- Speaker #0
La santé est notre bien le plus précieux, il nous appartient de la préserver. Bienvenue dans Les Lois Naturelles, le podcast dédié à la naturopathie et la cuisine santé, dont l'objectif est de promouvoir la santé intégrative. Je suis Camille Langlet, naturopathe certifiée spécialisée en naturopathie de l'enfant. Chaque jeudi, je vous retrouve en solo ou aux côtés de l'un de mes invités pour des conseils pratiques en santé naturelle, des témoignages de vie ou encore pour donner la parole à des praticiens et thérapeutes experts en leur domaine. Si le podcast vous plaît. Pensez à laisser un avis, des étoiles, des cœurs ou toute autre manifestation d'amour sur votre plateforme d'écoute. C'est le meilleur moyen pour valoriser mon travail et contribuer à promouvoir la santé intégrative dans le monde. Bonne écoute ! Avez-vous déjà entendu parler du jeûne ? Bien sûr, tout le monde connaît au moins le ramadan. ce jeûne spirituel et intermittent pratiqué par des millions de fidèles musulmans à travers le monde. Mais saviez-vous que le jeûne traverse toutes les religions, toutes les cultures et même le règne animal ? Lorsque nous sommes malades, nous n'avons naturellement pas faim afin que notre corps puisse mettre la digestion au repos et concentrer toute son énergie sur la guérison. Aujourd'hui, le jeûne est devenu un sujet controversé. Dans une époque où la pensée unique domine, la nuance semble parfois oubliée. Et pourtant, l'être humain est consupitif. toujours pour traverser des périodes de jeûne. Sans cette capacité d'adaptation, notre espèce n'aurait tout simplement pas survécu. Dans certains pays comme l'Allemagne ou la Russie, les vertus thérapeutiques du jeûne sont reconnues depuis longtemps. Des cliniques y accompagnent les patients dans des cures encadrées médicalement. En France, cette pratique revient peu à peu sur le devant de la scène et ce n'est pas un hasard. Les recherches scientifiques récentes confirment de plus en plus ces bienfaits. Certaines études montrent même qu'un jeûne pratiqué avant une chimiothérapie. pourrait en potentialiser les effets. Alors, simple tendance ou véritable outil de santé naturelle ? Pour faire la lumière sur ce sujet, j'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Solenne Mutez. Solenne est naturopathe, elle a elle-même une grande pratique du jeûne et de ses bienfaits et elle organise régulièrement des événements autour du jeûne. Bonjour Solène !
- Speaker #1
Bonjour Camille !
- Speaker #0
Alors merci d'être ici présente dans le podcast, ça fait longtemps qu'on avait prévu de parler de ce sujet, donc je suis contente que cet épisode voit enfin le jour !
- Speaker #1
De même.
- Speaker #0
Je voudrais, pour commencer, qu'on cadre un petit peu, tu sais, qu'on donne une définition de ce qu'est le jeûne, parce qu'il existe plusieurs jeûnes différents, notamment le jeûne intermittent, j'en ai un petit peu parlé en intro, mais aussi le jeûne hydrique, le jeûne sec. Est-ce que tu peux expliquer aux auditeurs quelles sont les différences entre ces différents jeûnes ?
- Speaker #1
Complètement. Déjà, pour commencer, le jeûne, c'est tout simplement une pratique qui consiste... à s'abstenir de nourriture. Après, ce qui va changer, c'est les modalités, la durée, la manière dont on le fait. Aujourd'hui, on parle beaucoup du jeûne intermittent. Le jeûne intermittent, je le rappelle, c'est à partir du moment où on s'abstient de consommer des calories pendant une durée de 16 heures minimum. Après, on peut aller jusqu'à 18, 20 heures. Ça ne fera que augmenter les bienfaits. Pour parler de jeûne intermittent, il faut que ça soit fait sur un nombre de jours répétés. Il y a une question de fréquence. Ensuite, on a le jeûne hydrique. Je pense que c'est ce qu'on considère comme le jeûne le plus classique. On s'abstient de manger de la nourriture, mais on peut boire de l'eau. Même c'est conseillé de boire beaucoup d'eau. On peut boire aussi des tisanes. Et on parle de jeûne hydrique à partir du moment où ça va durer au moins... 24 heures et ça peut aller jusqu'à une semaine, deux semaines voire trois semaines bien sûr toujours avec un encadrement médical pour vraiment les grandes durées d'accord ensuite on a une pratique plus controversée qui est le jeûne sec donc ça ça veut dire aucune nourriture et pas non plus de l'eau ça c'est très intense et très sollicitant pour l'organisme et par contre on ne pourra pas le pratiquer sur des durées très longues Merci. Ce qu'on dit, c'est que la limite maximum, maximum, ça va être trois jours. Et ça, je profite aussi justement qu'il y ait des personnes qui nous écoutent pour dire que ça ne s'improvise pas. Et il y a vraiment eu des accidents sur des périodes longues. Plus de trois jours, il y a un vrai risque.
- Speaker #0
D'être...
- Speaker #1
Enfin, ça peut aller jusqu'au décès. Donc, c'est vraiment pas à prendre à la légère. Pour terminer, ce qui est peut-être le plus accessible... et qu'on met un peu dans la grande famille des différentes variantes de jeunes. C'est ce qu'on appelle les monodiètes. On va venir mettre l'organisme au repos en consommant sur un repas un seul type d'aliment. Celles qui vont être les plus connues, ça va être par exemple la pomme de terre, la carotte, la compote de pomme. Donc là, on continue à consommer des calories et il n'y a pas de limite sur la quantité, mais c'est juste un seul aliment. Et ça, on peut faire ça plusieurs fois par semaine. Il n'y a aucun risque, il n'y a aucune contre-indication.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux nous dire si c'est une pratique, en tout cas dans les différents jeunes que tu as cités, qui peut être déconseillée ? En tout cas, vers quelle personne ça s'adresse ? Parce que j'imagine que tout le monde ne peut pas entrer en vinsèque, tu vois, comme tu l'as dit. Est-ce que tu peux nous éclairer un peu là-dessus ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Vraiment, ça ne s'improvise pas et c'est bien de se renseigner et en tout cas pour la première fois de consulter un personnel de santé, soit un médecin, soit un naturopathe. poser un peu ces questions et voir si on rentre justement dans les contre-indications. Ce que j'ai cité en dernier, la monodiète, ça, il n'y a pas de contre-indications.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais ensuite, sur les autres types de gènes, on va toujours l'éviter pour déjà les femmes enceintes et les femmes allaitantes. C'est vrai que quand le corps est déjà beaucoup sollicité par un petit bébé qui arrive ou l'allaitement, on ne va pas venir lui demander un effort supplémentaire. On a besoin de vraiment toutes les ressources. pour accompagner ces processus physiologiques qui peuvent être très intenses. On va aussi le déconseiller pour toutes les personnes qui souffrent de TCA, troubles du comportement alimentaire, parce que toute privation, si elle est vécue psychologiquement, émotionnellement, de manière trop rude, elle peut venir nourrir un rapport plus obsessionnel à la nourriture. Ça vient vraiment challenger. Et moi, c'est vrai que je le dis toujours. aux personnes que j'accompagne, les plus grands freins qu'on a, ils sont plus dans notre tête que dans notre corps. Voilà, toutes les personnes qui souffrent de TCA, je pense que ce n'est pas la meilleure approche parce que la privation, elle peut être suivie d'une compensation et on rentrera dans le détail un peu après. Mais la pratique de jeûne, en fait, c'est la partie émergée de l'iceberg, mais pour bénéficier vraiment des bienfaits, c'est hyper important de bien faire ce qu'on appelle la descente alimentaire puis la reprise alimentaire après. Donc en fait, si on fait son jeûne mais qu'on l'a très mal supporté d'un point de vue psychologique, on peut avoir tendance à surcompenser après et donc là, ça va avoir plus de méfaits que de bienfaits.
