- Speaker #0
Bonjour, je suis Frédéric Paul, guide conférencier et créateur des visites Le Visible et l'Invisible à Aix-et-en-Provence, où j'aime montrer les détails devant lesquels on passe sans les voir. Grâce à ces visites, je rencontre des gens exceptionnels depuis des années, et j'ai eu l'idée l'année dernière de les mettre en avant. dans un podcast que j'ai appelé « Les gens d'Aix » , le podcast qui fait parler les Aix-en-Provence. Ce sont des gens de tout horizon, ça peut être des sportifs, des politiques, des industriels. Et aujourd'hui, j'ai rendez-vous à l'École nationale supérieure d'arts et métiers d'Aix-en-Provence avec le directeur Fethi Benouezdou, qui va nous raconter un petit peu l'histoire de cette école, qui va nous parler aussi de son parcours et on va pouvoir... en apprendre un peu plus sur cette école. Cet épisode, comme les précédents, vous pouvez le regarder grâce à Nicolas Barcelo et l'écouter grâce à Arthur Busson et vous pouvez l'écouter sur toutes les plateformes, le voir sur Youtube ou sur Spotify. Alors que vous soyez assis sur votre canapé en train de boire un thé ou bien en train de courir ou dans votre voiture pour écouter ce podcast, je vous souhaite une bonne écoute. avec Fethi Benouizdou. Bonjour Fethi.
- Speaker #1
Bonjour Frédéric.
- Speaker #0
Tu es né en Tunisie en 1962 et tu as intégré l'École supérieure nationale d'arts et métiers en 1983, c'est ça, à l'âge de 21 ans, et c'était à Angers. Et quel a été ton parcours avant d'arriver là ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, comme tu le rappelles, je suis né, je suis un natif de l'île de Djerba, en Tunisie. Je suis fils de paysan berbère. Et rien ne me destinait à venir aux arts et métiers, sauf peut-être ce qu'on appelle d'une manière assez claire l'ascension sociale. Puisque la méretrocratie, grâce à aussi une politique du feu président Bourguiba, qui nous a amené à dire que les 50 premiers du bac tunisien sont sélectionnés pour aller préparer les grandes écoles. Et ceci m'a permis finalement de pouvoir bénéficier d'une bourse du gouvernement tunisien pour venir préparer les arts et métiers. Le modèle était assez astucieux entre la Tunisie et la France, puisqu'on était dans une logique de coopération. La Tunisie prenait en charge les bourses des étudiants lauréats du bac tunisien parmi les 50 premiers classés. Une fois qu'on a intégré une école d'ingénieurs, c'est plutôt la France qui prenait le relais. On n'avait aucun engagement, soit de rester en France, soit de partir en Tunisie. Statistiquement, on a 50% qui sont restés en France, 50% qui sont rentrés en Tunisie. Donc, c'est ça ce qui m'a amené à préparer les armées métiers et intégrer les armées métiers au campus d'Angers en 1983.
- Speaker #0
Du coup, est-ce que ce passage d'un pays à un autre a été facile ?
- Speaker #1
Alors, pour être très transparent et franc avec toi, le choc climatique était dur. Je m'imagine. Entre une île en plein Méditerranée dans le sud et Le Mans pour préparer les classes préparatoires, le choc était un peu dur. Mais c'était intéressant parce que c'était aussi une ambiance de classes préparatoires. Donc on avait besoin... de se concentrer. On a eu besoin de travailler, on a beaucoup travaillé. Et une classe préparatoire, généralement, je le dis toujours, pour qu'elle soit bien réussie, elle est magnifique. Pour cela, comment la qualifier, elle est réussie ? C'est de dire, finalement, j'ai intégré l'école que j'espère intégrer. Parce que, dans l'hypothèse inverse, les gens, généralement, sortent de cette expérience de classe préparatoire un peu traumatisée. En ce qui me concerne, j'étais ravi, parce que j'ai préparé les arts et métiers, j'ai intégré les arts et métiers en 1983. en moyennant cette adaptation. Et ceci m'a amené après à découvrir une excellente ville, une très très belle ville, qui est Angers, bien évidemment, pour les arts et métiers.
- Speaker #0
D'ailleurs, pourquoi Angers et pas le sud de la France ?
- Speaker #1
Alors, pourquoi Angers et pas le sud de la France ? Il y avait effectivement une sorte, à l'époque, ce qu'on appelle une proximité géographique. Donc j'avais mis mon adresse, qui est le lycée technique d'État, place Gabriel Touchard, au Mans. Et donc finalement, le centre le plus proche du Mans, c'est Angers, donc je me suis retrouvé à Angers. D'autres camarades tunisiens, parce qu'on était sur cette promotion 7-8, certains sont venus à Aix, d'autres sont restés avec moi et j'avais quatre compatriotes qui ont fait leur scolarité aux arts et métiers à Angers.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as retenu de cette formation ? Qu'est-ce qui t'a marqué ? Est-ce que tu as des anecdotes à raconter ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Alors, plein, plein, mais on va essayer d'être bref.
- Speaker #0
Les plus soft.
