- Speaker #0
Bonjour, je suis Frédéric Paul, guide conférencier et créateur des visites Le Visible est Invisible à Aix-en-Provence. Je suis grâce à ce métier en contact avec de nombreuses personnalités et j'ai eu envie de vous en présenter quelques-unes dans un podcast. Bienvenue dans le podcast Les Gendex, le podcast qui fait parler les Aixois. Ici nous sommes dans une galerie de portraits des Aixois célèbres ou moins, ça peut être des acteurs, ça peut être des industriels, ça peut être des sportifs. Tout le monde a sa place dans Légendex. Vous pouvez regarder cet épisode grâce à Nicolas Barcelot qui s'occupe de l'image et à Arthur Bussone qui s'occupe du son. Et vous pouvez bien sûr écouter ce podcast sur toutes les plateformes, le regarder sur Spotify ou sur YouTube. J'ai rendez-vous aujourd'hui à l'Office de tourisme d'Aix-en-Provence avec le directeur de l'Office de tourisme qui depuis 2015 est Michel Fraisset. Michel Fraisset va nous parler de son parcours, il va nous parler du tourisme à Aix et aussi de l'année qui vient de s'écouler. Alors que vous soyez en train de regarder ce podcast ou de l'écouter, je vous souhaite une bonne écoute avec Les Gens d'Aix, le podcast qui fait parler les Aixois. Bonjour Michel.
- Speaker #1
Bonjour Frédéric.
- Speaker #0
Alors nous nous tutoyons parce que nous nous connaissons depuis l'époque où tu étais directeur adjoint de l'Office de Tourisme. Je suis partenaire de l'Office de Tourisme d'Aix, un des partenaires. Et aujourd'hui, tu es directeur de l'Office de tourisme d'Aix depuis 2015.
- Speaker #1
Bravo.
- Speaker #0
Quel a été ton parcours pour en arriver jusque là ?
- Speaker #1
Allez, on va commencer avec le lycée. Donc quand je suis arrivé ici à Aix-en-Provence, c'était le lycée Minier, dans le quartier Mazarin, en seconde. Et puis ensuite, le lycée a fermé et transféré au lycée Zola, donc Arc-de-Méran. Et donc voilà, depuis le lycée, je suis Aixois. Deux années de fac de droit, ça rappelle quelqu'un du droit, l'horrible droit. Donc pareil, donc décidé d'abandonner mes études de droit pour suivre un parcours en histoire de l'art et ce parcours en histoire de l'art m'a amené jusqu'au niveau du DEA, donc j'ai passé ma maîtrise avec mon mémoire. Je me suis inscrit au DEA et j'ai eu l'opportunité là de pouvoir choisir ou de ou de devenir directeur des affaires culturelles de la ville de Pertuis. J'ai fait le deuxième choix, donc je suis arrivé à ce poste en 1990. Je l'ai occupé jusqu'en 1997 et en 1997 mon téléphone sonne et le directeur de l'office de tourisme d'Aix m'appelle, connaissant mon parcours en histoire de l'art et ma passion qui m'animait déjà pour Cézanne, et me dit « Monsieur Fressé, je ne vous connais pas, on va parler de vous, j'aimerais vous rencontrer parce que la ville d'Aix souhaite... » donner à l'Office de Tourisme la gestion de l'atelier de Cézanne. Et j'aimerais vous rencontrer, je l'ai rencontré. Il m'a demandé de lui présenter un projet, j'ai présenté un projet, ce projet a été retenu et le 1er septembre 1997, je suis arrivé à la direction, à l'animation de l'atelier Cézanne où j'ai pris un plaisir énorme puisque en 2026, ça sera les 30 ans donc de mon arrivée professionnelle à Aix-en-Provence. déjà été la gardienne de ce temple Cézannien. J'ai voulu en faire toujours un atelier, certes de Cézanne, mais aussi ouvert à des artistes, quelles que soient leurs provenances, leurs origines, morts, vivants, contemporains, toutes disciplines confondues. Et il s'y est passé énormément de choses et de promotions de scènes aujourd'hui très réputées sur le territoire régional qui ont commencé leur balbutiement. dans le jardin de l'atelier de Cézanne. Donc effectivement, ce lieu a contribué aussi, non seulement à faire rayonner l'image de Cézanne, mais aussi d'une certaine création contemporaine sur la ville.