- Speaker #0
Et puis j'imagine aussi que ça peut venir accentuer ces troubles qui sont déjà présents, donc c'est pas... C'est pas au point de vue... Oui.
- Speaker #1
Et après, il y a une palette dans les trucs du comportement alimentaire. Mais c'est vrai que, par exemple, si on parle à proprement parler de l'anorexie, il y a déjà un déficit calorique. Ce n'est pas le moment de venir en plus limiter l'apport calorique et aussi l'apport en minéraux, vitamines, oligo-éléments. Plutôt justement la dimension inverse. C'est strictement contre-indiqué pour les personnes qui sont en diabète de type 1 parce que forcément, on va venir dérégler le cycle de l'insuline, le cycle de la glycémie. Par contre, pour les personnes qui sont en diabète de type 2, ça dépend un peu à quel stade elles sont, parce que ça peut clairement avoir des bénéfices. Je parlais en introduction de l'usage qu'on en fait en Allemagne et en Russie dans les cliniques. Clairement, le trouble métabolique, donc qui comprend diabète, cholestérol et surpoids, c'est une des recommandations principales pour jeûner. Mais en fait, ça mérite d'être encadré et de vérifier la glycémie. voir s'il n'y a pas d'emballement. Il faut aussi faire attention justement à toutes les personnes qui ont des fragilités organiques fortes, type le rhéno, hépatique, parce qu'une fois de plus, il va y avoir quand même des variations, donc on ne sait pas exactement comment le corps réagit. C'est bien de ne pas prendre de risques. Après, pour finir, j'ai fait allusion justement avec le cas de l'anorexie ou même pour les femmes enceintes. Pour toute personne, il va être entre très affaiblie, en convalescence. Enfin, ça tombe un peu sous le sens, mais il y a des temps pour le jeûne et c'est un peu ça le grand paradoxe. C'est qu'il y a énormément de bienfaits pour la santé, mais déjà pour jeûner, il faut avoir un minimum de vitalité. En fait, il faut déjà avoir un peu un stock de ressources suffisant pour rentrer dans ce processus de détox. Quelqu'un qui est vraiment trop à plat, trop déminéralisé, trop fatigué, la priorité, ça va être d'abord de se reposer avant de venir encore plus solliciter l'organisme.
- Speaker #0
Oui, donc c'est vraiment un outil de prévention santé, plutôt ?
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux rentrer dans les détails sur les vertus du jeûne, les principales vertus ?
- Speaker #1
Oui, je pense que pour bien comprendre les vertus, c'est peut-être pas mal de comprendre les différentes étapes du jeûne parce qu'à chaque étape, il va se passer des processus métaboliques différents. Le premier jour, on va juste venir épuiser les ressources de sucre qui sont stockées sous différentes formes dans l'organisme. Donc d'abord, on va consommer... le glucose. Le glucose, je rappelle qu'il est circulant dans le sang, mais très vite, en fait, il est stocké dans le foie, dans les muscles sous forme de glycogène. Mais on ne peut pas en stocker des quantités très importantes, et donc on considère que les premières 24 heures, on va encore tourner, je dis tourner au sucre, et venir épuiser donc glucose et glycogène.
- Speaker #0
En termes d'énergie, vous pouvez dire ?
- Speaker #1
Exactement. En fait, le corps est assez fainéant, donc il va toujours aller vers la ressource la plus facile, et c'est le sucre. Après 24 heures, en général, on dit 24 heures, 48 heures, on va passer en cétose. La cétose, ça veut dire qu'on va utiliser les graisses comme carburant. Il faut avoir déjà consommé nos ressources en sucre pour passer sur cette production de corps cétonique. La production de corps cétonique a pas mal de bienfaits. Déjà, elle va produire... plus d'énergie. C'est un carburant qu'on considère plus efficace en d'autres mots.
- Speaker #0
Avec un meilleur ratio consommation et production d'énergie ?
- Speaker #1
Exactement. Ça va aussi produire moins de stress oxydatif. C'est pour ça qu'on considère que le jeûne est justement un très bon allié contre l'oxydation générale de l'organisme et le vieillissement accéléré en d'autres mots. On parle souvent du fait que le jeûne peut créer une forme de Merci. clarté mentale, d'un coup d'une forme de clairvoyance, de légèreté, de recul un peu sur la vie. Ça, ça s'explique de manière très simple. C'est que justement, quand on est sur les corps cétoniques, la production de sérotonine, donc la sérotonine, c'est cette hormone qu'on appelle un peu familièrement l'hormone du bonheur, du bien-être, elle va être multipliée par trois par rapport justement au stade où on consomme uniquement du sucre. Donc voilà, cette clarté mentale peut être déjà due à ça.
- Speaker #0
Et ça, c'est quelque chose que tu as ressenti, toi, dans tes pratiques ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Moi, si je parle un peu de mon expérience, je sens qu'il y a quelque chose de plus nerveux quand je suis encore à consommer du sucre où je vais avoir peut-être plus de variations émotionnelles, des émotions fortes. Et j'ai l'impression que quand je passe justement sur cette étape de l'acétogénèse, c'est comme si en fait mon cerveau avait plus... d'énergie à perdre dans des émotions très fortes, des réactions très virulentes. Il y a quelque chose qui est un peu moins sanguin, si je pourrais dire familièrement. Et c'est aussi pour ça que dans les retraites, la pratique du jeûne est souvent couplée à des pratiques spirituelles comme la méditation, le yoga, l'écriture. En fait, on y arrive beaucoup plus facilement. Il y a moins de séances et parasites. Ça, on le ressent très fort.
