- Speaker #0
La santé est notre bien le plus précieux, il nous appartient de la préserver. Bienvenue dans Les Lois Naturelles, le podcast dédié à la naturopathie et la cuisine santé, dont l'objectif est de promouvoir la santé intégrative. Je suis Camille Langlet, naturopathe certifiée spécialisée en naturopathie de l'enfant. Chaque jeudi, je vous retrouve en solo ou aux côtés de l'un de mes invités pour des conseils pratiques en santé naturelle, des témoignages de vie ou encore pour donner la parole à des praticiens et thérapeutes experts en leur domaine. si le podcast vous plaît. Pensez à laisser un avis, des étoiles, des cœurs ou toute autre manifestation d'amour sur votre plateforme d'écoute.
- Speaker #1
C'est le meilleur moyen pour valoriser mon travail et contribuer à promouvoir la santé intégrative dans le monde. Bonne écoute !
- Speaker #0
Il existe dans la vie des femmes des passages silencieux, puissants, parfois oubliés. Des seuils que l'on traverse sans toujours les nommer ni les honorer. Les premières règles font partie de ces grands passages. Elles marquent l'entrée dans le monde cyclique, dans le temps du corps, dans une nouvelle relation à soi. Et pourtant, dans nos sociétés modernes, elles peuvent être encore vécues dans la solitude, la gêne, voire la honte. Et si ce moment pouvait redevenir ce qu'il a été pendant des siècles ? Un rite de passage, un temps de transmission, de douceur et de célébration. C'est exactement ce que propose Julia Simon, mon invitée du jour. Julia est praticienne en acupuncture traditionnelle. Elle accompagne les femmes à travers des cercles, des cérémonies et des rituels et elle œuvre à remettre du sens, de la poésie et du sacré dans les grandes étapes de la vie féminine. Aujourd'hui, nous allons parler des premières règles de transmission, de féminin sacré mais aussi de corps, d'émotion et de guérison transgénérationnelle. Un épisode pour les mères, les filles et pour toutes les femmes que nous sommes. Bonjour Julia.
- Speaker #1
Hello, bonjour Camille. Merci pour ton invitation et merci pour cette très belle introduction.
- Speaker #0
Merci, avec joie, je suis très heureuse de te recevoir. Alors pour commencer Julia, est-ce que tu pourrais nous présenter un petit peu ton parcours ? Dans un premier temps, ce qui t'a amenée vers l'acupuncture traditionnelle, et puis ensuite peut-être plus vers l'univers aujourd'hui que tu occupes, on va dire, qui est plus cérémoniel, plus chamanique si je puis dire ainsi.
- Speaker #1
Oui, merci beaucoup. J'ai un parcours qui est assez similaire au tien finalement. Moi, ça a commencé du coup quand j'ai eu 28 ans avec la naissance de ma première fille Léonie. J'ai vécu une grossesse qui était fantastique, un accouchement qui était extraordinaire et ça a changé beaucoup de choses en moi et notamment sur l'impact que j'avais dans le monde à travers mon travail. J'ai eu besoin de trouver un boulot qui aurait du sens. et qui avait plus de sens que ce que je faisais à l'époque, à savoir être dans les cosmétiques et de lancer des marques à l'international. J'aimais vraiment beaucoup ce que je faisais, mais j'avais besoin que ce soit plus puissant que ça et que ça puisse avoir un sens pour le monde. Et donc, à 30 ans, je suis partie à Bali. Et là, ça a été un peu la grande découverte. Je me suis connectée à moi, à la grande Julia et j'ai connecté à des choses qui... que je ne connaissais pas forcément jusqu'à ce moment-là. C'était un peu comme dans « He pray love » , tu sais, ça fait un peu cliché maintenant quand on en parle, mais j'ai rencontré un chaman baliné, et ce jour-là, les choses ont changé pour moi. Et j'ai eu des visions. Je me suis vue accompagnant des femmes, je me suis vue dans un centre, c'était immense. Et en fait, j'ai su que j'allais accompagner des femmes. J'allais les accompagner dans leur santé, mais surtout dans leur bien-être. Et ce qui est devenu très clair pour moi, c'est que mon truc à moi, c'est vraiment les passages, c'est de porter cet archétype de la sage-femme, celle qui aide les femmes à donner naissance. Donc ça peut être donner naissance plutôt à des projets, c'est ce que je fais du coup maintenant, mais c'est donner naissance à des parties d'elles qu'elles avaient oubliées. Et donc voilà, j'ai commencé à travers une formation en naturopathie, en acupuncture traditionnelle. J'ai ouvert mon cabinet à Paris dans le 19e en 2016. Et au fur et à mesure, je me suis formée. avec d'autres approches comme l'EFT, tout ce qui est en lien avec le trauma, avec les liens d'attachement. Et puis, en fait, je pense que je suis appelée depuis toujours à travailler plutôt avec des approches qui sont en lien avec la Terre. Tu parlais du mot chamanisme tout à l'heure. Je pense qu'il y a quelque chose qui est très fort en moi autour de la spiritualité, du monde, de la nature, etc. Donc, c'est ce que je transmets maintenant à travers... mes temples, donc mes cérémonies, à travers mes retraites et du coup à travers ces cercles que je donne aussi pour ces jeunes filles pour les accompagner elles du coup dans ce grand passage. qui est celui de leur première aigle, du coup, de leur première lune. Donc voilà, un changement de vie qui m'a amenée ici à être plus en lien avec mon cœur, à moi, pour pouvoir plus toucher les autres femmes, avec un gros travail autour des femmes, de la maternité, du postpartum. Et du coup, pour moi, le postpartum, mes livres sur le postpartum, c'était vraiment un premier passage pour moi, pour justement parler d'autres passages après dans la vie des femmes.
- Speaker #0
Oui, j'allais te poser la question, justement. Tu as commencé par, on va dire, la grossesse, le postpartum. Et aujourd'hui, tu t'intéresses plutôt à cette période finalement qui précède.
- Speaker #1
C'est ça. Maintenant, c'est comme si je suis passionnée par les femmes. Et du coup, je travaille en lien avec tous leurs grands passages. Dans mon cabinet à Paris, je travaille beaucoup avec des femmes qui sont en postpartum, mais aussi qui sont beaucoup en périménopause ou en ménopause. Ce sont encore d'autres passages que j'accompagne un peu différemment. mais c'est vrai que là... Aujourd'hui, on va parler de ce thème qui me tient vraiment à cas parce que je trouve qu'on ne parle pas suffisamment des premières lunes, de ces premières règles, de la ménarche, ce passage-là. Et ça manque dans notre société. Donc, merci de créer ce temps avec moi pour qu'on puisse en parler.
- Speaker #0
Avec joie. Tu sais ce que je pense, moi ? Je me dis souvent que notre génération, puisqu'on a la quarantaine, on s'est saisi justement de tout ce qui a trait à la grossesse, au postpartum, tout ça. Mais maintenant que nos enfants ont l'âge d'être adolescents, je trouve qu'on a envie de se saisir de sujets qui sont en lien avec l'adolescence. Et donc les premières règles pour les filles, ça en fait partie. Est-ce que c'est comme ça que tu es venue à ce sujet-là, toi ?
