- Speaker #0
Elle a fini le tour, elle est allée voir son oncle et elle a dit je pense qu'il faut faire quelque chose parce qu'on fait partie des acteurs leaders du marché et moi je ne prends pas de plaisir sur nos vélos. Le point de départ, ça a été une étude d'un an sur les différences de morphologie hommes-femmes sur neuf nationalités différentes. Même une selle livre peut ne pas convenir, mais globalement elle est faite pour les femmes puisqu'on a le bassin plus large et du coup c'est étudié pour les points de contact sur la selle, sur notre façon de s'asseoir.
- Speaker #1
Pourquoi certains vélos sont-ils pensés spécifiquement pour les femmes ? Arguments marketing ou vraies nécessités ? Pour en parler, je reçois Sandra Robles, qui travaille depuis près de 10 ans au sein du groupe Giant, et va nous parler de l'histoire de Liv, la marque 100% féminine du groupe. Sa philosophie, sa démarche, et surtout, ce qui différencie la conception d'un vélo 100% féminin. Cet épisode est réalisé en partenariat avec Liv, un partenariat qui me tient particulièrement à cœur, puisque je roule moi-même sur des vélos Liv depuis près d'un an et en suis ravie. Bienvenue dans Les Pédaleuses, le podcast du cyclisme au féminin. Route, gravel, VTT ou bikepacking, rejoins notre peloton. Ici, on roule et on progresse ensemble, quel que soit son niveau. On est là pour s'inspirer, libérer la parole des femmes et célébrer la joie pure de pédaler en toute liberté. Bonjour Sandra. Bonjour Lorraine. On est dans un joli cadre là, puisqu'on est au Tour de France Femmes avec Zwift, avec un beau vélo Leaf derrière, qui nous servira un petit peu pour des petites explications. Est-ce que tu peux te présenter déjà ?
- Speaker #0
Je suis Sandra Robles, je suis responsable de la marque Leaf pour la France. Et pas que, puisque depuis 2022, je chapeaute aussi les autres marques. Et ça fait bientôt 10 ans que je suis au sein de l'équipe Giant France.
- Speaker #1
Et comment tu as commencé le vélo ? Quelle est ton histoire avec le vélo en tout cas ?
- Speaker #0
Alors mon histoire avec le vélo, elle est assez récente, surtout dans l'industrie, puisque avant je n'étais pas du tout dans l'industrie du vélo. Et je faisais du vélo un petit peu loisir, du VTC, les vacances, tranquillou. Rien de perf, on va dire, dans le vélo. Par contre, je viens du sport. J'adore le sport. Je suis passionnée de challenge et de dépassement de soi. Ça fait partie vraiment de ma raison de vivre, j'ai envie de dire, parce que c'est vraiment ce qui me porte au quotidien. Donc, quand on m'a proposé le poste, j'ai signé direct. Un grand oui. Un grand oui, exactement.
- Speaker #1
Et c'est quoi alors ton rôle exactement pour Liv France?
- Speaker #0
Alors, mon rôle, je vais l'expliquer en deux blocs. Donc, il y a eu mon rôle de 2017 à 2022. où là, j'étais 100% brand manager pour la marque en France. Donc, ça consistait à développer toute la marque et toute la com et le marketing au niveau français, avec notamment le point de départ, le développement et la création du programme d'ambassadrice, qui a été lancé en 2017. Et actuellement, on est à 60 ambassadrices régionales, j'entends, plus nos ambassadrices nationales. Et puis après, toutes les activations qu'on connaît quand on fait partie d'une marque, c'est-à-dire de l'événementiel, du son... du sponsoring, de l'activation magasin, qu'est-ce qu'on a d'autre ? La presse, les médias, comme on est là. Et après, un deuxième bloc de 2022 à maintenant, où du coup, je chapote tout le service marketing et communication. Et où là, pour le coup, je ne vais plus avoir une dimension, un rôle stratégique où l'idée, c'est de définir les grands axes. Je suis un petit peu moins sur l'opérationnel. Mais bon, on est une petite équipe, donc je reste quand même très connectée à l'opérationnel parce que ça me plaît beaucoup d'être sur le terrain, de faire, installer un stand, je trouve que c'est cool, voir les choses prendre forme, c'est sympa. Donc j'aime bien parce que j'ai un peu les deux casquettes maintenant, plus une dimension avec une vision à long terme et une dimension également opérationnelle. T'es sur le terrain. C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Sympa aussi. Tout à fait. Et est-ce que tu peux nous parler de l'histoire de Liv ? Parce que Liv, c'est la marque 100% féminine de Giant. Mais ce n'est pas du tout courant d'avoir une marque 100% féminine dans le vélo. Quelle est l'histoire derrière ça ?