- Speaker #1
Les soft, bien évidemment. Ce qui va être très, très intéressant à retenir, c'est qu'on passe d'une classe préparatoire à une école d'ingénieurs. Et la première chose qui m'avait vraiment frappé et étonné positivement, c'est qu'on était aussi déjà en 83 dans cette logique d'une école. pour laquelle ces équipements industriels sont là. Et donc j'ai découvert la première fois des machines de grandeur nature, une presse, un marteau-pilon qui sont utilisées dans l'industrie. Donc ce lien-là. Et après ce qui est aussi intéressant c'est que, avec des capacités un peu théoriques en mathématiques et autres, on a ces facilités-là. Et finalement on s'est rendu compte très vite qu'on fait de la modélisation des équations, mais on va passer aussi à quelque chose d'assez intéressant, c'est on va travailler la matière, on va travailler les choses. Et c'est ça qui fait la caractéristique aussi des arts et métiers. On avait des travaux pratiques, on avait des choses qui nous amenaient à... Oui, moi, j'ai tassé du sable pour pouvoir faire les premiers moules. Et donc, tout ce lien théorique-pratique pour réaliser m'avait déjà beaucoup plu. Et en termes d'anecdotes, c'est ça aussi qui est très, très important, parce que les gens connaissent les arts et métiers, ils connaissent surtout un certain nombre de valeurs qu'on se transmet. de génération en génération. Je parle bien évidemment, la première qui est citée, c'est la fraternité, mais l'altruisme, le respect, et toutes ces valeurs-là ont été aussi transmises pendant ce passage-là. Et à titre d'exemple, moi, les groupes de TP étaient construits d'une manière relativement simple par ordre alphabétique. Donc, je me suis retrouvé avec un camarade pour faire mon premier TP. Il s'appelle Didier, Didier Bouch, Benoît Sdou, Bouch, donc on était le même. Et finalement, c'est une relation d'amitié, c'est lié, puisqu'il a été jusqu'à venir à Djerba assister à mon mariage en 1994. Donc, tu vois bien que ce lien-là fait aussi la caractéristique des armétiers en étant finalement proches. Et pour terminer, je les ai invités et tu étais là, tu étais là pour les accompagner au voyage de promotion le 4 et le 5 octobre, puisqu'on a accueilli 42 ans après. les 60 camarades avec leurs épouses pour venir passer un week-end de promotion à Aix-en-Provence, dans cette logique-là.
- Speaker #0
On a visité Aix-en-Provence.
- Speaker #1
Et on a visité Aix-en-Provence. Et oui.
- Speaker #0
Et à quel moment tu t'es dit je vais devenir directeur des arts et métiers ? Est-ce que c'est quelque chose que tu t'es dit un jour ou c'est venu au fur et à mesure par glissement ?
- Speaker #1
Alors, pour être très aussi très direct, transparent, je ne me suis jamais dit que j'allais devenir le directeur des arts et métiers un jour. Ça, c'est très clair. Alors par contre, ce qui est très important, C'est de souligner que dès ma tendre jeunesse, j'avais compris à Djerba, j'avais 10-11 ans, que la seule façon pour moi d'améliorer ma situation, c'est de faire des études. Donc j'ai compris l'importance des études. Et quand je suis arrivé en France, j'étais dans cette logique-là, finalement, de travailler, voire beaucoup travailler, pour finalement embrasser des choses. Et je suis quelqu'un, je peux le décrire de cette manière-là, de passionné. Quand on est passionné, alors si je reviens à ta question, finalement, la direction du campus d'Aix-en-Provence, comment ça s'est passé ? Un jour, j'apprends qu'il y a un poste vacant aux arts et métiers pour diriger le campus des arts et métiers. Donc, je prends mon téléphone et je mets un texto, un SMS, pardon, au directeur général que je connaissais par ailleurs parce qu'on avait fait quelques années ensemble à l'Université de Versailles. Et il me répond dans les 10 minutes qui suivent. Alors le SMS était... Il paraît qu'il y a un poste qui se libérait, que ça pourrait m'intéresser avec un smiley. Il me répond, il me dit, ton profil convient, quand est-ce qu'on se voit ? On s'est vus dans les dix jours. Il m'a dit, on ne va pas aller plus loin avant que tu ailles visiter le campus. Je suis venu fin juin pour visiter le campus. Et dès que je suis rentré dans cette école, dès que j'ai visité, j'ai effectivement identifié le potentiel magnifique de ce campus. Et surtout, quelque chose qui m'est aussi très cher. Comment finalement je vais rendre à cette école ce qu'elle m'a donné ? Et c'est ça qui m'a amené à progresser dans la démarche. Et pour la petite histoire, le 19 juillet, on a signé. Et au 1er août, j'étais en poste de l'année 2022. Donc ça se fait entre juin et 1er août. Ça se fait très, très rapidement.
- Speaker #0
Très rapidement. Et la boucle est bouclée puisque tu reviens à tes présidaires à Zamour.
- Speaker #1
Absolument. Je reviens, comme je le disais à l'instant, je reviens à vouloir faire profiter une institution qui m'a accompagné, des valeurs aussi qui m'ont été transmises, qui ont guidé toute ma vie, toute ma carrière, à pouvoir peut-être l'aider à se développer et à rayonner, parce que je lui dois ça. Je considère que c'est aussi de notre rôle collectif de faire en sorte que les institutions d'enseignement supérieur qui forment les ingénieurs de demain, qui vont former l'élite de demain, doivent pouvoir bénéficier d'une expérience. Et j'ai la chance d'être là. d'avoir été élève de cette école et j'essaie de lui donner le maximum de ce que j'ai appris pour qu'elle rayonne davantage.
- Speaker #0
Tu disais que tu as vu le potentiel du... du campus, mais justement, qu'est-ce qui fait l'ADN du campus d'Aix-en-Provence ?