- Speaker #1
C'est grâce, je pense, à ma première fille qui a donc eu ces règles à 11 ans. Je me suis rendue compte que je l'avais vraiment bien briefée, etc. Qu'on avait beaucoup parlé et pourtant ça avait été un passage difficile pour elle. Et notamment avec le regard de la société. Et là, je me suis dit, wow, c'est encore quelque chose. Il y a quelque chose qui manque actuellement, notamment en France, autour de ce sujet-là. Tu sais, j'ai écrit mon bouquin sur le postpartum. Il est sorti en 2019. Je l'ai écrit en tout début d'année. En trois mois, c'était une fusée. J'étais tellement investie dans ce projet-là. Quand j'en ai parlé à des premiers éditeurs en 2017, personne n'était intéressé. Le postpartum, c'était vraiment un sujet qui n'intéressait pas du tout. Et moi, j'ai continué à y croire. Et du coup, mon livre est sorti et depuis mon bouquin en 2019, on parle de postpartum de partout. Ça a été vraiment quelque chose de très très grand. Et en fait, je porte cette intention-là aussi pour les premières lunes, c'est que j'ai envie de pouvoir en parler davantage et que ça crée quelque chose pour notre génération, justement à nous. qu'on puisse faire la paix avec nous, ce qu'on a vécu quand on était ado, pour transmettre des choses différentes à nos filles et aussi à nos fils. Je pense que cette envie pour moi de parler de ce sujet-là, c'est à la fois pour ma deuxième fille, du coup, pour faire les choses différemment pour elle, d'une certaine manière, même si tous nos enfants sont différents, etc. Mais voilà, je veux proposer des choses différentes pour Emma, du coup. je pense qu'il y a une partie de moi aussi qui veut venir mettre de la paix sur ce que ont pu vivre mes amis et puis finalement moi aussi parce que je me rends compte on peut en reparler mais qu'il y a quelques années de ça je me suis rendu compte que je portais encore une honte menstruelle alors que bon à 40 ans t'es censée être passée au dessus ben non j'avais toujours quelque chose autour de ça et d'aider vraiment toutes ces jeunes filles toutes ces jeunes femmes qui arrivent là et les aider à embrasser pleinement leur féminin et leur féminité Merci. Parce que pour moi, ne pas investir cet espace autour des premières lunes et avec ce grand passage qui est une grande étape de vie, pour moi, c'est ne pas les aider à s'approprier leur corps, leur rythme, leur cyclicité et leur sacré, tu vois. Donc, pour moi, ce n'est pas que biologique, les premières règles, c'est autre chose. Et donc, c'est pour ça que j'ai envie qu'on en parle.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et justement, on se cantonne à cet aspect biologique. Je voudrais rebondir sur ce que tu disais, tu parlais de honte encore aujourd'hui.
- Speaker #1
Du coup, la honte menstruelle, c'est vraiment un gros truc, notamment chez les ados. Tu sais, c'est le fait, et en fait, c'est ce qu'on a fait, alors je vais parler pour moi. C'est ce que j'ai fait, moi, quand j'étais ado, tu sais. Tu es au collège ou au lycée, tu vas aux toilettes, hop, tu glisses discrètement ta serviette dans ta manche ou dans la poche arrière de ton jean et tu mets ton manteau et personne ne l'a vu. Et en fait, je me suis rendue compte, tu sais, il y a quelques années, que quand j'allais aux toilettes dans un espace public et que j'enlevais ma serviette, par exemple, Je faisais vachement attention de ne pas faire de bruit. Et comme j'utilisais aussi une coupe, une cup, une coupe menstruelle, je faisais aussi vachement attention quand j'allais la nettoyer, etc., que ça ne se voit pas vraiment. Et pourtant, je trouve que je suis plutôt une personne qui porte peu d'injonctions, qui est plutôt à l'aise, etc. Et pourtant, tu vois, il y avait des trucs comme ça qui restaient. Et pour moi, c'est un micro détail. Mais pour moi, ce n'est pas anodin. Sachant que dans des WC publics, en plus des WC de femmes en général, on a toutes nos règles. Donc, ce n'est pas un truc vraiment à cacher, tu vois.
- Speaker #0
C'est certain.
- Speaker #1
Donc, je me suis dit que même moi, il me restait encore des choses sur ces... injonctions, sur le fait de penser, je sais pas que, je sais pas ce que je pensais en réalité, maintenant je le vois en posant des questions à des jeunes filles, ce qu'elles pensent, donc elles pensent que c'est sale, elles pensent que c'est gênant les règles, elles pensent que comme les garçons ils se moquent, ils font des blagues, c'est qu'il doit quand même y avoir un truc qui doit pas être très ok là-dessous, etc. Donc ça, je trouve que c'est plein de petits signes qui sont vraiment là, qui font partie un peu de notre inconscient, et tu te retrouves à 40 ans à enlever ta serviette et à pas faire de bruit.
- Speaker #0
Et puis comment, tu sais, s'assumer, c'est déjà une chose, mais quand tu es une jeune fille, que tu es en plein changement, tu es bouleversée déjà toi-même par ses propres changements. Donc comment les assumer pleinement aux yeux des autres pour ne pas en être moquée et tout, c'est tout un sujet. C'est un sujet.
- Speaker #1
Et merci pour ça, parce que pour moi, c'est exactement ça. Tu vois, les premières règles, pour moi, c'est vraiment un basculement identitaire. Ce n'est pas que biologique, c'est aussi un basculement identitaire. et pour moi c'est vraiment... Le corps qui commence à te dire « Hey, meuf, ça y est, ça commence ! » Tu vois, il y a vraiment un petit coup de son en face. Et ça, ça laisse une empreinte durable sur notre corps, sur de nombreux aspects, que ce soit notre corps physique, mais de notre relation au corps, avec notre féminin aussi, avec notre intimité, puis notre confiance en soi. Ça joue aussi sur ça.
- Speaker #0
Et puis d'ailleurs, ça commence, toutes ces transformations commencent avant même l'arrivée proprement dite des règles. Je renvoie d'ailleurs, j'ai enregistré un épisode avec Marion Pézard sur le cycle de la femme, plus sur l'aspect biologique et hormonal. Mais tous ces changements, ils arrivent avant et c'est important de pouvoir aussi apprendre à nos jeunes filles que la transformation commence, que c'est normal et que tout va bien se passer.
- Speaker #1
L'invitation pour les mères, c'est vraiment de parler ouvertement avec leurs filles que bien sûr, avant d'avoir leurs règles, il va se passer plein d'autres changements. que la puberté va sûrement commencer autour de 3 ans auparavant, qu'elles vont commencer à avoir des poils, elles vont commencer à avoir la poitrine qui va pousser, donc à avoir des tout petits seins qui ressemblent parfois à des petites piqûres de moustiques, et vraiment leur expliquer avec des images pour qu'elles puissent comprendre qu'en effet c'est tout à fait normal, ça peut être étonnant au début, mais ça fait vraiment partie du changement de notre corps, et qu'après, au bout d'un certain temps, il va y avoir d'autres changements. qu'elles vont pouvoir observer, notamment avec de la glaire cervicale. Je parle de ça, notamment dans les cercles de première lune que j'organise. Et leur dire, tu sais, quand tu vas commencer à avoir cette glaire cervicale, donc ces dépôts parfois un peu gluants ou parfois très liquides dans ta culotte, là, en général, c'est le signe que tes règles vont arriver à peu près six mois plus tard. Donc, c'est important que tu puisses être prête. Donc, ne t'inquiète pas, viens, on en parle, etc. Et donc, là, c'est l'ouverture d'une conversation à la maison sur les règles, sur le corps qui change, sur tout ça. Il y a énormément de bouquins qui existent maintenant sur la puberté, sur les règles, etc. Donc, il y a plein de choses maintenant qui sont disponibles pour nous en tant que maman et pour nos filles et nos fils, pour qu'eux aussi puissent lire des choses, nous poser des questions. Et puis nous, en tant que parents, apprendre à répondre de manière très simple et très factuelle, sans tomber dans du charabia d'un cours de SVT de troisième ou de seconde.
