- Speaker #0
La santé est notre bien le plus précieux, il nous appartient de la préserver. Bienvenue dans Les Lois Naturelles, le podcast dédié à la naturopathie et la cuisine santé, dont l'objectif est de promouvoir la santé intégrative. Je suis Camille Langlet, naturopathe certifiée spécialisée en naturopathie de l'enfant. Chaque jeudi, je vous retrouve en solo ou aux côtés de l'un de mes invités pour des conseils pratiques en santé naturelle, des témoignages de vie ou encore pour donner la parole à des praticiens et thérapeutes experts en leur domaine. Si le podcast vous plaît, pensez à laisser un avis, des étoiles, des cœurs ou toute autre manifestation d'amour sur votre plateforme d'écoute. C'est le meilleur moyen pour valoriser mon travail et contribuer à promouvoir la santé intégrative dans le monde. Bonne écoute ! Aujourd'hui nous allons parler d'un sujet qui intrigue, qui questionne et parfois même qui déstabilise l'hygiène infantile naturelle qu'on appelle aussi bébé sans couche. Alors lorsqu'on devient parent l'achat de couches semble être une évidence absolue mais pourtant si on prend un petit peu de recul en fait on réalise qu'un enfant il utilisera entre 4000 à 6000 couches avant l'acquisition de la propreté. Au-delà du coût financier que ça peut représenter pour les familles, c'est aussi un impact environnemental considérable avec plusieurs centaines de kilos de déchets par enfant. Mais la question ne se limite pas à l'écologie, parce que de plus en plus de parents s'interrogent sur le rapport qu'entretient le bébé avec ses besoins physiologiques, sur sa capacité à communiquer ses besoins dès les premiers mois et sur la place qu'occupent les couches dans notre société occidentale. Pour explorer ce sujet, j'ai le plaisir de recevoir Claire Moindron, spécialiste de l'hygiène infantile naturelle et accompagnante de parents qui souhaitent découvrir cette approche respectueuse du rythme du bébé. Bonjour Claire !
- Speaker #1
Bonjour ! Merci de m'accueillir déjà sur ce podcast et d'ouvrir cet espace pour les parents d'écoute et de formation.
- Speaker #0
Eh bien merci à toi, je suis vraiment ravie qu'on parle de ce sujet dans ce podcast parce que pour tout te dire, c'est un sujet auquel je me suis... intéressé mais sans creuser et donc sans expérimenter j'ai expérimenté pas mal de choses et ça je crois que c'est un peu le graal ultime que j'ai pas expérimenté avec mes enfants qui sont cobayes de multiples choses et donc c'est vrai que souvent dans le podcast j'aborde des sujets mais dont moi je peux avoir aussi connaissance et c'est pour les auditeurs mais alors là je vais apprendre aussi même si je n'expérimenterai plus parce que je n'aurai plus d'enfants. Mais voilà. Oui, très heureuse qu'on puisse parler de ce sujet-là aujourd'hui. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi. Et on va plonger là-dedans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a plein de choses à voir.
- Speaker #0
Oui, je suis certaine. Est-ce que tu peux vraiment nous dire ce qu'est l'hygiène infantile naturelle ? C'est-à-dire... Est-ce que ça existe depuis toujours ? Je pense que dans d'autres sociétés traditionnelles, ça devait exister, parce qu'il y a quand même un moment où les couches n'existaient pas. Donc, retracer peut-être un petit peu l'historique sur le sujet.
- Speaker #1
Pour moi, l'hygiène naturelle infantile, dans le nom, c'est un concept qui est purement marketing. Alors, je le dis vraiment, ça peut te surprendre. Je te le dis vraiment en toute humilité, parce que moi, je l'utilise moi-même sur les réseaux sociaux pour le promouvoir. Mais on va vous parler en fait de beaucoup de concepts. Hygiène naturelle infantile, EC, elimination communication, potty training. Donc ça c'est selon si on est aux Etats-Unis, en France, au Québec. Mais tout ça c'est juste des étiquettes en fait. On a essayé de sur-intellectualiser et de donner une complication logique à une chose qui est toute simple. C'est juste le besoin. d'aller à la selle ou d'aller uriner. Donc, quand on me demande d'expliquer d'où ça vient, HNI, c'est juste communiquer avec son enfant sur ce besoin qui est primaire, en fait, d'aller uriner ou d'aller à la selle. Moi, je préfère le concept de elimination communication puisqu'il y a vraiment ce mot-là qui est intrinsèque de communication, en fait, avec l'enfant. Ça va être à la fois... observer, écouter, ressentir. Donc c'est ce qu'on fait quand on communique avec une personne. Quand toi et moi, on est en train de parler là, on a un échange verbal. Sauf que l'enfant, il n'a pas cette verbalisation encore orale. Donc l'échange, il va se faire dans le ressenti, dans l'interprétation de certains signaux qu'on verra plus tard, et dans l'observation. Et aussi dans cette capacité... instinctive qu'à la mère ou le père, alors c'est plus la mère puisque l'enfant est réellement une extension de la mère, qu'à la mère, puisqu'elle a déjà passé neuf mois avec le bébé dans son ventre, à comprendre son bébé et à communiquer avec lui de façon non-verbale. Donc c'est ça, en fait, la chenille, c'est juste communiquer sur des besoins primaires.
- Speaker #0
Et alors, moi, je sais que j'ai déjà remarqué, peut-être plus chez mes garçons, vraiment, tu vois, alors c'était peut-être tout ça posteriori, tu vois, quand ils avaient envie de faire pipi, comme un espèce de petit frisson comme ça. Et puis, en étant tout le temps avec eux, tu vois bien qu'à tel moment, c'est plutôt là, c'est leur heure pour faire caca, c'est cette heure-là à ce moment-là. Donc, tu vois, tu connais leur rythme. Mais de là à anticiper, comment tu fais ? Est-ce qu'il y a vraiment des signaux, des choses qu'on peut reconnaître ? Et est-ce qu'il y a quelque chose qui se passe dans le cerveau, au niveau cérébral, que tu peux déceler ?
- Speaker #1
C'est ce que j'ai dit juste avant en fait. C'est une communication. Donc est-ce que quand quelqu'un veut te dire quelque chose, tu anticipes ce qu'il va te dire ? Alors en soi oui, on le fait parce que nous on surintellectualise tout. Mais on n'est pas dans l'anticipation de surveiller l'enfant. Ah, qu'est-ce qu'il va vouloir me dire ? Non, on est juste en fait dans la présence et dans la communication pure, dans l'observation en fait. Donc oui, il va y avoir des signaux qui vont être un peu récurrents, puisque l'enfant, il est dans un mode de communication qui est complètement émotionnel. Son système nerveux, il est géré complètement par l'amidale. Le cortex préfrontal, il n'est pas encore mature, donc il ne peut pas... Il n'a pas, en fait, lui, cette capacité d'anticipation, de structure. Donc, lui, il va, c'est action-réaction, en fait.
