- Speaker #1
Imaginez voir les gens buguer lorsque vous annoncez votre métier C'est ce qui arrive systématiquement à Samantha quand elle explique qu'elle est monitrice vélo. Pourtant derrière ce titre se cache un diplôme d'état et un métier bien utile. Dans cet épisode, on lève le voile sur ce métier méconnu. On va retracer un parcours de reconversion atypique, voir pourquoi se mettre en selle ne s'improvise pas et comment surmonter le syndrome de l'imposteur pour s'imposer et transmettre sa passion. Pour échanger sur le sujet et partager son parcours, j'ai le plaisir de recevoir Samantha Haddad, monitrice guide vélo et fondatrice de Sans Détour. Bienvenue dans Les Pédaleuses, le podcast du cyclisme au féminin. Routes, gravel, VTT ou bikepacking, rejoins notre peloton. Ici, on roule et on progresse ensemble, quel que soit son niveau. On est là pour s'inspirer, libérer la parole des femmes et célébrer la joie pure de pédaler en toute liberté. Bienvenue Samantha, peux-tu te présenter déjà s'il te plaît ?
- Speaker #0
Bonjour Laurène, merci beaucoup pour l'invitation. Alors, je m'appelle Samantha Haddad, j'ai 40 ans, je suis maman d'une petite fille qui va bientôt avoir 5 ans et je suis monitrice, guide, vélo.
- Speaker #1
Et tu vas nous raconter tout ça. Et déjà, comment le vélo est entré dans ta vie ?
- Speaker #0
Le vélo est entré dans ma vie, on va dire, très jeune, dès enfant. J'ai appris à faire du vélo jeune, mais c'était un moyen de locomotion pour moi. Je n'en ai jamais fait en club. Donc, c'était juste pour me rendre à mes entraînements, à mes différents sports. Et ça n'est pas mon sport non plus. J'allais au tennis, j'allais à mes entraînements à vélo. Mais je n'en ai jamais fait en compétition ni quoi que ce soit.
- Speaker #1
C'était du vélo pour le quotidien, en fait.
- Speaker #0
Exactement, pour retrouver les copains, les copines, se déplacer d'un endroit à l'autre, aller à l'école à vélo, plus en mode mobilité finalement.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un souvenir marquant de tes débuts à vélo ? Ou peut-être d'ailleurs le moment où tu as réalisé que finalement ça allait être plus que ça dans ta vie, plus qu'un simple mode de déplacement ?
- Speaker #0
Alors ce n'était pas forcément quand j'étais à vélo. Donc par la suite, une fois que j'ai été un peu plus âgée, j'ai commencé à faire des petits voyages à vélo. Et là vraiment c'était la liberté totale. transporter tes affaires, te rendre dans différents endroits, planter ta tente quand t'en as envie, ça m'a vraiment beaucoup plu. Mais au-delà de ça, j'ai vite pris conscience aussi que c'était un outil à la fois complexe, mais pas si complexe, et c'est aussi pour ça que j'ai voulu me former à la mécanique vélo pour me rendre vraiment autonome, parce que j'avais l'intention de faire des voyages un peu plus grands, et je me suis dit, je ne veux pas être coincée au milieu de nulle part, c'était vraiment le frein. pour moi, et je me suis dit, écoute, on va regarder s'il existe des possibilités pour être formée à ça. Et donc je me suis formée à ça. Mais pour répondre à ta question, les souvenirs que j'ai à vélo, j'en ai énormément, mais on va dire qu'ils sont plus vers l'âge ado ou l'âge adulte, quoi. Concrètement, où je suis plus moi, seule, sur mon vélo, je ne suis pas en train d'accompagner mon père sur un terrain de VTT ou dans les bois autour de chez moi en région parisienne. Le vélo, quand j'ai commencé à en faire moi seule, en autonomie, pour me rendre au travail, là j'étais ok, d'accord, là ça devient vraiment sérieux. Je ne veux plus être enfermée dans le métro parisien, je veux voir où je vais, je veux découvrir la ville, que ce soit en plein jour, en pleine nuit. C'est ça qui me plaît vraiment, le vélo sous toutes ses coutures, en journée ou en soirée.
- Speaker #1
Ah oui, je comprends. Et à quel moment tu t'es dit que tu voulais carrément faire ton métier ? Parce qu'il y a quand même un gros gap entre les deux.
- Speaker #0
Eh bien, complètement. Mais en fait, ça a été mon fil rouge quand je me suis un petit peu reposée à la question. Parce que t'imagines bien que tu n'as pas été la seule à me poser la question. Mais je te remercie de me la poser parce qu'effectivement, ça m'a fait réfléchir. Et en fait, ça fait maintenant 15 ans que je suis dans le vélo, d'une manière ou d'une autre. J'ai commencé en 2009 à Décathlon en tant que responsable de rayon. J'ai fait un petit peu du coup le rayon cycle à un moment. Mais ce n'était pas là que c'est vraiment resté ancré en moi. Mais après, j'ai travaillé en tant que responsable marketing pour une marque de sport extrême. Si on peut la citer, ça s'appelle Fox Racing. Là, le but, c'était vraiment de m'occuper de cinq sports différents. Mais on avait un fort enjeu sur le VTT et le VTT Gravity, comme on l'appelle. Donc, tous les sports un petit peu plus DH, donc descente, enduro, BMX, slope style. Donc, moi, c'était vraiment à ce moment-là, vraiment, qu'il y a eu un tournant dans ma compréhension du milieu du vélo et de l'univers du vélo. Et là, j'ai adoré cette expérience entre la gestion des athlètes, Tous les salons, tous les événements auxquels j'ai eu la chance de participer, c'était complètement fou. Et du coup, à cette occasion-là, je me suis dit, j'ai envie de percer un peu plus là-dedans. Et j'ai continué, j'ai travaillé après pour différentes marques au moment de l'arrivée du vélo assistance électrique, donc au Prémis, j'ai aidé un magasin à développer un petit peu une flotte de vélo assistance électrique dans les entreprises en région parisienne. Et après, je me suis dit, bon, c'est bien tout ça, mais... Mais comment vraiment j'avais plus envie d'être au marketing, j'avais envie d'être dans un travail plus technique. Et c'est aussi pour ça que passer mon diplôme de mécanique vélo a été important pour moi, pour me sentir encore plus légitime dans ma compréhension du vélo et du