- Speaker #0
Est-ce que tu connaissais Cézanne avant d'arriver à l'atelier ? Oui,
- Speaker #1
ça a été une découverte. Non, je connaissais Cézanne puisque lorsque j'étais étudiant en histoire de l'art avec une condisciple qui s'appelait Florence Dupin, on avait créé une association qui s'appelait ARC à la rencontre de Cézanne. Et donc c'était dans les années 80. Avant que Jack Lang ne fasse le dépôt au musée Granet, donc des huiles peintures à l'huile. Personne ne connaissait la vieille œuvre de Cézanne à ce moment-là. On a l'impression que ce n'est pas possible, mais si c'était possible. Et donc on organisait ce que tu as fait aujourd'hui, des visites en ville. On organisait des conférences dans l'ancien centre de congrès, la chapelle des pénitents blancs, pour refamiliariser les Aixois avec un de leurs plus illustres représentants. eut son heure de gloire. On a pris beaucoup de plaisir à faire ça et c'est grâce à ces premiers pas qu'effectivement le directeur de l'Office de Tourisme m'a contacté.
- Speaker #0
Et du coup j'avais envie de te demander s'il y avait une rencontre qui t'a marqué, je suppose que c'est celle du directeur de l'Office de Tourisme ?
- Speaker #1
Il y a eu plein de rencontres qui m'ont marqué dans ce lieu parce que j'ai eu la chance de pouvoir y accueillir le monde entier ou des gens très simples, mais qui ont eu de véritables émotions en poussant les portes de cet atelier. Celle de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, a été assez importante. Et peut-être celle qui m'a le plus marqué, c'est celle avec James Lord, qui était donc celui qui avait sauvé l'atelier avec John Rewald, qui a voulu me rencontrer en 2005, donc au moment où on travaillait sur le projet Cézanne 2006. Et donc, je savais le rôle qu'il avait joué. Il n'était jamais revenu à Aix-en-Provence depuis les années 54. Et donc, en même temps, j'étais très heureux de l'accueillir, mais j'avais un peu les chocottes aussi en me disant comment il va trouver l'atelier, qu'est-ce qu'il va en penser. À l'époque, c'était les Japonais, Américains. Enfin, c'est une fréquentation très internationale, l'atelier de Cézanne. Il est arrivé, il est resté une heure tout seul dans l'atelier et j'ai eu comme une sorte de convocation après. Il me dit « Michel, j'aimerais vous dire ce que j'en pense. » Et donc je me suis assis à côté de lui, je me dis « Waouh ! Ça va être chaud, chaud ! » Qu'est-ce qu'il va me dire ? Qu'est-ce qu'il va me dire ? Et il me dit « Quand je suis venu pour la première fois ici dans les années 50, j'avais l'impression que Cézanne venait juste de fermer la porte. Maintenant, quasiment 50 années après, Et il me dit, au fond, c'est pour ça qu'on a fait ça. C'est pour que ce lieu ne reste pas entre les mains de quelques connaisseurs, mais soit partagé avec le plus grand monde. Et donc, c'était un peu effectivement une sorte de reconnaissance et de remerciement. Et on est resté en contact jusqu'à sa mort. Il est souvent revenu à Aix. On a énormément échangé par lettres. Il m'a confié tous ses témoignages sur le rôle qu'il a joué et qui a été minimisé par rapport effectivement à la sauvegarde de l'atelier de Cézanne. On lui a rendu hommage et effectivement, il est mort serein parce que la reconnaissance de ce rôle qu'il a pu jouer pour mobiliser l'opinion publique internationale, notamment américaine, a été fondamentale.