- Speaker #0
L'histoire, c'est une personne, c'est Bonitou, la nièce de King Lou, le fondateur du groupe Giant, qui est décédé en février dernier. Giant, c'est un groupe familial. Taïwanais. Taïwanais, tout à fait. Donc, toute la famille, après il y en a certains qui ne travaillent pas pour le groupe, mais il y en a beaucoup de la famille qui travaille pour le groupe. Donc, Phoebe à l'époque, pas Phoebe, pardon, Phoebe c'est la CEO actuelle. Boni. était la directrice financière puis est devenue CEO du groupe. Et quand elle était directrice financière, elle s'est mise au vélo. Puisqu'elle avait la cinquantaine, elle s'est mise au vélo tard. Il faut savoir que les gens qui travaillent historiquement au sein du groupe Giant font du vélo, mais pas autant que quelqu'un qui ne travaille pas dans le groupe. Donc voilà, elle s'est vraiment mise au vélo à l'âge de 50 ans avec son oncle pour faire le tour de l'île. C'est un gros challenge là-bas à Taiyuan et ça a démarré de là en fait. Elle a commencé le tour, c'est une grosse sortie, elle était sur un vélo de Giant, donc tous les clichés. maillot pour homme, cuissard pour homme et ça n'allait pas du tout puisqu'elle a fini le tour, elle est allée voir son oncle et elle a dit je pense qu'il faut faire quelque chose parce qu'on fait partie des acteurs leaders du marché et moi je ne prends pas de plaisir sur nos vélos donc c'est vraiment un nez de là et à partir de là ils se sont dit peut-être qu'il y a un potentiel on est quand même 50%
- Speaker #1
de femmes sur Terre donc il y a peut-être quelque chose à faire vraiment et ça a été accueilli comment chez Giant cette initiative ? T'as quand même une femme qui, d'un coup, remet quand même un peu en question le truc de base qui était juste, on fait des vélos et puis c'est mixte.
- Speaker #0
Alors, il faut savoir, juste pour raconter un petit peu l'histoire de Bonnie. Bonnie, c'est une dame qui est née dans une famille, enfin déjà dans une culture qui prône l'homme en priorité, où l'homme est roi et la femme plutôt en seconde place, derrière, en second plan. Et dans une famille où il n'y avait que des garçons. Donc il y avait ce côté, il faut que je prouve, elle en tout cas elle le portait, parce que toutes les femmes ne font pas comme ça, mais elle, elle avait ce côté, il faut que je prouve que je suis aussi bonne qu'un homme et que je sais faire aussi bien. Donc elle a vraiment, j'ai fait beaucoup d'événements avec elle, j'ai beaucoup discuté avec elle et elle le porte en elle, ce côté placer la femme au centre et qu'elle soit l'équivalent de l'homme dans tout. C'est pas que le vélo, mais vraiment elle a ce côté. C'est pas du féminisme, parce qu'elle est pas féministe, enfin je trouve, pas féministe dans l'extrême. Pour moi le féminisme c'est ça en fait,
- Speaker #1
enfin maintenant parfois c'est un peu vu comme un truc mal vu, mais en fait pour moi c'est juste... Elle est féministe mais dans le bon côté. Oui, enfin juste tu veux l'égalité en fait. C'est ça,
- Speaker #0
exactement, voilà. C'est juste que je veux pas rentrer dans le féminisme un peu trop poussé, moi je sais que ça me plaît pas trop... Trop extrême, mais voilà. C'est une démarche féministe. Exactement. Donc c'est parti de ça, enfin oui donc Bonnie. C'est cette personne, elle a ça ancré et elle s'est dit, je vais leur prouver qu'il y a quelque chose à faire. Donc, directrice financière, elle a monté un business plan et en fait, elle s'est retrouvée face au board avec que des hommes face à elle. Elle est allée défendre son projet. Donc, clairement, il y a eu des sceptiques au départ parce que comme tout projet, que ce soit des vélos pour femmes ou un projet lambda, Il faut prouver une rentabilité, on est dans une entreprise, le but de l'entreprise c'est faire du chiffre. Donc voilà, il y a quand même une démarche commerciale derrière, on ne va pas se cacher. C'est normal, sinon ça ne marchera pas. Ça ne marchera pas, il faut savoir que pour faire un vélo, il faut fabriquer un moule. Un moule ça coûte extrêmement cher et après il faut rentabiliser le moule. Au-delà de la rentabilité du moule, il y a des lignes de montage. Donc on va dédier des lignes de montage pour un modèle spécifique. Donc il y a plein plein d'étapes. Si ces étapes-là ne sont pas rentables, c'est compliqué. Là, en plus, on arrive sur un marché naissant à l'époque, qui vivotait. On ne sait pas comment ça va prendre. Il faut être vraiment convaincu, avoir envie d'arriver à ses fins, j'ai envie de dire. Elle est arrivée face au board et elle a présenté les choses. Elle s'est défendue et ça a été accepté. Ils ont lancé au début des années 2000. Au début, c'était juste Giant for Women, avec un modèle.
