- Speaker #0
Les murs parlent, le podcast de la Cité internationale universitaire de Paris qui vous fait découvrir des histoires intimes et des anecdotes sur le patrimoine architectural du campus.
- Speaker #1
Pour moi l'architecture, surtout de ce bâtiment-là, c'est assez spatial, on est d'accord. Même ça se voit de l'extérieur, il ne faut pas même entrer pour le voir. En habitant ici, on est d'accord que... L'architecture a beaucoup plus d'influence sur la vie quotidienne. J'ai eu l'occasion de pouvoir habiter dans d'autres résidences étudiantes, par exemple à Belfast, où j'ai fait mon bachelor. Et d'après moi, j'ai l'avis qu'ici, l'architecture facilite. beaucoup plus d'échanges. Et c'est grâce au fait que c'était un bâtiment qui a été créé avec le but d'accueillir des gens de pays différents. Je m'appelle Harry, je suis étudiant à Sciences Po Paris, étudiant en économie internationale et je viens de Yolande Nord et je vis à la Cité Universitaire dans le codège néerlandais. depuis août 2022. Et je suis ici jusqu'au juin de l'année prochaine. C'était vraiment la chance d'entrer dans le Collège néerlandais. J'ai postulé à la Cité universitaire et puis j'ai été choisi par Sonia.
- Speaker #2
Je suis Sonia Yandmat. Je suis la directrice du Collège néerlandais depuis presque quatre ans maintenant. J'ai été résidente au sein du Collège néerlandais. J'étais en thèse en neurobiologie. que je visais en co-toutel avec l'université de Groningen aux Pays-Bas. Je suis directrice depuis 2019 et une directrice de nationalité néerlandaise qu'elle n'avait pas eu depuis le début des années 70. On a à peu près 25% qui sont néerlandais, donc c'est la nationalité majoritaire. Mais on n'est pas en majorité. Ce qu'on essaye, c'est plus... À la fin de ces jours ici, on sort un petit peu plus néerlandais qu'on est entrés dedans. Et on a aussi une approche finalement entre l'équipe et les résidents entre eux d'horizontalité. qu'on revoit aussi dans l'architecture, mais cette horizontalité de je suis Sonia, je suis Madame Yann Mat, on se tutoie comme ça se fait aux Pays-Bas.
- Speaker #3
Je m'appelle Eglantine Patquier, j'ai 33 ans, je suis guide conférencière à la Cité Universitaire. Le métier de guide conférencière au sein de la Cité Universitaire consiste à à conduire des groupes de visiteurs qui peuvent être d'âge assez varié à la découverte du patrimoine de la cité universitaire. Donc ça peut être aussi bien le patrimoine architectural que le patrimoine végétal pour leur faire découvrir cet endroit unique à Paris. La volonté d'ouvrir une maison, un collège néerlandais à la cité universitaire est née assez tôt puisqu'en fait la première maison ouvre en 1925 et dès 1926 il y a un comité d'action qui se met en place pour... pour créer un collège néerlandais à la Cité Universitaire. Ce comité d'action est né sur la volonté de deux hommes, Franz Vriede, qui était le directeur du centre d'études néerlandais à Paris, et l'ambassadeur Loudon, l'ambassadeur des Pays-Bas à Paris. Ces deux hommes se sont réunis et ont monté un comité d'action pour collecter des fonds pour financer la construction d'une maison. Le principal contributeur est un Américain d'origine néerlandaise. qui s'appelle Abraham Preyer et qui a donné une somme d'argent conséquente pour démarrer le projet. Il a fait ça en mémoire