- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue sur les Femmes de l'Ouest, le podcast qui va à la rencontre de celles qui font vivre la côte atlantique de Brest à Biarritz. Vous vous êtes toujours demandé comment peut-on faire ses savons ménagers ? C'est moi aussi la question que je me suis posée et c'est pour ça que j'ai voulu interviewer Domitile sur le podcast. Après plusieurs années passées dans des îles paradisiaques, Domitile revient à l'Orient avec une idée claire. Créer des produits ménagers à la fois efficaces, sain et respectueux de l'environnement. Dans son expatriation inspirante à la naissance de la saponante, elle nous raconte un parcours à contre-courant, fait de déclics, d'apprentissage et d'engagement. Dans cet épisode, Domitile partage avec nous son chemin vers l'entrepreneuriat, les défis de la fabrication artisanale, son attachement profond à l'Orient et sa volonté farouche de rendre nos intérieurs plus propres, au sens propre comme au figuré. Un échange... inspirant avec une femme de l'Ouest qui a su transformer une prise de conscience en projet concret, local et durable. Bonjour Domiti.
- Speaker #1
Bonjour Elisabeth.
- Speaker #0
Je suis ravie que l'on fasse un peu de temps ensemble ce matin pour enregistrer un nouvel épisode du podcast Les Femmes de l'Ouest.
- Speaker #1
Merci, moi aussi je suis très contente de partager mon histoire avec toi.
- Speaker #0
Merci de nous accueillir chez toi ce matin. Domiti, on est à Lorient. et j'ai une question que je pose à tous mes invités parce que c'est un peu de la courtoisie, comment vas-tu ?
- Speaker #1
écoute ça va,
- Speaker #0
ça va super bien sauf que tu vois moi je suis hyper dépendante au soleil aujourd'hui c'est une journée un peu grise donc dommage mais vraiment ça va on s'est rencontré pour la première fois il y a quelques semaines à la Trinité sur mer puisque tu portes un projet que j'ai trouvé très très chouette qui s'appelle la saponnante tu vas nous en parler longuement J'espère, c'est un peu le but de cet échange. Est-ce que tu pourrais nous dire d'où tu viens et qu'est-ce qui t'a amenée à Lorient ?
- Speaker #1
Alors moi, je suis normande, donc passe Normandie. Je suis née à Caen et ce qui m'a amenée à Lorient, c'est mon mari qui est militaire.
- Speaker #0
Ok, il me semble qu'avant Lorient, vous avez eu une escale un peu plus exotique. Non, pas que Lorient ne le soit pas, mais vous avez vauqué dans d'autres... Zorizon, est-ce que tu pourrais nous parler de cette expérience ou peut-être de comment vous êtes arrivée à cet endroit et peut-être du déclic que tu as eu là-bas ?
- Speaker #1
En fait, je suis même partie deux fois. Je suis partie une fois en Nouvelle-Calédonie en 2017, deux ans. Et après, je suis partie à Tahiti, trois ans. Donc à chaque fois, c'était pour le travail de mon mari. Et effectivement, je pense que du coup, ça a énormément joué dans mon changement de carrière parce que ces deux fois, j'ai dû démissionner pour suivre mon mari. Et aussi, on peut perdre tous tes repères. Et vivre en milieu insulaire, c'est vraiment essayer de consommer différemment. Parce que là-bas, tout est acheminé, tout vient de loin. Il y a même des ruptures dans les magasins. On ne fait pas du tout les magasins, les courses comme ici. On n'a pas une liste de courses et on y va et on prend ce qu'il y a. En fait, c'est un peu, s'il y a, tu prends. S'il n'y a pas, tu adaptes ta liste de courses. Et ça m'a vraiment bouleversée. Et c'est vraiment, je pense, ça qui a joué aussi dans ce changement. Et aussi parce que j'ai renoué avec mes premiers amours, qui étaient la chimie.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais justement nous parler de ce premier amour qui est la chimie ? Parce que si je me rappelle bien, sur ton compte Instagram, tu parles de chimie dans ta bio. Oui. Et ça, ça m'a toujours un peu intriguée. Est-ce que tu pourrais nous dire d'où ça vient ?
- Speaker #1
En fait, je suis un chimiste. J'ai fait l'école nationale supérieure de chimie de Rennes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je suis spécialisée en formulation. La formulation, c'est la chimie des mélanges. Donc souvent, c'est la formulation cosmétique, mais ça peut être aussi de la galénique. pour les médicaments et ça peut être pour les peintures, le béton, les cosmétiques, la détergence et tout ça. Donc voilà, c'est ma spécialité la chimie. C'est pour ça que j'ai adoré faire la chimie. J'ai travaillé chez Colgate-Palmolive, j'ai travaillé dans les déodorants, j'ai travaillé dans les shampoings. Et en fait, la vie a fait qu'après, je me suis un peu éloignée de la chimie. Et grâce à ces deux déracinements, je suis retournée à ce que j'ai aimé depuis que j'étais toute petite, la chimie.
- Speaker #0
Et comment peut-être tu as redécouvert la chimie ? Est-ce que ça a été une nécessité, une obligation du fait de la vie insulaire ? Ou est-ce que c'était juste un loisir peut-être pour le temps à passer ?
