planche un peu plus technique, et les vagues étaient pourries, mais j'ai adoré la session. Ça m'a fait trop du bien de resurfer pour moi et d'être dans ce brouhaha de vagues, c'était trop chouette. J'ai pas eu l'occasion de surfer le début de semaine dans les vagues parfaites, mais tout va bien aussi.
- Speaker #1
Trop bien. Léna, Laurine, vous êtes en fait amies depuis pas mal d'années. Le surf, c'est quelque chose qui vous lie finalement, vous partagez des sessions comme tu viens de le dire, Laurine. Est-ce que vous pouvez tous les deux, à tour de rôle, nous dire comment le surf est rentré dans votre vie ?
- Speaker #2
Moi, j'ai commencé le surf à 8 ans, donc c'était vers l'an 2000. Du coup, moi, je suis du Morbihan à la base. J'ai commencé sur la plage de Sainte-Barbe à Ploirnelle. En fait, j'ai un peu suivi mon grand frère qui avait envie de faire du surf. On a commencé un peu comme tout le monde à notre époque, sur des bodyboards. à glisser dans des petites mousses au bord. Mon frère avait voulu une planche de surf et mes parents n'y connaissaient rien au surf. Il faut savoir que je n'ai pas de parents surfeurs non plus. Ils avaient acheté une planche à mon grand frère, une planche vraiment pas ouf. On a commencé à se lever là-dessus. Après, très vite, ils nous ont inscrit dans une école de surf pour qu'on puisse être encadré. Après, j'ai suivi un peu le schéma compétition, etc. Je ne fais plus de compétition. Puis voilà.
- Speaker #1
Quelle est la sensation, peut-être le souvenir que tu as de ces premières sessions, de ces premières sensations justement sur la vague, sur la planche ? Est-ce qu'il y a un souvenir qui te vient en tête ?
- Speaker #2
Je n'arrive pas à me souvenir de ma première vague, des premières sensations vraiment, mais je me souviens que j'y pensais beaucoup. J'aimais être dans l'eau, j'avais qu'une envie quand j'étais à l'école, c'était sortir de l'école pour aller dans l'eau.
- Speaker #1
Et toi Laurine, est-ce que t'avais comme Léna un modèle un peu plus grand à la maison ou dans le voisinage qui surfait ?
- Speaker #2
Moi je surfe depuis que je suis toute petite,
- Speaker #0
j'ai des petites photos de moi à 3-4 ans avec les maillots de bain et les bouées autour là. J'ai essayé d'en retrouver pour les cours de surf, ils n'en font plus. Du coup mon père m'a initiée toute petite donc j'ai pas vraiment de souvenirs de mes premières vagues. Après si j'ai des souvenirs, par exemple vers 8 ans, d'aller surfer avec ma mère, parce que ma mère n'est pas surfeuse. Et me souvient d'aller avec elle et ses copines, et j'ai des souvenirs, c'était à Crozon, avec ma mère, avec ses copines, elles étaient toutes avec des planches, du coup, pas du tout faites pour les débutants. Ouais, j'ai juste des souvenirs de me marrer, quoi. C'était trop bien.
- Speaker #1
T'en as un peu parlé, Léna, que toi, t'avais un peu cette idée de, la seule chose que tu voulais, c'était à la fin des cours, partir à l'eau. Est-ce qu'il y a un moment donné où vous avez compris qu'il y avait peut-être, tu parlais de la compétition notamment, alors est-ce que c'est une voie où en tout cas, il y avait une possibilité de justement faire plus de surf que juste, alors peut-être en fin de journée ou les week-ends ?
- Speaker #0
Bah moi du fait que mon père surfe et que on faisait quand même beaucoup beaucoup de... Enfin en dehors de l'école, il m'a amené après l'école. Même je me souviens que en 6e il m'a fait louper... Désolé maman. Il m'a fait louper les cours pour aller surfer. Moi j'ai habité à Tahiti pendant dix ans. Ouais je me souviens qu'il m'a fait louper les cours pour aller surfer à Tapouna. C'est une vague de riffs. Bah pire session de ma vie je pense. Ouais.
- Speaker #1
Vous avez préféré être à l'école, à train d'écrire ? Non,
- Speaker #0
franchement, c'est une super belle expérience. Pareil, je me souviens qu'il m'a amenée au lycée. Pareil, encore une fois, désolé maman. Il m'avait fait louper les cours un vendredi après-midi pour aller surfer au Roche-Blanche, un spot à Dornenay qui ne marche qu'avec certaines conditions. Ouais, c'est des super souvenirs. Je n'ai jamais réfléchi à surfer plus parce qu'il y avait déjà beaucoup de surf dans ma vie. Toi, Léna, je ne sais pas comment...