- Speaker #1
Alors, qu'est-ce qui fait l'ADN de cette école, outre le fait qu'elle soit quand même l'unique école qui peut se dire « je suis l'école de l'industrie » . Nous sommes l'école de l'industrie. Et ceci, ça s'est vérifié par le passé, puisque l'école des arts et métiers a été toujours, à tous les rendez-vous, des révolutions industrielles. Et donc aujourd'hui, il y en a une qui se profile à l'horizon, avec l'arrivée de la décarbonation bien évidemment, mais surtout de la digitalisation et de l'intelligence artificielle. Et donc ce qui fait aujourd'hui notre ADN, c'est d'être conscient qu'il va falloir former les leaders de demain dans ce domaine-là, dans ces domaines autour du numérique, autour du jumeau numérique, autour de l'IA, l'IA prédictive. Et ce qui va être très très intéressant aussi à retenir, c'est que sur le campus d'Action Provence, on a quelques spécificités. C'est celle qui consiste à dire, nous avons autant de programmes grande école passés par les classes prépa, tels que moi je les ai faits il y a très longtemps, mais aussi des programmes d'ingénieurs de spécialité, qui sont plutôt des formations en alternance entre l'école et l'industrie. Et les deux publics plaisent pour répondre à des vrais besoins aujourd'hui de l'industrie. Et notre, finalement, notre vrai ADL, c'est de dire que nous allons... pour fournir les leaders dont l'industrie a besoin demain pour une certaine garantie de souveraineté industrielle de la nation. Et je pense qu'aujourd'hui Aix-en-Provence et son campus peuvent jouer un rôle très important dans la région, étant donné aussi le nombre d'entreprises et le nombre d'industries qu'il y a au sein de cette belle région.
- Speaker #0
D'ailleurs, est-ce qu'on peut dire qu'il y a une différence entre le campus d'Aix-en-Provence et les autres campus des arts et métiers ?
- Speaker #1
Dans l'absolu, il n'y a pas de différence parce que sur un certain nombre de diplômes, y compris le diplôme de programmation en grande école, nous sommes le même diplôme national. Ce qui va différencier plutôt les campus, c'est peut-être les spécialités qu'on va réaliser en troisième année qui vont être dans une logique plutôt de participer au développement économique territorial de la région. Donc sur Aix-en-Provence, par exemple, nous sommes plutôt... orienté énergie, ça tombe bien, ITER n'est pas loin, le CEA, ainsi de suite, mais aussi nous sommes sur la logique de la digitalisation et de l'avènement du numérique. Pourquoi ? Parce que tout ça s'est appliqué aujourd'hui, y compris dans l'aéronautique. Pour rappel, aujourd'hui, on a quand même une relation particulière qui date d'un certain nombre d'années, bien avant que j'arrive, d'une relation très utile et surtout productive. avec Airbus Hélicoptère. Pour citer un exemple simple, Airbus Hélicoptère a payé plus de 20 thèses, a financé plus de 20 thèses pour les arts et métiers, dont certaines innovations volent aujourd'hui sur les hélicoptères d'une manière commerciale. Ça, c'est des choses qui ont été réalisées dans nos ateliers aujourd'hui. Donc c'est ça qui caractérise aussi cette école, cet ADN, en s'appuyant aussi sur un certain nombre de réalisations en termes de laboratoires de recherche.
- Speaker #0
Il y a vraiment un lien entre les entreprises et l'école.
- Speaker #1
Oui, parce que, encore une fois, nous sommes l'école de l'industrie, donc nous sommes dans une dynamique de réaliser des travaux de recherche appliqués, donc de la recherche et développement appliqués, nous ne faisons pas de la recherche fondamentale. Donc, ce sont des choses qui vont être très utiles à horizon de 5 à 10 ans, en lien avec les entreprises. Et c'est ça aussi qui caractérise un peu cette image et cet ADN des arts et métiers.
- Speaker #0
Justement, les arts et métiers forment les ingénieurs de demain. Et donc, il faut être à la pointe de la technologie. Comment fait l'école pour rester à la pointe de la technologie ?