- Speaker #0
C'est ça que le ressent donc à partir du troisième, quatrième jour ?
- Speaker #1
En fait, ça dépend déjà de tous les différents corps. Ça dépend aussi si on a fait une purge. Une purge, ça consiste à prendre un produit, il y a différentes alternatives. On parle de l'huile de ricin, mais qui peuvent être assez irritants pour les intestins. Ou alors le sulfate de magnésium ou celle d'Epson. Ça, on va les ingérer au tout début du jeûne, la veille en général ou le matin. pour vraiment venir vider les intestins. Et donc, en fait, si on a évacué toutes les matières qui étaient encore présentes dans les intestins, en fait, on accélère le passage en jeûne. Donc, en fait, en fonction de si on fait ça ou non, de si on a bien fait sa descente alimentaire ou non, on va plus rapidement passer en cétogénèse, mais on peut y être à partir de deux jours dans la cétogénèse.
- Speaker #0
Oui, il y a quand même tout un process à respecter.
- Speaker #1
Complètement. Et en fait, plus on le fait bien et plus on va aller rapidement en cétogénèse.
- Speaker #0
Oui, tu potentialises les effets.
- Speaker #1
Complètement. Et puis après, il y a des métabolismes qui sont plus ou moins rapides, plus ou moins efficaces. Donc ça, ça reste aussi juste la magie du corps.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Individualiser comme toujours.
- Speaker #1
Et si je termine sur ce qui se passe justement quand on passe aussi dans cette cétogénèse, il y a un gros bouleversement hormonal. on va avoir des hormones qui jouent... ensemble. Il y a la leptine et la gréline qui sont hyper importantes sur les processus de la faim et de la satiété. La gréline... C'est l'hormone qui envoie au cerveau l'info qu'il faut manger parce qu'il a faim. Il y a la leptine, à l'inverse, qui, elle, envoie une information de satiété. Et quand on est en cétogénèse, on voit qu'il y a une grosse augmentation de leptine et une diminution de gréline. C'est ça qui fait qu'en fait, on a faim en général au début, quand on est toujours justement à consommer des causes glucogènes, et très rapidement, la faim, ce n'est pas du tout notre plus gros ennemi. plutôt l'ennui. C'est beaucoup ça qui je trouve est plus challengeant parce qu'en fait on ne se rend pas compte mais on consacre tellement de temps dans la journée à penser à nos repas, faire les courses, préparer les repas, manger, faire la vaisselle, penser au second repas. Ah tiens, oui, ça libère beaucoup de temps.
- Speaker #0
Je te confirme.
- Speaker #1
Les journées, elles peuvent paraître très très longues.
- Speaker #0
C'est génial pour retrouver du temps. Voilà.
- Speaker #1
Personne un peu débordée qui trouve que les journées passent trop vite. J'en ai pas les comptes. Ça libère beaucoup de temps. Et bien sûr, ça va sous le sens, mais vu qu'on n'a plus de sucre, on a aussi une chute de l'insuline et une augmentation du glucagon, qui est l'hormone un petit peu miroir. Ça, c'est sur la cétogénèse. On pourrait parler des heures de tous les bienfaits. Au global, il y a déjà ces bouleversements-là. Et on se rend compte aussi que... sur tous les cas qui ont été analysés, parce que c'est quand même assez documenté scientifiquement, il y a une réduction globale de l'inflammation, ça c'est assez net, et il y a aussi un effet neuroprotecteur, donc protecteur justement du cerveau, et c'est aussi pour ça qu'on le recommande maintenant de plus en plus pour toutes les maladies neurodégénératives et les personnes qui aussi ont des sans-décédents, et ça clairement, c'est hyper conseillé.
- Speaker #0
Il y a un mécanisme qui intervient dans le jeûne qui s'appelle l'autophagie.
- Speaker #1
Tu pourrais nous en parler ? L'autophagie, on y arrive. Donc, c'est après l'acétogénèse.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas, si je peux être plus claire, ce n'est pas on a fini l'acétogénèse et après on fait l'autophagie. C'est à partir du 2-3e jour où on lance l'acétogénèse qui va durer tout le processus du jeûne. Mais à partir du 3 ou 4e jour, Pareil, ça dépend des métabolismes. On rentre en autophagie, mais qui vient s'additionner à l'acétogénèse.
- Speaker #0
Oui, c'est des mécanismes qui se produisent en parallèle l'un l'autre.
- Speaker #1
Voilà, qui se superposent. C'est pour ça qu'en général, on dit minimum trois jours pour les bienfaits du jeûne, parce que ce processus d'autophagie arrive en général vers le 3-4e jour, même si c'est difficile de savoir. Il n'y a pas un moment où on se dit « Ah, je suis rentrée en autophagie » . C'est assez imperceptible. Mais donc, troisième jour, l'autophagie, c'est un processus de nettoyage cellulaire. C'est quand on considère que les cellules se mettent en mode recyclage. C'est un processus assez complexe qui a été théorisé par un chercheur japonais. Il s'appelle Yoshinori Oshumi et il a reçu pour ça un prix Nobel en 2016. Donc, c'est très bien documenté si vous voulez creuser le sujet. en fait à partir du moment où Les cellules ne sont plus occupées à juste digérer les aliments qui sont ingérés au quotidien, qui d'ailleurs, on considère que ça consomme un tiers à un quart de l'énergie. Donc en fait, digérer, c'est vraiment très énergivore. Il faut avoir ça en tête. C'est souvent aussi pour ça qu'on a un coup de barre. Pas que, mais en partie pour ça. Mais donc en fait, quand il n'y a plus de nouveaux nutriments à digérer, les cellules vont rentrer dans ce processus d'autophagie. qui consiste à recycler tous les composants cellulaires qui sont endommagés. Il va y avoir des lysosomes qui contiennent des enzymes qui vont venir chercher les petits déchets dans les cellules et rentrer dans un processus qu'on appelle la phagocytose où au résultat, ils vont pouvoir les divérer ces déchets-là et les évacuer. On ne peut rentrer que dans ce processus quand on arrête de manger. C'est pourtant hyper précieux pour... la prévention des maladies, la prévention des cancers notamment, et aussi un rôle clé dans la longévité. Et du coup, suite à ce prix Nobel, ce chercheur Yoshinori Oshimi a montré qu'il y avait vraiment un impact significatif sur la prévention des maladies d'origine génétique, aussi tout ce qu'on appelle les missiles et les maladies chroniques des intestins type Crohn, aussi beaucoup de bénéfices sur... toutes les maladies neurodégénératives, donc Parkinson, Alzheimer, etc. D'où l'intérêt aussi de jeûner régulièrement. Quand on dit régulièrement, ça n'a rien de se poursuiter le métabolisme avec déjà en plus des rythmes de vie. souvent frénétiques, mais une fois par an, et particulièrement avec l'âge.