- Speaker #0
Et aujourd'hui tu es directeur du plus grand office de tourisme de France ?
- Speaker #1
De la région.
- Speaker #0
On est en superficie. Je parlais de la superficie,
- Speaker #1
3200 m², on est d'accord, il n'y a pas... Pour moi,
- Speaker #0
un si grand bâtiment pour un office de tourisme dans une ville comme Aix, est-ce que ça prouve que le tourisme a une place importante dans le mix économique Aixois ?
- Speaker #1
Le tourisme est effectivement très important à Aix-en-Provence. Là, je parle de données, donc ce n'est pas du ressentiment. C'est des chiffres très précis avec des études très précises. qu'on publie régulièrement et on travaille avec des cabinets spécialisés pour nous confirmer ces chiffres. La fréquentation touristique annuelle à Aix-en-Provence, c'est en gros 1 400 000 touristes.
- Speaker #0
Pour une ville de 150 000 habitants ?
- Speaker #1
Voilà, pour une ville de 150 000 habitants. L'office de tourisme, dans sa configuration actuelle, accueille au bas mot 500 000 visiteurs par an qui viennent demander une information sur le territoire et consommer des prestations touristiques. Marseille, c'est 320 000. Au-dessus de la fréquentation de l'Office de tourisme de Marseille. Le poids économique du tourisme à Aix-en-Provence, les retombées, c'est 413 millions d'euros. Et ça représente 6% des emplois de la ville. Il y a 8800 salariés qui dépendent directement du secteur touristique pour vivre sur Aix-en-Provence.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #1
Donc il y a effectivement un poids qui est conséquent.
- Speaker #0
Et quelles sont les missions d'un office de tourisme aujourd'hui au XXIe siècle ?
- Speaker #1
C'est important de le préciser parce que je crois qu'effectivement, les gens ne savent pas ce qu'est un office de tourisme. Surtout qu'il existe plusieurs types d'offices de tourisme. Quand on va dans des communes, on a ce qu'on appelle un syndicat d'initiative qui organise les fêtes communales. Il vient un peu en soutien de certaines actions de la municipalité. Ce qu'on fait aussi de par ailleurs mais avec un statut différent. Précis. C'est un office de tourisme sous la forme d'EPIC, établissement public industriel et commercial. Ça veut dire qu'il y a deux parties. Une partie service public, établissement public, et une partie commerciale, industrielle et commerciale. Donc ça veut dire que notre financement vient de deux mamelles. On a une mamelle publique et une mamelle privée. Le privé, c'est nos recettes commerciales et le public, c'est l'équilibre entre le reversement de la taxe de séjour,
- Speaker #0
mais bon,
- Speaker #1
c'est comme un impôt, la ville le collecte et le reverse. Et comme on est en EPIC, elle doit, grâce au code du tourisme, le reverser entièrement à l'office de tourisme de la station classée qui est en EPIC. Et si le montant de la taxe de séjour n'était pas suffisant, la ville abonderait en compensation pour arriver à un montant estimé des missions de service. public réalisé par l'Office de Tourisme, qui était aujourd'hui estimé à 3 millions de 200 000 euros. Donc aujourd'hui, c'est la taxe de séjour qui couvre complètement le montant de cette part équilibrée entre la taxe de séjour et la subvention. Donc il n'y a pas de subvention qui rentre, il n'y a pas d'argent public, il n'y a pas d'argent des EXOA qui rentrent dans le fonctionnement de l'Office de Tourisme.
- Speaker #0
C'est bien qu'il y ait des touristes parce que ça évite que les EXOA payent.