métier. Et vraiment, le passage à être monitrice vélo, c'est lors de ma dernière expérience en tant que chargée de mission mobilité active à l'agglomération d'Epinal, dans les Vosges. Où là, j'ai vraiment compris que c'était bien beau de mettre en place des aménagements cyclables qui coûtent beaucoup d'argent à la collectivité et aux politiques. Ce sont des choix politiques très importants. Mais si personne n'est là pour pratiquer et pour aller sur ces pistes cyclables, eh bien en fait, ça ne justifie pas les investissements. Ça ne justifie pas les investissements et du coup, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. On a fait des aménagements cyclables, mais il n'y a personne qui y va. Alors qu'en fait, ce n'est pas cette réflexion-là qu'il faut avoir. Il faut vraiment se dire, il faut faire des aménagements cyclables. Ça, c'est de toute façon la clé. Et les cyclistes viendront d'eux-mêmes. Mais il faut quand même mettre un pied à l'étrier par rapport à ça. Parce qu'il faut que l'aménagement soit bien fait. Il y a énormément d'enjeux politiques entre les places de parking à enlever, faire de la place au vélo. En fait, il faut designer des villes pour des piétons, pour des vélos, pour apaiser la vitesse en ville. Mais ça, les politiques... commencent à bien le comprendre, mais c'est juste qu'on a énormément de retard. Ce qui m'a aussi beaucoup plu, c'est vraiment que ça a été un tournant. C'est lors de cette expérience-là de chargée de mission à la Glodépinal. J'ai eu la chance de participer à une délégation qu'on a emmenée à Utrecht, aux Pays-Bas. Du coup, il y a eu beaucoup d'élus qui ont participé à cette... On appelle ça un voyage d'études. Et là, j'ai appris énormément de choses. On a travaillé avec des designers urbains qui nous ont expliqué qu'ils ont designé Utrecht pour la voiture à l'époque. Et donc, ils ont eu des voitures. Et maintenant, on leur a dit, il faut designer pour des piétons, pour des vélos. Et forcément, ils ont eu des vélos et des piétons. En fait, ça part de là. C'est le métier d'urban planner. Et c'est passionnant.
- Speaker #1
C'est trop intéressant.
- Speaker #0
C'est original,
- Speaker #1
ton parcours.
- Speaker #0
Oui, mais j'ai oublié de parler d'une expérience. Excuse-moi, j'ai aussi vécu en Suisse. Et là, j'ai été directrice d'un magasin de vélos. Donc, en fait... J'ai fait un petit peu tout ce que je pouvais faire dans l'univers du vélo, entre la distribution, l'aménagement. J'ai travaillé distribution avec Décathlon et en magasin. J'ai fait une toute petite partie production. Ça m'intéressait de visiter ça, mais je n'ai pas travaillé dedans. Et voilà, maintenant, je suis dans le service, parce qu'être monitrice vélo, c'est du service. Et ça touche aussi au tourisme. Donc voilà, en fait... J'arrive à avoir une belle compréhension de tout ça et ça m'intéresse beaucoup. Et la cyclo-logistique m'intéresse aussi beaucoup. Et ça, c'est le transport à vélo. Mais c'est encore autre chose.
- Speaker #1
C'est impressionnant ton parcours. Effectivement, tu as eu des expériences super variées qui ont tout un lien. Mais ce n'est pas si court, j'imagine, en plus de ta démarche. Et du coup, d'être arrivé au Monitora par ce biais-là, il faut aussi former des gens à apprendre à faire du vélo pour utiliser toutes ces infrastructures.
- Speaker #0
Clairement, et tu vois, ça c'est un métier assez récent finalement, parce que quand je parle avec des gens, tu sais, quand je prends mes petits covoites à droite à gauche, les gens me disent « tu fais quoi comme métier ? » et ça m'amuse de répondre « je suis monitrice vélo » et les gens buguent complet. C'est-à-dire, j'apprends à tout le monde, aux enfants, aux adultes, à la mise en selle, à des seniors, à se remettre en selle, à faire du vélo. Et genre, ah bon, c'est un métier, ça s'apprend ? Et en fait, à nous, à notre époque, on n'avait pas ça. Il y avait la sécurité routière qui venait, qui… Il y a encore la gendarmerie dans différents endroits qui viennent faire un petit peu de la sensibilisation à des panneaux et à de la sécurité routière. Mais sincèrement, notre formation, elle nous apprend vraiment tout ce qui est pédagogie, quelles sont les bonnes méthodes pour vraiment mettre en sécurité les gens à vélo, du plus petit au plus grand, prendre les bons réflexes. Et en fait, ça s'apprend. On a un manuel énorme. Il y a plein de choses, il y a plein de méthodes, plein de mécanismes, plein de répétitions. Plein de progressivité, plein d'apports pédagogiques pour en fait y arriver. C'est une formation complète d'un an et en fait c'est une activité réglementée. Donc quand je me suis renseignée pour me dire, ok, je veux mettre des gens à la pratique, par où je commence, qu'est-ce que je fais ? je vais me renseigner, est-ce qu'un métier existe ? Et vraiment, j'ai tapé ça sur Google. Et bien sûr, après, j'ai commencé à trouver des formations. Mais moi-même, je ne savais pas que c'était un métier.
- Speaker #1
C'est vrai que j'ai l'impression que c'est un corps assez méconnu finalement. Alors que, quand on y réfléchit, c'est quand même très logique. Alors, ce n'est pas qu'un sport en fait. C'est peut-être pour ça qu'on a l'impression que c'est naturel. Et souvent, ça dépend, mais souvent, on a la chance d'apprendre avec ses parents. Même si c'est une chance. Mais du coup, on a l'impression que c'est... C'est très naturel, alors qu'en fait, sur tous les autres sports, il y a des diplômes d'État et qui permettent d'encadrer, parce qu'il y a toujours des choses à apprendre. Et là, en plus, on va être quand même dans la circulation. Je trouve qu'en fait, il y a plein de choses qui font que c'est quand même très logique qu'il y ait des diplômes. Est-ce que tu peux nous parler justement de ça, des différents diplômes, sans rentrer dans le détail vraiment ? Mais juste pour nous donner une idée des différents diplômes qui existent et qui permettent d'encadrer.