- Speaker #0
D'accord. En gros, pour revenir sur l'autophagie en deux mots, c'est le grand ménage de printemps dans le corps.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Alors, ce qui est intéressant aussi, dans le jeu de ma tête, on a parlé, c'est que finalement, c'est quand même très documenté au niveau scientifique.
- Speaker #1
Ça pourrait l'être plus. C'est vrai que c'est le médicament le plus puissant, mais aussi qui est complètement gratuit. qu'en France... aujourd'hui pas mal de freins. Clairement, les lobbies pharmaceutiques ne sont pas hyper friands d'une pratique qui ne leur rapporte rien. C'est assez inégal en fonction des pays. On en parlait, mais c'est vrai qu'en Allemagne, en Suisse, en Russie, le jeûne est vraiment intégré au parcours de santé, c'est-à-dire qu'il y a vraiment du personnel médical qui est formé à ça et qui peut accompagner dans des cliniques. Et là, c'est hyper précieux aussi parce que ça veut dire qu'on peut accompagner des personnes qui ont des pathologies. et vérifier leurs indicateurs tous les jours, prendre leur tension, faire des prises de sang, ce qui permet de prendre aucun risque. Parce qu'aujourd'hui, en France, en tant que naturopathe, on est très mal protégé, vu que c'est une profession qui n'est pas reconnue. Et donc, en fait, dans les retraites de jeunes, et c'est là le grand paradoxe, moi, je n'accepte pas, par exemple, des personnes qui ont des pathologies avancées parce qu'en fait, c'est trop risqué. Donc, en fait, c'est les personnes qui en ont le plus besoin qui y ont le moins accès. Et ça, c'est vraiment dommage. Mais oui, il y a de plus en plus d'études, et notamment dernièrement sur le jeûne intermittent. Donc bien sûr, il y a toujours un peu des effets de mode. Il y a notamment une chercheuse qui a une chaîne Instagram qui est assez connue, qui s'appelle Glucose Goddess, qui a beaucoup analysé sa glycémie en fonction de sa consommation alimentaire. Et ça a permis aussi de démocratiser un peu cette pratique du jeûne intermittent. Et aussi aux États-Unis, ils sont assez pionniers justement. de la recherche sur les différents mécanismes du jeûne. Donc, je dirais de plus en plus, mais on n'y est pas encore, qui est assez nouveau en ce moment et vraiment, j'en suis contente. On s'est rendu compte que pour accompagner la chimiothérapie, c'était très bénéfique justement de jeûner un peu avant, quelques jours, et quelques jours après. Ça ne tombe pas forcément sous le sens parce qu'on peut se dire « Ah bah tiens, c'est déjà très très fort pour le corps » . Donc, on a envie d'avoir le maximum de ressources. Mais en fait, on s'est rendu compte que justement, en étant en cétogénèse, le corps se remettait beaucoup mieux de la chimiothérapie et ça fonctionnait avec des meilleurs résultats. Donc là, il commence à y avoir quelques recherches intéressantes, ce qui fait que les médecins les plus ouverts commencent à le conseiller. Mais honnêtement, c'est quand même assez timide. Il faut tomber vraiment sur les bonnes personnes et ce n'est pas partout le cas.
- Speaker #0
Oui, puis tu le disais tout à l'heure, quand tu penses que le corps a besoin de mobiliser un tiers de son énergie pour la digestion, c'est sûr que si tu affectes cette énergie à autre chose, forcément, ça ne peut être que bénéfique.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Alors, si on a envie de se lancer dans la pratique d'un jeûne, qu'est-ce que tu recommandes ? Est-ce que tu recommandes de se faire accompagner par un naturopathe ? Quelle est, d'après toi, la meilleure démarche à initier pour commencer un jeûne ?
- Speaker #1
Je trouve que... pratiquer en groupe, ça permet vraiment de se sentir soutenu, de s'occuper. Si tu disais le plus gros ennemi, c'est plutôt l'ennui. Aussi d'être rassuré parce que quand c'est la première fois, on peut passer par des phases où on a des effets assez désagréables qui peuvent faire un peu peur. On a en fait ce qu'on appelle une crise curative ou une crise de détox. C'est dans les premières heures, premiers jours du jeûne. On peut avoir, et ça, ça dépend aussi de notre hygiène de vie déjà au quotidien, mais on peut avoir, par exemple, des maux de tête. Ça, notamment, c'est très souvent le cas pour les personnes qui consomment beaucoup de café, beaucoup de sucre. On peut avoir un gros coup de fatigue parce que, vu qu'on arrête de consommer des excitants, oui, en fait, la fatigue nous rattrape. Donc, bref, plein, plein, plein d'effets qui peuvent être un peu désagréables. peuvent faire un peu peur. Je sais qu'il y a souvent des personnes que j'accompagne qui me demandent « mince, est-ce que c'est normal ? » Voilà, il peut y avoir un peu de panique et le fait d'être en groupe, ça aide.
- Speaker #0
Oui, ça rassure.
