- Speaker #0
Chaque mois, c'est l'heure de la rubrique Voix d'experte. Une experte de l'équipe répond sans tabou à vos questions, celles qu'on se pose entre pédaleuses. On a toutes déjà ressenti ça. Une gêne dans le dos, des mains qui picotent, des cervicales qui tirent après une sortie. Mais est-ce normal de devoir s'habituer à avoir mal à vélo ? Ou est-ce un signal qu'on ignore trop souvent ? Pour en parler, je retrouve Juliette Cause, notre bikefitteuse, qui va nous aider à faire le tri entre une gêne normale et celle qu'il ne faut jamais laisser filer. Bienvenue dans Les Pédaleuses, le podcast du cyclisme au féminin. Route, gravel, VTT ou bikepacking, rejoins notre peloton. Ici, on roule et on progresse ensemble, quel que soit son niveau. On est là pour s'inspirer, libérer la parole des femmes et célébrer la joie pure de pédaler en toute liberté. Bienvenue Juliette, tu vas nous parler de ces douleurs qu'on peut ressentir parfois. D'une manière générale déjà, où est-ce qu'on a le plus souvent mal à vélo ?
- Speaker #1
Salut Laurène ! Alors, pour répondre à cette première question, les douleurs qu'on a le plus sur le vélo... dans le top 1, c'est les douleurs de genoux. Après, il va y avoir beaucoup de douleurs au niveau de la selle, des inconforts au niveau du périnée. On retrouve aussi beaucoup de douleurs au niveau du dos, donc ce soit des douleurs au niveau cervical qu'au niveau du bas du dos, donc des lombaires. Et après, ce qu'on va retrouver aussi assez souvent, ça va être des douleurs de type fourmiment au niveau des mains, au niveau des membres supérieurs. Ça, c'est vraiment les quatre... grosses problématiques qu'on peut retrouver régulièrement sur le vélo.
- Speaker #0
En gros, on peut avoir mal un peu partout, en fait. C'est ça, la conclusion.
- Speaker #1
Malheureusement, c'est un petit peu ça, oui.
- Speaker #0
Et comment est-ce qu'on fait, en fait, la différence entre une gêne qui est entre guillemets un peu normale, dans le sens où, mettons, on ne pratiquait pas cette activité et donc on débute à vélo, donc il peut y avoir un petit temps de s'habituer à la position. Donc ça pourrait être assez normal, en fait, comme gêne, et une douleur qui est, pour le coup, pas normale.
- Speaker #1
Alors là déjà ce que tu soulèves c'est un point super important, c'est notamment la notion d'habitude en fait. C'est-à-dire quelqu'un qui va découvrir la pratique du vélo, forcément son corps n'est pas forcément habitué à être dans cette position-là et à pratiquer cet effort-là. Donc évidemment il y a des choses qui peuvent être considérées un peu comme normales, parce que le corps a besoin d'un certain temps pour s'adapter à la pratique de ce sport, mais aussi à la position. Donc déjà, il y a un truc... important à soulever, c'est est-ce que ces douleurs-là, elles sont présentes uniquement sur le vélo ou est-ce que c'est des douleurs que la personne peut ressentir aussi en dehors du vélo ? Quand c'est des douleurs qui sont aussi présentes en dehors du vélo, eh bien, en fait, on sait aussi que la cause, elle n'est pas uniquement liée à la pratique du vélo. Par contre, quand c'est des douleurs qu'on n'a que sur le vélo, qu'on n'a vraiment à aucun autre moment, là, quand même, il y a vie. Il y a des chances que ce soit une grosse partie, ça soit un peu anormal et lié à la pratique vélo. Maintenant, dans la pratique, il y a plein de choses qu'il faut mettre en avant parce qu'en fait, tu vas avoir des personnes qui ne vont pas non plus être assez, on va dire, progressifs dans leur pratique du vélo et qui vont être un petit peu trop intensifs d'un coup, tu vois, ou quand il y a des trop grosses modifications, on va dire, de l'intensité ou du volume global de l'entraînement. Des fois, on peut avoir l'impression que c'est vraiment juste la position sur le vélo, alors qu'en fait, c'est plutôt l'entraînement dans sa globalité, tu vois, et le volume d'entraînement. On sait aussi que le corps humain, il s'adapte