- Speaker #0
Oui, alors il y a différents diplômes. On va commencer par le CQP AMV. C'est un CQP animateur mobilité à vélo. Donc ça, on va dire que c'est le diplôme de niveau CAP BEP. Et donc ça, ça permet uniquement d'encadrer en mobilité à vélo, donc l'apprentissage du vélo et le savoir rouler à vélo. Donc ça, c'est ça. On va dire que c'est un diplôme qui se passe en 168 heures de formation et à 56 heures de stage à peu près.
- Speaker #1
Et donc ça, derrière, quand tu dis animateur mobilité à vélo, ça veut dire qu'on va pouvoir en fait...
- Speaker #0
apprendre aux gens à se déplacer justement à vélo dans un cadre tu peux travailler avec des publics qui sont dans l'insertion tu peux apprendre par exemple des femmes qui n'ont jamais appris à faire du vélo et donc du coup tu peux travailler avec ces publics là tu peux travailler dans des écoles pour faire le fameux SRAV, le savoir rouler à vélo donc tu peux enseigner vraiment au CM1, CM2 comment faire du vélo et c'est vraiment vraiment porté sur la mobilité. Et ça, c'est très intéressant, ce diplôme-là, parce qu'en fait, il est très accessible à tout passionné de vélo. Ou même, t'es encadrant dans un club de VTT, t'as pas le droit d'être rémunéré quand t'es juste un bénévole dans ton asso. Alors qu'avec un CQP AMV, t'as le droit d'être payé contre rémunération. Je sais plus comment on dit. Payé pour ton travail. Et en fait... Ce qui est compliqué dans le milieu du vélo, c'est que tu as des diplômes fédéraux qui donnent vraiment une légitimité technique pour amener des enfants à des niveaux intéressants, même en compétition, tu peux encadrer plein de choses, etc. Mais tu n'as pas le droit d'être rémunéré par rapport à cela. C'est vraiment du temps bénévole. Alors que nous, je vais après te parler de notre diplôme à nous, c'est un BPJEPS, activité du cyclisme, qui s'appelle maintenant activité du vélo. Ça, ça s'adresse vraiment à toutes les personnes passionnées de vélo. Donc en fait, tu vois, comme moi, moi, je ne suis pas une féru-férue de vélo à la base. Par contre, j'en fais. Et en fait, tu peux encadrer en tourisme. On a les prérogatives pour encadrer tout type de vélo, que ce soit même du BMX, du vélo de route, du gravel, du VTT. Tout ça, on a les prérogatives pour l'encadrer, mais pas à un niveau compétition. Et ça, c'est un diplôme d'état.
- Speaker #1
à l'inverse des diplômes fédéraux dont tu parlais.
- Speaker #0
Exactement. Donc ça, c'est un diplôme d'État où on a le droit, enfin, on doit être payé pour l'encadrement que nous faisons. Donc, voilà. Et au-dessus de ça, le BPJEPS activité du vélo, c'est un diplôme en plus généraliste. C'est pour ça que je te disais que tu peux encadrer vraiment tout type de vélo, de pratiques de vélo. Et donc, ce BPJEPS, c'est niveau bac, en fait. On appelle ça un niveau bac. Et ça, c'est à peu près 600 heures en centre de formation avec la structure de stage. Donc, c'est pour ça que ça représente à peu près une année de formation entre tes phases de test et ton diplôme final avec tes tests également. C'est 600 heures et c'est une année de formation. Et au-dessus de ça, c'est le DEJEPS. Et lui, il s'appelle activité du cyclisme avec des options, soit VTT, soit BMX, soit cyclisme traditionnel. En fait, c'est un diplôme de spécialiste. Donc tu peux, avec ce diplôme-là, typiquement si on se focalise sur l'option VTT, avec ce diplôme-là, tu as le droit d'encadrer en compétition, en perfectionnement des jeunes ou des adultes, et en bike park et en enduro. Ce que nous, on n'a pas le droit de faire avec un VPJ EPS. Voilà. Et ça, c'est très important parce qu'en fait, le fait d'encadrer dans tes prérogatives, tu es légalement... Ok, t'es bordé, t'es protégé. T'as ta RC pro qui te protège par rapport à ça. Par contre, si tu encadres hors prérogative, là, c'est très problématique. Non seulement tu fais la conférence des loyales, mais en plus, tu peux potentiellement faire vraiment beaucoup de mal à la profession. Et c'est aussi ça le problème par rapport aux encadrements illégaux qu'il y a de toutes parts.
- Speaker #1
C'était un peu ma question d'après. Ah oui, d'accord. C'est que justement, le... L'impression que j'ai, c'est qu'il y a pas mal d'activités vélo. Personnellement, je ne savais pas qu'il fallait avoir un diplôme. Et en fait, maintenant que je le sais, j'ai l'impression qu'il y en a pas mal. Ils n'ont pas de diplôme. Ils essaient toujours un peu de dire non, ce n'est pas vraiment de l'encadrement, etc. Mais au final, ça l'est quand même. C'est quoi la situation actuellement et quel regard tu portes là-dessus ?
- Speaker #0
La situation est délicate. Je travaille au syndicat des moniteurs et monitrices cyclistes français. Donc, c'est un syndicat, en fait, pour défendre notre profession et juste pour vraiment faire la chasse aussi, parce que ce n'est pas du tout la seule chose qu'on fait. Mais on fait la chasse, en fait, aux encadrements illégaux parce que c'est de la concurrence déloyale. Ça nous empêche de pouvoir travailler correctement dans de bonnes conditions. Et au-delà de ça, ça donne vraiment parfois une mauvaise image de l'encadrement. Si tu as quelqu'un qui n'est pas diplômé, qui fait n'importe quoi et que toi, tu t'as payé pour une prestation et tu ne te sens pas en sécurité, ce n'est pas OK. Ça met en danger les personnes encadrées. Il faut savoir que nous, on a tout un protocole. S'il y a quoi que ce soit, une personne qui se blesse, qui tombe, on est déjà tous formés avec le PSC1, ça c'est le minimum. Mais on est nombreux à se former au PSC1 en équipe.
- Speaker #1
C'est les premiers secours en cours.