- Speaker #1
Ce sont les touristes qui payent, c'est la taxe de séjour qui consomment les prestations touristiques. Et c'est donc l'autre mamelle, puisque 3 millions d'oeufs sur un budget de 8 millions 5 cette année, ça veut dire que derrière il y a des recettes commerciales qui sont aussi importantes et qui permettent de financer le fonctionnement et les investissements de l'Office de Tourisme d'Aix-en-Provence.
- Speaker #0
Et les recettes commerciales, c'est la vente ?
- Speaker #1
Toutes les prestations, et c'est aussi les lieux que l'on gère, puisque l'Office de Tourisme gère la boutique du musée Granet, gère sa propre boutique. gère les boutiques des deux sites de Cézanne qui ont réouvert cette année, gère en l'occurrence pour l'année 2025 toute la billetterie de l'événement Cézanne. Donc l'office de tourisme se retrouve non seulement dans un rôle où on intervient en amont, puisque pour cet exemple Cézanne 2025, on a conçu les logos, les campagnes de communication, déposé les marques, mis en place toute la promotion internationale, les retombées. La quantité médiatique de l'événement, c'est 418 millions d'euros sur la destination des contre-valeurs publicitaires de tous les articles, de toutes les émissions publiées à travers le monde. Donc ça, c'est l'Office de tourisme qui a géré cet aspect-là. On a vendu toute la billetterie individuelle de l'exposition Cézanne. Dans nos caisses, c'est près de 7 millions d'euros qui sont passés en lien avec les 305 000 billets que l'Office de tourisme a vendus. le distributeur unique de la billetterie Cézanne. Il n'y a pas eu de Carrefour, il n'y a pas eu de Fnac, donc l'Office de Tourisme a vendu en ligne 94% et en direct 6% de toute la billetterie de l'événement. Donc on s'est retrouvé dans toute la chaîne de conception et d'organisation de l'événement Cézanne 2025.
- Speaker #0
C'est exceptionnel, c'est un gros travail ! Et comment on fait pour équilibrer un budget de l'Office de Tourisme ?
- Speaker #1
Il faut être très vigilant. Quand le maire m'a confié cette mission, en 2015, elle m'a dit « Michel, vous ne faites que ce que vous aimez. Vous portez les projets. » Je lui ai dit « Madame le maire, vous me connaissez mal, je vais faire ce que j'aime, certes, mais je vais aussi faire des choses que je n'aime pas. » Parce que quand tu assumes une mission de directeur, tu assumes toutes les missions. Tu ne peux pas dire « je prends ça, c'est tout, et puis là, non, le reste, je laisse faire aux autres. » Donc il a fallu assumer toutes les missions. Et effectivement, veiller sur l'équilibre budgétaire, sur les grands enjeux qui font que cet office de tourisme aurait pu traverser des moments difficiles, notamment au moment de la métropolisation du tourisme. Comme on était station classée, comme on avait anticipé tout ça, on a pu garder la compétence au niveau communal. Aujourd'hui, effectivement, ce sont nos propres recettes. On a gardé la propriété de l'office de tourisme. On n'est pas devenu un bureau d'information touristique de la métropole marseillaise. Donc on a notre autonomie, on a notre stratégie, on a nos propres actions. On est autonome et heureusement qu'on avait pu anticiper le virage qu'on n'a pas voulu prendre.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une compétition avec les plateformes Internet ?
- Speaker #1
Alors il n'y a pas de compétition parce que les plateformes Internet aujourd'hui existent. Et puis les gens vont en premier lieu sur le site Internet de la destination. ou de plateformes pour aujourd'hui acheter leurs prestations. En général, on privilégie encore un peu les sites Internet des destinations, quoi qu'on voit arriver des acteurs, enfin Get Your Guide, Booking, qui se diversifient complètement dans leurs activités, Aviator, il y en a plein. Par contre, la force de l'Office de Tourisme d'Aix, c'est le conseil et la présence de l'humain qu'on ne pourra jamais enlever dans une destination de proximité. même avec ce que l'intelligence artificielle peut nous proposer déjà aujourd'hui et nous proposera encore davantage demain. On a toujours besoin d'avoir ce conseil éclairé et de passer par l'expérience vécue de véritables experts du territoire, que sont les gens qui travaillent dans un office de tourisme.