- Speaker #1
Je te remercie pour cette belle question parce qu'elle est fondamentale, à mon sens. Il s'agit surtout, Frédéric, de démontrer que pour rester dans la course, il va falloir qu'on s'appuie sur vraiment une logique de rénovation de nos équipements pédagogiques. Et voir même aussi peut-être certaines pratiques pédagogiques. avec l'avènement de l'IA qui va chambouler un peu les choses. Et donc on a un projet, un projet structurant d'établissement qui s'appelle, c'est en anglais mais on le traduira en français, « Evolutive Learning Factories » , qui veut dire « usine-école » . Je l'ai dit tout à l'heure, la première chose qui m'a frappé quand je suis venu aux RMT, c'est d'avoir des machines grandeur nature comme si c'était dans l'industrie. Ça c'est aussi la caractéristique des RMT, d'avoir des machines échelle 1, qui viennent de l'industrie, et l'objectif aujourd'hui c'est de faire en sorte à travers ce projet ELF, de faire en sorte que nos élèves soient formés sur des machines plutôt de génération N plus 1 pour venir finalement apporter leurs compétences au service des entreprises qui vont les embaucher soit pour gérer des usines, soit pour gérer demain des entreprises. Et donc ce lien... Ce projet va faire en sorte que nos élèves soient mieux formés pour répondre aux besoins de l'industrie de demain. Alors on parle d'industrie 4.0, voire de 5.0 si on remet l'homme dans la boucle. On parle d'IA, tout à l'heure je disais d'IA prédictive, on parle même aussi un peu d'IA frugale, dans le sens où une IA c'est quoi ? C'est plusieurs données, c'est de la donnée, et donc c'est plutôt quelques capteurs et on pourrait se poser la question quelle est... l'ensemble minimal de ces données qu'il nous faut pour réaliser des choses. Et on parle aussi, je l'ai dit tout à l'heure, de cette logique de jumeau numérique et qui va faire un modèle de quelque chose qui est autour de, par exemple, un four basse pression. On va avoir le modèle numérique avec les équations qu'il faut. On va simuler un certain nombre de choses. Et après, on passera sur la machine. Les étudiants vont passer sur la machine, vont réaliser leur coulée et on va vérifier finalement Quelle est la réalité de l'exactitude du modèle ? On fait ce qu'on appelle de l'affilement de modèle. On vient corriger le modèle initial. Et on est quand même aussi en fonderie. Je dois citer autre chose qui est vraiment l'avenir. À travers cette fonderie, il n'y avait à côté que des tours à bois. Pourquoi ? Parce que pour faire une coulée, il faut aussi construire des noyaux. Ces noyaux étaient en bois. Aujourd'hui, ces tours à bois ont totalement disparu. Merci. Et c'est plutôt une imprimante 3D sable qui est juste derrière nous, qui construit ces noyaux, qui construit ces modèles-là. Et donc, tu vois bien qu'on a progressé en suivant la logique, même si les fondamentaux restent les mêmes. Mais l'évolution de la technologie, c'est quand on utilise les dernières techniques, les dernières technologies. Et c'est ça qui fait la richesse de l'école.
- Speaker #0
Dans 10 ans, à quoi doit ressembler l'école selon toi ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, c'est simple là-dessus. Elle doit ressembler à une chose qui, à mon sens, aujourd'hui, qui est manquante. C'est celle où il y aurait plus de filles. Pourquoi ? Parce que c'est, à mon sens, c'est fondamental, parce qu'on a un effet ciseau qui se profile à l'horizon, une chute démographique quelque part, et aussi un besoin, comme on l'a dit, de réindustrialiser la France. Donc un besoin accru. Il manque à peu près 25 000 ingénieurs par an. Donc il faut aller chercher dans un réservoir inexploré aujourd'hui. C'est les jeunes filles qui s'autocensurent, pour leur expliquer que l'industrie a évolué, et que ce n'est plus... un environnement uniquement masculin où il y a la force, parce qu'aujourd'hui, il y a des robots qui nous aident, il y a un certain nombre de choses. Je l'ai dit tout à l'heure, il y avait la notion de data et de modèle, et donc il faut avoir des gens qui ont un bon esprit cartésien-mathématique pour faire des modélisations, et les filles ont toute leur place. L'autre réservoir qui est aussi important, qui est dans l'ADN cette fois-ci, des aramétés. Pas l'ADN de Compus d'Aix-en-Provence, dans l'ADN des aramétés, c'est celle de l'ascension sociale. J'en suis le pur exemple. J'espère la plus belle démonstration, dans le sens où Il y a des gens qui sont, en ce que j'appelle, les premiers accédants aux études supérieures ou même au titre d'ingénieur. Ni le papa, ni la maman, c'était mon cas, encore moins le grand-père, encore la grand-mère, c'était encore mon cas, qui avaient fait des études d'ingénieur. Donc ce réservoir-là, ces deux réservoirs-là, des jeunes filles et des premiers accédants, je pense que ça sera, j'espère, la composante qui va continuer à perdurer et avec, j'espère, aujourd'hui nous sommes à peu près à 20%. de jeunes filles, j'espère que dans 10 ans, on sera à 40, voire à 50, ça serait formidable parce qu'on aura gagné une bétail. Ça, c'est le premier élément structurant parce qu'il s'agit quand même de travailler sur l'attractivité de l'école et l'attractivité du campus. J'espère que dans 10 ans, il va y avoir aussi l'achèvement d'un beau projet qui serait, à mon sens, un projet pilote. C'est introduire, réaliser les premiers îlots de fraîcheur dans un campus d'enseignement supérieur. On a un beau projet qu'on est en train de monter. pour finalement rendre des choses à la nature, rendre des surfaces qui sont aujourd'hui imperméables, perméables, avoir une meilleure consommation, une meilleure gestion des eaux de pluie, même s'il ne pleut pas beaucoup à Aix, mais quand il pleut, il pleut, et surtout aussi développer un cadre d'accueil et de qualité de travail à la hauteur de ce que attendent nos collaborateurs en créant des îlots de fraîcheur, en développant la biodiversité. Alors je le dis toujours d'une manière assez provocatrice, la mairie travaille sur les forêts urbaines avec le projet de réhabilitation du parc Rombaud.
- Speaker #0
Il se trouve juste de l'autre côté de la rue.
- Speaker #1
Absolument, il se trouve juste de l'autre côté. Donc je le dis toujours, les oiseaux ne devraient pas s'arrêter au four rouge, ne pourront pas s'arrêter au four rouge. Donc offrant leur la possibilité d'emprunter un couloir de biodiversité au sein du campus, ça va donc contribuer à augmenter, à améliorer l'attractivité du campus. Pour moi, l'enjeu majeur dans 10 ans, c'est comment l'école qui vit depuis un certain nombre de siècles sur une réputation continue à être attractive et comment on offre tout le cadre pour une meilleure attractivité. des élèves, je l'ai dit tout à l'heure avec les jeunes filles, mais aussi des collaborateurs et des professeurs. Parce que je suis intimement convaincu d'une chose, c'est que pour atterrir les bons élèves, il faut avoir les bons profs. Et pour garder les bons profs, il faut avoir les bons élèves.