- Speaker #0
Et puis, comme tu le mentionnais, je trouve que c'est important aussi que les garçons soient au courant parce qu'on vit en fait ensemble, tous ensemble, que ce soit les frères, les papas et puis les futurs amoureux. Enfin, ça, c'est important. J'ai envie de te poser une question. Tu évoquais le fait que pour ta fille aînée, malgré toutes les précautions, les discussions que vous ayez pu avoir, ça a été quand même un petit passage difficile. Oui. En tant que mère, on fait du mieux qu'on peut, on donne les informations, mais est-ce que tu ne te culpabilises pas peut-être de ce que porte la société et que malgré tout, tu vois, on évolue dans cette société et nous, on ne peut pas tout transformer, atténuer, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Alors, merci Camille pour ta question. Je vais répondre en toute transparence et authenticité. J'ai habité donc avec… je suis séparée du père de mes filles. Et donc, à l'époque, on habitait dans un tout petit appartement parisien. Et donc, autant te dire qu'avec des filles qui avaient, je ne sais pas, tu vois, Emma avait 5 ans et Leonie en avait 9. On a vécu dans une grande intimité. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, comme toute jeune maman, quand tu prends ta douche, que tu vas faire pipi, etc., tu as tes enfants qui continuent à avoir des conversations avec toi. Donc il y avait quand même, au niveau de l'intimité, quand j'avais mes règles, quand je changeais ma cup, il y avait quelque chose qui était quand même une grande ouverture d'esprit chez nous. Donc j'avais eu le temps de les briefer sur la cup, sur les tampons, sur les serviettes. Elles ont eu une grande éducation sur tous les produits monstruels. Je parle très ouvertement de... tous ces sujets-là parce que ce sont des sujets qui me passionnent. Et donc, j'avais la sensation d'avoir vraiment bien briefé Léonie, ma première fille. Et sans trop rentrer dans les détails parce que je ne sais pas à quel point c'est OK pour elle, on dirait juste qu'elle n'était pas avec moi quand elle a eu ses premières règles. Elle était en camp scout, en gros, et pour des raisons sur lesquelles je ne reviendrai pas parce que ça pourrait me faire remonter un peu ma colère. Elle est partie sans sa petite pochette, avec ses serviettes, etc. Il se trouve qu'elle ne se sentait pas forcément en sécurité avec les adultes qui étaient auprès d'elle. Et quand elle a eu ses règles, elle a parlé à sa meilleure copine, et sa meilleure copine n'en avait jamais entendu parler. Donc elle s'est retrouvée toute seule à gérer du coup ce sang qui y coulait, sans avoir de protection et sans oser en parler du coup à une de ses chefs. Et donc, elle a vécu un grand moment de solitude. Et là, tu vois, je t'en parlais tout, je sens que ça me crée de l'émotion parce que j'aurais jamais voulu que ma fille ressente ça, tu vois. Une forme de non-sécurité, une forme de honte. Elle se rend compte, là, finalement, que sa copine, en fait, elle n'en a jamais entendu parler. Alors, du coup, est-ce que c'est encore... Est-ce que c'est une histoire de règle ? C'est encore un truc bizarre de maman ? Donc, une semaine après, tu vois, je viens la chercher. Et c'est le premier truc qu'elle m'a dit quand... On s'est retrouvés tous les deux toutes seules dans l'ascenseur, tu vois, je m'en rappelle encore. Elle me regarde, elle me dit ça, elle me dit « Maman, j'ai eu mes règles. » Et j'étais en mode « Oh mon Dieu, mais c'est extraordinaire, comment tu te sens ? » Et là, je vois dans ses yeux que, vraisemblablement, ça ne s'était pas passé de manière extraordinaire. Et donc voilà. Donc, qu'est-ce qui se passe après pour moi ? Grosse culpabilité, mon Dieu, ou est-ce que j'ai mal fait mon travail de mère ? Et en même temps, le travail que je fais moi dans mon boulot, c'est un gros travail que je fais sur moi aussi. Donc la culpabilité, en général, elle dure pas. pas très longtemps, mais ça m'a permis justement de me poser des questions sur tout ça en me disant, punaise, avec tout ce que j'ai pu lui transmettre, avec tout l'amour et la non-gêne que j'avais à ce moment-là, elle s'est quand même sentie gênée. Elle ne s'est pas sentie suffisamment en sécurité pour parler de ça, donc c'est qu'il y avait quand même quelque chose qui n'était pas hyper facile et fluide pour elle. Donc tu vois, ça m'a permis aussi de me rendre compte de plein de choses et me dire, ma fille n'est pas moi. Et donc, du coup, ce qui est, je pense, très difficile aussi pour des parents, c'est de jamais projeter. Donc, ça voulait dire quoi ? Ça voulait dire mettre de côté, moi, la mère parfaite que je suis. De côté, le fait que ma fille, en fait, ce n'est pas moi. Donc, on réagit différemment. Que c'est son histoire. Et que, pour plein de raisons, il fallait qu'elle passe aussi par là. Et que, voilà, ça m'a permis de bouquiner après, de me rendre compte que, finalement, la transmission des mères seules, je crois qu'il n'y a que 30% des filles qui trouvent que c'est utile et que c'est, non, pas utile, satisfaisant. Donc ça veut dire que quand tu parles des premières règles à ta fille, si tu le fais toute seule en tant que maman, c'est pas suffisant.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il faudrait intégrer le père ?
- Speaker #1
Ça veut dire qu'il faudrait intégrer une communauté.
- Speaker #0
Bonsoir.
- Speaker #1
D'où l'intérêt de faire des cercles de première lune, parce qu'il y a d'autres jeunes filles du même âge, il y a d'autres mamans qui participent, et il y a d'autres femmes plus âgées et des femmes du même âge. Et donc ça, ça crée une communauté, et ça, nos cellules se rappellent que ça, c'est juste. Et que du coup, en fait, c'est un vrai rite de passage. Et donc du coup, c'est un moment qui n'est pas censé être vécu dans la honte, le silence et la peur. C'est un passage qui peut être vécu dans la communauté.
- Speaker #0
Ni dans la solitude. Et là, j'ai envie de te dire, c'est exactement ce qu'on ressent pendant la grossesse et le postpartum. Je veux dire, quand tu rentres en salle d'accouchement et que tu as ces sages-femmes autour de toi, ces femmes qui t'accompagnent, en fait, je ne sais pas toi, mais... Mais moi, à chaque fois, j'ai ressenti que c'était ça dont j'avais besoin, en fait. Plus même que la présence de mon mari à mes côtés. Et pour revenir sur ce que tu racontais par rapport à ta fille, est-ce qu'avec le recul, tu n'interprètes pas ça comme peut-être un message de l'univers pour que tu oeuvres en ce sens ?
- Speaker #1
Tu penses que ça aurait été le cas de mal emballé de cette expérience ? C'est possible. En tout cas, tu sais, ça a été une grande expérience d'humilité pour moi, je pense. Ça a été aussi un travail de détachement par rapport aux attentes inconscientes que je pouvais avoir. Et ça m'a surtout rappelé qu'en fait, ma fille avait vraiment besoin de vivre son histoire à elle. Et donc pour ça, c'était extrêmement précieux, même si ça a été du coup douloureux pour elle, Bichette. Et puis douloureux pour moi parce que je pense qu'aucune mère ne veut que son enfant ait une expérience traumatisante, tu vois.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Alors c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on parle des règles, d'ailleurs ce mot est absolument affreux, mais c'est souvent quelque chose qui est soit banalisé, soit alors observé sous un regard médical. D'après toi, qu'est-ce qui s'est passé dans nos sociétés ? Pourquoi on a perdu peut-être ces rituels ? Pourquoi on en est là aujourd'hui alors qu'on se dit société moderne et évoluée ?