de son fils qui était soldat pendant la première guerre mondiale et qui est mort en France. C'est pour honorer sa mémoire qu'il a fait cette donation. Le chantier a pu démarrer deux ans après en 1928, mais il s'est arrêté en 1933 faute de fonds disponibles. En fait, ça a été assez difficile de collecter l'ensemble des fonds nécessaires puisque la crise est intervenue entre temps. Et donc de 1933 à 1937, le chantier s'est arrêté et il a repris grâce à une subvention qui a été donnée par la cité universitaire et par l'État néerlandais qui ont vraiment décidé d'accélérer le projet. Et le bâtiment a pu être inauguré en décembre 1938. L'architecte de la maison s'appelle Willem Marinus Dudok, c'est un architecte néerlandais. Il a une formation militaire à l'origine. Il a d'abord commencé à travailler pour l'armée, il a conçu un certain nombre d'édifices. Et puis en 1916, il est devenu l'architecte de la ville d'Ilversum. On lui a proposé de réaliser ce projet, il avait une certaine notoriété au PEA. Le collège néerlandais est la seule maison qu'il a construite en France. Ses sources d'inspiration principales, il y en a plusieurs, plusieurs sources modernes. Il est très inspiré par l'architecture américaine de Frank Lloyd Wright, qui l'a beaucoup inspiré en partie pour la construction de ce bâtiment. Et il est aussi très impliqué, très inspiré par le mouvement des styles, qui est un mouvement moderne qui est né aux Pays-Bas, et dont les théoriciens principaux sont le peintre Piet Mondrian. et l'architecte Théo van Duisburg, et il a aussi été très inspiré par leur travail. Le style moderne, c'est un style où on refuse, ou en tout cas on atténue énormément les caractéristiques nationales. On veut aboutir à un art qui soit assez universel, dans lequel tout le monde puisse se reconnaître et s'identifier. C'est un style qui privilégie les formes géométriques simples, et qui veut un petit peu briser toutes les règles académiques qui avaient cours. jusqu'à maintenant, c'est-à-dire le fait d'avoir un bâtiment massif, imposant, symétrique, avec une entrée monumentale placée au centre du bâtiment. C'est vraiment un petit peu casser les codes de ce qui se faisait jusqu'à présent, casser la filiation historique puisque l'architecture Beaux-Arts, l'architecture académique faisait référence à des styles du passé qui étaient réinterprétés et là on veut un petit peu se détacher de tout ça et se détacher de... du foisonnement de sculptures et d'ornements qu'on avait dans les bâtiments de l'époque.
- Speaker #1
Au Collège néerlandais, on est un petit peu organisé par les étages, disons quotidiennement, on a créé vraiment des liens par étage. On est une trentaine par étage et on a vraiment l'occasion d'apprendre chacun de l'autre. Surtout l'année dernière, on était une trentaine de plutôt 30 pays différents. Et chacun, c'est vrai que chacun a son façon de vivre qui est différente. Et c'était surtout une expérience. de voir ça quotidiennement. C'est vrai que la cuisine, c'est l'endroit de partage, mais il y a aussi des endroits partout. Il y a le cours au central, il y a aussi le salon où il y a des jardins, et le cafétéria où on organise... des fêtes, des froids, des soirées, même des soirées de jeux ou ce que ce soit. C'est vraiment un espace grand, ouvert, lumineux, qui facilite l'échange.