- Speaker #1
Avec un vélo, oui. L'idée de la marque dédiée avec plusieurs vélos, c'est venu progressivement ? Oui,
- Speaker #0
c'est arrivé après. On a eu Giant Form 1, Giant Live et en 2014, la marque Live est arrivée avec un concept de marque. Au-delà d'un concept, une philosophie et une structure d'équipe femme. Puisqu'à l'époque, on était 100% femme. Maintenant, on trouve un équilibre. Et là, je vais parler plus pour la France, où moi, je souhaite qu'il y ait des hommes dans l'équipe, parce que je pense que c'est important qu'il y ait cet équilibre, parce que toute seule, on n'arrivera à rien, quel que soit le projet, qu'on soit un homme, une femme, quand on est seul, c'est toujours pareil, seul, on avance peut-être vite, mais au bout d'un moment, on va se prendre un mur. Là, en équipe, les hommes vont nous accompagner, ils vont parler aux hommes, parce qu'un discours d'homme à homme et d'homme à femme et de femme à femme, ce n'est pas le même. Donc une femme qui va parler à une femme va peut-être mieux se comprendre. Un homme qui va parler à une femme, quand il va parler vélo, ça va être peut-être plus technique. Et une débutante, notamment, la technique, ça ne va pas forcément lui parler. Donc voilà, moi j'aime bien cet équilibre parce que quand on va sur un événement, on va rencontrer des hommes. Et si on a des hommes sur le stand... souvent les hommes, ils vont voir les hommes. Et donc, on doit avoir des gens qui vont parler de la marque, présenter la marque avec leur façon de faire et avec le même vocabulaire. Et du coup, des fois, c'est mieux compris que quand une femme va parler de ça et peut-être avoir un côté plus militant ou j'en sais rien dans la façon d'aborder les choses. Et du coup, l'homme en face va peut-être être moins réceptif, en fait. Donc, on va dire qu'au niveau groupe, en 2014, la marque arrive. Donc, la marque Liv arrive. avec des femmes sur les fonctions support.
- Speaker #1
Ok. Et là maintenant, ce que tu dis, c'est qu'il y a des hommes, mais en majorité, c'est quand même des femmes qui bossent sur la marque. Oui,
- Speaker #0
tous les postes clés, ingénieurs, designers, sont des femmes. Toutes les responsables marketing. Après, on a certains pays où ils ne sont pas assez structurés pour avoir des femmes, mais globalement, les marchés clés et qui fonctionnent, on a des femmes dans les équipes.
- Speaker #1
Ce qui est quand même super aussi dans une industrie du vélo qui est globalement hyper hyper masculine.
- Speaker #0
Clairement, oui.
- Speaker #1
Et même sur des trucs de conception. J'imagine que c'est génial d'avoir un regard aussi féminin pour dire, en fait, nous, notre problématique, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Un truc qu'un homme ne se rendrait pas forcément compte. C'est même pas de la mauvaise volonté, mais juste...
- Speaker #0
Ben oui, non, mais un exemple tout bête. Là, c'était sur des brassières. On parlait de brassières avec un homme dans l'équipe. En disant, les brassières, mais pourquoi ? Et en fait, il comprenait pas. Il y avait des trucs sur les brassières, il comprenait pas à quoi ça servait. Il dit, ah, c'est pour ça. Et je dis, tu vois, c'est pour ça qu'il faut des femmes quand même sur certains... Bon, là, en l'occurrence, c'est les brassières.
- Speaker #1
Là, il n'y a pas plus point dessus.
- Speaker #0
Mais tu vois, on peut parler d'une selle ou autre. Mais voilà, c'est important. Je pense qu'on a un autre œil. Et les deux sont complémentaires.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et pour là, on va parler de la conception des vélos. Oui. Donc déjà, sur l'aspect, on va parler ensuite vraiment en détail de ce que ça change sur... vraiment sur le vélo, mais déjà sur la conception. Je sais que vous aviez une philosophie qui était des 3 F, donc Fit, Form, Function. Ça a un peu évolué. Est-ce que tu peux nous expliquer ça ?