- Speaker #1
J'ai quand même commencé à la naissance de mes enfants. Donc mon aîné a 12 ans. Et à la naissance de mes enfants, j'ai commencé à faire vraiment plus attention aux perturbateurs endocriniens, à tout ce qu'on mettait dans les produits. Et donc notamment pour la petite anecdote, je faisais mes déos. Et mon mari, lui, il avait toujours son déo qui sent hyper fort, le mal. Et je lui disais, non, mais en fait, c'est pas bon. Là, on a un tout bébé. Il faut arrêter tous ces perturbateurs endocriniens. Il est trop petit. Il ne peut pas respirer ça. Et donc, tous les matins, on a une maison à étage, une maison d'Orientaises à étage. Tous les matins, il montait d'un étage pour mettre son déo, pour ne pas polluer l'étage des enfants, enfin du bébé. Et puis, au bout de quelques mois, il s'est dit, non, mais en fait, j'en ai marre. J'en ai marre de monter.
- Speaker #0
T'as monté des escaliers.
- Speaker #1
Et monte-moi ton déo. Et il a essayé. Et voilà, en fait, il s'est rendu compte que ça marchait super bien. Et donc ça, c'était avant de partir en Calédonie. Donc tu vois, je commençais déjà à faire un peu mes produits. Mais ce n'était pas mon métier. C'était un plaisir. C'était vraiment un plaisir. En Calédonie, j'ai commencé à en faire encore plus. Et à Tahiti, là, comme j'avais trois ans devant moi, je me suis dit, en fait, ça va être génial. La Tahiti, c'est parfait. C'est le paradis pour ça. Parce que tu as de l'huile de coco. Donc pour faire les déos, c'est souvent ce qu'on met. Puis tu as des fleurs, ça sent bon. Et là, j'ai fait du coup, je me suis dit, je vais animer des ateliers cosmétiques et ménagers. Donc j'apprenais aux gens à faire. Merci. tous leurs produits ménagers. C'est assez facile. Et notamment, ce qui a super bien marché, c'était les savons. Parce que les savons, j'allais chercher l'huile de coco directement à l'Union de Tahiti. Et même, il y avait des gens qui faisaient leur propre huile de coco. Ils ne savaient même pas qu'on pouvait en faire des savons. Et donc, quand ça s'est su, il y a eu vraiment un véritable succès sur ces ateliers, saponification à froid. Et j'ai adoré transmettre, montrer aux gens comment on fait les savons. C'était vraiment une super expérience.
- Speaker #0
Et ça, tu l'as fait pendant trois ans ?
- Speaker #1
Pendant trois ans.
- Speaker #0
Ok. Et si on reparle de la vie insulaire entre peut-être la Nouvelle-Calédonie et Tahiti, quelle a été la différence ? Ou peut-être toi, ton mindset ou la façon dont tu as aussi évolué ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Quel a été le déclic en fait ?
- Speaker #1
Le déclic ? En fait, en rentrant de Nouvelle-Calédonie, je n'ai pas travaillé là-bas. J'étais en congé parental, j'avais un enfant. J'ai découvert la vie insulaire pendant deux ans, je suis revenue, c'était génial. Et dix mois après, on est repartis à Tahiti. Et là, j'avais trois ans, j'avais plus d'enfants en bas âge, je voulais vraiment travailler. Et en fait, en rentrant de ces trois ans de Tahiti, j'avais deux choix. Soit je retournais, donc là j'étais chez Naval Group, soit je retournais chez Naval Group, soit j'avais deux ans pour remonter ma boîte. Et en fait, j'ai tellement aimé l'entrepreneuriat que je me suis dit que j'ai continué. Mais ce qui est marrant, c'est que peut-être un an avant de rentrer, même six mois... Je n'étais pas sûre. Je pensais vraiment que j'allais retourner en tant qu'ingénieur dans une boîte. Et puis en fait, non, je n'ai pas pu. Je n'ai pas pu en rentrant. J'avais envie de... Je me suis dit, non, en fait, j'avais besoin de continuer ce que j'avais commencé et d'aller jusqu'au bout.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, on est sur le chemin, j'imagine, parce que je n'ai pas envie de dire qu'on est au bout, parce qu'il y a encore plein de choses que tu as envie de partager. Est-ce que tu peux nous dire un peu, peut-être le nom, la saponnante, et ce que tu fais aujourd'hui, après avoir fait ces ateliers à Tahiti ? Qu'est-ce qu'aujourd'hui, revenu sur le continent, tu proposes ?