assez lentement. Donc du coup, généralement, il faut entre 6 et 8 semaines d'une pratique pour que le corps humain et les tissus s'adaptent. Et donc, dans tout ça, on va entendre dans les adaptations la tolérance posturale. donc en gros ça va dire En gros, la capacité du cycliste à supporter la position sur vélo penchée en avant. On va inclure là-dedans les amplitudes articulaires. On va intégrer aussi la force. Et aussi, à quel point les structures vont être capables de supporter les contraintes et l'appui. Ça, ça va être par exemple toutes les problématiques d'assises ou de selles. Où en fait, tes tissus ont aussi besoin de temps pour être capables de supporter une certaine pression sur un temps donné. Donc en gros... on va dire qu'il peut être un peu normal d'avoir des douleurs, par exemple en début de saison. Tu as plein de personnes qui ne font pas de vélo l'hiver, par exemple, qui ne vont pas rouler pendant trois mois, et qui vont avoir des douleurs de début de saison. Ça, c'est des douleurs qui peuvent être un peu normales, parce qu'en fait, c'est ton corps qui se réhabitue à la position, à développer telle ou telle force. Mais par contre, ces douleurs-là, tu vois, elles ne doivent pas durer, on va dire, plus que deux mois, si tu roules régulièrement. Parce qu'encore une fois, ton corps, il s'habitue à ce que tu fais régulièrement. Ça, ça peut être un peu normal sur des temps où tu n'as pas roulé depuis un moment, d'avoir des douleurs de début de saison. Ensuite, ça peut être aussi normal d'avoir certaines douleurs quand tu fais certaines distances, certaines durées de vélo que tu n'as pas l'habitude de faire. ça rejoint toujours cette problématique de ton corps s'adapte à ce qu'il a l'habitude de faire. Donc si toi, tu as l'habitude de faire plutôt des sorties de deux heures et qu'un dimanche, tu vas rouler cinq heures et que tu te retrouves avec des douleurs, ça peut être normal parce qu'en fait, c'est aussi ton corps et tes tissus qui ne sont pas habitués à supporter ces contraintes aussi longtemps. Donc ça, c'est des choses qui peuvent être plutôt normales et qui ne sont pas forcément que des problématiques de réglage, on va dire.
- Speaker #0
D'accord, il faut vraiment prendre en compte, c'est un peu comme dans toute activité sportive, mais j'ai l'impression que souvent on peut se laisser un peu entraîner, parce qu'on est enthousiaste et qu'on a envie de reprendre, mais il faut être hyper progressif et vraiment prendre ça en compte et ne pas y aller trop fort, trop vite.
- Speaker #1
En gros, c'est exactement ça, et ça c'est quelque chose qu'on ne retrouve pas uniquement dans le vélo, bien sûr, c'est toujours cette progressivité dans l'effort, dans la contrainte. Et surtout dans la gestion du volume global. Parce que oui, il y a le vélo, mais il y a tout ce qu'il y a en dehors du vélo. Donc parfois, en fait, on va avoir des problématiques qu'on ressent sur le vélo. Mais en fait, le vélo, il va peut-être mettre en évidence une fragilité qu'on a, qui est déjà là, mais en fait, qui va être soulignée par le vélo parce que pratique inhabituelle ou avec un volume un peu trop important d'un coup. Genre, tu roules d'habitude deux fois dans la semaine et tu te retrouves à aller faire un stage de vélo pendant cinq jours. où tu t'envoies 85 km par jour et tu te retrouves à avoir des douleurs. Donc c'est sûr qu'il faut avoir une vision assez globale et ne pas juste voir la douleur uniquement pendant la pratique du vélo, mais d'avoir une vision vraiment périphérique. Ok,
- Speaker #0
super important. Et si on a des douleurs, si on y est allé progressivement, on est assez régulier, mais qu'on a une douleur qui ne bouge pas, qui est toujours là ? Comment est-ce qu'ensuite on va savoir quoi faire ? Est-ce que c'est forcément un problème de réglage ou est-ce que c'est carrément tout le vélo qui peut ne pas être adapté ? On a peut-être acheté son vélo récemment et en fait, il ne nous convient pas.