- Speaker #0
Oui, tu as bien résumé. En fait, la marque a démarré avec le Fit, Form, Function. Et aujourd'hui, on est pour les femmes, avec les femmes. Parce que d'un point de vue global, on pense que le Fit, Form, Function est compris. Il faut savoir que le Fit, Form, Function, c'est clairement la conception du vélo. à savoir la géométrie, comment le vélo est conçu. Et à l'époque, du coup, on expliquait cette conception. Maintenant, c'est plus pour les femmes, avec les femmes, il y a plus un côté inspirationnel, un côté peut-être plus challenge, un côté plus perf aussi, ou communautaire. On est plus là-dedans.
- Speaker #1
Mais en fait, parce que vous considérez que la partie adaptation, c'est fait quoi ? C'est ça,
- Speaker #0
sauf que, petit bémol, en fonction des marchés, c'est plus ou moins bien acquis. Et encore plus sur les marchés latins.
- Speaker #1
Donc chez nous, ce n'est pas acquis, tu veux dire ? Voilà, chez nous,
- Speaker #0
ce n'est pas complètement acquis. D'accord. Donc moi, je continue à pousser ce côté conception. Tu vois, on est encore en train d'en parler.
- Speaker #1
Oui, en fait, moi, je reçois souvent des questions là-dessus. Oui,
- Speaker #0
parce qu'en fait, on se rencontre même en Espagne et tout ça. Les marchés latins sont encore un peu plus machos. Peut-être que les femmes ont moins...
- Speaker #1
J'ai l'impression que les femmes sont quand même moins... parler du sujet. Ouais,
- Speaker #0
peut-être, je sais pas. Après, il y a aussi des femmes qui veulent rouler sur des vélos... qui ne veulent pas rouler sur un vélo pour femmes. Ça, on a déjà eu le cas. Moi, je sais que quand j'ai débuté, parce que le marché, à l'époque, était beaucoup plus petit que ça, il a vraiment bien progressé, quand j'étais sur les événements, il y avait des filles qui me disaient « Mais non, moi, j'ai pas envie. Je suis capable de rouler sur un vélo pour hommes. » Je dis « Mais il n'y a pas question d'être capable ou pas capable. » Enfin, je n'en sais rien. Un sous-vêtement, tu ne vas pas mettre un caleçon parce que tu es capable de porter un caleçon.
- Speaker #1
Ce n'est pas trop la question.
- Speaker #0
Ou un pantalon, tu peux avoir pour le style. Tu es capable. Mais c'est juste qu'en fait, ça va plus loin que du fait d'être capable. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est là que c'est intéressant. Et les différences, justement, on va parler de la conception. Nous sommes sur le marché latin, donc on va expliquer.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Comment est-ce que déjà à la base vous avez étudié les différences de morphologie homme-femme ? Sachant qu'en fait quand on y pense juste comme ça, on se dit que des morphologies féminines, il y a des tendances mais il y a plein aussi d'individus qui sont quand même très différents. Comment est-ce que vous avez fait pour étudier ?
- Speaker #0
Alors déjà le postulat c'est des moyennes. On parle à la femme moyenne, il y a toujours des écarts comme tu disais. Plus on est grande, plus on est petite. Le point de départ ça a été une étude d'un an sur les différences de morphologie. hommes-femmes sur neuf nationalités différentes. Parce que déjà, au-delà juste de l'homme et de la femme, même les femmes entre elles, tu l'as dit, sont différentes et encore plus en fonction de nationalité. Les Asiatiques, elles vont être plus petites. Elles ne sont pas taillées pareil que nous. Nous, on va avoir des gabarits moyens. Dans le nord de l'Europe, elles sont beaucoup plus grandes que nous. Aux Etats-Unis, c'est encore différent. Amérique latine, pareil. Déjà, il y a eu un point de départ pour créer un scope de morphologie et voir ce qu'il en était. Juste en l'état. actuelle des choses. Et en plus de ça, on s'est appuyé sur des études de la NASA qui a vraiment poussé le sujet. Les études sont disponibles sur le site, on les cite. Donc s'il y en a qui veulent regarder, ils ne vont pas hésiter.
- Speaker #1
Moi je pourrais les mettre même en description de l'épisode du coup.
- Speaker #0
Et donc voilà, c'est parti là. Un an entre une étude que le groupe a menée, plus des études de la NASA et des études qui ont été menées d'un point de vue scientifique de manière mondiale en fait, pour voir les différences entre les deux.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous expliquer dans les grandes lignes quelles sont les différences de morphologie ?