- Speaker #3
Mon endroit préféré, c'est le grand salon dans cette maison, puisque justement, c'est un endroit qui est grand, qui est spacieux, mais qui est très... Très confortable, très lumineux et qui est très agréable. Même un jour où il n'y a pas beaucoup de lumière, ça reste quand même lumineux, agréable. Il y a une partie qui est très haute de plafond, mais il y a aussi les petits salons ici qui sont un peu plus confortables. C'est plutôt dans la façon de vivre et de circuler dans la maison. C'est une architecture qui est très tournée vers l'intérieur. Quand on approche le bâtiment de l'extérieur, c'est un bâtiment qui paraît assez massif, assez austère. Et finalement, quand on rentre à l'intérieur, c'est un bâtiment qui est très lumineux, qui est très clair, qui est très agréable à vivre pour les résidents, les étudiants qui y vivent. On a aussi un clin d'œil. En fait, ce qui est très moderne dans ce bâtiment, c'est par exemple, il y a un certain nombre de fenêtres bandeau. Et ça, c'est caractéristique de l'architecture moderne. C'est l'un des cinq points, l'un des cinq piliers de l'architecture moderne de Le Corbusier. Mais ici, ce sont des fenêtres... petit carreau qui ouvre vers l'extérieur et ça c'est quelque chose qui est typiquement néerlandais et qui est vraiment ça a été la volonté du doc en fait d'avoir cet élément ici dans la maison
- Speaker #2
Personnellement, une énorme fierté et aussi un défi de rendre une âme néerlandaise à ce bâtiment qui est d'un architecte si renommé aux Pays-Bas. Mais une de mes principales motivations, c'était qu'en tant qu'ancienne résidente, c'est que de donner un même type d'expérience aux résidents. qui habite ici, que moi j'ai pu avoir quand j'ai vécu à la cité et de veiller à ça, donner des possibilités aux résidents. J'habite sur place et je suis ici principalement à certains moments de la semaine, les soirs, les week-ends, et je m'occupe des problèmes résidents qu'il peut y avoir. Des projets qu'on a entre les maisons et sur le campus, des interactions avec les universités, les institutions aux Pays-Bas, avec l'ambassade des Pays-Bas en France, et d'être, ce que je peux dire, un rôle de facilitatrice dans tous les projets qui... qui sont menés ici. La plupart des résidents arrivent ici de façon naïve. Je suis le parfait témoin de ça également. C'est normal. Lors de nos pots d'accueil, on essaie quand même de rappeler le lieu magnifique qui est la Cité internationale universitaire de Paris, ainsi que le lieu dans lequel ils se retrouvent. Pourquoi on est dans ce bâtiment ? Qu'est-ce que c'est ce bâtiment ? Qu'est-ce que ça représente pour les Pays-Bas et pour le patrimoine aussi ?
- Speaker #1
Pour les 85 ans du Collège néerlandais qui arrivent, on a eu l'idée d'émortaliser un petit peu ce célèbre bâtiment. On a dessiné des t-shirts sur le trou. Ça nous donne un petit peu l'occasion de faire vivre le bâtiment partout à Paris, pour ceux qui l'achètent, et aussi de nous faire un petit peu les dents aussi en même temps. Et c'est bien pour nous.
- Speaker #2
On a à peu près 25% qui sont néerlandais. Donc c'est la nationalité majoritaire, mais on n'est pas en majorité. Donc voilà, ce qu'on essaye, c'est plus... À la fin de ces jours ici, on sort un petit peu plus néerlandais qu'on est entrés dedans. Et on a aussi une approche finalement entre l'équipe et les résidents entre eux d'horizontalité, qu'on revoit aussi dans l'architecture, mais cette horizontalité de je suis Sonia, je suis Madame Yann Matt, on se tutoie comme ça se fait aux Pays-Bas. Je n'ai pas, en tant que néerlandaise, cette notion formelle. Mais passer par l'esprit, j'ai tout de suite choisi de faire comme aux Pays-Bas, on s'appelle par les prénoms, on se tutoie, c'est beaucoup plus facile et je pense que ça rend l'interaction aussi beaucoup plus naturelle.
- Speaker #1
C'est certain que je suis complètement d'accord avec Sonia sur cette question d'apprendre. de la culture néerlandaise. J'ai vraiment eu l'occasion d'encontrer des néerlandais et des néerlandaises au cours de mes études ici à Paris et apprendre la façon de vivre, leur bienveillance, la chaleur et tout ça. J'ai vraiment des amitiés que j'ai fait ici à le Collège néerlandais. J'ai vraiment le... Le... l'idée que ce sont des amitiés que je fais pour la vie. J'ai eu l'occasion même juste de... c'était un plaisir d'aller les voir dans le pays, à Amsterdam et tout ça, l'été dernier. C'était... c'est vraiment un plaisir.
- Speaker #0
Vous venez d'entendre Sonia Yanmat, directrice du Collège néerlandais, Harry, résident du Collège néerlandais originaire d'Irlande du Nord, et la guide Eglantine Pasquet. Les murs parlent, un podcast produit par la Cité internationale universitaire de Paris et Friction.
- Speaker #3
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