- Speaker #1
Franchement, ces deux réponses existent. Quand déjà, on commence à avoir des douleurs qui sont très récurrentes sur, on va dire, imaginons, tu fais toujours un peu le même parcours, ça te prend toujours un peu le même temps. et t'es plutôt régulière dans ta pratique. Évidemment, il faut avoir une vision globale. Comme je disais tout à l'heure, t'as la partie vélo, mais en fait, t'as tout le reste. C'est-à-dire que la personne, en fonction de son travail, en fonction de sa fatigue du moment, tu vois. Les autres sports qu'elle pratique aussi, parce que parfois, on incrimine direct le vélo, alors qu'en fait, il y a tous les à côté, qu'il faut prendre en compte. Parce qu'en fait, parfois, on va faire toujours les mêmes sorties, mais ton genou, il va te faire un peu mal, parce que... tu as plus marché que d'habitude, tu as porté un peu plus de charge, tu as aidé un pote à déménager. En fait, tout ça, ça va prendre aussi en compte. Et ça compte aussi même quand tu as l'habitude de faire un type d'entraînement. Il y a tout le à côté dans ta vie de tous les jours. Donc ça, il faut y faire vraiment attention. On en a parlé déjà à la partie volume d'entraînement. Mais par contre, vraiment, une fois que tout ça a été un peu, on va dire, exclu et que tu es dans des choses vraiment habituelles, il y a pas mal de choses qui peuvent en effet venir de la partie matériel et surtout réglage. Tout ça, ça peut être mis en évidence à chaque fois, normalement pendant un bike fitting. Donc par exemple, je vais te donner un premier exemple sans aller trop loin parce que je sais qu'on en reparlera plus tard dans un prochain épisode, sur la partie selle, sur les inconforts de selle. Tu vas avoir une problématique aussi bien de matériel, donc la selle en elle-même, mais tu vas avoir aussi une grosse problématique de réglage. c'est-à-dire le réglage de cette selle-là, ce qui d'ailleurs passe en priorité par rapport à la partie matérielle. On en reparlera plus tard, mais le truc numéro un, c'est déjà où est placée ta selle sur le vélo. Ensuite, c'est pareil, sur la partie matérielle, moi je sais qu'il y a un cas que je vois très souvent de personnes qui ont par exemple mal au cervical, mal à la nuque, qui vont se dire, en fait, je suis vraiment trop loin de mon guidon, je me sens super penchée en avant, je n'ai pas bien accès à mes cocottes, etc. et qui vont direct se dire, je change ma potence. Il faut que je la raccourcisse parce qu'en fait, ma potence, elle est trop longue. Sauf que ça, c'est vraiment un raccourcissement qu'on fait de façon trop rapide, parce qu'il y a plein de fois où en fait, ce n'est pas la potence qu'il faut changer, mais c'est vraiment le réglage de la selle en elle-même qui déjà n'était pas bon. Parce qu'en fait, quand tu vas régler ta hauteur de selle, ton avancée de selle, ta bascule de selle, ça va vachement changer le rapport que tu as entre ton assise et tes mains. Par exemple, si ta selle, elle est trop haute, Quand tu la descends, tu l'avances en même temps. C'est deux réglages qui vont dans le même sens. Et bien, tu vas te rapprocher de ton guidon. Donc en fait, il y a plein de personnes qui vont avoir modifié, entre guillemets, la mauvaise pièce. Pour régler un problème mais qui vient pas de la bonne pièce en fait. Parfois aussi, on peut identifier des problèmes de matériel, mais qu'on va pas forcément pouvoir modifier pendant le bike fitting. Ce que je veux dire là, c'est ce que tu disais tout à l'heure sur la partie par exemple, quelqu'un qui a acheté un vélo trop grand. Malheureusement, tu t'en rends compte une fois que t'as fait un peu... tout le réglage finalement. Moi, je sais que je procède comme ça pour faire les bails fitting. Je règle d'abord