- Speaker #2
Alors moi, j'ai la même anecdote. pas tout à fait la même mes parents surfaient pas mais ils sont vraiment géniaux c'est déjà arrivé on avait des bonnes notes à l'école du coup ils ont déjà dit qu'on était malades pour nous amener surfer pas après l'école du coup la compétition c'est plus que je sais pas dans les dynamiques de club dans n'importe quel sport quand on te dit que t'es un petit peu bon dans un Non. dans ta discipline, t'es vite amenée à la compétition. Et puis c'est venu assez vite. J'ai juste un peu suivi le mouvement. Je me suis pas trop posé la question. Et puis c'était cool. Après, à l'époque, on n'était pas beaucoup. Du coup, il y avait une émulation. On se retrouvait tous. Il y avait les premières compétitions un peu à droite, à gauche en Bretagne. C'est comme ça aussi que j'ai rencontré un peu tous les surfeurs et surfeuses du coin.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler de cette transition entre le moment où c'est un sport du week-end ou après l'école ? Les parents s'infiltrent dans ce petit complot et vous amènent pendant les heures de cours à la plage. Comment s'est fait le déclic pour aller vers cette « voie » qui est celle de la compétition ?
- Speaker #2
Dans un premier temps, je suis restée dans le Morbihan parce qu'à l'époque... Il y avait ce qu'on appelle des clés sans de labelliser d'entraînement et donc on m'a proposé de faire partie du clé Morbihan à Pornel. Et après en fait la suite c'est le Pôle Espoir Bretagne. Moi venant du Morbihan, le Pôle Espoir il est ici. Donc je suis venue au lycée à Pont-Labet à l'internat. Lundi soir on avait des entraînements physiques et après mardi, mercredi, jeudi des entraînements de surf. Et le week-end je rentrais et j'avais aussi des entraînements de surf dans le Morbihan du coup. Donc ça a quand même fait que je viens en internat, que je viens vivre ici un temps. Et je suis d'ailleurs venue vivre ici définitivement maintenant.
- Speaker #1
Et pour toi Laurine, comment ton parcours s'est fait ? Parce que comme tu as dit, tu étais à Tahiti, est-ce qu'il y avait aussi des structures qui accompagnaient les jeunes dans cette voie-là ou au contraire c'était un peu plus indépendant ?
- Speaker #0
Moi je crois que j'ai commencé à prendre des cours de surf en 3ème ou en 4ème, mais du fait que je surfais déjà avec ma famille, je n'ai pas commencé les cours de surf très tôt. Et les compétitions, moi je n'ai jamais aimé ça, je n'ai jamais compris le concept. J'ai fait parce que à Tahiti, il n'y avait pas beaucoup de filles qui surfaient. Vu que j'étais en école de surf, les coachs ont commencé à me dire « ça serait bien que tu fasses des compètes » . Donc je fais « bon, pourquoi pas » . J'ai commencé à faire des compètes à Tahiti pour ça. Après, on est rentré en France. J'avais l'âge d'aller au lycée. Mes parents habitaient à Concarneau. Il n'y avait pas forcément de vagues. Et je ne sais pas comment ça s'est fait. Mais je me suis retrouvée à la pointe de la torche à passer un test. Alors que tout le monde avait déjà passé le test pour rentrer au clé. Puis après au pôle, au lycée La Hénèque. Et là, du coup, la compétition, quand tu es au pôle et au clé... compris dedans, donc on y va quoi
- Speaker #1
Et du coup même si on n'aime pas la compète on y va, on les fait ?
- Speaker #0
Moi je me mets bien avec les copains, je trouvais ça super cool l'avant, l'après, j'ai vécu des super belles expériences, on était que entre copains, copines, j'ai fait plein de voyages, c'était vraiment génial puis il y a eu aussi des moments où les vagues elles sont parfaites et que 2-3 dans l'eau, c'est très rare donc ça j'aimais beaucoup après surfer pour avoir des points, jamais compris Merci. Mais bon, voilà, chacun son truc.
- Speaker #1
Oui, justement, chacun son truc. Peut-être que toi, Léna, tu as une autre vision de la compétition. Est-ce que peut-être le fait d'avoir aussi un grand frère surfeur, il y avait un petit challenge intrafamilial qui te boostait ou pas du tout ?
- Speaker #2
Oui, le fait qu'on soit tous les deux dans la compétition, ça nous boostait même quand je surfais en free surf avec mon grand frère. On avait tendance à un peu se coacher mutuellement et se faire des retours sur nos vagues. Si, j'avais quand même envie d'aller plus loin. Mon frère aussi, on avait un truc un peu commun. Parce qu'à l'époque, il faut se dire aussi que la Bretagne, c'était un peu une petite région de surfeurs. Ce n'était pas encore considéré comme une région de surf. Donc il y avait un peu ce truc où on était parmi les premières générations à faire des compètes dans le sud-ouest, etc. Donc oui, j'avais quand même envie d'essayer de faire quelque chose.