- Speaker #1
On pourrait parler du fait qu'on n'a plus trop de rituels en Occident, ce qui est assez juste, parce que les seuls rituels qui existent et qui sont autorisés, ce sont les rituels qui sont mis en place dans tout le contexte religieux, avec des institutions religieuses qui créent des rituels. Par contre, on pourrait vraiment dire aussi qu'en Occident, le problème, c'est surtout qu'on a oublié les rites de passage. C'est pour ça qu'il y a aussi autant de mères qui se sentent seules après le postpartum. C'est pour ça qu'on essaie de remettre certains rituels au goût du jour, comme notamment ce rituel de Rebozo, qui vient vraiment fermer un passage pour la jeune maman pour ouvrir sur autre chose. Et pour moi, les premières règles, c'est la même chose. La ménarche, c'est la même chose. et pourquoi ? Je pense... que ça touche quand même les règles 100% des femmes. Donc, si on s'imagine qu'on vit dans une société patriarcale, du coup, ce n'est quand même pas un sujet très intéressant. Sinon, on ferait beaucoup plus de choses pour les femmes, notamment pour tout ce qui est études médicales et tout ce genre de choses. Donc, les femmes ne seraient pas en errance médicale pendant 7 ans pour qu'elles soient diagnostiquées de l'endométriose, par exemple. Donc, je pense que de manière générale, pourquoi est-ce qu'on ne fait plus de rites de passage, et notamment autour des premières lunes ? C'est qu'en gros, on vit dans une société patriarcale qui donne très peu de place à la femme et encore moins à la jeune fille, parce que ce n'est pas important pour eux. Tout à l'heure, tu parlais du fait que notre génération est en train de prendre à bras le corps tous ces sujets-là. C'est exactement ça, parce que je pense que les femmes, depuis une cinquantaine ou presque une centaine d'années en France, ou en Europe, je pense aux suffragettes, je pense à tout ça, On a envie, tu vois, de prendre notre place. On a envie d'avoir notre place dans la société dans laquelle on vit, dans laquelle on contribue grandement. Et donc, c'est pour ça qu'on prend maintenant tous ces sujets-là. Donc, le postpartum, pour moi, c'était vraiment ça. Alors oui, c'était pour guérir mon postpartum, certainement. Mais c'était aussi pour que les femmes se rendent compte qu'elles étaient extraordinaires et qu'elles avaient permis de donner naissance à un enfant. Et que maintenant, leur grand rôle, c'était d'être mère. Et que ce n'était pas facile parce que rien n'était fait pour ça. Et pour moi, maintenant, la manière dont je vois mon rôle, c'est aussi ça, c'est un, montrer aux mères qu'elles peuvent accompagner leurs filles d'une autre manière, sans forcément projeter des choses, sans forcément se dire qu'elles vont forcément guérir leur histoire, tu vois, notamment pendant un cercle où elles sont présentes que une heure, c'est un peu trop court, mais ça peut leur permettre de s'apaiser, etc. Mais c'est pour donner à toutes ces jeunes filles, en fait, beaucoup de pouvoir, beaucoup de puissance, leur appeler que leur corps leur appartient. que si, quand elles ont, t'imagines, si elles ont 11, 12, 13 ans, qu'elles se rendent compte que leur corps est en train de changer et que c'est tout à fait normal, peut-être que leur corps pourrait continuer à évoluer sans qu'elles en aient honte. Elles pourront du coup avoir une meilleure connaissance de leur corps et de leur enveloppe. Ça veut dire qu'elles auront aussi plus de possibilités de savoir ce qui est OK ou pas OK, notamment par rapport à leur espace personnel. Donc là, je pense notamment au consentement. Je pense qu'on est dans une période comme ça, où nous, c'était quand même pas trop le cas. Et pourtant, tu vois, on n'est quand même pas super vieille. Mais là, du coup, tu vois, le mot consentement, il est beaucoup dans l'espace, dans le champ en tout cas. Mais là, on leur dit, en fait, le consentement, c'est aussi parce que tu le ressens dans ton corps et dans tes cellules. Ça veut dire qu'en faisant tout ce travail-là aussi, mon intention finale, c'est qu'on ait des jeunes femmes qui, quand elles auront 25-30 ans, pourront tout de suite savoir s'il y a quelque chose qui cloche ou pas avec leur corps. et qu'elles pourront aller voir leur sage-femme et leurs gynécos et leur dire exactement ce qui se passe pour elles, parce qu'elles auront développé des ressentis corporels, elles pourront savoir ce qui est normal ou pas normal par rapport à leur cycle, parce que c'est ça aussi, c'est commencer à leur parler de leur cyclicité, et du coup pour moi c'est moins d'errance médicale, c'est plus de pouvoir aussi pour plein de moments importants de la vie, que ce soit pour l'accouchement, pour des soins médicaux, etc. C'est redonner en fait le pouvoir aux femmes, c'est pour ça que c'est si important en fait comme travail.
- Speaker #0
Oui, puis tu interviens. même si là, c'est sous forme de rituel, vraiment à titre de prévention pour la santé de façon globale.
- Speaker #1
Bien sûr, c'est ça. Pour moi, c'est vraiment remettre les rites de passage au centre de la société et de notre... société qui est quand même à la base d'une communauté, on est quand même censés tous vivre ensemble. En tout cas, c'était un peu le but, je crois, et c'est comme ça qu'on se sent le mieux, d'ailleurs. C'est quand on est ensemble et qu'on a l'impression qu'on fait des belles choses pour la planète ensemble. Et donc, c'est aider à apaiser, c'est aider à normaliser ce qu'il se passe dans leur corps, c'est leur permettre de plus avoir peur, ça leur permet d'avoir plus de curiosité, d'être plus à l'écoute d'elles-mêmes, de leurs ressentis. Et du coup, de poser leurs limites, etc. Et pour moi, ça, c'est des graines tellement précieuses. Oui, ça se met. Elles sont des jeunes femmes de... À partir de 9 ans, tu vois, moi, j'ouvre mes cercles de Première Lune à 9 ans. Donc, on peut commencer, tu vois, dès le CM1, dès le CM2.
- Speaker #0
Raconte-nous, justement, comment ça se passe, un cercle.