- Speaker #1
Alors en fait, c'est ce que je t'expliquais, j'apprenais à faire leurs savons, donc les savons pour le corps, les savons ménagers. Et en rentrant, j'avais envie de continuer à faire mes savons aussi et chercher une alternative à l'huile de coco. Donc, j'avais ramé un peu d'huile de coco dans ma caisse maritime, 50 litres, ça part énorme, mais ça part très vite. Et en fait, chercher une alternative un peu locale et durable, continuer à aller chercher de l'huile de coco facilement. Pour t'expliquer un peu la vie là-bas, c'est que moi, quand j'ai cherché l'huile de coco, c'était souvent après le surf, parce que c'était ma route après le surf. Donc, j'étais en poncho et j'avais... J'avais des bouteilles en verre dans ma voiture et j'allais chercher de l'huile de coco comme ça. Ça ne coûtait vraiment rien du tout. Donc, je cherchais un truc un peu alternatif, durable, local. Et en fait, l'huile de coco, pour moi, c'est Tahiti. Ou alors les Philippines, quand tu achètes de l'huile de coco ici, ça ne vient pas de Tahiti. Ça vient souvent des Philippines. Et j'avais moins cette envie d'utiliser cette huile de coco. Et donc, je cherchais quelque chose de local. Et je me suis dit, en fait, le seul moyen de faire des savons... ménager en tout cas, c'est d'utiliser des huiles de friture, des huiles végétales recyclées. Et en fait, je ne l'aurais pas fait il y a 5 ans. J'avais l'idée déjà avant, je ne l'aurais pas fait. Mais je me suis dit les mentalités changent. Les gens sont passés au savon solide pour le corps. Maintenant, l'état d'après, c'est le savon solide pour le ménage, pour faire la vaisselle. Et je me suis dit, allez, je tente. Je tente l'aventure. Et en plus, je savais qu'à Lorient, ça fait déjà longtemps qu'il y a le compost. Ça faisait déjà pas... 10-15 ans, parce que moi ça fait 14 ans que je suis là, donc ça fait 15 ans qu'il y a le compost. Je savais qu'on était quand même assez en avance à l'Orient sur le tri, le recyclage, les idées un peu de développement durable. Et je me suis dit, ça peut marcher ici avec les Lorientés, ils sont déjà sensibilisés, ça peut marcher. Et effectivement, j'ai eu un super accueil. J'ai vraiment eu un super accueil. Donc voilà, j'ai créé la saponante. La saponante, ça vient de saponification à froid et les îles du Ponant au féminin, parce que c'est beaucoup plus élégant.
- Speaker #0
et voilà super et aujourd'hui la saponnante est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce que c'est enfin qu'est-ce que tu proposes on sait que t'as ton savon de
- Speaker #1
Le savon de l'Orient, c'est ça. Donc là, pour l'instant, j'ai deux savons. Donc j'ai le savon de l'Orient, effectivement. Donc il y en a un au bicarbonate, donc c'est plus pour faire la vaisselle, nettoyer ta cuisine, toutes les surfaces, ta salle de bain, la robinetterie. Et il y en a un autre à la terre de Saumière. Et celui-là, c'est plus pour détacher le linge. Donc les deux savons, c'est avec des huiles végétales recyclées que j'ai récupérées à l'Orient. Donc principalement, c'est la cuisine centrale de Kerletu. Je ne sais pas si tu connais. donc en fait c'est la cuisine de la municipalité. Et puis, code zéro. Ok. Là, je cherche d'autres fournisseurs parce que je commence à être à court d'huile. Je suis en train de faire aussi des paillettes. Donc, les paillettes, ça va être plus pour faire du coup la table lessive. Aussi, si tu veux diluer directement dans ton seau pour nettoyer ton sol.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et l'idée maintenant aussi, ça va développer d'autres produits comme la crème à récurer. La crème à récurer, c'est le sif en fait.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Avec le kaolin. Donc, c'est avec l'argile blanche. Donc ça c'est plutôt pour les particuliers et aussi pour les professionnels, je développe le liquide. Mais du coup le liquide en grand format, plutôt 5 litres.
- Speaker #0
Alors je suis un peu curieuse, moi je ne m'y connais pas du tout en chimie, je m'excuse, mais comment ça se... là je le vois en face de moi solide, mais en liquide ça ressemble à quoi ? Et peut-être c'est quoi sa différence en fait ?
- Speaker #1
En liquide ça va être un produit vaisselle en fait, tout simple, un produit à savon liquide. Ok,
- Speaker #0
incroyable. Et pour le savon liquide, tu as déjà quelques pistes peut-être de personnes qui seraient intéressées ou d'entreprises ? Tu sens qu'il y a vraiment un besoin sur le secteur ?
- Speaker #1
Je pense que pour les particuliers, passer au solide, c'est facile. Pour les professionnels, c'est un peu plus compliqué le liquide. C'est pour ça que j'essaie de le développer. Mais je ne voudrais pas le développer trop pour les particuliers parce qu'en fait, moi, je pense que l'avenir, c'est vraiment le solide. Parce qu'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de contenant, donc c'est beaucoup plus concentré. Même pour le transport, c'est moins lourd. Pour moi, on va revenir au solide. D'ailleurs, quand j'avais fait des marchés de créateurs, c'était très drôle parce qu'il y avait des personnes qui étaient assez âgées. C'était presque elles les plus à l'aise avec le savon solide. Parce que l'équipe de vaisselle, elle arrivait en France que dans les années 70. En fait, on a toujours fait la vaisselle avec le solide. On est passé un peu au liquide, mais comme pour le corps, je pense qu'on va revenir au solide. Et la vaisselle, c'est sûr, ça va être pareil.
- Speaker #0
Est-ce que quand tu es revenue à Lorient, tu as aussi fait des ateliers pour apprendre aux Lorientaises ?