- Speaker #0
Oui, pardon, les premiers secours. Mais après, il y a plein de choses à savoir. Nous, on transporte toujours aussi une trousse de secours quand on est en encadrement. Et puis en fait, on a les yeux absolument partout. Vous, vous pensez passer un bon moment, etc. C'est le but en fait. Le but, c'est que vous n'ayez à penser à rien. En fait, il faut que ça devienne un automatisme de passer par un moniteur ou un guide, ou une monitrice ou une guide. En fait, on ne réfléchit pas quand on va faire du ski pour la première fois. On passe par l'école de ski français ou par d'autres acteurs. C'est pareil quand on va en haute montagne ou en moyenne montagne, on fait appel à des guides, des accompagnateurs moyenne montagne. Ou des guides de haute montagne. En fait, c'est à peu près pareil. On aimerait que les gens aient ce réflexe-là pour se dire j'ai envie de découvrir un territoire, je ne connais pas telle ou telle trace, je ne sais pas si ça passe, je ne sais pas en combien de temps je peux le faire. En fait, faites appel à nous. Il existe du coup, par rapport au réseau MCF, on a une carte de France sur laquelle tu peux aller et tu peux vraiment regarder, je vais aller à tel endroit, c'est qui le référent ici pour ma pratique ? Je vais aller faire du gravel dans le sud-est ? Je vais aller... Je vais aller chercher telle ou telle personne, tu vois. Et donc, bien sûr, on peut faire nos traces nous-mêmes avec Komoot, avec plein d'autres sites qui nous permettent de tracer. C'est vraiment génial. Il n'y a aucun problème par rapport à ça. Vous êtes complètement autonome. C'est juste que c'est libre à vous de pouvoir faire appel à des moniteurs ou monitrices pour découvrir un territoire un peu plus loin, connaître des spots un petit peu plus cachés, peut-être. Enfin, voilà. C'est juste des personnes qui connaissent très bien leur territoire. Ça permet de les faire travailler. C'est du local et c'est des amoureux de leur territoire qui vous feront partager bien plus qu'uniquement une trace. C'est vraiment ça, l'histoire de passer par des personnes diplômées.
- Speaker #1
Ton parallèle avec l'AMM, l'accompagnateur de moyenne montagne, est chouette, je trouve, parce que c'est un peu la même démarche. On peut aller randonner, évidemment, tout seul. Mais si on prend quelqu'un en accompagnant, un guide, ce n'est pas juste pour faire l'itinéraire. Tout un niveau de service qu'on a et d'autres découvertes.
- Speaker #0
Exactement. Et puis, tu sais, potentiellement, même l'AMM ou la monitrice ou le moniteur, ils pourront te faire découvrir le petit endroit pour déguster ton petit fromage, te faire découvrir tel spot pour avoir une vue imprenable, te faire découvrir le petit coin à myrtilles. C'est plein de petites choses comme ça qui sont, en fait, oui, tu peux les découvrir par toi-même, évidemment. Rien ne t'interdit de le faire par toi-même. Mais effectivement, si tu veux parfois y aller en ayant vraiment zéro charge mentale par rapport à un lieu que tu as envie de visiter, il ne faut pas hésiter à faire appel à ça. Oui,
- Speaker #1
carrément. Et ta formation à toi, comment ça s'est passé ? Est-ce que tu as trouvé ça très particulièrement challengeant ? Parce que tu avais quand même déjà une bonne expérience dans le vélo. Est-ce qu'il y avait des choses plus ou moins dures ? En plus, tu avais déjà un diplôme en mécanique.
- Speaker #0
J'avais un diplôme en mécanique. Ce qui est cool dans le BPJ EPS activité du vélo, c'est que comme c'est généraliste, ça va vraiment faire appel à plein de... C'est un large spectre. Il y a eu des cours de mécanique et là, j'ai été allégée. En fonction de ton passif dans le vélo ou dans ta compréhension des choses, puisque j'ai aussi un diplôme d'école de commerce, je n'ai pas eu tous les cours de gestion ou de gestion de projet. J'ai été allégée sur certaines choses, mais c'était à chaque fois par rapport au vélo. Ça, c'est quand même différent. T'as beau connaître le management, la gestion d'entreprise, là, c'est vraiment fait par rapport à, OK, tu veux créer ton activité dans de l'allocation. Plutôt, tu veux être indépendant. Tu veux avoir plusieurs encadrants avec toi. Tu veux créer une école MCF. Il y a plein de choses, quoi, tu vois. Donc, moi, vraiment, pour répondre à ta question. J'avais plus d'appréhension sur l'aspect technique du vélo, parce que la compréhension du milieu, je l'avais. On a eu une bonne présentation des différents acteurs. Je ne me rendais pas compte à quel point c'était large, avec qui on pourrait aller travailler par la suite. Bien sûr, il y a beaucoup de collectivité, mais ça, tu ne le devines pas. T'es pas juste en train d'apprendre à des particuliers en fait, t'es pas uniquement à la leçon individuelle, c'est ça qu'il faut comprendre. On n'encadre pas que des groupes de potes, on n'encadre pas que des scolaires, c'est très très vaste. On peut encadrer des seniors, des centres de loisirs, on peut aller travailler dans des EHPAD si on veut, on peut travailler, c'est gigantesque en fait. C'est vaste. C'est très vaste quoi, tu peux travailler dans un club, tu peux organiser de l'itinérance à vélo, attention. c'est très réglementé également donc non c'est très très réglementé l'itinérance à vélo ça blague à part et voilà donc du coup c'est vraiment c'est très large et tu t'ennuies pas mais pour répondre à ta question c'était vraiment moi l'aspect technique où il fallait en fait que j'apprenne tout et la formation que j'ai faite à l'IFV donc l'Institut de Formation du Vélo à Voiron m'a vraiment beaucoup plu par rapport à cet apport pédagogique là on a vraiment eu des formateurs passionnés, passionnants et Et... qui était vraiment très bon sur la correction technique et de faire prendre confiance. Et puis franchement, j'ai tellement progressé. Mes bases en VTT, elles étaient ridicules. Alors qu'en fait, j'ai progressé. À la fin, je passais des trucs. Mais là, j'ai confiance. Juste passer des marches, je n'avais jamais pris des marches d'escalier de ma vie entière. Ça me faisait toujours peur. Et là, maintenant, dès que je vois une marche ou dès que je suis un petit peu sur des petits sentiers, c'est un bonheur. Je n'ai pas peur. Je garde ma vitesse. C'est complètement différent. Tu prends confiance en fait. Donc ça, c'est cool.