- Speaker #0
Mais du coup, nous, comment on fait ? Parce que le truc, c'est que tu te retrouves avec ton bébé qui est mouillé en permanence. Comment concrètement tu fais ? Comment toi, tu as fait ? Peut-être que tu peux nous parler de tes expériences.
- Speaker #1
Moi, j'ai commencé dès la maternité.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et j'ai regardé mon bébé. J'ai regardé mon bébé. et comme quand. En fait, on le fait déjà. On le fait déjà. Là, il pleure. On cherche. Qu'est-ce qu'il veut dire ? Est-ce qu'il a faim ? Est-ce qu'il a soif ? Est-ce qu'il a envie de faire pipi ? Est-ce qu'il a envie de faire caca ? Au lieu de, est-ce que sa couche est mouillée ? Est-ce que c'est déjà trop tard ? En fait, on est dans le trop tard avec la couche. Alors qu'on pourrait être dans... Le bébé, il est dans l'instant présent. Toujours. Donc, il communique. Sur l'instant présent, il a une sensation qui arrive parce que le bébé, il sent, il ressent tout. Sauf qu'il est nouveau au monde, donc il ne connaît pas, il ne connaît rien. Et c'est à nous, adultes, de lui expliquer, de lui verbaliser, de lui dire « Ah, là, je vois qu'il y a quelque chose qui se passe. Est-ce que tu as faim ? Est-ce que tu as soif ? Est-ce que tu sens quelque chose en bas, dans ton ventre, qui tire, qui pique ? » En lui verbalisant, on lui apprend à reconnaître. La communication, elle va évoluer. Elle évolue avec la motricité. Elle évolue avec les connexions neuronales du cerveau qui vont se faire. Elle va évoluer avec plein de facteurs. Et comme un mode de communication, ça varie avec chaque bébé. Chaque bébé aura ses propres ressentis. Et chaque bébé va essayer de le communiquer d'une manière différente. Et s'il voit qu'il n'y a pas de réponse, soit il va communiquer d'une autre façon, soit il va arrêter de communiquer. S'il n'y a pas de réponse en face, le corps ne fait pas des choses inutiles.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc, il va stopper la communication. C'est pour ça qu'il n'y a pas vraiment de manière. Moi, comment j'ai fait ? J'avais mon bébé, beaucoup en peau à peau, beaucoup en portage, et j'ai observé. J'ai regardé, j'ai enlevé aussi le pantalon, la couche, pendant une phase d'observation, pour voir aussi... des signaux du corps. Moi, j'avais un garçon. Donc, il y a le zizi qui se lève, qui se graisse, qui devient dur. Alors, pour les selles, c'est un peu différent parce qu'on ne peut pas regarder.
- Speaker #0
Oui, quoique les selles, c'est vrai que maintenant, tu le dis, tu vois, moi, qui allaitais mon bébé, tu sens que le ventre se durcit et que ça va arriver. Oui, oui, non, mais c'est vrai. Tu le sens,
- Speaker #1
en fait. C'est vraiment des perceptions qui sont fines. Ça se fait, voilà, je te dis, à l'instinct, au ressenti.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que c'est une communication qui est non-verbale au début. Donc forcément, elle se fait par les sens. Toucher son bébé, le regarder dans les yeux. lui parler, en fait. C'est en lui parlant qu'on voit, on arrive à capter un retour. Et il faut qu'on lui verbalise tout parce que lui, il connaît rien.
- Speaker #0
Et comment ça se fait que tu dis que tu as commencé dès la maternité ? C'est un sujet auquel tu t'étais intéressée en amont, du coup.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, moi, je me suis longtemps intéressée à la pédagogie Montessori, qui est une pédagogie, d'ailleurs, qui est un peu surutilisée sur les réseaux sociaux. Donc je me suis intéressée à la pédagogie de Montessori et un des principes de la pédagogie de Montessori, c'est l'observation de l'enfant. C'est l'observation de l'enfant, l'autonomie de l'enfant et l'accompagnement par l'adulte, mais sans trop d'intrusion. C'est vraiment observer l'enfant, regarder qu'il a la capacité de faire et juste l'accompagner. avec certains outils. Donc, je suivais aussi beaucoup de réseaux sociaux québécois. Et au Québec, il y a beaucoup de gens qui s'intéressent à la chenille, par des podcasts, par des livres, etc. Et donc, voilà, en fait, c'est venu naturellement parce que je me suis dit, c'est un des besoins fondamentaux de l'enfant. Donc, quand je me suis renseignée sur l'alimentation, le sommeil, eh bien, est arrivé le... le fait d'uriner et de déféquer naturellement. Et donc, j'ai voulu tester par moi-même avec mon bébé, au début sans prendre de formation, rien. Et après, je me suis formée parce que j'ai fait beaucoup d'erreurs.
- Speaker #0
C'est intéressant justement de faire des erreurs, tu vas nous en parler.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et donc, je me suis formée à la chenille pour pouvoir accompagner mon bébé dans cette pratique-là. Et donc, j'ai commencé dès la maternité. En amont, je m'étais déjà renseignée. Je ne l'ai pas découvert au milieu, quand mon bébé était déjà plus âgé. Donc je me suis dit, c'est comme quand... J'aime bien faire le parallèle avec quand on veut apprendre le piano. Imaginons, on se dit, dans trois ans, je veux apprendre à jouer au clair de la lune ou la symphonie de Beethoven au piano. Est-ce que je vais commencer dès aujourd'hui en m'achetant un piano, en commençant à prendre des cours particuliers, en faisant du solfège, etc. Ou alors, est-ce que je vais attendre deux semaines avant la date fatidique de mon examen de piano, et puis je vais me mettre au piano là ? Non, je commence dès maintenant, et plus je m'entraîne, plus ça va être simple d'atteindre cet objectif-là. Donc, je me suis dit, je vais commencer dès la naissance. Et ça paraît logique, puisqu'on revient à ce que j'ai dit au début. La chenille, c'est communiquer avec son bébé. Donc, on communique dès la naissance avec son bébé, on n'attend pas deux ans avant de lui parler. Donc, c'est ça, en fait. Et le bébé aussi, il y a aussi ce mythe du contrôle du sphincter. Il y a les deux sphincters. Il y a les sphincters internes et externes. Le interne, de toute façon, personne ne le contrôle puisque c'est un système nerveux autonome. Et les sphincters externes, le bébé, il le contrôle dès la naissance. Puisque sinon, il serait en permanence en train d'uriner et de se faire caca dessus. Donc,
- Speaker #0
c'est logique. Quand tu le dis, d'ailleurs, c'est complètement logique, évidemment. Oui.