- Speaker #0
L'office ne gère plus l'atelier et la Bastide. Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Alors, on ne gère plus depuis la fermeture de l'atelier en 2014, parce qu'il a fallu faire des travaux, il a fallu restaurer les collections. Et ça, ce n'était pas de la compétence d'un office de tourisme. Les collections appartiennent à la ville. L'organe qui est le plus à même de restaurer les collections, c'est le musée. Les collections ont été sous la responsabilité du musée Granet. Le musée Granet a enfin mis en place cette politique de restauration pour que tous les objets qui ont appartenu à Cézanne puissent être identifiés, restaurés, nettoyés. Toutes les pièces sont maintenant à l'abri. et peuvent vivre sur les 30, 40, 50 années à venir. Ça c'était un principal enjeu. Et quand on a vécu dans l'atelier, dans les conditions de visite où on a pu le faire visiter, ce combat je le mène depuis les années 2000. mille pour rendre à Cézanne la totalité de son pavillon et de faire en sorte que ce lieu soit véritablement pris en considération comme un lieu patrimonial et muséal à part entière. Mais l'office de tourisme ne pouvant pas jouer ce rôle, donc la ville... et le musée ont récupéré effectivement toute la politique de réhabilitation du bâtiment et des collections, mais aussi les médiations qui sont du ressort du musée. Puisqu'à l'Office du tourisme, on organisait des visites à destination d'un public touristique, mais il y a toute la partie médiation, public scolaire, donc il a fallu créer aussi les lieux pour des ateliers pédagogiques, toutes les conditions nécessaires, et ça c'est la partie musée. Donc on a gardé, nous, la partie développement commercial et promotion des sites de Cézanne. Par contre, effectivement, c'est le musée qui a récupéré le reste.
- Speaker #0
Et être directeur de l'Office du tourisme, c'est multi-casquettes. T'es à la fois gestionnaire, stratège, t'es médiateur. Comment tu définis ton rôle ?
- Speaker #1
Comme une sorte de chef d'orchestre, mais avec un respect profond des musiciens avec qui je travaille.
- Speaker #0
Il y a combien d'employés ? En total,
- Speaker #1
sur tous les lieux, 67.
- Speaker #0
67. On parle toujours, on dit, on entend des fois à l'accueil les gens dire qu'ils se faisaient fonctionnaires ou des choses comme ça quand ils ne sont pas très contents. Mais vous n'êtes pas fonctionnaire. Ah oui, d'accord. Quelle est la stature ?
- Speaker #1
Ils sont tous de droit privé, en dehors du directeur qui est de droit public. Mais dans un EPIC, tous les salariés sont de droit privé. Donc effectivement, ils ne sont pas du tout fonctionnaires et n'ont pas du tout, entre guillemets, les avantages, s'il y en a encore.
- Speaker #0
de la fonction publique. Et comment tu travailles avec les autres acteurs de la ville, que ce soit les alliés, les institutions, les partenaires touristiques ?