- Speaker #0
Une femme va avoir le tronc plus court, elle va avoir les bras plus longs, les jambes plus longues, l'entrejambe plus longue. On va avoir un bassin plus large, ce qui fait qu'on a un angle d'assise qui est différent par rapport aux hommes. Ça s'appelle le Q-factor. En fonction de la largeur du bassin, tu n'as pas la même flexibilité du buste. et du coup, sur un vélo... La position n'est pas la même.
- Speaker #1
On est plus flexibles ou moins flexibles ?
- Speaker #0
On est moins... C'est pour ça qu'on adapte les vélos. Si tu te mets sur un vélo pour homme, à chaque fois que je fais le schéma, c'est que tu vas être comme ça. Parce qu'en fait, les hommes ont le tronc plus long et ils se fléchissent plus que nous. Donc c'est une position qui est bizarre pour nous. C'est pas naturel, on va dire. Et après, on a un centre de gravité qui est plus bas que les hommes puisqu'on est plus au niveau... genoux, cuisses, ça varie en fonction des femmes. Notre centre de gravité est sur le bas du corps, tandis que les hommes, il est sur le haut du corps. Et on en parlait tout à l'heure, mais en ce moment, il y a des vidéos qui tournent sur les réseaux sociaux où tu vois un homme et une femme qui essaient de faire le même mouvement. L'homme, il a quatre pattes, il met les bras derrière. La femme fait la même chose. L'homme, il tombe. La femme, elle ne tombe pas. Et il y a beaucoup de choses comme ça où on se rend compte que le centre de gravité n'est pas le même. Et du coup, vu qu'on a plus de force dans le bas du corps, on a moins de force. On a moins de force dans le haut du corps Donc une préhension moins importante Donc à partir de là On a tout adapté sur le vélo Et notamment par exemple chez Fox Pour les suspensions en VTT La compression de la fourche Est pas la même en sortie d'usine Il y a eu 9 mois de R&D avec eux Pour qu'il y ait des suspensions qui soient paramétrées En sortie d'usine pour les femmes Pour pas qu'on ait ce côté rebond Où on n'arrive pas à gérer le vélo quand on est en VTT On a l'impression que le vélo, il ne fait pas ce qu'on veut.
- Speaker #1
Et du coup, on a l'impression de ne pas être au niveau et de ne pas savoir faire. C'est intéressant. Alors ça, je ne savais pas du tout. Il y a certaines différences que j'avais en tête, mais la répartition de la puissance, je ne savais pas. Et maintenant, sur le vélo, qu'est-ce que ça change concrètement ? Qu'est-ce qu'un vélo livre va avoir de différent par rapport à son équivalent de Giant ?
- Speaker #0
Alors déjà, tout est différent puisque c'est un vélo différent. et que ce soit un giant Ou une autre marque. Le cadre est complètement différent. Le premier point, c'est la géométrie. Donc on va avoir, on le voit derrière là, le top tube qui est plus court. Celui qui est au-dessus. Celui qui est au-dessus et plus court sur un vélo Leaf. Par contre, à noter qu'en fonction du modèle, la géométrie est différente. C'est-à-dire qu'un vélo aéro, un Anvil Leaf, n'aura pas la même géométrie qu'un Langma, qui est plus adapté pour un Tour de France, pour faire des cols. Ou qu'un Veil, qui est plus un vélo typé endurance. On va avoir une position un peu plus relevée. Donc en fait, si on prend E-Vail, Langma, Envy Leave, on va de l'endurance à de l'aéro et à du vélo performance, plus vitesse, on va dire, et plus race, on va dire, dans la pratique. Après, on a d'autres modèles en VTT avec l'Imbalden, l'Intrigue. Imbalden qui est un All Mountain et l'Intrigue qui est plus du trail, plus engagé, avec plus de débattement au niveau de la fourchée, de la suspension. suspension de l'amortisseur arrière. Voilà, donc ça c'est pour les catégories de vélo et pour les conceptions de cadre. Ensuite, sur les vélos en carbone, le lay-up carbone est pâtissé de la même façon parce que du coup le vélo va se déformer différemment pour répondre à la manière de travailler des femmes où on va travailler davantage avec les muscles avant des cuisses et on va avoir tendance plus à pousser qu'à tirer. Les hommes ont plus de force pour tirer que nous et nous on pousse beaucoup plus. En faisant ça, le vélo va se déformer différemment et il va y avoir un meilleur retour d'énergie. Et donc, on aura plus d'efficacité au pédalage et on aura une meilleure sensation sur le vélo.