- Speaker #1
Donc, il a cette capacité de retenir. Nous, on ne veut pas qu'il retienne. On veut qu'il relâche. On veut qu'il soit dans un environnement sécuritaire, détendu, pour se relâcher. Et on ne veut surtout pas qu'il se relâche n'importe où. Parce que dans nos sociétés modernes, on le verra avec l'évolution des selles et des couches tout à l'heure, on n'est plus en capacité de faire caca n'importe où. On veut lui apprendre qu'il faut relâcher, mais il faut... réussir à un petit peu anticiper la sensation et aller se déplacer pour déféquer dans un endroit adapté, qui est le pot, le lavabo. Mais quand on lui apprend avec des couches, à la fois on lui apprend à déféquer n'importe où, on a le droit de faire partout, puisque j'ai la couche sur moi, elle me suit partout. Donc j'ai le droit de faire partout.
- Speaker #0
Oui, c'est un contresens presque.
- Speaker #1
C'est ça. Et à la fois, on lui apprend à relâcher en permanence. D'où des fois des problèmes d'incontinence au final. Ou à l'inverse, à se retenir en permanence parce que personne n'a envie de se souiller. Le bébé lui non plus, il n'a pas envie de se souiller.
- Speaker #0
D'ailleurs, c'est pour ça qu'il pleure dès qu'il est seul.
- Speaker #1
C'est ça, c'est pour ça que dès qu'il y a un gros caca, ils ne sont pas bien. Souvent, on me dit, ah oui, mais moi, mon bébé, il a deux ans et il peut rester avec un caca dans la couche, ça ne le dérange pas. Il est là, il joue. Ben ouais, parce qu'on lui a appris. On lui a appris que c'est là, et une fois que le besoin est passé, c'est un peu inconfortable sur le début. Après, on s'habitue. On répète des schémas répétitifs. Et plus le cerveau répète, plus il apprend que c'est la norme.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Il y a un livre de David Goggins, je crois, qui est « How to make habits » . Comment créer une habitude. Il dit qu'il faut un mois.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis parce que c'est souvent quelque chose que je dis en consultation, que pour faire une habitude, il faut un mois pour l'alimentation. Donc, il faut y aller petit à petit. Mais c'est vrai que oui, pour un bébé, c'est pareil alors.
- Speaker #1
C'est ça, c'est pareil. Et puis, il ne connaît rien. Il découvre tout. Donc, si pour lui, c'est la norme, c'est comme ça. On lui a appris que c'était comme ça, que la couche, c'était un toilette permanent. Donc, il n'y a aucun jugement dans ce que je dis. Mais c'est la société dans laquelle on est qui est devenue à l'ouest. Et qui ne nous aide pas du tout, en plus, dans ce chemin-là, avec les infrastructures, avec le congé maternité, avec tout un tas de trucs.
- Speaker #0
Justement, tu m'offres la transition par contre pour ma question suivante. Pourquoi les couches sont-elles devenues la norme si les bébés sont capables de communiquer leurs besoins et que nous, les mamans, on est tout à fait capables de réceptionner ces besoins, de les recueillir ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
En fait, c'est la vision des sels qui a évolué et la société a adapté. un outil technique lié à cette nouvelle demande, entre guillemets. C'est l'œuf qui crée la demande. Donc, au début, les selles, c'était la fertilité. On nourrissait la terre. Il y a même certaines tribus africaines, améradiennes, qui conservaient le méconium de l'enfant et qui disaient que c'était le passage de la vie intérieure à la vie extérieure.
- Speaker #0
C'est joli.
- Speaker #1
Ça montrait le continuum de la vie. Et on allait enterrer les selles avec un petit rituel pour dire, Voilà. Euh... Tu retournes à la terre, tu viens te déposer sur cette terre.
- Speaker #0
Comme une offrande ?
- Speaker #1
C'est ça, comme une matérialisation de la venue de l'enfant dans le monde physique. Et c'est beau, c'est magnifique.
- Speaker #0
Oui, c'est très beau.
- Speaker #1
Sauf qu'après cette vision ancestrale de la selle, c'était pur, il y avait des rites autour, ça représentait la représentation de l'âme. dans le corps physique, dans l'état physique. Et ensuite, c'est devenu tabou. Il y a eu une sorte de honte qui est venue se greffer dessus, notamment avec la chrétienté. Ça avait déjà débuté un petit peu à l'époque gréco-romaine, où il y avait quand même un côté ambivalent. Donc les selles étaient utiles pour nourrir la terre, mais elles commençaient un petit peu à être dégoûtantes. Il y avait les premières latrines. qui a été mis à l'écart de l'endroit où on vivait pour aller déféquer, uriner là-bas. Donc, il y a déjà une mini-bascule. Elles sont naturelles, mais il faut les cacher. Elles sont utiles, mais elles sont dégoûtantes. Ensuite, il y a eu l'avènement de la chrétienté. Et donc là, l'extrément, ça devient un peu... C'est la chute d'Adam et Ève, en fait. La déjection, elle devient ce qu'on appelle le rebut du péché. Donc, un enfant qui... était innocent, vous savez l'angelo, le petit enfant, on va lui cacher cette partie base du corps, parce que la pudeur c'est une vertu qui est morale et qui est religieuse. Donc cet endroit-là, cette sphère-là intime, voilà, il y a une certaine pudeur qui se met, il ne faut pas la voir, on ne veut pas voir ce qui en sort.