- Speaker #1
Avec un immense plaisir, parce que c'est vraiment des espaces qui... Tu vois, c'est des espaces qui me créent énormément de joie. Donc, ça s'appelle... Donc, ce sont des cercles ateliers de Première Lune. Il y en a deux différents, un pour les jeunes filles de 9 à 12 et après plutôt de 13 à 15. Et ces cercles-là, ils sont vraiment imaginés et créés comme des rites de passage. Donc les rites de passage, pour info, c'est des anthropologues qui ont travaillé là-dessus. Il y a quatre grandes étapes dans un rite de passage. Il y a l'histoire, il y a le challenge, il y a la vision et il y a la reconnaissance. Et donc ces cercles ateliers, ils sont créés comme ça, avec ces quatre temps différents. Et donc c'est des moments qui sont... plein de douceur, plein de joie, plein de rire aussi, parce qu'autant il y a beaucoup de douceur, parce que je leur lis une histoire, il y a beaucoup de joie aussi, et puis de curiosité, parce qu'elles peuvent me poser toutes les questions qu'elles veulent, et moi je leur parle de puberté, je leur parle de tout ce qui se passe vraiment de manière très très factuelle, avec des mots très simples, mais très justes et très vrais. Du coup, elles commencent à comprendre des choses, donc elles me posent aussi parfois des questions qui sont juste tellement trop mignonnes, quoi. Et puis après, il y a ce moment où on parle des produits, comment on les utilise, etc. Donc ça, c'est un moment qui est aussi hyper sympa pour elles parce qu'elles peuvent toucher tous les produits. Bien sûr, on fait des expériences avec les tampons qu'on met dans l'eau qui gonflent. Donc c'est quand même drôle. Ça crée de la surprise parfois, mais en général, c'est quand même très, très drôle. Donc il y a quelque chose qui se passe aussi pendant ce moment qui est autour de la joie, autour de l'ouverture. Il n'y a aucune question bête, il n'y a aucune question embarrassante. Et du coup, en fait, ça normalise tout ça. Et je leur dis beaucoup aussi pendant ces trois heures, en tout ça dure trois heures, qu'elles, elles ne sont pas des soleils, elles sont des lunes. Donc on vit dans une société qui célèbre beaucoup les soleils. Donc la performance, on doit toujours être comme ça, toujours content, etc. Mais nous, on est un peu comme des lunes, on est cycliques comme la lune. Donc tu vois, je parle de la lune et du coup je leur fais un... Je leur parle de la métaphore de la lune, tu vois, qui se remplit, qui devient plus petite, etc. La pleine lune, la nouvelle lune. Et ça, ça leur parle et donc je leur parle de la cyclicité et donc ça leur parle aussi, du coup, tu vois, avec des images. Donc elles se rendent compte qu'en fait, elles sont spéciales. Et qu'elles, elles ont leurs règles. Et que les garçons, non. Mais c'est parce qu'elles, du coup, ce sont plus des lunes et les garçons plus des soleils. Donc ça se passe pas exactement de la même manière. Et donc là, tu vois déjà, hop, tu sèmes des graines ou tu parles des hormones, etc. Et ça, du coup, c'est facile à comprendre pour elles. Donc tu vois, c'est très en puissance, je trouve, au point de vue des connaissances. Et donc tu vois, le cercle en tout dure trois heures. Moi, je suis avec elles pendant deux heures, donc on fait tout ça. Et en fait, t'es à la troisième. et dernière heure, ce sont les mamans qui nous rejoignent. Et en fait, ça dure une heure et c'est un moment qui est hyper beau, qui est rempli d'émotions parce que on va parler de beaucoup de choses. On va parler de la manière dont on vit nos règles pendant, ou notre cycle plutôt, pendant un mois. On va parler des différentes phases que l'on vit. Je leur fais faire une activité manuelle en même temps, jeune fille, tu vois, pour qu'elles puissent écouter ce qu'on partage avec les mères en faisant autre chose. Comme ça, tu vois, si elles sont gênées ou... Pour elles, c'est un peu nouveau, etc. Elles sont quand même hyper concentrées. Elles sont sur activités manuelles. Et nous, du coup, avec les mamans, on papote comme des mères, comme des femmes. Et on leur parle de la manière dont on peut prendre soin de nos filles, de ce qu'on a besoin de nous quand on a nos règles, comment on se sent, etc. Et donc, les jeunes filles, elles entendent que leur maman, elle est fatiguée et que c'est bien normal. Et donc, en fait, ça normalise aussi plein de choses que les jeunes filles ont déjà vues, entendues ou comprises à la maison. Et du coup, là, on met des mots dessus. Et à la fin, c'est la dernière étape dont je te parlais, c'est l'étape de la reconnaissance. Là, ce sont les mamans qui partagent un mot avec leur fille. Et là, c'est le moment où on sort toutes nos mouchoirs parce que c'est hyper beau, c'est hyper émouvant. Et ça parle de lignée, ça parle de guérison, ça parle de beaucoup de choses. Et surtout de la volonté de ces mères que leur fille, en fait, ait souvent des histoires différentes dès l'heure et qu'elle puisse se sentir... en sécurité dans leur corps ?
- Speaker #0
et qu'elle puisse se sentir puissante, et qu'elle n'ait jamais honte, et qu'elle puisse se sentir super forte. Et donc, c'est hyper beau, et c'est des moments d'émotion entre la maman et sa fille. C'est des grands moments d'émotion entre toutes les femmes, toutes les mères présentes, parce que du coup, ça vient forcément résonner en nous. Et puis, c'est hyper beau pour ces jeunes filles de voir toutes ces mamans qui partagent des choses assez identiques, même si les histoires sont différentes, et se dire qu'on peut être toutes là ensemble, parler de ça. Et bien évidemment, comme tu le disais en introduction, mon truc à moi, c'est tout ce qui est cérémoniel. Donc, on n'est pas dans une salle de classe, on est assise par terre autour d'un magnifique hôtel avec des fleurs, avec des bougies, avec beaucoup de beauté, en fait. Et du coup, ça crée un environnement, tu vois, pour les mères et leurs filles, qui est vraiment très spécial et qui leur permet de vivre les choses différemment.
- Speaker #1
En fait, que tu relis l'intime, le plus intime à l'universel, parce que finalement, c'est des sujets, mais comme les enfants et la maternité, je veux dire, dans une vie, avoir un enfant, c'est un événement absolument exceptionnel, hors du commun, mais tellement commun à l'échelle du monde, tu vois. Et c'est pareil, là, je trouve, ce que tu fais, en fait. Tu viens relier ça, c'est magnifique.
- Speaker #0
Merci pour ça, merci.
- Speaker #1
Est-ce que tu as déjà eu des retours de jeunes filles qui ont eu leur première lune à la sud-indes des cercles ? Et comment ça s'est passé ? Tu as déjà eu des retours là-dessus ?
- Speaker #0
Oui, j'ai une jeune fille qui était venue en septembre et qui n'avait pas encore ses règles à ce moment-là. Il faut savoir que les cercles sont ouverts aux jeunes filles qui en ont ou qui n'ont pas eu leurs règles. Donc c'est ouvert vraiment à tout le monde. En général, c'est plutôt quand elles ne les ont pas eues, mais il y a des jeunes filles qui viennent aussi quand elles les ont et ça c'est vraiment super parce qu'elles peuvent aussi partager leur expérience et du coup elles sont très fières aussi de montrer comment elles ont vécu les choses. elles utilisaient serviettes, etc. C'est vraiment super chouette. Et donc, en effet, au mois de septembre, j'ai une jeune fille qui n'avait pas encore ses règles et elle les a eues deux mois plus tard. Et j'ai eu un petit message de sa maman qui m'en a parlé et qui m'a fait un message hyper gentil en me disant, là, ça s'est passé avec tellement de facilité. Je sais que le cercle du mois de septembre a vraiment joué pour elle et que c'était vraiment précieux. Donc, merci beaucoup. C'est beaucoup ça qui revient. Ah, du coup, c'était facile. Donc ça, c'est vraiment chouette. Et tu vois, il y avait une jeune fille qui avait eu ses règles un mois, pendant les vacances d'été, un mois avant le fameux cercle du mois de septembre. Et sa maman m'envoyait un message quelques semaines après pour me dire « Ah, du coup, on a pu débriefer de ses premières règles. » Et donc là, elle vient les avoir pour la deuxième fois. Et c'est de manière hyper facile. Donc merci beaucoup.
- Speaker #1
Oui, ça vient fluidifier le passage.