- Speaker #1
Après, il y a plein de manières d'y aller progressivement et je pense qu'il faut d'abord se rassurer mentalement plus que physiquement. Donc, ça peut être chouette de commencer déjà de temps en temps par faire une monodiète. Donc, on se dit « vas-y, ce soir, je fais juste un repas où je vais manger de la compote de pommes. » Ensuite, on peut commencer par le faire peut-être sur une journée complète, donc de monodiète. Ce n'est pas une monodiète à proprement parler, mais on peut aussi le faire avec des jus verts. un jus qu'on va faire à l'extracteur avec une bonne base, au moins 50-60% de légumes verts et le minimum possible de fruits pour avoir le minimum de sucre. Sinon, c'est un peu contre-productif. Et puis après, on peut commencer progressivement à faire un jour juste à l'eau, même si on se rappelle les différentes phases du jeûne. En fait, c'est en général le premier jour qui est le plus dur et où on n'a pas encore les bénéfices justement de l'acétogénèse, puis de l'autophagie. Et donc, ça peut être aussi un peu décourageant. Mais après, pour les durées, on va dire, en général, c'est un jour, puis trois jours, cinq, sept, quatorze, vingt-et-un. C'est un peu les durées établies. Je dirais qu'à partir de trois jours pour la première fois, c'est quand même important de le faire encadrer. Déjà, pour répondre à ces questions, pour s'assurer que tout est normal, parce que dans la crise curative, oui, c'est normal d'avoir Donc des maux de tête, de la fatigue, parfois un peu de sentissons d'acidité. C'est vrai que je ne l'ai pas dit, mais pendant la cétogénèse, il y a plus d'acide ostoxique qui est créé par le corps. Ça, ce n'est pas dramatique, ça se régule quand on reprend l'alimentation. Mais voilà, on peut avoir des erreurs d'estomac, la faim peut être assez dure. Mais il y a des effets secondaires qui, honnêtement, sont rarissimes, enfin, moi, que j'ai très, très peu observé. mais sur lesquelles il faut un peu s'inquiéter, notamment s'il y a de l'attaque cardique qui ne s'arrête pas, c'est-à-dire augmentation du rythme cardiaque pendant au moins toute une journée. S'il y a des vomissements vraiment debiles, pareil, répétés, ça peut arriver, c'est rare, mais j'ai déjà vu ça sur des personnes que j'accompagne, d'avoir des vomissements la première ou la deuxième nuit, surtout pour les personnes qui n'ont pas fait la purge. Donc là, il faut un petit peu s'inquiéter. Il faut faire aussi attention pour des personnes qui, de base, ont déjà une tension basse. Est-ce qu'il peut y avoir des vertiges, un peu d'hypotension ? Ça apparaît, je ne sais pas, alarmant, mais c'est toujours bien de ne pas être tout seul. Juste en fait, dans le cas où on est un petit malaise vagal, on tombe, on se fait mal, c'est rarissime. Mais en fait, il ne faut pas trop prendre le risque. Et il faut aussi s'inquiéter si... Par exemple, s'il y a des douleurs qui ne sont pas attendues, type des douleurs abdominales sévères ou si ça réveille quelque chose.
- Speaker #0
Et dans ces cas-là, qu'est-ce que tu fais ? Tu reprends ton alimentation normalement ?
- Speaker #1
Moi, ce que je fais, c'est que dans les jeûnes, j'ai toujours quelques bananes au cas où vraiment quelqu'un soit obligé de reprendre. Bien sûr, c'est toujours mieux de recommencer par des fruits, des légumes. et de surtout pas commencer par de la viande, du poisson, des choses beaucoup plus difficiles à digérer. Après, c'est quand même vraiment des cas qui sont rarissimes. Bien sûr, c'est une pratique qui peut faire peur, mais la plupart du temps, ce qui se passe, c'est un peu de fatigue, une langue un peu chargée, ce qui montre aussi le processus de détox, peut-être des odeurs corporelles qui vont un peu changer. Bien sûr, on va avoir aussi un peu plus froid. parce que le corps se met aussi dans un processus de réparation. Le métabolisme tourne au ralenti. C'est d'ailleurs aussi pour ça qu'on conseille de ne pas jeûner en hiver. D'ailleurs, le corps est déjà assez sollicité. Donc, l'idéal, c'est de le faire aux mi-saisons, donc printemps et automne. Et puis après, chacune, chacun traverse aussi des processus qui lui sont très propres. Et moi, c'est aussi ça que ça m'a montré, en fait, en accompagnant des personnes. c'est qu'il n'y a vraiment pas de règles. Il y a des personnes parfois qui arrivent, qui ont une très mauvaise hygiène de vie, qui ont mal fait la descente alimentaire, qui sont en surpoids, et puis en fait, qui vont être en pleine forme, qui ne vont pas du tout sentir aucun effet négatif du jeûne. Et puis il y en a d'autres qui ont une super hygiène de vie, qui ont déjà jeûné, et qui arrivent et qui vont passer les deux premiers jours au lit, hyper fatigués, avec des nausées, des frissons. honnêtement il n'y a vraiment pas de règles et parfois il y a un jeune qui se passe bien on ne change rien dans son hygiène de vie et puis l'année d'après c'est beaucoup plus difficile je pense aussi qu'il faut faire confiance au corps qui suit son propre processus et c'est vrai ce qu'on dit souvent aussi en naturopathie c'est que si on a des symptômes c'est aussi plutôt bon signe parce que ça veut dire que le corps a suffisamment de vitalité pour venir les exprimer et c'est pour ça que je trouve que c'est important de faire confiance aussi au processus
- Speaker #0
Et les effets qui sont les plus durs passent en général après le premier, deuxième jour. Et au troisième jour, on arrive à un état plus méditatif, avec plus de clarté mentale. Et on se rappelle pourquoi on fait ça. Et c'est aussi ça qui fait que je trouve que les choses sont bien faites. Parce qu'on finit sur une note qui est positive. Et c'est ça dont on se rappelle. Et c'est ça qui fait que les gens recommencent et les gens reviennent. Moi, c'est vrai que ça m'a agréablement surpris, mais je me rappelle la première retraite de jeûne que j'ai faite. J'ai justement réalisé que ce n'était pas aussi simple pour tout le monde. Je pense que moi, j'ai eu une facilité à rentrer dans la pratique parce que j'ai commencé assez jeune et ça a toujours été très facile. Ce n'est pas du tout ce que je conseille, mais je vois que maintenant, aujourd'hui, je peux continuer à travailler en même temps. Honnêtement, je vois assez peu de différence entre l'état où je jeûne et l'état où je ne jeûne pas. Et donc je pensais que c'était comme ça pour... tout le monde. En fait, non. Et voilà. En fait, il y a des personnes pour qui c'était hyper difficile et je me rappelle la première fois, j'avais un peu paniqué en me disant, mince, est-ce qu'ils sont OK ? Et au final, la plupart sont revenus l'année suivante et je me suis dit, ah oui, OK. Même si c'est difficile, je pense qu'on se rend quand même toutes et tous compte que ça fait vraiment du bien au corps, qu'on ne reprend pas non plus. l'alimentation de la même manière, ça permet d'y mettre beaucoup de conscience. Et c'est pour ça que la reprise