- Speaker #1
Et justement, en tout cas dans cette trajectoire de la compétition, est-ce qu'il y a un moment donné où peut-être vous vous êtes sentie un peu soit déconnectée ou que quelque chose peut-être s'était rompu dans ce lien que vous aviez avec la discipline ? Ou est-ce qu'au contraire, vous étiez dans le flot, vous alliez jusqu'au bout ? Est-ce que vous avez senti à un moment donné peut-être une rupture ? Ou au contraire, vous êtes allée jusqu'au bout de ce que vous pensiez pouvoir faire ?
- Speaker #0
Je pense qu'on va avoir deux réponses différentes avec Léna. Du fait que moi, je n'avais pas trop de pression. Parce que je ne comprenais pas trop le concept de compétition, je n'ai pas eu de rupture. J'aimais être dans l'eau, j'aimais être avec les copains, j'aimais prendre des vagues, mais la performance n'a jamais eu vraiment... En tous les cas, je n'ai pas de souvenir que ça ait vraiment eu un impact sur moi.
- Speaker #2
Alors moi, à l'époque, j'aurais bien aimé aller un peu plus loin, mais que ce soit pour les filles ou les gars, en général, le sport en compétition, il faut quand même avoir des sacrés moyens, il ne faut pas se mentir. Il y a quand même... Enfin, c'est quand même... Merci. il faut soit venir de milieux très aisés ou avoir des sponsors et du coup arriver vers le temps l'année du bac où il fallait choisir des études finalement je me rendais compte que ça allait être compliqué de continuer en compétition après au delà de ça j'ai fait les championnats de France je faisais pas spécialement de résultats en shortboard c'était pas facile du coup à ce moment là je me suis dit ça allait être un peu compliqué je suis partie en études de... Après moi j'avais une ouverture... Je change de sujet total, mais j'avais une bonne ouverture. J'avais une ouverture culturelle pas mal avec mes parents aussi. Du coup, j'ai plus habité en ville après pendant un moment. J'adore la musique. J'étais bénévole dans les salles de concert. J'étais pas mal dans les salles de concert d'ailleurs. Et voilà, il y a eu autre chose aussi derrière, qui était hyper enrichissante aussi.
- Speaker #1
Est-ce que vous pourriez juste nous dire peut-être un peu, c'est un peu une question bateau, mais je veux dire les âges peut-être où... Parce qu'il y a des moments où on a plus à cœur certains projets, peut-être quand on est vraiment jeune, quand c'est nouveau. Et il y a peut-être un moment où on est lassé, où on a envie de faire d'autres choses. Typiquement, là, tu nous parles de vivre en ville et d'explorer d'autres terrains. Est-ce que vous avez peut-être des grands marqueurs, je ne sais pas, dans ces 15-20 dernières années, où vous dites, après mon lycée, justement, j'ai voulu reprendre des études, typiquement. Est-ce que tu sens qu'il y a eu vraiment un changement à ce moment-là ?
- Speaker #0
Quand j'étais au collège, j'étais un petit peu énervée par le surf. Enfin, si je ne faisais que ça, c'était ma passion. Total. Après, je suis arrivée au lycée. C'était entraînement tous les jours. Mes vacances n'étaient que pour le surf. Puis après, arrivé l'âge un petit peu jeune adulte, j'ai continué. J'étais à Tahiti. Du coup, la culture surf, elle est vachement présente là-bas. Après, je me suis un peu plus éloignée. C'est les moments de fac à chaque fois que j'allais à Brest. Brest, fatal pour moi pour le surf. Trop de copains, etc. La plage, elle n'était pas si loin, mais jamais de véhicule. Du coup, c'est ces moments-là où je me suis éloignée. Les moments où je suis retournée un peu en études et que la plage n'était pas juste à côté. Moi,
- Speaker #2
c'est clairement aussi pareil, l'âge jeune adulte où je suis allée plus en études. Après, j'ai vécu à Rennes. J'ai fait des stages via mes études. J'aimais beaucoup le voyage, donc j'étais en langue étrangère appliquée à la fac. Après, j'ai eu des stages pas mal liés au surf. J'avais fait un stage au siège de Haunil en Hollande. J'ai vécu quatre mois en Hollande, donc j'ai surfé en Hollande à ce moment-là. Après, j'ai été à Montréal. Et à un moment, je ne pensais plus spécialement au surf. Début jeune adulte, il y a autre chose dans la vie que le surf. Moi, j'ai adoré. C'est des moments de vie que j'ai adoré. Je ne serais pas la même personne aujourd'hui si je n'avais pas fait cette phase. Et je connais pas mal de monde, arrivé au même âge. Quand il y a des moments de rupture, surtout quand on a fait de la compète, il y a un moment où il faut voir autre chose aussi.
- Speaker #0
D'ailleurs, par rapport à ça, je crois que maintenant, après le pôle espoir, ils n'ont pas mis des choses en place. Parce que du coup, généralement, je crois que ça arrive à quand même beaucoup de personnes. Le fait de beaucoup, beaucoup, beaucoup surfer, il y a eu beaucoup de personnes qui ont fait des gros breaks. Et je pense qu'au fait, même dans n'importe quelle passion, après, je ne sais pas, peut-être qu'il y a des passions où ça n'arrive pas, mais c'est bien les petits moments de break. Ça permet de voir autre chose, se ressourcer et de retourner avec encore plus de passion après.