- Speaker #0
Et donc ça englobe tout finalement.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Urine, sel, et même l'appareil génital de l'enfant. Et puis, il y a une dimension psychanalyste, psychologique qui s'ajoute avec l'arrivée de Freud. Freud, dans son essai sur la phase anale de l'enfant, ça devient un outil de plaisir, entre guillemets, et ça devient un droit de l'enfant de s'affirmer. Je garde, je relâche. C'est un don de soi. Donc, il y a un attrait aussi à la fois érotique, le plaisir du contrôle, social sur je suis propre, donc j'obéis. Je suis dans la norme et une forme un peu d'avarice de l'enfant, qui fait un don de lui-même. Donc, un enfant qui va être propre, c'est des parents qui seront bons, qui auront bien éduqué, au moule en fait. Et ensuite, il y a eu Pasteur. Pasteur aussi, il a marqué un tournant parce que les selles, c'est devenu le microbe. La saleté, les miasmes, ça transmettait des maladies. Donc, il fallait, c'était la propreté, l'aseptisation complète. Et donc, ça, ça a amené aussi le côté... médicale. L'enfant qui est propre, il aura moins de maladies, et c'est une sorte de confort aussi, de ne pas vivre dans la saleté.
- Speaker #0
Bien sûr,
- Speaker #1
oui. Si on en revient, du coup, à l'évolution de la couche, je te disais que la couche, elle suit la vision des selles qu'on a eues. Donc, au début, on pouvait se permettre, il fallait retourner à la terre. Donc, on faisait déféquer les enfants dans des trous, ou alors dans des petits pots en terre cuite, qu'on gardait. justement pour les rituels. Ensuite, il y a eu cet avènement de la propreté où on a commencé à utiliser un peu des langes en tissu, des objets de propreté qui étaient au début réservés que aux riches. Et l'objet de propreté, il permettait de différencier le noble du gueux, un peu. Donc, on prouvait notre caste sociale par le fait d'avoir des couches. Donc, c'était valorisant. Un bébé avec des couches, ça montrait qu'on était plus aisé. Et puis ensuite, avec l'industrialisation, la médicalisation, il va y avoir l'apparition des premières couches jetables. Il faut savoir que c'est l'apparition des premières couches jetables avec les grandes marques connues qui commencent par P et qui finissent par R. C'est 1940-1950. C'est super récent, en fait.
- Speaker #0
Et oui, mais historiquement, c'est vendu comme un progrès, tu vois. Je sais que ma grand-mère, elle a eu quatre enfants très très rares. approchait et j'ai toujours entendu dire que l'hiver, elle allait dans le boulanger du village qui séchait les langes parce que ça ne séchait pas et que du coup, les couches jetables, c'est quand même un progrès fantastique, tu vois. Pour notre génération, je ne peux pas... Voilà, c'était un progrès. On était chanceuses.
- Speaker #1
C'est ça, parce qu'il y a eu la double. Il y a eu l'industrialisation où les techniques de production ont été plus performantes, la découverte de matériaux... de machinerie, etc. Et il y a eu aussi l'émancipation de la femme, où la couche et le lave-linge, ça permettait de permettre à la femme de s'émanciper et de gagner du temps. C'était synonyme de modernité de confort, en fait.
- Speaker #0
Or, aujourd'hui, on pourrait aussi voir comme un luxe de pouvoir observer son enfant.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Maintenant qu'on a acquis cette émancipation, bien entendu.
- Speaker #1
On a l'impression...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
avec l'hygiène naturelle infantile, que c'est un retour à l'âge de pierre. Un peu. C'est pas vendeur, en fait. Parce que d'un côté, ça ne vend rien. Ça vend juste un retour à la communication avec son enfant. Donc oui, il y a tout un tas d'outils, d'ustensiles. Moi, j'ai fait des postes sur le pot-chapeau, sur les pantalons fendus. Il y a plein de matériels qui ont été créés autour de ça. Parce que forcément... Quand il y a un nouveau besoin, tout le monde se jette dessus pour... Bah oui, les échecs,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Mais en soi, on peut faire sans.
- Speaker #0
On n'a besoin de rien.
- Speaker #1
On peut faire sans, on n'a besoin de rien pour parler à son bébé.
- Speaker #0
De façon générale, je trouve que l'enfance, et particulièrement la petite enfance, est une phase marketing, un gouffre, tu vois. Parce qu'en vrai, un bébé, il n'a besoin de quasiment rien à part de sa maman. Et pourtant, c'est souvent sa maman qui, malheureusement, doit retourner au travail. Le vrai sujet, à mon sens, il est plutôt là.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
En tout cas, c'est super intéressant.
- Speaker #1
Non, mais moi, franchement, ça me passionne, ce sujet, parce que j'ai vraiment envie de mêler tout, quoi, tu vois. Tout ce qui me fait sens, la pédagogie Montessori, la naturo, qui s'inscrit complètement là-dedans, tu vois. Parce qu'accompagner son enfant vers la propreté, ce n'est pas juste lui apprendre à aller sur le pot. C'est aussi adapter l'alimentation pour ne pas qu'il y ait des soucis de constipation.
- Speaker #0
Justement, j'avais envie de te poser la question, peut-être reprendre un peu comme ça, mais j'avais envie de te parler des odeurs, pour être très terre à terre. C'est vrai que quand on allaite son bébé, l'odeur des selles n'est pas du tout la même. et donc c'est vrai qu'on voit bien là en échangeant qu'en fait c'est bien plus qu'un sujet qui concerne juste l'urine et les selles. C'est global, en fait. Et puis, c'est même... Là, ce qu'on se disait par rapport au fait de retourner travailler, on ne peut pas observer son bébé. Moi, je me souviens, pour mon premier enfant, justement, par rapport à ses selles, après une journée de travail, j'avais repris, il était plus petit, du coup, et je me disais, mais je ne sais pas comment il a été aujourd'hui, en fait. Je ne sais pas. Du coup, j'étais perdue, tu vois. Parce que je ne l'avais pas vu de la journée, j'avais l'impression que c'était plus difficile de m'en occuper. Je ne l'avais pas suivi. Donc, on sent bien qu'avec ce sujet-là, finalement, on touche plein d'autres... On touche du doigt plein d'autres sujets.