- Speaker #1
J'ai fait quelques ateliers, j'en ai fait beaucoup moins qu'à Tahiti. J'ai plus de mal à Lorient qu'à Tahiti. Les gens sont peut-être plus occupés. Il y a tellement d'offres, pas d'ateliers, mais de produits que tu peux acheter que les gens sont peut-être moins à faire du « it's yourself » qu'à Tahiti. Ceci dit, j'en ai fait parce que j'adore transmettre, j'adore apprendre. Et à chaque fois, je n'ai que des bons retours. Parce que les gens me disent, mais en fait, c'est super simple. Ça prend cinq minutes, c'est moins long que d'aller acheter son produit quasiment au supermarché. Donc oui, effectivement, je suis persuadée que savoir faire ses produits, c'est comme faire sa pâte brisée ou sa pâte sablée. Une fois qu'on sait, franchement, on ne peut pas dire que c'est compliqué. C'est pareil pour tous les produits quasiment.
- Speaker #0
Et est-ce que je peux te poser une question de combien d'essais ? Tu as eu... Combien de fois t'as trouvé la recette parfaite ?
- Speaker #1
Alors je sais pas exactement combien j'ai fait d'essais mais en tout cas je peux te dire que ça a pris... J'ai commencé en octobre et j'ai finalisé vraiment en juillet. Donc de octobre 2013 à juillet 2023 à juillet 2024. J'en ai fait plein. Plein. Dis-toi que j'en ai fait au moins un par semaine pendant tout ce temps-là. Et surtout, j'ai fait un vrai test conso. Comme j'étais incubée à la coloc avec la Brest-Couvre, je rencontrais beaucoup de gens, donc j'ai pu faire des tests. Et j'ai fait des tests conso sur, je pense, une cinquantaine de personnes. Et j'ai vraiment pris le temps de prendre des retours, enfin vraiment faire ça bien. Et heureusement que je l'ai fait ce test consommateur, parce que j'ai eu des super retours sur... des choses à changer. Par exemple, moi, je ne mettais pas d'huile essentielle au début. Je ne mettais pas d'huile essentielle parce que ça sentait le savon un peu comme le savon de Marseille. L'odeur ne me gênait pas. Mais bien l'odeur, c'est vrai que quand tu prends un savon, tu le sens. Donc les gens trouvaient que ça sentait... Les gens trouvaient que ça sentait bon. Mais quand même, parfois, il y en a qui avaient un peu du mal à hacker le cerveau et qui trouvaient que ça sentait un peu l'huile de friture. Donc ça, c'est pour ça que par exemple, j'ai rajouté des huiles essentielles de lavandin. Et je sais que les gens trouvent qu'ils sentent bon et qu'en fait, c'est vraiment le petit plus. J'en ai fait un autre. Je l'ai un peu arrêté là parce que pendant ma campagne Kengo, je voulais avoir que deux modèles. Mais j'en ai fait aussi avec des parfums naturels. Je sens que l'olfactif, c'est hyper important. Et moi, franchement, je n'étais pas partie là-dessus. Et je suis bien contente d'avoir fait des tests consommateurs.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais nous parler justement de cette expérience à la couveuse ?
- Speaker #1
La couveuse, oui.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ? De où tu es partie ? Et peut-être là où tu en es arrivée une fois que cette expérience s'est entre guillemets achevée ?
- Speaker #1
En fait, j'ai eu beaucoup de chance parce que quand je suis rentrée en septembre et j'ai vu l'appel pour l'apogée de la couveuse, donc la Brescouve, Brescouve et la Coloque, et je savais que j'avais besoin d'être accompagnée. Je ne pouvais pas être toute seule, c'est trop dur. Et en fait, le fait de... de dire que tu parles de ton projet, tu le pitches devant pas mal de monde. C'est même passé dans les journaux et tout ça. Donc, tu commences à le pitcher. En fait, ça y est, t'es partie. En fait, après, il faut que tu aies une bonne excuse pour arrêter. Donc, je suis rentrée en octobre, je crois, ou début novembre. Assez tôt, je suis rentrée en août. Donc, rapidement, j'ai fait mon dossier et j'ai été prise. Et c'est vraiment... Moi, je conseille à tout le monde de se faire accompagner. Déjà, il y a le côté collectif. Donc en fait... Ça booste, tu sais, tu as des hauts, tu as des bas, le collectif, ça permet aussi de se sentir moins seul. Et puis en fait, tu as des jalons, donc tu as des cours, tu as des formations, puis après tu dois piquer devant des jurys. Donc pareil, ça te force à travailler, ça te force à avancer, ça te remet en question et à la fin, tu as un jury final. Et puis aussi, donc ça valide ton année. Et puis aussi, en fait, ça t'a ouvert des portes. Moi, ça m'a fait rencontrer, par exemple, grâce à la Breskou, je suis rentrée à BPI, donc au-delà, les mergis. Donc voilà, ça te donne en fait un autre tremplin. Ça t'ouvre des portes. Par exemple, j'ai rencontré Bruno Paris à Lorient. C'est lui qui m'a donné le contact pour appeler la cuisine centrale de Carreletu. Le fait d'être accompagné, on est plus visible. Et le fait d'être plus visible, on a plus de relations. Plus de relations, on avance plus vite. C'était vraiment trop bien.
- Speaker #0
Tu nous as fait une petite campagne sur Kengo il y a quelques mois. Est-ce que tu pourrais aussi nous parler de cette expérience et la façon dont peut-être tu as... Comment dire ? On me dit que c'est un marathon. C'est un marathon, c'est un vrai marathon.