- Speaker #1
Est-ce que c'est peut-être ce que toi t'as vécu, de revenir à sa passion, parce qu'on a peut-être remotivé par quelque chose d'autre, on se rend vraiment compte de la valeur de cette passion, et je pense qu'on va pouvoir aussi parler de la transmission, parce que c'est ce que vous faites aujourd'hui avec cette discipline.
- Speaker #2
Moi alors, justement tout à l'heure je disais que j'étais allée à Montréal, et ça avait un lien avec le surf, j'ai fait un stage pour un gars qui avait une agence de voyage de surf à Montréal, et donc j'ai vécu à Montréal, mais je suis allée 10 jours, mais à ce moment-là je suis refaite, genre vraiment quasi plus, ça faisait 2-3 ans que je ne surfais plus trop. J'ai accompagné un des voyages au Nicaragua pendant 10 jours et j'ai donné des cours de surf. Et j'ai trop kiffé, transmettre justement. Et en fait, quand j'ai fini mon master l'été d'après, j'ai travaillé comme aide monitrice dans l'école de surf à Plornel, dans laquelle j'ai commencé le surf. Et je faisais mon mémoire de stage en même temps. Et j'étais là, mais qu'est-ce que je vais faire après mon master ? L'école de surf dans laquelle j'ai bossé m'a dit pourquoi tu ne passerais pas ton BPJSurf. Et voilà à peine mon master en poche. Je n'ai pas du souvenir en mémoire en novembre, je ne sais plus l'année. Et en mars d'après, j'ai intégré la formation BPJSurf à l'ENV à Quibon. C'est comme ça que le fait de transmettre, je me suis rendu compte. Mais meuf, tu ne savais plus pourquoi tu surfais et c'est tellement simple. Genre juste voir des gamins ou pas des gamins, des adultes, qui fait juste glisser, allonger déjà sur une mousse de ça, au bord de l'eau, t'es là, bah ouais en fait, c'est tout. C'est comme ça que c'est revenu. Et pour toi Laurine ?
- Speaker #0
Moi je crois que j'ai passé mon BE surf, suite à une grosse coupure aussi en surf, je suis rentrée de Tahiti, où je surfais quand même pas mal, et je suis arrivée à Brest. Encore une fois, en master, c'était un peu compliqué pour moi le retour de Tahiti. Et je savais plus trop ce que je faisais à Brest. Je me disais, est-ce que je reste en master ? Mais en même temps, je savais plus trop ce que je faisais. Et j'ai eu une amie, Anna, qui habitait avec moi à Tahiti avant, qui maintenant habite dans le coin aussi, et qui est aussi prof de surf, qui avait passé son BE l'année d'avant. Je l'ai eue au téléphone, elle m'a dit, mais Laurine... Je lui ai dit, parce que moi j'étais là, en vrai je sais pas trop dans quoi je suis douée dans la vie. J'étais un peu en perdition, un petit peu petite perdition mais bon c'est normal ça arrive à tout le monde. Et elle m'a dit mais passe ton BE. J'étais là ouais mais bon j'ai pas fait le dossier, j'ai pas passé les TEP. On était je crois en octobre, les TEP c'était en novembre. Les TEP c'est pour les prérequis. Et au final j'ai fait mon dossier et en février j'étais à la canot en train de passer mon BE surf. Et là j'ai repris le go-surf, ça m'a fait vraiment du bien. J'ai surfé tous les jours et j'ai commencé à enseigner. Et c'était trop chouette de voir les gens aussi, pas forcément du milieu, des gens qui commencent de surf à prendre plaisir, à glisser, à être dans l'eau. Tu les vois arriver, au début ils ne sont peut-être pas très à l'aise, ils tirent un peu la gueule et au final ils sortent, ils ont un méga sourire. J'ai reconpris pourquoi j'aimais le surf, parce qu'il y a eu un moment où je ne savais plus trop.
- Speaker #1
Et justement, tout à l'heure en off, on parlait un petit peu de cette relation qu'aujourd'hui vous avez avec cette discipline. Et je vous demandais, est-ce que vous avez plutôt une relation passionnelle, est-ce que c'est une relation apaisée ? Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui de cette relation que vous entretenez avec le surf ?