- Speaker #1
Main dans la main, c'est notre vocation, c'est notre rôle. Déjà il y a des acteurs de premier niveau qui sont tous les acteurs du tourisme de la ville, donc les restaurateurs, les hôteliers, les résidences de tourisme, aujourd'hui les plateformes. les prestataires touristiques, dont tu es aussi, les artisans, les métiers de bouche, les vignerons, les oléiculteurs, les calissonniers, les chocolatiers. Donc on est là pour assurer la promotion de l'ensemble de cet art de vivre très exsoi. Et on travaille vraiment main dans la main avec l'ensemble de ses partenaires. Puis après il y a les partenaires institutionnels, dont la ville. Depuis maintenant trois ans, l'Office de tourisme coordonne avec la ville toute l'animation de Noël. On a remis tout le monde autour de la table. Avant, chacun faisait son Noël dans son coin et personne ne se parlait. Il n'y avait aucun partage de « on fait ça » . Il pouvait y avoir des dates concurrentes. Il n'y avait pas d'homogénéité sur les installations lumineuses. Tout le monde autour de la table, on a tous retravaillé. ensemble, quel est l'objectif, comment on met en place les moyens, quelle identité on donne à ces fêtes de Noël. Et quand on voit aujourd'hui le monde qui est en ville les week-ends à l'occasion des gros événements qui ponctuent la semaine avant le temps de Noël à Aix-en-Provence, on peut être content du résultat. Mais voilà, il a fallu mettre tout le monde autour de la table et leur dire on travaille pour la ville. Pas chacun dans son coin, tous ensemble avec une même vision.
- Speaker #0
Tu parles du chef d'orchestre mais le fils de tourisme est un peu aussi le chef d'orchestre par la ville. Aussi. Et en 2025, ça a été une année exceptionnelle. On a eu l'exposition, on disait, Cézanne aux Jeux de Bouffon au Musée Granet. C'était l'année Cézanne 2025. Le bilan sur l'année, est-ce qu'on a eu un surplus d'influence sur Aix ?
- Speaker #1
Ah oui, on a eu, en tout cas par rapport à l'exposition, puisque c'est nous qui avons géré la billetterie individuelle... 122 nationalités qui sont venues visiter l'exposition, avec des créneaux de visite quasiment tous complets. Donc on suivit au jour le jour toutes les ventes et moi je voyais s'afficher en rouge les créneaux les uns après les autres et les jours après les jours qui se fermaient de manière régulière. Donc on a vendu tout le quota de billets qui nous était proposé et on a fait faire une étude d'impact. par la CCI. Donc pour connaître les retombées indirectes de l'événement sur la ville, je laisserai au maire la primeur de l'annonce, mais les chiffres sont très éloquents.
- Speaker #0
Oui. Et comment on calcule l'affluence des gens ? Parce qu'il y a des gens qui ne dorment pas, qui n'y vont que passer ?
- Speaker #1
Il y a des excursionnistes. Il y a des touristes, et donc là c'est une question de ratio. Et donc par rapport aux chiffres communiqués, la CCI a estimé à 280 000 personnes ceux qui sont venus en dehors du territoire du Pays d'Aix pour visiter l'exposition et avec un taux de satisfaction énorme et une envie de revenir à Aix-en-Provence.
- Speaker #0
C'est une ville qui plaît. de toute façon. Et les touristes, en général, pas seulement cette année, mais en général, viennent d'où ?
- Speaker #1
Alors, on a un retour depuis le Covid en force de la clientèle américaine. Et ça, c'est bien parce que la clientèle américaine a un panier beaucoup plus élevé que la clientèle française. Les Anglais, les Allemands, les Suisses. Donc, on est vraiment sur des gens qui sont attirés par l'offre exsoise. Et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on a vu fleurir des établissements de 4-5 étoiles à Aix-en-Provence qu'on a sur le territoire d'Aix-en-Palace, donc au niveau de la ville à la coste, Château-la-Coste, ce qui est assez rare dans ce genre de territoire.
- Speaker #0
Il y en a très peu. Il y en a très très peu.
- Speaker #1
Donc on continue à créer des hôtels à Aix-en-Provence 4 et 5 étoiles. Donc ça veut dire qu'effectivement cette clientèle internationale à fort pouvoir d'achat aime venir à Aix-en-Provence et trouve des prestations aujourd'hui de qualité. qui montre l'excellence de cette destination et surtout son respect de son art de vivre très exsoi qu'ils viennent chercher chez nous.