- Speaker #1
C'est ça, et ce que tu as dit là, c'est important aussi, c'est « j'ai pas vu mon bébé de la journée » . Oui, plus tu échanges avec quelqu'un, plus tu apprends à le connaître.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc forcément, quand tu as passé malheureusement 7 heures à travailler et que tu ne le vois que 2 heures le soir parce qu'il faut faire à manger, il faut préparer le sac pour la crèche pour demain, plein d'autres choses aussi de la vie quotidienne, c'est vrai que ça ne laisse pas beaucoup de temps, le matin une demi-heure, le soir une heure. pour échanger et pour apprendre à le connaître, parce qu'au final, on croit le connaître, mais non, c'est la découverte complète d'un nouvel être. Donc oui, c'est pour ça que je disais tout à l'heure que la société dans laquelle on est, elle est structurée pour nous mettre plein de difficultés, plein de barrières, des obstacles, un obstacle, Donc forcément, il y a beaucoup de parents qui baissent les bras, parce qu'en fait, ils sont déjà sursaturés par la vie de base, mais si en plus, on leur dit, il faut, entre guillemets, rajouter ça, bah non faut vraiment pas le voir comme un rajout et faut pas le voir comme une performance en plus à faire en fait, c'est pas une checklist ok j'ai coché HNI j'ai réussi à attraper le caca à attraper le pipi j'étais là à l'affût non détendez-vous, on se pose et juste on est là on communique, on échange on verbalise et puis si on n'arrive pas à Merci. attraper le caca, c'est pas grave. Dans toute communication, il y a des moments où on ne comprend pas ce que l'autre dit. Voilà, c'est tout. Et on essaie de parler différemment. Et puis, le lendemain, on comprend mieux.
- Speaker #0
Du coup, justement, comment ça s'inscrit dans la vie quotidienne quand tu n'es pas complètement 100% dédié à ton enfant ? Je voudrais juste faire une petite parenthèse sur l'allaitement. Moi, pour mon dernier enfant, je l'allaite encore. Il a eu 3 ans. J'ai repris tout à fait ma vie, on va dire, normale. J'avais déjà expérimenté pour mon troisième enfant, ma fille. En fait, je n'ai juste pas arrêté d'allaiter. Mais bon, il est vrai que j'ai repris le travail plus tard. Ils avaient déjà six mois. Mais en fait, la vie a continué. Et puis, ils étaient diversifiés. Mais voilà, j'ai continué d'allaiter. En fait, je n'ai rien fait. J'ai juste fait ma vie normale. Je suis là, je donne le sein. Je ne suis pas là, je ne suis pas là. Et ça, ça s'est fait normalement. Ce qui fait que du coup, il a 3 ans et il prend encore le sein de façon différente, bien entendu. C'est sûr que ce n'était pas comme quand il avait 1 an ou même 2 ans. Mais est-ce que pour la propreté, justement, est-ce que c'est comme ça ? Est-ce que du coup, quand tu peux observer, tu observes ? Quand tu ne peux pas, tu mets une couche ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Complètement, le parallèle que tu fais, il est bien. Quand tu es là, tu es dispo, tu allaites. Et puis quand tu n'es pas là, tu n'es pas là. Et quand tu n'es pas là, tu ne lui parles pas. ben voilà c'est tout puis quand t'es là tu lui parles et ta question sur comment tu fais ben tu t'adaptes tu t'adaptes en fonction moi tu vois par exemple alors moi en plus j'ai fait toutes les erreurs du monde j'étais dans cet objectif de productivité je voulais attraper le caca parce qu'en fait intérieurement en tant que maman ça me touchait tellement dans mon coeur en me disant je veux pas qu'il se souille je veux pas qu'il se fasse caca dessus Merci. J'avais vraiment cette sensibilité en me disant, je veux, tu vois, j'avais envie que ça marche, que l'accompagner, quoi. Mais il ne faut pas aller trop vite. On veut tout, tout de suite, tout cru, tout cuit. Et l'enfant, il a besoin de ne pas sentir que c'est une pression. Qui dit pression, dit, je me crisse, je me serre. Et nous, ce qu'on veut, c'est qu'il se détende, qu'il se relâche. Alors moi, pareil, j'ai eu la chance de pouvoir rester avec mon bébé longtemps.
- Speaker #0
Oui, j'allais te poser la question. Je pense que ça, c'est quand même un préalable indispensable, d'avoir au moins un temps de, je sais pas, mais au moins les six premiers mois, non ? Tu crois pas ?
- Speaker #1
Bah, non, je...
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Oui, je vais pas mentir, je vais pas dire que ça aide pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça aide, ça aide complètement. Plus tu passes de temps avec lui, plus tu vas pouvoir reconnaître ses signons, plus tu vas avoir le temps d'observer, etc. Mais si tu peux pas, tu peux pas.
- Speaker #0
Oui, il faut pas se...
- Speaker #1
Il faut pas se prendre la tête et se dire, oh là là, je vais pas le faire parce que... c'est pas là, je peux pas. Non, en fait, c'est pas un zéro ou un. Quand t'as envie d'écouter une musique, il suffit que tu montes un petit peu le volume. T'entends déjà la musique. Si tu coupes tout, bah t'entends rien. La communication, c'est pareil. Vaut mieux mettre un petit peu, ouvrir un petit peu, entendre parfois, et apprécier le moment. Donc je te disais, moi j'ai eu la chance de pouvoir observer, etc. Donc au début, On recommande tout le temps une phase d'observation nue, parce que c'est vraiment là où on voit tout. On peut voir, voilà, quand ça sort, on voit, quoi. C'est dans le concret. On comprend, OK, cette expression-là, je le vois.
- Speaker #0
Je vois que c'était ça. Donc, c'est plus simple. Mais, par exemple, moi, mon bébé, j'ai essayé les langes, j'ai essayé les couches lavables, j'ai essayé les couches jetables. Et j'ai eu de la chance, entre guillemets, j'ai eu de la chance que mon bébé, il arrivait bien à me communiquer ou alors j'ai bien réussi à voir les signaux, même avec les couches jetables.
- Speaker #1
Moi, mes enfants, ils ont eu des... couches et je trouve que, enfin, je le voyais, ils ne sont jamais restés dans le caca parce que tu le vois tout de suite. Sur le visage, et puis surtout quand ils grandissent, enfin, tu le vois.
- Speaker #0
Et puis le truc, c'est de verbaliser. C'est toujours ça. Communiquer, verbaliser. Je te mets une couche, on met une couche parce que, moi je le disais, on met une couche pour protéger le zizi. Parce que, ben voilà, si tu te tournes, etc., ça peut s'accrocher. Bon alors, si j'ai une fille, c'est pareil, il peut y avoir des poussières qui rentrent. On s'habille, on met une culotte. Donc je dis, on met une couche. Mais c'est pour protéger le zizi, ce n'est pas pour faire pipi dedans. Si tu as envie de faire pipi, tu le dis à maman et puis on pourra. Je pourrai t'accompagner pour aller sur le pot ou aux toilettes. Et ne serait-ce que ça déjà. Voilà, verbaliser. La couche, c'est une protection. Ce n'est pas des toilettes. Et voilà, il apprend comme ça. Le pipi, c'est dans le pot. Et à la fin, mon bébé, des fois, il faisait pipi dans la couche, mais il disait... pipi peau, pipi peau. Alors qu'il venait de faire dans la couche. Mais parce que, voilà, bon, c'était trop tard. Mais il avait associé le mot. Il avait compris l'association. Donc moi, ce que j'ai fait, c'est que je mettais des couches et je proposais le pot à des moments stratégiques.