- Speaker #0
C'est hyper facile, du coup. Exactement. Et puis, tu sais, elles repartent. Mon langage de l'amour, c'est les cadeaux. Donc elles repartent avec un petit sac, avec dedans plein de choses, etc. D'où une petite pochette, tu vois, dans laquelle il y a déjà des serviettes, etc. qu'elles peuvent mettre dans leur cartable. Et du coup, il y avait ça aussi. En plus, c'était super parce que ma collègue, elle était trop fière d'avoir cette petite pochette, etc. Donc oui, ça crée vraiment une grande différence chez les jeunes filles. Tout à fait. Et puis les mamans, tu vois, elles sont trop contentes. Elles se disent, voilà, on a passé un samedi matin ou un samedi après-midi et qui a compté. Oui, c'était précieux.
- Speaker #1
Puis ça fait un souvenir pour toute la vie, tes deux côtés.
- Speaker #0
C'est un cercle qu'on ne fait qu'une seule fois, en fait. Oui,
- Speaker #1
bien sûr, c'est clair. Et dans les femmes que tu reçois, les mamans qui viennent accompagner leurs jeunes filles, est-ce que tu as remarqué que c'était simplement un désir que les choses se passent bien ou elles venaient aussi, elles, guérir des traumatismes liés à leur propre histoire ? Est-ce qu'il y a quelque chose de cet ordre-là ?
- Speaker #0
Oui, merci Camille. En fait, oui, tout à fait. En fait, tu vois, les mères qui viennent et qui veulent que leur fille participe à des cercles comme ça, c'est que ça vient vraiment toucher leur histoire. Ça peut être en lien avec ce qui a manqué, ce qui n'a pas été dit quand elles étaient, elles, adolescentes, ce qui n'a pas été confortable. Et donc, elles veulent apporter souvent des choses différentes à leur fille. Et donc, c'est souvent, ça part souvent de cette envie-là. Alors, ce qui est sûr, c'est qu'en une heure, tu vois, parce que les mamans sont là en une heure, ça ne vient pas réparer le passé, ça, c'est sûr. mais ça vient offrir une autre expérience dans le présent, pour elle et sa fille. Et donc ça, pour moi, ça change tout, parce que ça permet d'apaiser la lignée, d'une certaine manière. Donc je pense que guérir ou réparer le passé, ce serait peut-être trop fort pour une heure, mais ça crée quand même des grands changements chez la maman. Donc il y a beaucoup de ça. Et il y a aussi des mères qui débriefent super bien leur fille, comme j'ai pu le faire avec ma grande. et qui sentent que le fait d'être avec une autre personne, le fait d'être avec d'autres jeunes filles, ça va créer autre chose. Et donc ça, ça peut être des femmes qui ont plutôt bien vécu leurs règles ou pour qui, tu vois, les règles, ça a toujours été un non-sujet, mais qui veulent proposer autre chose. Alors ça peut être soit des femmes qui me connaissent d'avant, des femmes qui viennent me voir au cabinet, tu vois, qui ont du coup confiance en moi. Des mamans aussi, des copines de mes filles qui me connaissent moi, qui ont en tout cas l'impression que je les ai plutôt sérieuses et bien ancrées, et qui voient que les filles ça a l'air plutôt d'aller aussi, donc elles ont confiance, elles veulent aussi vivre des moments comme ça avec leurs filles, et avec moi il y a aussi beaucoup de ça je pense. Et puis il y a cette volonté pour ces femmes-là qui ont peut-être déjà participé à des cercles de femmes, ou peut-être à des retraites, et qui savent à quel point c'est important et fort d'être entre nous, entre femmes. que la sororité, ça existe et que c'est vraiment très puissant et qui ont envie que leurs filles commencent à ressentir ça dans d'autres contextes que uniquement l'école. Donc, hors de l'école, dans un autre cadre. Et je pense que le sacré, le fait de créer un hôtel, un environnement apaisant, etc., qui est quand même très beau, je pense que ça vient aussi nourrir des parties de nous et qu'on a envie que nos filles aussi, elles puissent toucher à ça. Même si... Même si le changement ne se fera peut-être pas tout de suite. Et je pense notamment, tu vois, à un groupe d'ados que j'ai eu il y a quelques semaines de ça. C'était différent, tu vois, d'avoir des ados de 14 ans que d'avoir des jeunes filles de 10-11 ans. Je sentais déjà qu'à 14 ans, tu vois, la gêne était déjà là. Que la honte monstruelle était déjà présente. Ce qui n'est presque pas du tout le cas, en fait, quand les filles, elles ont 11-12 ans, tu vois. À partir de 13 ans, il y a quelque chose qui change. Et en même temps, les résultats sont là aussi pour ces ados parce que j'ai eu des retours aussi suite à ce cercle-là. Et je sais qu'il y a une jeune fille qui, depuis, s'écoute énormément, ce qui n'était pas du tout le cas auparavant. Et tu vois, pour la maman, ça, c'est un signe que l'atelier a été un succès. Parce qu'en fait, sa fille, elle a commencé à s'écouter maintenant. Elle sait qu'elle n'est pas obligée d'aller puiser dans ses réserves. Si elle est fatiguée, et notamment quand elle a ses règles, et je pense qu'en fait, avant, c'est pas qu'elle ne s'autorisait pas, c'est qu'elle ne savait même pas que c'était possible. Donc ça, c'est des beaux cadeaux aussi pour toute la vie. Donc, tu vois, je pense que le travail que je fais à travers ces cercles, parfois, le résultat est immédiat, et tu le vois sur le visage des jeunes filles qui partent, qui sont trop contentes, qui ont passé du bon temps, et qui, a priori, préfèrent passer une journée avec moi plutôt que d'aller dans un parc d'attractions. et donc ça je trouve que c'est quand même le plus beau compliment qu'on peut faire, mais parfois ça peut être des jeunes filles qui partent et qui ne sont pas encore sûres, etc. Mais je sais maintenant que c'est vraiment un cadeau pour le futur et que plus tard elles remercieront leur maman de les avoir forcées à venir un dimanche après-midi parler de règles avec Julia.
- Speaker #1
Puisque tu as, c'est tout à fait inédit parce que je pense qu'en tant que maman, même avec les meilleures intentions du monde, les bonnes informations, On aille dans ce rapport mère-enfant. Et des fois, il y a de la gêne quand même qui est installée. Et puis, comme tu le disais, de toute façon, on est seul. Et je pense que même si on a des belles conversations, des moments privilégiés d'intimité, ça ne va pas se faire autour d'un hôtel de fleurs. Je pense que je...
- Speaker #0
Ce qui se passe surtout, c'est que tu vois, en tant que maman, quand tu portes ton histoire et que tu n'as pas forcément eu l'occasion... la conscience ou la volonté de travailler sur cette histoire qui est en lien avec le féminin, parce que c'est beaucoup ça. Ta fille, elle va se rendre compte de tout ça tout de suite, parce que dans ton langage, elle va capter, surtout que tu vois, les enfants et tout, ils captent tout hyper rapidement, donc que ce soit dans ta gestuelle, dans ta manière de détourner le regard, de racler la gorge, de sentir que le mot sort, mais c'est difficile. Même si ça se passe en un quart de seconde, ta fille, elle l'a capté direct. Et donc là, elle sent qu'il y a quelque chose qui n'est pas tout à fait facile dans cet espace.
- Speaker #1
Et est-ce que tu penses, et comment en tout cas, ces cercles-là, ils peuvent guérir nos générations ? Tu vois, ce qui a été implanté malgré nous dans nos cellules de génération en génération ?