- Speaker #0
Il y a combien de collaborateurs, de professeurs ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, à peu près une centaine, 40 profs, et le reste, c'est du personnel d'appui, administratif mais technique. Et on est aux alentours d'à peu près 2 900 élèves. toute formation comprise au sein du campus.
- Speaker #0
Il y a de nombreux lieux dans ce campus d'Aix qui sont emblématiques. Je pense au TAPS, la tour de l'horloge, je pense à la statue de Thiers, il y a la fontaine...
- Speaker #1
La petite Albertas.
- Speaker #0
La petite Albertas, c'est ça. Et puis, surtout, il y a le Grand Amphi, auquel je pense, parce qu'il y a quelques années, l'association des anciens élèves d'Ars et Métiers était venue me voir. À l'époque, j'écrivais dans la Provence. Il m'avait demandé de faire un article sur ce grand amphi qui est en péril. Est-ce que tu peux m'en dire deux mots ?
- Speaker #1
J'espère pouvoir te dire plus que deux mots parce que je pense que c'est un beau projet, un projet très intéressant dans le sens où c'est un bâtiment emblématique. Il a 150 ans et il a surtout une caractéristique aussi très importante, c'est qu'il est aujourd'hui la seule et unique place qui serait demain. en capacité d'accueil de 500 personnes, puisqu'on peut accueillir 300 personnes en bas et un balcon. Un balcon qui a été réalisé à posterurie, parce que ce n'est plus en 1874 qu'il a été créé. Le balcon en béton armé a été créé en 1934. Donc cet espace aujourd'hui, nous avons l'ambition d'en faire un lieu inspirant pour susciter les vocations. Alors je m'explique, l'idée c'est que les gens puissent le visiter bien évidemment. mais le visiter dans une logique d'expérience immersive. On a aussi un beau projet, grâce au soutien de la Fondation Arts et Métiers, pour créer le forum de technologie Ex-Oie, par rapport à une version alliant en cours le berceau des arts et métiers. Donc on créera le forum de technologie au sein d'Aix-en-Provence. L'idée c'est quoi ? L'idée c'est d'offrir la possibilité à, j'insiste un peu, les écoliers et les écolières, les collégiens et les collégiennes, venir découvrir des choses immersives, pour par exemple un modèle 3D d'une boîte de transmission d'hélicoptère. Et une fois qu'ils ont découvert cette maquette digitale, ils vont se balader à l'intérieur du Grand Amphi, et dès qu'on a fini ça, on va sortir pour aller dans les ateliers, pour rejoindre le digital au réel, et ça va permettre aussi de consolider cette envie de dire « oui, ça va faire naître quelque chose » . dans la tête de ces jeunes pour pouvoir embrasser des carrières scientifiques.
- Speaker #0
C'est un sujet d'évocation.
- Speaker #1
Exactement, c'est susciter des vocations. Je considère qu'aujourd'hui, le grand amphi, une de ses fonctions serait de contribuer à susciter des vocations. Alors, il n'y a pas que ça, parce que 500 places, un endroit avec 500 places, plein centre d'Aix, il a aussi d'autres usages. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, je réalise mes missions de formation et de transfert sans avoir besoin de cet espace. qui a été laissé à l'abandon depuis 2007, faute de moyens et faute de tronchiens. Comme je réalise mes missions sans finalement cet espace-là, je dois aussi réfléchir au modèle économique d'exploitation de cet espace-là, une fois rénové. Et la meilleure des choses, c'est finalement de produire une salle de spectacle, des manifestations artistiques, je pense qu'elle plairait beaucoup. On pourrait aussi imaginer un espace de conférence.
- Speaker #0
Ça l'a déjà été d'ailleurs.
- Speaker #1
Absolument, absolument, par le passé, on refait, d'accord ? Et surtout, ce qui va être intéressant, c'est d'avoir de l'ambition sur ce terme de projet, en termes de rayonnement. J'insiste encore une fois sur le rayonnement pour travailler l'attractivité. Oui, pourquoi ne pas aller chercher une ambition d'aller le connecter à l'Académie des sciences, à l'Académie des technologies, mais pourquoi pas aussi au Collège de France ? Demain, une conférence, rue des écoles, une leçon inaugurale d'un immédiat professeur, elle est transmise en temps réel dans cet espace. ces grands amphithéâtres, et on fera profiter l'ensemble des habitants de la région, de la ville d'Aix, pour finalement suivre cette conférence, et on suscitera aussi l'intérêt en amenant des spécialistes de la région pour qu'ils puissent débattre à l'issue de cette télétransmission de conférence pour des sujets locaux. Et de temps en temps, on fera l'inverse, ce qui va aussi augmenter l'attractivité, puisqu'on va, par exemple, inviter un prix Nobel, un médaille-field, venir faire une présentation dans cette... une conférence et quand on sera connecté à Paris, on sera connecté à Dublin, on sera connecté à Dubaï et ça permettra de faire rayonner. peut avoir aujourd'hui, grâce aux nouvelles technologies, quelque chose d'assez extraordinaire en termes d'outils de rayonnement. Et pour terminer, peut-être un usage assez intéressant aussi, qu'il ne faut pas négliger, c'est une anecdote assez intéressante. On est en train de réfléchir effectivement à comment on le rénove, comment on le met, finalement, on va l'utiliser. On a pris, ne serait-ce que les descentes d'eau pluviales. C'est des descentes d'eau pluviales avec des dauphins. Tu sais à peu près ce que c'est les dauphins ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On a pris les dauphins qui ont été construits il y a plus de 100 ans, on les a ramenés dans cet atelier, où on a fait travailler les élèves sur du reverse engineering pour faire un modèle digital, parce qu'on va faire travailler les élèves pour qu'ils contribuent à la coulée de nouveaux dauphins qui vont équiper le Grand Amphi. Donc on est dans un modèle où les élèves peuvent aussi l'utiliser comme finalement un support pédagogique en termes de projet. La restauration du grand amphi peut devenir aussi un élément pédagogique pour faire en sorte que les... Donc ils vont utiliser deux techniques de fonderie et on va comparer. Ils vont apprendre que finalement, s'ils se trompent dans leur modèle, le dauphin ne va pas être réussi. Et jusqu'à par itération, ils vont réussir à réaliser la bonne pièce sur laquelle ils pourront même mettre leur nom, comme d'autres l'ont fait auparavant, mais je reviendrai vers la fin.