- Speaker #1
Comment tu l'as vécu ? C'est un marathon, mais ce marathon, il commence bien avant la campagne. Je crois que j'ai commencé à travailler dessus en janvier, février. Vraiment, un mois avant, un mois et demi. Mais vraiment, travailler intensément. Donc, préparer la page, mais aussi ce que tu vas vendre, les contributions. C'est un casse-tête, pas possible, les contributions. Faire une vidéo, en plus, vidéo amateur. Donc, ça prend du temps. Voilà, tout ça, ça prend du temps. Et ensuite, tu la lances. Au niveau du stress, franchement, ça allait. Je n'étais pas hyper stressée. Elle est hyper bien partie très vite. Mes copains, mes amis, ma famille, ils ont super bien joué le jeu. Donc en fait, quasiment en moins d'une semaine, c'était bon. J'avais atteint le premier palier, donc assez rassurée. Et après, il faut donner envie d'acheter tes produits, de te suivre. Donc, c'est beaucoup de communication. Et puis aussi, tu es très sollicité par les médias. Enfin, tu les sollicites, mais du coup, tu as un retour. Tu es très sollicité. Donc, tu as pas mal de relais médias, les journaux, les radios. Et voilà, il faut toujours communiquer. Il faut toujours donner envie d'acheter. Il faut toujours remercier. À la fin, tu es quand même content quand c'est fini, que tu as atteint ton objectif. Et ce n'est pas fini, en fait, parce qu'après, il faut envoyer des contributions. Et ça aussi, c'est pas mal de travail.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais en amont préparé toute ta production ?
- Speaker #1
Je l'avais préparée un petit peu. Et en plus, je continuais évidemment à produire. Il fallait que je produise en même temps. Et après, tu sais, tu as toutes les étiquettes, tu as les colis. Moi, j'ai des copines qui m'ont un petit peu aidée. Donc ça va, mais vraiment... Ouais, c'était intense. Mais c'était génial parce qu'en fait... On a beaucoup de retours sur le produit, sur la démarche. Ça permet d'être visible, ça permet de faire connaître vraiment son projet. Et puis, c'est un grand saut. Donc oui, c'était top.
- Speaker #0
Et justement, tu parles de grands sauts. Est-ce que tu peux nous dire si peut-être des grands sauts, tu en as eu plusieurs dans la vie ? La vie insulaire, lancer cette entreprise. Comment tu as peut-être... Gérer ou peut-être même pas gérer ? Comment tu as vécu ces nouvelles étapes, ces grands sauts ?
- Speaker #1
En fait, ces grands sauts, effectivement, quand tu pars avec toute ta famille... En plus, je suis partie la première fois, j'étais enceinte de 7 mois, donc c'était mon troisième. Tu pars avec ta famille, tu ne sais pas quand tu rentres, tu ne sais pas trop où tu vas, tu n'as pas de billet de retour, tu lâches ta maison, etc. Oui, c'est des grands sauts. C'est dur, tout le monde t'en vit, mais derrière, tu as beaucoup bossé pour y arriver parce que c'est une logistique de dingue. Et en fait, c'est génial. donc je l'ai fait deux fois et à chaque fois j'ai changé, j'ai évolué quand on dit je forme la jeunesse j'étais plus très jeune mais ça m'a quand même formée et en fait t'as plus de repères t'as plus de travail t'as plus rien en fait tu dois tout refaire comme un déménagement mais parce que t'es au bout du monde donc c'est encore plus différent tu rentres pas chez toi et tu te redécouvres en fait t'as plus rien tu te reconfigures, tu te redécouvres et puis à Tahiti j'avais vraiment du coup du temps pour réfléchir à ce que tu veux vraiment à ce que t'aimes, ce qui t'anime Et bah oui, c'est super. Ouais, c'est super. Et puis en fait, le fait d'y arriver aussi, ça te donne confiance en toi. Tu te dis en fait, bah en fait, oui, j'ai réussi. Quand je suis revenue, pareil, je savais pas trop ce que j'allais faire. Mais tu vois, en fait, un an et demi après, bah ouais, ça y est, j'ai lancé le truc. Oui, ça donne confiance en toi, ouais.
- Speaker #0
Ok, est-ce qu'il y a un autre grand saut bientôt ? Pour la saponante ?
- Speaker #1
Pour la saponante ? Non, la saponante, il n'y a pas de grand saut. Elle continue sa croissance.
- Speaker #0
Elle continue sa croissance, mais aujourd'hui, la saponante, on peut la trouver dans plusieurs points de vente ?
- Speaker #1
Je développe un petit peu les points de vente un peu en local. Il n'y a pas vraiment de grand grand saut prévu dans la prochaine année, mais peut-être s'il y a un grand saut, c'est une fois que j'aurai validé un peu le concept. Il y aura peut-être un autre grand saut dans un an et demi. J'aimerais bien un peu dupliquer le modèle dans un an et demi si j'arrive à... Si j'arrive à ce que ça marche, j'aimerais bien au lieu de vendre partout en France, en fait, pour survivre, il faut tout le temps vendre, il faut tout le temps en croissance, mais je trouve que c'est un peu compliqué de produire plus, de récolter plus d'huile, renvoyer en France, je trouve que ce n'est pas forcément ce que je voudrais. Je voudrais plus, en fait, former ou créer d'autres saponantes, en fait.