alimentaire, d'ailleurs je n'en ai pas parlé mais je vais l'expliquer juste après, est tout aussi importante que le jeûne lui-même. Parce que forcément notre estomac s'est énormément réduit et quand on a passé trois jours à repenser aux aliments, parce que ça fait aussi beaucoup partie du jeûne de penser à ce qu'on va remanger, la première chose... qu'on met dans sa bouche, dans son ventre. En fait, tous les capteurs sensoriels sont hyper réceptifs. Donc, c'est une expérience qui est incroyable. Je me rappelle à chaque fois la première chose qu'on remange. Les sensations sont vraiment décubées. Et ça permet du coup de mettre beaucoup de conscience sur l'alimentation parce qu'en fait, nombre des personnes conscientisent même plus ce qu'elles mangent parce que... On mange rapidement devant son ordi, devant la télé, il y a les enfants qui y vivent, on est pressé, on n'a pas le temps, on fait quelque chose en même temps et on ne se rend même plus compte de ce qu'on met dans notre corps au quotidien, c'est devenu un peu une habitude. Et là, clairement, il y a beaucoup de gratitude pour ce truc incroyable qui est de manger et ça, c'est souvent quelque chose que j'entends, c'est « ah bah, ça m'a permis de, en fait, encore plus » plus à apprécier ce que je mange et ça, c'est hyper précieux. Remettre de la conscience sur l'alimentation et c'est aussi pour ça que quand il y a des personnes qui viennent juste pour maigrir, moi je parle pas du tout du côté perte de poids dans le jeûne, vraiment à dessein parce que si on pense que c'est juste arrêter de manger qui va nous faire perdre du poids, mais qu'on n'est pas prêt à opérer des changements ensuite, bah en fait... tout ce qu'on a perdu mécaniquement, on va le reprendre si on ne change rien dans son hygiène de vie. Mais par contre, si on joue le jeu à fond et que vraiment on fait une bonne reprise alimentaire, peut-être qu'on va prendre aussi conscience du fait qu'on mange sans écouter notre corps, sans écouter notre faim, qu'il y a des choses qu'on met dans notre corps qui ne sont peut-être pas forcément les bonnes. Et c'est cette prise de conscience qui va permettre de la prise de poids. Mais ce n'est pas le jeûne en soi. Donc la descente et la reprise. C'est la même chose, mais symétriquement dans l'autre sens. Donc en fait, pour venir préparer le corps à arrêter puis à reprendre l'alimentation, tout simplement, on va venir progressivement arrêter des grandes familles d'aliments, des plus toxiques, des plus difficiles à digérer, au moins toxiques. Je ne vais pas donner des jours parce qu'en fait, c'est toujours proportionnellement au nombre de jours de jeûne. D'accord. Donc si vous jeûnez trois semaines... la descente commence trois semaines plus tôt et reprend trois semaines plus tard. Donc tu me demandais tout à l'heure les grands conseils que j'aurais. Déjà, c'est de prévoir une durée longue où on ne va pas être dérangé par le travail ou par des impératifs. Parce que si on veut vraiment pleinement profiter des bénéfices du jeûne, c'est important de pouvoir s'y dédier totalement. Et donc, par quoi on commence ? Toujours par ce qu'on appelle les toxiques en naturopathie. Et par là, j'entends le tabac, l'alcool, le café, les drogues. Il faut déjà être prêt, prête. Si par exemple, on est fumeur, arrêter de fumer, clairement pas facile. Et d'ailleurs, quand je dis drogue, c'est drogue légale et drogue illégale. à la fois les médicaments, c'est pour ça que les personnes qui sont sous traitement lourd, ça fait partie des contre-indications, parce qu'en fait, on ne peut pas jeûner tout en continuant à avoir des apports. Les médicaments sont des apports. On ne peut pas demander à une personne qui a une pathologie lourde d'arrêter ses médicaments. Surtout, je le dis, n'arrêtez pas vos traitements chez vous si vous jeûnez. Demandez à votre médecin d'abord, ça ne fait pas n'importe quoi, s'il vous plaît. Donc, les premiers toxiques, ensuite on va arrêter les protéines animales. donc la viande, le poisson, très rapidement le sucre, ensuite, quelques jours plus tard, le gluten, le lactose, et les derniers jours, on va terminer uniquement par des fruits, des légumes. Ce qu'on aime bien le dernier jour, c'est que ce soit cuit et dans l'idéal mixé, donc soit de la purée, soit une soupe, ou même des bouillons, pour vraiment que ce soit le plus... plus facile à digérer et l'avantage d'avoir encore des fibres, c'est que ça peut avoir ce rôle de balai intestinal. Et donc, quand on reprend, c'est la même chose. Très progressivement, on remet toutes les catégories d'aliments. Et moi, ce que je dis toujours, c'est que si on peut retarder au maximum la réintroduction, allons-y gaiement. Et si on pouvait s'arrêter et ne jamais reprendre... Le gluten, le lactose, le sucre et tous les toxiques, ça serait pour le mieux. Mais voilà, ce n'est pas non plus possible pour tout le monde. Mais c'est important de respecter cette durée. Et je vais aussi mettre un peu les pieds dans le plat. Mais il y a eu des accidents justement sur les jeunes, de personnes qui ont fait n'importe quoi. Il y a notamment eu, il y a quelques années, une personne qui est décédée. Et on prend souvent ça justement en contre-indication du jeune. c'est une personne qui avait jeûné pendant trois semaines sans encadrement et qui, à la reprise, a mangé un burger, des frites et a bu des bières. En fait, ça, le corps n'a pas surporté. Il y a eu une perforation de l'estomac parce qu'il y a eu un trop gros apport et la personne n'a pas été hospitalisée suffisamment tôt et on est décédé. Mais ça, j'ai envie de dire, c'est aussi un petit peu du bon sens. À la fin, l'estomac, au bout de plusieurs jours de jeûne, ça va être la taille d'une mandarine. Donc forcément, si vous lui faites ingérer cinq fois son volume, ça reste une muqueuse. Donc ce n'est pas magique, c'est comme un ballon de baudruche. On remplit, on remplit, mais il y a un moment où ça éclate. Les premiers jours de reprise, vous allez peut-être manger 20 centilitres d'un jus de légumes le midi, puis le soir, un bouillon. Il faut aussi y aller progressivement. Et c'est pour ça que pour les premières fois, c'est bien de commencer avec des petites durées pour avoir encore assez d'énergie. tenir la reprise parce que avec la reprise, la faim revient et puis il y a aussi le mental qui revient où après la privation, on a envie de se gonfler. Mais c'est là où il faut être vraiment fort et c'est aussi là où c'est important d'être bien encadré. Je trouve de comprendre aussi comment ça fonctionne, on se rend compte que je pense que c'est plus motivant. C'est toujours en comprenant que c'est plus facile d'appliquer les choses. Là, on revient qui dit Moi, j'aime bien donner cette image, mais il y a un peu un grand reset. Et c'est comme si on revenait à un état de pureté comme un enfant. En fait, un enfant, on ne le fait pas manger comme un adulte.