- Speaker #0
Du coup, ce que je comprends, c'est qu'il faut de l'argent. pour la restauration de ce grand amphi. Je suppose qu'on peut faire des dons. Est-ce qu'il y a une fondation, une association ? On peut faire de l'épigénisation ?
- Speaker #1
Absolument. Si on en est là aujourd'hui pour ce projet-là, c'est aussi grâce aux anciens élèves qui se sont mobilisés. Je pense que c'est les mêmes qui sont à l'époque sollicités. Ils se sont mobilisés pour effectivement récupérer des dons d'anciens élèves attachés au patrimoine. à travers la fondation Ars et Métiers. Nous avons une fondation Ars et Métiers qui permet de récolter les fonds et permet les défiscalisations qui vont avec. Cette partie-là d'argent qui a été récoltée jusqu'à maintenant a permis finalement de faire les mesures d'urgence pour finalement stabiliser l'édifice. Nous avons aussi récupéré un peu d'argent. On a lancé une nouvelle compagne de levée de fonds qui doit être aussi en cohérence par rapport au projet global d'établissement. Il ne faut pas qu'elle devienne en concurrence avec le projet ELF parce que le projet ELF Aussi, il nécessite des financements. Et l'idée aujourd'hui, c'est de dire, finalement, grâce à la Fondation Arzémété, grâce au forum de technologie que j'évoquais tout à l'heure, on peut déjà presque dire que nous avons 50% du financement global du projet. Donc, il reste 50%, ce qui représente quand même une belle somme pour que demain, ce bel édifice renaît et devienne utilisable pour le bientôt, c'est le rayonnement. J'insiste sur une chose. Il faut absolument qu'on soit conscient qu'on ne peut pas créer un espace s'il n'y a pas le modèle économique derrière pour permettre de le faire vivre. Donc ceci ne peut se faire qu'en lien avec les usages qu'on peut en faire au service de la ville, au service aussi de l'Office du Tourisme avec qui on discute.
- Speaker #0
Les arts et métiers devront d'ailleurs contribuer à l'embellissement de la ville. On a eu la fonte de la Vasque de la Fontaine d'Alberta, en 1912. Pas seulement, il y a la chaîne qui entoure la fontaine de la Rotonde, il y a des plaques de rue qui ont été fondues ici, dans cet atelier, et puis il y a aussi les clous, ces zones, ça on le sait moins, mais ils ont été fondus ici. Et du coup, quelle est aujourd'hui la relation entre l'école et la ville ?
- Speaker #1
Alors, je vais commencer par la qualifier bien évidemment d'un adjectif assez simple, elle est excellente, cette relation.
- Speaker #0
Parfait.
- Speaker #1
Et pour en témoigner, je peux citer peut-être un échange la première fois où j'ai vu Sophie Joissin. Je me suis permis de lui dire, chère Sophie, les arémétiers ne seront plus jamais les arémétiers s'ils venaient à quitter leur cours. Et je pense aussi, je peux me permettre, la ville d'Aix ne sera plus jamais la ville d'Aix si les arémétiers venaient à quitter leur cours pour aller, par exemple, au Technopole de Larbois ou autre. Elle est d'accord avec ça. Et quand elle est d'accord, ça veut dire que nous sommes en phase sur... la nécessité de consolider cette relation qu'on a entre la ville et l'école. Moi, je me suis mis dans une dynamique en lien avec l'attractivité, une dynamique d'ouverture sur la cité. Je considère aujourd'hui que, bien évidemment, on a historiquement, depuis des années, des années, voire des dizaines d'années, voire même un siècle, puisque 1843, c'est un peu plus, des défilés en ville, ce qu'on appelle les monomes, pour venir présenter les nouvelles promotions. Mais ça ce sont trois événements ou quatre événements dans l'année. Moi je pense qu'il faut qu'on aille plus loin. Et on a commencé avec deux choses aussi qui sont dans la symbolique. J'ai fait en sorte qu'on soit présent depuis mon arrivée. aux commémorations du 11 novembre, parce que le devoir de mémoire est important. Je fais aussi en sorte qu'on défile l'année dernière pour la première fois pour le 8 mai, avec plus de 200 élèves en uniforme. Donc on est sur cette logique aussi d'offrir une certaine contribution à la symbolique au devoir de mémoire de la ville. Ça c'est un premier élément. Et le deuxième élément qui, à mon sens, est important, c'est que nous avons la chance tous les ans de pouvoir faire en sorte que les nouvelles promotions se retrouvent. durant un week-end pour réaliser quelque chose qui démontre que quand on est 150, on peut réaliser quelque chose d'exceptionnel. Ça s'appelle le grand projet fédérateur qui permet finalement à des gens qui ne se connaissaient pas il y a 15 jours ou 3 semaines, de les mettre sur un objet commun et réaliser. L'année dernière par exemple, il y a deux ans, ils ont réalisé des escaliers, chemin Bibimus pour permettre aux randonneurs de... de se déplacer en sécurité. L'année dernière, ils ont réalisé une sorte de gradin Parc Saint-Mitre. Donc, je pense que ce grand projet fédérateur peut être un élément très structurant pour qu'on voit apparaître des choses visibles. Alors, avant, on faisait peut-être le parc de la Torse, on nettoyait des choses, on faisait des plaques avec les arémétiers de tel promoteur. Moi, je milite pour que ce grand projet fédérateur soit beaucoup plus visible au sein de la ville, voire même intra-muros. Le projet des fontaines, par exemple, et de mettre les fontaines en circuit fermé, est un projet intéressant sur lequel on s'est positionné, nous, École des arts et métiers. C'est pour ça qu'on parle tout à l'heure de la petite Albertesse. La petite Albertesse est en circuit fermé, donc elle permet aussi d'apprendre plein de choses qu'on pourra transmettre à la ville.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que l'école, aujourd'hui, est assez visible dans la ville ou est-ce qu'elle est encore trop méconnue des éxos ?