- Speaker #1
C'est génial, ça a l'air chouette. Et toi, tu as fondé ton entreprise qui s'appelle Sans Détour. Et quelles activités tu proposes ?
- Speaker #0
Quelles activités je propose ?
- Speaker #1
Pour celles qui n'ont pas la vidéo, parce que vous écoutez en audio. C'est vrai, j'ai vu. On a vu un gobelet,
- Speaker #0
Sans Détour. Oui, mon petit gobelet. En fait, moi, ma baseline, c'est apprendre, partager et s'évader. Parce que je veux vraiment cibler les personnes qui sont débutantes ou qui veulent apprendre les bases. de différentes disciplines. Je me sens vraiment à l'aise là-dedans et j'ai vraiment cette patience-là pour mettre les gens en confiance. Parce qu'en fait, c'est aussi d'où je viens. Des personnes m'ont aidé à prendre confiance et j'ai envie de rendre ça. Et je me sens à l'aise là-dedans parce qu'en fait, t'es pas nul. Faut arrêter de croire que t'es pas légitime, que t'es pas capable. Et faut vraiment... C'est à force de persévérance et de débrancher le cerveau, te recentrer, se calmer et juste oser le faire. Et c'est comme ça que t'y arrives. Donc, l'apprentissage, parce que ça... Ça reprend à la fois un public très large, des enfants aux adultes, aux seniors qui font de l'armis en selle pour du vélo à assistance électrique, ou des personnes en insertion qui n'ont jamais appris à faire du vélo. Moi, j'ai vraiment une fibre très sociale qui m'intéresse fortement. Ou même des personnes, j'ai pu encadrer la dernièrement des personnes malentendantes ou sourdes et muettes. Et c'était ultra intéressant. Tu te places par exemple, tu ne te places pas... Enfin, il y a des placements à avoir quand tu encadres ce genre de public. Soit tu te mets devant pour qu'il te voit bien, soit tu te mets derrière pour s'assurer qu'il soit en sécurité et qu'il ne soit pas frôlé par quelqu'un. C'est encore une autre manière d'appréhender les choses et c'est très riche. Après, il y a l'aspect partage. Pour moi, le vélo, c'est trop cool quand tu en fais aussi à plusieurs. Ce n'est pas que tout seul sur son bike. Le but, c'est de partager. Ensuite, une fois que tu partages des bons conseils... Et que tu le fais à deux, trois, quatre, en fait, tu as envie d'aller à plusieurs et t'évader vraiment. Et là, le but, c'est ça. C'est qu'une fois que tu sais faire du vélo, c'est la liberté. Et là, c'est la découverte du territoire. Et le s'évader, c'était plus pour l'aspect tourisme et découverte de différents territoires et différentes régions, quoi. Avec tout ce qui va avec. C'est ce que je te dis. C'est la petite ferme qu'on va visiter. Voilà. Enfin, moi, j'ai vraiment un aspect aussi où je m'intéresse beaucoup au vélo en famille. J'aime beaucoup faire ça.
- Speaker #1
J'ai quelques questions là-dessus d'ailleurs.
- Speaker #0
D'accord, parfait. Et la féminisation aussi.
- Speaker #1
C'est quelque chose que tu aimes bien.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Oui, justement, la féminisation, l'impression que j'aime à nouveau. En fait, moi, je connais peu de moniteurs vélo, franchement. On connaît peut-être deux ou trois, tu vois, dans toi. Mais le milieu de l'encadrement, j'ai l'impression que ça reste encore assez masculin. Quand je vois passer des annonces, des choses où il y a des moniteurs vélo, souvent c'est des hommes. Est-ce que déjà, est-ce que vous étiez nombreuses quand tu as été formée et comment est-ce que tu t'es sentie, comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
On était quatre. 4 sur une vingtaine de participants. Donc t'imagines, c'est pas un gros quota. Mais on était quand même quatre. Et on venait toutes de milieux vraiment différents. D'ailleurs, big up aux filles. Mais tu vois, il y en avait une qui était infirmière. Elle est passionnée d'enduro et elle avait envie de faire du vélo. Et donc elle a d'abord passé son BPJ EPS avant peut-être un jour de passer son DE pour encadrer en enduro. Mais pour l'instant, c'est ça. On en a d'autres, elles sont sur d'autres territoires. Et en fait, elles adorent leur territoire et elles veulent le promouvoir à vélo aussi. Et il y en a d'autres qui sont très très fortes aussi en VTT et qui ont envie d'encadrer en VTT. Donc, en fait, il y a de la place pour tout le monde. Et sincèrement, je trouve que les filles, on devrait vraiment plus y aller. Parce que je trouve qu'on a vraiment toute notre place. C'est vraiment trop important. Je le vois moi maintenant quotidiennement. J'encadre quotidiennement des enfants et différents publics, mais beaucoup d'enfants en ce moment. Ça change tout, en fait, notre approche. Je ne dis pas que les hommes ne savent pas faire leur travail. Attention, loin de là. Je ne compare pas homme et femme. Je dis juste... Quel est notre petit plus ? À force de voir toujours des hommes nous encadrer, moi j'ai grandi comme ça, c'est toujours été des hommes, mes profs de tennis, mes profs à droite à gauche, j'ai toujours eu beaucoup d'hommes. Et quand tu as une femme, tu te dis que c'est possible en tant que jeune fille, en tant que petite fille. C'est juste l'exemplarité de te dire « Ah, mais elle, elle l'est, c'est son métier. » Et je t'assure, ça en fait rire encore. « Mais attends, toi, tu n'es quand même pas monitrice. » Tu te fais tester en permanence aussi parfois, mais après, c'est à nous aussi de nous adapter. Soit on rentre dans le jeu, soit on ne rentre pas dans le jeu, mais en fait... Juste faire comprendre qu'on existe et qu'on est là, et c'est par ce biais-là, en étant là et en existant, que ça va un petit peu plus se démocratiser. Mais tu vois bien l'énorme engouement de la présence des femmes dans l'ultra-distance. C'était à la base, on n'osait pas, il y avait 2-3 femmes qui se battaient en duel, qui s'alignaient sur des courses, et maintenant on arrive à du 50-50 sur certaines grandes courses très réputées, parce qu'on a prouvé qu'en fait on avait d'autres choses à... Sur lesquelles on était vraiment très très très fortes. Au niveau endurance, en tant que femme, on sait ce que c'est. Je veux dire, on donne la vie, donc on est endurante.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est un peu d'argument. Et est-ce que toi, tu as rencontré des situations un peu sexistes dans le milieu ?