- Speaker #1
Une bière et un café. Oui,
- Speaker #0
ça ne va pas du tout aller. Et puis, en fait, le corps a été habitué à ne plus aussi se protéger. Et c'est pour ça qu'aussi le processus d'inflammation chute énormément. En fait, même si vous mangez des choses très saines, déjà à partir du moment où c'est cuit, ça active le processus qu'on appelle l'hyperleucocytose digestive, parce que le corps a du mal à reconnaître les aliments qui ne sont pas crus. Et donc, il y a une réaction immunitaire qui s'appelle l'hyperleucocytose, où en fait, le corps met un peu de temps avant de se rendre compte que non, les aliments cuits ne sont pas des ennemis, il ne peut les ingérer. Mais quand on arrête de manger, Et bah... L'immunité aussi peut se concentrer sur la réparation, l'autophagie, on en parlait tout à l'heure, et arrêter de se défendre contre les agressions extérieures. Mais le temps de se remettre justement en mode protection contre les agressions extérieures, de remobiliser les troupes, si je peux prendre cette image, met un peu du temps. Donc c'est important d'envoyer progressivement les informations au corps pour qu'il s'habitue.
- Speaker #1
Alors tu nous as expliqué beaucoup de choses, c'est passionnant. Toi, tu as une grande expérience du jeûne et puis tu organises des retraites. Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça se passe concrètement dans tes retraites ? Qu'est-ce que vous faites puisque vous ne mangez pas ? Comment vous vous occupez ?
- Speaker #0
C'est hyper intéressant parce que, comme je disais, vu que moi j'étais assez familière, au début je m'étais dit le bon format ça va être trois jours de jeûne hydrique en étant ensemble la veille où on fait la purge, le dernier repas ensemble et puis le repas de reprise ensemble qui est en général assez joyeux, même si on mange très peu. Mais je me suis rendu compte que c'était quand même assez dur pour des personnes. qui c'était la première fois avec beaucoup de fatigue, de faiblesse. Et résultat, ce n'était pas toujours très énergique, très joyeux. Et notamment, je trouve que c'est hyper important d'accompagner le métabolisme en ayant une activité physique, donc en marchant, en faisant du yoga doux. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a beaucoup de centres qui font jeûne et randonnée. Et ça, c'est génial aussi parce qu'on s'oxygène, on est dehors, on est en mouvement. c'est vrai que si on reste chez soi à ne rien faire déjà on s'ennuie et aussi ça peut un peu décupler les effets négatifs alors si le métabolisme est actif, déjà ça permet aussi de limiter la fonte musculaire parce que c'est vrai qu'à partir de J plus E quand on a fini de consommer glucose et glycogène il y a une petite fonte musculaire, on va taper dans les protéines honnêtement c'est souvent un contre-argument qu'on donne aux jeunes, c'est très limité Merci. On va beaucoup plus rapidement après aller dans les corsétoniques, c'est-à-dire les cellules graisseuses.
- Speaker #1
Et puis, on récupère tout ça dès qu'on a la reprise alimentaire, de toute façon.
- Speaker #0
Oui, franchement, si on reprend la même pratique sportive en quelques semaines, même pas, ça revient à l'état normal. Donc, il ne faut pas paniquer. Et résultat, c'est vrai qu'il y a quand même une forme d'austérité dans le jeûne hydrique. Pour des personnes qui ne sont pas habituées, ça peut être très dur. peut être fatigant. Et maintenant, ce que je fais qui est plus joyeux, c'est d'avoir un apport en juduaire. Donc, on considère qu'à partir du moment où on est en dessous de 200 calories par jour, on peut encore atteindre le processus de cétogénèse et d'autophagie. Donc, c'est ce qu'on appelle en anglais le fast mimicking diet. Je crois que c'est ça. Le régime imitant le jeûne. Quand on est en dessous de 200 calories, ça fonctionne. Et avec des jus verts, dans lesquels on met très peu de fruits pour avoir très peu de sucre, on est dans cette catégorie-là. Ce qui est top, c'est que déjà, ça permet de garder le rythme des trois repas par jour. Les personnes se retrouvent, elles touchent des aliments, des fruits, des légumes. On prépare ensemble. C'est hyper bon, il y a plein de couleurs. C'est aussi très joyeux. Et je me rends compte aussi que les personnes que j'ai en stage, avec aussi nos modes de vie, sont de plus en plus fatiguées, déminéralisées, stressées et aussi souvent carencées. Donc le jeûne, en fait, ça fonctionne bien si on est déjà en pleine forme et qu'on a aussi assez de ressources pour rentrer en jeûne, c'est-à-dire qu'on n'est pas carencée en vitamines, en minéraux, en oligo-éléments. Si en fait, on est hyper stressé, qu'on mange... pas de manière très équilibrée, qu'on ne mange pas bio, qu'on loupe des repas, qu'on ne se complémente pas. Forcément, aujourd'hui, rien qu'en magnésium, les études montrent que sur un panel moyen de Français, ceux qui ne se complémentent pas, il y a 80% des personnes qui sont carencées. Dans les femmes actives qui ont leurs règles, la plupart sont carencées en fer, en vitamine D, pareil, de novembre à mars, sous nos latitudes, la plupart des personnes sont carencées. Donc, l'avantage du jus vert, c'est que ça permet de justement venir reminéraliser avec quelque chose de très assimilable parce qu'il y a zéro fibre dans le jus vert. On explique qu'en fait, en 15-20 minutes, tous les nutriments macro-micro vont être assimilés. Ça permet aussi d'avoir moins d'obstacles psychologiques parce qu'on absorbe quelque chose, même si au final, c'est très peu. Donc ça, ça aide. Et après, sur la... composition des journées. Moi, ce que j'aime bien, c'est toujours commencer par une pratique corporelle douce, type du yoga. Donc moi, je ne suis pas prof de yoga, mais je me suis associée avec quelqu'un qui donne des cours. Ça, ça aide beaucoup. On s'en suit toujours une marche, où on marche très longtemps, lentement, pardon. On fait des pauses, on observe aussi, parce que c'est vrai que nos sens vont être aussi décupés. par la cétogénèse. Donc, ça peut être chouette aussi de faire des temps en silence, des temps plus méditatifs. Ensuite, le jus. Après, j'aime bien aussi coupler la pratique du jeûne avec la respiration. Je me suis formée au breastwork, qui est une pratique assez puissante, qui est un exercice de respiration, autrement appelé la respiration holotropique, qui aussi