- Speaker #1
C'est incroyable le fait que le carbone soit tissé différemment. Alors ça, je n'imaginais pas du tout en fait. Plein de petites subtilités. Et ensuite, sur tous les points de contact qu'on peut avoir, que ce soit la selle, le cintre, quelles sont les différences ?
- Speaker #0
Alors on va avoir un cintre qui va être plus étroit. On va avoir des manivelles au niveau du pédalier qui sont plus courtes. On va avoir une selle qui est complètement adaptée. Puisque du coup, la selle, on en parlait en off tout à l'heure, Mais même une selle livre peut ne pas convenir. Mais globalement, elle est faite pour les femmes puisqu'on a le bassin plus large. Et du coup, c'est étudié pour les points de contact sur la selle, sur notre façon de s'asseoir.
- Speaker #1
C'est ça. C'est ce que je disais tout à l'heure à Sandra. J'ai deux vélos livres. J'avais d'autres vélos et j'ai changé pour livre tellement j'ai eu un coup de foudre. Quand j'ai testé, je me suis dit c'est comme si tout était fait pour moi. Et sans avoir conscientisé à la base que le centre était trop grand. Mais en fait, si, pour les mains, franchement, ce n'était pas forcément très agréable. Et la selle, alors là, ça a été le truc. Limite, je ne pensais pas que c'était possible d'être aussi bien sur une selle. Où vraiment, je n'étais pas si mal avant. Mais pour moi, cette selle, c'est la révélation. Je peux vraiment rouler sans cuissard pendant des bornes que je n'aurais jamais fait avant. Et surtout, je l'ai fait tester à plein de copines qui se plaignaient de leur selle. et prêter mon vélo en disant, vas-y, juste teste la selle et dis-moi si c'est un peu mieux ou pas. Et pour l'instant, c'est un 100% de réussite. Tout le monde a acheté la selle, la même selle que j'ai. Donc je me dis, effectivement, il y a des... Évidemment, la selle, c'est méga individuel. Et vraiment, on ne va pas vous dire que c'est la selle parfaite. Enfin, ça n'existe pas. Tout le monde cherche ça. Oui, exactement. Ça n'existe pas la selle parfaite adaptée à tout le monde. Mais disons, globalement, en moyenne, elle est quand même plus adaptée que...
- Speaker #0
Elle satisfait un paquet de filles.
- Speaker #1
Ce qui est déjà pas mal. Et puis, quand on sait à quel point c'est problématique, la selle... Enfin, ouais, perso... 100% pour cette selle ! Ça vous change la vie de bonne selle à vélo ! C'est quand même trop bien !
- Speaker #0
Et oui, j'ai oublié, il y a aussi la partie manette. Parce que du coup, on a une main plus petite. Donc, il y a eu un travail, mais ça, ça date de l'époque, parce que maintenant, au final, même pour les hommes, ça sert, parce que tous les hommes n'ont pas des grandes mains. Il y a des hommes qui ont des petites mains. Donc, il y a eu un travail, notamment à l'époque, c'était avec Shimano, pour travailler sur des Merci. petites manettes pour notre petite main.
- Speaker #1
Ça aussi, c'est un truc qu'on voit assez souvent chez des femmes qui n'ont pas forcément fait fitter leur vélo et qui l'ont un peu acheté comme ça. En fait, juste, elles n'arrivent pas à le prendre. Elles ne peuvent pas du tout se mettre en bas parce que du coup, en fait,
- Speaker #0
tu n'arrives pas à te trapper.
- Speaker #1
C'est à moins d'intérêt d'un coup quand tu es en descente. Moins pratique. Ça fait quand même pas mal de différence. Il y a tout qui change.
- Speaker #0
C'est vraiment des vélos différents. Et du coup, cette géométrie... cette conception va s'adapter en fonction de la pratique.