- Speaker #2
Moi, c'est plutôt, comme on disait tout à l'heure... off, comme tu dis, c'est plutôt apaisé. Cette semaine, il y a un soir, je n'étais pas du tout sur le bon créneau. La houle était tombée, les vagues, on arrivait, c'était nul. Mais on était à Triguenet, c'était super joli, les lumières. Et personne, et j'ai adoré. Et puis hier, les vagues, c'était parfait. J'étais au bon moment, au bon endroit. Et voilà, c'est plutôt apaisé. Parfois, ça peut peut-être être proche d'une addiction, parce que quand j'ai des sensations comme hier, j'ai eu une vague particulièrement... Ça apporte de l'endorphine, les sensations. Souvent après des semaines de surf comme ça, et qu'il y a à nouveau des conditions un peu pas ouf, ça peut redescendre un peu. Mais non, globalement, c'est carrément apaisé. Et puis je surfe pour moi, je ne surfe pas ni pour des juges, ni pour atteindre un objectif. Et je surfe au final encore beaucoup. Donc voilà, c'est plutôt cool. Je pense que j'ai jamais autant aimé le surf que maintenant d'ailleurs.
- Speaker #0
Moi ma réponse va être un peu différente parce que je pense que je sépare le surf maintenant en deux parties. La partie professionnelle où je donne les cours de surf et je suis vraiment dans le partage. Et là je m'oublie un peu, je m'oublie même carrément. Je suis là pour que les gens kiffent, du coup, même si je suis dans l'eau, que j'ai une planche, le set ne sera pas pour moi, il sera pour les autres. J'ai cette partie-là et ça me fait grave kiffer de voir les gens surfer. Et j'ai l'autre partie qui est plus de surf pour moi. Et je vais t'avouer que physiquement, avec les cours de surf, je surfe beaucoup moins qu'avant pour moi, mais je suis hyper apaisée avec ça, parce que j'ai plein d'autres choses qui viennent remplir ma vie et qui me font vraiment du bien aussi. Et quand je vais surfer, et que c'est pour moi, je suis... pas en attendre que les conditions soient parfaites ou que tout soit aligné je suis juste contente d'être dans l'eau quoi comme dimanche j'étais juste contente d'être dans l'eau j'ai pris plein de paquets sur la figure j'étais là j'ai cassé ma carte de billette de leash je suis comme sortie j'étais contente quoi enfin vas-y
- Speaker #2
Léna c'est parce que tu parlais du kiff aussi de transmettre c'est cet été j'ai fait une vague en body surf derrière un gamin Je pense que j'étais encore plus contente que lui. Voilà, c'est tout.
- Speaker #1
Merci. Justement, par rapport à cette transmission et à toutes les personnes que vous avez l'occasion d'initier à la discipline ou même de les voir progresser, on voit que ça procure aussi en vous beaucoup de joie finalement et de satisfaction et de choses très positives. Et il y a un sujet aussi qui est très important et ici dans la salle, on a quand même un public qui est majoritairement féminin. et c'est un peu normal parce que les femmes de l'Ouest, c'est un peu l'idée, mais il y a aussi beaucoup de femmes qui vont à l'eau. Quelle relation vous avez peut-être aussi avec toutes ces femmes qui viennent pratiquer cette discipline ? Qu'est-ce que vous voyez peut-être comme changement dans leur visage, la façon dont elles bougent sur la planche, etc. Est-ce que vous voyez un avant et un après ?
- Speaker #0
Ce que j'aime, c'est que les gens soient heureux. Ce qui me fait toujours plaisir, c'est, peu importe que ça soit technique ou juste confiance en soi, tout ce qui est agréable pour moi. C'est de voir des femmes qui se libèrent, qui soient en confiance,
- Speaker #2
qui soient fiers d'elles aussi. Et je trouve que le support sportif du surf, c'est carrément top pour ça. Oui, pareil, c'est vrai que même il y a des fois quand il y a des groupes, il y a des garçons, des filles, je peux constater à des fois qu'à un niveau égal, il y a des filles qui vont se sentir moins légitimes, où elles ne vont pas autant se mettre en avant. Et je pense parfois le fait d'avoir des femmes, en tout cas en tant que monitrice, ça leur amène du positif aussi d'avoir en référent aussi une femme.
- Speaker #0
Il y a aussi un truc, c'est que je pense que ce que j'aime... Dans le fait de donner des cours de surf et de partager ma passion, c'est aussi expliquer que t'as pas besoin d'être méga sportif, t'as pas besoin de connaître hyper bien l'océan. N'importe quel corps peut surfer, à n'importe quel âge tu peux commencer le surf. Et je pense que c'est hyper important de le souligner parce que des fois, un peu dans les modèles qu'on peut avoir, c'est des femmes super sportives ou des femmes jeunes, etc. Et en fait, le surf c'est accessible à toutes et tous. Moi ça m'importe dans ma pratique de le... partager comme ça.
- Speaker #2
Pour rebondir sur le fait aussi que tous les corps peuvent surfer aussi, ça c'est important parce que c'est vrai que nous on a été à dos dans un moment où la représentation et la médiatisation du surf féminin c'était pas ouf et moi je sais que ça m'a énormément impacté. Aujourd'hui même je trouve qu'il y a de plus en plus de filles qui sont médiatisées et qui ont aussi d'autres corps et moi personnellement ça m'a fait un bien de ouf et comme dit Laurine, il n'y a pas besoin d'être... Pour toutes, il vaut mieux être souple et flex que ultra musclé quand on surfe.