- Speaker #0
Comme des petits îlots de compétences dans chacune des villes, on vient recycler l'huile. Super, trop chouette. Et puisqu'on n'a pas parlé d'un sujet, c'est qu'en fait, la production, tu l'as fait bien évidemment toi-même, comme tu as fait la recette. Et tu l'as fait maison.
- Speaker #1
Maison.
- Speaker #0
Comment aussi ça se passe, cette idée de travailler à proximité de son domicile, ou est-ce qu'on peut dire même à domicile ? Est-ce que tu arrives à séparer un peu ce moment de vie pro, vie perso ? Est-ce que, voilà, comment tu jongles avec aussi ces étages ?
- Speaker #1
Alors en fait, moi, j'ai commencé à faire du télétravail full heure en 2012, 2013. Donc j'étais... Le télétravail, moi je l'ai vu venir, je savais que c'était l'avenir, je savais bien. J'ai commencé un jour en 2013, je travaillais à Paris, et je faisais du travail à Lorient, parce que mon mari était à Lorient, et j'ai fait un jour, voire après deux jours, et à la naissance de mon deuxième en 2007, j'étais en full télétravail. Donc franchement, le télétravail, moi, je... Je sais ce que c'est. J'ai un bureau en haut. Il y a des règles. Tu vois, par exemple, tu t'habilles tous les jours même si tu ne sors pas de chez toi. Tu te fixes des horaires de travail. Donc, moi, le télétravail, travailler chez moi, j'ai l'habitude. Donc, ça, ça n'a pas été un souci. J'aime bien, en fait, le fait de travailler chez moi. Je trouve qu'on perd moins de temps. Le seul souci, c'est plutôt que tu as moins de contacts. Bien sûr. Avant, quand j'étais chez Choumerger, j'avais des contacts parce que j'avais des collègues. Je passais beaucoup de temps au téléphone. J'étais dans un... dans une équipe, donc là ça allait, là je suis toute seule, donc c'est pour ça que j'aime bien être accompagnée, j'aime bien aller de temps en temps à la colloque, j'aime bien un peu les collectifs, parce que ça me permet de rencontrer du monde. Et après c'est propre de l'entreprenariat, enfin tu sais ce que c'est, quand j'étais chez Schlumberger, quand c'était fini, c'était fini. Là j'avoue, je travaille un petit peu aussi le week-end, mais en fait du coup c'est assez facile parce que je descends, je fais un petit truc, je remonte, je déborde. Je déborde un peu sur mes horaires perso, mais je pense que c'est à propre à tous les entrepreneurs, donc le fait que ce soit la maison, c'est presque bien.
- Speaker #0
Et justement, là, tu parlais en même temps qu'on se voit, donc tu me dis... Je te montre les étages ! Tu me montres les étages, et je pensais, cette question me vient assez naturellement, mais combien de temps il faut pour se préparer une production ? Est-ce que ça se compte en jours ? Est-ce que ça se compte en semaines ? Entre le moment où tu débutes une production et où on peut l'acheter,
- Speaker #1
comment ça se fait ? Déjà, il faut quand même aller chercher les huiles. C'est ça ? Tu vas collecter tes huiles, mais moi, je n'y vais qu'une fois par mois. Je préfère collecter beaucoup d'huiles en même temps. Après, tu stockes, tu les filtres.
- Speaker #0
Tu filtres toi-même les huiles ?
- Speaker #1
Je filtre, oui. Tu filtres au micron. Tu décantes et après, tu filtres deux fois. Ça, en fait, ce n'est pas là, mais il faut quand même lancer le truc. Et après, faire la prod, non, ce n'est pas si long que ça. Ça va te prendre, tu vois, peut-être une heure et demie, deux heures, mais après t'as la découpe, après t'as les étiquettes, après... En fait aussi, les savons, il faut les faire curer, t'as la cure, donc c'est bien au moins trois semaines, un mois, donc t'as le stockage, la découpe, les étiquettes, c'est plein de petites étapes, en fait, qui cumulent, ouais, c'est... c'est du temps. Parfois, j'envis les gens qui ont un fournisseur. Je me dis, mais en fait, c'est trop bien si j'avais un fournisseur. J'aurais rien à faire. Mais en fait...
- Speaker #0
Mais tu ferais quoi ?
- Speaker #1
Tu mettrais juste un Kengo ? Non, mais en fait, il n'y a pas d'intérêt. Et d'ailleurs, dans ma compagnie Kengo, le seul moment où j'ai un problème, c'est avec un fournisseur, celui qui m'a retardée. Et en fait, faire sa prod, c'est quand même assez... C'est quand même bien mieux.
- Speaker #0
Bien sûr. Et là, on se dit, en fait, savoir avoir la technique pour faire plein de choses, tu parles de la pâte brisée ou tout, nous savons, en fait, finalement, c'est ce qu'on a tous besoin pour pouvoir être indépendants. Et pour revenir à Lorient et peut-être au réseau d'entrepreneurs ou en tout cas, comment dire, l'écosystème qui existe. Toi, ça fait 15 ans que tu es sur la région, même si tu as eu ces expatriations. Peut-être, première question, comment tu as vécu le retour ? Est-ce que tu as vu une ville changer ? dynamique ?