- Speaker #1
C'était ma question suivante. Tu me demandais, du coup, après, une fois que tu fais du gravel, de la route, et en plus de la route, ce que tu disais, il y a quand même plein de manières de faire. Du coup, tout ça,
- Speaker #0
ça change à chaque fois. Et ça change parce que ce n'est pas la même pratique, parce que tu n'as pas besoin d'avoir la même position en fonction de ta pratique. Quand tu fais de l'aéro, tu as besoin d'être plus, je vais dire, courbé, on va dire, on va dire plus compact. quand tu fais du gravel, tu peux avoir une position et encore que maintenant il y a du gravel race qui est un peu plus engagé mais tu as une position qui est différente tu n'es plus relevé, de l'endurance pareil tu es un peu plus relevé, c'est un peu plus confort donc quand tu débutes, peut-être partir plus sur un vélo endurance voilà,
- Speaker #1
donc à chaque fois on a un modèle qui va correspondre aux besoins et à la pratique de la personne et la géométrie est adaptée en fonction du coup ce qui est important je trouve d'avoir un conseil sur ce choix, une fois qu'on a plus d'expérience on arrive à savoir quelques... quel type de vélo nous correspond. Mais c'est vrai que quand on débute, je trouve qu'on voit tous ces vélos, on ne sait pas trop comment faire. Et c'est là que, si on en parlait un peu tout à l'heure, c'est qu'on voit quand même beaucoup de femmes et d'hommes, pour le coup les hommes, j'en sais rien, parce que je m'intéresse moins à la question, mais qui débutent et qui achètent un vélo d'occasion sur le bon coin, ce qui est très cool en soi, mais qui du coup ne va pas forcément être adapté à leur pratique, qui ne se sentent pas bien dessus, ce qui parfois du coup les conduit à arrêter.
- Speaker #0
Ou alors à être fêtu et continuer à souffrir.
- Speaker #1
Et tu te dis qu'au moins, déjà choisir le bon type de vélo et qu'il soit adapté. Et c'est les tailles, je voulais aussi te demander, qu'est-ce que ça change ? Est-ce que si on sait que mon E-Vail, c'est un S, est-ce que je peux me dire que je prends un taille S si je change de type de vélo ? Non,
- Speaker #0
pas forcément. Parce que par exemple, si tu es en S sur ton E-Vail, si tu passes sur un Envilive, potentiellement tu passes sur un XS. Parce que vélo plus compact et parce que la géométrie elle est faite pour que par rapport à ta taille. Oui, à ta taille, tout simplement. Comment tu es faite ? Tu sois plus confort sur ton Envilive. Et à l'inverse, sur un Devote, tu pourras rester sur ton S. Ou alors, prendre un peu plus grand si tu veux quelque chose de plus confortable. Mais normalement... C'est un S aussi mon Devote. Ah bah tu vois, voilà. C'est exactement ça. Normalement, c'est ça. Souvent, Veil Devote, c'est à peu près la même taille. Par contre, à partir du Langma et de l'Envilive, tu peux être sur un M en Langma Tu peux être sur un S en langue mâle et passer sur un M en dévote. Il y a des filles qui font ça parce que...
- Speaker #1
Après, il faut vraiment...
- Speaker #0
C'est vraiment important d'aller chercher le conseil. S'il y a un truc à dire, c'est... Souvent, les filles, elles ne veulent pas mettre trop au-dessous au début ou elles ne savent pas trop si ça va leur plaire. Aller en magasin dans des conseils ou chercher sur Internet. Tu vois, comme tu fais là, ces podcasts, c'est génial parce que du coup, tu as de l'info et tu sais un peu plus te positionner. Achetez pas un vélo juste parce qu'il est joli. Des fois, oui, il est joli, mais si c'est pour douiller pendant des heures sur le vélo et au final, vous en dégoûtez, c'est un peu bête. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et en magasin, du coup, on peut quand même avoir plus de conseils globalement, même si tous les magasins ne se valent pas. Non, non, mais bon, globalement, on a quand même plus de conseils. Et on peut avoir, sans que ce soit un bike fitting genre méga précis, on peut déjà avoir, disons, être placé à peu près correctement sur son vélo, là où si on l'a acheté...