- Speaker #1
Par rapport à cette représentation médiatique de la surfeuse, on n'a pas trop parlé parce qu'on a parlé vraiment de vos parcours. Est-ce que vous avez pu... Enfin voilà, toi tu viens de dire un peu ton expérience de... L'image qu'on avait il y a 15-20 ans qui était peut-être la surfeuse californienne ou australienne, je pense qu'on a tous en tête les images des magazines qu'on a forcément envie de voir. Je pense que ça a aussi quelque chose qui a à voir avec la confiance en soi, l'image qu'on nous renvoie d'une certaine discipline et comment on se construit soi par rapport à cette image qu'on nous renvoie. Comment vous pourriez dire que justement vous avez peut-être à un moment donné trouvé la confiance, peut-être à un autre moment perdu la confiance et aujourd'hui grâce à la transmission de cette discipline auprès d'autres publics et notamment je pense là aux femmes, vous cherchez pas forcément, mais c'est aussi un moyen de retrouver confiance en soi, finalement. Quand on fait quelque chose pour la première fois, on glisse pour la première fois, on se lève pour la première fois, et finalement, tous les corps peuvent le faire, finalement, on arrive à casser un peu ces stéréotypes qu'on nous a un peu martelés pendant des décennies.
- Speaker #0
Alors moi, je pense que les stéréotypes, ça m'a peu impactée, mais parce que je rentre dans les stéréotypes. Je vais pas mentir, moi, je devais avoir 8 ans, mon père, il me montrait Blue Crush. Blue Crush, elle est blonde, elle est longiline. Du coup... J'ai pas été vraiment impactée parce que je rentrais dans le stéréotype. Et du coup, par rapport à la confiance en moi, je pense que j'ai une base qui est quand même, enfin, sur le terme physique et surf, dans les sports, j'ai quand même confiance en moi. Parce que du fait que j'ai fait plein de sports différents depuis hyper jeune, ma façon de voir les choses, c'est que je me compare pas beaucoup. J'ai une confiance en moi qui est plutôt vraiment stable et c'est ce que j'essaye aussi de partager aux autres femmes qui l'ont pas forcément, je peux comprendre. etc. Mais en fait, c'est possible et c'est chouette. En fait, quand tu commences à avoir confiance en toi, tu peux te dépasser et faire plein de nouvelles choses qui t'apportent beaucoup de plaisir.
- Speaker #1
Si on prend juste un peu les femmes qui vous ont aussi inspiré, tout à l'heure, on parlait des surfeuses qui ont marqué la voie avant vous. Est-ce que peut-être tu avais des modèles aussi à Tahiti qu'on n'avait pas forcément ? Non, moi,
- Speaker #0
j'ai un modèle ici, Léna Le Frappeur. Il y en a le frappeur qui m'a inspirée et qui m'inspire toujours. Et autrement, à Tahiti, il n'y avait pas beaucoup de femmes dans l'eau quand j'ai commencé le surf à Tahiti. Je me souviens d'une dame, c'était pas une dame parce qu'elle a mon âge maintenant. Mon dieu ! Patricia Roussi, je sais qu'elle faisait les compètes à Tiopo, etc. Et autrement, moi j'avais pas trop de modèles à Tahiti de surfeuses. J'avais des copines un peu de mon âge qui surfaient. Et après, quand je suis arrivée ici, il y a eu plus de filles. J'ai été au pôle, j'ai rencontré Léna. Du coup, j'ai pu plus m'assimiler à d'autres femmes. Il y avait Annabelle Talwarne aussi, qui était trop chouette en compétition. C'est pour ça que j'aimais bien faire des compétitions, parce que j'étais avec elle dans l'eau. Elle avait trop le smile. Elle disait, allez, allez, on va. Il faut prendre cette vague, etc. J'adorais. Voilà, moi, j'ai pu. C'est des modèles pas par rapport au surf, plus à ce qu'elles pouvaient dégager dans l'eau. Donc, moi, j'ai... Ouais. Je dirais Annabelle Talwarne. Après les modèles que j'ai eu quand j'étais plus jeune et que peut-être je pouvais un peu plus me référer à des modèles, ils étaient vraiment masculins parce qu'il n'y avait que des films avec les garçons. Du coup c'était Tache Bureau. Si tout le monde ne connaît pas Tache Bureau, c'est un Australien... Voilà. C'est un Australien qui prend des grosses vagues. Voilà, c'était plus... J'ai pas eu... Pas eu beaucoup de modèles, mais Léna va...