- Speaker #0
Oui, clairement.
- Speaker #1
Et qui, justement, pourraient être des freins aussi pour certaines femmes, pour ne pas forcément oser se lancer, parce que fondamentalement, elles aimeraient bien faire ça, mais... Tu vois, un peu flemme d'être confrontée à ce genre de situation.
- Speaker #0
Après, en vrai, j'ai envie de dire, tu deviens aguerri. Moi, ça m'a juste à chaque fois rendue plus forte parce qu'en fait, je voulais prouver que j'avais ma place. Après, effectivement, c'est très désagréable. Mais je veux dire, est-ce qu'il y en a plus que dans d'autres milieux ? Ça, je n'arrive pas trop à te le dire. Effectivement, le milieu du vélo est un milieu assez sexiste, mais il tend à changer. Il y a quand même des très belles personnes. On peut tomber sur des très belles personnes. Et là, je trouve en tout cas... Maintenant que les mentalités changent un petit peu, tu vois. Dans les clubs, il y a aussi des personnes un peu plus, j'aime pas ce mot, déconstruites, mais en fait, c'est le cas aussi, tu vois. Et en fait, il y a plein de mecs qui ont juste envie de rouler avec des nanas et qui sont pas du tout dans la perf, en fait. Je pense qu'il y a encore beaucoup de ça dans l'aspect performance, où t'es un petit peu en mode compète et t'es vachement comparé. Alors qu'en fait, dans le milieu du tourisme, de la mobilité, etc., franchement, il n'y a même pas de question, en fait. Là, moi, j'ai plein de collègues. Ils sont animateurs comme moi, on se donne des tips en permanence, on se donne des conseils. On n'est pas là pour se juger les uns les autres. Il y a vraiment une belle bienveillance par rapport à tout ça.
- Speaker #1
Finalement, c'est un peu comme dans plein de milieux où malheureusement, il y a encore des comportements qu'on aimerait bien éviter.
- Speaker #0
Mais déjà,
- Speaker #1
j'espère que ça change un peu. Et puis, il y a quand même aussi un bel esprit sur le reste des gens.
- Speaker #0
Et c'est un beau monde. C'est vraiment un très beau milieu, très inclusif aussi. Et puis, vraiment, on a... On a aussi des athlètes incroyables dans le milieu du VTT féminin, qui ont aussi ouvert la route à plein d'autres jeunes femmes pour pratiquer. Ça part de là aussi. Moi, à l'époque où Myriam Nicole, j'ai eu la chance de la sponsoriser quand j'étais chez Fox. Mais c'était génial. C'était l'une des seules avec Tracy Hanna, avec bien sûr Rachel Atherton. Elles ont ouvert la voie à Tannisie Grave. Elle regardait Myriam Nicole avec des grands yeux. Et puis Tannisie Grave, maintenant, elle est sur les podiums avec Myriam. C'est juste... J'adore voir un petit peu ces jeunes filles qui se poussent les unes les autres. Et maintenant, tu as les nouvelles qui poussent, Et en fait, c'est que ça. C'est qu'en voyant des personnes faire le métier dont tu rêves, que tu penses que c'est possible. Et c'est pareil pour tout, tu vois. On est complètement d'accord. C'est tellement important tout ce qui est visibilité. C'est la clé.
- Speaker #1
C'est ça, clairement.
- Speaker #0
Et donc, tu nous parlais un peu de voyage en famille tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je me souviens avoir vu, donc nous, on s'est rencontré un stage de vélo.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et tu as montré une très jolie vidéo de voyage en famille.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et du coup, j'avais très envie de te poser quelques questions là-dessus. Comment déjà s'est née cette envie de partir à vélo en famille ?
- Speaker #1
Alors ça, vraiment, je lui dois absolument... tout par rapport à ça, c'est vraiment Jeanne Lepoix, qui est devenue aussi une amie, qui a posté des choses lors de son premier voyage avec sa petite-fille. En fait, elle a montré que c'était possible de faire des voyages en famille avec sa petite-fille dans une carriole. Et donc sa petite Zoé, elle doit avoir un an de plus que notre fille. Waouh, je ne sais plus trop, elles ont peut-être six mois d'écart, je n'arrive plus à savoir. Maintenant, elles se connaissent, donc c'est drôle de se dire ça. Mais Jeanne, on a commencé à la suivre sur les réseaux. Et à partir de là, on a commencé à discuter, à lui poser des questions sur du matos. Et puis, on a acheté son livre, le voyage à vélo en famille, etc. Et on a commencé à faire des voyages et les gens nous ont vus. Donc, on a commencé à en parler autour de nous. Et il y a eu d'autres personnes, quand on a déménagé à différents endroits, qui étaient avec des enfants et qui se demandaient comment continuer à faire du vélo parce qu'ils en étaient passionnés aussi. Donc, on a commencé à s'organiser plein de petits week-ends comme ça. Et puis, un jour, on a aussi appelé Jeanne en lui disant « Mais ce serait trop cool qu'on se fasse des week-ends en famille entre nous. » Et voilà, elle est montée dans les Vosges, quand j'habitais dans les Vosges. On s'est fait des week-ends et maintenant, on essaie de se faire au moins un week-end par an avec tous nos enfants qui grandissent dans ce cocon-là. Et on les voit progresser. Au début, ils sont en carriole, tous. Puis après, ils commencent à être sur leur propre vélo, ils font peu de kilomètres. Puis maintenant, ils sont en mode follow me, étalés plus grands de la troupe d'enfants qui sont en autonomie tout seuls et ils font le même nombre de kilomètres que les adultes. On a peut-être parfois un petit tir vélo, le petit truc que tu attaches juste devant pour tirer le guidon un petit peu pour les aider dans les côtes. Et en fait, c'est incroyable. Ils progressent, chacun à leur rythme et ils s'éclatent et ils se marrent. Et nous, c'est des week-ends qui nous font tellement du bien et on les apprécie tellement pour tout ça. Donc vraiment, c'est un gros big up à Jeanne Lepoy, qui est aussi une très, très grande cycliste, qui fait à la fois des grosses perfs quand elle a envie d'être en mode compète. mais qui est extrêmement accessible et qui est aussi designer et graphiste en temps plein.