- Speaker #0
Il y a une saisonnalité du tourisme ?
- Speaker #1
Il n'y en a plus, puisqu'en 2011 il y avait près de 40% du tourisme qui se faisait sur les deux mois, juillet et août. Aujourd'hui on a une répartition d'en gros 25% sur chaque saison. Donc on a réussi à désaisonaliser le tourisme et à faire en sorte que les professionnels du tourisme puissent en vivre toute l'année et ne pas fermer leurs boutiques, leurs hôtels sur quatre ou cinq mois de saison creuse.
- Speaker #0
Et quand on regarde le tourisme, il y a un tourisme qui a vraiment cru ces dernières années, c'est le tourisme des croisières. On a des bus qui arrivent à Aix. Comment est-ce qu'on peut contrôler les flux ? Comment on peut arbitrer entre l'activité touristique et la tranquillité, la qualité de vie des occupants ?
- Speaker #1
Ce qu'il faut savoir c'est que les bus de croisière, on ne peut pas leur interdire l'entrée de l'avion.
- Speaker #0
C'est certain.
- Speaker #1
Et le problème c'est que les gens choisissent à bord du bateau quand ils sont dans leur chambre le programme de la visite qu'ils souhaitent faire. Donc il n'y a aucune anticipation possible sauf une fois où on nous a prévenu de l'arrivée de 17 bus sur Aix, et où il a fallu prendre effectivement les dispositions pour organiser les déposes, les reprises minutes et les stationnements des bus. Donc tout ça est coordonné avec les grosses agences lorsqu'on a ce type de grosse venue sur Aix-en-Provence. Par contre, lorsqu'il y a un ou deux bus qui viennent le samedi matin, on a l'impression qu'effectivement, et c'est pas qu'une impression, il y a beaucoup plus de monde dans la ville, mais il y a déjà beaucoup d'Aixois. Et on ne peut pas identifier qui est exois, qui est excursionniste, qui est touriste. Tout ça se mélange. Pour l'instant, on n'a pas de saturation. Il y a des pics de fréquentation. Il n'y a pas de surtourisme à Aix-en-Provence. Malgré ce que certains médias ont pu publier dans le courant de l'été, en se basant sur des données complètement erronées dans leur interprétation. Donc on est dans un équilibre tout à fait harmonieux à Aix-en-Provence entre habitants, et touriste. Et d'ailleurs moi c'est un de mes combats, c'est-à-dire que si on vient à Aix-en-Provence, c'est pour trouver une spécificité aixoise. On ne vient pas à Aix pour aller voir ce qu'on va trouver à Capri, à Genève, à Paris, à Portofino. On vient pour une identité aixoise et si on n'a pas les boutiques que je ne citerai pas... des grandes marques, c'est pas très grave, on en a d'autres et on a une véritable spécificité et identité exoise qu'il ne faut pas perdre parce que c'est pour ça que les gens viennent chez nous et c'est le sens même du tourisme, c'est d'aller trouver ailleurs ce que l'on n'a pas chez soi parce que si on a partout la même chose, quel intérêt de vivre dans un monde qui est complètement aseptisé et où on va retrouver partout les mêmes choses. Moi j'ai envie de boire un café italien en Italie, j'ai pas envie d'aller boire un café américain.
- Speaker #0
éviter la mondialisation rester Aix-en-Provence exactement je vais finir sur une note un peu plus légère tu nous reçois dans ton bureau et ce bureau au deuxième étage de l'office de tourisme a servi de lieu de tournage il y a quelques années pour le téléfilm Meurtre à Aix-en-Provence avec les experts Astrid Veillon et Andréa Ferriol qui a été mon invité ça a été diffusé en 2016 sur France 3 tu te souviens de ce tournage ?