- Speaker #1
Pour reprendre Laurine, c'est vrai que les modèles étaient surtout... Enfin en tout cas à l'international, surtout masculin. Il faut savoir qu'il y avait encore des cassettes quand j'ai commencé le surf. Et les premiers films de surf que j'ai vus, c'était des cassettes. D'ailleurs, mon film préféré de surf, c'était justement sur Tachboro. Et du coup, en modèle féminin, après... Enfin, il y avait Lisa Anderson, Lane Bachelet, Keala Kennelly, je ne sais pas si vous les connaissez. Il y a un super film sur Lisa Anderson qui s'appelle Trouble, elle a une vie incroyable, qui est accessible sur YouTube. Et après, à l'échelle locale, il y avait, comme disait Laurine, Annabelle Talwarne. Aujourd'hui, vous devez surtout la voir en longboard surfer, mais il faut savoir qu'elle a fait le Pôle France Surf en shortboard à l'époque. C'est une des meilleures surfeuses bretonnes. Il y a eu Anne-Cécile Letalek qui était sur Guidel. Je pense qu'il n'y a jamais eu une surfeuse aussi forte. Elle ne rentrait pas dans les normes qu'on attendait. Moi, je sais que ça me saoulait à l'époque de voir ça. Parce que je pense qu'elle aurait pu aller loin. Après, il y avait Marie Boyer aussi, une fille qui a grandi à Saint-Martin, mais qui était venue vivre dans le Morbihan. Mais pareil, après, elle a déménagé. Il y a un moment, j'étais solo. on a regardé le premier film de surf avec que des filles, il est sorti en 2008 je sais plus c'était cool mais on a regardé la scène d'entrée c'est des filles qui dansent en bikini mais aujourd'hui rien à voir je parle d'avant moi quand le film est sorti avec les filles,
- Speaker #0
j'avais jamais vu de filles dans un film de surf, en plus je devais avoir 17 ans et bah bon ouais elle dit ça m'a vachement inspirée bon après là on l'a revue effectivement le début pas trop d'actualité c'était la première fois que je voyais des filles surfer des grosses vagues avec des petites planches c'était fou il y avait Laura Enever Carissa Moore Maya Manuel ouais je pense qu'à l'époque en vrai ça m'a donné un petit peu j'étais là c'est trop cool ça m'a donné de l'énergie de la pêche j'avais trop envie d'aller surfer ça m'a vraiment donné encore plus l'envie d'aller surfer à ce moment là
- Speaker #2
Tu voulais continuer Alena, peut-être aujourd'hui faire un peu une transition de ce que tu vois ? Oui,
- Speaker #1
pour faire une transition, c'est que je pense que nous ça n'a pas été le meilleur moment en termes de représentation des femmes. Mais là aujourd'hui, quand je vois l'évolution du surf féminin, entre les maternities wildcard, c'est ce qui permet, bon là c'est aller chez des compètes, mais aux femmes qui veulent un enfant de pouvoir assumer leur... D'être enceinte et d'accoucher, puis de retourner sur le tour sans avoir à repasser tout le tour qualificatif. Il y a ça, il y a eu l'égalité des price-monnaie aussi au niveau des compètes. Et puis là, il y a toute une génération de surfeuses, même à l'échelle locale. Là, je vois plein de gamines qui surfent très bien. Il y a une fille dont je suis fan, Katie Simmers. Je ne sais pas si vous connaissez, je ne sais pas, elle a 20 ans. Je pense qu'on ne peut plus se dire aujourd'hui. que les filles ne peuvent pas surfer comme les garçons. Avant, quand tu surfais bien, un peu plus radicale, un peu plus puissante, on disait que tu surfais comme un mec. Aujourd'hui, on ne peut clairement plus le dire, parce que les filles fracassent. Mais vous n'avez pas besoin de fracasser pour faire du surf. Vous avez le droit de prendre des mousses.
- Speaker #2
Est-ce que tu vas rajouter quelque chose, Laurine, par rapport à cette évolution du surf et la place aussi qu'ont les femmes ou qu'elles ont prise ?
- Speaker #0
Moi, je trouve ça super chouette. Quand je vais surfer ou quand je donne mes cours de surf, il y a plein de filles au pic. C'est trop bien. Les jeunes que j'avais en cours de surf il y a 5-6 ans, genre Azou, etc., ils sont au pôle maintenant. Il y a une belle évolution. Je trouve qu'on est de plus en plus représentés. Et je trouve ça chouette.
- Speaker #2
Et qu'est-ce que vous diriez peut-être à une femme ? Alors, Jean-Étienne, il y a peut-être des femmes qui ont un peu plus de peur, de crainte d'aller à l'eau, pour X raisons, qu'est-ce que vous avez envie de leur dire à ces femmes-là qui n'osent pas y aller, n'osent pas se jeter ?
- Speaker #1
Un peu comme on disait tout à l'heure, d'y aller, c'est pour tout le monde et qu'il ne faut pas se mettre de barrière.