- Speaker #0
Parce que justement, on réouvre un dialogue, qu'on normalise tout ce que la jeune fille vit, Et que du coup, il n'y a... plus de silence autour de ça. Je pense que ce qui crée de la honte, c'est souvent ce sentiment d'être seule. Et quand tu coupes ça, quand tu enlèves la solitude et quand tu normalises, et quand la jeune fille sait que quand elle traverse ça, elle n'est pas toute seule, elle est avec sa mère, une adulte ou toute une communauté, ça change tout. Et donc ça veut dire qu'elle transmettra les choses différemment à sa fille, à ses fils, que la mère qui est présente s'il y a d'autres enfants. Quand elle va sortir du cercle, elles vont sûrement parler à table le soir, par exemple. Et du coup, le papa, les frères vont entendre tout ça. Et donc, ça va changer des choses. Tu vois, il y avait un jeune garçon qui était là, dans un des cercles. Un petit frère qui était venu parce qu'il y avait un rendez-vous qui était prévu après, etc. Donc, hop, Il était un peu loin en fond de la salle. En fait, il a tout entendu. Et donc, il a dit à sa mère, tu sais, maman, tu ne m'étais jamais rendu compte que c'était si difficile parfois d'avoir ces règles. Du coup, je ferai attention les prochaines fois aussi parce que je me rends compte maintenant que tu es fatiguée dans ces moments-là. Et tu vois, quand tu fais ça, du coup, tu changes déjà la manière dont un jeune homme va pouvoir avoir, la manière dont il va pouvoir être en présence avec sa future femme, par exemple, s'il décide d'avoir une femme. Donc ça change beaucoup de choses déjà dans tout ce qui arrive après. Et moi, ma croyance que j'ai, c'est que quand on travaille sur nous maintenant, on guérit notre lignée avant et après, les deux. Donc ce travail se fait dans les deux sens.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu dirais encore ? Je ne sais pas s'il pourrait, après l'écoute de cette conversation, rester des hésitations. S'il y aurait encore des hésitations pour les mamans qui auraient envie d'emmener leur fille, qu'est-ce que tu pourrais... vraiment dire pour finir de l'école. Alors,
- Speaker #0
je ne voudrais pas les convaincre, mais je voudrais les inviter à réfléchir à tout ça, en tout cas. Ce serait de se dire que participer à un cercle de première lune, c'est créer un moment privilégié avec son enfant. C'est, dans le tumulte du quotidien, c'est de créer du temps pour passer au moins une heure avec elle dans un contexte un peu différent, mais créer un espace pour sa fille de trois heures où elle va rencontrer d'autres jeunes filles. Et du coup, semer en elles des graines de sororité et des graines de transformation en se disant que tout ce que les jeunes filles vont apprendre et ressentir pendant ces trois heures-là, ça va les mettre en sécurité. Et ça, pour moi, a créé un espace sûr, sécure et sacré. C'est un moyen pour ces femmes-là et pour ces jeunes filles d'accepter davantage leur corps qui change, d'accueillir leurs émotions d'une manière peut-être plus sereine. Et de vivre un moment qui est rempli de sécurité, de respect, de sororité. Et que malheureusement, on ne trouve pas des endroits comme ça partout, tout le temps. À l'extérieur de la maison, je veux dire, à l'extérieur du foyer. Et que c'est un atelier qui touche la jeune fille en priorité. Mais ça touche aussi la maman et puis ça touche toute la tribu. Et quand ça touche la tribu, ça touche potentiellement les copains et les copines à côté. Ça touche potentiellement la tante, les cousines, les cousins. que... Parce que ça crée une envie pour tout le monde de pouvoir ressentir ça. Et c'est un espace qui est tellement beau, c'est tellement émouvant, c'est tellement rempli de joie, de curiosité, que ce sont des endroits où on a envie de revenir. C'est souvent la question. Après, les petites filles me disent « Mais on peut en refaire un comme ça encore ? On peut revenir ? Comment ça se passe ? » Donc il y a quelque chose qui est quand même très fort. Et tu vois, ma fille Emma, qui a 11 ans pour l'instant, qui n'a pas encore eu ses premières lunes, En fait... Emma, elle adore préparer les cercles avec moi. Génial. Elle adore faire les petits flacons, mettre les petits cahiers, les machins. Elle adore faire ça parce qu'elle, elle a fait du coup son cercle de première lune. Je pense que ça a vraiment créé quelque chose chez elle. Et du coup, elle a envie de contribuer de cette manière-là. Elle est trop contente. Et là, tu vois, je vais faire un prochain cercle au mois de mars où elle est avec moi. Oui, elle est avec moi au mois de mars. Elle est avec moi ce week-end-là. Et donc, c'est juste un dimanche matin, j'ai ce cercle. Elle m'a demandé si elle pouvait venir et rester avec moi. pour la matinée. Donc, tu vois, ça crée vraiment quelque chose chez les jeunes filles. Et autant, tu vois, ma grande, je pense, tu vois, elles sont différentes toutes les deux. Je ne sais pas si elle aurait voulu venir faire un deuxième cercle, tu vois, si elle en avait fait un. Mais Emma, elle a trop envie de revenir parce que c'est spécial, parce qu'on se sent bien dans cet espace-là. On a envie d'y retourner encore, encore, encore. Donc, voilà, je ne sais pas si ça peut, en tout cas, parler aux femmes qui peuvent nous écouter, aux mamans ou aux tatis. Parce que vous pouvez venir aussi avec votre nièce, si vous voulez. c'est vraiment des moments extraordinaires.
- Speaker #1
Et puis, au-delà de parler de la question des lunes, des premières règles, finalement, ça donne de la confiance dans plein d'autres sphères de la vie et pour toutes les années à venir. Et c'est ça qui est merveilleux. C'est à la fois prévention santé, parce que du coup, tu vas commencer à te familiariser avec ton corps sur son aspect cyclique. Et en même temps, ça te donne au niveau psychologique, émotionnel, C'est cette question. confiance que tu peux avoir en toi et c'est fondamental et c'est merveilleux.
- Speaker #0
Et je pense qu'on a toute envie d'avoir des filles qui ont confiance en elles. On a toute envie des filles qui plus tard et tout diront non dans une soirée parce que ce ne sera pas ok pour elles. En fait, ça va beaucoup plus loin que juste des règles et juste saigner. C'est un état d'esprit pour se réapproprier son corps pleinement et être vraiment la souveraine de son corps et de sa vie. Pour moi, c'est vraiment ça d'accompagner cette première lune. C'est bien plus grand que juste être assise en serre, etc. C'est tout ce que ça apporte après dans la vie d'une femme. Pas que de la jeune fille, mais elle plus tard, quand elle va être une jeune fille, une jeune femme, etc. et qu'elle va faire ses propres choix pour son corps. Tu vois, je pense que... Une des manières dont notre société essaie de nous emprisonner d'une certaine manière en France, c'est de nous faire croire qu'on est trop grosse, trop mince, qu'on est trop vieille, qu'on a trop de cheveux blancs, qu'on est trop ci, trop pas assez, et ça touche tout le temps notre corps. L'industrie du régime, l'industrie cosmétique, etc., me gagne des milliards, en gros, sur notre dos. Pas sur notre dos à nous, sur le dos de nos insécurités, nos insécurités physiques. T'imagines si nos filles, elles ont confiance en elles et en leur corps ? C'est des méga badass. Et donc, plus tard et de fois, elles ne passeront pas à travers les différentes choses à travers lesquelles nous, on a pu passer, par exemple, dans les années 90, 2000 ou 2010.