les cales, ensuite je règle la selle et ensuite je règle le quad pit. Du coup, je ne peux pour moi pas faire les choses plus vite que ça parce que tout ce que tu auras fait avant va avoir un impact sur la position au niveau du guidon. Et parfois, en fait, c'est une fois que tu as fini toutes ces étapes, donc au bout de deux heures de rendez-vous, que tu dis à la personne « En fait, ton vélo, il est trop grand. » C'est embêtant, mais ça arrive. Donc ça, par contre, c'est identifiable pendant le bike fitting, ce n'est pas modifiable pendant. Et là, ce serait plutôt un problème de matériel. L'autre point que je vois quand même assez souvent sur la partie problème de matériel, c'est parfois des vélos qui ont une position trop exigeante par rapport aux capacités de mobilité du cycliste. Il faut quand même se dire qu'il y a beaucoup de personnes qui ont des métiers plutôt sédentaires, où ils font peut-être une heure d'activité par jour. qui se retrouvent avec des positions sur leur vélo hyper exigeantes alors qu'ils n'ont pas la mobilité pour ça. Typiquement, un test que je fais tout le temps en début de séance, c'est de faire un test où tu dois te pencher en avant et on voit, en gardant les jambes tendues bien sûr, jusqu'où tu peux descendre. Et tu as plein de personnes qui sont à 20 cm du sol et qui ont des positions super agressives sur leur vélo. Et ça, malheureusement, dans l'industrie du vélo, aujourd'hui, tu as beaucoup de vélos qui sont avec des codes pistes intégrées, par exemple. Tu vois, ça, c'est un vrai problème, je trouve, surtout quand tu commences le vélo, que c'est une activité nouvelle à laquelle ton corps n'est pas habitué, que tu n'as pas forcément la capacité de mobilité pour aller dans cette position-là, et tu te retrouves avec un cockpit intégré dans lequel tu n'as aucune modification que tu peux faire. Et du coup, là, tu es coincé parce qu'en fait, tu as déjà fait tout ce que tu pouvais au niveau du réglage des cales et de la selle, et tu te rends compte qu'en fait, la personne serait plus confortable sur son vélo avec une position plus redressée. Tu te dirais, trop bien, je change la potence. Je rajoute sinon, tu vois, des entretoises. En gros, sous la potence, je relève le cockpit. Mais tu ne peux rien faire, en fait. Là, c'est vraiment le vélo qui est comme ça. Et du coup, voilà, encore un exemple d'un problème de matériel qui fait que du coup, on n'a pas autant de possibilités de changement qu'on aimerait faire. L'autre chose aussi qui peut arriver, au-delà du cockpit intégré, chose que je vois quand même souvent, parce que tu as beaucoup de marques récentes, où il y a des Cotepit intégrés quand même, de plus en plus. La disponibilité aussi de certaines pièces. Tu as beaucoup de marques aujourd'hui dans l'industrie du vélo qui font des tailles qui ne sont pas les tailles standards de l'industrie. Par exemple, tu n'as pas de Cotepit intégré, tu te dis trop bien, je vais pouvoir changer la potence parce qu'en fait, ça va mieux convenir à mon cycliste. On va lui mettre une potence plus courte ou une potence relevée. Plus relevée que ce qu'il a. Par exemple, tu as une potence relevée de 7 degrés, tu voudrais lui proposer une potence relevée de 10 degrés ou de 17 degrés. Et en fait, tu as de plus en plus de marques qui font leur standard en termes de taille de pièce. Donc, le problème, c'est que ça réduit vachement tes possibilités de changement. Parce qu'en fait, peut-être que la taille de potence que tu veux et l'inclinaison, en fait, la marque ne la fabrique pas, tu vois. Donc, en gros, ça, je pense qu'aujourd'hui, c'est un vrai problème. Les marques font ça aussi pour garder un peu leurs clients, tu vois, et continuer, je pense, à vendre