- Speaker #0
Après, nous, chez nous, Vu que nos giant stores et les multimarques qui font livres viennent chez nous, on leur présente les vélos, on leur explique les différences. Ils savent expliquer aux filles et donc potentiellement, ils ont plus d'affinité et plus de sensibilité pour présenter les choses à la personne. Et déjà, la mettre sur le dos en disant, voilà, ce vélo, il est fait comme ça et peut-être que sur ce modèle-là, il te faut ça parce que c'est un vélo pour femmes. Ouais,
- Speaker #1
c'est déjà bien important. Déjà, on a une vision plus claire de pourquoi un vélo pour femmes. Et quels sont les projets à venir pour Liv ? Déjà, tu nous as parlé des ambassadrices. Est-ce qu'on peut rouler avec elles ? Oui,
- Speaker #0
complètement. Au contraire, il faut. Elles n'attendent que ça. On a une soixantaine d'ambassadrices en région qui organisent avec leur magasin. C'est exclusivement les giant stores, par contre. Des sorties, sorties vélo, des ateliers mécaniques, des ateliers nutrition. des fois il y a des présentations de nouveautés ou des présentations de gammes Quand c'est la rentrée, par exemple, on a des magasins qui organisent des petites soirées pour découvrir les nouveautés. À chaque fois, c'est gratuit. L'idée, c'est qu'on se retrouve tous ensemble. Alors, ça peut être mixte ou pas. Ça dépend. Parce que de temps en temps, surtout pour les débutantes, elles ont peut-être un peu peur d'aller rouler avec les gars parce que ça va aller plus vite. Ou elles ne vont pas être à l'aise. Elles ont peur d'être à la traîne ou autre. Avec les filles, il peut y avoir aussi de temps en temps. ce côté-là. Mais il ne faut pas hésiter. Il ne faut pas avoir peur d'y aller parce qu'elles vont plus s'adapter et prendre le temps de rouler tranquille. Il ne faut pas avoir peur, vraiment. C'est hyper accueillant et convivial. Donc voilà. Sortie mixte ou pas. Et là, c'est dans tous les jamstores où on a une ambassadrice. Donc elles ont toutes des pages Instagram. Ils ont tous des pages Facebook et Instagram. Les magasins, en général, ils communiquent dessus. Nous, au niveau national, on met aussi en place des événements avec nos ambassadrices. Comme là, à Dijon, pendant le tour. On était donc le 4 avec Nathalie Simon et Camille Pic. On a fait une sortie. On est allé voir le départ du chrono. On a vu l'arrivée. Donc, c'était cool. Et en général, ça, on le communique sur nos réseaux sociaux et sur notre site Internet. On retrouve les dates et on communique deux, trois mois avant les sorties. Ok.
- Speaker #1
Donc, on a le temps de s'organiser. Oui,
- Speaker #0
voilà. C'est ça. Des fois, il y a un peu de la dernière minute. Mais bon, normalement, on essaie d'anticiper un peu.
- Speaker #1
Et sur les projets à leur avenir, pour le livre, vous avez des nouveautés prévues ? Alors,
- Speaker #0
nouveautés prévues, il y a du vélo qui arrive sur le mois d'octobre, bientôt, ça va arriver vite. Et d'ailleurs, on pourra le découvrir au Rock d'Azur. Donc n'hésitez pas à venir nous voir sur le Rock d'Azur. Et les garçons aussi, s'il y en a qui écoutent le podcast, on y sera et il y a des nouveautés. Il y en a qui écoutent, tu sais. Ouais, bon ben voilà. Et du coup, un stand, on revient au Rock. Ça faisait deux ans qu'on n'était pas venus parce que moi, j'ai pris le parti qui... de mettre un petit peu en retrait sur certains événements parce que déjà, le marché actuellement était un peu au ralenti. Et puis, j'ai voulu tenter de voir ce que ça donnait et aller sur d'autres événements. On a fait d'autres événements en attendant. Mais là, on revient au rock avec toutes nos marques, donc avec des activations. On est en train de tout planifier. Donc, il faudra sur le mois de septembre aller sur nos réseaux et on aura les infos.
- Speaker #1
Et pour terminer, il y a une petite question traditionnelle du podcast. Quel conseil est-ce que tu donnerais à une pédaleuse qui débute ?
- Speaker #0
Se faire plaisir. Vraiment, moi, c'est mon... C'est mon comment ? Ton leitmotiv. Mon leitmotiv, exactement. Je cherchais le mot. Quoi qu'on fasse, il faut se faire plaisir. Même si c'est pour se challenger, si c'est pour se dépasser. Du moment qu'on le fait avec le sourire, voilà. Je disais ça aux filles qui étaient sur l'étape du tour hier. Je leur dis « Allez les filles, on sourit, on y va ! » parce que le sourire, ça fait tout, mentalement, ça change la donne. Donc voilà, le plaisir dans tout ce qu'on fait dans la vie, c'est important.
- Speaker #1
C'est parfait, ça rejoint une des valeurs des pédaleuses, qui est la joie, prendre du plaisir. C'est pour ça que je suis là peut-être. Exactement, bah oui, les invités ne sont pas sexuels au hasard. Il faut que ça colle à l'état d'esprit.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Le vélo, ça doit être joyeux, c'est pas juste de la souffrance. sinon je ne vais pas en faire en tout cas c'est mon parti pris pareil merci beaucoup Sandra pour toutes tes explications c'était super intéressant et puis à bientôt sur les pédaleuses c'est déjà la fin de cet épisode des pédaleuses merci de l'avoir suivi si ce moment passé dans notre peloton t'a fait du bien pense à le partager avec tes copines que ça pourrait aider ou inspirer le meilleur moyen de soutenir le podcast c'est aussi de lui laisser 5 étoiles sur Spotify ou Apple Podcast à très vite les pédaleuses