va avoir clairement des bénéfices spirituels, faire circuler les émotions qui vont être très puissantes. et décuplé par le jeûne. Je précise pour les personnes qui connaissent un peu la pratique que je le fais avec une approche beaucoup plus douce qu'en temps normal, parce qu'avec l'hyperventilation, on peut aussi avoir, avec l'augmentation de l'apport en oxygène, des vertiges, etc. Donc respiration, je réapprends aussi les différentes techniques de respiration auxquelles on est formé en naturopathie. Donc déjà, qu'est-ce que c'est respirer de manière thoracique, de manière abdominale ? Donc on va venir vraiment le... le pratiquer dans le corps, qu'est-ce que c'est la respiration en triangle, la cohérence cardiaque. Donc aussi plein d'outils avec lesquels les personnes peuvent repartir chez elles. Ça, c'est vraiment chouette en général, c'est bien apprécié. J'aime bien toujours être sur des lieux dans lesquels on peut pratiquer le sauna. Pareil, ça, c'est une technique qui va permettre de faciliter énormément l'élimination et donc d'accompagner le processus du jeûne. Cette année... Je me suis aussi associée avec une personne qui faisait du massage. Elle travaillait sur les fascias, donc hyper puissant pour accompagner le jeûne. Ça permet aussi de soulager quand il y a des douleurs musculaires ou articulaires qui peuvent aussi être décuplées un peu dans le jeûne. En général, ça passe, mais parfois, il y a un peu des souvenirs de douleurs du passé qui reviennent. Par exemple, des personnes qui se sont fait une fracture il y a quelques années, qui disent « Ah tiens, ça me refait mal au même endroit » . Donc ça, c'est intéressant aussi parce que je pense que, bien sûr, c'est lié au processus d'autophagie où il peut y avoir des vestiges qui sont stockés dans le corps, qui ne sont pas totalement réparés, pas totalement éliminés. Et là, le corps, vu qu'il n'a plus à gérer les urgences et les agressions du quotidien, va pouvoir se concentrer sur une réparation un peu plus profonde. Donc voilà, le massage peut énormément aider, mais c'est bien aussi de vraiment prendre du temps pour se reposer. de ne pas avoir des journées trop chargées. Là, c'est déjà pas mal chargé. Mais de prendre du temps pour l'introspection, pour écrire, pour méditer, pour lire, et puis pour dormir, en fait. La plupart des gens que je vois en stage, dès qu'ils font un peu pause, ils s'écroulent. Et pour moi, le jeûne, c'est aussi cette période où l'idéal, c'est de venir vraiment décrocher. Un truc assez chouette, et c'est là où je trouve en fait plus que le corps est bien fait, c'est que les écrans donnent pas mal la nausée. Et cette année, pareil, un peu nouveauté, ce que j'ai proposé, c'est de faire aussi une détox numérique. Poser les téléphones dans une boîte, et ça s'est bien marché, même si c'est franchement difficile. Mais ça permet vraiment de faire une pause du quotidien. Ça, je le conseille, mais il y a des personnes pour qui c'était plus difficile de lâcher leur téléphone que d'arrêter de manger. C'est intéressant de voir où sont les fins.
- Speaker #1
C'est incroyable. Super. Est-ce que peut-être... Tu as des lectures ou des documentaires, des choses à nous conseiller si on a envie de compléter l'épisode par d'autres sources ?
- Speaker #0
Oui, il y a deux documentaires qui sont disponibles sur Arte, qui ont été faits par les mêmes réalisateurs que souvent, justement, je diffuse pendant les retraites. Ils ont été faits à dix ans d'intervalle, donc c'est intéressant parce qu'il y a aussi quelques avancées scientifiques qu'ils ont mises en avant. Il y a le jeune, une nouvelle thérapie. et le jeune enquête sur un phénomène. Ça, je les conseille vraiment. Ils sont très accessibles. Et les réalisateurs qui travaillent ensemble, c'est Thierry Delestrade et Sylvie Guillemont, ou Gilles Mont, enfin, avec un G.
- Speaker #1
Je mettrai les références dans les notes de l'épisode.
- Speaker #0
OK, super. Et après, en livre, c'est intéressant parce que c'est un professeur qu'on avait justement eu en formation au Sénato qui s'appelle Alain Lleau. Il a fait aussi deux bouquins sur le jeûne qui sont pas mal. Il y en a un qui est très court, je ne sais plus exactement le nom, c'est Le Jeûne Quelque Chose, qui est vraiment manuel, pratique pour jeûner. Il rentre aussi un peu plus dans le détail sur des petites choses qui peuvent aussi aider au quotidien dans le jeûne. Et il a fait une version beaucoup plus longue, vraiment où il reparle de l'histoire du jeûne à travers les siècles. Et ça, c'est aussi intéressant de voir que... Souvent, les personnes qui jeûnent, on va, comment dire, et parfois, les détracteurs vont pouvoir dire, tiens, pratique un peu sectaire extrême. Alors qu'au final, ça a été pratiqué à travers les siècles, et c'est juste qu'on l'a oublié depuis un demi-siècle, mais on n'invente absolument rien avec le jeûne. Et d'ailleurs, je ne suis pas re-rentrée dans ce détail-là, mais je rappelle que le corps, en fait, est génétiquement programmé pour jeûner et pas du tout pour ingérer des aliments aussi régulièrement et dans les quantités qu'on fait aujourd'hui. Archaïquement, on avait des périodes de fastes grâce à quelque chose qu'on aurait pu... trouver en chassant ou un arbre avec plein de baies ou des choses qu'on va pouvoir ingérer, mais toujours suivi de périodes de disette où il y a moins d'apports alimentaires. Donc, génétiquement, le corps est vraiment programmé pour jeûner, avec toujours cette alternance, justement, alimentation et absence d'aliments.
- Speaker #1
Super. Merci beaucoup, Sonal. Est-ce que tu peux nous dire où on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Là où je publie le plus, c'est sur mon compte Instagram, c'est so-naturalistic c'est en un mot, la contraction de natural et holistique. Super !
- Speaker #1
Merci beaucoup Solène.
- Speaker #0
Je t'en prie, merci à toi.
- Speaker #1
A bientôt. Merci d'écouter Les Lois Naturelles. Pour prolonger l'aventure, retrouvez-moi sur mon compte Instagram, Les Lois Naturelles, et abonnez-vous à la newsletter du podcast pour recevoir des conseils et des ressources en exclusivité. Et si vous souhaitez un suivi personnalisé, je serai ravie de vous accompagner en consultation individuelle sur votre chemin de santé naturelle. A très vite dans le prochain épisode, prenez soin de vous.