directement, eux, leurs pièces. Du coup, ça limite vachement les possibilités de réglage que tu peux faire. et ça quand tu commences le vélo et que c'est un nouveau sport et que t'as besoin, parce que ta position en fait sur le vélo elle évolue avec ta pratique en fait, parce que tes tissus ils s'adaptent etc, mais ça pour moi c'est quand même un problème un peu sur la partie quand même possibilité dans les réglages liés au matériel et parfois on est coincé parce que cette pièce là on voudrait la changer mais on peut pas parce qu'elle existe pas dans la marque du vélo qu'on a acheté tu vois, et tu peux pas mettre une autre marque parce qu'ils ont fait une taille qui est pas standard
- Speaker #0
C'est super intéressant à savoir. Parce que pour effectivement, si on débute et qu'on est même dans la phase où on n'a pas encore acheté le vélo, il vaut vraiment mieux prendre ça en compte. Parce que pour l'instant, on est au stade où on ne sait pas ce qui va nous convenir, etc. Et ça, on peut très vite se faire avoir et même se dégoûter du coup, en ayant une position qui ne nous convient pas du tout.
- Speaker #1
Exactement. Je trouve que c'est super difficile ça. Surtout, comme tu le disais, pour les personnes qui commencent, qui débutent le vélo. Parce qu'aujourd'hui... Je veux dire, il y a tellement de marques de vélos, il y a tellement de modèles qui existent, de réussir à s'y retrouver dans tout ce qui existe aujourd'hui dans l'industrie. C'est hyper difficile et en plus, quand toi, tu es là, tu veux acheter un vélo, tu as un budget en tête. Et du coup, tu peux être vite attiré par sa tanne marque en te disant « Ah ouais, c'est trop bien, rapport qualité-prix nickel » . Mais en fait, le jour où tu arrives en rendez-vous de bike fitting, tu te rends compte que malheureusement, il y a plein de choses que tu ne peux pas modifier et c'est que ça ne convient pas forcément à toi, ta capacité de mobilité, etc. Et ça, j'avoue que c'est difficile et comme tu le dis, ça peut dégoûter pas mal de personnes de la pratique parce qu'ils continueront toujours un peu à pratiquer, en tout cas avec ce vélo-là. avec des douleurs. Mais tu sais, moi, ça m'est arrivé la première. Je me suis acheté un vélo, c'était mon deuxième vélo de route. Et en fait, pourtant, je me suis dit, parfait, code pitman intégré. Et en fait, je me suis rendu compte que la marque en question, c'était une taille qui n'était pas standard. Et la pièce qu'il me fallait, elle n'existait pas, en fait. Et clairement, ça a été un des motifs pour lesquels j'ai changé de vélo. Du coup, maintenant, je suis beaucoup plus aguerré là-dessus. Mais tu vois, quand tu débutes, c'est hyper difficile, en fait, de connaître tout ça, quoi. Et d'ailleurs, même la personne qui m'a vendu mon vélo ne savait même pas que cette marque-là faisait des potences non standards. Quelqu'un qui est dans l'industrie du vélo, en plus.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est bien, du coup, vraiment d'être sensibilisé au sujet. Donc, c'est très bien qu'on fasse cet épisode. Et l'autre chose en plus, c'est que c'est vrai que souvent, quand on ne sait pas trop et qu'on veut acheter un vélo, on va vite avoir tendance à se tourner vers des potes cyclistes qui, potentiellement, vont faire des recommandations en fonction, eux. de leur pratique, de leur morpho et du coup qui ne vont pas du tout nous convenir et ce que tu disais aussi c'est les trucs qu'on entend un peu tout le temps j'ai des fourmillements aux mains il y a le pote qui va te dire moi j'avais ça mais je l'ai réglé en changeant de potence et peut-être que ce n'est pas du tout ce qui te convient donc ça c'est quand même pas simple à quel moment tu vas recommander de faire un bike fitting ?