- Speaker #1
Alors, le retour, en fait, je sais, je suis rentrée l'année dernière, il n'a plus toute l'année. Franchement, je ne vais pas te mentir. Le retour, j'apprécie moins le Riyan que d'habitude. Ceci dit, maintenant, je commence à la retrouver très jolie, la rade et tout. Ce qui a changé, oui, c'est vrai de partir, tu vois un peu ce qui a changé. Moi, tu sais, j'avais déjà le biporteur, il y a hyper longtemps, je l'avais en 2017, j'étais toute seule dans la rue. avoir mis perteur, on m'arrêtait parce que j'étais en vélo, on voulait savoir d'où venait ce vélo, et là, il y en a partout. Donc au point de vue des vélos, je l'ai vu. Au point de vue de la végétation aussi, je trouve que c'est vraiment plus végétalisé. Sinon, non, j'aime bien les gens de l'Orient parce que ça bouge, il y a beaucoup de gens qui... En fait, il y a des gens qui arrivent, il y a des gens qui repartent, il y a des gens qui reviennent, c'est très dynamique. Donc j'aime beaucoup cette ville, et en fait, tu t'habitues... Même au début, je la trouvais pas spécialement belle. La première fois que je suis arrivée, il faisait pas beau. il pleuvait, j'étais dans le port franchement j'ai jamais cette vie, elle est horrible et en fait maintenant je la trouve belle donc ça veut dire que je me plais bien et puis il y a beaucoup d'histoires aussi j'aime bien, vraiment j'aime bien super,
- Speaker #0
est-ce que par rapport au fait, t'as eu un statut de salarié pendant de nombreuses années et tu as lancé ta boîte, est-ce qu'aujourd'hui tu ferais des choses différemment ou pas ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, c'est toujours dur de refaire l'histoire. Moi, je pense quand même qu'avoir été salariée longtemps, donc 14 ans, tu vois, ça m'a quand même appris plein de choses. Je ne regrette pas cette période-là. Ça m'a bien formée, ça a quand même bien aidé. Ça m'a aussi aidée à mettre de côté et sincèrement, ça m'aide aussi pour maintenant. Donc non, je ne regrette pas cette période. Franchement, je ne sais pas si je referai pareil, parce que c'est compliqué, mais en tout cas, je n'ai pas de regrets.
- Speaker #0
Trop chouette. Et par rapport à l'entrepreneuriat, est-ce que tu peux nous donner peut-être, je sais pas, c'est un peu difficile, mais un conseil peut-être quand toi justement t'as ces jours où il fait pas très beau, peut-être le moral est un peu moins bon que d'habitude, c'est quoi ce qui te fait te réveiller ou te remettre d'appoint ?
- Speaker #1
Alors déjà, je te dis, c'est les collectifs, ça c'est vraiment bien d'avoir des copains qui te comprennent, mais aussi moi ce que je fais, c'est que je regarde ce que j'ai fait dernièrement, parce que parfois je me dis non mais j'avance pas, ça va pas et tout machin. Et puis en fait, je me dis, attends, calme-toi, regarde déjà tout ce que tu as fait. Et en fait, tu dis, non, mais en fait, si tu avances, vas-y, continue. Et je regarde aussi si tous les indicateurs sont au vert. Donc si en fait, je me rends compte que je vais dans la bonne direction, que j'ai des bons retours de clients, parce que tu as les retours des copines, évidemment, mais c'est bien, évidemment, si les copines déjà n'ont pas de bons retours. Non, mais si tu n'as pas de bons retours de gens que tu connais, bon, vraiment, c'est compliqué. Mais déjà, quand tu as des retours de gens anonymes que tu ne connais pas, ça te booste. Donc c'est ça aussi, écouter tes clients, avoir des bons retours. Et puis surtout, un des conseils qu'on m'a donné et que j'utilise aussi hyper souvent, c'est qu'on ne mange pas un éléphant en entier en découpant en tranches. Et en fait, c'est vrai parce que tu vois que tu as une montagne, mais une montagne. Et le fait de dire, OK, j'y vais étape par étape, step by step, petit pas par petit pas, et je ne vais pas pouvoir tout faire. Et en fait, dès que tu avances, c'est bon. En fait, il faut être dans la dynamique. Si tu n'es là à rien faire, c'est horrible. À scroller sur ton téléphone, c'est la mort. Ce qu'il faut, c'est être dans une dynamique. Tu te... Être dans l'action. Même déjà, rien que d'aller courir ou je ne sais pas. Il faut être dans l'action. Ou faire une prod. Ou vraiment être dans l'action.
- Speaker #0
Le conseil que tu pourrais donner à celles et éventuellement ceux qui nous écoutent ce matin, ou peu importe lorsqu'ils écoutent le podcast, ce serait quoi ? Réussir dans l'action ?
- Speaker #1
Écoutez-vous. Écoutez-vous. Prenez le temps d'écouter. Moi, j'ai eu la chance, je suis partie à Tahiti. Peut-être que tout le monde n'a pas cette chance-là. Mais moi, je me suis écoutée pour ce qui... pour entendre ce qui nous fait vibrer. Et en fait, quand on est dans le quotidien, on n'entend pas forcément. Et donc, le fait de faire une coupure, moi, ça m'a aidée à m'écouter, à voir ce que je voulais vraiment. Donc déjà, écoutez-vous. Et après, allez-y. Allez-y. Vous n'avez rien à perdre.