- Speaker #1
Elles vont s'assumer pleinement. Ce que je trouve de fantastique, surtout, c'est que tu vois, quand tu parles du consentement, c'est qu'on vient poser après des bases qui partent d'une énergie féminine. on n'est pas sur une énergie masculine, un peu, tu sais, dure, rigide. On n'est pas en train de renier les femmes qu'on est, justement, pour se protéger. Non, et c'est ça que je trouve, pour moi, c'est un autre niveau d'évolution, tu vois. Enfin, c'est un peu ma croyance, en tout cas, peut-être que ce que moi j'ai vécu, d'être un peu, tu vois, dure, masculine, peut-être, pour justement te protéger, te défendre, pas être attaquée. Et je trouve que maintenant, ce second niveau d'évolution, c'est d'être... être pleinement dans ta féminité, qu'elle soit reconnue, que toi, tu la comprennes mieux pour être légitime, être en sécurité, t'assumer pleinement, faire respecter tes choix, poser tes limites. Et pour moi, c'est vraiment un autre niveau d'évolution. Et je pense que ça part du plus jeune âge et notamment de la donnée de l'essence. Et à mon sens, c'est certes qu'ils y contribuent pleinement.
- Speaker #0
Merci, parce qu'il se passe beaucoup de choses, tu vois, quand la jeune fille a 13-14 ans, il y a un chiffre, ce qui se passe. Et donc, si elle n'a pas... déjà en elle des clés de sécurité intérieure, ça demandera plus de travail plus tard, tu vois, d'une certaine manière. Alors qu'une jeune fille qui a 10, 11, 12 ans et qui sait qu'elle fonctionne comme ça, que ce n'est pas du tout une faiblesse, que quand elle a ses règles, oui, elle est fatiguée, c'est normal, elle a ses règles.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, elle va moins lutter, il y aura beaucoup moins de friction interne. Elle ne sera pas en train de se dire « Oh, punaise, je suis nulle. Oh, je suis lente aujourd'hui. Oh, punaise, je suis tellement triste et tout. Oh, je suis vraiment nulle. » Et du coup, elle va arrêter de se suradapter. Je pense qu'il y a ça, tu vois. Il y a le fait d'arrêter de se suradapter sans arrêt. Et j'ai quand même une grande pratique au cabinet. Tu vois, ça fait dix ans que j'accompagne des femmes, même plus. Les suradaptations, les burn-out, etc. J'en vois toutes les semaines, je pense tous les jours. Tu vois, chaque fois que j'ai dans une journée au cabinet, c'est rare de ne pas avoir une jeune femme qui vient parce qu'elle est crevée, qu'elle est en arrêt maladie ou qu'elle ne va pas bien émotionnellement parce qu'en fait, elle n'en peut plus, quoi. Donc là, c'est aussi aider nos filles à... à ne plus se suradapter à la société. Et plus elles vont être nombreuses à le faire, plus la société va être obligée de changer. Parce que ça ne va plus fonctionner comme ça, en fait.
- Speaker #1
Mais Dieu sait qu'il y en a besoin.
- Speaker #0
Vu qu'en ce moment, c'est quand même difficile. Les gens ne vont quand même pas très, très bien. Pour moi, il y a des choses qui sont à changer de manière systémique dans notre société. Et je pense que des jeunes femmes comme ça, qui ont confiance en elles, en leur corps, en leurs capacités, qui parlent de leurs besoins, etc., dans une entreprise... dans la société, en politique, etc. C'est de ça dont on a besoin aussi pour remettre encore plus d'harmonie entre toutes ces énergies féminines et masculines qui peuvent fonctionner divinement bien ensemble pour une société vraiment super forte qui reste dans le caire et dans le soutien global des citoyens et des citoyennes. Et c'est ça dont on a besoin, je pense.
- Speaker #1
C'est donc l'utilité publique. C'est donc l'utilité publique. Une dernière question pour les femmes qui seraient loin de leur première lune et qui, elles, n'auraient pas vécu ce moment-là de façon sereine et accompagnée comme il se doit. Est-ce que tu penses que c'est un moment qu'on peut revisiter pour venir apaiser ces traumatismes ?
- Speaker #0
Bien sûr. Pour moi, c'est essentiel. Pour moi, faire ce travail-là, notamment autour des premières règles et de tout ce qu'on a cru comprendre sur les femmes quand on était enfant, ça a mis une empreinte dans notre corps, aussi dans notre inconscient. Et c'est pour ça qu'on a choisi de développer certains modes de pensée et certains modes d'action. Tu parlais du fait d'être dure, d'être très young, etc. Il y a plein d'histoires en dessous de ça. Et donc oui, pour moi, les femmes qui ont envie d'embrasser pleinement leur féminin, alors là, je ne parle même pas de féminin sacré, parce que là, on pourrait dire que c'est un peu ouh ouh, un peu cuicui. Si vous vous sentez mal dans votre... Si vous avez la sensation d'être incomprise, si vous avez la sensation que dans votre couple, vous avez du mal à vraiment vous faire entendre malgré tout ce que vous partagez sans arrêt sur votre charge mentale, etc. Pour moi, c'est qu'il y a quelque chose qui n'a pas été fait de manière apaisée quand vous étiez enfant et ado. Pour moi, c'est indispensable d'aller revisiter ça. Moi, c'est sûrement le plus gros travail, le plus beau travail que j'ai fait. C'était d'aller revisiter la petite Julia quand elle était adolescente, tout ce que j'ai appris sur les femmes et de voir toutes ces injonctions et toute cette déprogrammation que je me devais de faire pour moi et pour mes filles. Ça, c'est des choses que je fais maintenant. C'est des retraites que j'organise pour les femmes. Justement, on va aller voir ça parce que... Parce que les femmes qui ressortent de ces retraites, c'est notamment de la retraite femme originelle. C'est des femmes qui ont beaucoup plus confiance en elles, qui connaissent beaucoup mieux leurs besoins, qui posent leurs limites et qui, en général et tout, créent des changements au sein de leur couple et aussi dans leur boulot, etc. Donc, ça ne veut pas dire qu'elles divorcent ou qu'elles font une réorientation professionnelle. Ce n'est pas ça. Ça peut être ça, mais ce n'est pas ça, forcément. C'est de dire, en fait, je me ralligne vraiment à la personne que je suis et j'arrête de porter... une cuirasse pour éviter, pour me protéger des risques possibles de souffrir. J'arrête d'être en surperformance parce que je crois que je n'ai pas suffisamment de valeur. J'arrête en fait tous les comportements qui sont, qui ne jouent pas pour moi et en ma faveur. Et pour moi, ça, ça part beaucoup quand même à partir de 12-13 ans. Pour moi, il y a un shift à ce moment-là.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Julia. Merci, Camille.
- Speaker #0
Merci pour ton temps. Merci pour tes questions. et de me permettre de parler de ce passage qui, pour moi, est si important.
- Speaker #1
Avec joie. Est-ce que tu as envie peut-être d'un mot pour clôturer l'épisode ?
- Speaker #0
Non, mais je serais ravie d'accueillir tes auditrices avec leur fille ou leur nièce ou leur belle-fille dans les secs. Parce que pour moi, c'est comme ça qu'on peut changer le monde. On parle souvent de « comment est-ce que je pourrais faire pour changer le monde ? » Ça peut commencer par ça, en fait. C'est une grande invitation pour toutes les femmes qui voudraient changer le monde pour leurs filles à travers cette ménarche, ce rite de passage.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je serai au prochain avec ma fille.
- Speaker #0
Avec un grand plaisir, Camille.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Julia.
- Speaker #0
Avec un grand plaisir. À bientôt. Merci.
- Speaker #1
Merci d'écouter Les Lois Naturelles. Pour prolonger l'aventure, retrouvez-moi sur mon compte Instagram, lesloisnaturelles. et abonnez-vous à la newsletter du podcast pour recevoir des conseils et des ressources en exclusivité. Et si vous souhaitez un suivi personnalisé, je serai ravie de vous accompagner en consultation individuelle sur votre chemin de santé naturelle. A très vite dans le prochain épisode, prenez soin de vous.