- Speaker #1
Tu as carrément raison là-dessus et surtout déjà le vélo c'est un sport que tu partages beaucoup avec tes potes enfin voilà c'est... Et on entend beaucoup de choses sur le vélo, aussi bien des bonnes choses que des mauvaises choses malheureusement. Et c'est sûr que, en fait moi je dis toujours, une personne, un réglage. En fait c'est pas parce que t'as la même taille que ton pote, et même la même longueur d'entrejambe, que tu vas avoir les mêmes réglages, la même hauteur de selle, etc. C'est vraiment chaque personne est différente, et un réglage conviendra pas forcément à deux personnes différentes. Parce que ça dépend de plein d'autres facteurs, de ta mobilité, ta flexibilité, tes antécédents médicaux. Voilà, ta pratique aussi, les objectifs que tu as sur ton vélo. Et ça, du coup, c'est à prendre en compte. Quand est-ce que c'est important de faire un bike fitting ? Déjà, je pense qu'il faut voir aussi ça en se disant qui doit faire un bike fitting. Moi, je sais que souvent, il y a des personnes qui viennent me voir, des cyclistes, en me disant « je n'ai pas trop osé venir parce que j'avais l'impression que c'était que pour les cyclistes un peu professionnels » , tu vois. Alors que le bike fitting, ça s'adresse vraiment à toi. tout le monde. Il ne faut pas avoir un certain niveau de vélo, une certaine pratique en compétition, etc. Non, pas du tout. Tout le monde a sa place pour un bike fitting. Déjà, ça, c'est la première chose. Personne ne doit se limiter en se disant « Ouais, mais je roule que 20 km par semaine. » Mais en fait, on s'en fiche. Ça, ce n'est pas du tout un critère à prendre en compte. Ça ne s'adresse pas du tout qu'aux cyclistes qui sont expérimentés. Et je trouve que vraiment dans les deux cas, ça a sa place. C'est-à-dire aussi bien pour des cyclistes qui sont débutants qui n'ont vraiment pas de notion, même, tu sais, par exemple, de la partie mécanique. Moi, j'ai plein de personnes qui viennent me voir, qui roulent depuis pas longtemps, et pendant le rendez-vous, ils apprennent plein de trucs sur leur vélo. Et je trouve ça trop cool, en fait, parce que, tu vois, il n'y a pas que la partie tu viens pour être confortable sur ton vélo, c'est aussi, ok, t'apprends à le découvrir, tu vois. Par exemple, ça, tu peux le régler ici, là, tu peux faire ça comme ça. C'est bête, mais des fois, même des personnes qui n'ont jamais enlevé une roue avant, qui ne savent pas qu'il faut mettre une petite protection pour ne pas venir coller leur plaquette de frein. Enfin, plein de petites choses comme ça. Et donc, moi, je trouve ça trop cool d'avoir des débutants vraiment qui, justement, comme ça, tu commences dans des bonnes conditions, en fait. Tu fais aussi de la prévention des blessures en ayant un bon réglage dès le début. Et donc, du coup, aussi, dans les débutants, tu as beaucoup de personnes qui vont avoir normalisé certaines douleurs en se disant « Ah, mais de toute façon, le vélo, ça fait mal. Donc, ben non, je ne vais pas le faire régler parce que c'est normal. J'ai mal aux fesses. Ah ouais, mais c'est normal. » j'ai mal au niveau du cou, bah ouais c'est normal c'est le vélo, bon donc du coup déjà toutes les personnes qui débutent je pense que c'est si elles ont des douleurs, important de venir en bike fitting maintenant il y a aussi les personnes qui pratiquent le cyclisme depuis des années et qui ont elles aussi normalisé des douleurs qu'elles ont depuis des années en se disant bah