- Speaker #1
Comme tu fais quand ils sont plus grands, en fait, et que c'est le moment de la propreté.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça. Tu fais pareil, sauf que tu le fais avant. Parce que c'est comme nous. On vient de manger, forcément, le bol alimentaire qui arrive, il va pousser le reste pour que ça sorte. Donc eux, ils ont un transit qui est ultra rapide. C'est un réflexe gastro-colique. Je mange, hop, ça sort. Donc, on peut être sûr qu'un bébé de six mois, dans les dix minutes max, après la tétée, ça va sortir. Donc pourquoi ne pas, si on peut... comme toujours, enlever la couche et proposer. Bon, il n'y a rien. On remet la couche et ça sort deux minutes après, ce n'est pas grave.
- Speaker #1
Mais ça, tu peux le faire sur un bébé déjà qui tient assis. Comment tu as besoin ?
- Speaker #0
Tu n'as pas besoin. Il suffit juste de le mettre en position physiologique.
- Speaker #1
Oui, d'accord.
- Speaker #0
Tu vas prendre ton bébé contre toi, le dos entre tes seins, contre ta poitrine, jambes relevées, en le tenant, et tu le tiens au-dessus de n'importe quelle récette. C'est le tas que tu veux. Même une casserole. Il y a des gens qui vous la dégoûtent, mais c'est pas sur la vaisselle.
- Speaker #1
Oui, sur un jardin.
- Speaker #0
Voilà, au jardin. Et puis, tu varies. Tu varies. Si ce truc-là... Parce que des fois, ils n'aiment pas. Cet objet-là, je ne sais pas, je n'aime pas. Bon, tu vois, ça fait de la lumière. C'est un truc, ça peut être froid. La sensation, si tu le colles ou alors si tu le tiens juste au-dessus. Donc, tu varies et tu vois ce qu'ils préfèrent dehors. Ils regardent les feuilles. Voilà. Mais il ne faut pas non plus... Moi, j'aime... pas l'apprentissage de la propreté avec le jouet. Le jouet sur le pot. Toi, tu ne vas pas aller au... Il n'y en a pas qui le font, mais on dit qu'il ne faut pas aller aux toilettes avec son téléphone. C'est pareil. L'enfant, il ne faut pas qu'il aille sur le pot avec un jeu. Il faut être concentré pour sentir, pour voir ce qui se passe. On varie les méthodes et on propose à des moments spécifiques avant de rentrer dans la voiture, une fois qu'on sort de la voiture, tous les moments de transition avant d'aller au lit. le matin, au réveil, avant d'aller dans la poussette, en sortant de la poussette. Voilà. Et on se prend pas la tête.
- Speaker #1
Ouais, donc finalement, c'est quelque chose qu'on peut commencer quand bon nous semble, et dès la maternité si on en a envie, de façon anecdotique comme à 100%. En fait, il n'y a pas de règles. C'est vraiment comme on est à l'aise avec la chose. Et si on travaille, bah... Il suffit de regarder son bébé. Mais c'est vrai que ce que tu vois, moi, je ne l'ai pas expérimenté, mais tout ce que tu dis, j'ai reconnu mes enfants. Je me rends compte que finalement, sans doute que je le faisais déjà peut-être un peu, même s'ils avaient la couche, mais je savais à quel moment, enfin, je l'ai changé tout de suite. Tu vois, voilà. Mais c'est ça. Et d'ailleurs, tu vois, mon dernier, à deux ans, il était quasiment propre. Sauf que bon, c'est vrai que comme il allait chez la nounou et qu'elle lui mettait beaucoup les couches, et qu'il avait des plus petits. Mais maintenant, il a été propre quand même à deux ans et demi. C'est vrai que lui, il a été propre plus tôt quand même.
- Speaker #0
Oui, et puis l'allaitement, franchement, ça aide aussi. Parce que l'allaitement, c'est un moment de partage et on apprend aussi à communiquer pendant ce temps-là.
- Speaker #1
Mais moi, je dis souvent que finalement, c'est très simple de comprendre son bébé. C'était un petit peu ma crainte avant d'avoir la naissance de mon premier enfant. Je me disais, mais comment je vais faire pour le comprendre ? Il suffit de le regarder. Et je trouve que finalement, c'est ce que je dis souvent, c'est peut-être plus difficile quand il commence à parler. parce que tu penses que... En tout cas pour mon premier enfant. Mais tu penses que parce qu'ils savent communiquer, ils savent tout dire ? Mais absolument pas en fait. Ils ne savent toujours pas communiquer sur leurs émotions, dire ce qu'ils peuvent avoir au fond du cœur, tout ça. Donc ils savent juste quelques mots, mais pour autant, ce n'est pas acquis.
- Speaker #0
C'est très important ce que tu dis là, parce qu'on apprend la propreté à des enfants qui sont dans une phase de leur développement psychique et neurologique, où il y a déjà trop de choses qui se bousculent. À ces âges-là, deux ans, deux ans et demi, il y a eu la marche, il y a le moi, le moi qui s'affirme, il est dans la limite, il veut tester les limites, il veut s'affirmer. Donc, ça va être encore plus difficile de venir, entre guillemets, je vais dire, je déteste ce mot-là, mais corriger un peu un comportement qui est déjà ancré à ces âges-là. Puisque le bébé, là, il est dans la découverte de tout. Il sait un peu parler, en plus communiquer. Il a envie de toucher. Il est beaucoup dans le jeu aussi. Il a plus de concentration. Donc, quand il est dans un jeu, c'est plus difficile de l'en sortir pour l'amener aux toilettes, etc. Et puis, il y a eu déjà cette atrophie, entre guillemets, un peu des sphincters et neuronales, des schémas qui se sont faits.
- Speaker #1
En fait, finalement, à travers tout ce que tu expliques, on se rend bien compte que... À un moment donné, tu dois en fait faire désapprendre à ton enfant quelque chose que toi-même, malgré toi, bien sûr, tu lui as appris. Donc en fait, tu es complètement contradictoire.