- Speaker #0
Rien. Et entourez-vous.
- Speaker #1
Et justement, cet entourage, certes, il y a ce qu'on a dit, la famille, les copines qui sont toujours super importantes. Et je fais une petite dédicace à mes copines qui me soutiennent aussi dans ce projet. Je trouve que c'est vraiment super important. Mais au-delà de ça, toi, tu as tes clients, tu as les réseaux que tu as rencontrés via la couveuse, la coloc. Est-ce qu'il y a d'autres réseaux peut-être que tu as en tête ou d'autres contacts que tu as eus et qui te portent ?
- Speaker #0
Mais en fait, j'ai pitché, tu vois, j'ai pitché pour Odélor, j'ai pitché là pour Les Cigales. En fait, parler de son projet, parler de son projet autour de toi, même, ouais, ça te permet d'avoir des retours, toi, de gens qui ont fait de l'entrepreneuriat. Et en fait, mine de rien, dès que tu as fait de l'entrepreneuriat, tu as quand même les bons réflexes, tu as quand même, tu arrives à synthétiser, tu arrives à voir en fait les... les failles, ce qui ne va pas, s'entourer d'entrepreneurs aussi qui ne sont pas forcément dans ton réseau, qui ne sont pas forcément dans le même réseau que toi, mais qui ont entrepris il n'y a pas longtemps. Parler avec elles, tu apprends même les marchés de ces marchés de créateurs. Parler avec d'autres créatrices, c'est toujours bon.
- Speaker #1
Trop bien. Et si on revient à Lorient, est-ce que tu pourrais peut-être nous donner un peu tes bonnes adresses ? Les endroits où tu aimes bien te poser, ça peut être... peu importe ce que tu aimes. Tes endroits refuges,
- Speaker #0
on va dire. Moi, j'aime bien le port. Quand je vais courir, j'aime bien le port, le péristyle. Je trouve ça génial. La base, évidemment. La base, j'adore. Mes endroits, j'ai souvent chez Côte-Zéro. Du côté avenue de la Parrière aussi, hyper sympa. Prendre le bateau-bus à Loc-Michélique, c'est quand même trop bien. Et puis évidemment, moi, un petit coup de vélo électrique, en 10 minutes, je suis à l'armor. Aller un petit peu à l'armor, c'est quand même aussi... Trop cool pour se baigner.
- Speaker #1
Quand il fait beau, les fins de journée. Merci. Merci, Domiti. J'ai juste une dernière question que je pose à toutes mes invitées et qui rejoint un peu ce que tu viens de dire. Est-ce que l'on voit aussi bien à l'Arade qu'à l'Armor ? Et à l'Occumicalique, qu'est-ce que représente pour toi l'océan Atlantique ?
- Speaker #0
Alors, l'océan Atlantique, tu sais, moi, j'ai vécu longtemps dans le Pacifique, donc l'océan Atlantique... Moi, je suis une fille de l'océan. J'aime l'eau. J'ai besoin d'être dans l'eau. Je suis née en Normandie, mais au bord de l'eau, dans la Manche. J'ai toujours vécu dans l'eau. Et aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours été près de l'eau. J'aime l'eau. Quand je me baigne, je me sens bien. Et l'océan Atlantique, pour moi, c'est la Bretagne, c'est la Normandie, c'est mon berceau. Je me sens d'ici. Et c'est drôle parce qu'en Calédonie, ils disent souvent, cette terre, nous, on dit, cette terre m'appartient. On est des terriens, ça, ça m'appartient, ça, ça m'appartient. Et en Calédonie, ils disent « j'appartiens à cette terre » . Tu vois, c'est tout l'inverse. Et en fait, ça paraît minime. C'est juste une façon de concevoir la phrase, mais en fait, c'est hyper important. Et moi, j'appartiens à l'Ouest. Mais vraiment, je suis une femme de l'Ouest, sincèrement.
- Speaker #1
Ça tombe bien. Ça tombe bien qu'on enregistre aujourd'hui. Juste, rappelle-nous, où est-ce qu'on peut trouver éventuellement tes produits, avoir toute l'information sur tes peut-être prochains ateliers que tu pourrais animer ?
- Speaker #0
Il faut me suivre déjà sur Insta, donc à la saponnante. J'ai mon Shopify qui est en cours mais qui marche sur www.lasaponante.com. Là, j'en ai en vente chez Ticose à Lorient et je vais commencer à trouver d'autres fournisseurs et d'autres points de vente très prochainement. C'est mon objectif du mois de juin.
- Speaker #1
Écoute, on va suivre ça de très près. On espère pouvoir acheter La Saponante et Les Savants d'Orient un peu partout en France. Merci. Peut-être à Marseille ou à Nice.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
et puis on partagera tout ça sur le podcast et sur les réseaux merci beaucoup Elisabeth merci infiniment pour avoir pris le temps d'écouter cet épisode avec Domiti j'espère qu'il vous aura plu qu'il vous aura inspiré et peut-être aussi donné l'envie de troquer le laitier de vaisselle pour un savon un peu plus propre un peu plus écologique pour toute la famille de notre côté on se retrouve dans 15 jours pour une nouvelle conversation le long de notre littoral adoré Et si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à le partager autour de vous et de donner quelques étoiles, au moins 5, sur les plateformes d'écoute. A très vite !