- Speaker #1
Oui, oui, puisqu'effectivement, on signe les autorisations de tournage. On gère d'autres lieux, notamment les carrières de Bibémus, où de nombreux tournages ont lieu. Donc on est en contact avec les sociétés de production et on met en place des conventions. Et on demande une part de financement pour la mise à disposition de ces lieux, puisqu'effectivement, après, derrière, il y a un projet commercial. Donc si c'est culturel, c'est différent. Mais si c'est pour être diffusé sur des chaînes de télévision, c'était le cas. pour cette série Meurtres avec Saint-Provence. Donc, on avait loué les espaces du deuxième étage. Ils voulaient des bureaux modernes ouverts sur la ville pour recréer le bureau du commissaire de police. Donc ici, c'était le bureau du commissaire de police. À côté, c'était ce qu'ils appellent la war zone, où ils se réunissent pour travailler sur les sujets sensibles. Et donc, je leur avais dit, écoutez, c'était une semaine quand même de tournage. On ne peut pas fermer l'office de tourisme pendant une semaine. Et donc, on avait réussi à trouver un compromis On tourne, c'était le silence, tout le monde se taisait, c'était assez rigolo à vivre.
- Speaker #0
Et plus largement, quelle place occupe aujourd'hui le cinéma, les tournages dans la promotion d'Aix-en-Provence ?
- Speaker #1
Une place de plus en plus importante et de plus en plus structurée, puisque la Provence est une véritable terre de tournage aujourd'hui, avec les ateliers de Martigues, il se passe plein de choses chez nous et les sociétés de production ont bien vu le potentiel qu'offrait Aix-en-Provence. Il y a eu des tournages dans l'ancien couvent des Prêcheurs. La Nonne 2. La Nonne 2, voilà. On voit très souvent, soit pour des films publicitaires, soit pour des longs-métrages, des équipes entières. C'était aussi avec Saint-Provence, pour rester en lien avec Cézanne, que Daniel Thompson est venu tourner son film Cézanne au mois. Et moi, dans les paysages cézanniens, dans les lumières de Cézanne, j'avais accompagné l'équipe pour les repérages.
- Speaker #0
Merci. Pour finir, j'ai une dernière question c'est la question réelle. C'est pas forcément la plus facile et du coup c'est quel est ton lieu préféré à Aix-en-Provence et pourquoi ?
- Speaker #1
Mon lieu préféré à Aix-en-Provence c'est le pavillon de Vendôme J'adore ce lieu qui est à l'écart de la ville et pourtant c'en est l'épicentre quasiment aujourd'hui avec les développements à l'ouest de la ville d'Aix-en-Provence. J'adore l'histoire construit par amour et pour l'amour. Et puis, j'adore ce qu'il est effectivement devenu. Un lieu en même temps patrimonial avec une histoire forte, mais un lieu aussi ouvert à la création contemporaine. Et je vous invite donc à retrouver ce mélange assez inédit entre architecture et patrimoine et culture actuelle.
- Speaker #0
Avec de très belles expositions régulières. Merci beaucoup Michel d'avoir pris ce temps. Et je te dis à bientôt parce qu'on se recroisera.
- Speaker #1
A bientôt. Merci.
- Speaker #0
Et voilà, c'est ainsi que s'achève cet épisode des gens d'Aix. Et je remercie Michel Fressé de nous avoir accueillis pour répondre à mes questions et d'avoir partagé avec nous sa vision du tourisme. J'espère que ça vous a donné envie de pousser les portes de l'Office de Tourisme et de venir demander des renseignements ou pourquoi pas de suivre une visite avec moi. Sous la direction de Michel Fressé, l'Office du tourisme est devenu un acteur majeur de l'économie exsoise. Si vous avez aimé cet épisode, et je pense parce que vous êtes restés jusque là, je vous demande de le partager avec vos amis, de venir mettre des étoiles sur vos plateformes afin de nous faire connaître. Et moi, il ne me reste plus qu'à vous dire à très bientôt et avec un nouvel invité qui, j'en suis sûr, va faire parler les Exxons.