- Speaker #0
Et je vais faire un parallèle à toutes les mamans, je pense que ça va parler à tout le monde. On nous apprend à faire une rééducation du périnée après l'accouchement, au lieu de nous apprendre à éduquer notre périnée et à comprendre... Alors pareil, à le contracter normalement, c'est... Il ne faut pas être comme ça toujours à contracter son périnée. On apprend à rééduquer un périnée qui n'a jamais été éduqué.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Là, c'est un peu pareil. Et on se rend compte, quand on est maman, à quel point c'est difficile de reprendre conscience de cette zone-là alors qu'on n'en a jamais pris conscience initialement. Donc, chez l'enfant, c'est pareil. On va lui demander un travail qui est plus difficile.
- Speaker #1
Mais il y a un autre... parallèle, je pense que tu dois connaître, c'est ce qu'on appelle le flux instinctif.
- Speaker #0
Oui, oui. Pour les règles ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Pour l'instruction ? Exactement. Et je trouve que finalement, c'est quelque part, c'est un peu la même chose. En fait, on ne t'a jamais appris à regarder. Et puis en plus, avec des tampons, là, tu es complètement coupé de tes sensations. Donc, tu n'es même pas capable. Au lieu que ce soit un apprentissage. Mais oui, c'est... société étrange dans lesquelles on vit.
- Speaker #0
Oui, et puis ça retombe sur le côté tabou de... Voilà, la petite fille devient femme par les menstruations, et par le fait qu'elle devient femme, elle accède à certains plaisirs, etc. Et donc, la menstruation marque le début un peu de sa vie d'adulte, quoi.
- Speaker #1
Mais finalement, je trouve que c'est tellement dommage parce que c'est ce... C'est se couper d'une communication avec soi, enfin avec soi dans le cas des menstruations, et avec son bébé. Du coup, ce qu'on nomme l'hygiène infantile, mais comme tu l'as très justement expliqué au début, finalement, c'est juste des besoins naturels, ni plus ni moins. Et en fait, on se prive de quelque chose.
- Speaker #0
Oui, oui. Je ne sais pas dire si on se prive de quelque chose,
- Speaker #1
mais c'est que ça va bien au-delà. Si tu es capable de déceler chez ton enfant quand il a envie d'uriner, quand il a envie de dépequer, finalement, tu es capable de capter plein d'autres choses. Tu vois ? Oui. C'est un peu, j'ai envie de te dire, la face émergée de l'iceberg. Donc forcément, à mon avis, j'en suis certaine, tu vas dans les années qui vont suivre. être plus à même de comprendre ton enfant. Puis tu lui as donné, je pense aussi, une sécurité même affective parce que tu as été dans la compréhension de ses besoins primaires. Donc je pense que pour sa construction, c'est un atout. Ça ne peut être un mensonge. Ah oui !
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. On a de la chance là actuellement d'être dans un tournant où il y a eu beaucoup aussi d'études neurologiques sur le cerveau du bébé qui nous apprennent beaucoup de choses sur ses perceptions, sur comment il voit la vie, comment il intègre ce qu'il apprend, ce qu'il voit, comment il évolue dans le monde. Et il faut savoir qu'il n'y a pas si longtemps que ça, on pensait encore que le bébé ne ressentait pas la douleur. on anesthésie pas les bébés pour faire des opérations ça parait fou donc là on prend vraiment conscience que le bébé, l'enfant c'est juste un petit adulte en fait c'est pas parce que tout est immature son cerveau, son système digestif etc.
- Speaker #1
C'est un être en devenir, en construction et qu'on doit l'accompagner dans sa production et dans la satisfaction de ses besoins parce que justement quand il naît il est Merci. Il n'est pas du tout autonome.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Alors, est-ce que tu aurais peut-être trois conseils à donner à quelqu'un qui voudrait se lancer, quel que soit l'âge de son petit ? Qu'est-ce que tu pourrais dire en fonction de toi, ton expérience, des erreurs que tu as pu faire et de ce que tu as pu observer par rapport aux parents que tu accompagnes ?
- Speaker #0
Moi, j'ai envie de dire trois choses. La première, c'est faites-vous confiance.
- Speaker #1
faites-vous confiance parce que il n'y a personne qui connaît mieux que vous votre bébé c'est des phrases un peu bateau qu'on entend partout mais c'est vrai ça vaut pour beaucoup de sujets en fait mais c'est vrai c'est ça si vous vous êtes droit
- Speaker #0
dans vos bottes que vous avez la connaissance que vous savez ce qui est bon pour votre enfant et que vous avez décidé de pratiquer l'hygiène naturelle infantile ou ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça Ça compte aussi pour n'importe quel mode d'éducation. Le choix, il ne revient qu'à vous, en fait. Donc, il faut avoir confiance en soi, avoir confiance en son bébé aussi, se rendre compte qu'il est capable, lui, de nous dire ce dont il a besoin. Ne pas écouter les gens autour de vous. C'est-à-dire, si vous êtes formé et que vous savez de quoi vous parlez, vous n'avez pas besoin de répondre aux critiques. la meilleure réponse à une critique, c'est le silence et c'est les actes. C'est ce que vous allez faire par vos actes donneront forcément des résultats. Et une fois que les gens verront les résultats, là, vous allez voir qu'ils viendront automatiquement vous voir et vous dire « Ah oui, mais comment t'as fait ? Ah ouais, tu fais ça comme ça ? » Et vous allez forcément passer pour un marginal. C'est sûr, il ne faut pas se leurrer non plus. C'est une pratique qui n'est pas conventionnelle, qui n'est pas popularisée. Il y a même encore dans le milieu médical des gens qui vont vous dire que vous imposez à votre enfant d'aller sur le pot, que ça va détendre ses sphincters, enfin tout un tas de trucs, de conneries, pardon pour le mot, mais formez-vous, que ce soit chez moi ou ailleurs, formez-vous pour savoir de quoi vous parlez et avoir l'aplomb d'assumer les choix que vous faites.
- Speaker #1
Oui, ça, c'était un peu ma question. Est-ce que, enfin, avant de débuter, il faut quand même se renseigner, mais je pense surtout pour prendre confiance en soi. Qu'est-ce que tu recommandes, justement ? Peut-être des lectures ou vraiment de suivre une formation ou un accompagnement ?