- Speaker #1
Alors, ça serait un peu prétentieux de ma part de dire qu'elle n'est plus visible maintenant, mais je pense qu'on a quand même encore quelques progrès à faire sur le fait aussi, sur les vecteurs sur lesquels on doit être visible. Ce qui est très très important, c'est que défiler est une bonne chose, parce que moi je le fais, je considère que c'est important, j'accompagne mes élèves. Mais j'insiste encore une fois, il faut qu'on laisse des traces utiles. Parce que ça permet aussi de réconforter les élèves dans une autre logique d'attachement à la ville, d'attachement au patrimoine, d'attachement à une sorte un peu d'engagement. La promo de l'année 2025, la promo de 2026, 2027 et autres auront laissé des choses utiles dont on va pouvoir souvenir. comme la promo de 1912 a laissé, 1909 d'ailleurs, c'est pas 1912, mais 1909 a laissé des choses. Voilà, je pense qu'il va falloir aussi progresser un peu là-dessus. Et je reviens, parce que je suis un obstiné, le grand amphi peut être un élément structurant dans la relation avec la ville et l'école, parce que ça peut être un vecteur d'oréon.
- Speaker #0
Tu l'as dit aussi tout à l'heure un petit peu, mais quel lien ? Développe l'école aujourd'hui avec le tissu économique, culturel, institutionnel, local ?
- Speaker #1
Alors, comme on l'a dit tout à l'heure, c'est vraiment l'école de l'industrie. Aujourd'hui, beaucoup, beaucoup, nous avons plus de 20 partenaires et médecins qui sont au sein de l'école, qui viennent nous rejoindre sur l'école. On répond à des vrais besoins industriels. On a finalement une filiale, Art et métier et valorisation, qui travaille sur des contrats de recherche. Tout ça... permet finalement de nous positionner comme un acteur de R&D, de recherche partenariale au service des entreprises. Ça, c'est le premier mot. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi toute une dynamique liée à la marque employeure. Beaucoup d'industriels viennent nous voir parce qu'ils ont envie d'embaucher des ingénieurs arts et métiers. Et donc, on est aussi dans ce rôle de former les leaders qui, de mon point de vue, ont l'obligation de viser gros, grand, réfléchir haut, tout haut, pour changer le monde. Aujourd'hui, ces industriels viennent pour qu'on travaille sur les compétences, les demandes, les besoins, leurs futurs besoins en tant qu'industriels, pour qu'on vienne alimenter nos projets de formation, notre évolution, telle que je l'ai dit tout à l'heure, évolution de nos pratiques pédagogiques et des compétences qu'on enseigne. Tout ceci va nous permettre, in fine, de boucler la boucle parce que si on forme bien ces ingénieurs, Ils vont être générateurs de valeur. Ils vont garder un lien aussi avec l'école. Et donc ce lien-là va faire en sorte que l'école se développe. Ils pourront revenir demain. Et on l'a aujourd'hui déjà. On a un certain nombre d'ingénieurs issus des entreprises qui viennent pour intervenir, pour donner des cours à l'école. Et ça, ça permet aussi aux élèves de leur expliquer. Voilà ce finalement... Cette matière autour des matériaux, autour des procédés, aujourd'hui je l'ai eu dans mon cursus universitaire ou à l'école d'ingénieur quand j'étais élève. Aujourd'hui, ça me sert à ça dans la vie quotidienne d'ingénieur de recherche et de développement.
- Speaker #0
Oui, de voir enfin à quoi ça va servir, ce qu'ils apprennent.
- Speaker #1
Exactement, exactement. Et ça, ça motive beaucoup les étudiants. Parce que l'art expliquait que ce n'est pas uniquement un cours théorique sur un tableau ou sur un écran, c'est quelque chose qui sert aujourd'hui dans la vraie vie.
- Speaker #0
Je vois que l'avenir de l'école est radieux, du coup.