- Speaker #0
C'est toujours magnifique, on le peut sous toutes les images qu'elle fait.
- Speaker #1
Oui, mais en fait, tu vois, c'est un réflexe pour elle, limite, à chaque fois, c'est impressionnant. Elle a toujours l'œil au bon endroit. C'est vraiment génial. À chaque fois, ça nous fait des super beaux souvenirs. On a hâte à la fin. On espère que ce n'est pas trop de temps qu'elle prend pour nous. Mais à la fois, c'est des super souvenirs. Et nos enfants, à chaque fois, ils regardent les yeux écarquillés encore. Ils les regardent en boucle, tu vois. Et on adore voir ça parce que c'est vrai, c'est des souvenirs incroyables. Donc ça, j'ai vraiment envie de continuer à proposer. Ça, c'est sûr. Parce qu'on a acquis maintenant une certaine expérience en quel est le matos dont tu as besoin. Il ne faut pas avoir forcément... Tu n'as pas besoin d'énormément de choses, en fait. Il faut aussi juste y aller et se dire, non, tu ne feras pas les 60 bornes que tu avais prévues. Peut-être que tel jour, ce sera 17 kilomètres et c'est complètement OK. Tu auras fait une grande pause à une cascade. Et c'est complètement OK. Il faut juste y aller au rythme de ton enfant pour qu'il prenne goût et qu'il prenne plaisir. Et c'est juste ça, quoi, en fait.
- Speaker #0
C'est vraiment le plus important. Et qu'est-ce que tu as vu chez ta fille que ça lui apportait ?
- Speaker #1
Tout. Elle adore ça. Je ne sais pas, elle en redemande, en fait. Là, on s'est vus récemment. On s'est vus juste après la fois où on s'est rencontrés. Je suis remontée à ce moment-là pour un week-end, début avril. et on s'est vu dans les Vosges et ma fille, ce qu'elle adore, c'est pouvoir montrer aux autres comment elle pédale, tu vois et ils font la course entre eux, avec Zoé avec les autres copains, là je sais pas si j'ai le droit de les citer, mais c'est tous les copains de nos copains adultes en fait et donc ça nous fait des réunions chamallows, enfin ils adorent en fait, ils jouent ensemble ils se voient à l'automne, ils se voient à différents moments et en fait ils grandissent, chacun, tous les 6 mois on se voit et chacun progresse, on fait de la pumptrack on se montre des trucs Ils sont absolument trop choux et ils s'échangent les vélos parce que tu sais comme ils grandissent. Certains ont des vélos plus grands que d'autres et ils n'arrêtent pas comme ça. Certains sont plus à l'aise, ils passent des grosses bosses, l'autre il a envie d'essayer. En fait, ils se tirent tout le temps vers le haut, même si nous, on ne leur demande pas. C'est juste qu'ils ont envie de le faire. On n'est pas là derrière. Vas-y, vas-y. Non, on est juste. On vous propose ça. Ma foi, amusez-vous. Donc, c'est vraiment simple en fait.
- Speaker #0
Ah ouais, trop bien. Et quel conseil est-ce que tu donnerais à une famille qui aimerait bien se lancer là-dedans ?
- Speaker #1
Déjà, ils peuvent nous contacter sans problème. Je réponds volontiers à toutes les questions. Si c'est l'instant promo, tu pourras leur donner ma page Instagram.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Tout ça sera en lien dans la description du podcast.
- Speaker #1
Parfait. Très bien. Comme ça, je peux aussi répondre aux questions si c'est un peu plus spécifique. Après, il y a aussi le livre dont je viens de parler de Jeanne Lepoy qui est très bien fait. Où il y a vraiment le B.A.B.A. de t'as besoin de quoi et tout. Elle, elle est vraiment partie avec son bébé qui était en bas âge. comme quoi c'est faisable et c'est comment tu fais avec les couches, les vivres, les ceci, les cela donc voilà tu t'organises et tout est possible en fait il faut vraiment se dire pour l'instant on fait juste une micro-aventure derrière chez nous, t'as pas besoin d'aller très loin t'es pas obligé de te dire en bas de combat on fait un tour de France comme Jeanne a fait tu peux très bien te dire tel week-end on va aller à tel lac, j'en sais rien moi ça dépend où t'habites mais même nous dans les Vosges on avait un lac pas loin, on allait au lac, c'était 8 km aller, 8 km retour, bah trop bien Tu as passé un bon petit week-end, une après-midi, et tu l'as fait. Tu vas goûter au lac. Je n'en sais rien, juste des petits trucs comme ça.
- Speaker #0
Il y a des progressivements. Oui,
- Speaker #1
mais surtout, si vous y arrivez à juste motiver une autre famille ou un autre copain, c'est tout l'or du monde pour votre enfant. Parce qu'il aura toujours quelqu'un d'autre avec qui partager. Et ça, c'est vraiment chouette. C'est le petit tip que j'avais donné à Hélène, qui me demandait comment faire pour ses petits-enfants. Et d'y aller avec des cousins, cousines ou des copains, copines de leurs petits-enfants, ça permet toujours avec d'autres enfants d'y aller et de te sentir plus à ton rythme ou d'avancer comme tu as envie de le faire avec des enfants de ton âge ou légèrement plus âgés.
- Speaker #0
C'est un super conseil, oui.
- Speaker #1
Mais voilà, ça, ça motive en fait. Ça les motivera toujours. Ils ont chacun deux, trois ans d'écart ou six mois d'écart et c'est parfait.
- Speaker #0
Et toi, quels sont tes prochains projets ? Alors, soit pour Sans Détour. Soit projet perso, peut-être de nouveaux week-ends ou voyages à vélo en famille ?