- Speaker #0
Moi, ce que je dirais, c'est que le surf, il n'y a pas que de la technique. Je dis ça aussi aux garçons, pas que pour les femmes, mais que le surf c'est vraiment quelque chose dans sa globalité. Tu vas aller surfer, ça va être cool d'être dans l'eau, les vagues vont te caresser. Tu vas aller dans l'eau froide, ça va te faire du bien. Tu vas avoir des sensations, ça va te donner de l'endorphine, tu vas être comme Léna après. Un peu en descente mais c'est agréable. Si tu bois une bière après la session, c'est encore mieux. Du coup, il y a plein de raisons d'avoir peur d'aller dans l'eau. Soit tu peux pas avoir confiance en toi physiquement, tu peux te dire que c'est pas pour toi, tu peux te dire que t'es pas capable parce que tu vas pas comprendre l'océan. Faut te dire qu'en fait on est tous capables de plein de choses et que si t'as un petit peu peur fais-toi accompagner d'amis. Je pense que quand on a un peu des rêves et des envies il faut y aller et tu peux te faire accompagner, aller surfer avec des copines c'est super chouette, faut pas hésiter.
- Speaker #1
Et puis aussi comme disait Laurine on y va pas que pour le... pour les vagues, et on a la chance en Bretagne d'avoir... J'ai pas mal voyagé, mais franchement, surfer dans des endroits comme en Bretagne, c'est quand même sacrément magique. Genre hier, au-delà des vagues, j'étais avec mon copain, la pire qui est derrière, on a vu un phoque, et c'était hyper cool. Ça fait partie du truc aussi. Vous avez peut-être peur des phoques, je sais pas. Non. Non, mais juste être dans l'eau, voir les goélands voler, un footbass empêché, la lumière. C'est trop cool.
- Speaker #2
Justement, j'ai deux dernières questions à vous poser. La première que je vais vous poser, c'est qu'est-ce que représente justement pour vous cet océan Atlantique ?
- Speaker #0
Moi, il a représenté pendant longtemps le froid. Et aussi un peu le vent. Les gros courants, etc. En fait, ça déplace plein de masses d'eau. Et en fait, je trouve ça assez magique. C'est quelque chose qui fait des fois peur, mais qui est un peu fascinant. Et c'est aussi... Plein de côtes différentes, avec des rochers, du sable, plein de vagues aussi différentes. On va revenir au surf quand même. Et du coup, c'est une belle côte.
- Speaker #1
En Bretagne, il est assez imprévisible. Il n'y a pas un jour où c'est pareil. Ce côté imprévu, il est pas mal aussi.
- Speaker #2
Et la dernière question que je vais vous poser, c'est en lien justement avec ce podcast qui s'appelle Les Femmes de l'Ouest. Pour vous, qu'est-ce que c'est être une femme de l'Ouest ?
- Speaker #1
Je vais dire une bernique à son rocher. Parce que je suis beaucoup partie, mais je ne bougerai pas de l'Ouest, de l'Ouest en tout cas d'ici.
- Speaker #0
Être une femme de l'Ouest, c'est une famille à l'océan. Moi, c'est vrai qu'il n'y a pas une journée, à part quand je vais dans les monts d'Arrée, où je ne suis pas sur la plage. Que ce soit pour me promener, pour aller voir les vagues, pour donner mes cours de surf. En fait, je vais tout le temps à l'océan. Et c'est trop bien.
- Speaker #2
Merci beaucoup, Laurine, Léna. Est-ce que vous pouvez juste nous donner quelques informations ? Où est-ce qu'on peut trouver les éléments pour éventuellement vous suivre, que ce soit vos cours, vos actualités ?
- Speaker #0
Moi, j'ai une école de surf, c'est Low Surf Coaching. Vous pouvez me trouver sur Insta ou autrement sur Internet. Et j'ai aussi écrit un livre, il y a trois ans, il me semble. C'est le guide pratique des surfeuses. Vous pouvez le trouver chez CUS, du coup, à Saint-Jean-Trelimon, et autrement à la FNAC.
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas ma propre école de surf. Je donne des cours en prestations de service pour les écoles. Après, j'ai un compte Instagram. Mais je n'ai pas encore démarré ma carrière d'influenceuse. Mais je crois que c'est Léna avec deux tirées du bas. Vous verrez sur le post.
- Speaker #2
Merci beaucoup, Léna. Laurine, est-ce que vous voulez rajouter quelque chose ?
- Speaker #0
Merci à tous d'être venus nous écouter, c'était vraiment sympathique.
- Speaker #2
Un grand merci pour avoir pris le temps d'écouter cet épisode enregistré en public chez Q's en septembre dernier avec Laurine et Léna du collectif des Queen Bordeuses dans le PIP Goudin. J'espère qu'elle vous aura inspiré, motivé, donné envie peut-être d'enfiler votre combi pour les mois à venir ou pour le printemps prochain. Et on se retrouve bientôt pour une nouvelle conversation avec une femme de l'Ouest. Mais rappelez-vous, si jamais vous avez envie de surfer, rejoignez le Small Waves. Surf Club, le surf club des femmes de l'Ouest, où on vous prépare pour l'année prochaine des séjours yoga et surf en Bretagne, et peut-être même au-delà.