- Speaker #1
Oui, absolument, je l'espère. En tout cas, j'essaie d'y contribuer. Alors, un autre élément quand même qui est important, qui caractérise aussi notre démarche volontariste. Je le fais toujours de cette manière-là. 70% de nos promotions se destinent à travailler pour les autres. 30% se posent la question, pourquoi pas travailler pour moi ? Donc, mon objectif, dès mon arrivée, c'est d'essayer de planter cette petite graine, de dire Mais si je créais mon entreprise, si je venais à développer un projet qui m'est cher. Et donc on a développé ce qu'on a appelé le marathon entrepreneurial pour vraiment planter cette petite graine. Et on va aller plus loin, tu parlais d'avenir radieux, je pense qu'il y a un beau projet intéressant, c'est d'offrir au sein des arts et métiers un tiers lieu dédié à l'ensemble des élèves de la ville d'Aix-en-Provence, toute école confondue, école d'art. Tex en Provence, l'ESCA, les arts et métiers, Sciences Po. Pourquoi ? Suis le raisonnement. Je suis élève de lycée. J'ai mon copain ou ma copine de classe, elle, elle a choisi d'aller Sciences Po. Et moi, je choisis d'aller aux arts et métiers ou à l'école d'art. On se retrouve régulièrement. On peut se retrouver sur des projets, sur des idées. Parce que lors d'une soirée festive, on a détecté un besoin. Parce que le besoin est le moteur de l'innovation, comme tout le monde le sait.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
On va leur offrir un lieu, un tiers-lieu, pour qu'ils se retrouvent dans un cadre aux arts et métiers, pour réfléchir chacun avec sa formation qu'il va avoir, ou qu'il est en train d'avoir, pour travailler ce projet commun. Et ce tiers-lieu, on va l'appeler la ruche, de manière à susciter finalement ses vocations, de pouvoir commencer peut-être par des choses simples. Et quand ça devient un peu plus sérieux, on passe dans les ateliers, parce qu'on a nos machines, on peut réaliser. Et quand ça devient vraiment sérieux, on fait de l'amorçage, et quand ça devient vraiment, vraiment très sérieux, ça peut devenir une vraie start-up issue d'une bande de copains de lycée ou de collège, parce qu'on avait envie d'entreprendre quelque chose ensemble. Voilà un peu ce qu'on essaye de faire au sein des Aramiti.
- Speaker #0
C'est exceptionnel. L'entrepreneur que je suis adore cette idée-là. On arrive à la fin de cet interview, mais il me reste une dernière question. peut-être la plus difficile des questions, c'est... Quel est le lieu que tu aimes, que tu préfères à Aix-en-Provence ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que c'est une question difficile, mais je pense que tu vas, j'espère en tout cas que tu vas dorer la réponse. La première des réponses, bien évidemment, mon campus.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
D'accord ? Mais la deuxième, pour te faire plaisir aussi, je pense que le seul lieu unique que je préfère, en tout cas le premier, c'est bien évidemment la place de la Fontaine d'Albertas. Bien évidemment, c'est le seul...
- Speaker #0
Je m'y attendais bizarrement.
- Speaker #1
Ah ben voilà, c'est le seul et unique endroit où le mot arts et métiers est écrit, sous la vasque, je pense que tu en es bien évidemment. Oui,
- Speaker #0
sur la collerette, sous la vasque.
- Speaker #1
Voilà, et donc c'est ce bel endroit qui donne envie et surtout rappelle une histoire exceptionnelle qu'on a découvert quasiment un siècle après, j'en faisais allusion tout à l'heure, les jeunes qui étaient dans cet espace-là, dans cette fonderie-là. qui ont participé de la promotion 1909 à la coulée de la vasque ont été tellement astucieux qu'ils ont mis leur nom au-dessus de la vasque dans le moule et quand on a coulé la vasque, leurs noms sont apparus et c'est resté quasiment secret jusqu'au moment où on a déposé la vasque pour les redécouvrir et moi je les ai retrouvés dans mes archives de la promotion 1909. Alors, ça fait sourire les gens, mais figure-toi qu'à l'époque, la vasque de la Fontaine d'Alberta se faisait... finalement l'objet d'une séance de travaux pratiques en fonderie.
- Speaker #0
Voilà, la boucle est bouclée.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Merci beaucoup Fethi d'avoir pris le temps de m'avoir reçu ici. On est dans la fonderie des arts et métiers, c'est un lieu exceptionnel. Et je te dis à très bientôt, parce que je crois que nos chemins vont se grandir encore.
- Speaker #1
J'espère, merci à toi.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et voilà, c'est ainsi que se termine cet épisode de Desjandex. Moi je l'ai trouvé passionnant, j'aurais pu y rester des heures. Fethi Benoît-Zdou. nous a vraiment emmenés dans son univers, dans cet univers des arts et métiers. C'est une école vraiment historique à Aix qui fait partie du patrimoine. Alors si cet épisode vous a plu, vous pouvez aller commenter, liker sur les plateformes. Vous pouvez aussi venir sur Facebook ou sur Instagram, la page LégendAix, pour me dire ce que vous en avez pensé, pour qu'on puisse discuter ensemble, voir si vous avez même des améliorations à proposer. Et vous le savez, c'est un podcast qui est fait de manière bénévole avec Nicolas, avec Arthur. Nous travaillons avec notre cœur. Alors nous avons besoin de vous pour le partager, pour en faire parler autour de vous. Et on sera là, nous, pour un prochain épisode qui, j'en suis sûr, fera parler les Exxons.