- Speaker #1
Je t'avoue que je viens de déménager de région, je suis maintenant sur Chambéry. Les prochains projets, c'est l'installation dans mon nouveau chez-moi. Ma famille me rejoint, j'ai trop hâte, ça va être absolument parfait. Et la nouvelle rentrée dans sa nouvelle école pour ma fille. Et découvrir la région pour l'instant en famille. Et commencer à proposer un petit peu des... des petits séjours itinérants ou commencer à faire un petit peu mon réseau autour de Chambéry. Ce serait absolument génial. Et là, tu vois, il y a plein d'autres moniteurs et monitrices qui sont installés ici. Et donc là, j'ai vraiment envie de créer un espèce de réseau pour qu'on fasse des trucs trop cool, qu'on arrive à s'organiser pour vraiment se fédérer et proposer des trucs trop chouettes, que ce soit dans les beaux, genre Chartreuse. Vous avez l'embarras du choix,
- Speaker #0
en plus, vu la localisation.
- Speaker #1
C'est trop bien, Jean-Marie. C'est juste incroyable. Et je pense qu'on a tous des choses à apporter. Moi, j'ai un pote de promo qui est installé aussi à Chambé. On se voit régulièrement. C'est absolument génial.
- Speaker #0
C'est sympa dans les moniteurs. C'est ce que tu disais, c'est aussi plein de profils différents. Si vous arrivez à vous rassembler, vous avez sans doute plein de choses à partager. Exactement.
- Speaker #1
Et on parle à beaucoup plus de monde, du coup. Et en fait, on a chacun notre ADN. Moi, ça va être la féminisation. Si je dois en choisir, ça va être le vélo en famille et la féminisation. D'autres copains, c'est plutôt le gravel. D'autres copains, c'est plutôt le VTT. En fait, il y en a pour absolument tout le monde. Ça ne veut pas dire que je ne peux pas encadrer tout ça. Ça veut juste dire qu'ils le feront peut-être un petit peu mieux que moi si tu veux pousser la pratique. Si tu veux avoir des tips en bikepacking, etc., je peux carrément t'en donner parce que c'est ma pratique. Mais moi, je vous orienterai toujours chez des copains qui, eux, le font et vibrent ça. Et donc, pour moi, c'est... C'est mettre en relation aussi ce métier-là. Tu es là, tu connais des choses, et tu es là pour transmettre et pour partager. C'est le deuxième volet de mon... d'apprendre à partager, c'est partager des bons conseils pour que tout le monde se mette au vélo. En fait, finalement, mon but, c'est ça. C'est que les gens fassent du vélo, s'éclatent à vélo, et prennent moins leur voiture, en fait.
- Speaker #0
On sent que c'est ça qui t'anime à la base. C'est pour ça, à la base, que tu t'es décidée. Après, il y a plein d'autres choses que tu semblais même...
- Speaker #1
Exactement. Mais voilà, moi, je n'ai pas de voiture ici, je n'en ai absolument pas besoin. ultra cyclable à Chambéry, je revis. On est même en train d'essayer de voir si on ne va pas vendre la voiture. Trop bien. On en est là. J'ai vraiment bon espoir sur tout ça, sur la prise de conscience de beaucoup de personnes pour avancer dans ce sens-là, en tout cas.
- Speaker #0
En tout cas, c'est sûr que tu contribueras. Pour terminer la question traditionnelle du podcast, qu'est-ce que tu dirais à une femme qui n'oserait pas encore se lancer ? Alors se lancer soit dans la pratique, soit pour passer un diplôme.
- Speaker #1
Franchement, qu'elle pose des questions, qu'elle n'hésite pas à nous poser des questions, à venir nous voir. Moi, ma porte, elle sera toujours ouverte et la porte de plein de monitrices aussi sera toujours ouverte pour répondre à ces questions, ces interrogations. Je sais qu'on a vraiment beaucoup ce souci de se sentir non légitime ou le syndrome de l'imposteur, etc. Mais en fait, il faut passer au-delà parce qu'on se gâche tellement d'opportunités si on ne le fait pas. Et moi-même, ça m'arrive de ne pas me sentir légitime pour certaines choses, de ne pas me sentir assez experte. Mais attends, ça fait 15 ans que je suis dans le vélo. J'en sais un rayon, tu vois. Sans mauvais jeu de mots. Ça c'est sûr, il est bien ce jeu de mots. Mais en fait, juste, non, je ne suis pas pointilleuse du pointillage. Je ne suis pas ultra, ultra précise dans les choses, mais d'un point de vue généraliste, je pourrais toujours t'orienter vers la bonne personne, tu vois. Et moi, c'est ça tout mon intérêt. C'est pouvoir mettre les gens en relation. Donc, il faut juste oser poser les questions et réseauter. Vraiment réseauter. Venez nous poser des questions, que ce soit sur mon LinkedIn, sur mon Instagram. Allez-y, quoi. franchement je peux toujours que renseigner si t'as envie de devenir mécanicienne vélo bah vas-y je te dirai à quel point c'est trop cool enfin tu vois donc c'est trop bien quoi.
- Speaker #0
Eh bah c'est parfait je peux vous encourager à faire ça vous serez très bien accueillie par Samantha j'ai aucun doute là dessus.
- Speaker #1
Bah merci beaucoup et j'ai hâte qu'on soit plus que 10% de monitrice vélo parce que je vous ai juste pas dit ça mais actuellement la filière du vélo c'est 18% du taux de féminisation Donc on est juste derrière le BTP.
- Speaker #0
Le bâtiment. Juste devant le bâtiment,
- Speaker #1
pardon. Mais l'objectif de la filière France Vélo, c'est de progresser et d'être à 30% en 2035. Donc pour ça, il faut oser, il faut postuler, il faut poser des questions et il faut se dire qu'on est aussi là pour ces métiers-là. Il faut qu'on soit là pour représenter vraiment les femmes dans ces métiers-là. On a plein de choses à y apporter.
- Speaker #0
Vous savez ce qu'il vous reste à faire ? Go !
- Speaker #1
Go, go, go !
- Speaker #0
Merci beaucoup Samantha, c'est une belle manière de conclure ce premier épisode du podcast Les Pédaleuses. Et à très bientôt pour de nouvelles aventures.
- Speaker #1
A très bientôt, merci à toi.
- Speaker #0
Merci. C'est déjà la fin de cet épisode des Pédaleuses, merci de l'avoir suivi. Si ce moment passé dans notre peloton t'a fait du bien, pense à le partager avec tes copines que ça pourrait aider ou inspirer. Le meilleur moyen de soutenir le podcast, c'est aussi de lui laisser 5 étoiles sur Spotify ou Apple Podcast. A très vite les Pédaleuses !