- Speaker #0
Je m'étais notée quand tu m'as mis la question, est-ce que tu recommandes des livres, etc. ? Oui, j'ai hésité au début parce qu'il y a des livres qui existent, oui. Il y a des classiques, il y a Sandrine Monrocher. Avec La Vie sans couche, il y a Ingrid Boer, avec Sans couche c'est la liberté. Il y a plein de livres, il y a des podcasts. Vous pouvez déjà avoir une vision, un aperçu de ce que c'est, de la base, des signaux, etc. Je pense que chaque formateur aura une approche différente, une sensibilité différente. Par exemple, moi dans les formations que j'ai faites, on utilisait beaucoup le son ps pour faire pipi. pour accompagner la volonté d'aller uriner. Je l'ai fait et au final, je reviens dessus parce que je trouve que ça crée un schéma mental qui fait que dès qu'on ouvre le robinet, j'entends le bruit. Dès qu'il y a ce son, bébé, il va avoir cette envie de faire pipi. Ça crée des mauvais schémas, des mauvaises boucles. Donc tu vois, moi je suis revenue dessus. toujours quand vous allez vous former ailleurs, que vous allez écouter des gens qui vont vous parler de la chaîne, etc., il y a toujours quand même un regard critique en vous disant « D'accord, est-ce que ça s'est adapté à mon bébé ? Est-ce que ça s'est adapté à mon mode de vie ? » Est-ce que ça, c'est ce que moi, je veux donner ?
- Speaker #1
Oui, garder son discernement, en fait.
- Speaker #0
C'est ça, il faut, voilà.
- Speaker #1
Entendre et prendre uniquement ce qui nous convient, ce qui nous correspond et laisser ce qui nous convient. C'est ça. Moi,
- Speaker #0
ce que je veux vraiment aujourd'hui, c'est planter une graine dans les esprits pour avoir vraiment une réflexion globale sur tout, sur tout ce mode de vie-là, sur comment j'agis avec mon bébé, comment je lui parle, voilà, comment je peux l'accompagner au global. Et on a trop appris à tout compartimenter. à l'école, c'est je fais de la SVT, je fais de la physique, je fais des maths, je fais du français. Mais non, en fait. Quand tu fais de la physique, tu fais de la SVT, tu fais des maths, tu fais... Tout est interconnecté. Donc, en fait, quand t'apprends la propreté à ton bébé, t'apprends pas juste la propreté. T'apprends tout un continuum global. T'apprends à verbaliser, t'apprends à baisser un pantalon. Donc, t'apprends des fonctions motrices. T'apprends à respecter des règles dans une société. Moi, il y a un livre qui m'a pas bousculée, mais que je trouve qui est important. On revient à cette notion de continuum que je te disais, de continuum de mère-enfant. C'est un essai de Jean Lidloff. Elle est psychothérapeute et journaliste. Elle est partie au Venezuela avant d'écrire son mémoire, au contact de tribus vénézuéliennes. Et en retournant chez elle, elle a écrit ce livre qui s'appelle The Continuum Concept, qui en fait décrit comment ces populations vivent et comment ils accompagnent leur enfant dans toutes les étapes de leur vie, de leur éducation, etc. Et elle a vraiment montré que l'enfant, c'est une continuité vraiment psychique, psychologique, du corps du parent. Donc quand on cherche à apprendre quelque chose à son enfant, Il faut se placer nous-mêmes comme un sachant et comme un leader. Entre guillemets, il ne faut pas hésiter. Parce que si nous-mêmes, on hésite, un bébé, lui, ne va pas savoir.
- Speaker #1
Et ça, ça vaut dans toute son éducation. En fait, on est un cadre sécurisant pour l'enfant. Donc, il ne faut pas douter. Il faut être sûr. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
C'est ce que les psychomotes, ils appellent le dialogue tonico-émotionnel. C'est-à-dire que dans ce qu'on offre comme aura un peu à l'enfant, Lui, il l'absorbe, il reproduit le schéma. Ce livre-là, il parle vraiment de ça, de la vision du lien entre le parent et l'enfant, de ce besoin qu'a l'enfant d'avoir son parent comme modèle.
- Speaker #1
De s'identifier.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et si on veut travailler avec toi, quels sont tes accompagnements ? Qu'est-ce que tu proposes ?
- Speaker #0
Alors, moi, je propose... plusieurs formats, soit pour les gens qui veulent un peu un one-shot, entre guillemets, qui sont déjà un peu informés, qui ont déjà commencé un peu l'apprentissage de la propreté par leurs propres ressources, mais qui veulent une ressource un peu immédiate dans l'urgence pour se débloquer. Ensuite, je fais un accompagnement qui, là, va être pareil, un peu en one-shot, mais avec un petit suivi et là, qui va mêler Merci. qui va ajouter la touche naturopathique à l'intérieur. C'est-à-dire qu'on part d'un bilan natureau de l'enfant pour ensuite faciliter l'apprentissage du pot, toujours avec la chenille. Donc, ça mêle à la fois une assistance naturopathique et l'introduction du concept de communication et d'élimination par la chenille. Et ensuite, je fais des accompagnements qui sont un peu plus longs ou là, pour les parents qui commencent de zéro. et qui ont vraiment besoin d'être suivis tout au long du parcours. Où là, on fait vraiment... Il y a un suivi quasiment quotidien. C'est quasiment... Il y a des plages spécifiques où ils peuvent me contacter quand même parce que je ne suis pas disponible la nuit. Mais voilà, ils ont vraiment accès à un groupe, à mes conseils récurrents. Ils peuvent me poser leurs questions, etc. Et ça, c'est un accompagnement qui est un peu plus long et du coup, qui est un peu plus coûteux. Mais c'est vraiment sur les gens qui... veulent vraiment être accompagnés sur le long terme, et qui ont envie un peu de déléguer et de dire...
- Speaker #1
D'être rassurée surtout.
- Speaker #0
C'est ça, d'être rassurée, d'être vraiment suivie.
- Speaker #1
D'être sûre qu'ils ne fassent pas d'erreurs, d'avoir tué une référente sur la question.
- Speaker #0
C'est ça, voilà.
- Speaker #1
C'est super, je mettrai tout ça dans les notes de l'épisode. En tout cas, je te remercie beaucoup pour cette conversation absolument passionnante.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
J'ai appris beaucoup de choses. Donc, un grand merci pour cet épisode.
- Speaker #0
A bientôt ! A bientôt !
- Speaker #1
Merci d'écouter Les Lois Naturelles. Pour prolonger l'aventure, retrouvez-moi sur mon compte Instagram Les Lois Naturelles et abonnez-vous à la newsletter du podcast pour recevoir des conseils et des ressources en exclusivité. Et si vous souhaitez un suivi personnalisé, je serai ravie de vous accompagner en consultation individuelle sur votre chemin de santé naturelle. A très vite dans le prochain épisode, prenez soin de vous !