non mais de toute façon c'est comme ça, c'est normal, j'ai toujours eu mal sur mon vélo et puis en fait c'est le vélo quoi donc du coup moi pour répondre à cette question je dirais, parce que ça c'est aussi ma philosophie moi je fais des réglages Merci. de vélo uniquement si le cycliste a des douleurs. Ça, pour moi, c'est super important de se dire qu'on ne va pas faire un bike fitting chez tout le monde. Et moi, je le fais quasiment jamais chez quelqu'un qui n'a pas de symptômes du tout, pas de douleurs, parce qu'il y a un moment donné à vouloir, soi-disant, régler comme la littérature le voudrait, on peut créer des problématiques et des douleurs à des personnes qui n'en avaient pas initialement sur leur vélo. Ce truc de vouloir déjà, des fois, tout vouloir un peu mettre dans des cases, il faut que la hauteur de selle soit à tant, tant. Pour moi, il faut déjà, la première chose, c'est si tu as des douleurs ou des inconforts sur ton vélo, là, il faut faire un bike fitting. Peu importe ta pratique. L'autre chose, c'est... On en parlait déjà tout à l'heure, mais c'est si tu as des douleurs sur une pratique que tu as un peu l'habitude d'avoir sur ton vélo. C'est-à-dire que oui, si tu as mal parce que tu as roulé pendant trois jours de suite 150 km, alors que d'habitude tu roules 20 km, ça peut être un peu normal que tu aies certaines douleurs. Donc toujours cette notion de régularité. Et aussi sur la partie vélo neuf. un truc que je vois quand même souvent parfois des personnes qui prennent rendez-vous avec moi pour un bike fitting mais qu'on pas roule avec leur vélo encore ça pour moi c'est pas une bonne idée pour faire un bike fitting pour moi faut vraiment déjà avoir roulé au moins une petite dizaine d'heures pour vraiment avoir un retour sur tes sensations savoir expliquer un peu les inconforts que t'as ou les gênes que tu peux ressentir et là ça sera beaucoup plus pertinent de faire le bike fitting suite à ça parce que on sort aussi à un moment donné un peu des données qui existent dans la littérature et des normes standard. Moi, je les utilise pour qu'elles me servent de repère. Mais maintenant, ce qui va me permettre d'affiner tout ça et de personnaliser le réglage, c'est vraiment le ressenti de mon cycliste. Et pour ça, il faut avoir roulé sur son vélo. Donc déjà, c'est important de l'avoir fait. Pas de direct prendre rendez-vous pour un bike fitting avec un vélo où on a roulé juste une heure avec ou même juste pas roulé. J'ai eu le cas récemment d'un cycliste qui a pris rendez-vous avec moi et en l'ayant au téléphone, il me dit qu'il n'avait pas roulé avec son vélo. J'ai dit, on se voit dans un mois. Parce que c'est beaucoup moins pertinent, clairement, de le faire si tu n'as pas roulé avec ton vélo.
- Speaker #0
Super intéressant. Merci beaucoup, Julia. Je crois que tu nous auras donné déjà pas mal d'infos. Et on se retrouvera pour d'autres épisodes plus spécifiques sur les douleurs de genoux, de selle. Toutes ces belles douleurs que l'on peut ressentir. Là, on aura déjà eu une vue générale, mais on ira dans le détail dans les prochains épisodes.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode des pédaleuses, merci de l'avoir suivi. Si ce moment passé dans notre peloton t'a fait du bien, pense à le partager avec tes copines que ça pourrait aider ou inspirer. Le meilleur moyen de soutenir le podcast, c'est aussi de lui laisser 5 étoiles sur Spotify ou Apple Podcast. A très vite les pédaleuses !